Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 19:33
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

14. La vérité en matière historique


Beaucoup de livres sacrés relèvent de l’histoire. Celle-ci contient, en premier lieu, le récit de faits qui font partie du trésor révélé. C’est le cas, par exemple, du péché de nos premiers parents, de la naissance du Christ, de sa mort et de sa résurrection, etc. Elle contient aussi d'autres éléments qui, non pas chacun en eux-mêmes, mais dans leur ensemble, sont l'objet de certains dogmes, parce qu'ils expriment en quelque sorte une loi de l'intervention surnaturelle de Dieu dans l'économie du salut. C'est le cas des prophéties et des miracles. Ces choses sont la réalisation de l'article de foi selon lequel nous disons : “Je crois en l'Esprit Saint, qui a parlé par les prophètes”. Cependant la plus grande partie de l'histoire sacrée est formée d'événements naturels, qui manifestent la providence de Dieu, sur Israël ou sur le monde entier, ordonnée à la réalisation de ses desseins de salut par Jésus-Christ. Dans le récit de ces faits, les auteurs sacrés, inspirés, sont totalement infaillibles, comme ils le sont pour les choses de la foi et des moeurs, parce qu’ils écrivent l’histoire sacrée inspirés par l’Esprit Saint, auteur principal de la Sainte Ecriture, lequel ne peut ni se tromper ni nous tromper. Telle est la doctrine de l’Eglise, que nous devons tenir fermement et toujours lorsque nous interprétons l’Ecriture.


Pour résoudre les difficultés historiques qui se présentent, il faut examiner avec une grande attention et une grande rigueur scientifique le texte sacré et les documents profanes, en ne donnant pas pour un sens certain de la Sainte Ecriture ce qui objectivement ne l’est pas, et en ne donnant pour historiquement certain ce que les documents n’indiquent pas comme tel.


En ce domaine, il est nécessaire de bien garder à l’esprit les enseignements de l’encyclique Divino afflante Spiritu :

 

« Dans les paroles et les écrits des anciens auteurs orientaux, souvent le sens littéral n'apparaît pas avec autant d'évidence que chez les écrivains de notre temps ; ce qu'ils ont voulu signifier par leurs paroles ne peut pas se déterminer par les seules lois de la grammaire ou de la philologie, non plus que par le seul contexte. Il faut absolument que l'exégète remonte en quelque sorte par la pensée jusqu'à ces siècles reculés de l'Orient, afin que, s'aidant des ressources de l'histoire, de l'archéologie, de l'ethnologie et des autres sciences, il discerne et reconnaisse quels genres littéraires les auteurs de cet âge antique ont voulu employer et ont réellement employés. Les Orientaux, en effet, pour exprimer ce qu'ils avaient dans l'esprit, n'ont pas toujours usé des formes et des manières de dire dont nous usons aujourd'hui, mais bien plutôt de celles dont l'usage était reçu par les hommes de leur temps et de leur pays. L'exégète ne peut pas déterminer a priori ce qu'elles furent ; il ne le peut que par une étude attentive des littératures anciennes de l'Orient. Or, dans ces dernières dizaines d'années, cette étude, poursuivie avec plus de soin et de diligence qu'autrefois, a manifesté plus clairement quelles manières de dire ont été employées dans ces temps anciens, soit dans les descriptions poétiques, soit dans l'énoncé des lois et des normes de vie, soit enfin dans le récit des faits et des événements de l'histoire» (1).

 

__________

Note

(1) Pie XII, 30 septembre 1943, n°35.

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Samedi 18 décembre 2010 6 18 /12 /Déc /2010 08:47
- Par L'Equipe d'Hermas

Neuvaine.jpg

 

Suivant bien volontiers les recommandations faites par ce site que nous avons déjà présenté, nous sommes heureux de nous associer à cette neuvaine pour la France.

 

Nous vous recommandons de vous y associer vous-même, et de faire connaître cette neuvaine autour de vous.

 

Voici la prière qui est à réciter quotidiennement : 

 

Réciter trois Je vous salue Marie pour la France précédés de l’invocation : « Petit Enfant Jésus de la crèche, nous t’en supplions, donne par ta naissance une nouvelle naissance à la France. »

 

Prière complémentaire :

« Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l'étreindre dans ton Amour et lui en montrer toute ta tendresse. Fais que, remplie d'amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l'engagement de te rester à jamais fidèles et de travailler d'un cœur ardent à répandre ton Règne dans tout l'univers. Amen »

 

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 13:56
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

13. La vérité en matière scientifique


Les livres sacrés parlent fréquemment des choses créées et nous montrent en elles la grandeur du pouvoir, de la souveraineté, de la providence et de la gloire de Dieu ; cependant, comme la mission des auteurs inspirés n’était pas d’enseigner les sciences humaines, qui portent sur la nature intime des choses et les phénomènes naturels, et sur lesquels ils ne recevaient en général aucune révélation particulière, ils les décrivent seulement, soit dans un langage métaphorique, soit selon l’usage courant à leur époque, comme cela se passe toujours aujourd’hui en de nombreux domaines, mêmes parmi les plus sages.

 

Le langage vulgaire décrit les choses telles que les perçoivent les sens ; de même, nous explique saint Thomas, l’écrivain sacré exprime en ce domaine les apparences sensibles, ou ce que Dieu lui-même, qui s’adresse aux hommes, exprime selon un mode humain, pour s’adapter à la capacité humaine (encyclique Providentissimus Deus) (1).

 

___________

(1)  “Dieu, dans la Sainte Écriture, a parlé par des hommes à la manière des hommes” (Constitution dogmatique Dei Verbum, n°12).

 

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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 08:46
- Par L'Equipe d'Hermas

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Voici la prière qui est à réciter quotidiennement : 

 

Réciter trois Je vous salue Marie pour la France précédés de l’invocation : « Petit Enfant Jésus de la crèche, nous t’en supplions, donne par ta naissance une nouvelle naissance à la France. »

 

Prière complémentaire :

« Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l'étreindre dans ton Amour et lui en montrer toute ta tendresse. Fais que, remplie d'amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l'engagement de te rester à jamais fidèles et de travailler d'un cœur ardent à répandre ton Règne dans tout l'univers. Amen »

 

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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 12:31
- Par L'Equipe d'Hermas

Avec le Bienheureux

Camille COSTA DE BEAUREGARD

[Téléchargement gratuit : cliquer sur l'image]

 

CSF9.jpg

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Jeudi 16 décembre 2010 4 16 /12 /Déc /2010 07:00
- Par L'Equipe d'Hermas

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Réciter trois Je vous salue Marie pour la France précédés de l’invocation : « Petit Enfant Jésus de la crèche, nous t’en supplions, donne par ta naissance une nouvelle naissance à la France. »

 

Prière complémentaire :

« Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l'étreindre dans ton Amour et lui en montrer toute ta tendresse. Fais que, remplie d'amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l'engagement de te rester à jamais fidèles et de travailler d'un cœur ardent à répandre ton Règne dans tout l'univers. Amen »

 

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Mercredi 15 décembre 2010 3 15 /12 /Déc /2010 06:30
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

12. La vérité en matière de foi et de moeurs


Cette véracité ne se limite pas aux choses de la foi et des moeurs, même si celles-ci constituent l’objet propre et per se de la Sainte Ecriture, auquel se trouve ordonnées toutes autres choses qui sont dites en elle. Cependant, il est nécessaire, en ce qui concerne ces dernières, de tenir compte de ce qui a été souligné plus haut, au numéro 10, en ce qui concerne le progrès de la révélation, sans lequel il ne serait pas possible d'établir une concordance entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 07:12
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

II.- L’inspiration et la véracité des saintes écritures


11. La Sainte écriture est vraie de vérité divine


C’est une doctrine de l’Eglise que tout ce qui est contenu dans les saintes Ecritures à été inspiré par Dieu et, par conséquent, est infailliblement vrai au sens où l’auteur inspiré a tenté de le dire, sans qu’il faille en cela distinguer entre les choses qui touchent ou ne touchent pas la foi et les moeurs. C’est pourquoi Léon XIII dit que l’on ne peut pas tolérer la conduite de ceux qui, dans la solution des difficultés, n’hésitent pas à dire que l’inspiration s’étendrait seulement aux choses de la foi et des moeurs, et qui ajoutent que lorsqu’il s’agit de déterminer la vérité des sentences de l’Ecriture, il convient de rechercher non pas tant ce que dit Dieu que les raisons pour lesquelles il parle.

 

Tous les livres que l’Eglise reçoit et propose comme canoniques et sacrés ont été écrits dans toutes leurs parties sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Or cette divine inspiration, par sa nature même, exclut toute erreur possible ; elle est d’autant moins susceptible d’en admettre, qu’il est impossible que Dieu, souveraine vérité, soit soumis à l’erreur. Telle est l’antique foi de l’Eglise, définie solennellement par les conciles de Florence et de Trente, confirmée enfin, et plus solennellement exposée, dans le premier concile du Vatican (Encyclique providentissimus Deus)(1).

 

_______________

(1) Il va de soi, que ces considérations doivent être complétées, dans cette même fidélité au magistère, par la constitution dogmatique « Dei Verbum », sur les saintes Ecritures du deuxième concile Vatican II. On se reportera également à la récente exhortation apostolique du pape Benoît XVI, intitulée « Verbum Domini ». Ce dernier document est téléchargeable sur ce blogue, ci-contre.

 

"Les réalités divinement révélées, que contiennent et présentent les livres de la Sainte Écriture, y ont été consignées sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Notre sainte Mère l’Église, de par la foi apostolique, tient pour sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint (cf. Jn20, 31 ; 2 Tm 3, 16 ; 2 P 1, 19-21 ; 3, 15-16), ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même (Vatican I). Pour composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il a eu recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens (Pie XII, Divino Afflante Spiritu), pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement (Léon XIII, Encycl. Providentissimus Deus).

Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée dans les Lettres sacrées pour notre salut. C’est pourquoi « toute Écriture inspirée de Dieu est utile pour enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l’homme de Dieu se trouve accompli, équipé pour toute œuvre bonne » (2 Tm 3, 16-17 grec) [Constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, n°11).


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Lundi 13 décembre 2010 1 13 /12 /Déc /2010 07:00
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

10.- Le progrès de la révélation prophétique


Cette révélation prophétique des vérités divines s’ajuste à une loi qu'il est très important de connaître. C’est la loi du progrès, qu’expose admirablement saint Thomas en l'étendant à toutes les vérités, aussi bien spéculatives que pratiques. La doctrine de la foi se développe à la manière dont se développent les vérités d'une science, en procédant des principes vers les conclusions. La raison de ce progrès n'est pas en Dieu, qui, dès le premier moment, pouvait tout révéler, mais en l'homme, lequel n'était pas une matière disposée à recevoir en une seule fois tout ce que Dieu voulait lui communiquer.

 

Les prophètes eux-mêmes, organes du magistère divin, bien qu'ils aient été plus éclairés que le peuple auquel ils s’adressaient, ne virent pas toujours tout ce qui était implicitement contenu dans leurs concepts ni dans les paroles auxquelles ils recouraient pour les exprimer. Eux aussi connaissaient un progrès correspondant à celui du peuple, car la fin de la prophétie étant le bien et l’utilité spirituelle du peuple, il n’était communiqué à chacun d’eux, en termes clairs ou sous forme d’images et de symboles, que ce qui leur appartenait d’enseigner au peuple à un moment déterminé.

 

Ainsi Dieu conduisit son plan à sa pleine exécution, en commençant la Révélation depuis les origines mêmes de l’humanité. Jésus-Christ, qui est la fin et la consommation de l’ancienne Alliance, apposa son sceau à la divine Révélation, par lui-même ou par ses apôtres et ses disciples, et il remit à son Eglise ce divin trésor de la Révélation, en lui donnant en même temps son Esprit, et en l’assurant de la promesse de son assistance jusqu’à la fin des siècles. Avec elle et par elle, l’Eglise répète jour après jour au monde les mêmes enseignements divins sous la forme qui convient aux nécessités de chaque époque, afin que personne ne soit privé du don de Dieu (1).

 

_____________

(1) "Il faut donc que toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et guidée par la Sainte Écriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au-devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or, la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent, pour l’Église, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Église, la solidité de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. Dès lors ces mots s’appliquent parfaitement à la Sainte Écriture : « Elle est vivante donc et efficace la Parole de Dieu » (He 4, 12), « qui a le pouvoir d’édifier et de donner l’héritage à tous les sanctifiés » (Ac 20, 32 ; cf. 1 Th 2, 13)" (Constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, n° 21).

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Samedi 11 décembre 2010 6 11 /12 /Déc /2010 20:32
- Par primeroscristianos.com
SECTION VII : L’ACTE DU MARTYRE DE SAINT CYPRIEN (258)

pc-copie-1.jpg L’empereur Valérien était consul pour la quatrième fois et Gallien pour la troisième. Le 3 des calendes de septembre (30 août), à Carthage, dans son cabinet, Paterne dit à Cyprien :


« Les très saints Empereurs Valérien et Gallien ont daigné m’adresser des lettres par lesquelles ils ordonnent à ceux qui ne suivent pas la religion romaine d’en reconnaître désormais les cérémonies. C’est pour cette raison que je t’ai fait citer : que réponds-tu? »


Cyprien: « Je suis chrétien et évêque. Je ne connais pas de dieux, si ce n’est le seul et vrai Dieu qui a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent. C’est ce Dieu que nous, chrétiens, nous servons; c’est lui que nous prions jour et nuit, pour nous et pour tous les hommes, et pour le salut des empereurs eux-mêmes.


— Tu persévères dans cette volonté?


— Une volonté bonne, qui connaît Dieu, ne peut être changée.


— Pourras-tu donc, suivant les ordres de Valérien et de Gallien, partir en exil pour la ville de Curube?


— Je pars.


— Ils ont daigné m’écrire au sujet non seulement des évêques, mais aussi des prêtres. Je veux donc savoir de toi les noms des prêtres qui demeurent dans cette ville.


— Vous avez très utilement interdit la délation par vos lois. Aussi ne puis-je les révéler et les trahir, On les trouvera dans leurs villes.


— Je les ferai rechercher, et dès aujourd’hui, dans cette ville.


— Notre discipline défend de s’offrir de soi-même, et cela contrarie tes calculs, mais si tu les fais rechercher, tu les trouveras.


— Oui, je les trouverai, et il ajouta : Les Empereurs ont aussi défendu de tenir aucune réunion et d’entrer dans les cimetières. Celui qui n’observera pas ce précepte bienfaisant encourra la peine capitale.


— Fais ton devoir.


Alors le proconsul Paterne ordonna que le bienheureux Cyprien, évêque, fût exilé.


s.Cyprien.jpg Il demeurait depuis longtemps déjà dans son exil, lorsque le proconsul Galère Maxime succéda à Aspase Paterne. Il rappela Cyprien du lieu de son exil et ordonna, qu’on le fit comparaître devant lui. Cyprien, le saint martyr choisi de Dieu, revint donc de Curube où l’avait exilé Paterne; il demeurait, conformément, à l’ordre donné, dans ses terres, où il espérait chaque jour voir arriver ceux qui devaient l’arrêter, comme un songe l’en avait averti.


Il s’y trouvait donc lorsque soudainement, le jour des ides de septembre (le 13), Sous le consulat de Tuscus et de Bassus, deux employés du proconsul, l’un écuyer de l’officium de Galère Maxime, l’autre palefrenier du même officium, vinrent le prendre ; ils le firent monter en voiture, se mirent à ses côtés et le conduisirent à Sexti, où Galère s’était retiré en convalescence. Celui-ci remit la cause au lendemain.


On ramena Cyprien à Carthage dans la maison du directeur de l’officium, laquelle était située au quartier de Saturne, entre la rue de Vénus et la rue Salutaire. Tout ce qu’il y avait de fidèles s’y porta; mais le saint, l’ayant su, ordonna de faire retirer les jeunes filles; le reste de la foule stationna devant la porte de la maison.


Le lendemain matin, dix-huitième jour des calendes d’octobre, dès le matin, la foule immense, sachant l’ajournement prononcé la veille par Galère Maxime, se transporta à Sexti.


Le proconsul dit à Cyprien : « Tu es Thascius Cyprien?

— Je le suis.

— Tu t’es fait le pape de ces hommes sacrilèges?

— Oui.

— Les très saints Empereurs ont ordonné que tu sacrifies.

— Je ne le fais pas.

— Réfléchis

— Fais ce qui t’a été commandé. Dans une chose aussi juste, il n y a pas matière à réflexion »


Galère, ayant pris l’avis de son conseil, rendit à regret cette sentence : « Tu as longtemps vécu en sacrilège, tu as réuni autour de toi beaucoup de complices de ta coupable conspiration, tu t’es fait l’ennemi des dieux de Rome et de ses lois saintes ; nos pieux et très sacrés Empereurs, Valérien et Gallien, Augustes, et Valérien, très noble César, n’ont pu te ramener à la pratique de leur culte. C’est pourquoi, fauteur de grands crimes, porte-étendard de ta secte, tu serviras d’exemple à ceux que tu as associés à ta scélératesse : ton sang sera la sanction des lois. »


Ensuite il lut sur une tablette l’arrêt suivant : « Nous ordonnons que Thascius Cyprien soit mis à mort par le glaive ».


Cyprien, dit: « Grâces à Dieu ».


Dès que l’arrêt fut prononcé, la foule des chrétiens se mit à crier. « Qu’on nous coupe la tête avec lui ». Ce fut ensuite un désordre indescriptible ; la foule cependant suivit le condamné jusqu’à la plaine de Sexti. Cyprien, étant arrivé sur le lieu de l’exécution, détacha son manteau, s’agenouilla et pria Dieu, la face contre terre. Puis il enleva son vêtement, qui était une tunique à la mode dalmate, et le remit aux diacres. Vêtu d’une chemise de lin, il attendit le bourreau. A l’arrivée de celui-ci, l’évêque donna ordre qu’on comptât à cet homme vingt-cinq pièces d’or. Pendant ces apprêts, les fidèles étendaient des draps et des serviettes autour du martyr.


Cyprien se banda lui-même les yeux. Comme il ne pouvait se lier les mains, le prêtre Julien et un sous-diacre, portant, lui aussi, le nom de Julien lui rendirent ce service.


En cette posture, Cyprien reçut la mort. Son corps fut transporté à quelque distance, loin des regards curieux des païens. Le soir, les frères, munis de cierges et de torches, transportèrent le cadavre dans le domaine funéraire du procurateur Macrobe Candide, sur la route de Mappala, près des réservoirs de Carthage.


Quelques jours plus tard Galère mourut.


Le bienheureux martyr Cyprien mourut le dix-huitième jour des calendes d’octobre, sous le règne des empereurs Valérien et Gallien. Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui soit gloire et honneur, règne dans les siècles des siècles. Amen.

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