Communautés

Premiers chrétiens

Jeudi 26 août 2010 4 26 /08 /Août /2010 15:00

Par L'Equipe d'Hermas

SECTION I : UN EXEMPLE DE VIE

 

1. Une vie de sainteté


pc-copie-1.jpg Les premiers chrétiens « observent strictement (les) commandements (du Christ), vivant saintement et justement, comme le Seigneur Dieu le leur a ordonné, lui rendant grâces à toute heure pour la nourriture, la boisson ou les autres biens » (1).


« Tel est, ô Roi [l'empereur Adrien], le commandement de la loi des chrétiens, et telle est leur manière de vivre. Comme des hommes qui connaissent Dieu, ils lui présentent des demandes qui sont convenables pour lui d'accorder et pour eux de recevoir. C'est ainsi qu'ils emploient toute leur vie. Et comme ils connaissent l'amour bienfaisant de Dieu pour eux, ils voient que toutes les glorieuses choses qui sont répandues sous nos yeux dans le monde ont été faites pour eux. Ce sont eux, vraiment, qui ont trouvé la vérité qu'ils ont recherchée, et de ce que nous avons examiné, nous avons appris que ce sont les seuls qui se soient approchés de la connaissance de la vérité » (2).


« La tempérance habite parmi (les chrétiens), ils honorent la continence, ils respectent le mariage, ils gardent la chasteté ; l'injustice est proscrite, le péché détruit, la justice pratiquée, la loi accomplie ; on rend à Dieu le culte qui lui est dû et on célèbre ses louanges ; la vérité domine, la grâce conserve, la paix met en sûreté ; la parole sainte conduit, la sagesse enseigne, la véritable vie est connue, et Dieu règne » (3).


2. Le service des autres


« Ils secourent ceux qui les offensent, en faisant en sorte qu'ils deviennent leurs amis ; ils prennent soin de faire du bien à leurs ennemis ;  ils sont doux et d'un commerce agréable ; ils s'abstiennent de toute conversation malsaine et de toute impureté ; ils ne méprisent pas la veuve, n'oppressent pas l'orphelin ; et celui qui possède donne sans rechigner à celui qui n'a rien ; s'ils voient un étranger, ils l'accueillent sous leur toit, et se réjouissent de sa présence comme s'il était véritablement leur frère ; c'est pourquoi ils se donnent le nom de frères, non pas selon la chair, mais selon l'esprit ».


« Si l'un de leurs pauvres vient à mourir, chacun, selon ses possibilités, contribue à ses funérailles ; s'ils apprennent que quelqu'un d'eux est emprisonné ou persécuté au nom de leur Messie, alors tous pourvoient avec empressement à ses nécessités, et s'il leur est possible de le libérer, alors ils s'y emploient. Si parmi eux quelqu'un est pauvre, ou dans le besoin, et qu'ils n'ont pas assez de nourriture, alors ils jeûnent deux ou trois jours pour pourvoir au besoin de nourriture du nécessiteux » (4).


3. Citoyens de la terre et du ciel


« Nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous recherchons celle de l'avenir » (Hébreux, 13,14).


« Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère.


« Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire. Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils ont tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie » (5).


« Ils ont reçu de Dieu des commandements qu'ils ont gravés dans leurs esprits et qu'ils observent dans l'espoir et l'attente du monde qui doit venir. C'est pourquoi ils ne commettent pas d'adultère ni de fornication, ne portent pas de faux témoignages, ne détournent pas ce qui ne leur appartient pas. Ils honorent leurs pères et leurs mères, et manifestent de la tendresse à leurs proches ; et lorsqu'ils jugent, ils  le font avec droiture. Ils n'adorent pas les idoles faites à l'image de l'homme, et tout ce qu'ils ne veulent pas qu'on leur fasse, ils ne le font pas eux-mêmes aux autres ; ils ne mangent pas la nourriture qui est consacrée aux idoles, car ils sont purs. Ils apaisent leurs oppresseurs et en font leurs amis ; ils font du bien à leurs ennemis ; et leurs femmes, ô Roi, sont pures comme des vierges, et leurs filles sont modestes ; et leurs hommes se gardent eux-mêmes de toute union illégitime et de toute impureté, dans l'espoir d'une récompense à venir dans l'autre monde » (6).


4. L'eucharistie


Dans l'un des premiers textes chrétiens, saint Justin explique comment on célèbre l'eucharistie dans les premiers temps.


« Le jour du soleil, comme on l'appelle, tous ceux qui habitent les villes ou les campagnes se réunissent dans un même lieu, et on lit les récits des apôtres ou les écrits des prophètes, selon le temps dont on peut disposer. Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours pour exhorter à l'imitation de ces sublimes enseignements. Ensuite nous nous levons tous et nous prions (...) pour nous-mêmes et pour tous les autres, dans l'espoir d'obtenir, avec la connaissance que nous avons de la vérité, la grâce de vivre dans la droiture des oeuvres et dans l'observance des préceptes, et de mériter ainsi le salut éternel.


« Ensuite on apporte à celui qui est le chef des frères du pain, de l'eau et du vin. Il les prend et célèbre la gloire et chante les louanges du Père de l'univers, par le nom du Fils et du Saint-Esprit, et fait une longue action de grâces, pour tous les biens que nous avons reçus de lui (...).


« Quand le chef des frères a fini les prières et l'action de grâces, que tout le peuple y a répondu, ceux que nous appelons diacres distribuent à chacun des assistants le pain, le vin et l'eau eucharistiés, et ils en portent aux absents.


« Nous appelons cet aliment Eucharistie, et personne ne peut y prendre part, s'il ne croit la vérité de notre doctrine, s'il n'a reçu l'ablution pour la rémission de ses péchés et sa régénération, et s'il ne vit selon les enseignements du Christ. Car nous ne prenons pas cet aliment comme un pain ordinaire et une boisson commune. Mais de même que, par la parole de Dieu, Jésus-Christ, notre Sauveur, ayant été fait chair, a pris sang et chair pour notre salut ; de même aussi cet aliment, qui par l'assimilation doit nourrir nos chairs et notre sang, est devenu, par la vertu de l'action de grâces, contenant les paroles de Jésus-Christ lui-même, le propre sang et la propre chair de Jésus incarné : telle est notre foi. Les apôtres, dans leurs écrits, que l'on nomme Evangiles, nous ont appris que Jésus-Christ leur avait recommandé d'en agir de la sorte, lorsque ayant pris du pain, il dit : “Faites ceci en mémoire de moi: ceci est mon corps” ; et semblablement ayant pris le calice, et ayant rendu grâces: “Ceci est mon sang”, ajouta-t-il ; et il le leur distribua à eux seuls (...).


« Après l'assemblée, nous nous entretenons les uns les autres dans le souvenir de ce qui s'y est passé. Si nous avons du bien, nous soulageons les pauvres et nous nous aidons toujours ; et dans toutes nos offrandes, nous louons le Créateur de l'univers par Jésus-Christ son Fils et par le Saint-Esprit » (7).


5. La dimension chrétienne du travail


Les premiers chrétiens gardèrent très présent à l'esprit l'exemple de la vie de travail du Christ lui-même, car « il était considéré comme charpentier, et ce fut comme tel qu'il fabriqua des charrues et des attelages tandis qu'il vivait parmi les hommes, en enseignant de la sorte la nécessité d'une juste vie de travail » (8).


Le message chrétien sur cette structure du travail manifeste que le travail même le moins estimé aquiert une dimension nouvelle dans le Christ (9). La dimension surnaturelle du travail sera comme une incitation divine à dépasser largement l'impact des conditionnements sociaux, mais sans violence ni rébellion. Le travail avait, pour les premiers chrétiens, une valeur de signe distinctif entre le véritable croyant et le faux frère, et constituait aussi une manière délicate de vivre la charité pour n'être à la charge d'aucun frère (10).


Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les premiers chrétiens étaient immergés dans un monde où le travail était conçu de manière péjorative. « Comme le travail était ce qui déterminait la vie de l'esclave, s'est imposée la distinction connue entre le travail “servile” et le travail “libre”, en identifiant le premier au travail proprement dit et le second à toute cette gamme d’activités qui, outre la culture, comprend les loisirs et les arts » (11).

 

(à suivre)

____________

NOTES

(1) Aristide [IIème s.], Apologie (124-125), n° XV, trad. M. Picard, éd. Noblet 1892 ;. Cf. trad. Pouderon et M.-J. Pierre, Ed. du Cerf, Paris, 2003.

(2) Aristide, Op. cit. Il existe trois versions de cet ouvrage, dont l'arménienne et la grecque. Nous suivons ici celle qui a été faite du syriaque par D. M. Kay : http://www.tertullian.org/fathers/aristides_02_trans.htm

(3) Saint Théophile d'Antioche, à Autolyque, trad. de l'abbé M. de Genoude, 1838, n. XV.

(4) Aristide, Op. cit., n° XV. Le premier paragraphe est tiré de la version grecque ; le second de la version syriaque.

(5) Auteur inconnu [IIème s.], A Diognète, trad. H.I. Marrou, in Les Pères apostoliques, Ed. du Cerf, 2001.

(6) Aristide, Op. cit., n° XV, version syriaque.

(7) Saint Justin, Lettre à l'empereur Antonin le pieux [1ère Apologie (155)], nn. 67 et 65. Cf. Apologie pour les chrétiens, trad. Charles Munier, éd. du Cerf, 2006 et, par le même traducteur : Justin martyr : Apologie pour les chrétiens, éd. du Cerf, 2006.

(8) Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, c. 88, 8. Cf. P. Bobichon, Justin martyr, Dialogue avec Tryphon, édit.  Saint-Paul, Fribourg (Suisse) 2004.

(9) « Que votre service empressé s'adresse au Seigneur et non aux hommes » (Ephésiens, 6,7).

(10) « Nous ne nous sommes fait donner par personne le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour nous étions au travail, dans le labeur et la fatigue, pour n'être à la charge d'aucun de vous » (2 Thessalonissiens, 3,8).

(11) J. Mullor, La Nueva Cristiandad, Madrid 1966, p.215.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 11:10

Par L'Equipe d'Hermas

1. Ils font partie du monde dans lequel ils vivent


pc-copie-1.jpg Les premiers chrétiens se considéraient comme une partie constitutive du monde dans lequel ils vivaient : « Ce que l’âme est au corps, les chrétiens le sont au monde » (1).


Ils ne se distinguaient de leurs contemporains, ni par le vêtement, ni par des signes distinctifs, ni par une citoyenneté différente.


Chacun d’eux occupait sa place dans la structure sociale de son temps, la même qu’il avait avant sa conversion. S’il était esclave, il ne changeait pas de condition en devenant chrétien, alors pourtant que sa vie s’élevait à une dimension surnaturelle. Cette attitude chrétienne permettait une grande ouverture pour assimiler les valeurs positives qui existaient dans le paganisme. Ainsi, saint Justin disait des penseurs païens, que « tout ce qu'ils ont enseigné de bon nous appartient, à nous chrétiens » (2).


2. La vie qu’ils mènent n’a rien d’étrange


« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par le vêtement. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Ce n'est pas à l’imagination ou aux rêveries d’esprits agités que leur doctrine doit sa découverte ; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine humaine. Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s'acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes les charges comme des étrangers » (3).


3. Ils respectent les lois


« Pour moi, je n’adore pas l’Empereur, je me contente de l’honorer et de prier pour lui ; mais j’adore le Dieu véritable, l’être par excellence, parce que je sais que c’est lui qui fait les rois. Pourquoi donc, allez-vous me dire, n’adorez-vous pas l’empereur ? Parce qu’il n’a pas été fait pour être adoré, mais seulement honoré comme il convient. Ce n’est point un dieu, c’est un homme établi par Dieu pour juger avec équité et non pour recevoir des adorations. Il est en quelque sorte le délégué de Dieu : lui-même ne souffre pas que ses ministres prennent le nom d’empereur, car c’est son nom et il n’est permis à personne de le prendre.  Ainsi Dieu veut être seul adoré. (...) Honorez donc l'empereur, mais honorez-le en l'aimant, en lui obéissant et en priant pour lui ;si vous le faites, vous accomplirez la volonté de Dieu, manifestée dans ces paroles : “Mon fils, honore Dieu et le roi, et ne leur désobéis jamais ; car ils se vengeront aussitôt de leurs ennemi” » (4).


4. Ils vivent honnêtement


« Nous sommes accusés d'une autre injustice encore : on dit que nous sommes aussi des gens inutiles aux affaires. Comment pourrions-nous l'être, nous qui vivons avec vous, qui avons la même nourriture, le même vêtement, le même genre de vie que vous, qui sommes soumis aux mêmes nécessités de l'existence? Car nous ne sommes ni des brahmanes, ni des gymnosophistes de l'Inde, habitants des forêts et exilés de la société. Nous nous souvenons que nous devons de la reconnaissance à Dieu, notre Seigneur et notre Créateur : nous ne repoussons aucun fruit de ses œuvres. Seulement nous nous gardons d'en user avec excès ou de travers. C'est pourquoi, nous habitons avec vous en ce monde, sans laisser de fréquenter votre forum, votre marché, vos bains, vos boutiques, vos magasins, vos hôtelleries, vos foires et les autres lieux où se traitent les affaires. Avec vous encore, nous naviguons, nous servons comme soldats, nous travaillons la terre, enfin nous faisons le commerce; nous échangeons avec vous le produit de nos arts et de notre travail. Comment pouvons-nous paraître inutiles à vos affaires, puisque nous vivons avec vous et de vous ? (...) Cependant j'avouerai qu'il existe peut-être des gens qui peuvent, avec raison, se plaindre de l'inutilité des chrétiens et je dirai quels sont ces gens. En premier lieu, ce sont les entremetteurs, les suborneurs, les souteneurs, puis les assassins, les empoisonneurs, les magiciens et aussi les haruspices, les diseurs de bonne aventure, les astrologues. Ne rien faire gagner à ces gens-là est un gain immense!  (...) Nous prenons à témoin vos propres registres, vous qui, chaque jour, présidez au jugement de tant de prisonniers, vous qui terminez par vos arrêts de condamnation tant de procès! Innombrables sont les criminels qui défilent devant vous, sous les chefs d'accusation les plus variés : or, sur vos listes, quel est l'assassin, quel est le coupeur de bourses, quel est le sacrilège ou le suborneur ou le voleur de bains, qui soit en même temps chrétien? Ou bien, parmi ceux qui vous sont déférés sous l'accusation d'être chrétiens, qui donc ressemble à ces criminels ? C'est des vôtres que toujours les prisons regorgent; c'est des gémissements des vôtres que toujours les mines retentissent; c'est des vôtres que toujours les bêtes du cirque sont engraissées; c'est parmi les vôtres que les organisateurs de spectacles recrutent les troupeaux de criminels qu'ils nourrissent! Aucun chrétien ne se trouve là, à moins qu'il ne soit que chrétien; ou bien, s'il est coupable d'un autre crime, il n'est plus chrétien. » (5).

____________

(1) Auteur inconnu, Lettre à Diognète [fin du IIème s.], trad. H.I. Marrou, in Les Pères apostoliques, Ed. du Cerf, 2001, p. 491.

(2) Saint Justin, Apologie 2, XIII, 4, Traduction L. Pautigny, Ed. A. Picard, Paris 1904.

(3) Lettre à Diognète, Op. cit., p. 490.

(4) Saint Théophile d’Antioche [IIème s.], A Autolyque, Livre I, n°XI, trad. de l’abbé M. de Genoude, 1838.

(5) Tertullien [IIIème s.], L’apologétique, trad. J. P. Waltzing, chap. 42-44.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Nos amis les saints
Mardi 24 août 2010 2 24 /08 /Août /2010 19:47

Par Pierre GABARRA

Nous inaugurons ici une nouvelle collaboration, avec le site espagnol primeroscristianos.com, dont nous présenterons un certain nombre de textes, que nous traduirons en français.

 

1xtns_190x50.jpg

 

Cette collaboration est née d'une conviction commune : dans la période singulière que nous connaissons - qui est massivement non-chrétienne dans le monde occidental, pour ne pas dire "post-chrétienne", voire anti-chrétienne à l'occasion - l'expérience des premiers chrétiens peut nous être d'un immense secours.

 

Les premiers chrétiens, forts et proches de la Révélation évangélique, ont dû en quelque sorte inventer une manière d'être et de vivre dans un monde païen qui était aux antipodes de leurs valeurs. Cette invention n'a pas donné lieu de leur part à un rejet absolu, à la manière des sectes, ni à un repliement sur soi, malgré les persécutions ou les incompréhensions. L'intelligence et le coeur ouverts, ils ont su intégrer tout ce qu'il y avait de bon dans la civilisation qui les environnait.

 

Les premiers chrétiens ont compris que la fidélité au Christ, roi de l'univers, leur ouvrait le monde, qui est en droit leur demeure. Ils savaient qu'ils étaient dépositaires d'un trésor d'une richesse infinie, et ils ont également compris que ce trésor, généreusement répandu et servi, pouvait renouveler la face de la terre.

 

De fait, il en est advenu ainsi, de la littérature aux arts et aux sciences, de la politique au droit. Le christianisme a tout pénétré de sa sève, et l'influence de cette vitalisation s'est fait sentir jusqu'à nos jours, y compris dans l'expression même de sa contestation.

 

De la sorte, les premiers chrétiens ont apporté la preuve historique de la possibilité d'une information globale de la culture par le christianisme.

 

Qui étaient-ils ? Comment vivaient-ils ? Comment s'exprimaient-ils ? Comment réagissaient-ils face à leur environnement ? C'est ce que nous vous proposons de découvrir avec nos amis de primeroscristianos.com, que nous remercions ici chaleureusement pour cette collaboration. Ces derniers se fondent sur les écrits mêmes et les témoignages des âges apostoliques, qu'ils donnent ainsi à connaître et à méditer, et que nous tâchons de traduire en des versions accessibles au public français.

 

Autant le dire d'un mot : nos pères étaient sans complexes et puisaient leur assurance dans un sens très aigu de la transcendance de Dieu et de leurs responsabilités de chrétiens. Chacun mesurera sans peine comme nos milieux chrétiens, dans l'ensemble, se sont éloignés de cet idéal de vie, individuel et social, et chacun sera à même, à ces lectures, de réfléchir à celui qui lui est propre, à celui de sa famille, de sa paroisse. Chacun pourra aussi réfléchir, selon son état, à ce que pourrait être une vie sociale, économique, politique, inspirée dans ce monde en crise, de l'idéal ici illustré.


Afin de donner corps à cette collaboration et de mieux rendre accessibles les travaux présentés, nous avons décidé de consacrer à ces derniers une page spéciale, sur Hermas.info.

 

Bonne lecture à venir !

 

L'Equipe d'Hermas.info

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 1 janvier 1970 4 01 /01 /Jan /1970 01:00

Par Primeroscristianos - Traduction Hermas.info

 

SECTION I : LES PERSECUTIONS DU PREMIER SIECLE


1. Une superstition nouvelle et maléfique


pc-copie-1.jpg La première prise de position de l’Etat romain contre les chrétiens fut celle de l’Empereur Claude (41-54). Les historiens Suètone († vers 130) et Dion Casius († après 235) racontent qu’il fit expluser les juifs parce qu’ils étaient continuellement en litige entre eux à cause d’un certain Christos. « Nous serions ainsi en présence des premières réactions provoquées par le message chrétien dans la communauté de Rome », commente Karl Baus.

 


L’historien Caius Suetonius Tranquillus (Suètone), fonctionnaire impérial de haut rang sous les Empereurs Trajan et Adrien, intellectuel et conseiller de l’Empereur, justifiera cette intervention contre les chrétiens, ainsi que celles qui les suivirent, en définissant le christianisme par ces mots très forts : « Une superstition nouvelle et maléfique ».


En tant que superstition, le christianisme était ainsi rattaché à la magie. Pour les romains, celle-ci désignait un ensemble de pratiques irrationnelles auxquelles recouraient des mages et des sorciers sinistres pour abuser les gens ignorants, sans éducation philosophique. La magie, c’était l’irrationnalité opposée à la raison, la connaissance vulgaire opposée à la connaissance philosophique. L’accusation de magie (comme celle de folie) était une arme dont se servait l’Etat romain pour accuser et contrôler des composantes douteuses de la société. Ainsi du christianisme.

 

Le terme maléfique (porteur de maux) alimentait la suspicion obtuse du peuple, qui voyait dans cette nouveauté (comme dans toute nouveauté) la source des délits les plus déplorables, et, par conséquent, la cause de tous les maux inexplicables qui se répandaient, de la peste aux inondations, de la famine à l’invasion des barbares.

(à suivre)

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Premiers chrétiens - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés