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Société

Lundi 2 juin 2008 1 02 /06 /Juin /2008 18:58

Par La rédaction
Voici le texte que la CFTC a adressé aux 570 députés :

« Monsieur le Député,

Vous allez prochainement avoir à vous prononcer sur le travail du dimanche.

Ce que la CFTC et beaucoup d'autres défendent avec le repos dominical, ce n'est pas un simple et nécessaire temps de repos, c'est une civilisation au sens premier du terme, c'est-à-dire faire passer une collectivité à un état social plus évolué, plus humain.

Déjà au XVIIe siècle, certains beaux esprits prônaient le travail sept jours sur sept afin, disaient-ils, «d'enrichir la société». Aujourd'hui, on voudrait nous faire croire que la France irait mieux si l'on pouvait pousser le Caddie tous les jours.

En 1906, la chambre laïque de la séparation de l'Église et de l'État fixa dans la loi le principe du repos dominical. Principe non figé, puisque, en un peu plus d'un siècle, nombre d'exceptions de bon sens sont venues confirmer la règle.

Aujourd'hui, l'enjeu c'est l'ouverture des grandes surfaces le dimanche, les partisans de la déréglementation s'appuyant principalement sur l'idée de liberté et du fait accompli. Or, il n'y a pas de véritable liberté sans la diversité et la généralisation de l'ouverture des grandes surfaces le dimanche, c'est la destruction du commerce de proximité, les grandes surfaces «cannibalisant» les parts de marché.

Adieu les marchés traditionnels du dimanche matin quand la grande distribution pourra ouvrir le jour du Seigneur. Adieu aussi la diversité des sources d'approvisionnement; l'exemple de l'édition devrait nous alerter: au fur et à mesure que disparaissent nos libraires de quartier, les maisons d'édition indépendantes s'éteignent. L'artisan ou le petit commerçant peuvent-ils ouvrir sans interruption, sept jours sur sept? N'ont-ils pas droit, eux aussi, à une vie de famille, à une vraie vie sociale? Comment peuvent-ils résister à la formidable pression marketing des grandes surfaces? Comme cette publicité diffusée en décembre, dans le Val-d'Oise, promettant moins 50% sur les jouets achetés le dimanche et uniquement le dimanche dans les magasins Leclerc.

Qu'en sera-t-il de la libre concurrence, quand il n'y aura plus de concurrence? Faudra-t-il un nouvel impôt pour payer les minibus qui devront amener les personnes âgées faire leurs emplettes dans les centres commerciaux, quand nos centres-villes, nos bourgs et nos villages seront complètement désertifiés ? Socialement, comme le déclarait Renaud Dutreil quand il était ministre des PME, l'ouverture des commerces le dimanche entraînerait «la destruction de centaines de milliers d'emplois», destruction non compensée par des créations de postes dans la grande distribution.

Quant à la liberté de choix du salarié, elle est imaginaire. Le demandeur d'emploi a-t-il le choix si on lui propose un contrat de travail avec une clause stipulant, qu'à la demande, il devra travailler le dimanche? Le salarié du commerce a-t-il le choix quand il sait que son refus aura pour conséquence de mettre en péril son emploi ou de se retrouver le plus mal placé pour la prise de congés et les augmentations de salaire?

Le gros des troupes de la grande distribution est constitué de mères de famille, employées à temps partiel (salaire net moyen mensuel: 750 €). Dans ces conditions, a-t-on la liberté de dire oui ou non pour travailler le dimanche ? Il est à noter que ceux qui ont légalement le droit de travailler le dimanche, et les moyens financiers d’exercer ce droit, font très largement le choix du repos dominical. Combien de cabinets médicaux sont ouverts le septième jour?

Enfin, le fait que de grandes enseignes ouvrent illégalement depuis des années démontrerait que cela est «une évolution sociétale inéluctable». Mais c'est la volonté, le courage ou la lâcheté des hommes qui fait la société et non un hypothétique sens de l'histoire. Quant à cette légitimation de la violation de la loi, elle est moralement irrecevable. Le grand groupe qui ne respecte pas la règle républicaine au prétexte que cela permet de faire du chiffre n'est pas plus justifiable que le pickpocket qui, lui, vole aussi pour faire du chiffre.

Les sondages indiquent qu'un grand nombre de nos concitoyens serait favorable à l'ouverture des commerces le dimanche. Mais, outre que personne ne s'oppose à l'achat du croissant le dimanche matin avant de faire son marché, la vraie question est: voulez-vous personnellement travailler le dimanche? Et là, une écrasante majorité répond non! Doit-on souhaiter aux autres ce que l'on ne désire pas pour soi-même?

L'équilibre entre bien commun et pulsion individuelle mérite que l'on refrène des mécanismes économiques aveugles ou des désirs de consommation immédiats, pour laisser s'épanouir la vie familiale, les liens sociaux et la vie spirituelle. Le respect du repos dominical permet de briser l'enchaînement qui réduit l'homme à sa dimension matérielle.

Monsieur le Député, nous comptons sur vous pour préserver cette liberté essentielle et vous prions de recevoir nos sentiments les meilleurs. »
 
Joseph Thouvenel, secrétaire général adjoint CFTC
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 12:16

Par La rédaction
Lu pour vous sur Le Point  [Ici].

Interrogé sur RTL après sa visite, le 27 mai 2008, sur le marché de Rungis, M. Sarkozy a déclaré, à propos de la durée du temps de travail :

« Je suis partisan de maintenir une durée hebdomadaire du travail. Il y aura toujours une durée hebdomadaire du travail en France à 35 heures. En revanche, je souhaite faire sauter tous les verrous qui empêchaient les Français de travailler. Je veux augmenter la recette, la richesse, le travail sur la base de la liberté de choix". Prenant l'exemple de l'activité touristique, Nicolas Sarkozy a demandé : "Est-ce normal que les touristes qui se promènent le dimanche trouvent des magasins fermés ?" »

La réponse, évidemment, est non. Un touriste doit avoir des boutiques ouvertes. Normal : il est touriste, et le touriste procure de la richesse, de "la recette". Donc, les magasins devraient être ouverts.Le "verrou" du dimanche doit donc sauter.

Voilà qui a le mérite d'être clair. Pour le dimanche, comme pour la famille ou l'enseignement public, l'Etalon est le profit et les éléments comptables.

Le Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des Evêques de France a publié, sur ce sujet, un document intitulé Le dimanche au risque de la vie actuelle (
"Documents Episcopat" n° 1/2008) qui peut être commandé au prix de 4,50 € (franco de port) par courriel [Ici] ou sur le site de L'Eglise catholique en France [Ici]. Ce document est ainsi présenté :

Dans notre société avide de consommation et de profits à court terme, le dimanche est soumis à une forte pression. Les rythmes modernes conjuguent facilité de déplacement et rapidité des communications. Ils renforcent les tendances à l’individualisme et font sauter les équilibres hérités de l’histoire qui régulent nos vies. On les croit naturels, mais c’est oublier un peu vite qu’ils furent parfois conquis de haute lutte. Les traditions religieuses dont l’Église en son temps, les syndicats en d’autres, en savent quelque chose. Être plus ou avoir plus tourbillonnent ainsi dans l’actualité avec aujourd'hui une once d’écologie et une bonne dose de transfert du religieux sur le monde des loisirs en période de sécularisation.

"Documents Épiscopat", dans son numéro 11 de 1992, avait déjà livré sept fiches de travail bien intéressantes pour aborder ces problèmes. L’âpreté des débats actuels en France et les enjeux qu’ils sous-tendent ont poussé le Conseil pour les questions familiales et sociales à réactualiser trois d’entre elles afin de permettre à chacun à réfléchir à deux fois sur des dérives qui, pour l’homme de foi comme pour l’homme tout court, peuvent être lourdes de conséquences mais n’ont rien d’inéluctable.


Rien d'inéluctable. C'est affaire, encore et toujours, de mobilisation.

Nous profitons de l'occasion pour vous rappeler l'existence d'un site internet consacré à cette question : LE REPOS DOMINICAL [
Ici], très bien fait, qui comporte notamment une PETITION que nous vous encourageons à signer. Il indique en particulier - à raison - que "le repos pris en commun et la trêve de l'économie (le dimanche) sont, non le signe du refus d’évoluer dans une société en crise, mais la reconnaissance de la primauté de la personne humaine"
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 08:00

Par La rédaction


Article du Cardinal George Pell
Archevêque de Sydney
Paru dans le Sunday Telegraph du 18 Mai 2008

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Je n'ai connu qu'un des mes grands-parents, mais elle avait 12 petits-enfants et mon autre grand-mère en avait 28. Aujourd'hui, les grands-parents ont peu de petits-enfants et un petit-fils peut avoir plus de quatre "grands-parents" vivants (à cause du divorce et du remariage).

 

Un écrivain chinois observait que l'on aime mieux les vieux objets que les vieilles personnes. Nous sommes contents de passer du temps à visiter de vieilles constructions ou de fouiner à la recherche de vieux objets, mais nous sommes peu enclins à passer du temps avec des personnes âgées, qui sont les membres les plus seuls et les plus négligés de notre société.

 

En avril j'ai assisté à Rome à une conférence sur le rôle des grands-parents et partout la situation change. Les humains sont les seuls animaux à passer un tiers de leur vie après l'âge de la maternité. Par exemple, en occident, nous vivons généralement 20 ans plus vieux que nos ancêtres. C'est une grâce, poursuivie depuis des temps anciens, où une longue vie était un signe d'une grâce divine. L'approche païenne tend à valoriser la jeunesse et la vitalité et de cacher l'âge.

 

Jamais les femmes n'ont eu autant de liberté pour poursuivre une carrière, mais cela retarde le mariage et la naissance des enfants. Cela peut raccourcir à l'avenir les contacts entre grnads-parents et petits-enfants de 10 à 20 ans, mais une longue vie implique que les arrières grands-parents deviennent plus courants.

 

D'un autre côté, les grands-parents sont appelés de manière croissante à s'occuper des petits-enfants pendant que les parents travail et il n'est plus aussi inhabituel que ce le fut auparavant de voir des grand-parents élever leurs petits-enfants après un divorce ou lorsque la drogue ou l'alcool s'emparent des parents. C'est un travail merveilleux, mais difficile.


Les conflits parentaux empêchent parfois les petits-enfants de connaitre leurs grands-parents. Ce manque de contact peut s'avérer être une couronne d'épines et aux Etats-Unis, la moitié des enfants a au moins un couple de grands-parents divorcés.

 

Bien sûr, beaucoup de famille aiment leurs grands-parents profondément et la grâce d'avoir des petits-enfants transforme la vie de nombreux grands-parents, qui aiment voir les jeunes venir les visiter (puis partir).

 

Les grands-parents peuvent jouer un rôle important de modeles, en renforçant le bon exemple des parents ou en le donnant quand celui des parents n'est pas ce qu'il devrait être. Parfois, ce sont les seuls enseignants de la fois et de la prière.

 

Ils peuvent être une écoute pour les petits-enfants à toutes les étapes de leur développement et un refuge, et particulièrement être un oasis pour les adolescents. Si les enfants ne peuvent pas parler à leurs parents, il est d'une grande aide qu'ils aient de solides relations avec leur grands-parents qui peuvent les écouter et parfois être solliciter pour expliquer.

 

La mobilité professionnelle a souvent dispersé les familles étendues, mais le téléphone et maintenant le courriel, en ont un petit peu réduit les effets.

 

Les grands-parents peuvent constituer de merveilleurx exemples de sérénité et de courage en se battant contre le grand âge et la maladie, rappelant aux enfants que nul ne vit éternellement.

 

La solidarité intergénérationnelle ne produits que des gagnants.


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Mercredi 14 mai 2008 3 14 /05 /Mai /2008 09:28

Par La rédaction
On a appris la semaine dernière, sur le site de La Croix, que selon un sondage, si 7% des catholiques français allaient chaque semaine à la messe, 25% d'entre de ces mêmes catholiques se considèrent comme des catholiques pratiquants.

Est-ce le concept de "catholique pratiquant" qui a changé de sens ou peut-on être pratiquant sans aller chaque semaine à l'office ? Est-ce l'indice d'une évolution sociologique des catholiques et/ou de l'Eglise ? Il n'y a, semble-t-il, pas eu de réaction officielle à ce sondage. Dommage.
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 14:00

Par La rédaction

 

Le professeur Massimo Introvigne vient d'écrire un livre « Il segreto dell'Europa. Guida alla riscoperta delle radici cristiani » (Le secret de l'Europe. Guide à la redécouverte des racines chrétiennes) publié aux éditions Sugarco. Il dirige l'Alliance catholique, fondateur et directeur du CESNUR, le Centre d'études sur les nouvelles religions et a accordé il y a quelques temps un entretien particulièrement interessant à Zenit.org que voici (nous ne le republions en entier, car il nous semble indispensable qu'un tel entretien soit diffusé le plus largement possible).

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Zenit - L'Europe vit-elle une crise d'identité ?

M. Introvigne - A deux reprises, le pape (dans son discours à la curie romaine lors de la présentation des vœux de Noël, le 22 décembre 2006 et, à l'occasion du cinquantenaire des Traités de Rome, le 24 mars 2007) a utilisé une expression forte, affirmant que l'Europe semblait vouloir « prendre congé de l'histoire ».


« Prendre congé de l'histoire » signifie baisser le rideau, saluer les spectateurs et admettre que la représentation est finie. Que cela a été beau sur le moment mais que maintenant c'est fini. Est-ce possible ? Certainement : contrairement aux êtres humains, les civilisations n'ont pas une âme immortelle. Elles ont, dans l'histoire, un début et une fin, et l'Europe n'échappe pas à la règle. Est-ce à cela que nous assistons ? Beaucoup d'hommes politiques le nieraient.


Toutefois, Benoît XVI a mis en lumière trois aspects, d'ailleurs cités tels quels dans les deux discours que je viens de mentionner, se rapportant à des faits très difficilement contestables.


Le premier est la « forme d'apostasie d'elle-même » de l'Europe, le refus de reconnaître ses propres racines, et sa propre histoire, qui conduit ensuite à une faiblesse et à un manque d'identité vis-à-vis de toute attaque ou d'acharnement extérieur. Que l'Europe ne parvient pas à parler d'une seule voix nous le voyons encore ces jours-ci à propos du Kosovo. Le deuxième aspect est cette séparation entre les lois et la morale. Pas un simple éloignement de la part de la politique, ou de tout homme politique, par rapport à la morale privée et publique, qui n'est un problème ni récent ni purement européen, mais qui traverse toute l'histoire humaine. Non : il s'agit de l'autonomie, d'abord théorisée et puis fatalement pratiquée, des lois de la morale. De l'éthique, non de la religion, si bien que les critiques d'« ingérence » à l'encontre de l'Eglise n'ont à leur tour aucun sens, s'agissant ici de la morale naturelle et de ces règles d'un jeu que l'on appelle société - le pape parle de « grammaire de la vie sociale » - qui ne sont en soi ni chrétiennes, ni athées ou bouddhistes et que tout le monde devrait partager.


Zenit - Et cette grammaire de la vie sociale n'est pas respectée ?

M. Introvigne - Disons qu'aujourd'hui en Europe on affirme que ces règles du jeu n'existent pas, et que le législateur doit se limiter à jouer les notaires et à officialiser tout ce qui se passe déjà dans la société (ou les médias lui font croire que c'est ce qui se passe). Il y a des couples homosexuels ? Le législateur en prend acte et les assimile aux familles. Il y a des musulmans qui vivent en polygamie ? Le législateur les régularise, allant même jusqu'à appliquer la sharia comme le voudraient certaines personnes en Europe, voire même certaines personnalités. Dans les hôpitaux on pratique l'euthanasie ? L'Etat-notaire la fait passer sous forme de loi, comme cela vient d'être le cas au Luxembourg.


Le troisième aspect est la crise démographique, le fait dramatique qu'en Europe naissent toujours moins d'enfants : sur ce point, les faits refusent obstinément de coopérer avec les théories de ceux qui disent que l'Europe n'est pas en crise, et les résultats apparemment en contre tendance de certains pays dérivent souvent des nouvelles normes sur la citoyenneté, qui calculent le nombre de naissances en y insérant également les enfants des immigrés.


Zenit - Laïcisme agressif et antichrétien, relativisme. Nous traversons une bien sombre époque ?

M.Introvigne - Un intellectuel non catholique, communiste, comme Antonio Gramsci disait que quand il fait mauvais on a tendance à s'en prendre au baromètre, alors que « ce n'est pas en enlevant le baromètre que l'on chassera le mauvais temps ».


En Europe, aujourd'hui, nous assistons à ce phénomène : du moment que Benoît XVI est le seul, ou presque, à dénoncer la situation dramatique de crise sur les trois aspects que je viens d'évoquer - certes, peut-être aussi parce qu'il n'a pas à se présenter à des élections, où les électeurs généralement ne récompensent pas les porteurs de mauvaises nouvelles -, dans l'imaginaire d'un certain laïcisme européen, il finit par être le baromètre de Gramsci.


Mais ce n'est pas en empêchant le pape de parler, - comme cela a été le cas à l'université « La Sapienza » de Rome -, que les problèmes disparaissent. Et puis il y en a d'autres qui pensent que les problèmes dénoncés par le pape sont en réalité des ressources : que la crise de la famille traditionnelle, l'avortement, l'euthanasie, la négation du concept de loi naturelle, le multiculturalisme effréné et selon lequel ne pas accepter de légaliser la polygamie dans une société où les musulmans sont nombreux constitue une forme de racisme, sont autant de phénomènes positifs à promouvoir qui nous porterons à une société moins conflictuelle. Tous ceux-là prétendent que le conflit naît de la prétention de celui qui pense qu'il existe une vérité ; et que là où il convient que la vérité n'existe pas le conflit disparaît. Cette utopie a si souvent été démentie par l'histoire que la soutenir aujourd'hui devrait être  embarrassant : or il n'en est pas ainsi.


La où les sociétés sont complexes, - et l'Europe d'aujourd'hui l'est -, il n'y a pas d'issue possible : ou bien l'on trouve entre les personnes qui ont une culture et une religion différentes, une « grammaire de la vie commune », des règles communes qui permettent de cohabiter, lesquelles peuvent seulement dériver de la raison et d'une loi naturelle que la raison peut connaître, ou bien l'on se réduit au conflit de tous contre tous. Ou bien on résout les questions conflictuelles en se référant à un droit naturel valable pour tous ou bien on se résout à tout résoudre par la violence et par les bombes.


Zenit - Vous parlez de différentes phases de relativisme. Ou en sommes-nous aujourd'hui ?

M. Introvigne - Nous nous trouvons dans la phase du relativisme agressif. Les relativistes d'autrefois, même s'ils ne le pratiquaient pas toujours, théorisaient la maxime de Voltaire selon laquelle « je ne partage pas ton idée mais je suis disposé à donner ma vie pour que tu puisses la soutenir librement ».


Nous le savons, Voltaire était le premier à ne pas mettre en pratique cette maxime quand il s'agissait de l'Eglise catholique. Toutefois, il y avait, et il y a encore, d'anciens voltairiens qui croient vraiment à ce qu'ils disent et qui, tout en étant des relativistes, ne demandent pas à l'Etat de punir ceux qui ne le sont pas.


En revanche, les nouveaux relativistes agressifs veulent que le relativisme devienne une loi officielle de l'Etat, prévoyant dans le même temps une répression pénale à l'encontre des non relativistes. Un simple exemple : les relativistes d'autrefois affirmaient que « la chambre à coucher d'un homosexuel est son château » (adaptant cette affirmation à une vieille maxime anglaise: le château est un lieu dans lequel même le roi, avec ses lois, ne peut entrer), que l'Etat doit ignorer et où les homosexuels, ni plus ni moins que les hétérosexuels, doivent être laissés libres de faire ce qu'ils veulent.


Le nouveau relativiste prétend au contraire que l'Etat construise à l'homosexuel les murs de son château et procède à l'arrestation de tous ceux qui s'en approcheraient ou, tout simplement, exprimeraient une quelconque opinion critique. Tel est le sens des lois sur l'homophobie, qui ne punissent absolument pas ceux qui malmènent ou insultent trivialement les homosexuels (pour cela il y a déjà naturellement les lois ordinaires) mais répriment, selon la  formule de la loi proposée par le gouvernement italien aujourd'hui démissionnaire, ceux qui expriment des « jugements de supériorité », autrement dit qui considèrent l'union hétérosexuelle supérieure par rapport à l'union homosexuelle, ou qui pensent, comme le fait l'Eglise, que cette dernière est intrinsèquement désordonnée.


Zenit - Alors, quel est le secret de l'Europe ?

M. Introvigne - Le secret de l'Europe est son histoire millénaire, dans laquelle viennent se greffer évidemment d'autres éléments - par exemple, on ne peut ignorer l'apport des communautés juives - mais qui, dans son itinéraire de fond, est une histoire chrétienne. Bien que recouverte des détritus de cet énorme feu de barrage ouvert par le laïcisme, les valeurs de cette histoire sont encore vivantes et présentes.


Certes, elles le sont plus dans certains pays que dans d'autres : par exemple, à propos de l'Italie, Benoît XVI a dit au congrès ecclésial de Vérone, le 19 octobre 2006, que « l'Eglise y est une réalité très vivante, - et nous le voyons! -, qu'elle est encore très présente au milieu des gens de tous âges et de toutes conditions » et que « les traditions chrétiennes y sont encore bien ancrées et continuent de produire leurs fruits ».


On pourrait alors dire que Benoît XVI parle d'un côté d'une Europe « prête à prendre congé de l'histoire », et qu'il voit de l'autre (au moins en Italie, mais il ne s'agit certes pas du seul et unique pays pour qui vaut ce genre de considérations et à qui le pape, dans son discours, adressait ses propositions) des « traditions chrétiennes encore enracinées » : serait-ce une contradiction ? La réponse est non. En parlant de la crise de l'Europe, le pape ne nous invite pas à des funérailles, mais au chevet d'un malade. Un malade grave, auquel il est inutile de cacher la gravité de son état. Mais un malade qui possède encore en lui, cachées quelque part, toutes les potentialités pour guérir.


En bon médecin, Benoît XVI, sans cacher les risques que ce mal devienne mortel, scrute avec attention et valorise systématiquement chaque petit signe d'amélioration, chaque petit signe de guérison. Si une petite plante se met à pousser dans le désert, on ne la déracine pas, on la cultive pour qu'elle devienne demain un arbre et après-demain une forêt. Mais pour cultiver cette petite plante il faut l'irriguer, et l'enthousiasme ne suffit pas : lorsqu'il s'agit du pape, de ses interventions, cet enthousiasme est toujours un bon point de départ. Mais il faut l'eau pure de la doctrine et du magistère.


L'ouvrage « Le secret de l'Europe » est le fruit de mes 35 années d'expérience vécue au sein de l'Alliance catholique, une agence de laïcs catholiques qui a pour objectif principal d'étudier, de diffuser et d'appliquer l'enseignement du magistère pontifical.


Jamais comme en ce moment - et je le dis absolument sans mépris pour celui qui, dans l'Eglise, aurait une autre vocation ou d'autres méthodes de travail -, je n'ai trouvé l'œuvre de diffusion des enseignements du pape (je pense par exemple à la magnifique fresque de l'histoire profane et de l'histoire du salut dans la « Spe salvi », qui comme toujours a disparu du radar des moyens de communication de masse quelques jours à peine après sa publication) aussi indispensable et urgente.


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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 10:47

Par La rédaction
Le site du Diocèse de Saint Jean Longueuil nous invite à constater les résultats remarquables de l'action menée en soutien à l'effort des populations locales par Caritas Canada (aussi dénommée "Développement et paix") à Aceh dans le Nord-est de l'Indonésie, zone particulièrement touchée par le tsunami du 26 décembre 2004.

Au-delà des polémiques sur le financement de l'aide, force est de constater que toute la charité suscitée par ce drame n'a pas été perdue et que Caritas lui a fait honneur. Ce documentaire peut être visionné ici (
ICI).
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 10:22

Par La rédaction
Que l'on ne se méprenne pas quant au fait que le collectif contre l'handiphobie, Hermas et bien d'autres aient pu laisser paraitre une certaine émotion face à l'acquittement de Mme Debaine (v. ICI et ICI) et manifester une certaine satisfaction face à la décision du parquet de faire appel.

Il ne s'agit évidemment pas de demander une peine pour Mme Debaine, qui est présumée innocente jusqu'au terme de l'appel et que nous ne pouvons pas et ne voulons pas juger. C'est à la justice d'en décider après audition des avocats. D'ailleurs, sa détresse ne peut pas nous laisser indifférent et une sanction pénale classique n'est peut-être pas nécessairement adaptée.

Mais cet acquittement appelle deux réflexions.

1°- On ne peut pas se satisfaire d'un verdict de non-culpabilité, alors que les faits ont été reconnus (faits qui, sous réserve de la présomption d'innocence, apparaissaient bien conformes à la qualification de "meurtre" telle que définie par l'article 221-1 du Code pénal). Ce verdict est choquant qui revient à affirmer que l'on peut, aujourd'hui en Europe, tuer une personne sans être hors-la-loi, au motif qu'elle était handicapée. Cela n'est pas sans évoquer certaines heures sombres de l'histoire.

D'autant que, même si l'on ne peut pas discuter l'indéniable souffrance de cette mère, il n'en reste pas moins que l'humanité prétendue d'un tel geste est bien contestable et que le tolérer ouvre la porte à la justification progressive de bien d'autres meurtres sans que l'on puisse en prévoir la limite.

2°- La place que réserve concrètement notre société - au-delà des effets d'affichage - aux personnes lourdement handicapées, mentales en particulier, est condamnable. Outre l'insuffisante de structures d'accueil, de travail ou d'aide aux familles, la culture sociale tend de plus en plus à les stygmatiser. De la publicité faite pour l'IVG à l'arrêt Perruche ou à l'acquittement de Mme Debaine, les signaux sociaux et médiatiques conduisent à traiter la personne lourdement handicapée en effaçant son humanité. Mme Debaine aurait-elle été conduite à de telles extrêmités si elle avait été aidée et assistée par une société plus attentive ?
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Vendredi 25 avril 2008 5 25 /04 /Avr /2008 08:58

Par La rédaction
Après le prononcé de la scandaleuse décision Perruche - heureusement contrée rapidement par le parlement - s'est constitué le "Collectif contre l'Handiphobie" (ICI), pour s'opposer à la culture de la mort envers les handicapés.

C'est pour cette raison que le collectif a réagi à l'acquittement de Mme Debaine et aux réactions favorables qu'il a pu parfois susciter. Rappelons-le, Mme Debaine, qui avait reconnu avoir noyé
dans sa baignoire sa fille handicapée moteur (v. l'article consacré à ce sujet, ICI), a été déclaré non-coupable par une cour d'assises. Le parquet a interjeté appel de cette décision et l'on attend la décision de la seconde cour d'appel.

Pour le collectif, cet acquittement est un bien mauvais signal pour la société.
« L'acquittement de Mme Debaine enfonce chacun de nous dans sa part d'ombre », ont déclaré à Zenit.org Sophie et Damien Lutz, parents de Philippine, âgée de 8 ans, microcéphale et polyhandicapée, porte-parole du Collectif contre l'Handiphobie.

Ils posent la question du soutien de la société aux parents en difficulté en constatant
la douleur - que l'on imagine sans peine - des parents d'enfants lourdement handicapés : « Une maman a craqué : le désespoir l'a poussée à mettre fin aux jours de son enfant lourdement handicapé. De nombreux parents ont peur de craquer : ils résistent au désespoir en continuant de croire jour après jour que leur enfant a sa place parmi les vivants ».

C'est pourquoi le Collectif des Parents contre l'Handiphobie tient à « exprimer son inquiétude et même son angoisse face aux doutes que les applaudissements à l'annonce de l'acquittement de Mme Debaine distillent dans notre société », en l'état de la
confusion du message lancé par cette décision de justice : « Sans vouloir peser davantage sur les épaules de cette mère, nous regrettons que cet acquittement lance un message ambivalent dans un contexte où les personnes lourdement handicapées et dépendantes ont besoin d'être rassurées sur les intentions de la société à leur égard. Cette décision enfonce chacun dans sa part d'ombre. Un sursaut est nécessaire pour ne pas glisser dans la confusion ».

Car « derrière le drame de cette femme et de sa fille c'est la société tout entière qui ne leur a pas porté suffisamment secours qui doit se remettre en question. Nous parents d'enfants handicapés, nous avons besoin d'un message fort de la société qui nous rappelle que toute vie, même affaiblie, a du prix à ses yeux ».


« Nous, parents d'enfants handicapés, comprenons d'expérience qu'elle ait pu perdre pied, mais nous avons besoin d'être sûrs que ce geste n'est pas une solution, ne doit pas en être une », déclarent les signataires.


Ils posent aussi - à raison - la question de la protection de la vie des personnes les plus faibles : « Les personnes handicapées ont besoin d'être sûres que leur vie est autant protégée que celle d'une personne en bonne santé. Nos enfants handicapés ont besoin de vivre dans un climat de sécurité, de protection, et de respect ».
« Tout citoyen a besoin que la société assure, y compris dans sa justice, ce climat qui garantit la paix dans les relations familiales surtout quand elles sont douloureuses », concluent les parents.
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 00:21

Par La rédaction
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 14:27

Par La rédaction

L'Histoire officielle nous a inculqué que le savoir grec antique - philosophie, médecine, mathématique, astronomie -, après avoir tout à fait disparu d'Europe, avait trouvé refuge dans le monde musulman, qui l'avait traduit en arabe, accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à l'Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l'expansion soudaine de la culture européenne.


Or, selon Sylvain Gouguenheim, qui ne parait pas être un idéologue fascisant et est tout de même professeur d'histoire médiévale à l'Ecole normale supérieure de Lyon, cette vulgate n'est qu'un tissu d'erreurs, de vérités déformées, de données partielles ou partiales, comme il l'explique dans un ouvrage, qui vient de paraître
"Aristote au Mont Saint Michel. Les Racines grecques de l'Europe Chrétienne" (Sylvain Gouguenheim. Seuil, "L'Univers historique", 282 p., 21 €).


On lira avec intérêt l'article que lui consacre le site Le Monde.fr (ICI) - avec lequel nous ne sommes pourtant pas toujours en phase -
et dont la conclusion est rédigée en ces termes :


"Somme toute, contrairement à ce qu'on répète crescendo depuis les années 1960, la culture européenne, dans son histoire et son développement, ne devrait pas grand-chose à l'islam. En tout cas rien d'essentiel. Précis, argumenté, ce livre qui remet l'histoire à l'heure est aussi fort courageux". C'est dire.

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Publié dans : Société - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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