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Les Catéchèses d'Hermas

Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /Août /2010 05:57

Par Mgr Jacques MASSON

 

« Aujourd'hui la vierge Marie est montée aux cieux ;

 réjouissez-vous, car elle règne avec le Christ  à jamais »

(Antienne de Magnificat aux deuxièmes Vêpres)

 

Assomption.jpg

EN UNION DE PRIERES AVEC LES ENFANTS DU MONDE

POUR LA PAIX ET POUR LES PRETRES

 

 

L'origine de l'Assomption de Marie


Le Pères d
e L'Eglise et les grands Docteurs, dans les discours et les homélies qu'ils ont adressés au peuple, pour la fête de l'Assomption, en ont parlé comme d'une vérité déjà connue et admise par les fidèles.

 

Dès le V° siècle, les chrétiens de Jérusalem (église du tombeau de Marie à Gethsémani) fêtent la montée de Marie au ciel avec son corps et avec son âme.

 

Au VI° siècle, l’Eglise d’Orient étend cette vénération par la fête de la Dormition : Marie s’est endormie et a été enlevée au ciel par les anges.

 

Les Pères ont mis en lumière ce que les textes liturgiques avaient brievement indiqué :

 

Cette fête rappelle que le corps inanimé de Marie n' a subi aucune corruption, mais aussi qu'elle a triomphé de la mort ,

et qu'elle a été glorifiée dans le ciel, à l'exemple de son Fils unique Jésus Christ.

 

Au moment de sa conception dans le sein d’Anne, Marie est conçue Immaculée, sans le péché originel.Elle est dès lors l’Immaculée Conception. A sa naissance, elle entre dans notre monde « recouverte du soleil, la lune sous les pieds », resplendissante de beauté. C’est ce qui ressort des paroles qui, au nom de Dieu, la saluent comme étant « pleine de grâce « gratia plena » par la bouche de l’Archange Gabriel. C’est ce qu’illustrent notamment les textes suivants.

 

HOMÉLIE AU CONCILE D’ÉPHÈSE (431)

 Saint Cyrille d'Alexandrie

 

Wordle: DieuNous te saluons, sainte Trinité mystérieuse, qui nous as tous convoqués dans cette Église de sainte Marie Mère de Dieu !

 

Nous te saluons, Marie, Mère de Dieu, trésor sacré de tout l'univers, astre sans déclin, couronne de la virginité, sceptre de la foi orthodoxe, temple indestructible, demeure de l'incommensurable, Mère et Vierge, à cause de qui est appelé béni dans les saints Évangiles, celui qui vient au nom du Seigneur.

 

Nous te saluons, toi qui as contenu dans ton sein virginal celui que les cieux ne peuvent contenir ; toi par qui la Trinité est glorifiée et adorée sur toute la terre ; par qui le ciel exulte ; par qui les anges et les archanges sont dans la joie ; par qui les démons sont mis en déroute  ; par qui le tentateur est tombé du ciel ; par qui la créature déchue est élevée au ciel ; par qui le monde entier, captif de l'idolâtrie, est parvenu à la connaissance de la vérité ; par qui le saint baptême est accordé à ceux qui croient, avec l'huile d'allégresse ; par qui, sur toute la terre, les Églises ont été fondées ; par qui les nations païennes sont amenées à la conversion.

 

Et que dirai-je encore ? C'est par toi que la lumière du Fils unique de Dieu a brillé pour ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort ; c'est par toi que les prophètes ont annoncé l'avenir, que les Apôtres proclament le salut aux nations, que les morts ressuscitent, et que règnent les rois, au nom de la sainte Trinité.

 

Y a-t-il un seul homme qui puisse célébrer dignement les louanges de Marie ? Elle est mère et vierge à la fois. Quelle merveille ! Merveille qui m'accable ! Qui a jamais entendu dire que le constructeur serait empêché d'habiter le temple qu'il a lui-même édifié ? Osera-t-on critiquer celui qui donne à sa servante le titre de Mère ?

 

Voici donc que le monde entier est dans la joie. Qu'il nous soit donné de vénérer et d'adorer l'unité , de vénérer et d'honorer l'indivisible Trinité en chantant les louanges de Marie toujours Vierge, c'est-à-dire du saint temple, et celles de son Fils et de son Époux immaculé  : car c'est à lui qu'appartient la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

Nous pouvons aussi méditer avec saint Jean Damascène, la beauté de Marie, Mère de Jésus, fils de Dieu :

 

Marie qui avait gardé intacte sa virginité dans l’enfantement,

Il fallait qu’elle garde son corps même après laort, exempt de toute corruption.

 

Marie, qui avait porté le Créateur dans son sein comme un enfant

Il fallait qu’elle aille faire son séjour dans la lumière divine.

 

Cette épouse que l’Père s’était unie,

Il fallait qu’elle habitât la chambre nuptiale.

 

Elle qui avait contemplé son Fils cloué à la Croix

Et qui avait reçu  dans son cœur le glaive de douleur

Qui lui avait été évité à l’enfantement,

Il fallait qu’elle le contemplât avec le Père

 

HOMÉLIE POUR LA NATIVITÉ DE LA VIERGE MARIE

Saint Jean Damascène

 

Puisque la Vierge Mère de Dieu devait naître de sainte Anne, la nature n'a pas osé anticiper sur la grâce : la nature demeura stérile jusqu'à ce que la grâce eût porté son fruit. Il fallait qu'elle naisse la première, celle qui devait enfanter le premier-né antérieur à toute créature, en qui tout subsiste. Joachim et Anne, heureux votre couple ! Toute la création est votre débitrice. C'est par vous, en effet, qu'elle a offert au Créateur le don supérieur à tous les dons, une mère toute sainte, seule digne de celui qui l'a créée.

 

Réjouis-toi, Anne, la stérile, toi qui n'enfantais pas ; éclate en cris de joie, toi qui n'as pas connu les douleurs. Réjouis-toi, Joachim : par ta fille un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On proclame son nom : Messager du grand dessein de Dieu, qui est le salut de tout l'univers, Dieu fort. Oui, cet enfant est Dieu. Joachim et Anne, heureux votre couple, et parfaitement pur ! On vous a reconnus grâce à votre fruit, selon cette parole du Seigneur : Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Vous avez eu une conduite agréable à Dieu et digne d’elle que vous avez engendrée. À cause de votre vie chaste et sainte, vous avez produit le joyau de la virginité, celle qui devait être vierge avant l'enfantement, vierge en mettant au monde, vierge après la naissance  ; la seule toujours Vierge d'esprit, d'âme et de corps.

 

Joachim et Anne, couple très chaste ! En observant la chasteté, cette loi de la nature, vous avez mérité ce qui dépasse la nature : vous avez engendré pour le monde celle qui sera, sans connaître d'époux, la Mère de Dieu. En menant une vie pieuse et sainte dans la nature humaine, vous avez engendré une fille supérieure aux anges, qui est maintenant la Souveraine des anges.

 

Enfant très gracieuse et très douce ! Fille d'Adam et Mère de Dieu ! Heureux ton père et ta mère ! Heureux les bras qui t'ont portée ! Heureuses les lèvres qui, seules, ont reçu tes chastes baisers pour que tu demeures toujours parfaitement vierge.

 

Acclamez Dieu, terre entière, sonnez, dansez, jouez. Élevez la voix, élevez-la, ne craignez pas !

 

 

HOMÉLIE SUR L’ANNONCIATION À LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU ET TOUJOURS VIERGE MARIE (extraits)

Saint Nicolas Cabasilas

 

(Note : Saint Nicolas Cabasilas, théologien, laïc byzantin du xive siècle, est bien connu pour son remarquable traité sur La vie en Christ et son excellente Explication de la divine liturgie. Il est aussi l’auteur de deux homélies sur la Passion et l’Ascension du Christ, et de trois homélies sur la Nativité, l’Annonciation et la Dormition de la Mère de Dieu. 1319/1323 – 1397/1398. Il est considéré comme saint par l’Eglise orthodoxe)

 

S’il fallut jamais que l’homme se réjouît et dansât et chantât de joie, s’il y eut un instant que l’on doive célébrer avec grandeur et éclat, s’il faut pour cela demander la hauteur de l’esprit, la beauté du discours et l’élan des paroles, je n’en connais pas d’autre que ce jour où un ange vint du ciel annoncer tout bien à la terre. Maintenant le ciel est en fête, maintenant resplendit la terre, maintenant la création tout entière se réjouit et celui-là même qui tient les cieux en sa main n’est pas absent de la fête – car ce qui a lieu aujourd’hui est bien une panégyrie, une célébration universelle. Tous s’y rassemblent en une figure unique, en une même joie, dans ce même bonheur qui survient pour tous : et pour le Créateur, et pour toutes ses créatures et pour la mère elle-même du Créateur, celle qui a fait de lui un participant de notre nature, de nos assemblées et de nos fêtes. […]

 

La Vierge s’offrit d’elle-même et fut l’ouvrière de ce qui attira l’artisan vers la terre et mit en mouvement sa main créatrice. Qu’est-ce donc ? Ce furent sa vie toute-pure, le renoncement à tout péché, l’exercice de toute vertu, l’âme plus pure que la lumière, le corps en tout spirituel, plus lumineux que le soleil, plus pur que le ciel, plus saint que le trône des chérubins ; un envol de l’esprit ne craignant aucune hauteur, surpassant même les ailes des anges ; un désir de Dieu anéantissant tout emportement de l’âme ; une prise de possession par Dieu, une intimité avec Dieu excluant toute pensée créée. Ayant orné son âme et son corps de tant de beauté, elle attira le regard de Dieu et révéla la beauté de notre commune nature par sa propre beauté ; elle a ainsi attiré l’impassible, et celui que l’homme avait rebuté par le péché est devenu Homme par la Vierge. […]

 

Lorsque vint le moment où parut celui qui apportait l’annonce, elle crut, fit confiance et accepta le service. Car c’est cela qui était nécessaire, et il le fallait en tout cas pour notre salut. Si en effet elle n’en avait pas été capable, la Bienheureuse n’aurait pu voir la bienveillance de Dieu pour l’homme, car il n’aurait pas désiré descendre sans qu’il y eût quelqu’un pour le recevoir, quelqu’un qui fût capable de servir l’économie du salut – et la volonté de Dieu sur nous n’aurait pas pu passer en acte si la Vierge n’avait pas cru et acquiescé. Et la preuve en est que Gabriel s’est réjoui lorsque, s’adressant à elle et l’appelant pleine de grâce, il lui expliqua tout le mystère (Lc 1,26-33). Mais Dieu ne descendit pas sans que la Vierge eût demandé à savoir de quelle manière elle enfanterait. Dès qu’il l’eut persuadée, dès qu’elle eut accepté la requête, tout l’oeuvre se réalisa aussitôt : Dieu revêtit l’homme et la Vierge devint Mère de son Créateur.

 

Si la Toute-Pure a observé devant Dieu tout ce qu’il faut observer, si elle s’est montrée aussi sainte comme homme sans rien omettre de ce qui se doit, comment n’eût-elle pas convenu à Dieu ? Et si rien n’a échappé à la Vierge de ce qui pouvait la désigner comme Mère de Dieu, si elle en a conçu un ardent amour pour lui, encore plus Dieu devait-il observer le juste retour et devenir son Fils. lui qui donne aux princes méchants selon leur cœur, comment n’aurait-il pas pris comme mère celle qui s’était montrée en tout selon son désir ? C’est ainsi que ce don fut approprié et convenable en tout pour la Bienheureuse. C’est pourquoi, pour lui annoncer clairement qu’elle allait enfanter Dieu, Gabriel lui dit : Il régnera pour les siècles sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin (Lc 1,33). Comme si ce qu’elle venait d’apprendre n’était ni étrange ni inhabituel, elle reçut cette annonce avec joie. Et d’une voix bienheureuse, l’âme exempte de trouble et dans le calme des pensées, elle répond : Voici la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole ! (Lc 1,38).

 

Tels furent ses mots, et la réalité suivit : Et le Verbe est devenu chair, et il a établi son habitation parmi nous (Jn 1,14). Ayant donné sa réponse à Dieu, elle en reçut l’Esprit, artisan de cette chair consubstantielle à Dieu. Sa voix fut une voix puissante, comme le dit David (cf. Ps 67,34), et le Verbe du Père fut formé par le verbe d’une mère, le Créateur par la voix d’une créature. Et de même que Dieu dit : Que la lumière soit !, et aussitôt la lumière fut (Gn 1,3), de même la vraie lumière se leva à la voix de la Vierge, et Il s’unit à la chair et fut enfanté, Celui qui illumine tout homme venant en ce monde (Jn 1, 9).

 

Ô voix sainte ! Ô majesté de tes paroles puissantes ! Ô bouche bienheureuse rassemblant de l’exil l’univers entier ! Ô trésor de ce cœur qui déverse en quelques mots sur nous l’abondance de ses biens ! Ces mots ont transformé la terre en ciel et vidé les enfers de ses prisonniers, ils ont fait du ciel l’habitation des hommes, des anges leurs compagnons, ils ont fondu en un seul chœur la race des cieux et celle de la terre.

 

Quelle action de grâce t’adresserons-nous pour ces paroles ? Oh, que peut-on te dire, toi dont rien n’est digne parmi les hommes ? Nos paroles viennent de ce qui est, mais toi tu excèdes tout ce qui surpasse le monde. S’il faut te présenter des mots, ce doit être oeuvre des anges, oeuvre de l’intellect chérubique, oeuvre de langues de feu. Aussi pour parler dignement de ta puissance, ayant commémoré par la bénédiction ce qui est de toi, t’ayant chanté comme notre salut autant qu’il nous est possible, nous voudrions encore emprunter la voix des anges, et nous terminerons notre discours en t’honorant par ces mots de la salutation de Gabriel : Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi !


LES PRIERES DE LA LITURGIE DE LA FETE

(Cf. Dom Guéranger, Année liturgique)

 

Introït (introït de la Messe précédant la proclamation du dogme)

 

réjouissons-nous tous dans le Seigneur , et faisons fête en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie ; de son Assomption se réjouissent les Anges, et ils louent à l'envie le Fils de Dieu.

Ps.Mon cœur a proféré une parole excellente ; c'est au Roi que je dédie mes chants.

Gloire au Père et au Fils et au, Saint-Esprit..

 

Réjouissons-nous tous dans le Seigneur , et faisons fête en l'honneur de la bienheureuse Vierge Marie ; de son Assomption se réjouissent les Anges, et ils louent à l'envi le Fils de Dieu.


Introït (introït actuel de la Messe,dans le rite tridentin et dans le nouvel ordo où ne figure pas le verset du psaume ni le Gloria Patri).

 

Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.

Ps. Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles.

Gloire au Père et au Fils et au, Saint-Esprit..

Un signe grandiose apparut au ciel : c’est une Femme ! Le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.

 

La Fête de l’Assomption et la France

 

Aujourd'hui, dans toutes les églises de France, devrait avoir lieu, comme ce fut le cas jusqu’à la moitié du 20° siècle, jusqu’à la réforme liturgique, la procession solennelle instituée en souvenir et confirmation du vœu par lequel Louis XIII dédia le royaume très chrétien à la Bienheureuse Vierge.

 

Par lettres données à Saint-Germain-en-Laye, le 10 février 1638, le pieux roi déclarait consacrer à Marie sa personne, son état, sa couronne, ses sujets.

 

«Nous enjoignons à l'archevêque de Paris, disait-il ensuite, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grande Messe qui se dira en son église cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales que celles des monastères de ladite ville et faubourgs, et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris. Exhortons pareillement tous les archevêques et évêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la Messe solennelle en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu'à ladite cérémonie les cours de parlement et autres compagnies souveraines, les principaux officiers des villes y soient présents. Nous exhortons lesdits archevêques et évêques... d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que sous une si puissante patronne notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis ; qu'il jouisse longuement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre plaisir. »

 

Le royaume de France s'affirmait donc à nouveau le royaume de Marie. Moins d'un mois après la première fête célébrée conformément aux royales prescriptions, le 5 septembre 1638, naissait d'une union stérile vingt ans celui qui fut Louis XIV. Lui-même devait renouveler la consécration à Marie de la couronne et du sceptre de France, le 25 mars 1650


Prière anciennement en usage dans l’Eglise de France

 

Il est digne et juste, Dieu tout-puissant, il est équitable que nous vous rendions de grandes actions de grâces en ce temps consacré, en ce jour vénérable entre tous. Comme le fidèle Israël sortit de l'Egypte, ainsi la Vierge Mère de Dieu passa du monde au Christ. Pas plus que la corruption de la vie, elle ne connut la dissolution du tombeau. Exempte de souillure, glorieuse en sa fécondité , délivrée par son assomption, elle règne au Paradis comme Epouse. Vierge toujours pure, elle porte un fruit d'allégresse ; la douleur est absente de son enfantement, la peine de sa mort ; sa vie fut au-dessus de la nature, son trépas ne fut pas une dette exigée par celle-ci. Chambre nuptiale brillante, d'où sort l'incomparable Epoux, la lumière des nations, l'espérance des fidèles, le spoliateur des démons, la confusion des Juifs ! Vase de vie, tabernacle de gloire, temple céleste ! Mais de cette vierge nouvelle ,les mérites éclatent mieux, si les gestes de l'ancienne Eve en sont rapprochés.

 

Celle-là produit la vie pour le monde ; celle-ci donne naissance à l'empire de la mort. Celle-ci prévarique et nous perd ; celle-là engendre et nous sauve. Celle-ci par le fruit de l'arbre nous frappe à la racine; de cette branche sort la fleur dont le parfum nous réconforteront le fruit nous guérit. L'une sous la malédiction engendre dans la douleur ; l'autre retrouve la bénédiction, assure le salut. La perfidie de l'une conspire avec le serpent, trompe son époux, perd sa race ; l'obéissance de l'autre apaise le Père, mérite le Fils, délivre sa descendance. L'une nous présente dans le suc d'un fruit l'amertume; l'autre fait couler de la source de son Fils la douceur sans fin. Telle est l'aigreur de la pomme d'Eve, que les dents des enfants en demeurent agacées ; la suavité du pain de la Vierge les raffermit et les nourrit : nul avec elle ne meurt, que celui qui en présence de ce pain rassasiant reste dégoûté. Mais il est temps de laisser les vieux gémissements pour les nouvelles joies.

 

Nous revenons donc à vous, Vierge féconde, Mère toujours pure qui ne connûtes point d'homme, qui enfantez, mais dont le Fils vous apporte l'honneur et non la souillure. Heureuse, vous par qui sont arrivées jusqu'à nous les joies que vous avez conçues ! Nous nous sommes félicités de votre naissance, nous avons tressailli à votre enfantement, nous nous glorifions de votre passage au ciel. Il n'eût pas suffi sans doute que le Christ sanctifiât votre entrée ; d'une telle Mère, il devait illustrer aussi la sortie. Il était juste que, l'ayant reçu dans votre amour quand vous le conçûtes par la seule foi, lui-même à son tour vous reçût dans sa félicité par cette Assomption ; celle en qui la terre n'avait point eu de prise ne pouvait être retenue sous la  roche du tombeau.

 

Véritablement donc, que de merveilles inaccoutumées ! Les Apôtres lui rendent le devoir suprême ; les Anges la célèbrent en leurs chants; le Christ la reçoit dans ses bras ; une nuée est son char ; son Assomption l'élève au Paradis ; parmi les chœurs des Vierges elle exerce une principauté glorieuse. Par le Christ notre Seigneur, à qui les Anges et les Archanges.

 

A l’Office des Vêpres

 

Les Grecs nous donnent cette gracieuse composition, dont les huit premières strophes s'adaptent aux huit tons musicaux, pour revenir dans la neuvième au premier, ayant ainsi chanté sur tous les modes le triomphe de Marie (J.-B. Pitra, Analecta Spicilegio Solesmensi parata, I, LXX, ex Anthologio)

 

A un signal de la toute-puissance, les Apôtres qui portent Dieu furent enlevés sur les nuées par les airs.

 

A leur arrivée, ils saluèrent dans un langage sublime votre corps très pur, principe de la vie.

 

Cependant les plus élevées des puissances des cieux, venant avec leur Seigneur, forment cortège au corps sans tache qui a renfermé Dieu ; saisies de crainte, elles remontent vers les célestes demeures,

 

Et elles crient comme font les esprits aux chefs des angéliques phalanges : « Voici qu'arrive la reine de tous, la Mère de Dieu !

 

« Ouvrez les portes, et recevez dans les hauteurs la mère de la lumière éternelle.

 

« Par elle s'est accompli l'universel salut des mortels. Nos yeux sont impuissants à fixer sa beauté.

 

« Elle ne saurait être assez honorée ; car son mérite surpasse toute pensée. »

 

C'est pourquoi, immaculée, ô Mère de Dieu, vivant à jamais dans la société du prince de la vie né de vous,

 intercédez pour nous sans cesse ;

 

soyez notre garde ;

 

sauvez de tout choc de l'ennemi cette jeunesse qui est vôtre

 

Car nous avons droit à votre secours « A vous, dans  les splendeurs de l'éternité, nos acclamations !

 

 

Hymne du XIV° siècle (cité par Raoul de Tongres)

 

O que glorieuse est la lumière dont vous brillez, royale fille de la race de David ! Du trône où vous êtes élevée, Vierge Marie, vous dominez tous les habitants des cieux.

 

Mère en gardant l'honneur de la virginité, vous offrîtes comme palais votre cœur au Seigneur des Anges ; la pureté prépara votre sein sacré : Dieu fut chair,  et le Christ naquit.

 

C'est lui qu'adore en tremblant l'univers, lui devant qui tout genou à cette heure fléchit dévotement, lui de qui nous implorons, par votre secours, la fin de nos ténèbres et les joies de la lumière.

 

Accordez-nous cette grâce, Père de toute lumière, par votre Fils, dans l'Esprit-Saint : avec vous il vit et règne ce Fils, dans les cieux resplendissants, gouvernant tous les siècles.

Amen.

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 05:00

Par Mgr Jacques MASSON

 LA TRANSFIGURATION DE NOTRE SEIGNEUR

tr 

La Transfiguration", par Raphaël - (Musée du Vatican)

 

Les récits du Nouveau Testament

 

Le tableau suivant donne le récit fait par les trois évangélistes dits « synoptiques », Matthieu, Marc et Luc, et par Saint Pierre dans sa deuxième Epitre

 

 

Matthieu chapitre 17°

Marc chapitre 9°

Luc chapitre 9°

1. 

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques, et Jean son frère, et les emmène, à l'écart, sur une haute montagne.

2. 

Et il fut transfiguré devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière.

3. 

Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s'entretenaient avec lui.

4. 

Pierre alors, prenant la parole, dit à Jésus : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »

5. 

Comme il parlait encore, voici qu'une nuée lumineuse les prit sous son ombre, et voici qu'une voix disait de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur, écoutez-le. »

6. 

A cette voix, les disciples tombèrent sur leurs faces, tout effrayés.

7. 

Mais Jésus, s'approchant, les toucha et leur dit : « Relevez-vous, et n'ayez pas peur. »

8. 

Et eux, levant les yeux, ne virent plus personne que lui, Jésus, seul.

9. 

Comme ils descendaient de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez à personne de cette vision, avant que le Fils de l'homme ne ressuscite d'entre les morts. »

 

2. 

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène seuls, à l'écart, sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux

3. 

et ses vêtements devinrent resplendissants, d'une telle blancheur qu'aucun foulon sur terre ne peut blanchir de la sorte.

4. 

Élie leur apparut avec Moïse et ils s'entretenaient avec Jésus.

5. 

Alors Pierre, prenant la parole, dit à Jésus : « Rabbi, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »

6. 

C'est qu'il ne savait que répondre, car ils étaient saisis de frayeur.

7. 

Et une nuée survint qui les prit sous son ombre, et une voix partit de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. »

8. 

Soudain, regardant autour d'eux, ils ne virent plus personne, que Jésus seul avec eux.

9. 

Comme ils descendaient de la montagne, il leur ordonna de ne raconter à personne ce qu'ils avaient vu, si ce n'est quand le Fils de l'homme serait ressuscité d'entre les morts.

10. 

Ils gardèrent la recommandation, tout en se demandant entre eux ce que signifiait » ressusciter d'entre les morts ».

 

28. 

Or il advint, environ huit jours après ces paroles, que, prenant avec lui Pierre, Jean et Jacques, il gravit la montagne pour prier.

29. 

Et il advint, comme il priait, que l'aspect de son visage devint autre, et son vêtement, d'une blancheur fulgurante.

30. 

Et voici que deux hommes s'entretenaient avec lui : c'étaient Moïse et Élie

31. 

qui, apparus en gloire, parlaient de son départ, qu'il allait accomplir à Jérusalem.

32. 

Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil. S'étant bien réveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient avec lui.

33. 

Et il advint, comme ceux-ci se séparaient de lui, que Pierre dit à Jésus : « Maître, il est heureux que nous soyons ici ; faisons donc trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie » : il ne savait ce qu'il disait.

34. 

Et pendant qu'il disait cela, survint une nuée qui les prenait sous son ombre et ils furent saisis de peur en entrant dans la nuée.

35. 

Et une voix partit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, l'Élu, écoutez-le. »

36. 

Et quand la voix eut retenti, Jésus se trouva seul. Pour eux, ils gardèrent le silence et ne rapportèrent rien à personne, en ces jours-là, de ce qu'ils avaient vu.

 

 

 

2° Epître de Pierre

13. 

Je crois juste, tant que je suis dans cette tente, de vous tenir en éveil par mes rappels,

14. 

sachant, comme d'ailleurs notre Seigneur Jésus Christ me l'a manifesté, que l'abandon de ma tente est proche.

15. 

Mais j'emploierai mon zèle à ce qu'en toute occasion, après mon départ, vous puissiez vous remettre ces choses en mémoire.

16. 

Car ce n'est pas en suivant des fables sophistiquées que nous vous avons fait connaître la puissance et l'Avènement de notre Seigneur Jésus Christ, mais après avoir été témoins oculaires de sa majesté.

17. 

Il reçut en effet de Dieu le Père honneur et gloire, lorsque la Gloire pleine de majesté lui transmit une telle parole : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

18. 

Cette voix, nous, nous l'avons entendue ; elle venait du Ciel, nous étions avec lui sur la montagne sainte.

19. 

Ainsi nous tenons plus ferme la parole prophétique : vous faites bien de la regarder, comme une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour commence à poindre et que l'astre du matin se lève dans vos cœurs.

20. 

Avant tout, sachez-le : aucune prophétie d'Écriture n'est objet d'explication personnelle ;

21. 

ce n'est pas d'une volonté humaine qu'est jamais venue une prophétie, c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu.

 

 

 

Textes extraits des Vigiles de la Fête (liturgie byzantine)

(cf. http://pagesperso-orange.fr/orthodoxie/textes/feteTransfiguration.html)

Méditons cette Manifestation, cette “Epiphanie” avec ces textes de la liturgie byzantine

 

Tropaire (Grande Antienne en rite byzantine)

 

transfiguré sur la montagne,
christ notre dieu,
tu as montré à tes disciples ta gloire
autant qu’ils la pouvaient supporter.
fais luire aussi sur nous, pêcheurs,
ta lumière éternelle,
par les prières de la mère de dieu.
donateur de lumière, gloire à toi !

 

Kondakion (Hymne religieux de type tropaire)

 

tu t’es transfiguré sur la montagne
et autant qu’ils le pouvaient supporter
tes disciples ont contemplé ta gloire
pour que te voyant crucifié, christ dieu,
ils comprennent que ta passion était
volontaire
et qu’ils annoncent au monde
que tu es vraiment la lumière du père

 

Lucernaire (office du soir des premiers chrétiens, qui s'effectuait à la lueur des lampes)

 

avant ta passion, seigneur,
la montagne fut l’image du ciel,
la nuée se déploya comme une tente,
tandis que tu étais transfiguré,
et que le père te rendait témoignage
pierre était là avec jacques et jean,
car ils devaient t’accompagner au moment de la trahison,
afin qu’ayant contemplé tes merveilles
il n’aient pas à craindre tes souffrances
rends nous dignes de nous prosterner devant ta passion, dans la paix.
couverte jadis de ténèbres et de fumée
la voici maintenant vénérable et sainte
la montagne où tes pieds se sont posés seigneur
le mystère caché avant les siècles
ta transfiguration l’a révélé ces temps derniers
à pierre, à jacques et à jean
qui ne pouvant soutenir l’éclat de ton visage
ni la splendeur de tes vêtements
tombèrent la face contre terre saisis d'effroi
ils s’étonnèrent de voir moïse et élie parler avec toi
de ce qui devait t’arriver
et la voix du père te rendait témoignage en disant
celui ci est mon fils bien aimé
en qui j’ai mis ma complaisance
écoutez le car il accorde au monde la grande miséricorde.

 

 

Litie (procession solennelle dans les Vêpres byzantines, vers le narthex, accompagnée du chant de tropaires)

 

splendeur qui surpasse le soleil
sur terre séjournant dans un corps
le christ voulant accomplir avant la croix
l’oeuvre divine du salut
révèle au thabor l’image de la trinité
prenant avec lui pierre, jacques et jean
il se transfigura montrant la splendeur de la beauté originelle
mais craignant qu’a cette vision ils ne perdent la vie
leurs yeux de chair ne voyait
que ce qu’ils pouvaient supporter
il invita moïse et élie à témoigner de sa divinité
attestant qu’il est le reflet du père
le seigneur des vivants et des morts
aussi la nuée les enveloppa comme une tente
et la voix du père lui rendit témoignage en disant
« celui ci est mon fils bien aimé »
avant l’aurore engendré de mon sein
c’est lui que j’envoie sauver les baptisés
au nom du père du fils et du saint esprit
toi donc ami des hommes ô christ notre dieu
fais nous resplendir dans la clarté de ta gloire
et fais de nous les héritiers de ton royaume éternel

 

 

Apostiches (dans le rite byzantin : versets de psaumes et, par simplification, les strophes d'hymnes qui accompagnent ces versets)

 

tu montres en ce jour seigneur, sur le thabor
à pierre, jacques et jean tes disciples préférés
la gloire de ton aspect divin.
ils voyaient tes vêtements resplendissant de clarté
et ton visage plus brillant que le soleil
et ne pouvant supporter la vision de ton illumination
ils se jetèrent sur le sol incapable de regarder
et du ciel ils entendirent la voix qui te rendait témoignage
« celui ci est mon fils bien aimé, venu en ce monde sauver l’humanité ».


9° Ode

Magnifie ô mon âme, le Seigneur glorieusement transfiguré,
 sur la montagne du Thabor

 

immortel est celui que tu as mis au monde
et dieu lui même a voulu sortir de ton sein revêtu de notre chair
il est apparu sur terre pour converser avec les hommes
ô mère de dieu d’un cœur pur, nous te magnifions.

 

Magnifie ô mon âme, le Seigneur glorieusement transfiguré,
sur la montagne du Thabor

 

Voyant ce prodige étonnant et nouveau et entendant la voix Père sur le Thabor, les serviteurs du Verbe s’écrièrent : "Celui-ci est vraiment notre Sauveur".

 

Magnifie ô mon âme, le Seigneur glorieusement transfiguré,
sur la montagne du Thabor

 

Fidèle icône de Celui qui est, immuable et sans changement, Fils et Verbe, sagesse et droite du Très Haut, nous te chantons avec le Père et l’Esprit.

 

Magnifie ô mon âme, le Seigneur glorieusement transfiguré,
sur la montagne du Thabor

 

Afin de nous montrer clairement, Dieu très haut, ce que sera ton second et redoutable avènement et pour nous faire voir que tu surpasses tous les dieux, tu resplendis au Thabor devant tes apôtres avec Moïse et Elie. C’est pourquoi, tous, nous te magnifions.

 

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit,
maintenant et toujours et aux siècles des siècles. Amen.

 

Peuples, venez et suivez moi, montons sur la montagne sainte, vers le ciel, tenons nous en esprit dans la cité du Dieu vivant et contemplons l’immatérielle divinité du Père et de l’Esprit qui dans le Fils unique resplendit de clarté

 

Exapostilaire (hymne religieux de la liturgie orthodoxe)

lumière intemporelle, ô verbe
lumière du père inengendré
en ce jour nous avons vu au thabor
dans ta lumière la lumière du père et de l’esprit
qui illumine toute la création.

 

Laudes

le christ prit à part avec lui
pierre, jacques et jean sur une haute montagne
et fut transfiguré en leur présence
son visage brilla comme le soleil
et ses vêtements furent plus blancs que la neige
alors apparurent moïse et élie
qui s’entretenaient avec lui
puis la nuée lumineuse les recouvrit
et une voix se fit entendre dans les cieux :
« celui-ci est mon fils bien-aimé
en qui j’ai mis ma complaisance, écoutez-le ».

 

 

Prières liturgiques de la fête de la Transfiguration

 

L'Hymne actuelle des Vêpres et des Matines, que nous donnons ici, est empruntée au chant de Prudence sur l'Epiphanie, dans son Cathemerinon (cf. Dom Guéranger)

 

Hymne des Vêpres

 

« Quicumque Christum quaeritis… »

 

O vous qui cherchez le Christ, levez les yeux en haut ; là, vous apercevrez le signe de son éternelle gloire.

 

La lumière qui éclate manifeste Celui qui ne connaît pas de terme, le Dieu sublime, immense, sans limites, dont la durée précède celle du ciel et du chaos.

 

Il est le Roi des nations, le Roi du peuple judaïque ; il fut promis au Patriarche Abraham et à sa race, dans les siècles.

 

Les Prophètes sont ses témoins, et sous leur propre garantie, témoin lui-même, le Père nous ordonne de l'écouter et de le croire.

 

Jésus, gloire soit à vous qui vous révélez aux petits, à vous avec le Père et l'Esprit-Saint dans les siècles éternels. Amen.

 

 

Séquence (Adamde Saint Victor)

 

Réjouissons-nous en allégresse et fêtons dévotement ces saintes solennités; qu'à l'honneur du souverain Dieu la louange du présent jour retentisse en l'Eglise.

 

Le Christ en ce jour fortuné donna les signes manifestes de sa gloire ; qu'il soit en aide et nous remplisse de sa grâce, afin que nous puissions le redire !

 

Le Christ donc, le Dieu fort, qui donne la vie, qui dompte la mort, le véritable soleil de justice, transfiguré au sommet du Thabor, glorifie aujourd'hui la chair qu'il reçut de la Vierge.

 

Oh ! qu'heureux est des bons le partage ! Car telle sera la résurrection des bienheureux. Comme brille le soleil en sa pleine lumière, ainsi, au témoignage de l'Evangile, brilla le visage du Dieu homme.

 

L'éclat aussi de son sacré vêtement attesta sa divinité et la future gloire. Admirable et sublime honneur ! admirable, ô Dieu, plus que tout est la vertu de votre puissance.

 

Et lorsque le Christ, vertu de Dieu, devant Pierre et les fils de Zébédée, manifestait pleinement la gloire de sa majesté, voici qu'apparaissent , dit saint Luc , Moïse et Elie.

 

Nous apprenons de saint Matthieu qu'ils étaient vus parlant à Dieu, au Fils du Dieu Père : chose vraiment sainte et vraiment digne, parler à Dieu ! chose bonne et pleine de toute joie.

 

Grande est la gloire de ce jour que consacre la voix de Dieu, insigne est son honneur ! une nuée les couvrit de lumière, et la voix du Père proclama : « C'est là mon Fils.

 

« Ecoutez sa voix; car il a les paroles de la vie, par sa parole il peut toutes choses. »

 

C'est là le Christ, le roi de tous, salut du monde, lumière des Saints, lumière éclairant toutes choses.

 

C'est là le Christ, Verbe du Père, par qui finit le droit cruel qu'eut contre nous l'ennemi méchant, l'odieux serpent qui, pénétrant Eve de son poison, fut notre perte,

 

Le Christ qui en mourant nous guérit, en ressuscitant rétablit la vie et condamna la tyrannie de la mort. C'est là lé Christ, éternelle Paix, gouvernant hauteurs et abîmes, à qui des cieux la voix du Père rend  témoignage.

 

A cette voix sont troublés les trois Pères nommés plus haut; quand retentit cette parole, ils sont prosternés en terre. Au signe du Christ enfin ils se relèvent, regardent attentivement tout autour, quand soudain Jésuo seul est en vue.

 

Voulant que ces faits fussent secrets, le Christ ne permit point qu'on les racontât, avant que, réparateur de la vie, triomphateur de l'ennemi de la vie, la mort vaincue, il lut ressuscité. Tel est ce jour digne de louange où s'opèrent tant de saints prodiges; que le Christ, splendeur de Dieu le Père, par la prière sainte de sa mère nous délivre de la mort.

 

A vous, ô Père, à vous, ô Fils, à vous, Esprit-Saint, soient avec puissance souveraine la louange et l'honneur qui sont dus ! Amen.

 

Hymne des Matines (dans les livres liturgiques de rite byzantin – les Ménées : strophes rédigées par Saint Jean Damascène)

 

Toi qui de tes invisibles mains as formé l'homme à ton image, ô Christ, dans ton humanité tu as montré la beauté archétype, non comme en une image, mais l'étant toi-même substantiellement, ensemble homme et Dieu.

 

Quel redoutable et grand spectacle en ce jour ! du ciel le soleil qui affecte les sens, d'ici-bas le soleil spirituel de justice, incomparable, brillent au mont Thabor.

 

De tous les rois le plus beau, de tous les souverains le seigneur, bienheureux prince, habitant une inaccessible lumière, à toi hors d'eux-mêmes les disciples criaient : Enfants, bénissez-le ; chantez-le, prêtres ; peuple, exaltez-le dans tous les siècles.

 

A toi, en tant que seigneur du ciel, roi de la terre, maître des souterraines demeures , ô Christ, firent cortège : représentants de la terre, les Apôtres; du ciel. Elie de Thesbé; des morts, Moïse : ils chantaient sans fin : Enfants, bénissez-le ; chantez-le, prêtres ; peuple, exaltez-le dans tous les siècles.

 

Laissant à la terre ses vaines préoccupations , ô ami des hommes, l'élite des Apôtres t'a suivi loin de la terre vers la divine cité; aussi, admis à bon droit à voir ta divine manifestation, ils chantaient : Enfants, bénissez-le; chantez-le, prêtres ; peuple, exaltez-le dans tous les siècles.

 

Venez, peuples, écoutez-moi, gravissons la sainte, la céleste montagne ; rejetant la matière, comportons-nous en citoyens de la cité du Dieu vivant, et par l'âme contemplons la divinité immatérielle du Père et de l'Esprit qui éclate dans le Fils unique.

 

Tu m'as fasciné de désir, ô Christ, et enivré de ton divin amour; mais brûle d'un feu immatériel mes péchés et rends-moi digne de me rassasier des délices qui sont en toi, afin que j'exalte dans l'allégresse, ô très bon, tes deux avènements.

 

PRIONS

Nous vous en prions, Seigneur, éclairez votre peuple, et que la splendeur de votre grâce embrase toujours nos cœurs ; afin que par la vertu de la gloire du Sauveur du monde, lumière éternelle, le mystère manifesté dans cette fête se révèle toujours plus et croisse en nos âmes. Par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.  Amen

 

O Dieu, qui, dans la glorieuse Transfiguration de Jésus Votre Fils unique, avez confirmé les mystères de notre foi et avez marqué l'adoption parfaite de Vos enfants par la voix céleste qui est partie de la nue, rendez-nous cohéritiers de ce Roi de gloire, et donnez-nous part aux splendeurs de Son règne. Par le même Jésus-Christ, notre Seigneur.  Amen


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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Praedicatho.com
Mercredi 4 août 2010 3 04 /08 /Août /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

FETE DU SAINT CURE D’ARS - PRIERES

L'Eglise fête saint Jean-Marie Vianney, le Saint Curé d’Ars, le 4 août. Après l’Année Sacerdotale qui lui a été consacrée pour la sanctification des prêtres, nous proposons à nos lecteurs de reprendre des prières du saint Curé, et des prières au saint Curé d’Ars.

(cf. le site du Sanctuaire)

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Acte d'amour du Saint Curé d’Ars

Je vous aime, ô mon Dieu,
et mon seul désir est de vous aimer
jusqu'au dernier soupir de ma vie.

 

Je vous aime, ô Dieu infiniment aimable,
et j'aime mieux mourir en vous aimant
que de vivre un seul instant sans vous aimer.

 

Je vous aime, ô mon Dieu,
et je ne désire le ciel que pour avoir le bonheur
de vous aimer parfaitement.

 

Je vous aime, ô mon Dieu,
et je n'appréhende l'enfer que parce qu'on y aura jamais
la douce consolation de vous aimer.

 

Ô mon Dieu,
si ma langue ne peut dire à tout moment que je vous aime,
du moins je veux que mon cœur
vous le répète autant de fois que je respire.

 

Ah ! Faites-moi la grâce de souffrir en vous aimant,
de vous aimer en souffrant,
et d'expirer un jour en vous aimant
et en sentant que je vous aime.

 

Et plus j'approche de ma fin,
plus je vous conjure d'accroître mon amour
et de le perfectionner.

 

Ainsi soit-il.

 

 

100 paroles du Saint Curé d'Ars sur la Miséricorde de Dieu

Pour vivre pardonné

“LA MISÉRICORDE DIVINE OUVRE À LA VIE RÉCONCILIÉE.”

Si nous comprenions bien ce que c'est d'être enfant de Dieu, nous ne pourrions faire le mal... Etre enfant de Dieu, oh, la belle dignité !

Que c'est beau une âme ! L'image de Dieu se réfléchit dans une âme pure comme le soleil dans l'eau.

Une âme pure fait l'admiration des Trois Personnes de la Sainte Trinité. Le Père contemple son ouvrage : "Voilà donc ma créature !", le Fils, le prix de son sang - on connaît la beauté d'un objet au prix qu'il a coûté -, le Saint Esprit y habite comme dans un temple.

Une âme pure est auprès de Dieu comme un enfant auprès de sa mère.

Dieu tient l'homme intérieur comme une mère la tête de son enfant pour le couvrir de baisers et de caresses.

On ne peut pas comprendre le pouvoir qu'une âme pure a sur le Bon Dieu. Ce n'est pas elle qui fait la volonté de Dieu, c'est Dieu qui fait la sienne.

Notre langue ne devrait être employée qu'à prier, notre cœur qu'à aimer, nos yeux qu'à pleurer.

La prière est toute-puissante auprès de Dieu.

Tandis que l'âme qui prie avec ferveur et persévérance devient semblable à une hirondelle qui s'élève dans les airs avec facilité et à une grande hauteur, de même la prière d'une âme fervente pénètre jusqu'au trône de Dieu et contemple ses attributs.

Si nous comprenions tout le bonheur d'une âme enflammée d'amour du Bon Dieu, si nous pouvions goûter combien il est doux de marcher toujours en sa présence, de nous sentir sous son regard, de nous laisser conduire par sa main, nous penserions toujours à Lui, nous ne pourrions pas faire autrement. Ce serait notre plus grand bonheur de chaque jour.

Un chrétien qui aurait la foi mourrait d'amour.

Ceux qui n'ont ni combat, ni peine à soutenir en ce monde sont comme des eaux mortes qui croupissent. Mais ceux qui endurent leurs peines, les souffrances, les combats, ressemblent à des eaux rapides qui sont plus limpides quand elles passent par des rochers et tombent en cascades.

Ce ne sont ni les longues, ni les belles prières que le Bon Dieu regarde, mais celles qui se font du fond du cœur, avec un grand respect et un véritable désir de plaire à Dieu.

La contrition, c'est le baume de l'âme.

Les combats nous mettent au pied de la Croix et la Croix à la porte du ciel.

Mettez un beau raisin sous le pressoir, il en sortira un jus délicieux. Notre âme, sous le pressoir de la Croix, produit un jus qui la nourrit et la fortifie.

 

 

Prière du curé à la Très Sainte Vierge Marie 

(Cf. http://www.anneedusacerdoce.org/?Prieres-du-cure-d-Ars)

 

Ô Marie, Mère de Jésus-Christ, Crucifié et Ressuscité,

Mère de l’Église, peuple sacerdotal (1 P 2, 9),

Mère des prêtres, ministres de ton Fils :

accueille l’humble offrande de moi-même,

pour que dans ma mission pastorale

je puisse annoncer l’infinie miséricorde

du Grand Prêtre Éternel :

ô " Mère de miséricorde ".

Toi qui as partagé avec ton Fils,

Son " obéissance sacerdotale " (He 10, 5-7 ; Lc 1, 38),

et as préparé, pour lui un corps (He 10, 7)

dans l’onction de l’Esprit Saint,

introduis ma vie sacerdotale dans le mystère ineffable

de ta divine maternité,

ô " Sainte Mère de Dieu ".

Donne-moi la force dans les heures sombres de la vie,

soutiens-moi dans les peines de mon ministère

que ton Jésus m’a confié,

afin qu’en communion avec Toi, je puisse l’accomplir,

avec fidélité et amour,

ô Mère du Prêtre Éternel,

" Reine des Apôtres, Secours des prêtres ".

Toi qui as silencieusement accompagné Jésus

dans sa mission d’annonce

de l’Évangile de paix aux pauvres,

rends-moi fidèle au troupeau

que m’a confié le Bon Pasteur.

Fais que je puisse toujours le guider

avec des sentiments de patience, de douceur,

de fermeté et d’amour,

avec une prédilection pour les malades,

pour les petits, pour les pauvres, pour les pécheurs,

ô " Mère Auxiliatrice du Peuple chrétien ".

Je me consacre et je me confie à Toi, ô Marie,

Toi qui, près de la Croix de ton Fils,

es devenue participante de son œuvre rédemptrice,

" unie indissolublement à l’œuvre du salut ".

Fais que dans l’exercice de mon ministère,

Je puisse toujours sentir davantage

" la dimension merveilleuse et pénétrante

de ta proximité maternelle "

à chaque instant de ma vie,

dans la prière et dans l’action,

dans la joie et dans la douleur, dans la fatigue et dans le repos,

ô " Mère de la Confiance ".

Accorde-moi, ô Mère, que dans la célébration de l’Eucharistie,

centre et source du ministère sacerdotal,

je puisse vivre ma proximité à Jésus

dans ta proximité maternelle,

car " tu es auprès de nous quand nous célébrons la Messe "

et tu nous introduis dans le mystère de l’offrande rédemptrice de ton divin Fils,

" ô Médiatrice des grâces qui jaillissent

de cette offrande pour l’Église et pour tous les fidèles "

ô " Mère du Sauveur ".

Ô Marie : je désire placer ma personne,

ma volonté de sanctification,

sous ta protection et ton inspiration maternelles

pour que Tu me conduises

à la " conformation au Christ, Tête et Pasteur "

que requiert le ministère de curé.

Fais que je prenne conscience

que " Tu es toujours à côté de chaque prêtre ",

dans sa mission de ministre

de l’Unique Médiateur Jésus-Christ :

ô " Mère des Prêtres ",

" Secourable et Médiatrice "

de toutes les grâces.

Amen.

 

 

Prier pour les prêtres 

Seigneur Jésus, avec saint Jean-Marie Vianney, nous te confions : tous les prêtres que nous connaissons, ceux que nous avons rencontrés, ceux qui nous ont aidés, ceux que tu nous donnes aujourd'hui comme pères.

 

Tu as appelé chacun par son nom ; pour chacun, nous te louons et nous te supplions : garde-les dans la fidélité à Ton nom ; Toi qui les as consacrés pour qu'en Ton nom, ils soient nos pasteurs, donne leur force, confiance et joie pour accomplir leur mission.

 

Que l'Eucharistie qu'ils célèbrent les nourrisse et leur donne le courage de s’offrir avec Toi pour les brebis que nous sommes ; Qu'ils soient plongés dans Ton cœur de Miséricorde pour qu'ils soient toujours les témoins de ton pardon ; Qu'ils soient de vrais adorateurs du Père pour qu'ils nous enseignent le véritable chemin de la sainteté.

 

Père, avec eux, nous nous offrons au Christ pour l’Église : qu'elle soit missionnaire dans le souffle de ton Esprit; apprends-nous simplement à les aimer, à les respecter et à les recevoir comme un don qui vient de Ta main, pour qu'ensemble nous accomplissions davantage Ton œuvre pour le salut de tous. Amen.

 

Prière au saint Curé d'Ars

Saint Curé d'Ars, tu as fait de ta vie une offrande sans partage à Dieu pour le service des hommes ; que l'Esprit-Saint, par ton intercession, nous conduise aujourd'hui à répondre, sans défaillance, à notre vocation personnelle.

Tu as été un adorateur assidu du Christ au tabernacle. Apprends-nous à nous approcher avec foi et respect de l'Eucharistie, à goûter la présence silencieuse dans le Saint-Sacrement.

 

Tu as été l'ami des pécheurs. Tu leur disais : « Vos fautes sont comme un grain de sable en comparaison de la grande montagne de la miséricorde de Dieu». Dénoue les liens de la peur qui nous retiennent parfois loin du pardon de Dieu ; augmente en nous le repentir de nos fautes. Découvre-nous le vrai visage du Père qui attend inlassablement le retour du fils prodigue.

 

Tu as été le soutien des pauvres : « Mon secret est bien simple, c'est de tout donner et de ne rien garder ». Apprends-nous à partager avec ceux qui sont dans le besoin ; rends-nous libres vis-à-vis de l'argent et de toutes les fausses richesses.

 

Tu as été un fils aimant de la Vierge Marie, « ta plus vieille affection ». Apprends-nous à nous tourner vers elle avec la simplicité et la confiance de l'enfant.

 

Tu es devenu le témoin exemplaire des Curés de l'univers. Que ta charité pastorale conduise les pasteurs à rechercher la proximité avec tous sans acception des personnes ; donne-leur l'amour de l'Église, l'élan apostolique, la solidité dans les épreuves.

 

Inspire aux jeunes la grandeur du ministère sacerdotal et la joie de répondre à l'appel du Bon Berger.

 

Saint Curé d'Ars, sois notre intercesseur auprès de Dieu. Obtiens-nous ce que nous te demandons (préciser ici telle demande particulière), toi le pasteur humble et fidèle, infatigable dans le service de Dieu et des hommes. Amen.

Mgr Guy Bagnard, Évêque de Belley-Ars.

 

 

 

Chapelet avec le Saint Curé d’Ars

Récitons notre chapelet avec le Curé d’Ars…

(Chapelet réalisé par le Sanctuaire d’Ars – Extrait du livre de prière édité par le Sanctuaire)

 

Mystères joyeux

 

1er mystère joyeux : l’Annonciation

[Fruit du mystère : l’humilité]
Marie répondit à l’Ange : «
Voici la servante du Seigneur » (Lc 1,38).
«
Nous ne sommes aux yeux de Dieu que ce que nous sommes : ni plus, ni moins. Nous ne devons nous occuper qu’à lui être agréables. Tout notre mérite est de coopérer à la grâce. »

Seigneur, par Marie, éveille dans le cœur des jeunes le désir de te suivre avec confiance sur le chemin du sacerdoce, du mariage ou de la vie consacrée.

 

2ème mystère joyeux : la Visitation
[Fruit du mystère : l’amour du prochain]
Élisabeth s’écria : «
Bienheureuse celle qui a cru ! » (Lc 1,45).
«
Un bon chrétien qui aime Dieu et le prochain, voyez comme il est heureux ! Quelle paix dans son âme ! Que ceux qui aiment le bon Dieu sont heureux et aussi ceux qui sont autour d’eux. »

Seigneur, par Marie, suscite au cœur du monde des personnes rayonnantes de charité.

 

3ème mystère joyeux : la Nativité
[Fruit du mystère : la pauvreté]
L’Ange du Seigneur dit aux bergers : «
Vous trouverez un nouveau-né couché dans une crèche » (Lc 2,12).
«
Plus on se rend pauvre pour l’amour de Dieu, plus on est riche en réalité… Les pauvres et les amis des pauvres sont les amis de Dieu. »

Seigneur, par Marie, apprends-nous à accueillir les pauvres et à les servir avec joie.

 

4ème mystère joyeux : la Présentation de Jésus au Temple
[Fruit du mystère : l’obéissance et la pureté]
«
Syméon reçut l’Enfant Jésus dans ses bras et bénit Dieu » (Lc 2,28).
«
Mes frères, ne sommes-nous pas bien plus heureux que Syméon ? Nous pouvons garder Jésus toujours, si nous voulons. Il ne vient pas seulement dans nos bras, mais dans notre cœur. »

Seigneur, par Marie, ouvre les enfants à une obéissance filiale et pleine d’amour envers leurs parents.

 

5ème mystère joyeux : le Recouvrement de Jésus au Temple
[Fruit du mystère : la recherche de Dieu en toutes choses]
Jésus répondit à ses parents : «
Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père ? » (Lc 2,49).
«
Si nous voulons témoigner au bon Dieu que nous l’aimons, il faut accomplir sa sainte volonté. Le moyen le plus sûr de connaître la volonté de Dieu, c’est de prier notre bonne Mère. »

Seigneur, par Marie, aide tous ceux qui ont à prendre des décisions importantes à mettre Dieu à la première place. 

 

 

Mystères lumineux

 

1er mystère lumineux : le Baptême au Jourdain
[Fruit du mystère : raviver en nous la grâce de notre baptême]
Une voix venue des cieux disait : «
Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour » (Mt 3,17).
«
Un chrétien créé à l’image de Dieu, un chrétien racheté par le sang d’un Dieu. Un chrétien, l’enfant de Dieu, le frère d’un Dieu, l’héritier d’un Dieu.»

Seigneur, par Marie, affermis la foi de tous les catéchumènes.

 

2ème mystère lumineux : les Noces de Cana
[Fruit du mystère : l’amour de l’Église]
Marie dit aux servants : «
Tout ce qu’il vous dira, faites-le » (Jn 2,5).
«
Tout ce que le Fils demande au Père lui est accordé. Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé… Ce qui doit nous engager à nous adresser à elle avec une grande confiance, c’est qu’elle est toujours attentive. »

Seigneur, par Marie, fais grandir en nos cœurs l’amour et la confiance en l’Église, notre Mère.

 

3ème mystère lumineux : l’Annonce du Royaume
[Fruit du mystère : la conversion]
Jésus dit : «
Le Royaume de Dieu est tout proche : convertissez vous et croyez à l’Évangile » (Mc 1,15).
«
Notre-Seigneur qui est la vérité même, ne fait pas moins de cas de sa Parole que de son Corps… Il est tout à fait impossible d’aimer Dieu et de lui plaire sans être nourri de cette Parole divine. »

Seigneur, par Marie, sanctifie les prêtres dans leur sacerdoce, afin qu’ils soient de véritables icônes de ton Fils.

 

4ème mystère lumineux : la Transfiguration
[Fruit du mystère : la grâce d’une vie intérieure]
«
Le visage de Jésus resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent éblouissants comme la lumière » (Mt 17,2).
«
Comme les disciples sur le Thabor ne virent plus que Jésus seul, les âmes intérieures, sur le Thabor de leur cœur, ne voient que Notre-Seigneur. Ce sont deux amis qui ne se lassent jamais l’un de l’autre. »

Seigneur, par Marie, aide les chrétiens à tenir au cœur du monde par une vie de prière toujours plus profonde.

 

5ème mystère lumineux : l’institution de l’Eucharistie
[Fruit du mystère : la foi en la présence réelle]
Jésus dit : «
Prenez, mangez, ceci est mon corps » (Mt 26,26).
«
Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe, parce qu’elles sont les œuvres des hommes et la sainte messe est l’œuvre de Dieu. »

Seigneur, par Marie, fais que l’Eucharistie soit la source et le sommet de notre vie.

 

 

Mystères douloureux

 

1er mystère douloureux : l’Agonie de Jésus à Gethsémani
[Fruit du mystère : la contrition de nos péchés]
Jésus disait : «
Père, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Lc 22,42).
«
Un chrétien doit être toujours prêt au combat. C’est dans le combat que nous prouvons à Dieu notre amour et dans l’acceptation des peines qu’il nous envoie. »

Seigneur, par Marie, soutiens ceux qui ont à mener un combat pour la foi.

 

2ème mystère douloureux : Jésus est flagellé
[Fruit du mystère : la maîtrise des sens]
«
Les hommes qui gardaient Jésus le bafouaient et le battaient » (Lc 22,63).
«
Le bon Dieu ne demande pas de nous le martyre du corps, il nous demande seulement le martyre du cœur et de la volonté. »

Seigneur, par Marie, aide-nous à garder un cœur pur au milieu de ce monde.

 

3ème mystère douloureux : Jésus est couronné d’épines
[Fruit du mystère : la guérison de notre orgueil]
Jésus répondit à Pilate : «
Mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18,36).
«
Ceux qui nous humilient sont nos amis, et non ceux qui nous louent…»

Seigneur, par Marie, fais régner dans nos cœurs l’humilité et la paix du Christ.

 

4ème mystère douloureux : Jésus porte sa Croix
[Fruit du mystère : la patience dans les épreuves]
«
Jésus sortit de la ville, portant lui-même sa Croix » (Jn 19,17).
«
Notre Seigneur est notre modèle : prenons notre croix et suivons-le. Si vous craignez que le courage vous manque, portez vos regards sur la croix où Jésus-Christ est mort, et vous verrez que le courage ne vous manquera pas.»

Seigneur, par Marie, aide les personnes éprouvées à s’unir à toi dans leurs souffrances.

 

5ème mystère douloureux : Jésus meurt sur la Croix
[Fruit du mystère : la soif du salut des âmes]
Jésus s’écria : «
Père, en tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46).
«
Ô amour immense d'un Dieu pour sa créature ! Il nous attend les bras ouverts, il nous ouvre la plaie de son divin Cœur. »

Seigneur, par Marie, fais grandir dans le cœur des missionnaires le désir de te faire connaître partout dans le monde.

 

 

Mystères glorieux

 

1er mystère glorieux : la Résurrection du Seigneur
[Fruit du mystère : la foi]
Jésus répondit à Marthe : «
Moi, je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25).
«
La foi peut tout. Mon Dieu, donnez-nous la foi et nous vous aimerons de tout cœur. »

Seigneur, par Marie, guide le Saint Père afin qu’il annonce sans relâche que tu es l’unique Sauveur qui nous conduit vers le Père.

 

2ème mystère glorieux : l’Ascension du Seigneur
[Fruit du mystère : le désir du ciel]
«
Comme Jésus bénissait ses disciples, il fut emporté au ciel » (Lc 24,51).
«
Voyez, mes enfants, il faut réfléchir que nous avons une âme à sauver et une éternité qui nous attend. »

Seigneur, par Marie, répands ta grâce en nos cœurs afin que l’espérance de la vie éternelle nous habite chaque jour.

3ème mystère glorieux : la Pentecôte
[Fruit du mystère : la venue du Saint-Esprit en nos cœurs]
Jésus dit aux disciples : «
Recevez l’Esprit-Saint » (Jn 20,22).
«
Le Saint-Esprit est comme un jardinier qui travaille notre âme… Nous n’avons qu’à dire ”oui” et à nous laisser conduire. »

Seigneur, par Marie, aide les chrétiens à accueillir pleinement l’Esprit-Saint pour œuvrer à l’unité de l’Église.

 

4ème mystère glorieux : l’Assomption de la Vierge Marie
[Fruit du mystère : la grâce d’une bonne mort]
Jésus pria : «
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi » (Jn 17,24).
«
Au ciel, notre cœur sera tellement perdu, noyé dans le bonheur d’aimer Dieu, que nous ne nous occuperons ni de nous, ni des autres, mais de Dieu seul.»

Seigneur, par Marie, ouvre les portes de ton Royaume à tous nos frères défunts.

 

5ème mystère glorieux : le Couronnement de la Vierge Marie
[Fruit du mystère : une plus grande dévotion à Marie]
«
Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête » (Ap 12,1).
«
Le cœur de cette bonne Mère n’est qu’amour et miséricorde ; elle ne désire que de nous voir heureux. Il suffit seulement de se tourner vers elle pour être exaucé… »

Seigneur, par Marie, nous te présentons toutes nos intentions particulières. En ta bonté, daigne les exaucer.


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Dimanche 25 juillet 2010 7 25 /07 /Juil /2010 06:00

Par Mgr Jacques MASSON

SAINT JACQUES LE MAJEUR APOTRE– CATECHESES DU SAINT-PERE (21 juin 2006)

 

BONNE ET SAINTE FÊTE A MONSEIGNEUR MASSON !

en union de prières

 


 

Chers frères et soeurs,

 

 

sjc.jpgEn poursuivant la série de portraits des Apôtres choisis directement par Jésus au cours de sa vie terrestre, nous avons parlé de saint Pierre, de son frère André. Aujourd'hui, nous rencontrons la figure de Jacques. Les listes bibliques des Douze mentionnent deux personnes portant ce nom:  Jacques fils de Zébédée et Jacques fils d'Alphée (cf. Mc 3, 17.18; Mt 10, 2-3), que l'on distingue communément par les appellations de Jacques le Majeur et Jacques le Mineur. Ces désignations n'entendent bien sûr pas mesurer leur sainteté, mais seulement prendre acte de l'importance différente qu'ils reçoivent dans les écrits du Nouveau Testament et, en particulier, dans le cadre de la vie terrestre de Jésus. Aujourd'hui, nous consacrons notre attention au premier de ces deux personnages homonymes.

 

Le nom de Jacques est la traduction de Iákobos, forme grécisée du nom du célèbre Patriarche Jacob. L'apôtre ainsi appelé est le frère de Jean et, dans les listes susmentionnées, il occupe la deuxième place immédiatement après Pierre, comme dans Marc (3, 17), ou la troisième place après Pierre et André dans les Evangiles de Matthieu (10, 2) et de Luc (6, 14), alors que dans les Actes, il vient après Pierre et Jean (1, 13). Ce Jacques appartient, avec Pierre et Jean, au groupe des trois disciples préférés qui ont été admis par Jésus à des moments importants de sa vie.

 

Comme il fait très chaud, je voudrais abréger et ne mentionner ici que deux de ces occasions. Il a pu participer, avec Pierre et Jean, au moment de l'agonie de Jésus dans le jardin du Gethsémani, et à l'événement de la Transfiguration de Jésus. Il s'agit donc de situations très différentes l'une de l'autre : dans un cas, Jacques avec les deux Apôtres fait l'expérience de la gloire du Seigneur. Il le voit en conversation avec Moïse et Elie, il voit transparaître la splendeur divine en Jésus; dans l'autre, il se trouve face à la souffrance et à l'humiliation, il voit de ses propres yeux comment le Fils de Dieu s'humilie, en obéissant jusqu'à la mort. La deuxième expérience constitua certainement pour lui l'occasion d'une maturation dans la foi, pour corriger l'interprétation unilatérale, triomphaliste de la première : il dut entrevoir que le Messie, attendu par le peuple juif comme un triomphateur, n'était en réalité pas seulement entouré d'honneur et de gloire, mais également de souffrances et de faiblesse. La gloire du Christ se réalise précisément dans la Croix, dans la participation à nos souffrances.

 

Cette maturation de la foi fut menée à bien par l'Esprit Saint lors de la Pentecôte, si bien que Jacques, lorsque vint le moment du témoignage suprême, ne recula pas. Au début des années 40 du I° siècle, le roi Hérode Agrippa, neveu d'Hérode le Grand, comme nous l'apprend Luc, « se mit à maltraiter certains membres de l'Eglise. Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter » (Act 12, 1-2). La concision de la nouvelle, privée de tout détail narratif, révèle, d'une part, combien il était normal pour les chrétiens de témoigner du Seigneur par leur propre vie et, de l'autre, à quel point Jacques possédait une position importante dans l'Eglise de Jérusalem, également en raison du rôle joué au cours de l'existence terrestre de Jésus. Une tradition successive, remontant au moins à Isidore de Séville, raconte un séjour qu'il aurait fait en Espagne, pour évangéliser cette importante région de l'empire romain. Selon une autre tradition, ce serait en revanche son corps qui aurait été transporté en Espagne, dans la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle. Comme nous le savons tous, ce lieu devint l'objet d'une grande vénération et il est encore actuellement le but de nombreux pèlerinages, non seulement en Europe, mais du monde entier. C'est ainsi que s'explique la représentation iconographique de saint Jacques tenant à la main le bâton de pèlerin et le rouleau de l'Evangile, caractéristiques de l'apôtre itinérant et consacré à l'annonce de la « bonne nouvelle », caractéristiques du pèlerinage de la vie chrétienne.

 

Nous pouvons donc apprendre beaucoup de choses de saint Jacques : la promptitude à accueillir l'appel du Seigneur, même lorsqu'il nous demande de laisser la « barque » de nos certitudes humaines, l'enthousiasme à le suivre sur les routes qu'Il nous indique au-delà de toute présomption illusoire qui est la nôtre, la disponibilité à témoigner de lui avec courage, si nécessaire jusqu'au sacrifice suprême de la vie. Ainsi, Jacques le Majeur se présente à nous comme un exemple éloquent de généreuse adhésion au Christ. Lui, qui avait demandé au début, par l'intermédiaire de sa mère, à s'asseoir avec son frère à côté du Maître dans son Royaume, fut précisément le premier à boire le calice de la passion, à partager le martyre avec les Apôtres.

 

Et à la fin, en résumant tout, nous pouvons dire que le chemin non seulement extérieur, mais surtout intérieur, du mont de la Transfiguration au mont de l'agonie, symbolise tout le pèlerinage de la vie chrétienne, entre les persécutions du monde et les consolations de Dieu, comme le dit le Concile Vatican II. En suivant Jésus comme saint Jacques, nous savons que, même dans les difficultés, nous marchons sur la bonne voie.

 

 

GrecoSJ.jpg

Jacques le Majeur, le Greco

 

Récit consacré par l'Eglise en l’honneur de Saint Jacques (office des Nocturnes) 

 

« Jacques fils de Zébédée, frère germain de Jean l'Apôtre, était Galiléen. Appelé des premiers à l'apostolat comme son frère, il laissa ainsi que lui son père et ses filets pour suivre le Seigneur. Tous deux furent appelés par Jésus même Boanergès, c'est-à-dire enfants du tonnerre. Jacques fut un des trois Apôtres que le Sauveur aima davantage, et qu'il voulut avoir pour témoins de sa transfiguration et du miracle qu'il fit en ressuscitant la fille du prince de la synagogue ; lorsqu'il se retira sur la montagne des Oliviers pour prier son Père, avant d être saisi par les Juifs, c'est eux encore qu'il prit avec lui.

 

« Cependant Jacques, après l'Ascension de Jésus-Christ au ciel, prêcha sa divinité dans la Judée et la Samarie, où il amena à la foi beaucoup de gens. Parti bientôt pour l'Espagne, il y convertit quelques au Christ; de ce nombre furent les sept évêques que saint Pierre ordonna dans la suite, et envoya les premiers dans ce pays. Jacques, revenu à Jérusalem, y gagna entre autres à la vérité le magicien  Hermogène; ce fut l'occasion pour Hérode Agrippa, devenu roi sous l'empereur Claude, et qui voulait plaire aux Juifs, de porter une sentence capitale contre l'Apôtre qui proclamait sans crainte Jésus-Christ comme Dieu. Celui qui l'avait amené au tribunal, voyant le courage avec lequel il allait au martyre, se déclara lui-même aussitôt chrétien.

 

« Comme on les entraînait au supplice, il implora le pardon de l'Apôtre. « La paix soit à toi ! » dit Jacques, en lui donnant le baiser. Tous deux furent donc frappés de la hache. Peu avant, Jacques avait guéri un paralytique. Son corps fut ensuite transporté à Compostelle, où la renommée souveraine de son culte attire de l'univers entier les pèlerins qui viennent y satisfaire leur dévotion ou accomplir leurs vœux. La mémoire de sa naissance au ciel est célébrée par l'Eglise en ce jour, qui est celui de sa translation; ce fut aux environs de la fête de Pâques, à Jérusalem, que, le premier des Apôtres, il rendit témoignage par l'effusion du sang à Jésus-Christ ».

 

Saint Jacques fut décapité le 8 des calendes d'avril (25 mars), le jour de l’Annonciation du Seigneur; son corps aurait été transporté à Compostelle, le 8 des calendes d'août, le 25 juillet, qui est devenue la date de sa fête.

 

 

sjplr.jpg Saint Jacques, Église Santiago à Puente la Reina  (XIV°)

 

La « Legenda »  de Saint Jacques

 

- « Saint Jacques, apôtre, fils de Zébédée, après l'Ascension du Seigneur, prêcha en Judée et dans le pays de Samarie; il vint en Espagne, pour y semer la parole de Dieu; mais comme il voyait que ses paroles ne profitaient pas, et qu'il n'y avait gagné que neuf disciples, il en laissa deux seulement pour prêcher dans le pays, et il revint avec les autres en Judée."

- « Après la mort de Jacques, ses disciples enlevèrent son corps pendant la nuit par crainte des juifs, le mirent sur un vaisseau; et, abandonnant à la divine providence le soin de sa sépulture, ils montèrent sur ce navire dépourvu de gouvernail; sous la conduite de l'ange de Dieu, ils abordèrent en Galice, au royaume de Louve. Il y avait alors en Espagne une reine qui portait réellement ce nom et qui le méritait."

Ils lui dirent: - « Le Seigneur Jésus-Christ t'envoie le corps de son disciple, afin que tu reçoives mort celui que tu n'as pas voulu recevoir vivant ».

Après toute une série d’intrigues, la Reine devient croyante et chrétienne

- « Tout ce que les disciples demandèrent, elle le leur accorda; elle dédia en l'honneur de Saint Jacques son palais pour en faire une église qu'elle dota magnifiquement ».

 

Compostelle

 

Bien des siècles après la reine Louve, vers 830 après Jésus-Christ une étoile mystérieuse indique à un berger l'emplacement de la tombe de Saint Jacques le majeur sur les ruines de l'ancien palais de Louve, recouvert par les champs. La nature avait repris ses droits. On exhume alors les reliques du corps du saint. Cet endroit est ensuite appelé "campos stella", le champ de l’étoile. Et c'est l'origine du nom de Compostelle. Des miracles se produisent, les pèlerins y affluent sans tarder. Le roi Alphonse II ordonne alors la construction d'un sanctuaire sur le "campos stella".Saint Jacques de Compostelle devient au Moyen Age un des quatre grands lieux de la chrétienté avec Jérusalem, Rome et le mont Saint Michel. Les abbés de Cluny y organisent à partir du XIème siècle des pèlerinages.

 

La Tradition raconte encore que, à l'extrémité nord de la péninsule ibérique, deux disciples avaient jadis apporté son corps, et établi en ce lieu son tombeau. Mais huit siècles avaient passé ensuite sur ces terres. Durant ce temps, le pays avait vu les Barbares ariens succéder aux Romains idolâtres, puis le Croissant ramener plus profonde encore la nuit un moment dissipée. Mais un jour, au-dessus des ronces recouvrant le monument oublié, des lueurs ont étincelé, appelant l'attention sur ce lieu qui ne sera plus connu désormais que sous le nom de « champ des étoiles ».

 

Et, soudain des clameurs retentissent, descendant des montagnes, ébranlant les échos des vallées profondes. Le chef inconnu, ramenant au combat, contre une armée immense, la petite troupe épuisée par la défaite, c’est saint Jacques : Prompt comme l'éclair, brandissant d'une main son étendard blanc à la croix rouge, il fond haut l'épée sur l'ennemi éperdu, dont soixante-dix mille cadavres teignent de leur sang les pieds de son cheval de bataille : c'est la réapparition de l'aîné des « fils du tonnerre ». Désormais Jacques sera pour l'Espagne chrétienne la torche ardente

 

Et après les six siècles et demi que la terrible lutte doit durer encore, ses porte-enseigne, les rois Catholiques, auront rejeté par delà les flots les restes de la tourbe infidèle qui n'aurait jamais dû les franchir, le vaillant chef des armées de Espagne déposera sa brillante armure, le tueur de Maures(mata moros) redeviendra le messager de la foi.

 

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Saint Jacques « mata moros »

 

Saint Louis, Roi de France, vaincu par la peste qu’il craignait moins que le péché mortel, comme il l’avait déclaré à Joinville son général en chef, balbutia de ses lèvres mourantes, à Tunis, la Collecte de la Messe de Saint Jacques : Soyez, Seigneur, pour votre peuple, sanctificateur et gardien ; fortifié du secours de votre Apôtre Jacques, qu'il vous plaise dans ses mœurs et vous serve d'un cœur tranquille ».

 

La Coquille Saint Jacques

 

Et la « coquille Saint Jacques », ramenée de Compostelle par les pèlerins ayant accompli le grand voyage ? Le "Dictionnaire des Symboles" de Chevalier et Gheerbrant nous dit que la coquille est symbole de fécondité. On peut donc penser que dans le coeur des pèlerins du Moyen Age espérant l'accomplissement de leurs voeux au terme du voyage, le tombeau de l'Apôtre était regardé comme une source de grâces fécondes. Le récit des nombreux miracles accomplis à Compostelle nourrissait cette Foi.

 

Plus simplement aussi, la coquille pouvait leur servir à mendier et à boire en cherchant l'hospitalité, humaine et divine, sur les routes de Saint Jacques.

 

La coquille commence à apparaître comme attribut des pèlerins vers le XIIème siècle. Très abondante alors sur les plages de Galice, les fidèles de Saint Jacques les ramassaient en souvenir avant de rentrer chez eux.

 

Litanies de Saint Jacques le Majeur

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Mère de Dieu, priez pour nous.

Sainte Vierge des vierges, priez pour nous.

Sainte Marie, Reine des Apôtres, priez pour nous.

 

Saint Jacques, priez pour nous.

Saint Jacques, qui fûtes un des premiers Apôtres que Jésus appela à Sa suite, priez pour nous.

Saint Jacques, qui fûtes un des trois Apôtres que Jésus aima spécialement, priez pour nous.

Saint Jacques, qui avez mérité de voir la Gloire de Jésus sur le Mont Thabor, priez pour nous.

Saint Jacques, qui avez mérité d'être un des témoins de l'Agonie de Jésus au Jardin des Oliviers, priez pour nous.

Saint Jacques, qui avez prêché avec un zèle intrépide la divinité de Jésus dans la Judée et la Samarie, priez pour nous.

Saint Jacques, qui avez annoncé aux païens de l'Espagne l'Evangile de Jésus, priez pour nous.

Saint Jacques, qui devant Hérode avec confessé Jésus comme Dieu vivant, priez pour nous.

Saint Jacques, qui le premier de tous les Apôtres, avez versé votre sang pour Jésus, priez pour nous.

Saint Jacques, qui le premier de tous les apôtres, avez donné par votre martyre un glorieux témoignage à Jésus, priez pour nous.

Saint Jacques, colonne inébranlable et appui de l'Église de Jésus, priez pour nous.

Saint Jacques, qui êtes un avocat spéciale et un protecteur particulier dans toutes les nécessités,

 

Soyez-nous propice, pardonnez-nous, Seigneur.

Soyez-nous propice, exaucez-nous, Seigneur.

Soyez-nous propice, ayez pitié de nous, Seigneur.

 

Priez pour nous, ô Saint Jacques,

Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

Prions

 

Dieu Tout-Puissant, puisque Saint Jacques fut le premier de Tes Apôtres à offrir sa vie pour l'Evangile, accorde à Ton Église de trouver dans son témoignage une force, et dans sa protection un appui. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

 

« … ô vieille Europe je te lance un cri plein d’amour : retrouve toi toi-même, sois toi-même, découvre tes origines, renouvelle la vigueur de tes racines, revit ces valeurs authentiques qui couvrirent de gloire ton histoire et firent bénéfique ta présence dans les autres continents. » (Jean-Paul II, 1982).

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /Juil /2010 06:00

Par mgr Jacques MASSON

Notre-Dame du Mont Carmel et le scapulaire

 

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En union de prière

avec les enfants du monde

pour les prêtres et la paix

 

Enfin, se réalise ce qui est annoncé par le prophète Isaïe (Isaïe, 45,8), « Rorate caeli desuper, et nubes pluant Justum » : « Cieux, répandez comme une rosée la victoire (= justice, Juste dans la Vulgate), et que les nuées le fassent pleuvoir ! Que la terre s’entrouvre pour que mûrisse le salut ! Qu’elle fasse aussi germer la délivrance que moi, Yahvé, e vais créer ». Et, sa Mission accomplie « consummatum est », il remonte vers le Père. « Mais il laissailinkt au monde, déclare Dom Guéranger (op. cit.) la Divine Mère, et il envoyait l'Esprit-Saint à l'Eglise : et le moindre triomphe de cet Esprit d'amour, qui parlait par les Prophètes autrefois n'était point de révéler Marie aux nouveau-nés de la glorieuse Pentecôte. « Quel ne fut pas, disions-nous alors, le bonheur de ceux des néophytes auxquels il fut donné, en cette heureuse journée, d'approcher d'une si auguste Reine, de la Vierge-Mère, à qui il avait été donné de porter dans ses chastes flancs celui qui était l'espérance d'Israël ! Ils contemplèrent les traits de la nouvelle Eve, ils entendirent sa voix, ils éprouvèrent le sentiment filial qu'elle inspire à tous les disciples de Jésus. Dans une  autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortunés. Or c'est en cette fête que cette annonce est réalisée. Dans les Leçons de la fête, l'Eglise nous dit que tous les disciples d'Elie et d'Elisée, devenus chrétiens à la première prédication des Apôtres, sentirent croître leur vénération pour la Vierge bénie dont il leur fut  loisible de recueillir les paroles si suaves, de goûter l'ineffable intimité. Plus que jamais affectionnés  à la montagne où, moins  fortunés qu'eux pourtant, leurs pères avaient vécu d'espérance, ils y construisirent, au lieu même d'où Elie avait vu la nuée monter de la mer, un oratoire qui fut dédié dès lors à la très pure Vierge, et leur valut le nom de Frères de la bienheureuse Marie du Mont-Carmel » (lecture des Nocturnes de la Fête)

 

Au douzième siècle, à la suite de l'établissement du royaume latin de Jérusalem, beaucoup de pèlerins d'Europe venant augmenter le nombre des solitaires de la sainte montagne, il parut bon de donner à leur vie, jusque-là plus érémitique que conventuelle, une forme mieux en rapport avec les habitudes des Occidentaux ; ce fut alors que le légat Aimeric Malafaida, patriarche d'Antioche, les réunit en communauté sous l'autorité de saint Berthold qui, le premier, reçut à cette occasion le titre de Prieur général.

 

Le Bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem et également légat apostolique, acheva dans les premières années du siècle suivant l'œuvre d'Aimeric, en donnant une Règle fixe à l'Ordre qui commença de se répandre en Chypre, en Sicile et dans les pays d'au delà de la mer, favorisé par les princes et les chevaliers revenus de Terre Sainte.

 

Mais l’oppression des Sarrasins fut telle qu'une assemblée plénière, tenue au Carmel sous Alain le Breton, décréta l'émigration totale, ne laissant à la garde du berceau de l'Ordre que quelques religieux qui ne redoutaient pas le martyre. L'année même où elle se consommait (1245), Simon Stock fut élu général dans le premier Chapitre d'Occident, réuni à Aylesford en Angleterre. Et, dans la nuit du 15 au 16 juillet de l'année 1251. Notre-Dame du Carmel conférait à ses fils, de ses propres mains le scapulaire, vêtement distinctif jusque-là de la plus grande et de la plus ancienne des familles religieuses de l'Occident. Saint Simon Stock qui recevait de la Mère de Dieu cet insigne, ennobli encore par le contact de ses doigts sacrés, l'entendait en même temps lui dire : « Quiconque mourra dans cet habit, ne souffrira point les flammes éternelles ». Et Jean XXII cite dans la Bulle où il rend témoignage des manigfestations de Notre-Dame du Mont Carmel, les paroles même de Marie : « Moi leur Mère, je descendrai par grâce vers eux le samedi qui suivra leur mort, et tous ceux que je trouverai dans le purgatoire je les délivrerai et les emmènerai à la montagne de l'éternelle vie ».

 


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Notre Dame du Mont Carmel remettant le Scapulaire à saint Simon Stock

 

Lorsque Benoît XIII, au XVIII° siècle, étendit la fête du 16 juillet à l'Eglise entière, il ne fit pour ainsi dire que consacrer officiellement l'universalité de fait que le culte de la Reine du Carmel avait conquise presque partout dès lors.

 

 

Voici l'exposé de la Liturgie sur l'historique et l'objet de cette fête dans les lectures des Nocturnes.

 

« Lorsque au saint jour de la Pentecôte les Apôtres, inspirés d'en haut, parlaient diverses langues et faisaient de nombreux miracles en invoquant le très auguste Nom de Jésus, on rapporte que de nombreux disciples des saints prophètes Elie et Elisée, préparés par la prédication de Jean-Baptiste à l'arrivée du Christ, ayant vu et reconnu la vérité, embrassèrent aussitôt la foi de l'Evangile. Or la bienheureuse Vierge, dont il leur fut loisible de goûter les entretiens et la familiarité, devint pour eux en ces heures fortunées l'objet d'un amour si spécial et d'une vénération si profonde, que les premiers de tous, à l'endroit de la montagne du Carmel où Elie autrefois avait vu monter la nuée figure de la Vierge, ils construisirent une chapelle à cette même Vierge très pure.

 

« Tous les jours ils se réunissaient souvent dans le nouvel oratoire, honorant par de pieuses cérémonies, des prières et des louanges la bienheureuse Vierge comme singulière protectrice de leur Ordre. Aussi, de divers côtés, commencèrent-ils à être appelés par tout le monde Frères de la bienheureuse Marie du mont Carmel. Les Souverains Pontifes confirmèrent cette appellation, et même accordèrent des indulgences particulières à ceux qui la donneraient soit à l’Ordre, soit à chacun des Frères. Mais ce ne fut pas seulement le nom et la protection que leur donna la très magnifique Vierge : l'insigne du saint Scapulaire fut remis par elle au bienheureux Simon d'Angleterre, pour que ce vêtement du ciel fît reconnaître le saint Ordre et le gardât contre les maux suspendus sur sa tête. Cet Ordre étant autrefois inconnu en Europe, beaucoup faisaient instance auprès d'Honorius III pour sa suppression ; mais la très pieuse Vierge Marie s'apparut de nuit à Honorius, et lui fit savoir qu'il eût à couvrir de sa bienveillance l'institut et ses membres.

 

« Ce n'est pas seulement dans le siècle présent que la bienheureuse Vierge voulut signaler par des privilèges nombreux un Ordre qui lui est si cher partout, et trouvent crédit sa miséricorde et sa puissance ; et c'est une pieuse croyance que, dans le siècle futur, la faveur de son maternel amour console au milieu des flammes du purgatoire, et conduit au plus vite à la céleste patrie ses fils de la confrérie du Scapulaire, qui ont observé la légère abstinence et les quelques prières à eux marquées, en gardant la chasteté selon leur état. En reconnaissance donc de tant et de si grands bienfaits, l'Ordre a établi pour être célébrée à perpétuité tous les ans en son honneur cette solennelle commémoration de la bienheureuse Vierge ».

 

« Reine du Carmel, agréez les vœux de l'Eglise de la terre qui aujourd'hui vous dédie ses chants… Depuis qu'en toute vérité Dieu est descendu par vous, ce n'est plus seulement le pays de Judée, mais toute la terre, que vous couvrez comme une nuée répandant l'abondance et les bénédictions… Et nous les fils de la vieille Europe, c'est à bon droit que nous faisons écho à l'expression de leur pieuse allégresse; car depuis que leurs tentes se sont posées autour des collines où sur Pierre est bâtie la nouvelle Sion, la nuée s'est épanchée de toutes parts en pluies plus que jamais précieuses, refoulant à l'abîme les flammes éternelles, éteignant les feux du séjour de l'expiation… Puissent les austères parfums de la sainte montagne continuer d'assainir autour d'elle l'air que tant de miasmes corrompent ; puisse le Carmel offrir toujours à l'Epoux le type des beautés qu'il aime à trouver en sa bien-aimée ! » (Invocation de Dom Guéranger, l’année liturgique).

 

Notre-Dame du Mont Carmel priez pour nous

 

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Litanies de Notre Dame du Mont Carmel

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Reine du Ciel, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Victorieuse de Satan, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Fille très obéissante, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Vierge très pure, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Epouse très dévouée, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Mère très tendre, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Modèle parfait de vertu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Ancre sûre d'espérance, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Refuge dans l'affliction, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Dispensatrice des dons de Dieu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Bastion contre nos ennemis, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Aide dans le danger, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Chemin menant à Jésus, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Lumière dans les ténèbres, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Consolation à l'heure de la mort, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour nous pécheurs

 

Pour ceux qui sont endurcis dans le vice, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui offensent votre Divin Fils, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui négligent de prier, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui sont à l'agonie, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui diffèrent leur conversion, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui souffrent en purgatoire, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui ne Vous connaissent pas, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur.

 

Notre-Dame du Mont Carmel, Espérance des désespérés,

intercédez pour nous auprès de Votre Divin Fils.

 

Prions

Notre-Dame du Mont Carmel, glorieuse Reine des Anges, Canal de la plus tendre miséricorde de Dieu envers les hommes, Refuge et Avocate des pécheurs, je me prosterne devant Vous avec confiance, vous suppliant de m'obtenir.(grâce demandée). En retour, je vous promets solennellement d'avoir recours à Vous dans toutes mes épreuves, mes souffrances, mes tentations, et je ferai tout en mon pouvoir pour engager les autres à Vous aimer, à Vous vénérer, et à Vous invoquer dans tous leurs besoins. Je vous remercie pour les grâces sans nombre que j'ai reçues de Votre miséricorde et de Votre puissante intercession. Continuez d'être ma défense dans le danger, mon guide pendant la vie et ma consolation à l'heure de la mort. Ainsi soit-il ! Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour l'âme du pécheur le plus abandonné de l'univers (ou pour l'âme de...). Alors les Anges du Ciel se réjouiront et l'enfer sera privé de sa proie. Je viens à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel.

 

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Le Scapulaire.

 

 

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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /Juil /2010 08:52

Par Mgr Jacques MASSON

Le Prophète Elie

 

Les triomphes de David, les gloires de Salomon sont terminés : le royaume de Juda, brisé par le schisme des dix tribus, menaçait prématurément d'échapper à ses mains ; Baal régnait en Israël. Nous sommes en 854, Achab règne en Israël.

 

I Rois, chapitre 16° :

29. 

Achab fils d'Omri devint roi sur Israël en la trente-huitième année d'Asa, roi de Juda, et il régna vingt-deux ans sur Israël à Samarie.

30. 

Achab fils d'Omri fit ce qui déplaît à Yahvé et fut pire que tous ses devanciers.

31. 

La moindre chose fut qu'il imita les péchés de Jéroboam fils de Nebat : il prit pour femme Jézabel, fille d'Ittobaal, roi des Sidoniens, et se mit à servir Baal et à se prosterner devant lui ;

32. 

il lui dressa un autel dans le temple de Baal qu'il construisit à Samarie.

33. 

Achab installa aussi le pieu sacré et fit encore d'autres offenses, irritant Yahvé, Dieu d'Israël, plus que tous les rois d'Israël ses prédécesseurs.

34. 

De son temps, Hiel de Béthel rebâtit Jéricho ; au prix de son premier-né Abiram il en établit le fondement et au prix de son dernier-né Segub il en posa les portes, selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère de Josué, fils de Nûn.

 

C’est alors qu’apparaît Elie qui, va trouver Achab et lui dit (I Rois, 17) :

1. 

Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab : « Par Yahvé vivant, le Dieu d'Israël que je sers, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. »

2. 

La parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes :

3. 

« Va-t-en d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l'est du Jourdain.

4. 

Tu boiras au torrent et j'ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas. »

 

La sécheresse dura trois ans, image de l'aridité des âmes, une sécheresse qui épuisa toutes les sources de la vie. Hommes et animaux près de leurs citernes vides attendaient la mort, . C’est alors qu’Elie le Thisbite convoqua tout le peuple sur le Mont Carmel, pour l’arracher aux idoles et aux prêtres de Baal. Cet épisode est connu sous le nom de « Sacrifice du Carmel ». En voici le texte dans son entier :

 

1-copie-8.jpg

 

1 Rois, chapitre 18°

1. 

Il se passa longtemps et la parole de Yahvé fut adressée à Élie, la troisième année, en ces termes : « Va te montrer à Achab, je vais envoyer la pluie sur la face de la terre. »

2. 

Et Élie partit pour se montrer à Achab. Comme la famine s'était aggravée à Samarie,

3. 

Achab fit appeler Obadyahu, le maître du palais - cet Obadyahu craignait beaucoup Yahvé :

4. 

lorsque Jézabel massacra les prophètes de Yahvé, il prit cent prophètes et les cacha cinquante à la fois dans une grotte, où il les ravitaillait de pain et d'eau -

5. 

et Achab dit à Obadyahu : « Viens ! Nous allons parcourir le pays, vers toutes les sources et tous les torrents ; peut-être trouverons-nous de l'herbe pour maintenir en vie chevaux et mulets et ne pas abattre de bétail. »

6. 

Ils se partagèrent le pays pour le parcourir : Achab partit seul par un chemin et Obadyahu partit seul par un autre chemin.

7. 

Comme celui-ci était en route, voici qu'il rencontra Élie ; il le reconnut et se prosterna face contre terre en disant : « Te voilà donc, Monseigneur Élie ! »

8. 

Il lui répondit : « Me voilà ! Va dire à ton maître : voici Élie. »

9. 

Mais l'autre dit : « Quel péché ai-je commis, que tu livres ton serviteur aux mains d'Achab, pour me faire mourir ?

10. 

Par Yahvé vivant, ton Dieu ! il n'y a pas de nation ni de royaume où mon maître n'ait envoyé te chercher, et quand on eut répondu : «Il n'est pas là», il a fait jurer le royaume et la nation qu'on ne t'avait pas trouvé.

11. 

Et maintenant tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie»,

12. 

mais quand je t'aurai quitté, l'Esprit de Yahvé t'emportera je ne sais où, je viendrai informer Achab, il ne te trouvera pas et il me tuera ! Pourtant ton serviteur craint Yahvé depuis sa jeunesse.

13. 

N'a-t-on pas appris à Monseigneur ce que j'ai fait quand Jézabel a massacré les prophètes de Yahvé ? J'ai caché cent des prophètes de Yahvé, cinquante à la fois, dans une grotte, et je les ai ravitaillés de pain et d'eau.

14. 

Et maintenant, tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie. » Mais il me tuera ! »

15. 

Élie lui répondit : « Aussi vrai que vit Yahvé Sabaot que je sers, aujourd'hui même je me montrerai à lui. »

16. 

Obadyahu partit à la rencontre d'Achab et lui annonça la chose ; et Achab alla au-devant d'Élie.

17. 

Dès qu'il vit Élie, Achab lui dit : « Te voilà, toi, le fléau d'Israël ! »

18. 

Élie répondit : « Ce n'est pas moi qui suis le fléau d'Israël, mais c'est toi et ta famille, parce que vous avez abandonné Yahvé et que tu as suivi les Baals.

19. 

Maintenant, envoie rassembler tout Israël près de moi sur le mont Carmel, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal, qui mangent à la table de Jézabel. »

20. 

Achab convoqua tout Israël et rassembla les prophètes sur le mont Carmel.

 

Le Sacrifice du Mont Carmel

 

21. 

Élie s'approcha de tout le peuple et dit : « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux jarrets ? Si Yahvé est Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, suivez-le. » Et le peuple ne put rien lui répondre.

22. 

Élie poursuivit : « Moi, je reste seul comme prophète de Yahvé, et les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante.

23. 

Donnez-nous deux jeunes taureaux ; qu'ils en choisissent un pour eux, qu'ils le dépècent et le placent sur le bois, mais qu'ils n'y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l'autre taureau et je n'y mettrai pas le feu.

24. 

Vous invoquerez le nom de votre dieu et moi, j'invoquerai le nom de Yahvé : le dieu qui répondra par le feu, c'est lui qui est Dieu. » Tout le peuple répondit : « C'est bien. »

25. 

Élie dit alors aux prophètes de Baal : « Choisissez-vous un taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux. Invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu. »

26. 

Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu'à midi, en disant : « O Baal, réponds-nous ! » Mais il n'y eut ni voix ni réponse ; et ils dansaient en pliant le genou devant l'autel qu'ils avaient fait.

27. 

A midi, Élie se moqua d'eux et dit : « Criez plus fort, car c'est un dieu : il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage : peut-être il dort et il se réveillera ! »

28. 

Ils crièrent plus fort et ils se tailladèrent, selon leur coutume, avec des épées et des lances jusqu'à l'effusion du sang.

29. 

Quand midi fut passé, ils se mirent à vaticiner jusqu'à l'heure de la présentation de l'offrande, mais il n'y eut aucune voix, ni réponse, ni signe d'attention.

30. 

Alors Élie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi » ; et tout le peuple s'approcha de lui. Il répara l'autel de Yahvé qui avait été démoli.

31. 

Élie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, à qui Yahvé s'était adressé en disant : « Ton nom sera Israël »,

32. 

et il construisit un autel au nom de Yahvé. Il fit un canal d'une contenance de deux boisseaux de semence autour de l'autel.

33. 

Il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bois.

34. 

Puis il dit : « Emplissez quatre jarres d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois », et ils firent ainsi ; il dit : « Doublez », et ils doublèrent ; il dit : « Triplez », et ils triplèrent.

35. 

L'eau se répandit autour de l'autel et même le canal fut rempli d'eau.

36. 

A l'heure où l'on présente l'offrande, Élie le prophète s'approcha et dit : « Yahvé, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, qu'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c'est par ton ordre que j'ai accompli toutes ces choses.

37. 

Réponds-moi, Yahvé, réponds-moi, pour que ce peuple sache que c'est toi, Yahvé, qui es Dieu et qui convertis leur cœur ! »

38. 

Et le feu de Yahvé tomba et dévora l'holocauste et le bois, et il absorba l'eau qui était dans le canal.

39. 

Tout le peuple le vit ; les gens tombèrent la face contre terre et dirent : « C'est Yahvé qui est Dieu ! C'est Yahvé qui est Dieu ! »

40. 

Élie leur dit : « Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d'eux n'échappe ! », et ils les saisirent. Élie les fit descendre près du torrent du Qishôn, et là il les égorgea.

 

La fin de l’apostasie d’Israël permit l’intervention de Dieu, et la fin de la sécheresse :

 

I Rois chapitre 18°

41. 

Élie dit à Achab : « Monte, mange et bois, car j'entends le grondement de la pluie. »

42. 

Pendant qu'Achab montait pour manger et boire, Élie monta vers le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux.

43. 

Il dit à son serviteur : « Monte donc, et regarde du côté de la mer. » Il monta, regarda et dit : « Il n'y a rien du tout. » Élie reprit : « Retourne sept fois. »

44. 

A la septième fois, le serviteur dit : « Voici un nuage, petit comme une main d'homme, qui monte de la mer. » Alors Élie dit : « Monte dire à Achab : Attelle et descends, pour que la pluie ne t'arrête pas. »

45. 

Sur le coup, le ciel s'obscurcit de nuages et de tempête et il y eut une grosse pluie. Achab monta en char et partit pour Yizréel.

46. 

La main de Yahvé fut sur Élie, il ceignit ses reins et courut devant Achab jusqu'à l'arrivée à Yizréel. En route vers l'Horeb.

 

Le prophète traverse la grande plaine d'Esdrelon, et le terme de sa course est Yizréel ,près du Mont Carmel, seconde capitale pour les rois d’Israël. Elie est ensuite emporté sur un char de feu (2 Rois, chapitre 2°) et sera présent à la Transfiguration de Jésus. Et Elisée, son disciple, est investi par le manteau d’Elie, et de l'esprit du père sur les bords du Jourdain, et, de Béthel, « il alla delà au Mont Carmel » (2 Rois, 2, 25a), ce Mont « sacré » « depuis que la Reine des Prophètes s’y était manifestée. Désormais le Carmel fut sacré pour tous ceux dont les espérances de l'humanité tenaient le regard au-dessus de la terre  » (Dom Guéranger, op. cit.). Et depuis lors, les ancêtres à la foi exemplaire et qui attendaient le venue de Celui qui devait venir choisirent leur lieu de prière et de repos dans les mille grottes que leur ouvraient ses flancs.

 (à suivre)

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 16:32

Par Mgr Jacques MASSON

Le 16 juillet, l’Eglise fête Notre-Dame du Mont Carmel. Le Mont Carmel : pourquoi ? Cette fête est peu connue des fidèles, et fait penser au Carmel, aux Carmélites. C’est pour quoi il m’a semblé utile de « m’arrêter » quelques instant sur ce Mont, bien connu dans la Bible, et riche de signification, pour en arriver ensuite à la Fête de Notre-Dame du Mont Carmel.


Le Mont Carmel dans la Bible

 

1-copie-7.jpg Le Mont Carmel est une montagne côtière du nord de la Palestine, qui surplombe la Méditerranée. Au temps de la Palestine de l’Ancien Testament, il était situé en Syro-Phénicie et avait une frontière commune avec la Galilée à l’est. Les montagnes de Galilée descendant du Nord, celles de Judée venant du Midi, se joignent en Samarie sur la chaîne assez courte qui tire de lui son nom et fait converger vers lui tous leurs grands souvenirs. Dom Guéranger (Année Liturgique)écrit à son sujet : « L'on dirait que par la situation dominante de son promontoire au centre même du littoral sacré, il a pour mission d'annoncer au loin sur la mer d'Occident l'Orient divin qui s'est levé du sein des ténèbres (cf. Luc. I, 78-79 : « Œuvre de la miséricorde divine qui nous amènera d’en-haut la visite du Soleil Levant »), « c’est-à-dire les temps messianiques ou le Messie lui-même » (cf. Bible de Jérusalem, note h).

 

Chez le prophète Jérémie, ce seul nom résumait à ses yeux tous les biens de la terre des promesses ; et quand les crimes du peuple élu menacent d'amener la ruine sur la Judée : « J'ai vu le Carmel désert, s'écrie le Prophète, et toutes ses villes détruites au souffle de la fureur de Dieu (Jérémie IV, 26) ». Mais voici qu'au sein des peuples païens, la future Sion succède à la première ; et huit siècles à l'avance, Isaïe la reconnaît à la gloire du Liban devenue sienne, à la beauté du Carmel et de Saron qui luit est donnée (Isaïe 35, 2 : « La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Saron ; on verra la gloire de Yahvé, la splendeur de notre Dieu »).

 

Le Mont Carmel est tellement connu et renommé que, dans le Cantique des Cantiques (Cantiques, 7, 5), les suivantes de l'Epouse, célébrant pour l'Epoux celle qui sans retour a ravi son cœur, chantent que « sa tête est comme le Carmel, et sa chevelure comme les fils précieux de la pourpre du roi tressés avec soin dans les eaux colorantes (2) », car la pêche des coquillages fournissant la couleur royale était, en effet, abondante au cap Carmel.

 

Le Carmel et sa région sont aussi le lieu de nombreux épisodes bibliques, qui nous sont peu connus. Tout près de ce Mont, coulait le fleuve Qishôn célèbre par la victoire de Débora sur les Cananéens dont il avait roulé les cadavres, comme le raconte le Livre des Juges (5, 21). Débora avait été choisie comme prophétesse pour chasser les Cananéens dirigés par Sisera, qui avaient envahi le pays car le peuple élu avait recommencé à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. Dieu écouta leurs supplications et leur demande de pardon. Aussi Sisera fut-il tué, ainsi que toute son armée. Et Débora, appelée « mère en Israël » (ibid, verset 5) entonna ce cantique : « Du haut des cieux les étoiles ont combattu, de leurs chemins, elles ont combattu Sisera. Le torrent du Qishôn les a balayés, le torrent sacré, le torrent du Qishôn ».

 

Mais le peuple d’Israël, sorti d’Egypte et entré en possession de la Terre Promise est incorrigible. Il retombe sans cesse dans le péché d’idolâtrie. Ils recommencent à faire ce qui déplaît à Yahvé (Juges, chapitre 6°), et Dieu les livra pendant sept ans aux mains de Madiân « dont la main se fit lourde sur Israël (ibid, verset 2). Aussi « Madiân réduisit Israël à une grand misère, et les Israélites crièrent. vers Yahvé « (ibid. 6).

 

Gedeon.jpgLe peuple invoqua le Seigneur qui lui envoya un prophète, et suscita Gédéon.Madian succomba à son tour dans la même plaine où Sisara avait senti la puissance de celle qu'on appelait la Mère en Israël : contre Madian, Gédéon lui aussi n'avait marché qu'au nom de la femme terrible comme une armée rangée en bataille(Cant. VI, 9 : « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore, belle comme le lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme des bataillons », texte repris dans la liturgie, antienne de l’Antienne Communion de la Vigile de l’Immaculée Conception, et attribué à la Sainte Vierge « terrible comme une armée rangée en bataille » : « Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrrorum acies ordinata »). Pour Gédéon, le signe avait été pour lui la toison rafraîchie par la céleste rosée dans la sécheresse de la terre entière (Juges, VI, 36-40.), texte que je tiens à citer, car il est appliqué à la Sainte Vierge : c’est l’épisode et l’épreuve de la toison (sans oublier la vision de la Femme de l’Apocalypse, revêtue du soleil, et la lune sous les pieds);


Juges, chapitre 6° :

7. 

Lorsque les Israélites eurent crié vers Yahvé à cause de Madiân,

8. 

Yahvé envoya aux Israélites un prophète qui leur dit : « Ainsi parle Yahvé, Dieu d'Israël. C'est moi qui vous ai fait monter d'Égypte, et qui vous ai fait sortir d'une maison de servitude.

9. 

Je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous ceux qui vous opprimaient. Je les ai chassés devant vous, je vous ai donné leur pays,

10. 

et je vous ai dit : «Je suis Yahvé votre Dieu. Vous ne craindrez pas les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. » Mais vous n'avez pas écouté ma voix. »

11. 

L'Ange de Yahvé vint et s'assit sous le térébinthe d'Ophra, qui appartenait à Yoash d'Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir pour le soustraire à Madiân,

12. 

et l'Ange de Yahvé lui apparut : « Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier! »

13. 

Gédéon lui répondit : « Je t'en prie mon Seigneur! Si Yahvé est avec nous, d'où vient tout ce qui nous arrive ? Où sont tous ces prodiges que nous racontent nos pères quand ils disent : «Yahvé ne nous a-t-il pas fait monter d'Égypte ?» Et maintenant Yahvé nous a abandonnés, il nous a livrés au pouvoir de Madiân... »

14. 

Alors Yahvé se tourna vers lui et lui dit : « Va avec la force qui t'anime et tu sauveras Israël de la main de Madiân. N'est-ce pas moi qui t'envoie ? » -

15. 

« Pardon, mon Seigneur! lui répondit Gédéon, comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus pauvre en Manassé et moi, je suis le dernier dans la maison de mon père. »

16. 

Yahvé lui répondit : « Je serai avec toi et tu battras Madiân comme si c'était un seul homme. »

17. 

Gédéon lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c'est toi qui me parles.

33. 

Tout Madiân, Amaleq et les fils de l'Orient se réunirent et, ayant passé le Jourdain, ils vinrent camper dans la plaine de Yizréel.

36. 

Gédéon dit à Dieu : « Si vraiment tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,

37. 

voici que j'étends sur l'aire une toison de laine; s'il y a de la rosée seulement sur la toison et que tout le sol reste sec, alors je saurai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. »

38. 

Et il en fut ainsi. Gédéon se leva le lendemain de bon matin, il pressa la toison et, de la toison, il exprima la rosée, une pleine coupe d'eau.

39. 

Gédéon dit encore à Dieu : « Ne t'irrite pas contre moi si je parle encore une fois. Permets que je fasse une dernière fois l'épreuve de la toison : qu'il n'y ait de sec que la seule toison et qu'il y ait de la rosée sur tout le sol! »

40. 

Et Dieu fit ainsi en cette nuit-là. La toison seule resta sèche et il y eut de la rosée sur tout le sol.

 

Saint Bonaventure, sans ses "Oeuvres spirituelles", chante et énonce les louanges de la Bienheureuse Vierge Marie en ces termes : "Marie, figurée par la toison de Gédéon".

« Vous êtes la toison que le ciel, dans sa bonté, offrit à Gédéon, toute humide et remplie d'une rosée divine; la toison qu'il pressa sous ses doigts. Les eaux dont vous fûtes arrosée sont demeurées toujours inaltérables, et vous êtes devenue la consolation de ceux que le malheur éprouve, alors que la terre entière se trouvait desséchée.

« La rosée véritable , descendue du fleuve céleste, a pénétré le manteau de votre pureté, alors que, par la faveur du Dieu suprême, vous fûtes remplie du soleil de justice; que vous êtes devenue la Mère de Dieu et de l'homme, et que la fleur de votre virginité réunit sans les altérer ses parfums à ceux de la maternité ».

 

« Sur la toison de Gédéon, sans aucun bruit, du ciel, la rosée tomba par l’action de Dieu (Juges 6, 36). De même, dans le sein de la Vierge, sans relation avec un homme, du ciel, le Fils de Dieu descendit selon l’antique promesse ».

 

Dans l’anaphore de Marie Vierge, Fille de Dieu, composée par Abba Ciriaque, Evêque de Bahnas, l’Eglise éthiopienne présente les images de Marie dans l’Ancien Testament :

 

« Par toi le premier né de toute la création a été renouvelé. Tu fus l'espoir d'Adam quand il fut chassé du Paradis, la piété d'Abel tuée injustement, la bonté de Seth, les bonnes oeuvres d'Enoch, l'arche de Noé qui le sauva du désastre du déluge, la bénédiction de Sem et sa part, la pérégrination d'Abraham, le parfum d’Isaac et l'échelle de Jacob, la consolation de Joseph, les tables de Moïse, la ronceraie du Sinaï, les sonnettes du vêtement du prêtre Aaron, ainsi que le bâton qui produit fleurs et fruits, la stèle du témoignage de Josué, la Toison de Gédéon, le vase d'onguent et la corne d'huile de Samuel, la verge dont Jesse se glorifiait, le chariot d'Aminadab, la cithare de David, la couronne de Salomon, le jardin fermé, la source scellée, le panier d'or d'Élie, le calice d'Elisée, la conception virginale d'Isaïe, la primogéniture sans noces d'Ezéchiel, l'émanation de la Loi à Bethléem, la terre d'Ephrata de Michée, l’arbre de vie de Silonidis, le pansement de la blessure de Nahum, la félicité de Zacharie, le temple pur de Malachie ».

 

« O Marie, tu es la nuée de Job, la Toison de Gédeon et la corne d'huile de Samuel, et pour toi tous les fruits de la terre répandirent un parfum suave… O Marie, calice d'intelligence de Samuel, salut de Daniel au milieu des lions, vie d'Élie ».


Mais, revenons à Gédéon. Convaincu par ces deux signes, Gédéon leva une armée. Mais le peuple était trop nombreux pour Dieu qui lui ordonna de faire un choix parmi ces 30.000 hommes. Les emmenant au bord de l'eau pour boire, il ne conserva dans ses troupes, comme Dieu le lui avait recommandé, que les hommes qui lapaient l'eau à la manière des chiens. Avec quelques hommes (300 environ) Gédéon partit à la rencontre des armées madianites.

 

Les armées ennemies étaient beaucoup plus nombreuses. Pour attaquer leurs camps, Gédéon divisa ses hommes en 3 équipes. Chaque homme reçut une trompette, une cruche-et une torche. Gédéon mit au point une tactique: « Quand vous arriverez près du camp, soufflez dans les trompettes, et hurlez : Pour Dieu et pour Gédéon . Ensuite, cassez vos cruches ». Les Madianites, trompés par tout ce bruit, prirent peur et s'enfuirent. La paix régna alors sur Israël tant que Gédéon vécut.

 

Dom Guéranger souligne le plan de Dieu sur ce Mont Carmel, en y voyant l’annonce, en ces termes, de la venue de la Mère par excellence,  : C’est « comme si cette plaine glorieuse d'Esdrelon, qui vient mourir au pied du Carmel, ne devait offrir aux horizons de ses divers sommets, aux échos de ses multiples vallées, que les prophétiques figures et les titres variés de la triomphatrice annoncée dès le premier jour du monde : non loin d'Esdrelon quelques défilés conduisent à Béthulie, terreur des Assyriens, qu'illustra Judith, la joie d'Israël et l'honneur de son peuple (Judith, XV, 10) ; tandis que dans  les  hauteurs  du septentrion se cache Nazareth, blanche cité, fleur de la Galilée (Hieron. Epist. XLVI, Paulae et Eustochii ad Marcellam) ».

 

Dom Guéranger déroule ainsi devant nos yeux, le plan éternel de Dieu : « Quand son amour se jouait dans l'affermissement des collines et des monts (Prov. VIII, 22-31), l'éternelle Sagesse avait en effet choisi le Carmel pour être, aux siècles des figures, l'apanage anticipé de la fille d'Eve qui briserait la tête de l'ancien ennemi. Aussi lorsque le dernier des longs millénaires de l'attente eut commencé de dérouler ses interminables anneaux, quand l'aspiration des nations (Genèse. XLIX, 10.)devenue plus instante obtint du Seigneur l'épanouissement de l'esprit prophétique dont cette époque parut marquée, ce fut au sommet de la montagne prédestinée qu'on vit le père des Prophètes venir dresser sa tente et observer l'horizon, avec le Prophète Elie.

 

Citons ce textes en entier, car la liturgie l’a repris pour les attribuer à Marie :


Proverbes, chapitre 8°

22. 

« Yahvé m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes.

23. 

Dès l'éternité je fus établie, dès le principe, avant l'origine de la terre.

24. 

Quand les abîmes n'étaient pas, je fus enfantée, quand n'étaient pas les sources aux eaux abondantes.

25. 

Avant que fussent implantées les montagnes, avant les collines, je fus enfantée;

26. 

avant qu'il eût fait la terre et la campagne et les premiers éléments du monde.

27. 

Quand il affermit les cieux, j'étais là, quand il traça un cercle à la surface de l'abîme,

28. 

quand il condensa les nuées d'en haut, quand se gonflèrent les sources de l'abîme,

29. 

quand il assigna son terme à la mer - et les eaux n'en franchiront pas le bord -, quand il traça les fondements de la terre,

30. 

j'étais à ses côtés comme le maître d'œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m'ébattant tout le temps en sa présence,

31. 

m'ébattant sur la surface de sa terre et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes.

 

(à suivre)

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Praedicatho.com
Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 08:00

Par L'Equipe d'Hermas

LA FETE ET LE MOIS DU PRECIEUX SANG DE NOTRE-SEIGNEUR JESUS-CHRIST

 

Située alors dans l’octave de la Nativité de Saint Jean Baptiste, la Fête du Précieux Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ était célébrée le 1° dimanche du mois de Juillet.

 

LE Ier DIMANCHE DE JUILLET. LA FÊTE DU PRECIEUX SANG DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST.

(cf. Dom Guéranger, année liturgique

 

Jean-Baptiste a montré l'Agneau, Pierre affermi son trône, Paul préparé l'Epouse: œuvre commune, dont l'unité fut la raison qui devait les rapprocher de si près tous trois sur le Cycle. L'alliance étant donc maintenant assurée, tous trois rentrent dans l'ombre ; et seule, sur les sommets où ils l'ont établie, l'Epouse apparaît, tenant en mains la coupe sacrée du festin des noces. Tel est le secret de la fête de ce jour. Son lever au ciel de la sainte Liturgie, en la saison présente, est plein de mystère. Déjà, et plus solennellement, l'Eglise a révélé aux fils de la nouvelle Alliance le prix du Sang dont ils furent rachetés, sa vertu nourrissante et les honneurs de l'adoration qu'il mérite. Au grand Vendredi, la terre et les cieux contemplèrent tous les crimes noyés dans le fleuve de salut dont les digues éternelles s'étaient enfin rompues, sous l'effort combiné de la violence des hommes et de l'amour du divin Cœur. La fête du Très-Saint-Sacrement nous a vus prosternés devant les autels où se perpétue l'immolation du Calvaire, et l'effusion du Sang précieux devenu  le breuvage des humbles et l'objet des hommages des puissants de ce monde. Voici que l'Eglise, cependant, convie de nouveau les chrétiens à célébrer les flots qui s'épanchent de la source sacrée :

 

Qu'est-ce à dire, sinon, en effet, que les solennités précédentes n'en ont point sans doute épuisé le mystère ? La paix faite par ce Sang dans les  bas lieux comme sur les hauteurs ; le courant de ses ondes ramenant des abîmes les fils d'Adam purifiés, renouvelés, dans tout l'éclat d'une céleste parure; la table sainte dressée pour eux sur le rivage, et ce calice dont il est la liqueur enivrante : tous ces apprêts seraient sans but, toutes ces magnificences demeureraient incomprises, si l'homme n'y  n’y voyait les avances d'un amour dont les prétentions entendent n'être dépassées par les prétentions d'aucun autre amour. Le Sang de Jésus doit être pour nous à cette heure le Sang du Testament, le gage de l'alliance que Dieu nous propose la dot constituée par l'éternelle Sagesse appelant les hommes à cette union divine, dont l'Esprit de sainteté poursuit sans fin la consommation dans nos âmes. Et c'est pourquoi la  présente Fête, fixée toujours à quelqu'un des Dimanches après la Pentecôte, n'interrompt point l'enseignement qu'ils ont mission de nous donner en ce sens, mais le confirme merveilleusement au contraire.

 

«  Ayons donc confiance, ô mes Frères, nous dit l'Apôtre; et, par le Sang du Christ, entrons dans le Saint des Saints. Suivons la route nouvelle dont le secret est devenu nôtre, la route vivante qu'il nous a tracée au travers du voile, c'est-à-dire de sa chair. Approchons d'un cœur vrai, d'une foi pleine, purs en tout, maintenant ferme la profession de notre inébranlable espérance; car celui qui s'est engagé envers nous est fidèle. Excitons-nous (Exode XXIX, 8) chacun d'exemple à l'accroissement de l'amour . Et que le Dieu de paix qui a ressuscité d'entre les morts notre Seigneur Jésus-Christ, le grand Pasteur des brebis dans le Sang de l'Alliance éternelle, vous dispose à tout bien, pour accomplir sa volonté, pour que lui-même fasse en vous selon son bon plaisir par Jésus-Christ, à qui soit gloire dans les siècles des siècles (Hébreux IX, 20) ! 

 

Nous ne devons pas omettre de rappeler ici que cette fête est le monument de l'une des plus éclatantes victoires de l'Eglise au dernier siècle. Pie IX avait été chassé de Rome, en 1848, par la Révolution triomphante; dans ces mêmes jours, l'année suivante, il voyait rétablir son pouvoir. Les 28, 29 et 30 juin, sous l'égide des Apôtres, la fille Aînée de l'Eglise, fidèle à son glorieux passé, balayait les remparts de la Ville éternelle ; le 2 juillet, fête de Marie, s'achevait la conquête. Bientôt un double décret notifiait à la Ville et au monde la reconnaissance du Pontife, et la manière dont il entendait perpétuer par la sainte Liturgie le souvenir de ces événements. Le 10 août, de Gaëte même, lieu de son refuge pendant la tourmente, Pie IX, avant d'aller reprendre le gouvernement de ses Etats, s'adressait au Chef invisible de l'Eglise et la lui confiait par l'établissement de la Fête de ce jour,  lui rappelant que, pour cette Eglise, il avait versé tout son Sang. Peu après, rentré dans sa capitale, il se tournait vers Marie, comme avaient fait en d'autres circonstances Saint Pie V et Pie VII ; le Vicaire de l'Homme-Dieu renvoyait à celle qui est le Secours des Chrétiens l'honneur de la victoire remportée au jour de sa glorieuse Visitation, et statuait que la fête du 2 juillet (note : fête de la Visitation, dans le rite tridentin, toujours en vigueur dans  des paroisses, dans des Communautés, des Séminaires, et des couvents, déplacée le 31 mai depuis la réforme liturgique de 1969) serait élevée du rite double-majeur à celui de seconde classe pour toutes les Eglises : prélude à la définition du dogme de la Conception Immaculée, que l'immortel Pontife projetait dès lors, et qui devait achever l'écrasement de la tête du serpent.

 

Le mois de juillet était plus particulièrement à la dévotion envers le Précieux Sang de Jésus. Et l’on y récitait en particulier les Litanies du Précieux Sang, qui suivent. La fête a été supprimée avec la réforme liturgique de 1969. Il ne faut pas pour autant oublier cette pieuse pratique qui s’inscrit dans la tradition vivante de l’Eglise. En effet, les jours où le prêtre peut célébrer la Messe « de la férie » (du dimanche précédent) car il n’y a pas de mémoire obligatoire d’un Saint, il lui est possible, et on peut que recommander cette pratique, de célébrer une Messe votive, et notamment, le jeudi, la Messe votive du Très précieux Sang de Jésus. Il est recommandé aussi dé réciter les Litanies du Précieux de Jésus, qui se trouvent toujours dans le Rituel Romain.

 

 

Hymne Des Premières Et Des Deuxièmes Vêpres

 

1 –Que les chants de fête résonnent sur les places de la cité ;

Que la joie éclate au front des citoyens,

Et que tenant en mains les torches enflammées,

Enfants et les vieillards s’avancent dans un ordre parfait

 

2 -Mourant sur l’arbre de douleur

Le Christ par mille blessures a répandu son Sang.

Nous qui honorons ce fait sauveur, dans notre gratitude,

Il nous convient au moins de répandre nos larmes.

 

3 – Le crime du Premier Adam

Avait attiré sur le monde une ruine terrible :

Mais par son innocence et son amour

Le nouvel Adam est venu nous rendre la vie à tous.

 

4 - Si le Père Souverain a entendu du haut du Ciel

Le grand cri de son Fils mourant,

N’a-t-il pas dû plutôt, apaisé par son Sang

Nous accorder son pardon.

 

5 – Tous ceux qui lavent leur robe dans ce Sang,

La purifie de ses taches, avec cet éclat empourpré

Qui les fait  aussitôt ressembler à des Anges

Et plaire au Divin Roi.

 

6 – Que désormais plus personne ne s’écarte par inconscience du droit chemin ;

Mais qu’on s’efforce d’atteindre le terme final ;

Dieu qui nous soutient sur le chemin

Accordera une noble récompense.

 

7 – Soyez-nous propice ô Père tout-puissant,

Afin que ceux que vous avez rachetés par le Sang de votre Fils

Et que vous consolez par l’Esprit de Paix,

Soient conduits vers la hauteurs célestes.

Amen

 

V/. Daignez donc secourir vos serviteurs,

R/. Que vous avez rachetés de votre précieux Sang.

Prions :

Si cette fête doit passer comme toute fête ici-bas, son objet reste et fait le trésor du monde. Qu'elle soit pour chacun de nous, comme elle l'est pour l'Eglise, un monument des plus sublimes faveurs du ciel. Puisse chaque année, en ramenant son passage sur le Cycle, trouver en nos cœurs de nouveaux fruits d'amour éclos sous la rosée féconde du Précieux Sang. Amen

 

 

 

Voici l'Hymne des Matines de la fête,

Le Créateur, dans sa juste colère,

a sous les eaux vengeresses englouti l'univers coupable,

Noé seul étant sauvé dans l'arche ;

 

puis la merveilleuse violence de l'amour a lavé dans le Sang l'univers.

Imbibée d'une telle pluie de salut,

l'heureuse terre, qui n'abondait qu'en  épines, a produit des fleurs;

et l'absinthe a pris le goût du nectar.

 

Soudain le serpent cruel a perdu son poison funeste,

 et des bêtes féroces est tombée la fureur :

du doux Agneau blessé telle fut la victoire.

 

O de la science souveraine profondeur insondable !

O suavité jamais assez louée d'un cœur rempli d'amour !

L'esclave était digne de mort, le Roi subit la peine dans sa bonté.

 

Quand par des fautes nous provoquons la colère du Juge,

alors mettons-nous sous l'abri de ce Sang toujours prêt à plaider pour nous :

l'armée des maux suspendus sur nos têtes alors se dissipera.

 

Racheté par vous, plein de vos dons, que l'univers vous loue en sa reconnaissance,

ô guide de l'éternel salut, divin auteur de la grâce,

qui possédez avec le Père et l'Esprit les royaumes bienheureux.

Amen.

 

 

Litanies du Précieux-Sang

Rituel Romain, titre XI, ch. 3 ; approuvées par S. S. Jean XXIII le 24 fév. 1960.

Indulgence partielle (Enchiridion indulgentiarum, 1999, concession 22)

Sources : . texte latin: AAS 52 (1960), 412-413

 

LATIN

FRANCAIS

Kýrie, eléison.
Christe, eléison.
Kýrie, eléison.


Christe, audi nos.
Christe, exáudi nos.


Pater de cælis, Deus, miserére nobis.
Fili, Redémptor mundi, Deus, miserére nobis.
Spíritus Sancte, Deus, miserére nobis.
Sancta Trínitas, unus Deus, miserére nobis.

 


Sanguis Christi, Unigéniti Patris ætérni, salva nos.
Sanguis Christi, Verbi Dei incarnáti, salva nos.
Sanguis Christi, Novi et Ætérni Testaménti, salva nos.

Sanguis Christi, in agonía decúrrens in terram, salva nos.

Sanguis Christi, in flagellatióne prófluens, salva nos.
Sanguis Christi, in coronatióne spinárum emánans, salva nos.
Sanguis Christi, in Cruce effúsus, salva nos.
Sanguis Christi, prétium nostrae salútis, salva nos.
Sanguis Christi, sine quo non fit remíssio, salva nos.

Sanguis Christi, in Eucharístia potus et lavácrum animárum, salva nos.
Sanguis Christi, flumen misericórdiæ, salva nos.
Sanguis Christi, victor dǽmonum, salva nos.
Sanguis Christi, fortitúdo mártyrum, salva nos.
Sanguis Christi, virtus confessórum, salva nos.
Sanguis Christi, gérminans vírgines, salva nos.
Sanguis Christi, robur periclitántium, salva nos.

Sanguis Christi, levamen laborántium, salva nos.

 

Sanguis Christi, in fletu solátium, salva nos.
Sanguis Christi, spes pæniténtium, salva nos.
Sanguis Christi, solámen moriéntium, salva nos.
Sanguis Christi, pax et dulcédo córdium, salva nos.
Sanguis Christi, pignus vitæ ætérnae, salva nos.
Sanguis Christi, ánimas líberans de lacu Purgatórii,

salva nos.
Sanguis Christi, omni glória et honóre digníssimus,

salva nos.


Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, parce nobis, Dómine.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, exáudi nos, Dómine.
Agnus Dei, qui tollis peccáta mundi, miserére nobis.


V/. Redemísti nos, Dómine, in sánguine tuo.
R/. Et fecísti nos Deo nostro regnum.


Orémus.
Omnípotens sempitérne Deus,
qui unigénitum Fílium tuum mundi Redemptórem constituísti,
ac eius sánguine placári voluísti:
concéde, quǽsumus,
salútis nostræ prétium ita venerári,
atque a præséntis vitæ malis eius virtúte deféndi in terris,

ut fructu perpétuo lætémur in cælis.
Per eúndem Christum Dóminum nostrum. R/. Amen.

Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.


Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.


Père du Ciel, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils, Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui est un seul Dieu, ayez pitié de nous.


Sang du Christ, fils unique du père éternel, sauvez-nous.
Sang du Christ, Verbe de Dieu incarné, sauvez-nous.
Sang du Christ, de la nouvelle et éternelle Alliance, sauvez-nous.
Sang du Christ, répandu sur la terre pendant son agonie, sauvez-nous.
Sang du Christ, versé lors de la flagellation, sauvez-nous.
Sang du Christ, jaillissant au couronnement d'épines, sauvez-nous.
Sang du Christ, répandu sur la croix, sauvez-nous.
Sang du Christ, prix de notre Rédemption, sauvez-nous.
Sang du Christ, sans lequel il n'est point de rémission, sauvez-nous.
Sang du Christ, nourriture eucharistique et purification des âmes, sauvez-nous.
Sang du Christ, fleuve de miséricorde, sauvez-nous.
Sang du Christ, victoire sur les démons, sauvez-nous.
Sang du Christ, force des martyrs, sauvez-nous.
Sang du Christ, vertu des confesseurs, sauvez-nous.
Sang du Christ, source de virginité, sauvez-nous.
Sang du Christ, salut en tous nos périls, sauvez-nous.
Sang du Christ, soulagement de ceux qui peinent, sauvez-nous.
Sang du Christ, consolation dans les larmes, sauvez-nous.
Sang du Christ, espoir des pénitents, sauvez-nous.
Sang du Christ, secours des mourants, sauvez-nous.
Sang du Christ, paix et douceur des âmes, sauvez-nous.
Sang du Christ, gage de vie éternelle, sauvez-nous.
Sang du Christ, qui libère les âmes du purgatoire, sauvez-nous.
Sang du Christ, digne de tout honneur et de toute gloire, sauvez-nous.

Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous.

V/. Vous nous avez rachetés, Seigneur, dans votre Sang.
R/. Et vous avez fait de nous un royaume pour notre Dieu.

Prions.
Dieu tout-puissant et éternel,
qui avez fait de votre Fils unique le Rédempteur du monde
et avez voulu que son Sang obtienne le pardon :
accordez-nous

de vénérer avec tant d’amour ce prix de notre rachat,
et d’être si bien protégés par lui contre les maux de cette terre,
que nous goûtions sans fin la joie du ciel.
Par le même Jésus-Christ, notre Seigneur. R/. Amen.

 

 

 

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 10:49

Par Mgr Jacques MASSON

SAINT PIERRE APOTRE Catéchèse du Saint-Père (17 mai 2006)


INTRODUCTION

 

spc.jpg L’Eglise célèbre le 29 juin la Solennité des Saints Apôtres Pierre et Paul, morts tous deux martyrs à Rome ; leur tombeau se trouve l’un dans la Basilique Saint-Pierre, l’autre dans la Basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs. Saint Pierre a été crucifié, la tête en bas, à sa demande, car il ne se sentait pas digne de mourir comme le Seigneur. Saint Paul citoyen romain, a été décapité aux Trois Fontaines, en dehors des murs de Rome. La tradition rapporte que sa tête en tombant sure le sol a rebondi trois fois, donnant naissance à trois sources, d’où le nom « Les Trois Fontaines ».

 

Le tombeau de Saint Pierre, enterré comme un esclave, a été dès le début un lieu de pèlerinage, surmonté d’un petit mausolée. La tradition rapporte que l’Empereur Constantin, converti avec tout l’Empire au Christianisme, fit construire la Basilique Saint-Pierre, et que le centre de l’Autel Papal se trouvait à la verticale du Tombeau de saint Pierre. La Basilique fut détruite plusieurs siècles plus tard pour en reconstruire une plus grande, l’actuelle Basilique Saint-Pierre, mais l’on maintint la tradition : l’Autel Papal, surmonté d’un magnifique baldaquin, fut placé de la manière, en veillant à ce que son centre soit à la verticale du Tombeau de Saint Pierre.

 

La mort du Pape Pie IX, en 1939 eut comme heureuse conséquence de nous faire retrouver le Tombeau de Saint-Pierre. Quand vint le moment de placer le cercueil de Pie IX dans la chapelle qui lui avait été réservée, dans la crypte de Saint-Pierre, il s‘avéra que le cercueil était de trop grandes dimensions pour le déposer dans son tombeau. Il fallut procéder à des travaux d’agrandissement de la « fosse », et c’est alors que le plancher s’effondra, mettant à jour, sous cette crypte une autre « crypte », de grandes dimensions.

 

Avec des précautions très grandes, pour ne pas mettre en péril la Basilique actuelle, des travaux furent entrepris qui permirent de découvrir une nécropole, avec des tombes païennes et des tombes chrétiennes. L’attention fut attirée par un endroit autour duquel se trouvaient des tombes orientées vers ce qui devait être un tombeau. Les recherches se poursuivirent durant toute la Seconde Guerre Mondiale, et se poursuivirent ensuite. Jusqu’au moment où le Pape Pie XII eut la joie d’annoncer officiellement au monde catholique, le 23 décembre 1950, dans son Message de Noël, que l’on avait réellement retrouvé le Tombeau de Sain Pierre, comme l’avait indiqué la Tradition : à la verticale du centre de l’Autel Papal de la Basilique, et donc de l’ancienne Basilique de Constantin.

 

sp1.jpg Les recherches se poursuivirent pour essayer de retrouver les reliques de Saint Pierre. Ce fut une épopée, que le lecteur pourra trouver dans le livre de Mme Guarducci « Pietro ritrovato » (Pierre retrouvé). Le Pape Paul VI fit une déclaration publique lors de l'audience générale du 26 juin 1968 :

 

« Nous pensons qu'il est de notre devoir, dans l'état actuel des conclusions archéologiques et scientifiques, de vous faire, ainsi qu'à l'Eglise, l'annonce joyeuse (...) que ces restes mortels, peu nombreux mais sacrés, sont ceux du Prince des Apôtres, de Simon fils de Jonas, du pêcheur que le Christ nomma Pierre, de celui qui fut choisi par le Seigneur pour fonder son Eglise et qui Il donna les clés de Son royaume jusqu'à Son retour glorieux ».

 

Paul VI fit remettre, le 27 juin 1968 les reliques à l'emplacement où elles avaient séjourné pendant des siècles sous l'autel, au creux du mur « g ». Les ossements, répartis en une vingtaine de boîtes de plexiglas, furent placés à l'intérieur du loculus. Il annonçait ainsi au Monde Catholique que l’on avait réellement retrouvé les reliques de Saint Pierre, là où la tradition indiquait son tombeau, et grâce à des inscriptions et à de nombreux autres indices convergents.

 

Hermas a commencé la publication des catéchèses du Pape Benoît XVI, sur les Apôtres, lors des audiences générales hebdomadaires de 2006. Cela permet à chacun d’entre nous de mieux connaître les Apôtres dont souvent nous ne connaissons que le nom ; peut-être… Le Saint-Père a présenté Pierre en trois catéchèses, sous les titres suivants ; j’y ajoute une brève introduction : Saint Pierre Apôtre : Introduction. Pierre, le pêcheur (1), Pierre, l'Apôtre (2), Pierre, le roc sur lequel le Christ a fondé l'Eglise (3).

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 24 juin 2010 4 24 /06 /Juin /2010 08:00

Par L'Equipe d'Hermas

Nous publions aujourd'hui, pour la fête de saint Jean-Baptiste, l'intégralité de l'étude que lui a consacré Mgr Masson, afin que chacun puisse la consulter en son ensemble.

 

Cette publication permet aussi d'intégrer, sans les altérer, les tableaux présentés, mettant en relief les textes parallèles de l'Evangile.

 

Bonne lecture, et bonne méditation !

Pierre Gabarra

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Praedicatho.com
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