Catéchèse de Mgr Masson

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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008


Le Pape Benoît XVI s’est adressé aux professeurs et aux étudiants de la Catholic University of America de Washington, le 17 avril dernier. Voici quelques extraits du discours du Saint-Père, d'où l'Eglise universelle doit puiser (Source Agence Fides).

_______________


« La tâche éducative fait partie intégrante de la Mission qu’a l’Eglise de proclamer la Bonne Nouvelle. En premier lieu et avant tout, chaque institution éducative catholique est un lieu pour rencontrer le Dieu Vivant qui, en Jésus-Christ, révèle la force transformatrice de son Amour et de sa Vérité ».

« La dynamique entre rencontre personnelle, connaissance et témoignage chrétien, fait partie intégrante de la ‘diakonia’ de la vérité que l’Eglise exerce au sein de l’humanité (…) contre les conflits personnels, la confusion morale, et la fragmentation de la connaissance ; les nobles buts de la formation académique et de l’éducation, fondés sur l’unité de la vérité et sur le service envers la personne et la communauté, deviennent un instrument puissant spécial d’espérance ».

« La communauté catholique dans ce Pays a fait de l’éducation une de ses plus importantes priorités. Cette entreprise ne s’est pas réalisée sans de grands sacrifices (…). Ce sacrifice continue aujourd’hui encore. C’est un excellent apostolat de l’espérance que de chercher à prendre en charge les nécessités matérielles, intellectuelles et spirituelles des trois autres millions d’élèves et d’étudiants (…). On ne doit nier à aucun garçon et à aucune fille le droit d’une éducation dans la foi qui, en retour, nourrit l’esprit de la nation ».

« Il est donc opportun de réfléchir sur ce qui est spécifique de nos institutions catholiques. Comment peuvent-elles contribuer au bien de la société par la Mission de première évangélisation de l’Eglise, qui consiste à évangéliser ?... Toutes les activités de l’Eglise découlent de sa conscience d’être porteuse d’un message qui a son origine en Dieu lui-même… Le désir de Dieu de se faire connaître, et le désir inné de tout être humain de connaître la vérité, procurent le contexte de la recherche humaine sur la signification de la vie ».

« L’identité d’une Université ou d’une Ecole Catholiques, n’est pas simplement une question de nombre d’étudiants catholiques. C’est une question de conviction… Sommes-nous vraiment prêts à confier notre ‘moi’ tout entier - intellect et volonté, esprit et cœur - à Dieu ? Acceptons-nous la vérité que le Christ nous révèle ? Dans nos Universités et dans nos Ecoles, la foi est-elle ‘tangible’ ? (...) En partant de cette perspective, on peut reconnaître que la ‘crise de vérité’ contemporaine est enracinée dans une «’crise de la foi’. C’est seulement par la foi que nous pouvons donner librement notre accord au témoignage de Dieu, et le reconnaître comme le garant transcendant de la vérité qu’il révèle… De fait, nous voyons tous, et nous observons tous avec préoccupation, la difficulté ou la réticence et l’hésitation que de nombreuses personnes ressentent aujourd’hui à se confier elles-mêmes à Dieu. C’est un phénomène complexe (…). Nous observons avec inquiétude que la notion de liberté est déformée. La liberté n’est pas une faculté de ‘désengagement de’ ; c’est la faculté de ‘l’engagement pour’ - une participation à l’Etre lui-même. En conséquence, la liberté authentique ne peut jamais être atteinte dans l’éloignement de Dieu. C’est pourquoi, une responsabilité particulière pour chacun d’entre vous, et pour vos collègues, consiste à susciter chez vos jeunes le désir d’un acte de foi, en les encourageant à s’engager pour la vie ecclésiale qui découle de cet acte de foi. C’est là que la liberté atteint la certitude de la vérité ».

« C’est donc bien clair, l’identité catholique ne dépend pas des statistiques. Et elle ne peut même pas être simplement comparée avec l’orthodoxie des cours. Cela requiert et inspire beaucoup plus : à savoir que chaque aspect de vos communautés d’études, se reflète dans la vie ecclésiale de foi. C’est seulement dans la foi, que la vérité peut devenir incarnée, et la raison vraiment humaine, peut être capable de diriger la volonté le long du sentier de la liberté. De cette manière, nos Institutions offrent une contribution vitale à la Mission de l’Eglise, et servent efficacement la société ».

« Parfois (...) la valeur de la contribution de l’Eglise au ‘forum’ public est mise en question. C’est pourquoi il est important de rappeler que la vérité de la foi et la vérité de la raison, ne se contredisent jamais entre elles. La Mission de l’Eglise, de fait, la plonge dans la lutte que soutient l’humanité pour parvenir à la vérité. L’Eglise ne se lasse jamais de soutenir les catégories morales essentielles du juste et de l’injuste, sans lesquelles l’espérance ne peut que se faner, en ouvrant la voie à de froids calculs pragmatiques utilitaristes qui réduisent la personne à peu de chose de plus qu’un pion sur une échiquier idéal ».

« A propos du ‘forum’ éducatif, la ‘diakonia’ de la vérité prend une signification élevée dans la société où l’idéologie séculariste place un coin entre vérité et foi. Cette division a amené à la tendance à mettre sur le même pied d’égalité la vérité et la connaissance, et à adopter une mentalité positiviste qui, en rejetant la métaphysique, nie les fondements de la foi et rejette la nécessité d’une vision morale (…). Avec confiance, les éducateurs chrétiens peuvent libérer les jeunes des limites du positivisme, et réveiller leur réceptivité vis-à-vis de la vérité, de Dieu et de sa bonté. De cette manière vous aiderez aussi les jeunes à former leur conscience qui, enrichie par la foi, ouvre un chemin sûr vers la paix intérieure et vers le respect envers les autres (…). Nous observons aujourd’hui une certaine timidité face à la catégorie du bien, et une chasse inconsidérée et irraisonnée de nouveautés à la mode, comme réalisation de la liberté. Nous sommes témoins de la conviction que chaque expérience a une valeur égale, et des réticences à admettre les imperfections et les erreurs. Et elle est particulièrement inquiétante la réduction du domaine précieux et délicat de l’éducation sexuelle pour la gestion di ‘risque’, privée qu’elle est de toute référence à la beauté de l’amour conjugal.

« Comment les éducateurs chrétiens peuvent-ils répondre ? Ces développements dangereux mettent en évidence l’urgence particulière de ce que nous pourrions appeler la ‘charité intellectuelle’. Cet aspect de la charité demande à l’éducateur de reconnaître que la responsabilité profonde de conduire les jeunes à la vérité, n’est rien d’autre qu’un acte d’amour (…). En pratique, la ‘charité intellectuelle’ soutient l’unité essentielle de la connaissance, contre la fragmentation qui en découle quand la raison est détachée de la poursuite et de la recherche de la vérité… Une fois que la passion pour la plénitude et pour l’unité de la vérité a été réveillée, les jeunes goûteront très certainement la découverte que la question sur ce qu’ils peuvent connaître, les ouvre à la vaste aventure de ce qu’ils devraient faire. Là, ils expérimentent ‘en qui’ et ‘en quoi’ il est possible d’espérer, et ils seront inspirés pour pouvoir apporter leur contribution à la société d’une manière qui engendre l’espérance chez les autres ».

« Chers amis, je désire conclure en attirant votre attention spécifiquement sur l’importance éminente de votre compétence et de votre témoignage au sein de nos Universités et Ecoles catholiques. Avant tout, permettez-moi de vous remercier pour votre dévouement et votre générosité 
(…). Je désire réaffirmer la grande valeur de la liberté académique (…). Toutefois, c’est aussi le cas de rappeler que chaque appel au principe de liberté académique pour justifier des positions qui sont contraires à la foi et à l’enseignement de l’Eglise, empêcherait ou même trahirait l’identité et la mission de l’Université (… ). Les enseignants et les administrateurs, dans les Universités et dans les Ecoles, ont le devoir et le privilège de s’assurer que les étudiants reçoivent une instruction dans la doctrine et dans la pratique catholique. Cela requiert que le témoignage public rendu à la manière d’appartenir au Christ, comme cela découle de l’Evangile et est proposé par le Magistère de l’Eglise, modèle chaque aspect de la vie institutionnelle, à l’intérieur et à l’extérieur des salles scolaires (…). Je désire aussi exprimer une parole d’encouragements aux enseignants de catéchèse, laïcs et religieux, qui se battent pour veiller à ce que les jeunes deviennent chaque jour plus capables d’apprécier le don de la foi (…). Il est nécessaire que les enseignants aient une compréhension claire et précise de la nature spécifique de l’éducation catholique et de son rôle (…). Je désire adresser un appel spécial aux religieux, aux religieuses et aux prêtres : n’abandonnez pas l’apostolat scolaire ; au contraire, renouvelez votre dévouement en faveur des écoles, et spécialement envers celles qui se trouvent dans les régions les plus pauvres… J’encourage les religieux présents à mettre un enthousiasme nouveau dans la promotion des vocations. Sachez que votre témoignage en faveur de l’idéal de la consécration et le la mission ‘au milieu’ des jeunes, est une source de grande inspiration dans la foi, pour eux et pour leurs familles ».

« A vous tous, je dis : soyez témoins d’espérance ! Alimentez votre témoignage avec la prière ».


Mardi 22 avril 2008
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Les élections qui ont eu lieu hier au Paraguay sont historiques à plus d'un titre (v. par ex., l'article du Figaro, ICI ou celui de Radio Canada, ICI).

(Photo AFP- Pablo Porciuncula)

D'une part, parce que le candidat de l'opposition qui vient d'être élu, M. Fernando Lugo, était évêque catholique de San Pedro, région parmi les plus pauvre du pays, jusqu'en décembre 2006, date à laquelle il a renoncé à sa charge pour briguer la présidence du pays.

D'autre part, cet évêque était très engagé dans la lutte contre la pauvreté et l'action en faveur des plus défavorisé, a connu l'exil au Vatican du temps de la dictature.

Enfin, parce que la grande popularité qu'il a tiré de son engagement religieux et caritatif lui a permis de mettre fin au règne du parti Colorado qui dirige le Paraguay depuis... 60 ans.

Souhaitons qu'il ne renie ni sa foi, ni l'Evangile, lorsqu'il sera lancé dans l'action politique, mais qu'il les garde comme guides constants.


Lundi 21 avril 2008
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Après avoir accueilli et remercier le Pape de son discours, le secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-Moon, lui a rendu un grand hommage. En voici quelques citations :


« De multiples manières, notre mission nous unit à la vôtre. Vous avez parlé du terrible défi de la pauvreté affectant une si grande part de la population, et expliqué que nous ne pouvons pas nous permettre l'indifférence et l'isolement égoïste. Vous avez encouragé la non prolifération des armes nucléaires et appelé à un désarmement nucléaire progressif et d'un commun accord ». « Vous avez dit clairement que ceux qui ont davantage de pouvoir n'ont pas le droit de l'utiliser pour violer les droits des autres, et affirmé que la paix est basée sur le respect des droits de tous. Vous avez parlé des ressources d'eau et des changements climatiques comme des questions d'importance cruciale pour la famille humaine tout entière ».


« Je suis profondément reconnaissant à Sa Sainteté le pape Benoît XVI de nous transmettre un peu de sa foi - et de nous faire confiance... Puissions-nous être fortifiés par sa visite aujourd'hui ».


« Laissez-moi exprimer ma grande appréciation pour la précieuse contribution du Saint-Siège dans le travail de l'Assemblée générale et en particulier pour votre rôle important dans la promotion de la justice sociale, dans l'éducation et le soulagement de la pauvreté et de la faim à travers le monde ».

 

Merci M. le Secrétaire général.


Lundi 21 avril 2008
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Voici le texte du riche discours prononcé vendredi 18 avril 2008 par le Pape Benoit XVI devant l'Assemblée générale des Nations unis.

________




"Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,


En m'adressant à cette Assemblée, j'aimerais avant tout vous exprimer, Monsieur le Président, ma vive reconnaissance pour vos aimables paroles. Ma gratitude va aussi au Secrétaire général, Monsieur Ban Ki-moon, qui m'a invité à venir visiter le Siège central de l'Organisation, et pour l'accueil qu'il m'a réservé. Je salue les Ambassadeurs et les diplomates des Pays membres et toutes les personnes présentes. À travers vous, je salue les peuples que vous représentez ici. Ils attendent de cette institution qu'elle mette en œuvre son inspiration fondatrice, à savoir constituer un « centre pour la coordination de l'activité des Nations unies en vue de parvenir à la réalisation des fins communes » de paix et de développement (cf. Charte des Nations unies, art. 1.2-1.4). Comme le Pape Jean-Paul II l'exprimait en 1995, l'Organisation devrait être un « centre moral, où toutes les nations du monde se sentent chez elles, développant la conscience commune d'être, pour ainsi dire, une famille de nations » (Message à l'Assemblée générale des Nations unies pour le 50e anniversaire de la fondation, New York, 5 octobre 1995).


À travers les Nations unies, les États ont établi des objectifs universels qui, même s'ils ne coïncident pas avec la totalité du bien commun de la famille humaine, n'en représentent pas moins une part fondamentale. Les principes fondateurs de l'Organisation - le désir de paix, le sens de la justice, le respect de la dignité de la personne, la coopération et l'assistance humanitaires - sont l'expression des justes aspirations de l'esprit humain et constituent les idéaux qui devraient sous-tendre les relations internationales. Comme mes prédécesseurs Paul VI et Jean-Paul II l'ont affirmé depuis cette même tribune, tout cela fait partie de réalités que l'Église catholique et le Saint-Siège considèrent avec attention et intérêt, voyant dans votre activité un exemple de la manière dont les problèmes et les conflits qui concernent la communauté mondiale peuvent bénéficier d'une régulation commune. Les Nations unies concrétisent l'aspiration à « un degré supérieur d'organisation à l'échelle internationale » (Jean-Paul II, Encycl. Sollicitudo rei socialis, n. 43), qui doit être inspiré et guidé par le principe de subsidiarité et donc être capable de répondre aux exigences de la famille humaine, grâce à des règles internationales efficaces et à la mise en place de structures aptes à assurer le déroulement harmonieux de la vie quotidienne des peuples. Cela est d'autant plus nécessaire dans le contexte actuel où l'on fait l'expérience du paradoxe évident d'un consensus multilatéral qui continue à être en crise parce qu'il est encore subordonné aux décisions d'un petit nombre, alors que les problèmes du monde exigent, de la part de la communauté internationale, des interventions sous forme d'actions communes.


En effet, les questions de sécurité, les objectifs de développement, la réduction des inégalités au niveau local et mondial, la protection de l'environnement, des ressources et du climat, requièrent que tous les responsables de la vie internationale agissent de concert et soient prêts à travailler en toute bonne foi, dans le respect du droit, pour promouvoir la solidarité dans les zones les plus fragiles de la planète. Je pense en particulier à certains pays d'Afrique et d'autres continents qui restent encore en marge d'un authentique développement intégral, et qui risquent ainsi de ne faire l'expérience que des effets négatifs de la mondialisation. Dans le contexte des relations internationales, il faut reconnaître le rôle primordial des règles et des structures qui, par nature, sont ordonnées à la promotion du bien commun et donc à la sauvegarde de la liberté humaine. Ces régulations ne limitent pas la liberté. Au contraire, elles la promeuvent quand elles interdisent des comportements et des actions qui vont à l'encontre du bien commun, qui entravent son exercice effectif et qui compromettent donc la dignité de toute personne humaine. Au nom de la liberté, il doit y avoir une corrélation entre droits et devoirs, en fonction desquels toute personne est appelée à prendre ses responsabilités dans les choix qu'elle opère, en tenant compte des relations tissées avec les autres. Nous pensons ici à la manière dont les résultats de la recherche scientifique et des avancées technologiques ont parfois été utilisés. Tout en reconnaissant les immenses bénéfices que l'humanité peut en tirer, certaines de leurs applications représentent une violation évidente de l'ordre de la création, au point non seulement d'être en contradiction avec le caractère sacré de la vie, mais d'arriver à priver la personne humaine et la famille de leur identité naturelle. De la même manière, l'action internationale visant à préserver l'environnement et à protéger les différentes formes de vie sur la terre doit non seulement garantir un usage rationnel de la technologie et de la science, mais doit aussi redécouvrir l'authentique image de la création. Il ne s'agira jamais de devoir choisir entre science et éthique, mais bien plutôt d'adopter une méthode scientifique qui soit véritablement respectueuse des impératifs éthiques.


La reconnaissance de l'unité de la famille humaine et l'attention portée à la dignité innée de toute femme et de tout homme reçoivent aujourd'hui un nouvel élan dans le principe de la responsabilité de protéger. Il n'a été défini que récemment, mais il était déjà implicitement présent dès les origines des Nations unies et, actuellement, il caractérise toujours davantage son activité. Tout État a le devoir primordial de protéger sa population contre les violations graves et répétées des droits de l'homme, de même que des conséquences de crises humanitaires liées à des causes naturelles ou provoquées par l'action de l'homme. S'il arrive que les États ne soient pas en mesure d'assurer une telle protection, il revient à la communauté internationale d'intervenir avec les moyens juridiques prévus par la Charte des Nations unies et par d'autres instruments internationaux. L'action de la communauté internationale et de ses institutions, dans la mesure où elle est respectueuse des principes qui fondent l'ordre international, ne devrait jamais être interprétée comme une coercition injustifiée ou comme une limitation de la souveraineté. À l'inverse, c'est l'indifférence ou la non-intervention qui causent de réels dommages. Il faut réaliser une étude approfondie des modalités pour prévenir et gérer les conflits, en utilisant tous les moyens dont dispose l'action diplomatique et en accordant attention et soutien même au plus léger signe de dialogue et de volonté de réconciliation.


Le principe de la « responsabilité de protéger » était considéré par l'antique ius gentium comme le fondement de toute action entreprise par l'autorité envers ceux qui sont gouvernés par elle : à l'époque où le concept d'État national souverain commençait à se développer, le religieux dominicain Francisco De Vitoria, considéré à juste titre comme un précurseur de l'idée des Nations unies, décrivait cette responsabilité comme un aspect de la raison naturelle partagé par toutes les nations, et le fruit d'un droit international dont la tâche était de réguler les relations entre les peuples. Aujourd'hui comme alors, un tel principe doit faire apparaître l'idée de personne comme image du Créateur, ainsi que le désir d'absolu et l'essence de la liberté. Le fondement des Nations unies, nous le savons bien, a coïncidé avec les profonds bouleversements dont a souffert l'humanité lorsque la référence au sens de la transcendance et à la raison naturelle a été abandonnée et que par conséquent la liberté et la dignité humaine furent massivement violées. Dans de telles circonstances, cela menace les fondements objectifs des valeurs qui inspirent et régulent l'ordre international et cela mine les principes intangibles et coercitifs formulés et consolidés par les Nations unies. Face à des défis nouveaux répétés, c'est une erreur de se retrancher derrière une approche pragmatique, limitée à mettre en place des « bases communes », dont le contenu est minimal et dont l'efficacité est faible.


La référence à la dignité humaine, fondement et fin de la responsabilité de protéger, nous introduit dans la note spécifique de cette année, qui marque le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l'homme. Ce document était le fruit d'une convergence de différentes traditions culturelles et religieuses, toutes motivées par le désir commun de mettre la personne humaine au centre des institutions, des lois et de l'action des sociétés, et de la considérer comme essentielle pour le monde de la culture, de la religion et de la science. Les droits de l'homme sont toujours plus présentés comme le langage commun et le substrat éthique des relations internationales. Tout comme leur universalité, leur indivisibilité et leur interdépendance sont autant de garanties de protection de la dignité humaine. Mais il est évident que les droits reconnus et exposés dans la Déclaration s'appliquent à tout homme, cela en vertu de l'origine commune des personnes, qui demeure le point central du dessein créateur de Dieu pour le monde et pour l'histoire. Ces droits trouvent leur fondement dans la loi naturelle inscrite au cœur de l'homme et présente dans les diverses cultures et civilisations. Détacher les droits humains de ce contexte signifierait restreindre leur portée et céder à une conception relativiste, pour laquelle le sens et l'interprétation des droits pourraient varier et leur universalité pourrait être niée au nom des différentes conceptions culturelles, politiques, sociales et même religieuses. La grande variété des points de vue ne peut pas être un motif pour oublier que ce ne sont pas les droits seulement qui sont universels, mais également la personne humaine, sujet de ces droits.


À la fois nationale et internationale, la vie de la communauté met clairement en évidence que le respect pour les droits et pour les garanties qui leur sont attachées sont la mesure du bien commun, utilisée pour apprécier le rapport entre justice et injustice, développement et pauvreté, sécurité et conflits. La promotion des droits de l'homme demeure la stratégie la plus efficace quand il s'agit de combler les inégalités entre des pays et des groupes sociaux, quand il s'agit aussi de renforcer la sécurité. En effet les victimes de la misère et du désespoir dont la dignité humaine est impunément violée, deviennent des proies faciles pour les tenants du recours à la violence et deviennent à leur tour des destructeurs de paix. Pourtant le bien commun que les droits de l'homme aident à réaliser ne peut pas être atteint en se contentant d'appliquer des procédures correctes ni même en pondérant des droits en opposition. Le mérite de la Déclaration universelle a été d'ouvrir à des cultures, à des expressions juridiques et à des modèles institutionnels divers la possibilité de converger autour d'un noyau fondamental de valeurs et donc de droits : mais c'est un effort qui, de nos jours, doit être encore plus soutenu face à des instances qui cherchent à réinterpréter les fondements de la Déclaration et à compromettre son unité interne pour favoriser le passage de la protection de la dignité humaine à la satisfaction de simples intérêts, souvent particuliers. La Déclaration a été adoptée comme « un idéal commun qui est à atteindre » (Préambule) et elle ne peut pas être utilisée de manière partielle, en suivant des tendances ou en opérant des choix sélectifs qui risquent de contredire l'unité de la personne humaine et donc l'indivisibilité de ses droits.


Nous constatons souvent dans les faits une prédominance de la légalité par rapport à la justice quand se manifeste une attention à la revendication des droits qui va jusqu'à les faire apparaître comme le résultat exclusif de dispositions législatives ou de décisions normatives prises par les diverses instances des autorités en charge. Quand ils sont présentés sous une forme de pure légalité, les droits risquent de devenir des propositions de faible portée, séparés de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin. La Déclaration universelle a en effet réaffirmé avec force la conviction que le respect des droits de l'homme s'enracine avant tout sur une justice immuable, sur laquelle la force contraignante des proclamations internationales est aussi fondée. C'est un aspect qui est souvent négligé quand on prétend priver les droits de leur vraie fonction au nom d'une perspective utilitariste étroite. Parce que les droits et les devoirs qui leur sont liés découlent naturellement de l'interaction entre les hommes, il est facile d'oublier qu'ils sont le fruit du sens commun de la justice, fondé avant tout sur la solidarité entre les membres du corps social et donc valable dans tous les temps et pour tous les peuples. C'était une intuition exprimée, dès le Ve siècle après Jésus Christ, par l'un des maîtres de notre héritage intellectuel, Augustin d'Hippone. Il enseignait que « le précepte : ‘Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse, ne le fais pas à autrui' ne peut en aucune façon varier en fonction de la diversité des peuples » (De Doctrina Christiana III, 14). Les droits de l'homme exigent alors d'être respectés parce qu'ils sont l'expression de la justice et non simplement en raison de la force coercitive liée à la volonté des législateurs.


Mesdames et Messieurs,


À mesure que l'on avance dans l'histoire, de nouvelles situations surgissent et l'on cherche à y attacher de nouveaux droits. Le discernement, c'est-à-dire la capacité de distinguer le bien du mal, est encore plus nécessaire quand sont en jeu des exigences qui appartiennent à la vie et à l'action de personnes, de communautés et de peuples. Quand on affronte le thème des droits, qui mettent en jeu des situations importantes et des réalités profondes, le discernement est une vertu à la fois indispensable et féconde.


Le discernement nous amène alors à souligner que laisser aux seuls États, avec leurs lois et leurs institutions, la responsabilité ultime de répondre aux aspirations des personnes, des communautés et de peuples tout entier peut parfois entraîner des conséquences rendant impossible un ordre social respectueux de la dignité de la personne et de ses droits. Par ailleurs, une vision de la vie solidement ancrée dans la dimension religieuse peut permettre d'y parvenir, car la reconnaissance de la valeur transcendante de tout homme et de toute femme favorise la conversion du cœur, ce qui conduit alors à un engagement contre la violence, le terrorisme ou la guerre, et à la promotion de la justice et de la paix. Cela favorise aussi un milieu propice au dialogue interreligieux que les Nations unies sont appelées à soutenir comme elles soutiennent le dialogue dans d'autres domaines de l'activité humaine. Le dialogue doit être reconnu comme le moyen par lequel les diverses composantes de la société peuvent confronter leurs points de vue et réaliser un consensus autour de la vérité concernant des valeurs ou des fins particulières. Il est de la nature des religions librement pratiquées de pouvoir mener de manière autonome un dialogue de la pensée et de la vie. Si, à ce niveau là aussi, la sphère religieuse est séparée de l'action politique, il en ressort également de grands bénéfices pour les personnes individuelles et pour les communautés. D'autre part, les Nations unies peuvent compter sur les fruits du dialogue entre les religions et tirer des bénéfices de la volonté des croyants de mettre leur expérience au service du bien commun. Leur tâche est de proposer une vision de la foi non pas en termes d'intolérance, de discrimination ou de conflit, mais en terme de respect absolu de la vérité, de la coexistence, des droits et de la réconciliation.


Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant. Au cours des dernières années, l'action des Nations unies a permis que le débat public offre des points de vue inspirés par une vision religieuse dans toutes ses dimensions y compris le rite, le culte, l'éducation, la diffusion d'information et la liberté de professer et de choisir sa religion. Il n'est donc pas imaginable que des croyants doivent se priver d'une partie d'eux-mêmes - de leur foi - afin d'être des citoyens actifs. Il ne devrait jamais être nécessaire de nier Dieu pour jouir de ses droits. Il est d'autant plus nécessaire de protéger les droits liés à la religion s'ils sont considérés comme opposés à une idéologie séculière dominante ou à des positions religieuses majoritaires, de nature exclusive. La pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion et donc la possibilité pour les croyants de participer à la construction de l'ordre social. Ils le font effectivement à l'heure actuelle par exemple à travers leur engagement efficace et généreux dans un vaste réseau d'initiatives qui va des Universités, des Instituts scientifiques et des écoles, jusqu'aux structures qui promeuvent la santé et aux organisations caritatives au service des plus pauvres et des laissés-pour-compte. Refuser de reconnaître l'apport à la société qui s'enracine dans la dimension religieuse et dans la recherche de l'Absolu - qui par nature exprime une communion entre les personnes - reviendrait à privilégier dans les faits une approche individualiste et, ce faisant, à fragmenter l'unité de la personne.


Ma présence au sein de cette Assemblée est le signe de mon estime pour les Nations unies et elle veut aussi manifester le souhait que l'Organisation puisse être toujours davantage un signe d'unité entre les États et un instrument au service de toute la famille humaine. Elle manifeste aussi la volonté de l'Église catholique d'apporter sa contribution aux relations internationales d'une manière qui permette à toute personne et à tout peuple de sentir qu'ils ont leur importance. D'une manière qui est en harmonie avec sa contribution au domaine éthique et moral et à la libre activité de sa foi, l'Église travaille aussi à la réalisation de ces objectifs à travers l'activité internationale du Saint-Siège. Le Saint-Siège a en effet toujours eu sa place dans les assemblées des Nations tout en manifestant son caractère spécifique comme sujet dans le domaine international. Comme les Nations unies l'ont récemment confirmé, le Saint-Siège apporte aussi sa contribution selon les dispositions du droit international, aidant à la définition de ce droit et y recourant.


Les Nations unies demeurent un lieu privilégié où l'Église s'efforce de partager son expérience « en humanité », qui a mûri tout au long des siècles parmi les peuples de toute race et de toute culture, et de la mettre à la disposition de tous les membres de la Communauté internationale. Cette expérience et cette activité, qui visent à obtenir la liberté pour tout croyant, cherchent aussi à assurer une protection plus grande aux droits de la personne. Ces droits trouvent leur fondement et leur forme dans la nature transcendante de la personne, qui permet aux hommes et aux femmes d'avancer sur le chemin de la foi et de la recherche de Dieu dans ce monde. Il faut renforcer la reconnaissance de cette dimension si nous voulons soutenir l'espérance de l'humanité en un monde meilleur et si nous voulons créer les conditions pour la paix, le développement, la coopération et la garantie des droits pour les générations à venir.


Dans ma récente encyclique Spe salvi, je rappelais que « la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération » (n. 25). Pour les chrétiens, cette tâche trouve sa justification dans l'espérance qui jaillit de l'œuvre salvifique de Jésus Christ. C'est pourquoi l'Église est heureuse d'être associée aux activités de cette honorable Organisation qui a la responsabilité de promouvoir la paix et la bonne volonté sur toute la terre. Chers Amis, je vous remercie de m'avoir permis de m'adresser à vous aujourd'hui et je vous promets le soutien de mes prières pour que vous poursuiviez votre noble tâche.


Avant de prendre congé de cette illustre Assemblée, je voudrais adresser mes souhaits dans les langues officielles à toutes les nations qui y sont représentées :

[En anglais; en français; en espagnol; en arabe; en chinois; en russe:] Paix et prospérité, avec l'aide de Dieu !

Merci !


Lundi 21 avril 2008
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LE MOIS DE MAI, "MOIS DE MARIE"


« Le mois de mai nous encourage à penser à [Marie] et à en parler d'une façon particulière. C'est en effet son mois. Le temps de l'Année liturgique et ce mois de mai nous invitent à ouvrir nos cœurs à Marie d'une façon toute spéciale » (Jean-Paul II, Audience générale du 2 mai 1979).

 


    La dédicace d'un mois à une dévotion particulière est une forme de piété populaire relativement récente dont on ne trouve guère l’usage général avant le XVIII° siècle.


        Le mois de saint Joseph, mars, né à Viterbe, fut approuvé par Pie IX (12 juin 1855) ; le mois du Rosaire, octobre, né en Espagne, fut approuvé par Pie IX (28 juillet 1868) et demandé par Léon XIII (1883) ; le mois du Sacré-Cœur, juin, né au couvent des Oiseaux de Paris en 1833 et encouragé par Mgr. de Quelen, fut approuvé par Pie IX (8 mai 1873) ; on connaît encore le mois du saint Nom de Jésus approuvé par Léon XIII en 1902 (janvier), le mois du Précieux Sang approuvé par Pie IX en 1850 (juillet), le mois du Cœur Immaculé de Marie (août), le mois de Notre-Dame des Douleurs approuvé par Pie IX en 1857 (septembre), le mois des âmes du Purgatoire approuvé par Léon XIII en 1888 (novembre), le mois de l'Immaculée Conception (décembre)...


Le « mois de Marie » qui est le plus ancien de ces mois consacrés, vit le jour à Rome, peut-être autour du collège romain des Jésuites, d'où il se diffusa dans les Etats Pontificaux, puis dans le reste de l'Italie et enfin dans toute la catholicité. La promotion du « mois de Marie » doit beaucoup aux Jésuites, singulièrement au P. Jacolet qui publia le « Mensis Marianus » à Dillingen en 1724, au P. Dionisi qui publia le « mese di Maria », à Rome en 1725, et au P. Lalomia qui publia le « mese di Maria assia il mese di maggio » à Palerme en 1758. Après eux, vint le « mese di Maria » que publia le P. Alphonse Muzzarelli à Ferrare en 1785, qui connut plus de cent cinquante éditions en un siècle, et qui fut traduit en français, en espagnol, en portugais, en anglais et en arabe. Avec le P. Muzzarelli, il ne s'agit plus de méditer seulement la vie, les vertus et les privilèges de la Sainte Vierge, mais, de s’en inspirer pour sanctifier la vie quotidienne en pratiquant chaque jour une vertu. Ainsi, chaque jour du mois du mai, les fidèles méditent une vérité de la vie chrétienne en fonction de laquelle ils s’imposent une pratique particulière, puis font une invocation et chantent un cantique à Marie.

 

Grâce aux ouvrages des P.P. Lalomia et Muzzarelli, le « Mois de Marie » atteint la France à la veille de la Révolution. La vénérable Louise de France, fille de Louis XV et prieure du carmel de Saint-Denis, fit traduire le livre du P. Lalomia dont elle fut une zélée propagatrice. Cet usage n'eut un caractère général qu'avec les missions populaires de la Restauration, après qu'il fut officiellement approuvé et enrichi d'indulgences par le Saint-Siège (21 novembre 1815). Après les jansénistes, le clergé constitutionnel était farouchement opposé à cette dévotion et l'on sait que Mgr Belmas, évêque concordataire de Cambrai, jadis évêque constitutionnel de l’Aude, en fut un adversaire résolu : après l'approbation de Pie VII, « on tenta de l'introduire au Grand Séminaire, sans son autorisation. Le mois devait s'ouvrir par un salut très solennel. Déjà les cierges étaient allumés à profusion sur l'autel. Prévenu, il les fit éteindre et contremanda la cérémonie. »

 

Si les Jésuites semblent bien avoir été les initiateurs du « Mois de Marie », les Camilliens revendiquent l'honneur de l'avoir inauguré dans sa forme actuelle, en 1784, dans l'église de la Visitation de Ferrare. Selon beaucoup, les Jésuites n’auraient fait que codifier des pratiques antérieures et, surtout, en souligner l'élaboration familiale. Ils recommandaient que, la veille du premier mai, dans chaque appartement, on dressât un autel à Marie, orné de fleurs et de lumières, devant quoi, chaque jour du mois, la famille se réunirait pour réciter quelques prières en l'honneur de la Sainte-Vierge avant de tirer au sort un billet qui indiquerait la vertu à pratiquer le lendemain.

 

En effet, on se souvient qu'au XIII° siècle, le roi de Castille, Alphonse X le Sage (1239-1284), avait déjà associé dans un de ses chants la beauté de Marie et le mois de mai. Au siècle suivant, le bienheureux dominicain Henri Suso avait, durant l'époque des fleurs, l'habitude de tresser des couronnes pour les offrir, au premier jour de mai, à la Vierge. En 1549, un bénédictin, V. Seidl, avait publié un livre intitulé « Le mois de mai spirituel », alors que saint Philippe Néri exhortait déjà les jeunes gens à manifester un culte particulier à Marie pendant le mois de mai où il réunissait les enfants autour de l'autel de la Sainte Vierge pour lui offrir, avec les fleurs du printemps, les vertus qu'il avait fait éclore dans leurs jeunes âmes. A Cologne, en 1664, les élèves des Jésuites pratiquaient déjà, au mois de mai, des exercices de piété en l'honneur de Marie, tandis qu'en Alsace, des jeunes filles, appelées Trimazettes, quêtaient de porte en porte pour orner de fleurs l'autel de la Sainte Vierge. Le jésuite Nadisi ne rapproche le culte marial du mois de mai qu'en citant épisodiquement Henri Suso dans son « Mensis Marialis » (1654) ; un « Mois de Marie », paru à Molsheim en 1699, probablement sous la plume du jésuite Vincke, ne faisait aucune mention de mai. Le capucin Laurent de Schniffis consacrait le mois de mai à Marie dans un recueil de trente poésies, « Moyen-Pjeiff », publié en 1692. Outre qu'au début du XVIII° siècle, l'église franciscaine et royale Sainte-Claire de Naples connaissait au mois de mai un office populaire marial quotidien suivi d'un salut du Saint-Sacrement, les dominicains de Fiesole, en 1701, décidaient d'honorer la Vierge tous les jours du mois de mai, ce qui se faisait aussi, près de Vérone, dans la paroisse de Grezzana (1734), et, un peu plus tard à Gênes (1747) et à Vérone (1774).

(à suivre)

Mgr Jacques Masson

 


Lundi 21 avril 2008
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Le voyage du Pape aux Etats-Unis apparait comme  un indéniable succès, en particulier en ce qu'il a envoyé les catholiques vers l'avenir en soldant courageusement les comptes d'un passé douloureux.

Pour un bilan, voir l'article de La Croix.com (
ICI) ou celui du blog de P. de Plunkett (ICI).

Lundi 21 avril 2008
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Le recueillement et la prière du Pape à ground zero furent incontestablement un temps très fort du déplacement du Saint Père aux Etats-Unis.



A consulter, l'article de La croix.com sur le sujet, d'où est tirée la photo c-dessus (ICI).


Voici le texte de la prière dite sur place par le Saint Père,
avant d'allumer un cierge, et de donner sa bénédiction :


"Ô Dieu d'amour, de compassion, et de guérison,

regarde vers nous, gens de différentes fois et traditions,

qui nous rassemblons aujourd'hui sur ce site,

théâtre d'une violence et d'une douleur incroyables.

Nous te demandons, dans ta bonté,

d'accorder la lumière éternelle et la paix

à tous ceux qui sont morts ici,

les héroïques secours d'urgence :

les pompiers, les agents de police,

les travailleurs du Samu, et le personnel de l'Autorité portuaire

ainsi que les innocents, hommes et femmes,

qui ont été victimes de cette tragédie,

simplement parce que leur travail ou leur service

les a conduits ici le 11 septembre 2001.

Nous te demandons ta compassion

et d'apporter la guérison à ceux

qui, à cause de leur présence ici ce jour-là,

souffrent de blessures et de maladies.

Guéris aussi la douleur des familles encore en deuil,

et tous ceux qui ont perdu des personnes chères dans cette tragédie.

Donne-leur la force de continuer à vivre avec courage et espérance.

Nous pensons aussi

à ceux qui sont morts, ont été blessés, et ont perdu des proches,

le même jour au Pentagone et à Shanksville, en Pennsylvanie.

Nos cœurs sont unis aux leurs,

tandis que nos prières embrassent leur douleur et leur souffrance.

Dieu de paix, apporte ta paix à notre monde violent :

paix dans les cœurs de tous les hommes et de toutes les femmes,

et paix aux Nations de la terre.

Conduis à tes voies d'amour

ceux dont les cœurs et les esprits

sont consumés par la haine.

Dieu de compréhension,

submergés par l'ampleur de cette tragédie,

nous cherchons ta lumière et  tes conseils

alors que nous sommes face à ces événements terribles.

Accorde à ceux dont la vie a été épargnée

de vivre en sorte que les vies perdues

n'aient pas été perdues en vain.

Réconforte-nous, console-nous,

fortifie-nous dans l'espérance,

et donne-nous la sagesse et le courage

de travailler inlassablement pour un monde

où règnent la paix et l'amour véritables,

dans les Nations et dans le cœur de chacun."





Lundi 21 avril 2008
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Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny

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