Communautés

Paroles d'évêque et de prêtre

Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 08:34

Par La rédaction

Le catholicisme espagnol se trouve confronté à une législation antichrétienne, beaucoup plus agressive qu’en France. Mais l’universalité de l’Eglise fait que cette souffrance est nôtre, et que nous entendons la porter comme telle. En outre elle exprime une expérience qui pourrait aussi nous servir, et qui nous sert déjà, de fait, par le courage et le sens chrétien qui l’accompagnent. Cette législation antichrétienne, qui porte les catholiques espagnols à en appeler ouvertement à l’objection de conscience, s’exerce en particulier dans le domaine de l’enseignement. C’est dans ce contexte que S.E. Mgr Antonio Cañizares, archevêque de Tolède, a prononcé une importante homélie, le 9 mai 2007, sur l'identité de l'école catholique, à l'occasion du 450ème anniversaire du Collège de Nuestra Señora de los Infantes de Tolède. Cette homélie, par sa teneur, n'est pas sans rappeler l'ouvrage consacré à ce sujet par Mgr Jean-Pierre Cattenoz, intitulé "Une charte pour l'enseignement catholique dans le diocèse d'Avignon" (Ed. Parole et Silence, 2007), dont la portée générale n'a cependant échappé à personne. Est-il utile de dire que tous les parents catholiques devraient le lire ?


Voici quelques extraits de l'homélie de Mgr Cañizares. Celle-ci constitue un sujet de réflexion pour les parents eux-mêmes, qui ont placé leurs enfants dans des écoles catholiques dont ils ont souvent des raisons de déplorer la pâleur et les compromissions. Puissent-ils être un encouragement pour tous ! [pour le texte complet : cf.]

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« (…) À école chrétienne, enseignants chrétiens. Ne craignez pas, ne restez pas en arrière, ne dissimulez pas la lumière chrétienne dans vos classes, dans vos relations dans l’établissement, avec les parents, avec la société, avec les élèves. Ne laissez pas la foi de côté, comme si elle n'avait rien à voir avec les sciences, avec les langues, avec les mathématiques, avec l'histoire, avec la gymnastique ou le sport. Elle a à voir avec tout, et n’est séparée de rien, sauf de l’erreur, de l’éloignement de Dieu et de la vérité. De même que la foi et la raison sont unies, ainsi en est-il de l’Eglise et de la tâche si belle et si grande de l'éducation. (…)

 
« (…) Nos critères dans l'école catholique sont ceux, en effet, qu’indique l'Église, présidée par le Successeur de Pierre, le pape, et les successeurs des Apôtres, les évêques, et toujours - ne l'oublions jamais - dans une communion étroite et inébranlable. Là est la garantie de notre survie. En marge de cette communion il n'y a d’avenir ni pour l’éducation, ni pour l'école catholique.

   
« (…) Je suis persuadé que nous vivons des moments très importants pour l'école catholique. Je crois que c’est plus que jamais son heure. Si elle n'existait pas, il faudrait la créer. La situation que nous vivons, marquée par une perte douloureuse d'humanité et, en même temps, par une aspiration à une humanité renouvelée, et dans la perspective d'une culture nouvelle qui soit sera véritablement humaine et religieuse, soit ne sera pas, il nous faut penser le rôle si important qu'est appelé à jouer l'école catholique. Nous devons offrir dans nos écoles une véritable alternative à l'enseignement qui est offert dans d'autres écoles, pour contribuer à une rénovation de la société depuis la contribution originale et humanisante de l'Evangile. Il faut le faire, clairement, à partir de la foi en Jésus-Christ, de la foi de l'Église, et, comme j'ai dit, en étroite communion avec elle. Nous savons qu'en agissant ainsi, nous n’allons pas à l’encontre de l’humain et du bien commun mais qu’au contraire nous les élargissons et les consolidons, comme la foi élargit la raison. Ne craignons pas d’offrir et de défendre cet apport avec toutes ses conséquences et ses exigences, sachant que nous défendons ainsi le droit humain fondamental à la véritable et à la pleine liberté d'enseignement. Parfois nous devrons marcher à contre-courant (…), mais cette marche est absolument nécessaire au bien de nos élèves, de nos familles, de notre société menacée. Quand sont en jeu le bien de la personne, son développement intégral, l’avenir de la société, une véritable anthropologie, des libertés et des droits fondamentaux, il faut ramer contre le courant et les vents défavorables, sans se décourager. Cela coûte, bien sûr, mais la fidélité à l'Evangile, qui est fidélité aux hommes, le réclame et elle est au-dessus de tout.

 
« (…) L'école catholique est et doit être un espace de liberté, un cadre d'éducation intégrale, avec un projet éducatif clair, transparent, fondé spécifiquement et fermement sur Jésus-Christ. Il ne s'agit pas d'une vague inspiration chrétienne, mais d'un établissement chrétien dans tout son projet, dans tous ses enseignements, dans toutes ses réalisations. L'école catholique met au centre l'exigence fondamentale de tout éducateur chrétien : transmettre la vérité non seulement par des mots, mais en la certifiant explicitement par l’exemple. En assurant un enseignement scolaire de qualité, l'école catholique propose une vision chrétienne de l'homme et du monde qui offre aux enfants et aux jeunes la possibilité d'un dialogue fécond entre la foi et la raison, une rencontre avec la vérité, pour être soutenus par elle et guidés en tout par elle. L'école catholique n'est pas un ghetto mais un espace d'universalité, ce qui suppose qu’elle soit fondée sur la vérité. Son devoir est de transmettre des valeurs à assimiler et la vérité à découvrir, avec la conscience et la certitude que toutes les valeurs humaines trouvent leur pleine réalisation et, en conséquence, leur unité dans le Christ. Une école au service de la vérité qui nous rend libres et qui se réalise dans l'amour, en faisant toute la lumière sur Jésus-Christ, qui est la vérité en personne, et non un être abstrait et irréel. Il n'est pas une création de l'homme, ni une idéologie.


« La transformation et l'incertitude culturelles, la mondialisation des échanges, le pluralisme de la société, la relativisation des valeurs, le scepticisme et le subjectivisme régnants, le relativisme moral et intellectuel, ou la désintégration tellement préoccupante du lien familial, produisent chez les enfants et les jeunes une vive inquiétude qui se reflète dans leur manière de vivre, d'apprendre et de se projeter dans l’avenir. Un tel contexte invite l'école catholique à proposer un projet éducatif véritable et propre qui permette aux enfants et aux jeunes non seulement d’acquérir une maturité humaine, morale et spirituelle, mais aussi de s’engager dans la transformation de la société, avec le souci de collaborer à la venue et à l'établissement du Royaume de Dieu parmi nous. Pour cela l'école catholique, avec clarté et persévérance, doit être en mesure d'offrir sa contribution véritable et originale au monde, à savoir le trésor caché de l'Evangile, pour construire la civilisation, la citoyenneté de l'amour, de la fraternité, de la solidarité et de la paix, laquelle se fonde toujours sur la vérité, la liberté, la justice et l'amour. Au centre de tout, la personne humaine, la dignité de tout être humain, l'établissement des droits humains fondamentaux, lesquels ne sont pas créés par les pouvoirs humains, et ne résultent pas davantage d’un consensus entre les hommes ou de majorités parlementaires, mais procèdent de l’être même de l'homme.

 
« Un cancer ronge l'éducation, comme aussi la société et la culture que reflète souvent l’école. Il consiste à la fois dans un relativisme gnoséologique et moral et dans l’oubli de la vérité de la personne, de la vérité de l’homme, inséparable de Dieu, dans l’oubli de la nature, de ce qui convient à l’homme par le fait qu’il en est un, dans l’oubli de la raison ou dans sa réduction à la raison seule, avec ses pathologies ou, plus concrètement, à la raison scientifico-technique, à la raison practico-instrumentale. On ne peut pas éduquer l'homme, quand, par exemple, on le réduit à une anthropologie dérivée d'une conception de l'homme seulement comme liberté, comme décision, comme subjectivité séparée de la vérité.


Nous devons faire tous nos efforts pour que notre enseignement soit compétent dans tous les aspects techniques, scientifiques, pédagogiques, professionnels. Avec moins moyens, nous devons être capables d'offrir plus de qualité d'enseignement et plus de rigueur. Mais ceci est insuffisant. Avant tout, nous devons chercher à ce que notre présence soit éminemment évangélisatrice. Evangéliser, c’est humaniser, c’est éduquer ; évangéliser, c’est mener à bien l'œuvre de rénovation de l'humanité avec des hommes et des femmes nouveaux, par la vérité et la nouveauté de l'Evangile ; évangéliser, c’est aider à apprendre l'art de vivre, d'être homme, en conformité avec celui qui est la vérité de l'homme : Jésus-Christ. Pour cela l'école catholique doit évangéliser en instruisant et instruire en évangélisant. Conscient de la noblesse et de la difficulté d'enseigner et d'instruire aujourd'hui, je demande de toutes mes forces et j’encourage de tout mon être tous ceux qui sont engagés dans l'école catholique – parents, professeurs et enseignants, directeurs –  à alimenter l’espérance des jeunes et, pour cela, à proposer inséparablement et simultanément l’acquisition d'un savoir le plus vaste et le plus profond possible, et une éducation exigeante et persévérante dans la vérité, dans la véritable liberté humaine, et dans l’introduction à l’idéal le plus élevé et le plus exigeant, qui est Jésus-Christ et son message évangélique. Conduire les élèves à rencontrer la personne du Christ est le mieux que nous puissions offrir dans le domaine de l’éducation, par le moyen de l’enseignement ; pour cette raison, c’est une grande contribution au service de ce qu’est l’école. Une école catholique évangélisatrice est une véritable révolution dans le monde et dans la société ; elle devrait l'être, et elle ne l’est pas, pour le malheur de l'école et pour le malheur de la société. Quand l'école sera véritablement catholique, elle changera le monde. Si plus de vingt pour cent des écoles de notre pays étaient catholiques, cela se refléterait dans une humanité nouvelle, dans une véritable transformation sociale et culturelle. Ceci n’est aucunement du confessionnalisme, ni de la soif de pouvoir. 


A mesure que les écoles sont entrées dans une réglementation officielle et professionnelle plus méticuleuse et plus exigeante – parfois plus bureaucratique – nous risquons de nous laisser absorber par le travail de l'enseignement pur, ou de nous satisfaire des exigences de réglementation et de formation culturelle des élèves. Même si nous leur donnons une vision chrétienne de la culture, et même si nous avons quelques activités pastorales, et des compléments, ceci n'est pas suffisant, et n'arrive sûrement pas au niveau de ce que requiert une véritable évangélisation dans le cadre éducatif. Il faut oser évangéliser. Les écoles doivent être le support et l’occasion d’une action ou d’une présence ecclésiale claire, directement et décidément évangélisatrice, visant à la conversion personnelle et profonde des jeunes au christianisme, à partir de laquelle on peut offrir une formation spirituelle et une introduction pratique à la vie chrétienne intégrale. L'école catholique, ne l'oublions jamais, est appelée à être une communauté dynamique de foi – parole de Dieu, prière, sacrement, vie commune expression de la charité, signe chrétien – en relation étroite avec la pastorale diocésaine. Les écoles sont des écoles de l'Église, toujours des écoles de l'Église et, par conséquent, en collaboration étroite avec l'Église diocésaine. Elle devra contribuer en vertu de sa mission et propre rôle à l'initiation chrétienne intégrale des enfants, des adolescents et des jeunes. Ceci ne rompt pas l'identité de ce qu’est une école, parce qu'une école catholique n'est pas une paroisse.

 
« Nous ne pouvons pas oublier, au reste, que quelle que soit la structure scolaire, les parents sont et seront, et resteront toujours, les premiers responsables de l'éducation des enfants. L’école, y compris catholique, agit subsidiairement par rapport aux parents, lesquels, usant de leur droit, ont demandé ce type d'éducation que leur offre l'école catholique (…). L'Église elle-même et l'État sont subsidiaires à la famille. L'école catholique et les familles doivent unir leurs efforts éducateurs, surtout en ce temps où le tissu familial est si fragile. Il revient à la communauté éducative de promouvoir cette collaboration avec les familles, afin que les parents prennent conscience de manière renouvelée de leur mission et de leur rôle éducatif et soient assistés dans leur tâche fondamentale, mais aussi afin que le projet éducatif et pastoral de l'école catholique soit en adéquation avec les aspirations légitimes des familles.

 
« L’une des tâches évangélisatrices les plus pressantes de l'école catholique est de faciliter le dialogue de la foi avec une culture non chrétienne. Nos jeunes ne vont pas vivre dans une serre. Pour cette raison, nos écoles doivent les préparer à vivre avec sérénité et sécurité dans un contexte réel, qu’ils trouveront à l'Université, et dans la société en général. Préparez-les à être des agents de diffusion de la culture chrétienne, capables d'écouter, de dialoguer, de convaincre, d'annoncer et de rendre présent l'Evangile dans les réalités de la vie, là où se joue le sort et l’avenir des hommes et de la société. En étant au service du dialogue entre l'Église et la communauté des hommes, en étant engagé à promouvoir l'homme dans sa réalité intégrale, l'école catholique rappelle au peuple de Dieu le point central de sa mission : permettre à tout homme de donner un sens à la vie elle-même, en faisant émerger le trésor caché qui est en lui, et inviter ainsi l'humanité au projet de Dieu manifesté dans le Christ Jésus.

 
« (…) L'école catholique doit donc prioritairement fixer ses objectifs éducatifs et pastoraux en vue d'un christianisme vécu, actif, voire militant, c'est-à-dire en vue de rendre possible l'éducation intégrale d’hommes et de femmes qui, en tant que catholiques, se rendront présents dans la société pour la renouveler de l'intérieur par l'Evangile de Jésus-Christ ».

 

+ Antonio Cañizares

Cardinal-Archevêque de Tolède

Primat d'Espagne

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 07:33

Par La rédaction
    Nous vous livrons à présent un extrait d'une lettre pastorale (le texte intégrale peut être consulter Ici) de Mgr Tonnos - évêque d'Hamilton (Canada) - écrite, après que la Cour suprême a renvoyé la définition du mariage à l'appréciation du parlement et avant que le parlement fédéral ne se prononce. Or, ce qui était vrai en 2005 en Ontario, s'agissant de la défense du mariage, est toujours vrai aujourd'hui, partout dans le monde ! Ce texte est donc pour tous une bonne piqure de rappel !

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 "Je veux attirer votre attention sur le fait que la Cour a renvoyé la décision finale de la définition du mariage dans les mains des membres du parlement fédéral. En tant qu'évêque, je vous demande de prendre une part active à la défense du sens traditionnel du mariage, en tant qu'union d'un homme et d'une femme. Le parlement peut laisser le mariage inchangé tout en prenant en compte les besoins légitimes de ceux qui s'engagent dans d'autres relations.

En tant que catholiques, nous avons le devoir de faire entendre nos voix dans la sphère publique. Des décisions capitales et lourdes de conséquences vont être prises. Vos parlementairs ont besoin de vous entendre. Ils ont besoin de savoir ce que vous souhaitez pour le bien des générations futures. En tant que laïcs, vous êtes les ministres du sacrement de mariage. Vous en êtes les bénéficiaires.

En tant que citoyens, nous sommes impliqués dans le processus démocratique. Ecrivez, téléphonez ou envoyez des courriels au premier Ministre, à votre représentant au parlement et aux dirigeants des partis politiques. Faites savoir que la définition traditionnelle du mariage doit être confirmée pour le bien commun de notre société. Il doit être clair que telle est notre attente.

Priez en ce moment pour que les orientations des membres du parlement. Ils sont appelés à prendre une décision très sérieuse, qui affectera les générations futures. Priez pour qu'ils agissent en ayant uniquement le bien commun à l'esprit. Je me joints à vous pour prier pour que Dieu les guide constamment sur ces sujets. Par un effort commun, nous pouvons renforcer le mariage.

J'ai fait connaitre ma position aux membres du parlement. Maintenant je vous appelle à faire entendre votre voix. Chaque voix comptera."

+ Mgr Anthony F. TONNOS
Évêque de Hamilton



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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /Juin /2007 15:52

Par La rédaction

   Poursuivant, durant cette période estivale à faible contenu politique, notre tour d'horizon des diocèses du monde, à la recherche de paroles riches et fortes, nous vous proposons une nouvelle halte au Québec, pour lire ce texte de Mgr Lapierre, évêque de Saint-Hyacinthe (Ici - rubrique réflexion), qui doit résonner dans nos coeurs de chrétiens occidentaux.

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"Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté.


Le mot péché n'a pas bonne presse, c'est bien connu. Il faut reconnaître qu'on a souvent criminalisé ce mot, et il est évident qu'il perd alors sa fonction libératrice et humanisante. 

La nouvelle traduction de la bible explique que « péché » est la traduction du mot grec « hamartia ». Ce terme est lui-même la traduction de trois racines hébraïques. L'une d'elle, ht', a le sens de « rater sa cible, se tromper, faillir » (Juges 20,16). L'une des conséquences d'une telle attitude est de conduire à des mécanismes d'autodestruction. Cela peut aller jusqu'à la mort individuelle ou collective s'il n'y a pas le pardon de Dieu (Exode 32,32).


Ce mot fait donc référence à une situation humaine dramatique. S'agit-il seulement d?une réalité du passé ? Évidemment non. Présentement, il ne manque pas de spécialistes de l'environnement pour nous avertir que si nous ne changeons pas nos façons de consommer, notre planète court de grands risques.   

À mon avis, cette dimension du péché est souvent occultée, on ne voit pas suffisamment que ce terme sert à diagnostiquer une réalité humaine qui peut conduite aux pires catastrophes.

Le catéchisme de l'Église catholique (no. 387) nous dit que le péché ne peut se comprendre que dans la connaissance du dessein de Dieu sur l'être humain. En dehors de cette relation, on ne peut pas saisir vraiment tout le sens de cette réalité. 

Ce mot « péché » fait donc référence à notre liberté et à notre responsabilité. Il ne suffit pas de dénoncer  des situations qui sont loin d'être idéales au plan individuel ou collectif, il faut aussi se sentir concernés.

Dans la culture que nous respirons, nous avons souvent tendance à nous voir comme des victimes plutôt que comme des partenaires responsables. Nous accusons avec raison les structures économiques d'être la cause de la pauvreté, de l'injustice, mais sommes-nous prêts à nous engager?

Il faut bien le reconnaître, nous sommes souvent inconscients de notre péché. La Bible nous montre que le niveau d'inconscience augmente même avec la gravité de la faute. David a besoin du prophète Natân pour se rendre compte de son péché (2Sam. 11-12). Il  est vrai qu'il n'avait pas seulement oublié sa prière du matin !


Il existe un lien intime entre le sens du péché et la conscience de la miséricorde de Dieu. Le psaume 50 commence avec ce verset magnifique : « Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse, efface mon péché »".


+ Mgr François Lapierre p.m.é.

Evêque de Saint-Hyacinthe (Québec)


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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 14:03

Par La rédaction
    Durant notre halte dans le diocèse de Saint Jean Longueuil, nous souhaitions rappeler, avec Mgr Dicaire, évêque auxiliaire (Ici), l'importance d'un texte déterminant de l'action sociale et politique des chrétiens et qui figure à ce titre dans les liens proposés par Hermas, le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise.
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"Oui, « Compendium de la doctrine sociale de l'Église ». J'admets que le titre peut paraître quelque peu rébarbatif mais il s'agit d'une œuvre capitale non seulement pour les chercheurs et les théologiens, mais aussi pour les personnes engagées en pastorale sociale, ainsi que pour ceux et celles qui veulent en savoir davantage sur le rayonnement social de l'Évangile. Qu'est-ce à dire ?

L'engagement social de l'Église est une évidence depuis sa fondation. À l'exemple de Jésus qui s'est fait proche des malades, des petits, des infirmes et des pauvres, les chrétiens et les chrétiennes ont toujours eu le souci de répondre aux besoins de l'humanité souffrante. Mais les principes de cet engagement social n'ont été énoncés qu'à partir du XIXème siècle. On se souviendra de la célèbre encyclique du Pape Léon XIII « Rerum novarum » du 15 mai 1891, dans laquelle sont affirmés les principes qui allaient guider la pensée de l'Église sur l'activité chrétienne en matière sociale. À partir des conditions ouvrières particulièrement pénibles à l'époque, l'encyclique précise la pensée catholique sur le travail, le droit des faibles, la dignité des pauvres et sur les obligations des riches. Sous le thème de l'instauration d'un ordre social juste, l'encyclique demeure le modèle permanent pour l'élaboration de l'ensemble de la doctrine sociale. Par la suite chacun des Papes qui se sont relayés sur le siège de saint Pierre ont continué à développer et à préciser cet enseignement qui place l'Église au cœur de la défense de la dignité humaine et des droits de la personne.

Ce « Compendium », qu'on pourrait considérer comme un « condensé » de la pensée sociale de l'Église depuis le XIXème
jusqu'à nos jours, rassemble tous les éléments proposés depuis plus de cent ans et présente de manière globale et systématique les principes de réflexion, les critères de jugement et les directives d'action sur la  base desquels on pourra promouvoir un humanisme intégral et solidaire

À l'intérieur d'un vaste panorama, le « Compendium » évoque d'abord l'amour de Dieu pour l'humanité. De là il développe la mission de l'Église, dignité de la personne et ses droits. Puis viennent des applications pratiques sur la famille, le travail, la vie économique, la communauté politique, le respect de l'environnement et la promotion de la paix. La troisième et dernière partie est consacrée à l'action ecclésiale et à l'engagement des fidèles.

La conclusion, intitulée « pour une civilisation de l'amour » évoque l'ambitieux projet du Seigneur en faveur de l'humanité et le souci de l'Église de lui être fidèle.

On redécouvre là l'importance de l'action sociale et son étroite relation avec la mission d'évangélisation. En effet, tous les engagements qui visent à rendre le monde meilleur portent quelque chose de l'Évangile au cœur de la société. Nos efforts de partage d'équité, de justice et de paix témoignent de la sollicitude du Christ qui traverse le temps pour rejoindre l'humanité dans son aujourd'hui."

+ Mgr Louis Dicaire
Evêque auxiliaire du diocèse de Saint-Jean-Longueuil

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 13:33

Par La rédaction
   Pour s'enrichir de l'universalité de l'Eglise et des enseignements des évêques étrangers, nous vous invitons à faire halte au Canada, pour découvrir des extraits de la riche réflexion menée, par étapes, par Mgr Berthelet, évêque de Saint Jean Longueuil, sur l'Eglise. Pour lire l'intégralité de ces textes, vous pourrez vous reporter au site de l'évéché (Ici).

Réflexion sur l'Eglise - 1ère partie
"À tous les moments cruciaux de son histoire, l'Église a voulu réfléchir sur sa nature et sa mission. Ce n'est qu'en prenant une conscience renouvelée du mystère de l'Église que nous pouvons raviver notre sens de l'appartenance, raffermir notre communion et servir à sa mission.


ImageLe Concile Vatican II nous offre sans doute la réflexion de base la plus développée sur ce mystère de l'Église, d'abord dans sa constitution Lumen Gentium et dans Gaudium et Spes mais aussi dans chacun des documents qui y ont été promulgués. C'est donc en me référant constamment à ces textes du Concile Vatican II, que j'élaborerai ces réflexions.


Dès les premières lignes de la Constitution Lumen Gentium, dans son chapitre sur Le mystère de l'Église, le Concile présente l'Église comme sacrement de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain. Cette expression reviendra au deuxième chapitre sur Le Peuple de Dieu où l'Église est désignée comme le sacrement visible de cette unité salutaire (LG, II, 9). Elle est encore
désignée dans le dernier chapitre comme sacrement universel du salut (LG, VII, 48).


Cette désignation de l'Église comme sacrement ouvre à une intelligence renouvelée du mystère de l'Église. C'est par cette catégorie que nous sommes invités à entrer dans l'intelligence du mystère de l'Église. Quelle est donc l'intention du Concile ? « L'Église étant, dans le Christ, en quelque sorte, sacrement, c'est-à-dire à la fois, le signe et l'instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain, elle se propose de préciser davantage, pour ses fidèles et pour le monde entier (...) sa propre nature et sa mission universelle. À ce devoir qui est celui de l'Église, les conditions présentes ajoutent une nouvelle urgence : il faut en effet que tous les humains (...)  réalisent également leur pleine unité dans le Christ » (LG I,  1). Il faut donc comprendre que c'est parce que l'Église est sacrement de l'union avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain, qu'il y a urgence à préciser sa nature et sa mis
sion et à faire en sorte que se réalise entre les hommes, l'unité dans le Christ.  Autrement dit, si l'on comprend bien ce qu'est l'Église, l'on entre dans une démarche d'unité et de communion. Il y a là un programme ambitieux non seulement pour le renouveau interne de l'Église mais pour sa responsabilité œcuménique et sa vocation missionnaire.
(...)


L'Église est donc sacrement du salut : elle en est le signe et elle en est l'instrument. Telle est sa nature et telle est sa mission, à tous les niveaux de son existence. Or cette nature et cette mission, elle la vit dans le Christ son Sauveur et par la g
râce de l'Esprit Saint qui lui a été donné. C'est le Christ qui établit un lien, une communion entre l'humanité et Dieu. Et cette unité, par le Christ, l'Église la tire de l'unité du Père, et du Fils et du Saint-Esprit (LG I, 4).  Et toute la Constitution s'emploiera à expliquer cela."


Réflexions sur l'Eglise - 2e partie

"Il est vrai que notre Église, toute l’Église, vit des moments difficiles et rencontre des défis majeurs. Nous n’avons pas évité ces défis, nous les avons même confrontés courageusement. Au milieu des années ’90, nous avons notamment pris en considération, avec une large participation des fidèles, l’avenir des communautés chrétiennes. Et à la Pentecôte de l’année 1998, les évêques du Québec publiaient un message préparé par le groupe de travail sur l’avenir des communautés chrétiennes dont je cite le passage suivant, car il me paraît exprimer l’esprit dans lequel nous pouvons vivre la présente épreuve : «Acceptons donc, en premier lieu, de nous serrer les coudes pour éprouver le réconfort de notre foi commune  (Ro 1, 12). Conscients de nos  peurs et de nos résistances, demandons au Souffle de Dieu la liberté du cœur. Puis consentons à écouter pour vrai les reproches et les appels que l’Esprit, tel un souffleur, nous fait entendre à travers tout ce qui se brasse de difficile et de beau chez nous. L’écoute attentive nous disposera à voir et à reconnaître les bourgeons neufs.»

(...)

L’Esprit souffle par plusieurs voix, mais de façon éminente par celle de Jésus. «Alors qu’on croyait lui avoir coupé le Souffle en le faisant mourir sur la croix, il nous a rendu le Souffle du haut même de la croix». Un de ses premiers gestes comme Ressuscité fut de souffler sur ses Apôtres. Le Souffle de Dieu prend plusieurs visages. Il a soufflé sur la communauté réunie à la Pentecôte pour en faire l’Église.  L’Église est une communion avant d’être une mission, mais elle ne peut être mission sans être communion. Le souffle de Dieu crée la communion, aujourd’hui comme dans les premières communautés chrétiennes.

(...)

Mon devoir, comme évêque, est de faire l’impossible pour que notre Église soit communion au cœur de la grande communion. Je n’ai pas d’autre raison d’être comme évêque. Paul VI souhaitait que l’Église se fasse conversation (Ecclesiam suam) ; Jean-Paul II affirmait que «L’homme est la première route et la route fondamentale de l’Église » (Redemptor hominis) et Benoît XVI (je cite toujours les premières encycliques de chacun des derniers papes) : « Toute l’activité de l’Église est l’expression d’un amour qui cherche le bien intégral de l’homme; l’amour est donc le service que l’Église réalise pour aller constamment au-devant des souffrances et des besoins des hommes ». (Deus caritas est).

(...)

Avec le temps, j’ai acquis la conviction que la prière ne changeait pas Dieu mais changeait notre cœur!  Si nous prions les uns les autres, les uns avec les autres, les uns pour les autres, nos cœurs changeront et le cœur de Dieu, qui est miséricorde, nous donnera le Souffle, la force de poursuivre la route en aimant jusqu’au bout."

 

Réflexions sur l'Eglise - 3e partie

" (...) Après avoir parlé de la fonction sacerdotale du peuple de Dieu, la Constitution aborde sa fonction prophétique qui est participation à la fonction prophétique du Christ. Il s'agit bien ici du Peuple tout entier qui porte cette fonction prophétique par le témoignage de sa foi et de sa charité. C'est ici que le Concile  affirme que «la collectivité des fidèles, ayant l'onction du Saint, ne peut se tromper dans la foi; ce don particulier qu'elle possède, elle le manifeste par le moyen du sens surnaturel de la foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, «des évêques jusqu'aux derniers des fidèles laïcs », elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel » (LG II, 12). Ce sensus fidei est donc celui de toute l'Église, et non pas seulement celui d'une fraction de celle-ci; il n'a rien d'un courant de pensée ou d'opinion même largement partagée : il est le fruit d'une action de l'Esprit qui crée la communion de foi entre tous. (...)".

 

Réflexions sur l'Eglise - 4e partie

" (...) La catholicité implique aussi une mission pour l'Église. Le Concile «enseigne que cette Église en marche sur la terre est nécessaire au salut. Seul, en effet, le Christ est médiateur et voie de salut : or, il nous devient présent en son Corps qui est l'Église ; et en nous enseignant expressément la nécessité de la foi et du baptême, c'est la nécessité de l'Église elle-même (...) qu'il nous a confirmée en même temps » » (LG 14). De là vient la question de savoir comment  nous sommes incorporés à l'Église et quels sont les liens entre l'Église et les chrétiens non catholiques, avec les non chrétiens et avec les non croyants. Là aussi apparaît la mission de l'Église et son caractère missionnaire.
Le Concile se tourne d'abord vers les fidèles catholiques leur rappelant que la voie du salut implique non seulement le baptême mais, avec le don de l'Esprit, l'acceptation de l'ensemble des moyens de salut institués dans l'Église.

Le Concile se tourne ensuite vers les chrétiens non catholiques pour reconnaître que des liens d'unités existent avec ces Églises ou ces communautés ecclésiales. Ces éléments communs constituent un appel à une unité plénière. « Ainsi, l'Esprit suscite en tous les disciples du Christ le désir et l'action qui tendent à l'union paisible de tous, suivant la manière que le Christ a voulue, en un troupeau unique sous l'unique Pasteur. À cette fin, l'Église notre mère ne cesse de prier, d'espérer et d'agir, exhortant ses fils à se purifier et à se renouveler pour que, sur le visage de l'Église, le signe du Christ brille plus clair ». (LG 15) Ici se trouve la base de ce qui sera développé dans le décret sur l'œcuménisme. (...)".


Réflexions sur l'Eglise - 5e partie

" (...) Dans sa catéchèse du 14 mars 2006, le Pape Benoît XVI rendait compte ainsi du choix des Douze : « Dans leur existence même, les Douze - appelés de provenances diverses - deviennent un appel adressé à tout Israël afin qu'il se convertisse et se laisse rassembler dans l'alliance nouvelle, plein et parfait accomplissement de l'ancienne alliance. En leur confiant, au cours de la Cène, avant la Passion, le devoir de célébrer son mémorial, Jésus indique qu'il voulait transférer à toute la communauté, en la personne de ses chefs, la mission d'être, dans l'histoire, le signe et l'instrument du rassemblement eschatologique, commencé en lui.  En un certain sens, nous pouvons dire que la dernière Cène est précisément l'acte de fondation de l'Église, car il se donne lui-même et crée ainsi une nouvelle communauté, une communauté unie dans la communion avec Lui-même. À travers cette lumière, on comprend la façon    dont le Ressuscité leur confère - à travers le don de l'Esprit - le pouvoir de remettre les péchés (cf. Jn 20, 23). Les douze Apôtres représentent ainsi le signe le plus évident de la volonté de Jésus concernant l'existence et la mission de son Église, la garantie qu'il existe aucune opposition entre le Christ et l'Église : ils sont inséparables, en dépit des péchés des hommes qui composent l'Église.


Le slogan qui était à la mode il y a quelques années : « Jésus oui, l'Église non » est donc totalement inconciliable avec l'intention du Christ.  Ce Jésus individualiste choisi est un Jésus de pure fantaisie. Nous ne pouvons pas avoir Jésus sans la réalité qu'il a créée et dans laquelle il se transmet. Entre le Fils de Dieu fait chair et son Église, il existe une continuité profonde, inséparable et mystérieuse, en vertu de laquelle le Christ est présent aujourd'hui dans son peuple.


Il est toujours notre contemporain, il est toujours contemporain de l'Église construite sur le fondement des Apôtres, il est vivant dans la succession des Apôtres.


Et sa présence dans la communauté, dans laquelle Lui-même se donne à nous, est le motif de notre joie. Oui, le Christ est avec nous, le Royaume de Dieu vient ».


Nous poursuivrons cette réflexion en comprenant la constitution hiérarchique du Peuple de Dieu dans une perspective de communion et de mission. C'est en effet cette perspective qui rend compte le mieux du sens théologique du mot hiérarchie et de sa mise en œuvre."

+ Mgr Jacques Berthelet

Evêque de Saint-Jean-Longueuil

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Lundi 18 juin 2007 1 18 /06 /Juin /2007 12:56

Par La rédaction

    L’horizon idéologique auquel nous faisons face répond à une mentalité utilitariste et hédonistique, telle que l’a décrite Jean-Paul II : une mentalité qui plonge ses racines dans une philosophie nihiliste marquée par une “anthropologie sans Dieu et sans Christ”, par “une culture de mort” (1) qui se targue d’avoir rejeté le concept de nature, supposé inutile. Comme elle ne peut néanmoins pas l’annihiler totalement sans s’annihiler soi-même comme philosophie, elle en conserve un reste en se transformant en une philosophie nihiliste volontariste, selon la voie ouverte par Nietzsche. L’idéologie actuelle se présente elle-même comme une philosophie radicale, alternative au christianisme et à sa morale, qu’elle perçoit comme un ennemi dangereux, comme système cohérent de croyances dont la foi recherche l’intelligence, selon la formule de saint Anselme (2). La philosophie chrétienne, qui est avant tout, selon l’affirmation certaine de saint Paul, une connaissance du Christ (Eph. 3,19 ; Phil. 3,8 ; Col. 2,3), en laquelle se trouve clarifié le mystère de l’homme (3), comporte en effet une conception intégrale de l’homme et du monde éclairée par la révélation du Christ, à la construction de laquelle prend part l’usage rectifié de la raison illuminée  par la foi.

 
    La révélation guide l'exercice de la raison pour le croyant, qui cherche à comprendre en croyant et met ainsi en œuvre la sagesse de la foi : “Je crois pour comprendre” (je crois pour comprendre). Dans sa belle encyclique Fides et ratio, Jean-Paul II a affirmé que se confirme ainsi « l'harmonie fondamentale de la connaissance philosophique et de celle de la foi : la foi requiert que son objet soit compris avec l'aide de la raison ; la raison, au sommet de sa quête, admet comme nécessaire ce qui la foi lui présente » (n. 42).

   
    L'idéologie agnostique actuelle perçoit parfaitement que le christianisme propose cette harmonie. On comprend mieux, dès lors, son hostilité envers lui et sa lutte infatigable pour lui ôter par le discrédit, y compris programmé, à la fois sa présence sociale et sa capacité d’orienter moralement les individus. Selon les termes de Jean-Paul II, cette idéologie est porteuse de désespoir en l'avenir de l'humanité et, « à la racine de la perte de l’espérance se trouve la tentative de faire régner une anthropologie sans Dieu et sans Christ » (4).

 
    La “Christophobie” qui envahit les pays d'Europe, alimentée par des lobbies organisés et des sociétés philosophiques, politiquement et socialement très influents, trouve, de fait, dans le christianisme, la seule pensée qui empêche ou fasse obstacle à l’universalisation et à l’adoption, dans la société européenne, des idées alternatives que ces groupes veulent imposer et de la vision laïcisée du monde qu’elles véhiculent. Le caractère hostile de ce laïcisme s’est tout spécialement exprimé dans les difficultés rencontrées par les rédacteurs de la Constitution européenne pour y inclure une référence explicite aux racines chrétiennes de l'Europe. Jean-Paul II, pourtant, a souligné que ces racines « ont favorisé la sujétion du pouvoir politique à la loi et au respect du droit des personnes et des peuples ». Bien que « l’Eglise n'ait pas qualité pour exprimer une préférence en faveur de l'une ou l'autre solution institutionnelle ou constitutionnelle” de l'Europe, et qu’elle veuille donc respecter de manière cohérente la légitime autonomie de l'ordre civil », elle a « le devoir de raviver dans le cœur des chrétiens d'Europe la foi en la Trinité, en sachant bien qu'une telle foi est un signe avant-coureur d'une authentique espérance pour le continent », comme le démontrent beaucoup des grandes créations ou des paradigmes de la civilisation européenne (5).

 

    On comprend dès alors que devant cette invasion de l'idéologie agnostique et laïciste actuelle nous soyons en présence d’une manière de comprendre l'homme et le monde qui ne laisse pas d'être contradictoire. D’un côté, c'est le résultat d'un “naturalisme” qui affecte l'individu et la société, ainsi que l'anthropologie jusqu'à présent illuminée par la révélation biblique. Mais de l’autre, cette idéologie exprime clairement son impossibilité à poursuivre jusqu’au bout ce processus naturaliste de manière conséquente, parce que si ce processus était porté à son terme, cette idéologie serait vouée à la déconstruction ou à l’annihilation de l’homme lui-même comme sujet véritablement responsable et libre. Comme il a été dit précédemment, le sujet ne survit, dans cette idéologie, que comme volonté de détermination et, dans cette mesure, comme capacité de se représenter le monde et de le réaliser par la volonté. La modification que subit son anthropologie trouve sa racine, sans aucun doute, dans le nihilisme de Nietzsche, nuancé et adapté par le processus de la philosophie de la connaissance de la seconde partie du XXème siècle, lequel a conduit à la “naturalisation” de l'épistémologie des sciences humaines.


    Cet horizon philosophique ouvre la voie à une vision relativiste de la morale. Dès lors, pour comprendre pourquoi il s’oppose aussi radicalement et aussi exclusivement à la vision chrétienne d'un ordre objectif, et pourquoi il postule une vision laïciste de la vie et de la société, il est indispensable de prendre en considération le fait que, dans cette vision, l'athéisme est l'élément fondamental qui la conditionne tout entière. Non que l’on veuille absolument imposer l'athéisme à tous les individus. Cependant, pour que ne soit pas troublée la vision de l’homme et de la société générée par le système officialisé de pensée, il est nécessaire de réduire la religion à n’être qu’une simple croyance, une opinion portant sur des éléments invérifiables, et de la confiner dès lorsz dans une sphère purement privée.


 + Mgr Adolfo González Montes
Evêque d’Almería (Espagne)


 _______________

(1) Jean-Paul II, Exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Europa (28 juin 2003), nn. 9-10 ; 26 et 47.
(2) “Fides quaerens intellectum” : la foi cherche l’intelligence de ce qu’elle croit.
(3) Constitution Gaudium et spes, n. 22.

(4) Ecclesia in Europa, n. 9.
(5) Ecclesia in Europa, n. 19

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /Juin /2007 17:26

Par La rédaction

    Le glissement vers des lois moralement injustes, sur le mariage et la famille, s’est opéré depuis plusieurs décennies. Il s'agit d'un processus qui a son contexte culturel propre, marqué particulièrement durant les dernières vingt-cinq années par l'agnosticisme nihiliste qui a suivi la fin de la guerre froide et la chute du système soviétique, et qui résulte, dans les nations européennes, d'une perte progressive de la conscience chrétienne.

 
    Ce nihilisme a particulièrement affecté la conception chrétienne de la vie, inspirée par l'anthropologie biblique et la révélation chrétienne. Dans les lois relatives à la vie, il atteint spécifiquement le concept de reproduction humaine. Le discours scientifique a évacué de ce dernier toute référence à l’idée biblique de “procréation”. Il en est ainsi dans les nouvelles lois sur le traitement scientifique de cette reproduction et de ce qu’on appelle, euphémiquement, le “matériel biologique” ou le “pré-embryon humain”. Il en est de même dans le traitement de l'avortement comme méthode de contrôle de la natalité, et dans la présentation aimable de l'euthanasie, désignés, toujours par euphémismes, sous les noms “d’interruption volontaire la grossesse” et de “ droit à une mort digne”.

 

L'horizon idéologique de ces lois : un changement substantiel dans des concepts aussi fondamentaux pour la culture occidentale que ceux de “personne” et de “droits humains” (1)

 
    Dans cet horizon herméneutique des droits humains, a été introduite une conception de la personne qui modifie l'idée philosophique qu’en a forgée le christianisme. Pour la nouvelle idéologie, culturellement, le terme Personne renvoie d’abord à l’individu, ce qui est certainement en accord avec la définition traditionnelle de Boèce (2) de “substance individuelle” (individua substantia). Cependant, dans la conception moderne, ce n'est pas la “rationalité” (rationalis naturae) qui qualifie la personne comme sujet d'action propre, mais la seule capacité de détermination ou la volonté de décision, quelque chose que l’on veut faire dériver de la condition libre de la personne comme sujet de ses actions. Cela ne serait pas non plus critiquable si l’on ne prétendait inverser le vrai critère de la moralité, lequel ne repose pas sur la volonté qui décide, mais sur la relation au bien objectif de cette décision volontaire. Le sujet n’est pas “autonome” pour définir la bonté de ses désirs. Il ne peut pas décréter de lui-même et par lui-même la bonté de ce qu’il désire en marge de sa vérité objective, sans autre instance définitoire que la convoitise de ce qui est désiré et le nombre d’individus qui, socialement, avalisent et valident cette inclination par leur propre volonté.

 
       Pour l’idéologie ambiante, ces présupposés, inacceptables pour la conscience chrétienne, sont ceux qui font loi, négligeant le fait que la “bonté” des choses n'est pas donnée par le désir, mais par sa relation à ce qui les qualifie comme bonnes : l'intelligence et la bonté de Dieu, lesquelles soutiennent le commandement divin qui énonce la norme de la moralité. Comme le rappelle l’enseignement de Jean-Paul II, reprenant les idées fondamentales de la philosophie morale de la tradition chrétienne dont s'éloigne l'idéologie actuelle, les actes ne peuvent être dits moralement bons que s'ils sont en  relation intrinsèque au bien objectivement donné. La récapitulation qu’offre l’encyclique Veritatis splendor formule le principe et le fondement de la moralité des actes humains avec une clarté solaire :


« La moralité des actes est définie par la relation entre la liberté de l'homme et le bien authentique. Ce bien est établi comme Loi éternelle, par la Sagesse de Dieu qui ordonne tout être à sa fin : cette Loi éternelle est connue autant grâce à la raison naturelle de l'homme (et ainsi, elle est « loi naturelle »), que, de manière intégrale et parfaite, grâce à la révélation surnaturelle de Dieu (elle est alors appelée « Loi divine »). L'agir est moralement bon quand les choix libres sont conformes au vrai bien de l'homme et manifestent ainsi l'orientation volontaire de la personne vers sa fin ultime, à savoir Dieu lui-même : le bien suprême, dans lequel l'homme trouve son bonheur plénier et parfait. La question initiale du dialogue entre le jeune homme et Jésus : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » (Mt 19, 16) met immédiatement en évidence le lien essentiel entre la valeur morale d'un acte et la fin ultime de l'homme.
 

«  (…) Ordonner rationnellement l'acte humain vers le bien dans sa vérité et rechercher volontairement ce bien, appréhendé par la raison, cela constitue la moralité. Par conséquent, l'agir humain ne peut pas être estimé moralement bon seulement parce qu'il convient pour atteindre tel ou tel but recherché, ou simplement parce que l'intention du sujet est bonne. L'agir est moralement bon lorsqu'il indique et manifeste que la personne s'ordonne volontairement à sa fin ultime et que l'action concrète est conforme au bien humain tel qu'il est reconnu dans sa vérité par la raison » (6 août 1993, n° 72).

 
    Chacun peut constater que la définition de la tradition scholastique incluait l'idée de rationalité dans la notion philosophique de personne. Il est vrai que cette ancienne définition a été nuancée par l’idée de liberté développée par la philosophie moderne, mais cette idée, portée à son paroxysme par l'idéologie agnostique actuelle, conduit à la destruction du concept chrétien de personne. C’est pourquoi l’encyclique précise clairement que c’est la relation objective des actes humains au bien qui les rend moralement bons, et que c’est cette relation qui donne sa consistance substantielle à l’action humainement bonne, « reconnue dans sa vérité par la raison » (3).


    L'idéologie actuelle, il est vrai, n'a pas pu rejeter toute idée de “nature personnelle”. Après avoir marginalisé puis perdu de vue l'idée biblique d’image de Dieu, attachée à l'être humain, l'idéologie agnostique a cédé à un “réductionnisme volontariste” d’un nouveau genre, qui fait de l’homme un simple sujet de décisions et de déterminations, même si le concept biblique de personne subsiste partiellement. La transcendance de la personne étant éliminée, cette définition de l’être humain est contradictoire, parce qu’elle prétend maintenir fondamentalement l’idée de liberté comme volonté, tout en supprimant toute référence du sujet libre au bien objectivement considéré. Le bien n’est pas une création de la subjectivité mais une réalité objective. Sans elle, il n’y a pas d’actes moraux possibles.


    En évacuant de l'anthropologie l'idée de
transcendance de l'être humain et en obscurcissant ainsi la finalité surnaturelle de ce dernier, cette idéologie ne laisse subsister aucune référence qui permette de définir l’identité de cet être humain – aucune sauf celle-ci, dont elle ne s’est pas encore détachée : la volonté de décision. Cette conception de l’homme est cependant privée de toute substance personnelle, parce que cette volonté [résidu, ici, du concept philosophique de personne] n’est elle-même comprise que comme le produit de “l’infrastructure” biologique de l’individu, considéré comme un simple mammifère évolué, sans autre finalité que celle qu’il se donne à lui-même par son intelligence limitée et ses facultés.


    Il n'est pas nécessaire d'expliciter ici que cette conception de l'homme considère l'intelligence comme un simple “équipement” de l'individu, produit par un processus évolutif, autonome en lui-même et sans fondement transcendant, à peu de distance du génome de l’anthropoïde, condition que l’agnosticisme scientiste de notre temps paraît parfois considérer avec satisfaction.

 
    Il est aisé d’établir que la recherche du bien détermine toute décision. Pourtant, en vertu des présupposés anthropologiques qui viennent d’être évoqués, non seulement le bien est redéfini a priori selon une conception immanente, mais ce bien immanent est lui-même réduit à n’être que ce qui est désirable par l’individu. Ce “désirable” n’est définissable que par la subjectivité de l’individu, selon la définition qui sera socialement avalisée par le nombre. Ainsi que l’on relevé les évêques espagnols dans l’Instruction pastorale Théologie et sécularisation en Espagne, les résultats de ce subjectivisme sont patents :


« Dans cette situation l'homme en vient à mesurer sa vie et ses actions par rapport à lui-même, à la vie sociale et à l'adéquation au monde pour la satisfaction de ses nécessités et de désirs. La transcendance cesse d'être significative dans la vie sociale et personnelle quotidienne, pour être reléguée dans la conscience individuelle, comme un facteur simplement subjectif. Le résultat en est un relativisme radical, selon lequel toute opinion en matières morales est également valable. Chacun a “ses vérités” et le mieux auquel nous puissions aspirer dans l’ordre éthique est un “minimum consensuel”, dont la validité ne s’étendra pas au-delà du temps présent et de circonstances déterminées » (4).

 
    De son côté, celui qui était encore le cardinal Ratzinger, comme doyen du Collège cardinalice, déclarait lors de la messe “Pro eligendo Pontifice” (18 avril 2005), en faisant référence au relativisme comme idéologie actuellement dominante :

 

« Avoir une foi claire, selon le credo de l'Église, est souvent étiqueté comme un fondamentalisme. En revanche le relativisme, c'est-à-dire le fait de se laisser porter “ici et là à tout vent de doctrine” paraît être la seule attitude à la hauteur des temps qui courent. Une dictature du relativisme prend forme, qui ne reconnaît rien de définitif et qui pose comme ultime mesure le Moi lui-même et ses désirs ».

 
    Pour le reste, cet horizon philosophique n’exclut pas un certain altruisme, réduit aux objectifs individuels et sociaux qu’il est possible d’atteindre, en universalisant la jouissance des “biens” avec l’aide des lois. Ce but sera obtenu à mesure que le pouvoir politique pourra étendre au plus grand nombre cette jouissance des biens. Dans cette perspective, et une fois supprimée toute référence à la reconnaissance du bien humain « dans sa vérité par la raison », l’ordonnancement juridique ne répond plus à la moralité des actes humains mais à la seule volonté politique du législateur.


+ Mgr Adolfo González Montes
Evêque d’Almería (Espagne)


(A suivre)

_______________


(1) Ce n’est sans doute pas trahir la pensée de Mgr Montes que de traduire derechos humanos par “droits humains” et non pas par “droits de l’homme”. La première expression se réfère directement à la nature humaine, dont le droit a vocation à protéger l’épanouissement ; la seconde est marquée par un certain idéalisme qui s’accommode, de fait, de revendications qui ne coïncident pas toujours avec les exigences de cette nature. Ainsi, le droit au “mariage” des homosexuels pourra bien être revendiqué, voire légalement reconnu comme un “droit de l’homme”, il n’en sera jamais pour autant un droit humain (ndlr).

(2) Anicius Manlius Torquatus Severinus Boetius, dit Boèce (470-525) est un philosophe chrétien latin dont l’influence sur la philosophie médiévale a été considérable. Il a défini la personne comme « la substance individuelle d’une nature raisonnable », définition reprise notamment par saint Thomas d’Aquin (ndlr).

(3) J. Ratzinger, Conscience et vérité (1991).

(4) LXXXVI Assemblée plénière de la CEE, Teología y secularización. A los cuarenta años

de la clausura del Concilio vaticano II. Instrucción pastoral (30 marzo 2006), n. 53.

 

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /Juin /2007 08:45

Par La rédaction

    Nous avons déjà eu l’occasion de citer, sur Hermas [Ici], un texte de Mgr Adolfo González Montes, évêque d’Almería (Espagne), sur la famille. Ce prélat est également l’auteur, parmi d’autres études, d’une lettre pastorale adressée à ses prêtres et ses diocésains, intitulée Responsabilité morale devant la situation sociale de l’Espagne, dont nous nous proposons de traduire un long extrait (1), en raison de sa richesse.


Ce document, publié en 2006, concerne la promulgation en Espagne de lois injustes, « contraires à la morale chrétienne et à la tradition éthique de la société ». Ces lois sont, tout d'abord, celle relative « à l'extension du concept du mariage à la relation stable entre personnes de même sexe qui, de fait, neutralise et même annule le concept anthropologique et social du mariage, lequel est une réalité spécifiquement définie par la relation personnelle stable fondée sur l'amour d'un homme et d'une femme, adossée au contrat public qui l'accompagne ». C'est aussi la réforme du divorce, et la réforme et l'extension de la législation sur la reproduction humaine et l'expérimentation sur des embryons humains, le clônage dit "thérapeutique". C'est enfin une loi organique d'éducation, qui introduit un enseignement sur la religion qui ne correspond pas au droit des parents d'éduquer leurs enfants selon leurs convictions religieuses.


    De prime abord, on pourrait objecter que la différence des contextes politiques et juridiques pourrait réduire la portée de ces réflexions. Il n’en est rien. La raison en est simple : la nature humaine est universelle. Quel que soit l’angle sous lequel elle est atteinte, ici ou là, c’est la même nature qui est remise en cause et, de fait, à l’expérience, ce sont partout les mêmes verrous que ceux qui la nient se proposent de faire sauter, dans une inconscience suicidaire. L’enjeu est ainsi partout identique : le sort du mariage, comme fondement de la famille, et de la famille, comme fondement de la société, et le sens humain de cette société même (2). Avec, toujours, en toile de fond, les conditions concrètes de la vie morale, ouverte ou non à la finalité surnaturelle de l’homme dont les Pasteurs portent l'inquiétude.

 
Il n’est donc pas étonnant que l’Eglise, "gardienne de l’ordre naturel et surnaturel", comme elle se décrit prophétiquement elle-même, fasse partout entendre une même voix sur ces questions, avec les nuances propres aux richesses des uns et des autres, et il nous est profitable de la recueillir et de la méditer. Aujourd'hui, une mondialisation morale accompagne les mondialisations économiques. En prendre conscience, c'est aiguiser, en passant, notre sens de la communion des saints.


    Mgr Montes, dans le document que nous vous proposons, analyse les causes des lois qu'il dénonce, ce qu'il appelle leur "horizon idéologique". Ce qui vaut des lois promulguées en Espagne vaut évidemment des projets nourris, à droite ou à gauche, pour en obtenir l'adoption et l'imposition à notre propre pays. Puisse cette analyse éclairer vivement nos raisons. Celles qui assoient nos convictions, celles que nous entendons partager, pour convaincre et pour défendre ce qui doit l'être - en particulier auprès de nos élus. Il ne suffit pas, en effet, d'avoir, comme on dit "sa conscience pour soi", ou pour nos débats de salon. Il faut rendre raison de l'espérance qui est en nous, et essayer d'agir partout où nous le pouvons.


Il nous est très agréable, enfin, de remercier ici chaleureusement Mgr Montes, qui a eu la bonté de nous encourager à cette publication sur Hermas et de nous adresser sa paternelle bénédiction. Nous vous invitons en retour, si vous le voulez bien, à vous associer à nos prières pour lui-même et son diocèse, en fraternelle communion.

 

« Il en va ainsi de l'Église du Seigneur : elle diffuse dans l'univers entier les rayons de sa lumière, mais une est la lumière qui se répand ainsi partout, I'unité du corps ne se morcelle pas. Elle étend sur toute la terre ses rameaux d'une puissante vitalité, elle épanche au loin ses eaux surabondantes. Il n'y a cependant qu'une seule source, qu'une seule origine, qu'une seule mère, riche des réussites successives de sa fécondité. C'est elle qui nous engendre, c'est son lait qui nous nourrit, c'est son esprit qui nous anime. » (3).

 

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(1) Cette lettre porte ce sous-titre : « Lettre pastorale aux prêtres et à tous les diocésains sur la responsabilité morale des chrétiens dans la situation sociale actuelle de l’Espagne, et sur la nécessité de prier pour les institutions démocratiques ». Elle a été publiée aux Publicaciones del Obispado de Almería, Plza de la Catedral, 1, 04001 Almería (Espagne).

(2) Il suffira donc de transposer : là où Mgr Montes parle de lois votées et promulguées, il suffira d'entendre "projets" dans le contexte français. Projets récurents, on le sait, que la gauche, en France, n'aura de cesse de voir aboutir, à supposer que la droite ne l'ait pas précédée sur tel ou tel point... ce qu'il faut travailler à empêcher !

(3) Saint Cyprien de Carthage, De l'unité de l'Eglise catholique, n. 5.

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /Juin /2007 15:43

Par La rédaction
Pour continuer à nourir notre réflexion sur la place de Dieu et des chrétiens dans le monde, nous vous proposons un extrait d'une très belle homélie prononcée par Mgr Di Falco lors du rassemblement diocésain organisée durant le week-end de Pentecôte par le diocèse de Gap (plus d'informations sur cette manifestation, voir Ici).
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"« Je ne connais pas cet homme ».

Cette phrase, qui fut prononcée pour la première fois par l’apôtre Pierre,  serait-elle secrètement inscrite au fronton de notre conscience ? Peut-être même dans notre inconscient au point de l’ignorer ?

« Je ne connais pas cet homme »… Mais de quel homme s’agit-il ? Vous l’avez compris, du Fils de Dieu, un certain Jésus-Christ. C’est tellement plus facile de prétendre ne pas le connaître, cela nous déculpabilise. Ainsi nous pensons pouvoir vivre en hommes et femmes libérés. Libre de toute contrainte, libre de tout choisir sans s’encombrer de savoir ce qui est bien et de ce qui est mal.

« Je ne connais pas cet homme »… Sans jamais avoir prononcé cette phrase, ne vivons-nous pas comme si nous ne le connaissions pas ? Oh bien sûr, il nous arrive de penser à lui lorsque ça va mal dans notre vie. Lorsque nous ne savons plus vers qui nous tourner, lorsque nous avons besoin de lui pour ceci ou pour cela. Mais pensons-nous à lui aussi pour lui demander de nous aider à nous convertir ? Trop souvent nous prions avec l’espoir que Dieu se pliera à notre volonté au lieu de lui demander de nous faire la grâce de savoir accueillir la sienne.

« Je ne connais pas cet homme »… Oserons-nous avouer que nous ne le connaissons pas ou si peu ? En fait oui, nous le connaissons à la mesure de ce que nous en avons fait. Pour les uns il n’a pas dépassé le stade du « Petit Jésus » pour d’autres il a pris le visage d’un ange aux cheveux blonds et au doux regard transparent, pour d’autres encore il est ce contestataire sachant manier le fouet de la colère , il serait aussi le grand responsable de la guerre entre les peuples, je ne parlerai pas de ceux pour lesquels il n’aurait même pas existé.

Ayant existé ou pas, ressuscité ou pas, serait-il encore si dérangeant pour que naisse ici et là une littérature des plus fantaisistes pour tenter de l’enterrer une fois pour toutes dans les oubliettes de l’histoire. Mais qu’a t-il donc apporté ? J’emprunte la réponse au Pape Benoit XVI dans son tout récent livre : « Jésus de Nazareth ». Qu’a apporté le Christ  ? « Telle est la grande question (…) qu’est ce que Jésus a vraiment apporté, s’il n’a pas apporté la paix dans le monde, le bien être pour tous, un monde meilleur ? Qu’a-t-il apporté ? La réponse est très simple : Dieu. Il a apporté Dieu. Il a apporté le Dieu dont la face s’est lentement et progressivement dévoilée depuis Abraham. (…) Il a apporté Dieu : dès lors, nous connaissons sa face, dès lors nous pouvons l’invoquer. Dès lors, nous connaissons le chemin que, comme hommes, nous devons prendre dans ce monde. Jésus a apporté Dieu et avec lui la vérité sur notre origine et notre destinée  : la foi , l’espérance et l’amour. »

Vivre sans amour ce n’est pas vivre. Que devient la vie sans amour et sans espérance ? Que devenons nous ? Seul l’amour nous fait exister, seul l’amour nous fait vivre ! Seul l’amour nous fait grandir ! Seul l’amour nous sauve ! L’Amour avec un grand A nous est donné par Dieu lui-même. Mais si nous n’y répondons pas qui donc se fera les relais de cet amour ?  Que nous reste t-il ? La jungle ?  La barbarie ?  Le désert ? Nous ne serions plus que des plantes qui se consument sous le soleil ardent faute de n’avoir su se désaltérer à la source de l’Esprit Saint de Pentecôte.

Un regard sur notre histoire le montre, les chrétiens sont capables de s’entredéchirer. A l’intérieur même de notre Eglise l’esprit de division poursuit son œuvre, montant les uns contre les autres, alimentant un regard de jugement sur nos frères, nous faisant condamner hâtivement ceux qui ne pensent pas comme nous, ceux qui ont d’autres habitudes, ceux qui ont d’autres sensibilités. Mais voilà, la communion entre chrétiens n’est pas le fruit d’un effort que nous aurions à faire pour être plus tolérants les uns envers les autres. La communion que le Christ demande au Père de réaliser n’est pas autre chose que la communion qui existe entre le Père et le Fils. De même que l’unité qui rassemble le Père et le Fils est la personne même de l’Esprit Saint, de même la communion entre chrétien et avec le Christ dépend du don de l’Esprit Saint et de notre capacité à l’accueillir. Lui seul est capable de transformer nos cœurs, nos méfiances et nos rivalités pour que nous progressions réellement dans la pratique du pardon, de la réconciliation et de la communion.

C’est l’Esprit Saint que nous célébrons aujourd’hui et nous portons tout particulièrement dans notre prière ceux qui tout à l’heure vous l’accueillir dans le cœur en recevant le sacrement de confirmation et ceux qui vivent le Renouvellement de la grâce de cet Esprit Saint. C’est lui aussi, l’Esprit Saint,  que nous prions. Demandons au Père d’envoyer son Esprit. Qu’il nous donne la même force que celle accordée à Pierre. Alors qu’il avait prononcé les terribles pa rol es : « Je ne connais pas cet homme », celui-ci, après avoir reçu l’esprit Saint et proclamé le Christ ressuscité, répondra avec tout son cœur au Christ qui l’interroge et qui nous interroge à notre tour : « Seigneur toi qui sais tout, tu sais bien que je t’aime. »

Alors ce soir, demandons à l’Esprit saint de nous libérer des chaînes qui emprisonnent notre cœur, des chaînes qui emprisonnent la pa rol e de Dieu, des chaînes qui emprisonnent encore l’Eglise, des chaînes qui emprisonnent l’amour de Dieu qui est offert à  tous et tout particulièrement à ceux que trop souvent nous montrons du doigt : les personnes qui se droguent sont aussi aimées de Dieu, les personnes qui se prostituent sont aussi aimées de Dieu, les personnes homosexuelles sont aussi aimées de Dieu, les femmes qui ont avorté sont aussi aimées de Dieu, chacun et chacune de ceux qui se trouvent à la Maison d’arrêt de Gap sont aussi aimées de Dieu. Son amour n’est pas sélectif et même lorsque nous désapprouvons sans ambiguïté des actes, Dieu aime toujours d’un amour infini ceux qui les ont commis. Comment oserions-nous dire autre chose dans ce sanctuaire que Marie a désigné comme le refuge des pécheurs ? Dans un refuge on se sent accueilli, entouré d’attention et aimé.

Alors vous le voyez, quelles que soient l’ampleur et la qualité des orientations issues du pèlerinage diocésain elles ne valent rien si nous ne sommes pas décidés à nous laisser aimer par Dieu. Elles ne valent rien si nous ne sommes pas décidés à nous convertir, à nous laisser habiter par l’Esprit de Pentecôte. Elles ne valent rien si nous ne sommes pas habités par la volonté de vivre notre foi dans l’unité, elles ne valent rien si nous ne sommes pas capables de mettre notre orgueil sous le boisseau. « Regardez comme ils s’aiment » disait-on des premières communautés chrétiennes. Peut-on le dire aujourd’hui en regardant vivre les chrétiens ? Lorsque chacun entend faire triompher sa vérité, lorsque chacun à sa propre vision de l’Eglise, lorsque chacun se veut l’Eglise à lui tout seul, le visage du Christ est défiguré et nombreux sont ceux qui s’en détournent. Que devient la symphonie de l’Evangile lorsque chacun veut interpréter sa propre musique ?

Tous ensemble nous sommes l’Eglise. Ne l’oublions pas, baptisés dans le sang du Christ, confirmés dans l’Esprit de Pentecôte, en communion avec le Pape Benoit XVI  nous sommes l’Eglise. Je l’aime cette Eglise, j’ai tant reçu d’elle… Mais souvent je me surprends à rêver d’une Eglise qui se laisse interpeller toujours davantage par la souffrance de celles et ceux qui à cause des épreuves de la vie se croient considérés comme des chrétiens de second rang. Je pense notamment aux personnes divorcées remariées. La tradition de l’Eglise et son enseignement sont beaux et pleins de sens. Je souhaite seulement que ces hommes et ces femmes qui souffrent de ne pas pouvoir communier au corps du Christ soient accueillis avec toujours plus de fraternité évangélique dans nos assemblées. Ils sont en bonne place dans le cœur de Dieu. Sachons le leur montrer !

Oui, je rêve, je rêve encore d’une Eglise aux murs de verre, telle que le Pape Jean-Paul II la souhaitait, et non forteresse assiégée. Une Eglise qui ne craint pas de se montrer fragile dans l’humanité de ceux qui l’incarnent mais forte par l’Esprit Saint qui l’habite. Dans le combat entre David et Goliath, ce n’est pas le géant et puissant Goliath qui est sorti vainqueur mais le frêle petit David  ! Il était habitait par l’Esprit de Dieu.

Je rêve d’une Eglise où laïcs et prêtres, chacun selon la mission reçue, sans querelles stériles de pouvoir savent se mettre au service de leur communauté. Je rêve d’un presbyterium où les prêtres et les diacres vivent la fraternité sacerdotale et diaconale entre eux et en communion avec leur évêque quelles que soient leurs sensibilités, leur histoire, leur âge. Je rêve d’une Eglise où les laïcs responsables reconnaissent les charismes de chacun sans en prendre ombrage. J’en suis certain, ces rêves sont en voie de devenir réalité. 

Le taux de participation aux élections présidentielles a montré une forte mobilisation des français. J’invite les chrétiens qui auraient un goût pour la politique et notamment les jeunes adultes à accepter des responsabilités dans ce domaine. Qu’au nom même de leur foi ils s’engagent dans un combat incessant pour bâtir une société plus juste et plus humaine. Où il n’y aura plus de laissés pour compte, où les jeunes pourront entrer dans la vie active sans avoir à passer des mois et parfois des années à mendier un emploi, où ils pourront sans crainte de l’avenir créer une famille. Je reprends bien volontiers à mon compte certaines propositions des mouvements de Pastorale familiale dont les Associations Familiales Catholiques et pour que soit valorisée  la dimension sociale du mariage et qu’il soit conforté dans sa dimension institutionnelle, que soit reconnu le premier corps social que constituent les familles, que soient mises en place des politiques sociales qui prennent en compte la dimension familiale, que l’on redonne confiance aux parents dans leur capacité à éduquer leurs enfants, que soit mise en place une véritable politique d’accueil de la vie et de toutes les vies.

J’invite les jeunes et les moins jeunes à se poser la question de la vocation sacerdotale et religieuse. Puissent-ils découvrir auprès de leurs prêtres le bonheur d’une vie donnée au Christ pour le service de leurs frères et de leurs soeurs. Je vous invite, vous les jeunes, à prendre votre place dans l’Eglise. Vous n’êtes pas l’ Eglise de demain mais bien celle d’aujourd’hui. Communiquez nous votre enthousiasme, votre énergie et votre amour de la vie. (...)"

+ Mgr Di Falco Léandri
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 11:32

Par La rédaction
Le superbe texte que nous donnons ici, pour continuer de nourrir notre réflexion et notre foi à l'approche des élections législatives prochaines, est de Mgr Vincent Nichols, archevêque de Birmingham (Angleterre).

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« Le jeudi de l’ascension du Seigneur marque la fin du ministère terrestre de Jésus. C’est à ce moment qu’il nous assigne notre mission, en nous disant : “Allez dans le monde entier et proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création” (Mc 16,15). Il promet d’être avec nous et de travailler avec nous, en particulier par l’Esprit Saint.

 
L’Evangile nous prépare à cette mission. Jésus explique qu’il nous appelle maintenant ses “amis”, parce qu’il nous a appris tout ce qu’il avait reçu de son Père. Et avec une insistance aimante, il dit à chacun de nous : “Je t’ai choisi et je
t'ai donné mission d’aller, de porter du fruit, du fruit qui soit durable” (Jn 15,16).

 
Jésus nous invite à poursuivre cette mission aujourd’hui, dans une société sécularisée, riche et divisée. Notre société sécularisée tend à ignorer la Parole de Dieu et à vivre comme si Dieu n’existait pas. Les individus se voient recommander de se créer leurs propres valeurs, de décider pour eux-mêmes ce qui est bien et ce qui est mal, de poursuivre leurs propres désirs, même si cela blesse les autres. Le résultat est que nous vivons dans un monde fragmenté, où les divisions sont profondes et effrayantes pour beaucoup.

 
Comment être témoins du Christ dans ce monde ? Quel est ce fruit durable que nous devons porter ?

 
Ainsi : à tout instant et en tout lieu, nous devons reconnaître que nous vivons en présence de Dieu, façonner nos vies en conséquence et aider les autres à faire de même. Nous pouvons le faire parce que nous avons expérimenté, dans le Christ, l’amour que Dieu porte à chaque personne, sans préférence d’aucune sorte, comme l’Evangile nous le dit.

 
Que veut dire, en pratique, vivre constamment en présence de Dieu ?

 
Je suggère quatre axes de pensée et d’action.

 
En premier lieu, nous devons comprendre et vivre une relation saine à la richesse et à la prospérité. Dans le plan de Dieu, les possessions et la richesse ne sont bonnes pour nous que pour nous permettre d’assumer notre responsabilité envers les autres. Nous travaillons et créons des richesses pour pouvoir apporter à notre monde justice et charité. Vouloir la richesse pour elle-même, c’est étouffer sa liberté intérieure et s’aliéner. Même une personne pauvre matériellement peut rechercher la richesse et le pouvoir qui l’accompagne : et dans son cœur, elle est déjà esclave des richesses. La liberté intérieure dont nous avons besoin n’apparaît que lorsqu’on réalise que nos vraies richesses sont en Dieu et quand on accepte avec patience la sacrifice quotidien dans lequel se développera la liberté. En recherchant la liberté, nous surmonterons l’envie, l’avarice et la corruption et pourrons effectivement être témoins de la Bonne Nouvelle.

 
En deuxième lieu, avec cette liberté, se confirme la règle de vérité selon laquelle la vie humaine n’est pas notre propre possession, mais, toujours et partout, un don de Dieu, de la conception jusqu’à la mort naturelle. Tâchons d’adopter une attitude favorable à la vie, en tant que don de Dieu, en soutenant et aidant les enfants, autant que les jeunes femmes enceintes et les jeunes pères, en prenant soin avec patience de ceux qui ont des besoins particuliers difficiles, des malades, des personnes âgées et des mourants. Par nos actions quotidiennes, nous manifestons la vérité, selon laquelle la vie de chaque homme est précieuse aux yeux de Dieu, peu important la façon dont elle est perçue aux yeux des autres.

 
En troisième lieu, que nous soyons mariés ou célibataires, nous devons affirmer la famille comme la base d’une vie stable tant pour ses membres que pour la société tout entière. Nous devons affirmer la vérité de la structure naturelle qu’est la famille, fondée sur le mariage, union d’un homme et d’une femme, et la défendre des atteintes tendant à la miner ou à en occulter les éléments caractéristiques. Préoccupons-nous des familles dans le besoin et faisons ce que nous pouvons pour les aider. L’amour familial est toujours une joie, particulièrement lorsqu’il s’ouvre à ceux qui sont seuls.

 
En quatrième lieu, nous devons soutenir et promouvoir le droit des parents à être les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants, les premiers et meilleurs enseignants de la foi. Cela veut dire s’encourager les uns les autres à apprendre aux enfants comment prier, à marquer dans la vie familiale une place pour la bénédiction de Dieu, à guider les plus jeunes dans les orientations qu’ils ont à prendre, s’agissant d’eux-mêmes, de leurs amitiés et de leur avenir. C’est de cette façon que nous résisterons aux valeurs négatives et insidieuses transmises par les médias actuels, en nous réjouissant du dessein que Dieu a placé en nos cœurs pour notre bien-être et notre joie.

 
Ces vérités sur la vie humaine, sur la famille, sur l’éducation et la richesse sont le fondement non seulement de notre propre bonheur, mais aussi de la bonne santé de notre société. Les soutenir et les promouvoir peut parfois nous faire passer pour bornés ou sectaires. Mais nous défendons ces principes parce qu’ils sont vrais. Et ils ne sont pas vrais parce qu’ils sont catholiques : ils sont catholiques parce qu’ils sont vrais. Ils sont vrais pour hier, pour aujourd’hui et pour demain. Ils constituent de solides fondations. Sans eux, nous construisons notre monde sur du sable.

 
Le don de la foi catholique est quelque chose dont nous pouvons être fiers. C’est un véritable enthousiasme de vie fondé sur la connaissance et l’amour de Dieu. Ce désir de faire de l’amour la fondation de nos vies est une énergie pour la mission que nous confie le Seigneur. En construisant ainsi nos vies, nous répondons à son invitation et nous défendons dans notre société ces vérités qui servent au bien-être de tous. De cette façon, nous sommes des artisans de Son Royaume, souvent cachés et méconnus, mais pleins de foi et plaisants au Seigneur.

 
Que (…) la célébration de la Sainte Messe ne nous apporte pas seulement la bénédiction de Dieu, mais qu’elle renforce également chacun de nous dans cette importante mission dans le monde d’aujourd’hui.
»

 

+ Vincent Nichols

Archevêque de Birmingham

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