Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 12:59
- Par Pierre GABARRA

Mgr Masson, s'il était encore des nôtres en ce monde, se serait probablement amusé de l'émoi qui s'empare de certains groupes traditionalistes à l'annonce, par le Pape Benoît XVI, de son voyage à Assise en octobre prochain. Voici en quels termes cette annonce a été faire par le Saint-Père lui-même : 

 

"Chers frères et sœurs, dans le Message pour cette Journée de la Paix, j'ai eu l'occasion de souligner comment les grandes religions peuvent constituer un important facteur d'unité et de paix pour la famille humaine, et ai rappelé, à cette intention, qu'en cette année 2011 on fêtera le 25e anniversaire de la Journée Mondiale de Prière pour la Paix que le Vénérable Jean-Paul II convoqua à Assise en 1986. C'est pourquoi, en octobre prochain, je me rendrai en pèlerin dans la ville de saint François, en invitant à s'unir à ce chemin les frères chrétiens des différentes confessions, les représentants des traditions religieuses du monde et, idéalement, tous les hommes de bonne volonté, pour rendre mémoire à ce geste historique voulu par mon Prédécesseur et renouveler solennellement l'engagement des croyants de chaque religion à vivre sa propre foi religieuse comme un service pour la cause de la paix. Celui qui est en chemin vers Dieu ne peut pas ne pas transmettre la paix, celui qui construit la paix ne peut pas ne pas s'approcher de Dieu. Je vous invite à m'accompagner jusqu'à ce moment par votre prière à cette initiative.

"Dans ce contexte, je désire saluer et encourager tous ceux qui, hier soir et pendant la journée d'aujourd'hui, dans toute l'Église prient pour la paix et pour la liberté religieuse (...) [Angelus, 1er janvier 2011].

 

Grand émoi, donc, car s'il est une chose que détestèrent particulièrement les traditionalistes chez Jean-Paul II - entre autres choses, avec la défense des droits de l'homme, de la liberté religieuse, etc. - ce fut bien cette rencontre d'Assise. Feu l'abbé de Nantes († 15 février 2010), quoi qu'il répugnât, par son sens très sûr de soi-même, à intégrer le camp traditionaliste, en avait néanmoins synthétisé sur ce point la pensée à peu près commune, plus ou moins explicitée, plus ou moins consentie, en écrivant, à propos du discours explicatif de Jean-Paul II aux cardinaux, le 22 décembre 1986, relatif à cette réunion inter-confessionnelle :

 

"Ce discours n'est (...) point d'un catholique répétant d'anciennes vérités, ni d'un hérétique répétant d'anciennes erreurs, mais d'un hérésiarque, c'est-à-dire d'un créateur d'erreurs, d'un fondateur de secte nouvelle à la doctrine perfide, et pour tout dire antichrist" (CRC n° 230 de février 1987).

 

Le blogue du Petit Placide s'est agacé de cet émoi. Non sans raisons. Il n'est pas si loin le temps où ces mêmes traditionalistes inventaient le mot de "papolâtres" pour se moquer de ceux qui n'avaient que le nom de Jean-Paul II à la bouche, en faisaient prétendument une "vedette" et couraient partout où il allait pour y agiter des foulards. La réserve goguenarde des traditionalistes se posait alors en posture rationnelle de qui sait en toutes choses raison garder et faire la part du feu.

 

Or voici que vint le Pape Benoît XVI et tout changea. Tout changea, du moins, pour un certain nombre de traditionalistes, dont certains n'hésitèrent pas à voir enfin, chez le nouveau Pontife, la conversion papale tant attendue. Tout changea au moins en ceci que pour ceux-là la papolâtrie, ridicule hier, devenait soudain comme une expression naturelle, authentique, filiale, pour ne pas dire nécessaire, des vrais serviteurs de l'Eglise - ces vrais serviteurs qu'ils demeuraient, aujourd'hui dans la "fidélité", comme ils l'étaient hier, dans l'opposition. Il n'est désormais pas de lieu où le Pape aille où l'on ne se sente en devoir d'aller, pas d'endroit où l'on ne se sente en devoir de parler de lui, d'évoquer ses qualités, d'accrocher sa photo, de vendre ses ouvrages, sans paraître parfois réfléchir à leur contenu. Tout cela, au fond, pour un seul fait : la place que le Pape a reconnue à l'ancienne forme liturgique dans l'Eglise.

 

A y regarder pourtant de près, la "papolâtrie" d'hier, celle qui était fustigée, la papolâtrie en la forme ordinaire, si l'on peut dire, était moins ridicule que celle des nouveaux fans. Au moins avait-elle pour elle d'être sincère et loyale, qui n'entretenait généralement pas trop d'ambiguïtés sur son adhésion complète au magistère, y compris celui issu du deuxième Concile du Vatican. La papolâtrie en la forme extraordinaire, elle, a fait mine d'ignorer la perpétuation du discours du Pape Jean-Paul II par le Pape Benoît XVI, pourtant d'une évidence solaire, sur des chapitres majeurs, tels que la réception nécessaire du dernier Concile, la liberté religieuse, les droits de l'homme, le dialogue oecuménique. Au fond, a été poursuivie la même adhésion sélective qu'avec le Pontife précédent, mais inversée. Là où la première était sélective par réserves explicites, la seconde l'est devenue par prétérition. Elle fait mine d'ignorer les sujets qui fâchent, en couvrant les contradictions pourtant criantes qui en résultent par les bruyantes extases d'un volontarisme liturgique comblé.

 

A jouer ce jeu-là, on en avait oublié, jusqu'à l'indignation d'aujourd'hui, que le même Pape Benoît XVI n'était pas traditionaliste et qu'il avait déjà célébré dans la rencontre d'Assise de 1986, tellement honnie, un "message vibrant en faveur de la paix" et "un événement destiné à laisser un signe dans l’histoire de notre temps". C'était en septembre 2006, et le Saint-Père soulignait alors "la valeur de l’intuition qu’a eue Jean-Paul II (dont) l’actualité (apparaissait) à la lumière des événements qui ont eu lieu ces vingt dernières années, et de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité". Et le Pape ajoutait alors, en termes très forts :

 

"L’initiative promue il y a déjà vingt ans par Jean-Paul II prend le caractère d’une prophétie d’actualité. Son invitation aux leaders des religions du monde, pour un témoignage commun de paix, a permis de mettre en lumière, sans équivoque possible, que la religion ne peut être que porteuse de paix. Comme le concile Vatican II l’a enseigné dans la déclaration Nostra Aetate sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, « Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l'image de Dieu » (n. 5). Malgré les différences qui caractérisent les divers chemins religieux, la reconnaissance de l’existence de Dieu, à qui les hommes peuvent parvenir seulement à partir de l’expérience de la création, ne peut pas ne pas disposer les croyants à considérer les autres êtres humains comme des frères. Il n’est donc permis à personne de prendre argument de la différence religieuse comme présupposé ou prétexte à une attitude belliqueuse à l’égard d’autres êtres humains."

 

L'annonce de son intention de célébrer l'événement de 1986 passe dès lors, en l'état de cette ignorance du passé, comme une nouveauté, comme un hiatus incompréhensible et périlleux dont certains se sentent dès lors un devoir de mettre en garde le Pape lui-même : "Sainteté, fuyez l'esprit d'Assise", afin de ne pas "raviver les confusions syncrétistes". Après tout, rappelle-t-on, le cardinal Ratzinger n'avait-il pas lui-même, en son temps, averti le Pape Jean-Paul II des dangers de confusion provoqués par cette réunion d'Assise ? C'est juste, semble-t-il, mais, depuis lors, est intervenue la lettre aux cardinaux du 22 décembre 1986 évoquée plus haut, puis la Déclaration Dominus Iesus du 6 août 2000, qui ne laissent aucun doute sur la portée et les limites de l'événement. Or c'est en l'état notamment de la lettre de 1986 - à laquelle il n'est probablement pas étranger - que le même Joseph Ratzinger, cette fois devenu Pape, a repris explicitement en septembre 2006, dans le discours évoqué plus haut, cette formule contestée de "l'esprit d'Assise". Mettant en perspective le Concile Vatican II, la pensée de Jean-Paul II et la sienne propre, il apportait alors ces précisions :

 

"Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque sur ce que Jean-Paul II, en 1986, voulut réaliser et que, selon une de ses propres expressions, on appelle l’esprit d’Assise, il est important de ne pas oublier l’attention qui fut mise alors pour que la rencontre interreligieuse de prière ne soit pas prétexte à des interprétations syncrétiques, fondées sur une conception relativiste. C’est pourquoi, dès le début, Jean-Paul II a déclaré : « Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, ni de négocier nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent se réconcilier sur le plan d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Et il n’est pas davantage une concession au relativisme des croyances religieuses… » (Enseignements, cit., p. 1252). Je désire confirmer ce principe, qui constitue le présupposé de ce dialogue entre religions tel que, il y a déjà quarante ans, le Concile Vatican II souhaitait dans la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes."

 

L'émotion manifestée par certains groupes à l'annonce du voyage du Saint-Père à Assise est éclairante à plusieurs égards.

 

En premier lieu, elle manifeste - une fois de plus - leur volontarisme idéaliste, qui les porte, au lieu de chercher la vérité des choses, à envahir la réalité de leurs fantasmes, quitte à se mentir à eux-mêmes sur ce qu'elle est, à masquer ce qui les dérange et à s'illusionner, au fond, sur la consistance réelle de leurs fidélités, dont ils font si grand bruit contre les autres. 

 

En second lieu, elle instruit chacun sur l'attitude prudente à laquelle il faut toujours se contraindre. "Prudence chrétienne" ne veut pas dire auto-aveuglement, ni dans l'acceptation, ni dans le refus de ce qu'on peine objectivement à saisir. Devant la complexité des choses, elle signifie qu'il faut se résoudre à être interrogé par elles, à leur ouvrir notre intelligence, à admettre que l'on puisse ne pas tout comprendre, à accepter surtout d'être éclairé par d'autres, en particulier, en l'occurrence, par l'Eglise elle-même, maîtresse de vie et de vérité, qui a grâce d'état pour cela, dans une recherche de bonne foi, loyale, et un authentique souci catholique de discernement.

 

Le Pape Benoît XVI insiste, sur tous les tons, sur la nécessité du rapport de l'intelligence à la foi. La fidélité de chacun à l'Eglise ne consiste pas à moutonner benoîtement, si l'on peut dire, à proportion des approbations, appuis ou encouragements pontificaux que nos propres convictions ont pu recevoir, en quelque domaine que ce soit, en particulier liturgique, comme si le triomphe de notre subjectivisme en était la mesure. Elle consiste, comme toute obéissance humaine vertueuse, à entrer dans l'intention du Souverain Pontife, par un effort d'intelligence et de foi, pour que cette intention devienne nôtre et serve de guide intériorisé à notre fidélité. Il en est ainsi d'Assise comme de tout, comme de tout ce que certains groupes traditionalistes font encore mine d'ignorer, du deuxième Concile du Vatican jusqu'à nos jours.

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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 20:32
- Par L'Equipe d'Hermas

Alliance pour les Droits de la Vie.

 

Chers amis,

Vous faites partie des 39 450 premiers signataires de notre Appel contre l’euthanasie.

C’est le 25 janvier prochain que se déroulera ce débat à haut risque au Sénat, suivi d'un vote.

L’Alliance pour les Droits de la Vie est fortement mobilisée.

Exclusif : vous trouverez sur notre site www.fautpaspousser.com des informations inédites sur trois pays européens où l’euthanasie est aujourd’hui légale. Essentiel à connaître pour argumenter.

Aujourd’hui, nous avons besoin de vous pour augmenter encore le nombre de signataires et peser dans le débat.

Vous trouverez ci-dessous le message que nous vous proposons d’adresser autour de vous.

Restons mobilisés !

l'équipe de l'Alliance pour les Droits de la Vie

--------------------------------

Proposition de message de mobilisation d’urgence 

Objet : l’euthanasie arrive au Sénat le 25 janvier 2011.

Cher NN,

Connais-tu l'Appel Stop à l’euthanasie, et l'as-tu déjà signé ? C’est aujourd’hui urgent pour contribuer, avec l’Alliance pour les Droits de la Vie, à bloquer cette menace. Pour signer et avoir plus d’informations, voir www.fautpaspousser.com. A noter sur ce site : des infos exclusives sur ce qui se passe réellement dans les pays ayant légalisé l’euthanasie.

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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 07:52
- Par Mgr Michel Chafik

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Le ciel est bas et gris, il bruine sur Paris quand, sur le parvis de Notre-Dame, les croix coptes dessinent le coeur douloureux du Seigneur.

 

En ce 7 janvier, jour de la Nativité selon le calendrier julien , les coptes ont éprouvé le besoin de se réunir. De se réunir pour pleurer leurs morts, pour crier leur colère, pour témoigner aussi, envers et contre tout, de leur espérance.

 

Ils sont là, rassemblés autour de leurs prêtres, si proches de leurs abounas que ceux-ci en suffoquent.

 

Il y a beaucoup de jeunes parmi la foule. De nouveaux venus, arrivés les mains vides mais la foi chevillée à l’âme, ont les yeux noyés de nostalgie; d'autres, nés en France et parfaitement intégrés, conjuguent avec ferveur leur double identité.

 

Les témoignages se succèdent : Le clergé copte, ses fidèles, des représentants des différentes Eglises chrétiennes et de la société civile prennent tour à tour la parole.

 

Une jeune égyptienne vient réclamer les droits, incompatible en Intégrisme,  de vivre, de rire et de dire sa foi. Un algérien converti depuis peu au christianisme, un apostat pour la communauté musulmane, hurle son amour pour le Christ, un amour qui, comme tout amour, brûle, déchire et fait danser la vie. Une militante des droits de l'homme revendique, pour tous, la liberté de croire ou de ne pas croire; et rappelle que celle-ci est consubstantielle à la démocratie.  

 

Quand leurs frères restés au pays sont interdits de parole, les coptes de France parlent, ils parlent à perdre haleine. Ils chantent aussi, à tue-tête, pour calmer la colère qui, par spasmes, leur tord le cœur ; et, les mains levées vers le ciel, ils prient le Père, lui demandant le don de la paix.

 

La nuit tombe sur le parvis. Lentement Notre-Dame s’habille de lumière. Elle enveloppe de son ombre protectrice ses enfants souffrants qui, une dernière fois, entonnent pour les morts d’Alexandrie le chant des martyrs.

 

« Douce Mère des martyrs est si belle.

Le sang de tes enfants qui ruisselle,

L’océan des douleurs, tu traverses.

Et ta foi, en Jésus, tu professes. »

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de la Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte

WWW.notredame-egypte.fr

 

 

Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ». 

15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème.

 

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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 15:14
- Par L'Equipe d'Hermas

LIRE LA PRESENTATION DE LA QUESTION SUR FRANCE CATHOLIQUE :

CLIQUER ICI

 

Petition.jpg

pour signer la pétition

cliquer ici

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Jeudi 13 janvier 2011 4 13 /01 /Jan /2011 08:12
- Par L'Equipe d'Hermas

carte.jpg Mohammad Abed/AFP.- Le meurtre d’un Copte, mardi, par un policier a relancé les craintes de tensions confessionnelles en Égypte. Ce meurtre alourdit un climat déjà tendu, onze jours après un attentat meurtrier contre une église copte à Alexandrie, deuxième ville du pays, qui a fait 21 morts. Les obsèques de Fathi Saïd Ebeid, 71 ans, ont eu lieu hier dans une église du Caire, en présence de quelque 300 membres de la famille et amis. « On est en train de nous éliminer un à un », a lancé sa sœur Yvonne, en pleurs.

 

Le gouverneur de Minya, Ahmed Diaa Eddine, dont dépend Samalut (où a eu lieu le drame), a estimé que « l’acte du policier était lié à son état mental » et non à la religion. Il a affirmé que le policier « avait essayé de tirer sur deux musulmans qui tentaient de le maîtriser mais n’avait plus de munitions ».

 

Une version différente a toutefois été donnée par un religieux copte. Se fondant sur les témoignages des blessés, tous Coptes, le père Morcos, de l’évêché de Samalut, a assuré que le policier avait repéré un groupe comprenant des femmes ne portant pas le voile islamique. Comprenant qu’il s’agissait de Coptes, il a tiré sur eux en criant « Allah Akbar », a-t-il ajouté.      

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Mercredi 12 janvier 2011 3 12 /01 /Jan /2011 08:41
- Par Mgr Michel Chafik

 

copte.jpgPour les chrétiens d’Egypte, les fêtes ont un goût de cendre. L’année 2010 s’ouvrit sur le Noël sanglant de Nag-Hammadi, elle se referma sur l’attentat perpétré, la nuit de la Saint-Sylvestre, contre l’église des Deux-Saints d’Alexandrie. 

 

Comme dans un cauchemar, l’horreur se répète et la colère gronde chez les coptes qui ont du martyre une trop longue expérience. Après le drame, ils sont descendus dans la rue et se sont opposés aux forces de l’ordre peu enclines, lorsqu’ils sont menacés, à leur porter secours. Lors des obsèques, les fidèles ont imposé le silence à l’évêque Youanes chargé de leur transmettre les condoléances du président. L’Etat, comme toujours, tente de minimiser les faits et se refuse à reconnaître tout caractère confessionnel à l’attaque meurtrière.

 

Les coptes n’en peuvent plus des mensonges et des non-dits qui étouffent leur pays. Ils veulent en finir avec l’image d’Epinal d’une Egypte pacifique, conviviale, où chrétiens et musulmans vivraient en bonne intelligence. Le mythe de l’unité nationale est mort avec Sadate qui, pour se démarquer de son prédécesseur, a joué les apprentis-sorciers en initiant une politique d’islamisation de la société. Il en fut, ironie du sort, la victime la plus célèbre. 

 

S’il garde le contrôle du politique et de l’économique, le pouvoir actuel est absent du champ social, religieux et culturel. Les frères musulmans et les tenants du wahabbisme ont eu tout loisir d’infiltrer la société et d’en modifier en profondeur les références et les comportements. Sous leur influence, l’Egypte décréta l’interruption des programmes télévisés, cinq fois par jour à l’heure de la prière. Durant celle-ci, la vie se figea, on ne communiqua plus que par gestes. Dans les transports, on vit apparaître des voitures réservées aux voyageuses. Les femmes se coiffèrent du voile islamique tandis que les hommes laissèrent pousser leur barbe : autant de symboles qui contribuèrent à exacerber les antagonismes. C’en était fini du rêve alexandrin, de la coexistence heureuse des religions et des cultures. Celle que Lawrence Durrell surnommait « la capitale de la mémoire » s’enfonça, inexorablement, dans la peur, dans l’obscurantisme, dans le refus de l’autre. De toutes les frustrations, les chrétiens furent, plus que jamais, les boucs-émissaires.

 

L’Egypte est aujourd’hui un géant aux pieds d’argile arc-bouté entre archaïsme et post-modernisme. Qu’adviendra-t-il lorsqu’au terme de cette interminable fin de règne, Moubarak disparaîtra ?

 

Le calvaire enduré par les coptes n’est hélas pas un cas isolé. De l’Erythrée à Bagdad, d’Istanbul à Islamabad, les chrétiens sont, à des degrés divers, persécutés. Considérés comme des citoyens de seconde zone, des agents de l’Occident, des étrangers à ces terres dont ils furent pourtant les premiers convertis au Dieu unique, ils n’ont d’autres choix que l’exil, le reniement ou la mort. 

 

Pendant des années le monde a détourné les yeux, a choisi le silence. La communauté internationale, les Etats sans racines assumées qui la composent ont laissé faire. Les chrétiens d’Orient sont sans doute bien dérangeants ! Trop arabes, pour ne pas inquiéter et trop croyants, en ces temps marqués par le laïcisme triomphant. A chaque époque, ses Persans : comment peut-on être arabe et chrétien ?

 

L’horreur des images diffusées par les médias a, semble-t-il, arraché l’Occident à sa torpeur. On s’indigne enfin, enfin on se souvient qu’en d’autres contextes on fit usage du droit d’ingérence. Des députés se mobilisent quand la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, annonce qu’elle va prendre un certain nombre d’initiatives avec ses collègues européens pour assurer la protection des chrétiens d’Orient. Lors de ses vœux aux autorités religieuses, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a exprimé sa proximité avec les martyrs de Bagdad et d’Alexandrie. Ils sont « nos martyrs » a-t-il ajouté avant de dénoncer le plan « d’épuration » religieuse à l’œuvre au Moyen-Orient.

 

Si celui-ci devait aboutir, ce serait une tragédie, une double tragédie : pour  les chrétiens d’abord, contraints d’abandonner, la mort dans l’âme, leurs terres d’origine ; mais aussi pour les musulmans qui se verraient amputés, par cet exode, d’une part d’eux-mêmes. 

 

Pour que vive de nouveau le rêve alexandrin, chaque croyant doit reconnaître en l’autre, par delà ses différences, un frère, un semblable en qui Dieu est à l’œuvre.

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de le Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte

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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 08:43
- Par les PP. Nácar et Colunga - Traduction française : (c) Hermas

16. Règles à observer pour rechercher le sens littéral historique et le sens évangélique


Les règles herméneutiques de la recherche du sens historique sont condensées dans ces paroles d’Eutyme :

« Ceux qui lisent les Saintes Écritures, s'ils veulent atteindre leur sens et ne pas s'en tenir à la superficie de la lettre, doivent rechercher l'intention de celui qui parle, les dispositions de celui qui écoute, prendre garde aux lieux et aux temps, observer les particularismes et ne pas prendre également toutes les choses ».

 

En ce qui concerne la recherche du sens spirituel ou évangélique, plus parfait que le sens historique - puisque la tendance à la spiritualité et à la perfection est la norme de l'action divine sur l'homme - deux règles doivent être observées.

 

- La première est de maintenir l'unité logique de toutes les vérités révélées, qui fait d'elles un organisme parfait.

 

- La seconde est de tenir compte du progrès de la Révélation, de la tendance au développement logique de ces vérités, en partant des principes les plus élémentaires pour parvenir aux sommets les plus élevés.

 

L’attention portée à la fois à cette tendance ascensionnelle et au sens historique des lieux qui, sur chaque point de la doctrine révélée, forment comme une chaîne, permet de saisir l'expression implicite, dans des textes obscurs des premiers livres, de vérités contenues plus clairement dans des livres postérieurs, et ce jusqu'au Nouveau Testament, selon l'application de cet ancien adage : Vetus Testamentum in Novo patet, Novum in Vetere latet ; le sens de l’Ancien Testament apparaît dans le Nouveau, le sens du Nouveau Testament est en germe dans l’Ancien.

 

(à suivre)

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Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 08:30
- Par L'Equipe d'Hermas

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Samedi 25 décembre 2010 6 25 /12 /Déc /2010 13:10
- Par Mgr Michel CHAFIK


المجد لله في الاعالي وعلي الارض السلام
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre »

 

 

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NOEL 2010  
Chers amis,

Il est des traditions particulièrement douces. Pour rien au monde, je ne manquerais ce rendez-vous que je vous donne depuis près de dix ans maintenant, au crépuscule de l’année finissante, à l’aube de l’année nouvelle.

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. » (Qo 3,1)

L’année 2010 avait débuté sous les pires auspices. La révélation des crimes perpétrés avait blessé l’Eglise au plus intime mais, guidée par le Saint Père, dans la vérité et dans la compassion, elle fit face à la tourmente. Signe de la Providence, que 2010 ait été l’année du prêtre aida à dépasser les traumatismes, à panser les plaies. La célébration du sacerdoce vint, à point nommé, réactiver les liens si profonds qui unissent, membres d’un même corps, les prêtres et les fidèles. La voix de l’Eglise, un instant brouillée, put de nouveau porter haut et clair la Bonne Nouvelle.

Le mal avait attaqué l’Eglise de l’intérieur ; à l’extérieur, pareillement, les ténèbres s’épaississaient. En Orient, les témoins du Christ furent, plus que jamais, la cible du fanatisme et de l’obscurantisme. Annonçant leur disparition programmée, les Cassandre reprirent du service. Notre espérance s’en trouvait insidieusement entamée, quand le Pape réunit en synode les patriarches et les évêques du Moyen-Orient. Dans ce dialogue à plusieurs voix, la parole se libéra et les média s’en firent l’écho. Les instances internationales à leur tour s’emparèrent du sujet, demandant que soient respectés, pour les chrétiens aussi, les droits de l’homme.

Un des objectifs de ce synode, à l’issue duquel notre patriarche fut créé cardinal, semble d’ores et déjà atteint. Arraché à sa longue amnésie, le monde se souvient qu’il y a des chrétiens en Orient, que l’on peut être catholique autrement que latin, arabe et cependant chrétien.

Entre les deux rives du christianisme, tant de ponts sont à construire par la prière, la charité et les visites ! Convaincu que rien ne vaut que la rencontre, « la visitation » comme le disait un des évêques présents à Rome, j’ai accompagné en Egypte un groupe de pèlerins de Saint François de Sales ; des chrétiens soucieux de découvrir, non pas les pyramides-qui répètent au demeurant, du fond des âges, que  « l’homme ne vit pas seulement de pain »- mais l’Eglise Copte, une Eglise de la nativité, maternelle et féconde, fragile et rayonnante.

 L’Egypte se souvient avec fierté et humilité qu’elle a servi de refuge à la Sainte Famille, qu’elle a été le phare intellectuel, non pas tant de l’empire d’Alexandre, que de la chrétienté naissante avec Athanase et Cyrille, surtout et avant tout avec les pionniers du monachisme, Antoine et Pacôme. Sans la prière des moines, l’Eglise ne serait pas. Présents autant que jamais dans le désert, ils fécondent son sol aride, font lever dans les coeurs la semence divine.

« Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel » .

Aujourd’hui, temps de joie, de tendresse et de paix, Noël s’annonce, Noël est là. Que la grâce de la Nativité enveloppe d'un délicat cocon protecteur l’année à venir et que son temps, quel qu’il soit, clément ou chahuté, s’en trouve adouci.


Joyeux Noël et Bonne Année dans la sainte lumière de l’Emmanuel !

Mgr Michel Chafik
Recteur de la Mission Copte Catholique de Paris
http://www.notredame-egypte.fr/


    
-Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».
  15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème. Métro : la Chapelle.

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Vendredi 24 décembre 2010 5 24 /12 /Déc /2010 18:50
- Par L'Equipe d'Hermas
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