Nous vous avons tenu
informés du drame vécu par les chrétiens de l'Inde et de la passivité déconcertante du gouvernement indien (v. ici, ici, ici, ici, ici, ici). Aujourd'hui point enfin une note d'espoir, même s'il y a loin du verbe à
l'action.
La Cour suprême de l'Inde ordonne au gouvernement de l'Orissa de protéger les chrétiens, sous peine d'être destitué, a indiqué « Eglises d'Asie » (EDA), l'agence des Missions étrangères de Paris, le 9 janvier.
L'Eglise s'est félicitée de ce que la Cour suprême de l'Inde (1), dans une directive du 5 janvier dernier, ait
menacé le gouvernement de l'Orissa de le destituer s'il n'arrivait pas à protéger les minorités religieuses.
Le 7 janvier 2009, lors d'une conférence de presse, le cardinal Varkey Vithayathil, archevêque syro-malabar
d'Ernakulam-Angamaly (Etat du Kerala), déclarait : « La communauté chrétienne a toujours cru en la justice de ce pays qui sait quand il le faut, défendre les droits des
minorités ». Le cardinal, président de la Conférence des évêques catholiques de l'Inde (CBCI) a remercié la Cour suprême d'avoir clairement réaffirmé la responsabilité de l'Etat de
l'Orissa concernant les droits fondamentaux des minorités.
Mgr Stanislaus Fernandes, archevêque de Gandhinagar (Etat du Gujarat), secrétaire général de la CBCI, a quant à
lui, exprimé le vif soulagement qu'avait ressenti la communauté chrétienne, spécialement celle de l'Orissa. « Il est malheureux que la communauté chrétienne ait été victime de manoeuvres
malintentionnées de la part de quelques groupes radicaux », a-t-il dit, assurant que malgré ces difficultés, l'Eglise continuerait sa mission auprès des pauvres et des opprimés, sans
distinction de caste, de race ou de religion.
Cette décision de la Cour suprême faisait suite à une requête de Mgr Raphaël Cheenath, archevêque de
Cuttack-Bhubaneswar, demandant que l'on assure la sécurité des chrétiens de son diocèse de l'Orissa où durant sept semaines, des groupes hindouistes avaient causé la mort de plus de 60 personnes
et déplacé des milliers de familles (Chiffres officiels du gouvernement de l'Orissa. Les sources ecclésiastiques font mention de plusieurs centaines de morts et de près de 100.000
réfugiés).
Mgr Cheenath a rappelé qu'environ 80.000 chrétiens continuaient à l'heure actuelle de vivre dans les camps de
réfugiés mis en place par le gouvernement, pendant que des centaines d'autres erraient loin de leurs maisons et de leurs villages, dans la crainte de nouvelles attaques. Il a expliqué à
Ucanews que les chrétiens qui voulaient revenir dans leurs villages n'avaient que le choix de devenir hindous ou d'être massacrés, ajoutant qu'il se réjouissait que la Cour suprême ait
choisi d'utiliser le terme de « persécution » pour qualifier les violences perpétrées en Orissa.
« Nous sommes un pays laïc. Nous ne pouvons accepter que des minorités soient persécutées »,
ont en effet martelé les trois juges, à la tête desquels se trouvait le président de la Cour suprême, K.G Balakrishnan. « Si le gouvernement [de l'Orissa] est incapable de les
protéger, il doit démissionner », a déclaré la Cour. « Il est du devoir du gouvernement de l'Etat de protéger les communautés minoritaires. Vous [le gouvernement de
l'Orissa] ne l'avez fait que lorsque 50.000 personnes de ces minorités ont dû fuir dans la jungle ».
Le gouvernement de l'Orissa qui s'était engagé à juguler la violence antichrétienne dès ses débuts le 24 août
2008, mais n'avait mis en œuvre aucun moyen pour la faire cesser, a été ces dernières semaines, accusé de connivence avec les partis extrémistes hindous responsables des exactions.
L'Etat de l'Orissa dont 94 % de la population est hindoue (Sur une population d'environ 37 millions
d'habitants, les chrétiens sont la minorité religieuse la plus importante de l'Etat avec 2,4 % de la population, suivis de près par les musulmans à 2,1%), est gouverné par une coalition
formée d'un parti régional et du Bharatiya Janata Party (BJP, Parti du peuple indien), pro-hindou et fortement impliqué dans les attaques antichrétiennes. Le père Babu Joseph, porte-parole de la
Conférence des évêques de l'Inde a déclaré à ce propos à Ucanews le 7 janvier dernier : « Même après tant d'attaques, il y avait une mauvaise volonté manifeste de la part des
politiques. La directive de la Cour suprême est plus que bienvenue ».
Selon le quotidien indien The Hindu, la Cour suprême a demandé au gouvernement de l'Orissa de mettre en
place avec le ministère fédéral de l'intérieur, le déploiement de forces armées dans le district du Kandhamal, épicentre des violences contre les chrétiens et ce, jusqu'aux élections prévues dans
deux mois. Les juges ont également ordonné à l'Orissa de verser les indemnisations demandées pour les églises et bâtiments ecclésiastiques détruits par les hindouistes, alors que l'Etat d'Orissa
avait initialement refusé l'indemnisation des lieux de cultes détruits, au nom du principe de laïcité.
Dans le précédent article, nous avons examiné la thèse du P. Fossion relative à ce qu'il appelle le "Dieu immonde", dont l'image serait
indissociablement liée, selon lui, à la représentation d'un châtiment éternel. Pour lui, à ce qu'il semble, cette éternité de peine - que l'Eglise, pourtant confesse - serait incompatible avec
l'Amour divin, qui n'aurait dès lors de cesse que de la faire disparaître en vidant l'Enfer, in fine, de ses habitants. En cela, toujours selon lui, consisterait la fin de son Oeuvre, à
laquelle notre espérance serait attachée. Cette thèse, qui prétend résoudre dialectiquement la difficile question de la conjonction de la miséricorde et de la justice, en vient, pour sauver la
première, en caricaturant la foi établie de l'Eglise, à exclure la seconde (1).
Une justice et un
jugement dénaturés
Le Père FOSSION, pourtant, évoque la justice divine. Mais c’est pour aussitôt la vider de sa substance, et la réduire ainsi dénaturée au temps de
cette vie, au temps de la conversion encore possible, se dérobant de la sorte à la question qu’il prétend clarifier.
« Bien sûr, dit-il, la justice de Dieu existe. Mais, c’est une justice qui n’est jamais vengeresse ou
vindicative. La justice vengeresse rend le mal pour le mal. La justice de Dieu n’est pas de cette nature. Elle ne peut faire le mal. C’est une justice
réparatrice qui appelle, dans la vérité, à restaurer la vie là où elle a été blessée. La justice de Dieu, en effet, fait la vérité. Elle invite à voir les choses en face et à réparer
autant que possible le mal que l’on a pu commettre. Mais cette justice de Dieu est aussi et de surcroît miséricordieuse. C’est dire que l’amour, en toute hypothèse, demeure offert de manière
inconditionnelle, par-delà tout effort de réparation. »
La justice de Dieu, oui, « fait la vérité ». Mais la vérité de la justice est, précisément, de rendre à
chacun ce qui lui est dû – dû qu’elle met en pleine lumière. C'est cela, le jugement, conformément aux énoncés de l'Evangile. Il n’y a là nulle vengeance, nulle vindicte, de la part d’un Dieu
dont le Fils s’est incarné jusqu’à la consomption totale, par amour, de son humanité. La restauration évoquée consistera précisément, selon notre foi, à donner à
chacun sa place, dès la fin de sa vie terrestre, à ouvrir la Béatitude éternelle aux justes, et à « faire cette vérité » que ceux qui auront rejeté l’amour de Dieu iront
éternellement dans cet enfer en lequel, pour reprendre l’expression du P. FOSSION, ils se seront eux-mêmes enfermés.
Le P. FOSSION parle aussi du “jugement”, mais pour le dénaturer également, en l’arrachant de son “temps post-historique” pour le transposer dans «
le temps favorable, le temps du salut”» (2 Corinthiens, 6,2) qui n’est pas le sien, le temps de cette vie d’ici-bas, où réparation, mérites et démérites sont encore possibles
:
« La portée éducative de ces perspectives est évidente. Si vous êtes parents et que votre enfant fait une
bêtise, vous lui direz, par souci de vérité et de justice, qu’il lui faut réparer autant que possible, mais, en même temps, vous ne lierez pas votre amour à la réparation souhaitée.
A un moment donné, vous lèverez le devoir d’une stricte réparation, en manifestant à votre enfant qu’il est aimé en toute hypothèse et gratuitement.
Tel est aussi, en quelque sorte, le “jugement dernier” de Dieu.Contrairement à
l’image de la balance qui est profondément païenne, “le jugement dernier” n’a rien de quoi nous faire peur. Il est Bonne Nouvelle d’un amour donné inconditionnellement. Et s’il y a néanmoins un
effort à fournir de notre côté, c’est celui, tout simplement, de nous ajuster à cette grâce offerte. »
Ces propos n’ont tout simplement pas de sens, parce qu’ils donnent à l’expression “jugement dernier” – dont on
appréciera le “en quelque sorte” assortissant la définition supposée – un contenu qui n’est aucunement le sien, en tout cas en théologie catholique. L’auteur pourrait tout aussi bien dire : «
L’enfer n’a pas de quoi nous faire peur parce qu’il est bonne Nouvelle ». Le jugement dernier, n’en déplaise au P. FOSSION, ne sera une bonne nouvelle que pour ceux que la mort rencontrera
en état de grâce, en amis de Dieu, parce qu’il éclairera la vie surnaturelle en laquelle ils vivent, laquelle s’épanouira en béatitude éternelle, dans la vision face à face de l’Amour infini.
Pour les autres, il ne sera que confusion et douleur. C'est le message même du Christ - auquel on nous pardonnera d'accorder plus de crédit qu'à celui du Père FOSSION.
* * *
Du "Dieu désirable" au
Dieu "selon nos désirs"
Le Père FOSSION a proposé à ses auditeurs une réflexion sur « un Dieu désirable ». Il est à craindre qu’il ne s’agisse en réalité – au moins pour ce qui concerne la question de
l’enfer et du jugement – d’un Dieu qui serait plutôt selon ses désirs, d’un Dieu acceptable, au regard duquel enfer et jugement, particulier et final, n’ont pas le sens que leur
donne précisément la Révélation, telle qu’elle est proposée à notre foi par l’Eglise.
Sa thèse, toujours sur la question de l’enfer, n'est en réalité qu'une resucée nouvelle de celle d'Origène († 253), et de l'apocatastase, qui a été si en vogue chez nombre de clercs
irresponsables depuis quarante ou cinquante ans. Rassurez-vous bonnes gens : vous pouvez sans crainte croire à l'enfer, ça ne coûte rien, parce qu'il est vide ou appelé à le devenir au temps
de la « restauration universelle » (« apokatastasis pantôn ») dont parlent les Actes des Apôtres (3,21) ! Les origénistes du jour, si attachés à l'évolution quand ils
parlent de la création – comme le P. FOSSION au début de sa conférence – gagneraient à considérer qu'une évolution homogène préside au développement de la théologie et que si Origène, saint
Ambroise († 397) ou saint Jérôme († 420), dans leurs recherches, ont pu légitimement s'interroger sur ces choses, la foi de l'Eglise est aujourd'hui, et depuis longtemps, fermement
établie.
Au reste, il n’est sans doute pas inutile de rappeler que l’Eglise a déjà condamné, chez les Jansénistes, la proposition selon laquelle la doctrine de certains Pères pourrait être soutenue
contre elle (2). En effet, comme le soulignait à raison saint Thomas, « la doctrine des Docteurs catholiques tire son autorité de l’Eglise. Il faut donc s’en tenir davantage à l’autorité
de l’Eglise qu’à celle d’Augustin, de Jérôme ou de quelque Docteur que ce soit (3) ». Or, au sixième siècle, le Concile de Constantinople a condamné sans réserve la thèse
d'Origène en ces termes : « Si quelqu'un dit ou pense que le châtiment des démons et des impies est temporaire, et qu'il prendra fin après un certain temps, ou bien qu'il y aura
restauration des démons et des impies, qu'il soit anathème (4) ».
* * *
Pour conclure
Un religieux nous écrivait récemment, en réponse à notre article sur les thèses du P. FOUREZ : « Comment peut-on en arriver là ? » La même question s'impose ici, tout aussi
mystérieuse, tout aussi douloureuse, tout aussi tragique. Comment un prêtre peut-il donner pour espérance chrétienne ce qui est si manifestement contraire à la foi ? Quels sont les ressorts
de ce refus de croire, bien plus, il faut bien le dire, de cette apparente volonté de dénaturer ? Se rassurer, rassurer les autres ? Exorciser ses peurs que l’on prétend ouvertement
n’attribuer qu’aux obscurités du passé ? N’est-ce pas là le signe, extrêmement paradoxal, que, dans le fond, on ne croit pas à la miséricorde que l’on prêche, ou que l’on ne parvient à la
sauver – à ses propres yeux – que par la mutilation de Dieu ?
Le Christ nous a parlé des peines éternelles et du jugement, en des termes redoutables. Il ne l’a pas fait pour imposer un empire de la peur. L’Eglise, qui nous transmet ce message, ne le
fait pas pour nous effrayer. L’un et l’autre nous placent devant notre vérité, notre responsabilité d’hommes et de femmes, pour nous éclairer sur le sérieux de nos choix et de nos vies. Ils
nous inspirent, par amour, par respect pour notre vocation surnaturelle, une « sainte crainte de Dieu » afin de nous porter à la conversion (5). Le P. FOSSION fait un parallèle avec
l’éducation des enfants. Mais quand a-t-on vu que des parents aimants et justes se dispensaient de mettre en garde leurs enfants contre les maux susceptibles de leur nuire ? A quoi bon une
miséricorde, d’ailleurs, si le péché ne devait nous menacer de rien ? Car c’est de lui que vient le péril de châtiment, et celui de la mort. On raconte du saint Padre PIO (1887-1968), qui est
l’un de nos contemporains, qu’il pleurait lorsque, prenant entre ses mains les Visites à la Très Sainte Vierge Marie de saint ALPHONSE DE LIGUORI, il y lisait : « Je vous
remercie de tout ce que vous avez fait, en particulier de m'avoir préservé de l'enfer, que j'ai mérité tant de fois ». Telle est l’intelligence de la foi. C’est écarter les âmes de la
tendresse miséricordieuse de Dieu que d’édulcorer le message que son Fils est venu écrire de son Sang.
Nous tenons quant à nous, avec l'Eglise, que « nous sommes dans l'attente que nous obtiendrons (du Christ), soit la vie éternelle en récompense de notre bon mérite, soit la peine du
supplice éternel pour nos péchés » (6). Et ce texte vénérable, s’adressant à chaque baptisé, ajoute au rappel de l’ensemble du Credo catholique : « Lis cela, tiens-le
fermement, soumets ton âme à cette foi. Ainsi tu obtiendras du Christ Seigneur la vie et la récompense ». Que la grâce de Dieu nous accorde de demeurer en cette soumission à la Vérité
qu’il nous a donnée, dans sa charité, et en laquelle est la joie de notre foi en Dieu désiré – tel qu’il Est. Et que saint Michel nous garde d’entrer jamais dans des voies
contraires, fussent-elles parsemées de fleurs et largement ouvertes par des discours séducteurs.
Pierre GABARRA
_______________
(1) Rappelons que le texte intégral du P. Fossion peut être télécharger en format PDF au bas du premier article paru sur ce sujet
(2) Décret du Saint-Office, 7 décembre 1690, prop. 30, Denz. n. 2330
(3) Somme de Théologie, IIa IIae q. 10, art. 12
(4) Denz. n° 409
(5) Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1041
(6) "Foi de Damase", Vème s., Denz. n. 72
Dans notre précédent article nous avons évoqué l'éclipse dramatique de la prédication de l'enfer, et rappelé le sens que donnait
l'Eglise à ce dernier - sur le fondement des Ecritures et de la Tradition : une peine constituée principalement par la privation de Dieu, une peine imputable au pécheur lui-même, et une peine
qui ne connaîtra pas de fin. C’est la question de cette éternité qui fait ici difficulté. En tout cas pour le P. FOSSION (1).
* * *
L'enfer éternel d'un "Dieu immonde"
Après avoir rappelé, comme il a été dit plus haut, que l’amour de Dieu, qui nous prévient, est inextinguible, il ajoute dans le texte évoqué : « L’œuvre de Dieu n’est donc pas
de nous menacer de l’enfer ou de nous y mettre, mais de nous en faire sortir ». S’il n’entendait par là que Dieu, qui ne veut pas la mort du pêcheur mais qu’il vive, n’a de cesse qu’il
l’ôte des voies de la mort par les sollicitations de sa grâce, alors la proposition ne pourrait que recueillir l’assentiment. Mais que veut dire « faire sortir de l’enfer » ? On n’en
peut sortir qu’à condition d’y être entré. Bien sûr, on peut penser qu’il s’agit là de cet enfer métaphorique auquel est parfois réduite la vie des hommes ici-bas, dans la littérature ou les
discours, mais ce n’est pas de cela dont parle le P. FOSSION. Nous ne lui ferons du moins pas l’injure de le croire. Il entend bien parler d’une sorte “d’au-delà” de l’enfer, de cet enfer qui
nous occupe. Il écrit en effet ceci :
« On a usé et abusé, dans l’histoire de l’Eglise, d’un Dieu qui châtie des peines de l’enfer. On a ainsi enfermé
les chrétiens dans la peur et on a fait de Dieu, soi-disant amour, un être capable, par une sorte de retournement pervers, d’infliger éternellement les pires souffrances. Ce Dieu immonde, grâce à Dieu, est devenu incroyable. Le Dieu de l’Evangile, par essence, ne veut personne en enfer. Son œuvre
sera achevée, nous l’espérons, quand l’enfer, par sa grâce et par un libre assentiment des hommes, sera vidé de tous ses habitants ».
On retrouve ici le tic de tant d’esprits forts de ce siècle, la manie de dialectiser toujours entre un “Avant”
réputé obscurantiste, primitif et bête, et un “Après”, c'est-à-dire un “aujourd’hui” – le leur, évidemment – irréfragablement présumé lumineux et enfin gagné par la grâce d’une infaillible
vérité. Dans “l’Avant” régnait, par l’idéologie des clercs, un Moloch effrayant imposé à la foi de crédules terrorisés. Le bon Père n’y va pas de main morte : ce Dieu “d'Avant” est un «
Dieu immonde », auquel on ne peut plus croire. Un peu comme on ne peut plus croire que la terre est plate.
Par opposition, le P. FOSSION oppose sa propre foi, celle de son Dieu devenu enfin crédible, dont il s’autorise
à fixer la fin de l’œuvre, au-delà, et contre ce que la Révélation nous fait connaître. Elle sera achevée, ne craint-il pas de dire, quand Dieu aura vidé
l’enfer de tous ses habitants. Et l’audace ne s’arrête pas là. L’auteur ose rattacher cette lubie à l’espérance, qui n’existe pourtant pas pour les damnés, et il fait dépendre le
succès de l’œuvre de son Dieu “crédible” du « libre assentiment des hommes ».
De quels hommes, en vérité ? - De nous ? Mais en quoi notre assentiment personnel jouerait-il sur le sort des
damnés ? - Des damnés eux-mêmes ? Mais comment pourraient-ils assentir à quelque rédemption que ce soit, pour en conditionner la réalisation de surcroît, alors que leur volonté
est irrémédiablement attachée au mal, comme à la fin à laquelle ils se sont donnés – ce en quoi consiste, précisément, leur damnation ? « De même que la volonté des bons ne pourra devenir
mauvaise, observait saint Thomas, de même celle des méchants ne pourra devenir bonne (2) ». Comment pourraient-ils d'ailleurs librement assentir, alors
que la liberté ne se meut que dans le bien et que celui-ci leur est devenu définitivement étranger ? Comment, pour tout dire, le P. FOSSION peut-il soutenir que le « Dieu de l’Evangile
» qu’il s’autorise à invoquer, l’intelligence légère, ne verra son œuvre achevée que lorsqu’il mettra un terme à une éternité de peine que l'Eglise tient, elle, pour certaine en vertu de
la Révélation ? « L’Eglise, dans la fidélité au Nouveau Testament et à la Tradition (…) croit qu’une peine attend pour toujours le pécheur qui sera privé de la vue de Dieu (…)
»(3).
*
* *
Du rejet de l'éternité
de la peine au rejet du vrai Dieu ?
Nous sommes ici en pleine déraison. Une déraison qui voisine avec le blasphème, car ce « Dieu » “d'Avant” que caricature le P. FOSSION, et qu'il ose qualifier « d'immonde »,
n’est-il pas objectivement celui en qui des générations de justes et de saints, et à raison, n'ont jamais cessé de croire ? Un Dieu qui a toujours été reçu comme Amour et en qui
justice et miséricorde, comme il a toujours été compris, n'entrent pas en contradiction. Ce Dieu qui a parlé par les prophètes, et qui nous a avertis par la bouche de son propre Fils, en ces
termes :
« Alors [au jugement dernier], le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. (…) Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : ‘Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé
pour le démon et ses anges. (…) Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. » (cf. Mathieu, 25,31-46).
Commentant ce texte de la Parole de Vérité, saint Jean Chrysostome interrogeait ainsi ses auditeurs : « Croyez-vous que ce lieu où je vous parle soit un théâtre, et que l’Eglise soit un lieu de fables et de fictions ? Pourquoi résistez-vous avec tant d’opiniâtreté aux avis que je vous donne et aux vérités que je vous prêche
? Ce n’est pas sans raison que Jésus-Christ a fait écrire toutes les parties de son Evangile, et particulièrement tout ce qu’il a fait et tout ce
qu’il a dit aux approches de sa croix » (homélie 79).
Certes, il est vrai que l'on a parfois abusé de la prédication de l'enfer ou, plus exactement, qu’elle a été
parfois gauchie par une approche qui masquait la puissance infinie de l'Amour rédempteur et la tendresse inlassable de sa miséricorde. Mais c'est une erreur redoutable de croire que pour
corriger ce travers il faille amputer la Révélation des enseignements qu’elle apporte. C'est une erreur plus insupportable encore, et une impiété manifeste, de décider que leur auteur ne peut
être qu'un Dieu « immonde ». On comprend bien que le P. FOSSION ne veut pas aller jusque-là et qu’il n’entend fustiger que ce qu’il présente comme une fausse représentation de Dieu. Il
est évident qu’un dieu qui prendrait un plaisir éternel à torturer sans fin les damnés ne serait pas le vrai Dieu. Mais où le P. FOSSION a-t-il vu qu’une telle “théologie” ait jamais été
présentée à la foi des fidèles ? Ce « Dieu immonde », « incroyable » qu’il évoque, étranger au « Dieu de l’Evangile », c’est en réalité le Démon, cet « esprit
immonde » (texte de la Vulgate : « inmundus spiritus ») que dénonce le Christ lui-même dans l’Evangile (Luc, 11,24). Il faut une singulière audace au bon Père, afin de justifier
sa thèse hétérodoxe selon laquelle la peine des damnés ne serait pas éternelle, pour affirmer que ce dieu-là aurait été objet de prédication et de croyance et que sa théologie en serait en
quelque sorte une émancipation.
La relation établie par le P. FOSSION entre ce qu’il appelle le « Dieu immonde » et l’éternité des
peines de l’enfer est d’autant plus inacceptable qu’elle conduit à méconnaître un élément essentiel de notre foi, à savoir celui du jugement. Les
termes du Catéchisme de l’Eglise catholique ne laissent pourtant place à aucune ambiguïté : « La mort met fin à la vie de l’homme comme temps ouvert à l’accueil ou au rejet de la
grâce divine manifestée dans le Christ (cf. 2 Tm 1, 9-10). Le Nouveau Testament parle du jugement principalement dans la perspective de la rencontre finale avec le Christ dans son second
avènement, mais il affirme aussi à plusieurs reprises la rétribution immédiate après la mort de chacun en fonction de ses œuvres et de sa foi » (n° 1021). Et il ajoute : « Chaque homme
reçoit dans son âme immortelle sa rétribution éternelle dès sa mort en un jugement particulier qui réfère sa vie au Christ, soit à travers une
purification (cf. Cc. Lyon : DS 857-858 ; Cc. Florence : DS 1304-1306 ; Cc. Trente : DS 1820), soit pour entrer immédiatement dans la béatitude du
ciel (cf. Benoît XII : DS 1000-1001 ; Jean XXII : DS 990), soit pour se damner immédiatement pour
toujours (cf. Benoît XII : DS 1002) » (n° 1022).
Il existe donc bien un jugement de Dieu, comme l’exprime explicitement l’Evangile, par lequel Dieu prononce une
sentence, et qui sera suivi d’un “jugement général” à la suite de la résurrection des vivants et des morts. « Alors le Christ “viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges (...).
Devant lui seront rassemblés toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à
sa gauche (...). Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à la vie éternelle” (Mt 25, 31. 32. 46) » (4). Si c’est cela
qui rend « immonde » au P. FOSSION les représentations qu’il fustige, alors il est définitivement à craindre que sa censure, quoi qu’il en ait, n’atteigne le vrai
Dieu.
(à suivre)
Pierre GABARRA
_______________
(1) Rappelons que l'on peut télécharger intégralement le texte de la conférence du P. Fossion, au format
PDF, au bas de l'article précédent.
(2) Somme contre les gentils, L. 4, chap. 93
(3) Lettre Recentiores episcoporum synodi, 17 mai 1979 - Ici
« Les yeux fermés et la bouche ouverte, il proclame à grands cris que Dieu lui-même a avoué sa cruauté, quand il a dit par le Prophète : “J'aiguiserai mon
glaive comme la foudre (…)”. Qu'est-ce (pourtant) que ces paroles rapprochées de celles-ci : “Retirez-vous de moi, maudits, et allez au feu éternel qui a été préparé au démon et à ses
anges ?” Là, (…) ce n'est plus un glaive qui dévore des chairs, en privant les morts de tout sentiment de douleur, aussi promptement qu'il leur imprime sa blessure, ce sont des souffrances
éternelles auxquelles personne ne peut se soustraire par la mort, car le châtiment ne meurt pas. Pourquoi donc ne dit-il pas de Jésus-Christ : “Un tel Dieu doit-il être adoré, ne
mérite-t-il pas plutôt qu'on le maudisse et qu'on le fuie avec horreur ?” (…) Ce misérable ignore-t-il donc qu'en formulant ce blasphème contre le Dieu des Prophètes il le formule
nécessairement et par le fait même contre le Dieu de l'Évangile (…) ? » (saint AUGUSTIN, Contre un adversaire de la loi et des prophètes, I-23, Oeuvres complètes, 1869, t.
14, pp. 492-493).
D'une thèse à
l'autre
Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer sur le Blog Hermas.info (1) certaines thèses hétérodoxes qui ont cours au sujet de l'eucharistie, de la messe, du prêtre, émises en particulier par le P.
Fourez, s.j. Il est un autre domaine qui suscite, et depuis longtemps, bien des divagations : celui des « fins dernières » de l'homme et, tout particulièrement, de l'enfer.
Mgr Masson approfondira ce thème en sa catéchèse. L'actualité nous offre d'en anticiper l'exposé, à cause d'un texte qui nous est parvenu et qui lui est lié.
Est-il besoin de le préciser ? La critique de ces thèses ne nous procure aucune joie. Nous nous faisons un
devoir de la réaliser parce qu'elle nous paraît constituer une exigence du témoignage de la foi, sans méconnaître qu'elle nous impose aussi un devoir de prière. Depuis des dizaines d'années,
certains “Docteurs” prétendent imposer aux fidèles leurs doutes et leurs opinions en les présentant comme des expressions du catholicisme. Nous sommes las de ces faux-monnayeurs qui prétendent
déplacer le centre de gravité de la pensée chrétienne sur leurs fantasmes et leurs errements.
Le document ici examiné est le texte d'une conférence donnée le 26 octobre 2008 par le P. André Fossion, s.j.
sous le titre Un Dieu désirable (2). Il convient de préciser que cette dernière n'a pas été donnée devant un public quelconque, ni à une
occasion quelconque, puisqu'elle a eu lieu lors de la journée du doyenné à Auvelais, dans le diocèse de Namur (Belgique), devant tous les prêtres, sur le thème “la foi est-elle
désirable ?”.
Une fois encore, ce Père jésuite n'est pas le premier venu. Professeur au Centre International Lumen Vitae, le
P. Fossion enseigne les sciences religieuses aux Facultés Universitaires de Namur. Il a été directeur du Centre Lumen Vitae de 1992 à 2002 et président de l’Equipe Européenne de Catéchèse de
1998 à 2006. Il a écrit différents ouvrages, dont La catéchèse dans le champ de la communication, (Ed. Du Cerf, 1990) et Une nouvelle fois. Vingt chemins pour recommencer à
croire, (Lumen Vitae, l’Atelier, Novalis, 2004). Le P. Fossion a également participé à la rédaction d’une vingtaine de manuels catéchétiques pour l’enseignement religieux : les
collections Passion de Dieu, passion de l’homme (De Boeck, Lumen Vitae) ou Manuels de catéchèse (Desclée) et la collection Champs de grâce (De Boeck, Lumen
Vitae).
C'est dire que le P. Fossion, comme le P. Fourez, de la même Compagnie, sont des prêtres qui occupent des
chaires d'enseignement influentes, d'où ils délivrent le message qu'ils disent être celui de la foi catholique, pour guider en principe dans les voies de la foi – et en écarter de fait, sur le
point qui nous occupe.
Le document du P. Fossion a une fin fort louable : donner à ses lecteurs la joie d'être chrétiens. Une
joie, en effet, que nous avons souvent besoin d'être aidés à redécouvrir, pour en vivre mieux. Son propos s'articule sur sept “bonnes nouvelles” qu'il décline tour à tour. Il y aurait fort à
dire sur les commentaires de certaines d'entre elles, où la platitude du discours sur la tentation du Christ au désert le dispute aux a priori anti-métaphysiques sur la création. Bornons-nous à
examiner ce qui, dans la « Cinquième bonne nouvelle », a trait à l'enfer.
*
* *
L'enfer, une vérité
écartée
Celle-ci s'ouvre par une réflexion sur la résurrection de Jésus, et sur l'amour de Dieu, dont il est remarqué justement qu'il précède tout, et tout mérite en particulier, avec cette affirmation
: « Nous n'avons pas à mériter l'amour de Dieu. Il est donné en toute hypothèse. Impossible donc d'éteindre l'amour de Dieu pour nous! Impossible d'y échapper ». Ce propos est
profond et vrai. A condition que notre devoir de répondre à cet Amour ne s'y trouve pas dilué dans l'indéfectible fidélité de Dieu. L'auteur observe cependant qu'il « nous est
néanmoins possible, quant à nous, de nous en écarter ». C'est l'affirmation chrétienne de la volonté libre et de la responsabilité personnelle, qui conduit à ce constat, terrible mais
toujours juste : « L'enfer, de ce point de vue, est un état où nous pouvons nous mettre nous-mêmes en nous y enfermant ».
Cette doctrine, qui impute au pêcheur lui-même la sanction de ses choix, le P. Fossion ne peut l’ignorer, a
toujours été tenue dans l'Eglise. Saint Jean Chrysostome († 407), commentant l’enseignement de Jésus sur le jugement dernier, rapporté par saint Mathieu, (25,31-26,6), indique :
« Lorsque (Jésus) parle des flammes qui ne s’éteindront jamais, il ne dit pas qu’elles ont été préparées pour les damnés, mais “pour le démon et pour ses anges”. Ce n’est point moi,
dit-il, qui vous ai préparé ces feux. Je vous ai bien préparé un royaume, mais ces flammes n’étaient destinées par moi que pour le démon et pour ses anges. C’est vous seuls que vous devez accuser de votre malheur, et vous vous êtes précipités volontairement dans ces abîmes » (homélie 79). De même, au
sixième siècle, la Foi du Pape Pélage (3) évoque ceux qui connaîtront l'enfer « par le choix de leur propre volonté ». C'est, à certains égards, déjà, le mot de Nietzsche :
« Tu as choisi, Dieu est innocent ».
L'enfer existe donc bel et bien, selon l'enseignement certain des Ecritures, sur lequel repose toute la
tradition de l'Eglise. Et nous savons, par la bouche du Christ, que la voie qui y mène est « large et spacieuse » et que « beaucoup s'y engagent »
(Mathieu, 7,13). Notre-Dame, à Fatima, est venue le rappeler. Il n'est pas si fréquent que cette existence soit confessée. Dans un sondage IFOP réalisé en 2004, sur “les croyances”, il
apparaissait que 47 % seulement des catholiques croyaient à l'enfer. Un autre, réalisé par Le Monde des religions en janvier 2007 abaissait la barre à 33 %. Peu importe
l'exacte proportion. Une chose est sûre, cette vérité n'est plus confessée par la plupart des catholiques. Avant que d'en chercher la cause dans quelque objection rationnelle que ce soit, qui
tarauderait les consciences modernes, cette évidence massive s'impose : le clergé, dans son immense majorité, ne l'enseigne plus. Sachons donc gré au P. Fossion de l'enseigner
encore.
*
* *
La doctrine catholique :
une peine perpétuelle, imputable au pécheur
Reste à savoir ce que l'on entend par “enfer”, quand on confesse encore que l'on y croit.
Beaucoup de choses peuvent en être débattues et l'ont été de fait dans la longue histoire de la théologie.
Est-ce un lieu, que signifient le "feu" ou le "ver rongeur" invoqués par le Christ, sur lesquels l’Eglise n’a donné aucune définition à ce jour, comment concilier justice et miséricorde ?
Ce qui est fondamental est que l'enfer est au minimum un état d’extrême malheur que connaît toute personne qui meurt sans être en état de grâce, pour subir « un châtiment sans fin avec
le Diable (4) ». Ainsi que l'exprimait le Concile de Florence (1445), dans une formule devenue classique, les « âmes de ceux qui disparaissent en état effectif de péché
mortel ou seulement originel, (…) descendent aussitôt en enfer, pour y être punies cependant de peines inégales (5) ». C’est un enseignement constant. Plus récemment, la Congrégation pour
la doctrine de la foi, après avoir souligné auprès des évêques l’urgence de protéger la foi des fidèles sur ce point, a rappelé que « l'Eglise, dans la
fidélité au Nouveau Testament et à la Tradition, (…)croitqu'une peine attendpour toujoursle pécheur qui sera privé de la vue de Dieu, et à la répercussion de cette peine dans tout “l'être” du pécheur. (…) C'est ce que
l'Eglise entend lorsqu'elle parle d'enfer (...) (6) ». Le Catéchisme de l'Eglise catholique enseigne à son tour que l'enfer est « l'état d’auto-exclusion
définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux » (n°1033), et il précise, après avoir repris presque mot à
mot l’énoncé précité du Concile de Florence, que « l'enseignement de l’Église affirme l’existence de l’enfer et son éternité » (n° 1035) [photo ci-jointe : Miguel Barceló, l'Enfer].
On peut et l’on doit donc retenir deux choses essentielles de cette doctrine : l’enfer est une peine, imputable au pécheur lui-même. Et c’est une peine éternelle. La peine est principalement la privation même
de Dieu, collectivement et haineusement vécue dans leurs tourments par les damnés, lesquels ne connaissent plus d’amour. C'est l’exclusion du bonheur infini de Dieu, et le tourment d’en être
écarté. Et cette peine est éternelle, sans retour pour le damné, autre que celui de la nostalgie douloureuse du temps irrémédiablement gâché par sa propre faute. C’est la raison pour laquelle
l’Eglise, soulignons-le, n’a jamais fait prier pour les damnés. L'enfer est ainsi « l’éternité sans amour », comme le résumait si justement le regretté Gustave
Thibon.
(à suivre) Pierre GABARRA
___________
(1) ICI
(2) On trouvera l'intégralité de ce document ICI [à télécharger au format PDF]
(3) Pélage Ier, Lettre “Humani generis” au roi Childebert Ier, Symboles et définitions de la foi catholique, Ed. Du Cerf, 2001, n. 443. Les renvois à cet ouvrage seront
ultérieurement faits sous la mention : Denz., suivie de son numéro.
(4) Concile du Latran IV (1215), Les Conciles œcuméniques, II, Cerf, p. 230
(5) Denz. n. 1306
(6) Lettre Recentiores episcoporum synodi, 17 mai 1979 - ICI
A la suite de l'article
que nous avons publié sur les conceptions hasardeuses du P. Fourez, s.j. sur la sainte eucharistie et le prêtre, l'un de nos lecteurs, M. l'Abbé Maurel, nous a adressé ce commentaire, que
nous publions en raison de l'importance du sujet. Qu'il en soit ici remercié.
_______________
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (1 Corinthiens 9, 16). C’est ce que tout
prêtre doit se dire, à la lecture de telles choses. Comment un fidèle, et à plus forte raison un prêtre, pourraient-ils ne pas proclamer leur indignation leur peine, et leur compassion aussi,
devant des affirmations hérétiques concernant la Très Sainte Eucharistie et le Sacerdoce ? Le Père Fourez, Jésuite, de la « Compagnie de Jésus » (pauvre Jésus, de nouveau renié
et trahi par un des siens…). Les quatre Pères Dominicains hollandais, « des Frères Prêcheurs » (« Je t’adjure devant le Dieu Vivant et devant le Christ Jésus… prêche la
Parole , insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire » (2 Timothée, 4.1a.2).
Ces « bons » Pères ne craignent-ils pas d’entendre cette condamnation terrible que Dieu adressait aux
prêtres de l’Ancienne Alliance, par la bouche du prophète Osée (4, 3ss. pss) : « C’est à toi, prêtre que j’en ai…Tu trébuches jour et nuit…Et tu fais périr ton peuple.Mon
peuple périt faute de science.Puisque toi tu as rejeté la science,je te rejetterai de mon sacerdoce ». Doit-on s’étonner de l’apostasie qui fleurit depuis des
décennies ?
Dans la 1° Lettre à Timothée (4, 12), Saint Paul nous mettait déjà en garde, et nous avertissait en ces
termes : « L'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, certains renieront la foi pour s'attacher à des esprits trompeurs et à des doctrines diaboliques, séduits
par des menteurs hypocrites marqués au fer rouge dans leur conscience ». Et il ajoutait : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine;
mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité, et se tourneront vers les
fables ». (2 Timothée 4, 3). L’auteur de tout cela, comme vous l’indiquez, c’est l’Adversaire, le Diable ou Satan, Lucifer et ses Légions. N’a-t-il pas osé tenter Jésus ? Et
Saint Pierre en sait quelque chose : par trois fois il a renié le Seigneur : et c’est pourquoi lui aussi nous avertit et nous invite à la vigilance et à rester fermes dans la foi (1°
Epitre de Pierre, 4 8-9a) : « Soyez sobres et veillez, votre adversaire, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la
foi »
L’apostasie que nous constatons ne date pas d’aujourd’hui. Que le lecteur me pardonne si je cite un exemple
personnel !
Jeudi Saint 1967 (déjà) dans une paroisse des environs de Nancy (Diocèse de Nancy et de Toul), lors de la Messe
« in Cena Domini », le curé n’avait pas craint de déclarer : Il ne dépend pas du prêtre qui dit « ceci est mon Corps, ceci est mon Sang », que
« Christ » soit présent. Cela dépend de la foi et de la charité des fidèles, de l’assemblée. De plus, vous devez savoir que la Présence dite « réelle » ne dure pas après la
Messe. Le tabernacle ne contient que du pain, un “viatique” pour ceux qui sont appelés à leur dernier voyage. Et de même que vous ne faites pas une génuflexion devant un frigidaire, parce que
c’est un garde-manger, de même vous ne devez pas faire de génuflexion devant le tabernacle » (sic !)
Je n’ai pu me taire, je me suis levé et je l’ai interrompu. Après la Messe, il y eut une
conversation « houleuse » entre nous deux (j’étais déjà prêtre). Voici, en résumé, les déclarations du curé de cette paroisse : « Le Concile nous a ouvert les yeux, en mettant
en relief le rôle des laïcs. Nous ne devons pas nous lamenter de la diminution du nombre des prêtres. Au contraire. c’est maintenant que laïcs vont prendre leur place : ne sommes-nous pas un
peuple de prêtres comme le dit Saint Pierre ? Eh bien, dans quelques années, il n’y aura plus besoin de prêtres, chaque père de famille pourra dire la Messe chez lui, en famille. Et pour
préparer les gens, on va distribuer la Communion dans la main (sic). Ce qui fut fait deux ans plus tard. J’ai écrit à l’Evêque du lieu qui m’a répondu : « Si vous avez des
scrupules, je vous donne l’autorisation de célébrer la Messe dans votre famille ».
Les laïcs ont bien pris leur place, mais souvent aussi ils ont pris celle des prêtres. Dans cette même paroisse,
par exemple, les funérailles sont « célébrées » par des laïcs (des femmes de préférence), en présence même du curé de la paroisse, simple assistant, qui annonce qu'il célébrera
la Messe pour le défunt (ou la défunte) le dimanche suivant.
Il est même arrivé, dans cette même paroisse, qu'une laïque refuse à un prêtre de célébrer la Messe des
funérailles d'une amie, parce que c'était elle qui était... « responsable » de la paroisse et qui était chargée de célébrer les funérailles.
La foi en l'Eucharistie, en la Présence Réelle, et l'adoration de Jésus présent dans la Tabernacle est battue en
brèche encore en de nombreux endroits. La suppression des agenouilloirs, des adorations du Saint-Sacrement (qui, fort heureusement revivent) ou des processions du Saint-Sacrement
ont accompagné et favorisé ce recul.
Oui, vous faites bien de dénoncer de telles choses, en un temps où les efforts de l'Eglise, et en particulier du
Saint-Père, tendent à replacer la sainte Eucharistie au coeur de l'adoration des fidèles.
Selon l'étude publiéejeudi 23 octobre dernier par l'AED, la persécution religieuse dans le monde est en augmentation. Le « Rapport 2008 sur la Liberté religieuse dans le
monde » de l’association Aide à l’Eglise en détresse (AED), rédigé
en sept langues et rendu public pour la première fois simultanément en Italie, en France, en Espagne et en Allemagne, a été commenté à Rome devant la presse par son président, le père
Joaquín Alliende.
« Sans liberté religieuse il n’y a ni démocratie ni paix dans le monde », a estimé le père
Alliende en présentant le rapport dans la Salle de presse étrangère de Rome. Selon lui, le Rapport « répond à une sensibilisation de plus en plus forte de l’opinion publique, qui tient
à être informée de la situation réelle des droits de l’homme en général et de la liberté religieuse en particulier, en tant que droit inaliénable de tout être humain ». « Ce
rapport se distingue par son approche non confessionnelle, qui prend en compte la situation de chaque pays, avec une référence à chacune des restrictions de la liberté religieuse dans les
domaines juridique et institutionnel, ou à chaque typologie socio-culturelle ou idéologique ».
Le rapport s’attarde sur l’aggravation au cours des deux dernières années de la situation en Inde, où pourtant
la Constitution garantit la liberté religieuse. Une persécution qui, selon le P. Bernardo Cervellera, directeur de l’agence Asianews.it et
l’un des rédacteurs du Rapport, est menée par un noyau de fondamentalistes, exploité et subventionné par des personnes qui cherchent à réduire la population en esclavage. Le rapport fait
remarquer que le risque est grand de voir l’identité de l’Inde en tant qu’Etat séculier sérieusement compromise, avec une régression vers un confessionalisme hindouiste aux développements
imprévisibles.
La situation en Irak est également examinée dans le document. Depuis fin septembre, les persécutions ont
contraint deux mille familles chrétiennes à abandonner Mossoul et à se réfugier dans la plaine de Ninive, a rapporté le journaliste Camille Eid, autre rédacteur du rapport, qui rappelle que
« la loi adoptée en septembre dernier au Parlement de Bagdad a abrogé l’article qui garantissait un minimum de liberté religieuse pour les chrétiens en Irak ».
Le Rapport recense les « pays où existent de graves limitations légales à la liberté
religieuse » : Chine, Cuba, Corée du Nord, Iran, Nigeria, Birmanie, Laos, Arabie saoudite, Pakistan et Soudan. Il liste également d’autres « pays où on observe des
restrictions légales à la liberté religieuse », dont l’Afghanistan, l’Algérie, le Bahreïn, le Bangladesh, la Biélorussie, la Bolivie, l’Egypte, l’Erythrée, la Terre Sainte (Israël et
les territoires palestiniens) et le Mexique.
Par ailleurs, il y a des « pays qui connaissent des épisodes de répression légale » (à
nouveau sont cités la Chine, Cuba et l’Iran), des « pays qui connaissent des épisodes violents d’intolérance sociale » et enfin des « pays qui connaissent des
conflits locaux » déjà examinés ailleurs.
« Qu’est-ce qui ressort du Rapport 2008 de l’AED ? », s’est interrogé le père Cervellera
dans son intervention durant la conférence de presse : « Une donnée intéressante est sans nul doute que les atteintes à la liberté religieuse sont dictées de moins en moins par des
motifs idéologiques et de plus en plus par des motifs liés au pouvoir.» Dans certains cas, comme par exemple en Chine, « la
crainte de s’ouvrir à la liberté de culte va de pair avec la crainte qu’on revendique dans un sens plus large les autres libertés ».
Ce témoignage provient du site de l'Oeuvre
d'Orient, dont l'objet est d'aider les chrétiens de ces régions où ils souffrent tant. Nous nous devions de vous le signaler, car il permet de ressentir un peu plus encore l'extrême horreur
de la situation. Les dons à l'oeuvre et les prières sont toujours les bienvenus...
"Depuis le début du mois d’octobre 2008, une nouvelle vague de violences frappe les chrétiens de Mossoul-Ninive
(Nord de l’Irak). Près d’une quinzaine de ces derniers ont été assassinés entre le 29 septembre et le 12 octobre, ce qui provoque une panique générale et un exode massif des membres de cette
communauté, vers les villes et villages assyro-chaldéo-syriaques de la plaine de Ninive. On évalue à 1119 le nombre des familles ayant trouvé refuge dans ces dits villages ; toutes ont
échappé à la mort, aux violences et aux exactions innombrables d’individus et/ou de groupes armés.
La solidarité des villageois chrétiens qui ouvrent leurs portes à ces rescapés est remarquable ; les églises,
les écoles et les salles paroissiales, accueillent les familles en détresse. Mais cette solidarité ne peut s’éterniser sans une solution juste et durable. Le « Conseil du peuple
assyro-chaldéo-syriaque » (instance chrétienne, reconnue pour son action sociale et humanitaire ? et qui œuvre auprès des réfugiés dans la zone autonome kurde, sous l’autorité du
ministre M. Sarguis Aghajan, et de M. Jamil Zaytho), a immédiatement réagi ; elle a commencé à distribuer aide matérielle et réconfort moral à ces familles rescapées, en attendant
des jours meilleurs, qui tardent cependant à venir.
La solution ne peut que passer par les autorités irakiennes, seules capables - à conditions qu’elles s’en donnent
les moyens - d’enrayer cette spirale de violence (qui menace la population irakienne dans son ensemble). Seul l’Etat, peut rétablir l’ordre et la sécurité dans les villes et les quartiers
dangereux. Mossoul ne doit plus être une ville à risques et une zone de non droit, où la violence, le meurtre et l’insécurité, non seulement prospèrent mais s’amplifient. Les exactions et
meurtres perpétrés ces derniers jours sur les chrétiens sont là pour le prouver !
Tout le monde sait que les chrétiens d’Irak souffrent depuis plusieurs mois déjà, après des décennies de guerres
et d’exactions qui ne les épargnèrent jamais. Cette violence sans précédent dans l’Histoire contemporaine de l’Irak, qui les frappe aujourd’hui, ne cesse de les fragiliser, et ce de jours en
jours ; elle compromet durablement leur avenir sur cette terre ancestrale de Mésopotamie. Dans ce climat plus que pesant de guerre et de violence aveugle, les chrétiens sont logés à la même
enseigne que leurs compatriotes musulmans et partagent au quotidien, leurs souffrances et ce manque évident de perspectives. Toutefois, les chrétiens semblent désormais les seules victimes de ce
regain de violences à Mossoul. Qui peut aujourd’hui envisager sérieusement son avenir en Irak, pays ruiné et où le chaos perdure inexorablement ? Pas les chrétiens, en tout
cas !
Rappelons que deux prêtres, un pasteur protestant et un archevêque catholique, sont tombés avec bon nombre de
leurs fidèles, sous les balles de groupes armés ; conséquence de ce climat de violence aveugle, les chrétiens vivent, au quotidien, la peur au ventre. Plusieurs de leurs églises et lieux de
culte, symboles de cette fraternité et de cette entente islamo-chrétienne de naguère, ont été détruits, par des attentats successifs à la bombe ou à la voiture piégée.
Les victimes chrétiennes des derniers jours assassinées dans les divers quartiers Est de Mossoul sont :
Bachar Nafe’ SAID, tué devant son domicile (quartier de Haye Al-Baladiyette).
Ivan NOUIYA, âgé de 15 ans assassiné sur le seuil de son domicile, le samedi 4 octobre. Ce même jour, Hazem Thomas YOUSSEF, âgé de 40 ans, ancien forgeron, est abattu dans la boutique de
vêtements de ses frères, où il travaillait (quartier de Haye Bab Al-Saray).
Ziyad KAMAL, handicapé moteur de 25 ans (en fauteuil roulant) est abattu de plusieurs coups de feu dans un commerce de pièces détachées automobile, où il travaillait, dans la zone industrielle de
Haye Karama, le lundi 6 octobre, vers 10 heures du matin.
Amjad Hadi PETROS et son fils Houssam Amjad HADI, employés des bâtiments et travaux publics (BTP), sont abattus par des hommes armés ayant fait irruption sur le chantier où ils travaillaient
(quartier de Haye Al-Sadiq), le mardi 7 octobre. Ce même jour, Khaled Jardjis AL-SAMMAK, un pharmacien chrétien de 40 ans, est abattu devant son officine, de plusieurs coups de feu tirés par des
inconnus armés (quartier Haye Al-Mouharebine).
Trois chrétiens assassinés, sont retrouvés sur la voie publique le mercredi 8 octobre et transférés dans une
morgue pour les autopsies d’usage et l’identification ; cette information a été confirmée officiellement par M. Khaled ABDEL-SATTER, porte-parole du Commandement des opérations
militaires, lors d’une récente déclaration. Ce même jour, Jallal Moussa ABDEL-AHAD, âgé de 38 ans abattu près de son domicile vers midi (quartier de Haye Nour), quartier tristement célèbre, où
furent assassinés, le 1er juin 2007, le Père chaldéen Raghid Ganni et les trois sous-diacres qui l’accompagnaient.
Plusieurs médias irakiens ont affirmé que quatre chrétiens, dont l’identité n’a pas été communiquée, ont été
assassinés : 2 dans le quartier d’Al-Wahda et 2 dans celui de Mithaq. Aucune information n’est venue étayer depuis cette nouvelle. L’identité de ces victimes reste, à ce jour,
inconnue.
Enfin, dimanche 12 octobre, le dénommés Warkis ALTONN est abattu dans son commerce de CD et DVD (quartier Al-Akha,
toujours dans l’Est de la ville), et son neveu Ara, grièvement blessé lors de l’attaque, est décédé le lundi 13 au soir.
Selon les témoins sur place, des crieurs publics paradant en voiture équipées de dispositifs puissants de
sonorisation, invitent les chrétiens de la ville à évacuer les lieux et ce dans les plus brefs délais. Le procédé est semble-t-il toujours le même : des individus et des gangs armés font
irruption dans les maisons chrétiennes et en expulsent manu militari les résidants, ou, dans les meilleurs cas, leurs donnent 24 heures pour déguerpir sous peine d’être assassinés. D’autres,
phénomène plus récent, détruisent par incendies ou explosifs, les maisons chrétiennes après en avoir au préalable expulsé les résidants (propriétaires ou locataires) et avoir fait main basse sur
les biens. Visiblement, ces gangs armés, ont décidé que les chrétiens n’avaient plus droit de cité à Mossoul. Ces procédés rappellent tristement les « expulsions à mains armées » dans
le quartier bagdadois de Dorah, au sud de la capitale irakienne, entre janvier et novembre 2007, qui se soldèrent par la quasi-disparition de la communauté chrétienne de ce quartier ; ses
effectifs chutant il est vrai en quelques semaines de 3000 à moins de 500 familles.
Aujourd’hui, les 1119 familles chrétiennes réfugiées dans la plaine de Mossoul-Ninive, sont réparties ainsi :
360 à Beghdédé (Qaraqoche), 220 à Telesqopa, 160 à Bartella, 116 à Alqoche, 97 à Telképé (Tel-Keif), 51 à Karemlesh, 51 à Cheikh-Matti, 40 à Batnayé, et 24 à Aghadjian (village arménien). Selon
le Kaïmakam (équivalent du Sous-Préfet) de Telképé, M. Bassem Ballo, 140 familles et non 97 auraient trouvé refuge dans cette ville assyro-chaldéenne.
Face à l’urgence et à la tragédie en cours, les responsables assyro-chaldéens civils (chefs de partis politiques
et élus) et religieux (dont plusieurs évêques chaldéens) ont placé les autorités irakiennes devant leurs responsabilités. Il est temps pour ces dernières de reprendre les choses en main, afin de
contrer les gangs et les individus armés qui commettent ces agissements. Face à la gravité de la situation, les autorités irakiennes dépêchèrent le dimanche 12 octobre, 900 policiers
supplémentaires à Mossoul, pour contribuer à la sécurisation de la ville. Le gouverneur de Ninive, M. Douraïd Kachmoula, a passé la journée de dimanche à visiter les réfugiés dans les villes
et villages où ils ont été accueillis. Il les a invités à réintégrer leurs foyers abandonnés précipitamment ces derniers jours. Mais pour ces derniers, il n’est pas question de revenir pour
l’instant, tant que leur sécurité n’est pas garantie. Une réunion était prévue lundi 13 octobre à Mossoul, entre les ministres de l’Intérieur, de la Défense, le gouverneur de Mossoul-Ninive, sous
les auspices du Premier ministre Nouri Al-Maliki. Mieux vaut tard que jamais !
Espérons que cette prise de conscience tardive des autorités irakiennes permettra de rassurer les chrétiens d’Irak
(qui ne cessent de s’interroger sur leur avenir dans ce pays qui est le leur), qui attendent non des belles paroles, mais des actes forts de leurs autorités susceptibles d’assurer leur sécurité
et avenir au milieu des autres composantes irakiennes. Les autorités sont placées, aujourd’hui plus que jamais, devant leurs responsabilités ; c’est désormais une question de crédibilité aux
yeux de leur opinion publique, mais aussi de la communauté internationale qui ne peut et ne doit rester les bras croisés devant les drames en cours sur la Terre entre les deux fleuves. Il en va
tout simplement de l’avenir de l’une des plus anciennes communauté/ethnie du pays... "
Joseph ALICHORAN
En collaboration avec M. Paul GHARIB, et les responsables de l’Association « La Mésopotamie »
Nous avons déjà eu
l'occasion d'attirer votre attention sur deux pays dans lesquels les chrétiens sont victimes d'extrémismes religieux et d'une intoléralance meurtrière : l'Irak et l'Inde.
Les choses ne s'améliorent mlaheuresment pas.
En irak, les chrétiens de Mossoul sont la proie de miliciens d'al kaïda. Après plusieurs assassinats, ils sont plusieurs milliers a avoir du fuir la ville, laissant tout derrière eux, pour se
réfugier dans des villages éloignés (v. l'article de CNA sur la question, ICI et celui de l'AED, ICI).
Dans l'est de l'Inde, les extrêmistes hindous ont tué plus de 35 personnes le week-end dernier, malgré les "mesures" affichées par le gouvernement central, les protestations officielles de l'Onu
ou du Vatican...
"Nous prêtres, nous sommes les célébrants de ce très
saint Mystère, mais aussi ses gardiens. C'est de notre relation à l'Eucharistie que la condition « sacrée » de notre vie tire aussi son sens le plus exigeant. Cette condition doit
transparaître dans toute notre manière d'être, mais avant tout dans notre façon même de célébrer. Mettons-nous pour cela à l'école des saints !"
(Jean-Paul II, Lettre aux prêtres, Jeudi-Saint 2005)
« L’eucharistie,a dit le Cardinal Arinze, est le trésor le plus précieux de l’Eglise ». Le trésor. En latin, le mot
thesaurus a plusieurs acceptions. Il signifie à la fois “ce qui est caché”, “l’abondance”, voire l’infini, et un “lieu de conservation”. Heureux concours de sens, pour ce qui est pour
nous le lieu caché de la Présence infinie. C’est l’enseignement même du Catéchisme de l’Eglise catholique : « La sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de
l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque » (n. 1324). Pour cette raison, il peut même être dit qu’elle est « le résumé et la somme de notre foi : "Notre
manière de penser s’accorde avec l’Eucharistie, et l’Eucharistie en retour confirme notre manière de penser" (S. Irénée, hær. 4, 18, 5) » (n. 1327).
Si l’eucharistie est au cœur, voire le cœur de notre foi, il n’y a pas lieu
de s’étonner que les attaques contre la foi portent premièrement sur ce sacrement. De fait, dans la tourmente de ces quarante dernières années, la messe, l’eucharistie, et partant le prêtre qui
lui est ordonné, ont été la cible ou l’objet de contestations, mises en cause ou subversions innombrables. L’Ennemi de tout bien n’a pas la foi. Il n’en connaît pas moins, ab
extrinseco, la valeur décisive pour l’Eglise du Sacrement du Christ, se montrant en cela bien plus perspicace que beaucoup de mal-croyants. Les« fumées de Satan » évoquées jadis par le Pape Paul VI, qui en avait dénoncé la pénétration dans l'Eglise, continuent
d'infecter l'atmosphère.
De cette subversion, on voit une nouvelle illustration dans un récent article publié
dans le Bulletin paroissial “Rives de Sambre” (n°127) de ce mois d’octobre, qui concerne les paroisses de Ham sur Sambre, Moustiers et Mornimont, dans le diocèse de Namur (Belgique),
sous le titre : « Faut-il un prêtre pour qu’il y ait une messe ? ou Difficile sortie d’un catholicisme magique ».
Informé de cette publication, l'évêque du lieu, MgrLEONARD, a
immédiatement réagi contre « cet article lamentable ». Mais ce texte vaut d’être connu car il montre l’ampleur d’une contestation qui, finalement, aura été au cœur de la crise
de l’Eglise et de la problématique de la messe, et qui poursuit son œuvre de destruction. Il est, dans le Bulletin cité, précédé par le responsable de ce dernier d’une brève introduction
approbatrice. Pour une lecture (un peu) plus paisible, nous en supprimons les fautes d’orthographe.
L’auteur de l’article est un prêtre. Et c’est un jésuite. Le Père Gérard Fourez. Le bon Père n’est pas a priori le premier venu. Il est docteur en physique et a deux “mastères” en sciences religieuses et en théologie.
Professeur émérite, il a, entre autres, enseigné les sciences religieuses aux Facultés Universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur pendant près de 40 ans, et donné des cours sur les sacrements à
l'Université LaSalle, à Philadelphie (USA). Qu’on juge cependant, par une lecture attentive, de ses opinions, précisément, en matière sacramentelle.
*
* *
« Aujourd’hui, la question se pose de plus en plus souvent :
“Trouvera-t-on un prêtre pour dire la messe ?” Une assemblée sans prêtre est-elle une Eucharistie ? Il faut un prêtre pour cela”.
Gérard Fourez nous propose une perspective qui s’éloigne des
théologies classiques et qui invite à s’interroger sur le sens profond de l’eucharistie et des ministères ordonnés.
« Il est certain que beaucoup de catholiques ont eu une conception assez magique du rôle du prêtre. Les
paroles de la consécration sont encore vues comme un rituel magique. De même, il était généralement admis que la présence d’un ecclésiastique ordonné donnait une valeur spécifique à
l’extrême-onction ou d’autres sacrements. De même on donnait une valeur quasi magique à un évêque juridiquement successeur des apôtres.
« Cependant lors du dernier concile du Vatican, les théologiens ont rappelé qu’il y a Eglise chaque fois que
quelques-uns se réunissent au nom de Jésus et de son Evangile.
« Qu’est-ce qui fait qu’il y a une Eucharistie ? Est-ce la présence du prêtre ou d’une communauté qui, à
la suite de Jésus, dit : “Voici ma vie que je donne ?” Ce ne sont pas les paroles de la consécration qui font qu’il y a Eucharistie et que Dieu est présent. C’est l’engagement de la
communauté suscité par l’Esprit et par l’Evangile. C’est ainsi que, quand une communauté se réunit pour faire mémoire – en paroles et en actions – de la bonne nouvelle en Jésus-Christ, elle
célèbre l’Eucharistie, qu’un prêtre ordonné soit présent ou pas. Les individus rassemblés deviennent une communauté d’Eglise, Corps du Christ.
« Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas des ministres (des serviteurs) de la communauté, pour la réunir,
pour parler en son nom, pour proclamer le pardon de Dieu, pour animer des réunions, des célébrations… L’important c’est que la communauté soit vivante et libératrice. Le rôle du prêtre, c’est de
rendre cela possible ; mais sans prêtre, une communauté peut aussi être vivante et libératrice.
« Certaines personnes ont un charisme qui leur permet de bien animer la communauté. Elles peuvent exercer un
leadership dans la communauté, pour autant que celle-ci les mandate pour le faire.
« Si la communauté confère des pouvoirs à certains de ses membres, ce n’est pas pour qu’ils dominent, ou
qu’ils s’estiment indispensables. Le service rendu à la communauté ne doit pas devenir un facteur de conflits, au contraire, une dynamique peut s’instaurer entre la communauté et les
animateurs.
« La communauté (l’Eglise) mandate certaines personnes qui alors réunissent la communauté sans s’y opposer à
outrance. Et, s’il n’y a pas de ministre ordonné, la communauté peut vivre et célébrer l’Eucharistie et ainsi vivre son Evangile. »
*
* *
Le P. Fourez n’émet pas ici ses
thèses pour la première fois. Il s’était déjà manifesté – et en d’autres occasions aussi sans doute – à l’occasion de la polémique soulevée par la publication d’une brochure de quatre
dominicains hollandais, en juin 2007, intitulé Kerk en Ambt (“Église et ministère ”). Le bon Père avait alors pris la défense de ces singuliers Frères Prêcheurs qui soutenaient notamment
la possibilité, en l’absence de prêtre, pour n’importe quelle personne choisie par la communauté de “présider” la messe : « Peu importe – disaient-ils – que ce soit un homme ou une
femme, un homosexuel ou un hétérosexuel, une personne mariée ou un célibataire (…) Prononcer ces paroles [de l’institution de l’Eucharistie] n’est pas une prérogative réservée au
prêtre. » On appréciera, en passant, la connotation sexuelle du propos, toujours porteuse dans les milieux “éclairés”. Cette brochure, on s’en doute, avait soulevé des vagues, encore
qu’elle ait reçu l’approbation bienveillante des supérieurs de la Province néerlandaise.
Alerté par Rome, le Maître général des Prêcheurs avait mandaté le P. Hervé Legrand (français), spécialiste en ecclésiologie pour réfuter le brûlot [cf. Rapport de l’Ordre dominicain]. Dans ce Rapport, le P. Legrand
soulignait l’esprit dialectique qui animait la brochure, obsédée par les rapports de pouvoir et opposant systématiquement la “hiérarchie” à la “base” (créditée naturellement d’une sorte
d’inhérence démocratique), la faiblesse théologique de l’analyse, et ce que nous qualifierons quant à nous d’escroquerie intellectuelle, qui consiste à faire passer les affirmations soutenues, au
mépris de toute la tradition de l’Eglise, comme une authentique application du magistère, en particulier du deuxième Concile du Vatican.
Emboîtant le pas, et se proposant de peser le pour et le contre entre les quatre hollandais et le P. Legrand, le P. Fourez s’était livré, dans un article intitulé Des communautés célébrant en confiance, à des développements justifiant finalement les thèses avancées. Se fondant sur le fait que la
doctrine catholique peut évoluer, et évolue de fait sur certaines questions [cf., récemment, par ex., ses positions sur les droits de l'homme, la question de l'épiscopat, de la liberté
religieuse, de l'intégration de la personne comme élément premier du bien commun, de la guerre, etc.] pour se préciser à mesure qu’elle acquiert une meilleure conscience
d’elle-même, il insinuait, sans distinction aucune à l’égard de ce qui ressortit à la foi ou à la nature des choses, qu’il doit en être ainsi des sacrements et du premier d’entre-eux,
celui de l’eucharistie.
Le P. Fourez se propose ainsi, excusez du peu, de faire évoluer la
théologie de ce sacrement et du sacerdoce, ce qu’il fait dans ce document non par l’énoncé de principes théologiques pertinents, mais en vertu de critères tirés de la sociologie, de l’histoire,
de la mouvance des convictions et, là encore, comme chez nos doctes hollandais, de la démocratie. Il écrivait en particulier, dans le texte évoqué ci-dessus : « Il est normal que,
vu sa place symbolique [sic] dans l'institution [entendez par là : l’Eglise], ce soit l’évêque qui préside à l'ordination de ces anciens [c'est-à-dire les prêtres]
- tout en s'éveillant à la possibilité que dans une société démocratique certaines formes nouvelles de présidence s'avèrent plus adéquates [sic] que celles héritées des sociétés qui
la précèdent. C'est peut-être cela qu’exprime la notion de “succession apostolique” » [re-sic]. Et il achevait son analyse par ces mots : « La confiance en la communauté
chrétienne qui anime le document des quatre hollandais est-elle présomptueuse ou prophétique ? »
Là encore, comme ses compères hollandais, le P. Fourez tentait de
faire passer la fausse monnaie pour de la vraie en prétendant que « en arrière-fond du document des quatre dominicains[et de sa propre thèse, naturellement], il y a une théologie qui se veut dans la continuité du second concile du Vatican ». Une théologie “qui se veut”… derrière ce
charabia, à vous d’interpréter : une théologie qui a la prétention d’être dans cette continuité, ou une théologie qui l’est effectivement. De fait, depuis plus de quarante ans, maints
idéologues ont prétendu cautionner leurs thèses par l’autorité de ce Concile, provoquant ainsi de durables ambiguïtés qui n’ont pas peu contribué à laminer cette dernière et à freiner la
réception authentique des textes magistériels. Le P. Legrand, en tout cas, s’est montré sur ce point parfaitement clair :« On
chercherait en vain un seul texte de Vatican II qui fonderait l’action préconisée par le Rapport [des dominicains hollandais]. Ni sa lettre ni son “esprit” ne légitiment de
célébrer l’eucharistie en récusant la communion avec l’évêque en cet acte même : Lumen Gentium le récuse explicitement. Dans la bibliographie finale, renvoyant aux autorités
théologiques, on cherchera aussi en vain une citation précise et vérifiable fondant cette thèse. »
*
* *
Le P. Fourez, néanmoins, persiste
et signe, comme aussi sessequaces. C’est que l’enjeu est de taille. Le thème sert de levier, non seulement à une contestation du
sacerdoce et de l’eucharistie, par une régurgitation des thèses éculées du protestantisme libéral, mais aussi à une contestation de la hiérarchie et de l’Eglise même. Elle est ici présentée en
quelque sorte chimiquement pure. Mais que l’on y réfléchisse un peu et l’on verra que cette idéologie est souvent diluée, à doses variables, dans maints comportements paroissiaux, à proportion
que sont dilués la confusion des genres entre le laïc et le prêtre, le sens du sacerdoce ou de la Présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Ainsi, pour reprendre le propos de saint Irénée,
cité plus haut, la diffusion de cet esprit témoigne des affaiblissements de la foi.
Le Bulletin paroissial cité plus haut, reprend les mêmes problématiques, auxquelles nous ont accoutumés quarante
ans de subversion : la caricature du passé de l’Eglise et de la foi de ses membres, assimilée à une sorte de superstition dans le caractère “magique” des paroles consécratoires, la nature
prétendument “prophétique”, et enfin vraie, des idéologies qui en constituent la rupture, le mensonge de la source de ces dernières dans les textes de Vatican II, l’imposture qui consiste à les
identifier à l’interprétation authentique du message évangélique.
Par un heureux concours de circonstances, pourtant, et sous l’impulsion première du Pape Jean-Paul II, l’Eglise du
Christ redécouvre progressivement les grandeurs de l’eucharistie et de l’adoration qui lui est due. Le “sentir avec l’Eglise”, cher – en principe – aux fils de saint Ignace, nous fait toucher du
doigt que l’eucharistie, fort loin d’être le produit d’une tension démocratique créatrice, est au contraire le centre du processus de croissance et d’édification de l’Eglise (Ecclesia de
Eucharistia, n. 1).
*
* *
Nous terminerons ici en rappelant ces passages du Catéchisme de l’Eglise
catholique :
1140 C’est toute la Communauté, le Corps du Christ uni à son Chef, qui célèbre (…).
1141 L’assemblée qui célèbre est la communauté des baptisés qui, « par la régénération et l’onction de
l’Esprit Saint, sont consacrés pour être une maison spirituelle et un sacerdoce saint, pour offrir, moyennant toutes les œuvres du chrétien, des sacrifices spirituels » (LG 10). Ce
“sacerdoce commun” est celui du Christ, unique Prêtre, participé par tous ses membres (cf. LG 10 ; 34 ; PO 2) (…).
1142 Mais « tous les membres n’ont pas la même fonction » (Rm 12, 4). Certains membres sont
appelés par Dieu, dans et par l’Église, à un service spécial de la communauté. Ces serviteurs sont choisis et consacrés par le sacrement de l’Ordre, par lequel l’Esprit Saint les rend aptes à
agir en la personne du Christ-Tête pour le service de tous les membres de l’Église (cf. PO 2 et 15). Le ministre ordonné est comme “l’icône” du Christ Prêtre. Puisque c’est dans l’Eucharistie que
se manifeste pleinement le sacrement de l’Église, c’est dans la présidence de l’Eucharistie que le ministère de l’évêque apparaît d’abord, et en Communion avec lui, celui des prêtres et des
diacres.
1143 En vue de servir les fonctions du sacerdoce commun des fidèles, il existe aussi d’autres ministères
particuliers, non consacrés par le sacrement de l’Ordre, et dont la fonction est déterminée par les évêques selon les traditions liturgiques et les besoins pastoraux. « Même les
servants, les lecteurs, les commentateurs et ceux qui appartiennent à la chorale s’acquittent d’un véritable ministère liturgique » (SC 29).
1144 Ainsi, dans la célébration des sacrements, c’est toute l’assemblée qui est “liturge”, chacun selon sa
fonction, mais dans “l’unité de l’Esprit” qui agit en tous. « Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et
totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques » (SC 28).
1536 L’Ordre est le sacrement grâce auquel la mission confiée par le Christ à ses Apôtres continue à être exercée
dans l’Église jusqu’à la fin des temps : il est donc le sacrement du ministère apostolique. Il comporte trois degrés : l’épiscopat, le presbytérat et le diaconat.
1538 (…) Aujourd’hui le mot ordinatio est réservé à l’acte sacramentel qui intègre dans l’ordre des
évêques, des presbytres et des diacres et qui va au delà d’une simple élection,désignation, délégationinstitution par la communauté, car elle confère un don
du Saint-Esprit permettant d’exercer un " pouvoir sacré " (sacra potestas : cf. LG 10) qui ne peut venir que du Christ lui-même, par son Église. L’ordination est aussi
appelée consecratio car elle est une mise à part et une investiture par le Christ lui-même, pour son Église. L’imposition des mains de l’évêque, avec la prière consécratoire,
constituent le signe visible de cette consécration. ou
1563 « La fonction des prêtres, en tant qu’elle est unie à l’Ordre épiscopal, participe à l’autorité par
laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps. C’est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s’il suppose les sacrements de l’initiation chrétienne, est cependant conféré au
moyen du sacrement particulier qui, par l’onction du Saint-Esprit, les marque d’un caractère spécial, et les configure ainsi au Christ Prêtre pour les rendre capables d’agir au nom du Christ Tête
en personne » (PO 2).
1575 C’est le Christ qui a choisi les Apôtres et leur a donné part à sa mission et à son autorité. Élevé à la
droite du Père, il n’abandonne pas son troupeau, mais le garde par les Apôtres sous sa constante protection et le dirige encore par ces mêmes pasteurs qui continuent aujourd’hui son œuvre (cf.
MR, Préface des Apôtres). C’est donc le Christ “qui donne” aux uns d’être apôtres, aux autres, pasteurs (cf. Ep 4, 11). Il continue d’agir par les évêques (cf. LG 21).
1576 Puisque le sacrement de l’Ordre est le sacrement du ministère apostolique, il revient aux évêques en tant que
successeurs des Apôtres, de transmettre “le don spirituel” (LG 21), “la semence apostolique” (LG 20). Les évêques validement ordonnés, c’est-à-dire qui sont dans la ligne de la succession
apostolique, confèrent validement les trois degrés du sacrement de l’Ordre (cf. DS 794 et 802 ; CIC, can. 1012; CCEO, can. 744 ; 747).