Catéchèse de Mgr Masson

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MOBILISEZ-VOUS,
pour promouvoir notre foi catholique par votre engagement dans la Cité.
Faites connaître Hermas et vos convictions, autour de vous, dans les médias et auprès de vos élus !


« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008
(Source Agence Fides) - Sauver le sanctuaire marial Madhu de la violence et de la destruction est actuellement la plus grande préoccupation des évêques du Sri Lanka, qui ont rappelé dans un communiqué officiel l’urgence de protéger le lieu sacré pour les fidèles catholiques de l’île, mais aussi apprécié et fréquenté - comme lieu de paix et de réconciliation - par des croyants d’autres religions.

Le sanctuaire marial de Madhu, dans le diocèse de Mannar, est depuis toujours un sanctuaire de prière respecté des fideles de toutes les religions. Les évêques du pays ont toujours demandé de laisser Madhu zone démilitarisée, garantissant la sécurité des pèlerins et des réfugiés. Depuis 1990 en effet, les 160 hectares de terrains entourant le sanctuaire ont accueilli des milliers de réfugiés de guerre, devenant un véritable camp de réfugiés.

L’histoire du sanctuaire commence en 1544, quand le roi de Jaffna, Sankili, fit massacrer 600 chrétiens de Mannar (convertis par les portugais, débarqués à Ceylan en 1505), craignant l’expansion de l’influence portugaise. Plusieurs fidèles, ayant échappés au massacre, fondèrent dans la jungle un petit lieu de prière, y mettant la statue qui maintenant se trouve dans le Sanctuaire. Par la suite les Hollandais, débarqués à Ceylan en 1656, commencèrent à leur tour une persécution des catholiques. Trente familles catholiques, cherchant refuge de village en village et emportant avec elles la statue, s’établirent en 1670 dans la localité de Maruthamadhu, lieu où s’élève actuellement le sanctuaire. D’autres catholiques se réunirent dans ce lieu. La renommée de la Vierge de Madhu, guérisseuse et protectrice contre les morsures de serpents, se diffuse dans toute Ceylan. Avec l’arrivée du Père Joseph Vaz sur l’île en 1687 le catholicisme refleurit, et en 1706 Madhu est mentionnée comme centre missionnaire. La construction actuelle fut commencée par Mgr Bonjean, qui en 1872 posa la première pierre du sanctuaire. Le légat pontifical couronna la statue en 1924 au nom du pape Pie XI. La consécration de l’Eglise remonte à 1944.

Le sanctuaire s’élève dans le centre de l’île, dans une région contrôlée par les rebelles Tamil, où s’affrontent des troupes de l’armée et des groupes de guérilléros.
Ces dernières années le sanctuaire avait été considéré comme « zone franche » et a été épargné du conflit. Mais récemment des canonnades et des tirs ont déjà touché le complexe du sanctuaire, détruisant une chapelle et contraignant l’Evêque Rayappu Joseph à déplacer temporairement l’ancienne statue de la Vierge Marie du sanctuaire, pour la mettre dans un lieu plus sûr.

Les évêques ont donc élevé la voix, écrit au gouvernement et organisé une procession de prières, pour signaler le danger à l’opinion publique. Aujourd’hui la sacralité du lieu semble perdue et la Conférence épiscopale, qui s’est réunie récemment pour examiner la question et chercher des solutions, a renouvelé l’appel à cesser les combats dans la région où s’élève le sanctuaire. Le transfert de la statue de la Vierge qui a eu lieu il y a quelques jours, rappelle le texte, a eu lieu pour des raisons de sécurité et non pour seconder les pressions des rebelles (comme l’ont dit certains médias) : elle reviendra dès que les conditions le permettront.



Vendredi 18 avril 2008
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La Côte d’Ivoire semble enfin sortir de la crise la plus grave de son histoire, qui a éclaté en septembre 2002 et a durablement coupé le pays en deux.

La réunification de
ce merveilleux pays - plein de ressources mais victime à bien des égards de sa classe politique - et le partage du pouvoir sont en marche, depuis la nomination de Guillaume Soro, ancien chef des rebelles, à la primature.  La normalisation est encore marquée par le fait que - enfin - une date vient d'être fixée pour les élections présidentielles, constamment repoussée par un président sortant apparemment peu pressé de les voir arriver... Il s'agit du 30 novembre 2008, date qui a été acceptée par toutes les parties.

"Maintenant que la date des élections est connue, nous demandons aux ivoiriens de se mobiliser et de travailler dans le calme pour préparer les élections, afin qu’elles soient honnêtes et transparents". C’est l’appel lancé au nom des évêques de la Côte d’Ivoire, par S.E. Mgr Barthélemy Djabla, Archevêque de Gagnoa et Vice-président de la Conférence épiscopale ivoirienne, au terme d’une rencontre avec Henri Konan Bédié, ancien Président de la République et président du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI) et qui sera l’un des candidats aux prochaines élections présidentielles.

De même l’Eglise catholique, comme tous les ivoiriens, a exprimé sa satisfaction suite à l’annonce de la date de la consultation. "Cela nous réconforte" a affirmé Mgr Djabla, qui a rappelé que l’Eglise est au service de toute la population chrétienne et des autres confessions religieuses, et a spécifié que les évêques ont voulu rencontrer le Président du PDCI parce qu’ils veulent apporter leur contribution dans le cadre du processus de paix. Les évêques ont déjà rencontré Alassane Ouattara et le Premier minsitre Soro.

Mgr Djabla, qui a insisté sur la nécessaire éradication de la violence et a ajouté que dans le cadre d'un processus électoral démocratique "il faut tout faire dans le calme et accepter dans le calme le verdict des urnes", a enfin souligné que l’Eglise, en tant qu’institution divine, ne s’immisce pas dans les entreprises politiques, mais a le devoir d’intervenir pour aider les dirigeants du pays à faire respecter les droits de l’homme et la dignité de l’être humain créé à l’image de Dieu.

Il est en tout cas certains que si la présidence ou le gouvernement tentait de manipuler la commission électorale ou les résultats du recenscement ou si l'opposition refusait le jeu démocratique dans certaines régions, tout serait à refaire et un nouveau drame ne serait pas à exclure. La situation n'est en effet pas encore retournée à la stabilité "Houphouetienne". A suivre.



Vendredi 18 avril 2008
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Benoît XVI a été accueilli par une foule chaleureuse jeudi matin au tout neuf stade du Parc national de Washington où il a présidé la première messe publique de son séjour aux Etats-Unis.


Pour des raisons de sécurité, l'organisation d'un grand rassemblement libre n'a pas été retenu. Pour assister à la messe dans ce stade, qui compte un peu moins de 50.000 places, des invitations nominatives étaient requises, là encore pour des questions de sécurité. Mais le stade était comble, des fidèles de tous les diocèses des Etats-Unis étant représentés.


Le pape a présidé la messe entouré de 14 cardinaux, 250 évêques, 1300 prêtres. Une liturgie accompagnée par quatre chœurs : soit 570 chanteurs, chantant en différentes langues: anglais, français, allemand, grec, hébreu, coréen, latin, portugais, philippin, espagnol, vietnamien, et zoulou. Deux grandes voix ont aussi accompagné la célébration, celle de la soprano Denyce Graves, et du ténor espagnol Placido Domingo, qui a interprété le Panis angelicus, après la communion, et que Benoît XVI a applaudi. Le pape s'étant levé, Placido Domingo s'est dirigé vers lui pour le saluer.


L'autel, l'ambon, le trône papal ont été dessinés par les élèves en architecture de l'université catholique de Washington, que Benoît XVI devait visiter dans l'après-midi.


Benoît XVI doit célébrer une autre messe en plein air dimanche après-midi, dernier jour de son voyage, au Yankee Stadium de New York, pouvant accueillir 60.000.


Vendredi 18 avril 2008
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Voici le texte du discours important prononcé par Benoît XVI le mercredi 16 avril, lors des vêpres célébrées en la basilique de l'Immaculée Conception, à Washington D.C., à l'adresse des évêques américains (traduction en français Zenit.org).

           

(Photo, Le Figaro.fr ; voir l'article ICI)

"Vénérés frères dans l'épiscopat,


Ma joie est grande en vous saluant aujourd'hui, au début de ma visite dans ce pays, et je remercie le cardinal George des paroles aimables qu'il m'a adressées en votre nom. Je désire remercier chacun de vous, en particulier les membres de la Conférence épiscopale, pour le travail important qu'a supposé la préparation de ce voyage. Mon appréciation reconnaissante va, en outre, à l'équipe et aux volontaires du Sanctuaire national, qui nous ont accueillis ici ce soir. Les catholiques d'Amérique sont connus pour leur réelle dévotion à l'égard du Siège de Pierre. Ma visite pastorale ici est une occasion pour renforcer davantage les liens de communion qui nous unissent. Nous avons commencé par la célébration de la prière du soir dans cette basilique consacrée à l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, sanctuaire possédant une signification spéciale pour les catholiques américains, précisément au cœur de votre capitale. Unis en prière avec Marie, Mère de Jésus, nous confions avec amour à notre Père céleste le Peuple de Dieu dans chaque partie des Etats-Unis.


Pour les communautés catholiques de Boston, New York, Philadelphie et Louisville, il s'agit d'une année de célébrations particulières, étant donné qu'elle marque le bicentenaire de l'érection de ces Eglises locales au rang de diocèses. Je m'unis à vous pour rendre grâce pour les nombreux dons célestes accordés à l'Eglise dans ces lieux au cours des deux derniers siècles. Etant donné que l'année en cours marque également le bicentenaire de l'érection du siège fondateur, Baltimore, au rang d'archidiocèse, cela m'offre l'opportunité de rappeler avec admiration et gratitude la vie et le ministère de John Carroll, premier évêque de Baltimore et digne pasteur de la communauté catholique dans votre nation qui était devenue depuis peu indépendante. Ses efforts inlassables pour diffuser l'Evangile dans le vaste territoire confié à ses soins jetèrent les bases de la vie ecclésiale dans votre pays et permirent à l'Eglise en Amérique de grandir vers la maturité. Aujourd'hui, la communauté catholique que vous servez est l'une des plus vastes du monde et l'une des plus influentes. Il est donc très important de faire en sorte que votre lumière brille devant vos concitoyens et devant le monde, « afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5, 16).


Un grand nombre des personnes auprès desquelles John Carroll et ses confrères évêques exercèrent leur ministère il y a deux siècles venaient de terres lointaines. La diversité de leur provenance se reflète dans la riche variété de la vie ecclésiale de l'Amérique d'aujourd'hui. Chers frères évêques, je désire vous encourager, ainsi que vos communautés, à continuer à accueillir les immigrants qui s'unissent à vous aujourd'hui, à partager leurs joies et leurs espérances, à les soutenir dans leurs souffrances et leurs épreuves, et à les aider à prospérer dans leur nouvelle maison. C'est d'autre part ce que firent vos concitoyens pendant des générations. Dès les débuts, ils ont ouvert leurs portes à ceux qui étaient las, aux pauvres, aux « masses qui se pressaient à la recherche d'un souffle dans la liberté » (cf. Sonnet gravé sur la statue de la liberté). Telles étaient les personnes que l'Amérique a faites siennes.


Parmi ceux qui vinrent ici pour se construire une nouvelle vie, beaucoup furent capables de faire bon usage des ressources et des opportunités qu'ils y trouvèrent, et d'atteindre un haut niveau de prospérité. En vérité, les citoyens de ce pays sont connus pour leur grande vitalité et créativité. Ils sont également connus pour leur générosité. Après l'attaque des tours jumelles, en septembre 2001, et également après l'ouragan Katrina en 2005, les Américains ont montré leur rapidité à venir en aide à leurs frères et sœurs qui étaient dans le besoin. Au niveau international, la contribution offerte par le peuple d'Amérique aux opérations de secours et de sauvetage après le tsunami de décembre 2004 est une démonstration supplémentaire de cette compassion. Permettez-moi d'exprimer mon appréciation particulière pour les innombrables formes d'assistance humanitaire offertes par les catholiques américains à travers les Caritas catholiques et les autres agences. Leur générosité a porté des fruits dans l'attention aux pauvres et aux indigents, ainsi que dans l'énergie manifestée dans la construction du réseau national de paroisses catholiques, d'hôpitaux, d'écoles et d'universités. Tout cela offre de solides raisons pour rendre grâce.


L'Amérique est également une terre de grande foi. Votre peuple est bien connu pour sa ferveur religieuse et il est fier d'appartenir à une communauté de prière. Il a confiance en Dieu et il n'hésite pas à introduire dans les discours publics des raisons morales enracinées dans la foi biblique. Le respect pour la liberté de religion est profondément enraciné dans la conscience américaine ; c'est un fait qui a contribué à ce que ce pays attire des générations d'immigrants à la recherche d'une maison où pouvoir librement rendre leur culte à Dieu selon leurs propres convictions religieuses.


Dans ce contexte, je prends volontiers acte de la présence parmi vous d'évêques de toutes les vénérables Eglises orientales en communion avec le Successeur de Pierre : je les salue avec une joie particulière. Chers frères, je vous demande d'assurer vos communautés de ma profonde affection et de ma prière incessante, pour elles comme pour les nombreux frères et sœurs restés dans leur terre d'origine. Votre présence dans ce pays rappelle le courageux témoignage en faveur du Christ de tant de membres de vos communautés, souvent en affrontant de grandes souffrances, dans leurs patries respectives. Cela constitue également un grand enrichissement pour la vie ecclésiale en Amérique, car une expression vivante de la catholicité de l'Eglise et de la variété de ses traditions liturgiques et spirituelles est ainsi offerte.


C'est sur ce sol fertile, nourri par tant de sources différentes, que vous, vénérés frères dans l'épiscopat, êtes appelés aujourd'hui à répandre la semence de l'Evangile. Cela m'amène à me demander comment, au XXIe siècle, un évêque peut répondre au mieux à l'appel à « faire chaque chose nouvelle en Jésus Christ, notre espérance » ? Comment peut-il conduire son peuple « à la rencontre avec le Dieu vivant ? », source de cette espérance qui transforme la vie dont parle l'Evangile ? (cf. Spe salvi, n. 4). Peut-être a-t-il tout d'abord besoin d'abattre certaines barrières qui empêchent cette rencontre. Même s'il est vrai que ce pays est marqué par un authentique esprit religieux, l'influence subtile du sécularisme peut toutefois marquer la façon dont les personnes permettent que la foi influence leurs propres comportements. Est-il cohérent de professer notre foi à l'église le dimanche et ensuite, au cours de la semaine, de promouvoir des affaires ou des procédures médicales contraires à cette foi ? Est-il cohérent pour les catholiques pratiquants d'ignorer ou d'exploiter les pauvres et les exclus ; de promouvoir des comportements sexuels contraires à l'enseignement moral catholique, ou d'adopter des positions qui contredisent le droit à la vie de chaque être humain de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ? Il faut résister à toute tendance à considérer la religion comme un fait privé. Ce n'est que lorsque la foi imprègne chaque aspect de leur vie que les chrétiens deviennent vraiment ouverts à la puissance transformatrice de l'Evangile.


Dans une société riche, un obstacle supplémentaire à une rencontre avec le Dieu vivant se trouve dans l'influence subtile du matérialisme, qui peut malheureusement très facilement concentrer l'attention sur le « centuple » promis par Dieu en cette vie, au détriment de la vie éternelle qu'il promet pour le temps à venir (Mc 10, 30). Il est aujourd'hui nécessaire de rappeler aux personnes le but ultime de l'existence. Elles ont besoin de reconnaître qu'elles ont en elles une profonde soif de Dieu. Elles ont besoin d'avoir l'opportunité de puiser à la source de son amour infini. Il est facile d'être subjugués par les possibilités presque illimitées que la science et la technique nous offrent ; il est facile de faire l'erreur de penser pouvoir obtenir par nos propres efforts la satisfaction des besoins les plus profonds. Il s'agit d'une illusion. Sans Dieu, qui nous donne ce que nous ne pouvons pas atteindre seuls (cf. Spe salvi, n. 31), nos vies sont en définitive vides. Les personnes ont sans cesse besoin d'être appelées à cultiver une relation avec lui, qui est venu afin que nous ayons la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). Le but de chacune de nos activités pastorales et catéchétiques, l'objet de notre prédication, le centre même de notre ministère sacramentel doit être celui d'aider les personnes à établir et à nourrir une telle relation vitale avec « le Christ Jésus, notre espérance » (1 Tm 1, 1).


Dans une société qui accorde beaucoup de valeur à la liberté personnelle et à l'autonomie, il est facile de perdre de vue notre dépendance des autres, ainsi que les responsabilités que nous avons à leur égard. Cette accentuation de l'individualisme a même influencé l'Eglise (cf. Spe salvi, nn. 13-15), donnant origine à une forme de piété qui souligne parfois notre relation privée avec Dieu au détriment de l'appel à être les membres d'une communauté rachetée. Et pourtant, dès le début, Dieu vit qu'« il n'est pas bon que l'homme soit seul » (Gn 2, 18). Nous avons été créés comme des êtres sociaux qui ne trouvent leur accomplissement que dans l'amour envers Dieu et envers leur prochain. Si nous voulons vraiment garder le regard fixé sur lui, source de notre joie, nous devons le faire comme des membres du Peuple de Dieu (cf. Spe salvi, n. 14). Si cela semblait aller à l'encontre de la culture actuelle, cela ne serait qu'une preuve supplémentaire de l'urgente nécessité d'une évangélisation renouvelée de la culture.


Ici en Amérique, vous avez été bénis par un laïcat catholique d'une considérable variété culturelle, qui place ses dons multiformes au service de l'Eglise et de la société en général. Il se tourne vers vous pour recevoir de l'encouragement, une direction et une orientation. A une époque saturée d'informations, l'importance d'offrir une solide formation de la foi ne risque par d'être surévaluée. Les catholiques américains ont accordé par tradition une grande valeur à l'éducation religieuse, que ce soit dans les écoles ou dans l'ensemble des programmes de formation pour adultes : il faut maintenir et développer cela. Les nombreux hommes et femmes qui se consacrent généreusement aux œuvres caritatives doivent être aidés à renouveler leur engagement à travers une « formation du cœur » : une « rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux l'amour et qui ouvre leur esprit à autrui » (Deus caritas est, n. 31). A une époque où les progrès dans les sciences médicales apportent de nouvelles espérances à de nombreuses personnes, des défis éthiques auparavant inimaginables peuvent apparaître. D'où la nécessité, plus importante que jamais, d'assurer une solide formation dans les enseignements moraux de l'Eglise aux catholiques qui sont engagés dans le domaine de la santé. Il est nécessaire dans tous ces domaines d'apostolat, de prendre une direction sage, pour qu'ils puissent porter des fruits abondants. S'ils veulent vraiment promouvoir le bien intégral de la personne, ils doivent eux-mêmes être renouvelés dans le Christ notre espérance.


En tant qu'annonciateurs de l'Evangile et guides de la communauté catholique, vous êtes également appelés à participer à l'échange d'idées sur la scène publique, pour aider à façonner des attitudes culturelles adaptées. Dans un contexte où la liberté de parole est appréciée et un débat substantiel et honnête est encouragé, votre voix est une voix respectée qui a beaucoup à offrir au débat sur les questions sociales et morales de l'actualité. En faisant en sorte que l'Evangile soit entendu de façon claire, non seulement vous formez les personnes de votre communauté, mais, dans le cadre du plus vaste auditoire de la communication de masse, vous aidez à diffuser le message de l'espérance chrétienne dans le monde entier.


L'influence de l'Eglise dans le débat public, cela est clair, se déroule à de nombreux niveaux très différents. Aux Etats-Unis, comme ailleurs, existent actuellement beaucoup de lois déjà en vigueur ou en discussion qui suscitent une préoccupation du point de vue de la moralité et la communauté catholique, sous votre direction, doit offrir un témoignage clair et unitaire sur ces matières. L'ouverture graduelle des esprits et des cœurs de la communauté la plus vaste à la vérité morale est toutefois encore plus importante : c'est un domaine dans lequel il y a encore beaucoup à accomplir. Dans ce domaine, le rôle des fidèles laïcs est crucial en agissant comme un « levain » dans la société. Toutefois, on ne doit pas tenir pour acquis que tous les citoyens catholiques pensent selon l'enseignement de l'Eglise à propos des questions éthiques fondamentales d'aujourd'hui. Encore une fois, votre devoir est de faire en sorte que la formation morale offerte à chaque niveau de la vie ecclésiale reflète l'authentique enseignement de l'Evangile de la vie.


A ce propos, un thème profondément préoccupant pour nous tous est la situation de la famille au sein de la société. Il est vrai que le cardinal George a tout d'abord rappelé que vous avez placé le renforcement du mariage et de la vie familiale parmi vos priorités pour les prochaines années. Dans le Message de cette année pour la Journée mondiale de la paix, j'ai parlé de la contribution essentielle qu'une vie familiale saine offre à la paix dans et entre les nations. Dans la maison familiale, nous vivons l'expérience « de certaines composantes fondamentales de la paix : la justice et l'amour entre frères et sœurs, la fonction d'autorité manifestée par les parents, le service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner » (n. 3). La famille est, en outre, le lieu primordial de l'évangélisation, dans la transmission de la foi, dans l'aide aux jeunes à apprécier l'importance de la pratique religieuse et de l'observance du dimanche. Comment ne pas être déconcertés en observant le rapide déclin de la famille en tant qu'élément fondamental de l'Eglise et de la société ? Le divorce et l'infidélité sont en augmentation, et de nombreux jeunes hommes et femmes choisissent de retarder le mariage ou même de l'ignorer complètement. Pour certains jeunes catholiques le lien sacramentel du mariage apparaît peu différent d'un lien civil, ou bien il est carrément perçu comme un simple accord pour vivre avec une autre personne de manière informelle et sans stabilité. En conséquence, on constate une diminution alarmante des mariages catholiques aux Etats-Unis, ainsi qu'une augmentation des cohabitations, dans lesquelles le don réciproque des époux à la manière du Christ, à travers le sceau d'une promesse publique de vivre les exigences d'un engagement indissoluble pendant toute l'existence, est simplement absent. Dans ces circonstances, on nie aux enfants le milieu sûr dont ils ont besoin pour grandir comme des êtres humains, et on nie également à la société ces piliers stables qui sont nécessaires, si l'on veut conserver la cohésion et le centre moral de la communauté.


Comme mon prédécesseur, le pape Jean-Paul II, l'enseignait : « Le premier responsable de la pastorale familiale dans le diocèse est l'évêque... il doit lui consacrer intérêt, sollicitude, temps, personnel, ressources : mais par-dessus tout, il doit apporter un appui personnel aux familles et à tous ceux qui... l'assistent dans la pastorale de la famille » (Familiaris consortio, n. 73). Votre tâche est de proclamer avec force les arguments de foi et de raison qui parlent de l'institution du mariage, compris comme engagement pour la vie entre un homme et une femme, ouvert à la transmission de la vie. Ce message devrait retentir au milieu des personnes d'aujourd'hui, car il est essentiellement un « oui » inconditionné et sans réserve à la vie, un « oui » à l'amour et un « oui » aux aspirations du cœur dans notre humanité commune, alors que nous nous efforçons de mener à bien notre profond désir d'intimité avec les autres et avec le Seigneur.


Parmi les signes contraires à l'Evangile de la vie que l'on peut trouver en Amérique, mais également ailleurs, il y en a un qui cause une profonde honte : l'abus sexuel des mineurs. Beaucoup d'entre vous m'ont parlé de l'immense douleur que vos communautés ont ressenti quand des hommes d'Eglise ont trahi leurs obligations et leurs devoirs sacerdotaux avec un tel comportement gravement immoral. Alors que vous cherchez à éliminer ce mal partout où il se trouve, soyez assurés du soutien priant du Peuple de Dieu dans le monde entier. Vous donnez à juste titre la priorité à la manifestation de compassion et de soutien aux victimes : c'est une responsabilité qui vous vient de Dieu, en tant que pasteurs, qui est celle de panser les blessures causées par chaque violation de la confiance, de favoriser la guérison, de promouvoir la réconciliation et d'aller à la rencontre de ceux qui ont été aussi gravement blessés, avec une sollicitude pleine d'amour.


La réponse à une telle situation n'a pas été facile et, comme l'a indiqué le président de votre Conférence épiscopale, elle a « parfois été très mal gérée ». Maintenant que la dimension et la gravité du problème sont plus clairement comprises, vous avez pu adopter des mesures disciplinaires et des remèdes plus adaptés et promouvoir un milieu sûr qui offre une plus grande protection aux jeunes. Alors que l'on doit se rappeler que la plus grande majorité des prêtres et des religieux en Amérique accomplissent un excellent travail en apportant le message libérateur de l'Evangile aux personnes confiées à leurs soins pastoraux, il est d'une importance vitale que les sujets vulnérables soient toujours protégés de ceux qui pourraient les blesser. A ce propos, vos efforts pour soulager et protéger portent de nombreux fruits non seulement à l'égard de ceux qui sont directement placés sous votre attention pastorale, mais également de la société tout entière.


Toutefois, si nous voulons qu'elles atteignent pleinement leur but, il faut que les mesures et les stratégies que vous avez adoptées soient placées dans un contexte plus large. Les enfants ont le droit de grandir avec une saine compréhension de la sexualité et du rôle qui lui est propre dans les relations humaines. On devrait leur épargner les manifestations dégradantes et la manipulation vulgaire de la sexualité aujourd'hui si dominante ; ils ont le droit d'être éduqués dans les authentiques valeurs morales enracinées dans la dignité de la personne humaine. Cela nous ramène à la considération sur la place centrale de la famille et sur la nécessité de promouvoir l'Evangile de la vie. Que signifie parler de la protection des enfants lorsque la pornographie et la violence peuvent être regardées dans de si nombreuses maisons à travers les mass media largement disponibles aujourd'hui ? Nous devons réaffirmer de toute urgence les valeurs qui soutiennent la société, de manière à offrir aux jeunes et aux adultes une solide formation morale. Tous ont un rôle à jouer dans cette tâche, non seulement les parents, les guides religieux, les enseignants et les catéchistes, mais également l'information et l'industrie du spectacle. Oui, chaque membre de la société peut contribuer à ce renouveau moral et en tirer profit. Prendre vraiment soin des jeunes et de l'avenir de notre civilisation signifie reconnaître notre responsabilité de promouvoir et de vivre les valeurs morales authentiques qui sont les seules à rendre la personne humaine capable de se développer. Votre tâche de pasteurs qui ont comme modèle le Christ, Bon Pasteur, est de proclamer de manière forte et claire ce message et donc d'affronter le péché de l'abus dans le contexte plus vaste des comportements sexuels. En outre, en reconnaissant le problème et en l'affrontant lorsqu'il a lieu dans un contexte ecclésial, vous pouvez offrir une orientation aux autres, étant donné que cette plaie ne se trouve pas seulement au sein de vos diocèses, mais dans tous les secteurs de la société. Elle exige une réponse déterminée et collective.


Les prêtres ont eux aussi besoin de votre direction et de votre proximité au cours de cette période difficile. Ils ont vécu l'expérience de la honte à la suite de ce qui est arrivé et un grand nombre d'entre eux se rendent compte qu'ils ont perdu une partie de la confiance qu'ils avaient autrefois. Nombreux sont ceux qui font l'expérience d'une proximité avec le Christ dans sa Passion, alors qu'ils s'efforcent d'affronter les conséquences de la crise actuelle. L'évêque, en tant que père, frère et ami de ses prêtres, peut les aider à tirer du fruit spirituel de cette union avec le Christ, en les rendant conscients de la présence réconfortante du Seigneur au coeur de leurs souffrances, et en les encourageant à marcher avec le Seigneur sur le sentier de l'espérance (cf. Spe salvi, n.39). Comme l'observait le pape Jean-Paul II il y a six ans, « nous devons être confiants dans le fait que ce moment d'épreuve apportera une purification de toute la communauté catholique », conduira « à un sacerdoce plus sain, à un épiscopat plus sain et à une Eglise plus sainte » (Message aux cardinaux des Etats-Unis, 23 avril 2002, n. 4). De nombreux signes montrent que, pendant la période successive, cette purification a vraiment eu lieu. La présence constante du Christ au coeur de nos souffrances transforme graduellement nos ténèbres en lumière : chaque chose est faite à nouveau véritablement dans le Christ Jésus, notre espérance.


En ce moment, une partie vitale de votre tâche est de renforcer les relations avec vos prêtres, en particulier dans les cas où une tension est née entre prêtres et évêques à la suite de la crise. Il est important que vous continuiez à démontrer à leur égard votre préoccupation, votre soutien et votre direction à travers l'exemple. Ainsi, vous les aiderez certainement à rencontrer le Dieu vivant et vous les orienterez vers cette espérance qui transforme l'existence dont parle l'Evangile. Si vous vivez vous-mêmes d'une manière qui se configure étroitement au Christ, le Bon Pasteur, qui donna sa vie pour ses brebis, vous inspirerez vos frères prêtres à se consacrer à nouveau au service du troupeau avec la générosité qui caractérisa le Christ. En vérité, une concentration plus claire sur l'imitation du Christ dans la sainteté de vie est nécessaire si nous voulons aller de l'avant. Nous devons redécouvrir la joie de vivre une existence centrée sur le Christ, en cultivant les vertus et en nous plongeant dans la prière. Lorsque les fidèles savent que leur pasteur est un homme qui prie et qui consacre sa vie à leur service, ils répondent avec une chaleur et une affection qui nourrit et soutient la vie de la communauté tout entière.


Le temps passé à prier n'est jamais perdu, même si les devoirs qui nous pressent de toutes parts sont importants. L'adoration du Christ notre Seigneur dans le Très Saint Sacrement prolonge et intensifie cette union avec lui, qui se constitue à travers la célébration eucharistique (cf. Sacramentum caritatis, n. 66). La contemplation des mystères du Rosaire libère toute leur force salvifique en nous conformant, en nous unissant et en nous consacrant à Jésus Christ (cf. Rosarium Virginis Mariae, 11.15). La fidélité à la Liturgie des Heures garantit que notre journée tout entière soit sanctifiée, en nous rappelant sans cesse la nécessité de rester concentrés sur l'accomplissement de l'œuvre de Dieu, malgré toutes les urgences ou les distractions qui peuvent apparaître face aux obligations à accomplir. De cette manière, la dévotion nous aide à parler et à agir in persona Christi, à enseigner, à gouverner et à sanctifier les fidèles au nom de Jésus, en apportant sa réconciliation, sa guérison et son amour à tous ses frères et sœurs bien-aimés. Cette configuration radicale au Christ Bon Pasteur est au centre de notre ministère pastoral et si nous nous ouvrons, à travers la prière, à la puissance de l'Esprit, Il nous accordera les dons dont nous avons besoin pour accomplir notre devoir formidable, au point de ne jamais nous soucier « pour savoir ce que vous direz ni comment vous le direz » (Mt 10, 19).


En concluant ce discours qui vous est adressé ce soir, je confie de manière toute particulière l'Eglise qui est dans votre pays à la sollicitude maternelle et à l'intercession de Marie Immaculée, Patronne des Etats-Unis. Elle qui a porté dans son sein l'espérance de toutes les nations, puisse-t-elle intercéder pour le peuple de cette nation, afin que tous soient renouvelés en Jésus Christ, son Fils. Chers frères évêques, j'assure chacun de vous ici présents de ma profonde amitié et de ma participation à vos préoccupations pastorales. A vous tous, au clergé, aux religieux et aux fidèles laïcs je donne cordialement ma Bénédiction apostolique, gage de joie et de paix dans le Christ Ressuscité."


Vendredi 18 avril 2008
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Le Latin est et reste la langue officielle de l’Eglise, Le Concile Vatican II déclare en effet dans la Constitution sur la Liturgie (4 décembre 1963) : « L’usage de la langue latine (…) sera conservé dans les rites latins » (Sacrosanctum Concilium, 36 §1). Tous les papes ont maintenu, à la fin de l’audience générale du mercredi, le chant du "Pater Noster" en Latin, pour manifester la prière universelle de l’ensemble du Peuple de Dieu. Et, à la Basilique Saint-Pierre, lors des principales Solennités, la Messe est célébrée et chantée en latin, à l’exception des Lectures et de la Prières des Fidèles, qui sont proclamées en différentes langues vernaculaires.

Il faut également se rappeler que le Pape Paul VI, de vénérée mémoire, avait fait publier un livret contenant les principales prières de la Sainte Messe en Latin, en demandant que ce répertoire minimum soit connu des fidèles et qu’ils puissent y répondre en latin, et en chantant en grégorien : c’est le livret "JUBILATE DEO", en date du 14 avril 1974, publié par la Sacrée Congrégation pour le Culte Divin. Et ce livret était présenté par cette même Congrégation, dans une Lettre adressée par elle aux évêques catholiques du monde dans laquelle elle déclare : « En présentant ce don du Saint-Père qui vous est adressé, puis-je en même temps vous rappeler le désir qu’il a souvent exprimé que la Constitution Conciliaire puisse toujours mieux être appliquée (…) En conséquence, voudriez-vous choisir les meilleurs moyens pour enseigner aux fidèles les chants Latins, de "Jubilate Deo", et les leur faire chanter, et promouvoir aussi la préservation et l’exécution du Chant Grégorien dans les communautés. Vous rendrez ainsi un nouveau service à l’Eglise dans le domaine du renouveau liturgique. »

Le Latin est aussi  la langue de base et de référence pour la traduction des prières liturgiques dans les langues vernaculaires, comme le déclare aussi le Document Conciliaire : « La traduction du texte latin dans la langue du pays, à employer dans la liturgie, doit être approuvée par l’autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, dont il est question ci-dessus » (ibid. 36, §4).

Mgr J. Masson
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On trouvera, ci-jointes, les prières en latin dans la Page "Catéchèse de Mgr Masson", en haut à gauche de la page d'accueil

Il y sera fait référence, à l'occasion, lors des articles à paraître




Jeudi 17 avril 2008
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ROME, Mercredi 16 avril 2008 (ZENIT.org) - Respect de la dignité de la personne, défense de la vie, du mariage et de la famille, éducation des jeunes, droits de l'homme et liberté religieuse, développement durable et lutte contre la pauvreté et les pandémies, spécialement en Afrique : autant de points sur lesquels le président Bush et le pape Benoît XVI ont déclaré leur convergence. Mais les entretiens ont surtout porté sur le Moyen Orient, soulignant la préoccupation du pape pour les chrétiens, spécialement en Irak, et demandant une solution au conflit israélo-palestinien. Le Saint-Siège et la Maison Blanche ont publié une déclaration conjointe dans ce sens à l'issue de l'entretien privé entre le président et le pape.

Le communiqué résume ainsi le discours de bienvenue du président George W. Bush à la Maison Blanche : « Le président Bush, au nom de tous les Américains, a accueilli le Saint-Père, lui a souhaité un joyeux anniversaire, et il l'a remercié pour le leadership spirituel et moral qu'il offre à toute la famille humaine. Le président a souhaité au pape tout le succès possible dans son voyage apostolique, et dans son discours aux Nations unies, et il a dit combien il appréciait la prochaine visite du pape à 'Ground Zero' à New York ». A propos de l'entretien privé entre le pape et le président, le communiqué précise : « Au cours de leur rencontre, le Saint-Père et le président ont discuté d'un certain nombre de sujets d'intérêt commun pour le Saint-Siège et les Etats-Unis d'Amérique, y compris des considérations morales et religieuses dans lesquelles les deux parties sont engagées : le respect de la dignité de la personne humaine ; la défense et la promotion de la vie, du mariage et de la famille ; l'éducation des générations futures ; les droits de l'homme et la liberté religieuse ; le développement durable et la lutte contre la pauvreté et les pandémies, spécialement en Afrique ». Le pape, dit le communiqué, a salué les « contributions substantielles des Etats-Unis dans cette région ».

Les deux hommes ont réaffirmé « leur rejet total du terrorisme » et « la manipulation de la religion pour justifier des actes immoraux et violents contre des innocents ». Mais surtout, le communiqué précise une convergence importante : il faut « affronter le terrorisme par des moyens appropriés qui respectent la personne humaine et ses droits ». Un des sujets les plus importants de ces entretiens a été le Moyen Orient, en particulier la résolution du conflit israélo-palestinien. Le communiqué affirme une vision commune « de deux Etats vivant côte à côte en paix et dans la sécurité ». Au Moyen Orient, ils réaffirment aussi « leur soutien à la souveraineté et à l'indépendance du Liban ». Ils affirment « leur préoccupation commune pour l'Irak et en particulier pour la situation des communautés chrétiennes là, et ailleurs dans la région ». « Le Saint-Père et le président ont exprimé leur espérance pour la fin des violences et pour une solution rapide et globale aux crises qui affligent la région », souligne le communiqué. Et de conclure sur la protection des immigrés d'Amérique latine: « Le Saint-Père et le président ont également pris en considération la situation en Amérique latine, en particulier en ce qui concerne, entre autres, les immigrés, et le besoin d'une politique coordonnée concernant l'immigration, spécialement leur condition et le bien-être de leurs familles ».

Jeudi 17 avril 2008
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Voici le discours que le Saint Père a prononcé hier - 17 avril - au cours de la cérémonie organisée à son intention à la Maison Blanche par le Président Bush, dont on sait qu'il a reçu le Pape avait le plus grand faste (ICI). Espérons que le Président américain tire des enseignements fructueux de ses échanges avec le Saint Père !

 

"Monsieur, le Président,


Je vous remercie des paroles courtoises de bienvenue que vous m'avez adressées au nom du peuple des Etats-Unis d'Amérique. J'apprécie profondément votre invitation à visiter ce grand pays. Ma venue coïncide avec un moment important de la vie de la Communauté catholique en Amérique : la célébration du deuxième centenaire de l'élévation au rang d'archidiocèse métropolitain du premier diocèse du pays, Baltimore, et la fondation des sièges de New York, Boston, Philadelphie et Louisville. En outre, je suis heureux d'être l'hôte de tous les Américains. Je viens en tant qu'ami et annonciateur de l'Evangile, comme une personne qui respecte profondément cette vaste société pluraliste. Les catholiques américains ont offert, et ils continuent à offrir, une excellente contribution à la vie de leur pays. En m'apprêtant à commencer ma visite, j'ai confiance dans le fait que ma présence puisse être une source de renouveau et d'espérance pour l'Eglise qui est aux Etats-Unis et qu'elle renforcera la détermination des catholiques à contribuer de manière encore plus responsable à la vie de la nation, dont ils sont fiers d'être les citoyens.


Dès les débuts de la République, la recherche de liberté de l'Amérique a été guidée par la conviction que les principes qui gouvernent la vie politique et sociale sont intimement liés avec un ordre moral, fondé sur la seigneurie de Dieu créateur. Les rédacteurs des documents constitutifs de cette nation se fondèrent sur cette conviction, lorsqu'ils proclamèrent la « vérité évidente par elle-même » que tous les hommes sont créés égaux et dotés de droits inaliénables, fondés sur la loi de la nature et sur le Dieu de cette nature. Le chemin de l'histoire américaine souligne les difficultés, les luttes et la grande détermination intellectuelle et morale qui ont été nécessaires pour former une société qui intègre fidèlement ces nobles principes. Au cours de ce processus, qui a façonné l'âme de la nation, les croyances religieuses furent une inspiration constante et une force d'orientation, comme par exemple dans la lutte contre l'esclavage et dans le mouvement pour les droits civils. A notre époque aussi, particulièrement lors des moments de crise, les Américains continuent à trouver leur énergie dans l'adhésion à ce patrimoine d'idéaux et d'aspirations partagés.


Les jours prochains, j'attends avec joie de rencontrer non seulement la communauté catholique d'Amérique, mais également d'autres communautés chrétiennes et délégations des nombreuses traditions religieuses présentes dans ce pays. Historiquement, non seulement les catholiques, mais tous les croyants ont trouvé ici la liberté d'adorer Dieu selon les impératifs de leur conscience, étant en même temps acceptés comme partie d'une confédération dans laquelle chaque individu et chaque groupe peut faire entendre sa propre voix. La nation devant à présent affronter des questions politiques et éthiques toujours plus complexes, je suis certain que les Américains pourront trouver dans leurs croyances religieuses une source précieuse de discernement et une inspiration pour poursuivre un dialogue raisonnable, responsable et respectueux dans l'effort d'édifier une société plus humaine et plus libre.


La liberté n'est pas seulement un don, mais également un appel à la responsabilité personnelle. Les Américains le savent par expérience - presque chaque ville de ce pays possède des monuments qui rendent hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie en défense de la liberté, que ce soit sur leur terre ou ailleurs. La défense de la liberté appelle à cultiver la vertu, l'autodiscipline, le sacrifice pour le bien commun et un sens de responsabilité à l'égard des moins chanceux. Elle exige, en outre, le courage de s'engager dans la vie civile, en présentant dans un débat public raisonnable ses propres croyances religieuses et ses valeurs les plus profondes. En un mot, la liberté est toujours nouvelle. Il s'agit d'un défi lancé à chaque génération, et il doit être constamment vécu en faveur de la cause du bien (cf. Spe salvi, n. 24). Peu de personnes ont compris cela aussi clairement que le pape Jean-Paul II, de vénérée mémoire. En réfléchissant à la victoire spirituelle de la liberté sur le totalitarisme dans sa Pologne natale et en Europe de l'est, il nous rappela que l'histoire souligne, en de nombreuses occasions, que « dans un monde sans vérité, la liberté perd son propre fondement » et une démocratie sans valeurs peut perdre son âme (cf. Centesimus annus, n. 46). Ces paroles prophétiques font écho d'une certaine façon à la conviction du président Washington, exprimée dans son discours d'adieu, que la religion et la moralité constituent « des soutiens indispensables » pour la prospérité politique.


L'Eglise, quant à elle, désire contribuer à la construction d'un monde toujours plus digne de la personne humaine, créée à l'image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1, 26-27). Elle est convaincue que la foi jette une nouvelle lumière sur toute chose, et que l'Evangile révèle la vocation noble et le destin sublime de chaque homme et de chaque femme (cf. Gaudium et spes, n. 10). La foi, en outre, nous donne la force pour répondre à notre haute vocation et l'espérance qui nous pousse à œuvrer pour une société toujours plus juste et fraternelle. Comme vos Pères fondateurs le savaient bien, la démocratie ne peut fleurir que lorsque les chefs politiques et ceux qu'ils représentent sont guidés par la vérité et apportent la sagesse, engendrée par le principe moral, dans les décisions qui concernent la vie et l'avenir de la nation.


Depuis plus d'un siècle, les Etats-Unis d'Amérique ont joué un rôle important dans la communauté internationale. Vendredi prochain, si Dieu le veut, j'aurai l'honneur de prendre la parole devant l'Organisation des Nations unies, où j'espère encourager les efforts mis en œuvre pour faire de cette institution une voix encore plus efficace pour les attentes légitimes de tous les peuples du monde. A cet égard, à l'occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, l'exigence d'une solidarité mondiale est plus urgente que jamais, si l'on veut que tous puissent vivre conformément à leur dignité, comme des frères et sœurs qui habitent dans une même maison, autour de la table que la bonté de Dieu a préparée pour tous ses fils. L'Amérique a toujours fait preuve de générosité en allant à la rencontre des besoins humains immédiats, en promouvant le développement et en offrant de l'aide aux victimes des catastrophes naturelles. Je suis certain que cette préoccupation pour la vaste famille humaine continuera à trouver son expression en soutenant les efforts patients de la diplomatie internationale visant à résoudre les conflits et à promouvoir le progrès. Ainsi, les générations futures seront en mesure de vivre dans un monde où la vérité, la liberté et la justice peuvent fleurir, un monde où la dignité et les droits donnés par Dieu à chaque homme, femme et enfant, sont tenus en considération, protégés et promus de manière efficace.


Monsieur le Président, chers amis : alors que je m'apprête à commencer ma visite aux Etats-Unis, je désire exprimer encore une fois ma gratitude pour l'invitation qui m'a été adressée, la joie de me trouver parmi vous, et ma fervente prière afin que Dieu tout-puissant confirme cette nation et son peuple sur les voies de la justice, de la prospérité et de la paix. Que Dieu bénisse l'Amérique !"



Jeudi 17 avril 2008
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A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement.
Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny

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