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Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 08:00

(Source AFP) L'ex-trader millionnaire Henry Quinson est aujourd'hui moine et éducateur dans les quartiers pauvres du nord de Marseille et vit sa reconversion comme une quête de sens, loin de la crise financière.

Il y a près de vingt ans, à 28 ans, ce Franco-Américain a abandonné une augmentation de 30% et un confortable bonus offerts par la banque Indosuez où il travaillait pour se retirer dans un monastère, décision, qui, on s'en doute, avait stupéfait tout le monde, persuadé qu'il partait à la concurrence pour une offre plus lucrative. Mais le dieu-dollar ne séduisait plus ce jeune financier élevé à New York dans une famille pratiquante, qui décida, la "trouille au ventre", de rejoindre l'abbaye cistercienne de Tamié, dans les Alpes, pour se consacrer à la prière et à la fabrication de fromage.

C'est juste avant cette retraite de presque six ans qu'il eut une vision : "Je me suis vu à Marseille, où je n'étais jamais allé, où je ne connaissais personne, entouré d'enfants maghrébins à qui je faisais l'école". Vision devenue réalité en 1996 avec son arrivée dans les quartiers Nord et la création de la fraternité religieuse St-Paul dans une cité dont 70% des habitants sont musulmans.


Avant cela, il s'est "débarrassé" de ses millions en les cédant à différentes associations. "C'est bien de faire des discours sur les pauvres, mais c'est encore mieux d'en faire partie", explique-t-il.


Dans l'appartement qu'il partage dans la cité avec l'un des quatre moines de sa fraternité, son quotidien mêle prières, cours d'anglais, soutien scolaire aux enfants, écoute, mission d'écrivain public et aide aux étudiants pour décrocher des bourses d'étude.


Ce moine moderne, maniant avec autant d'aisance l'humour que les références bibliques, estime que l'argent "perturbe la relation avec les personnes" et préfère "faire de l'éducatif". "Si un jeune vient chez nous trois jours par semaine pendant dix ans, il va non seulement faire des progrès scolaires mais sa vision du monde va être transformée", juge-t-il.


Sur la crise financière, il reste philosophe. "Un gros rhume pour le marché", tranche-t-il, estimant qu'il "y a toujours eu des crises même si celle-ci est particulièrement grave". "J'ai conseillé à tous ceux qui me le demandaient il y a un an de complètement sortir du marché d'actions, je ne sais pas s'ils m'ont écouté", sourit-il.


"Aujourd'hui mon salaire annuel de professeur à l'Education nationale correspond à une prime mensuelle de mon salaire de trader à l'époque", mais, poursuit-il, "j'ai infiniment plus de pouvoir en tant que professeur qu'en tant que trader", car "la vraie richesse, c'est l'éducation", "seule apte à changer le monde".

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Vendredi 17 octobre 2008 5 17 /10 /Oct /2008 12:10

Un entretien avec Michel Platini, président de l'Union européenne de football (UEFA) et ancien capitaine de l'équipe de France, a été publié sur le site internet du Monde, au cours duquel il estime dans un entretien au Monde que les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise avant le match France-Tunisie ne sont "pas une insulte à la France" mais uniquement l'occasion d'une récupération politique. Extrait :


"Que pensez-vous du tollé politique qui a suivi les sifflets de La Marseillaise, mardi 14 octobre, au Stade de France? Il y a trente ans, quand je jouais avec l'équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l'époque, les politiques ne s'intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd'hui, c'est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n'a rien à voir avec le sport. Je ne vois pas dans les sifflets qu'on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d'un soir, en l'occurrence l'équipe de France, que l'on veut battre. Dans d'autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l'hymne national quand l'équipe de France dispute un match de l'Euro ou de la Coupe du monde."


Pour consulter l'entretien dans son intégralité, voir ICI.

 

Malgré l'autorité morale incontestable de M. Michel Platini, qu'il nous soit permis de formuler quelques objections à ces propos lénifiants.


Il n'est pas anormal que le sifflets entendus pendant la Marseillaise lors de tous les matchs contre des équipes du Maghreb fassent l'objet d'un débat - voir d'une récupération politique. Dès lors, qu'il s'agit d'un comportement ouvertement hostile à une nation et à ce que représente son hymne - et non pas d'une simple manifestation d'esprit sportif, comme M. Platini feint de le croire - il s'agit d'un symptome social et politique important que l'on doit prendre en considération. Il ne s'agit manifestement pas d'une prise d'otage par le politique, mais d'une réaction nécessaire - et d'ailleurs tardive et faible - à un problème de société inquiétant : celle de la définition même du respect du à son pays d'accueil ou au pays dont on a la nationalité (il existe même des sanctions pénales, que l'on pourrait peut-être, sans passer pour un sauvage, souhaiter voir enfin appliquer...).


D'autant que le sport n'est pas un monde à part, abstrait du reste de l'univers, politique, économique, social... Et les dirigeants sportifs le savent bien, quand il leur faut trouver des financements ou vendre des droits de retransmission, lorsqu'ils se présentent en modèles pour l'éducation et le développement des jeunes, voir en modèles de société. Il ne faut donc pas s'étonner que la portée sociale des comportements qu'il suscite soit lo'bjet d'un débat politique.


Il faudrait éviter de prendre les gens pour des naïfs et de tenter de masquer  un peu plus longtemps encore ce symptome d'un problème dans la définition même de l'identité française. Je ne pense pas que les sifflets évoqués dans les années 70 aient eu les mêmes motivations hostiles (politiquement et socialement) que ceux entendus dans le cadre de match contre les pays du Maghreb. Et s'ils ne donnaient pas lieu à un débat politique, c'est parce qu'ils n'avaient aucun caractère politique. Mais peut-être M. Platini s'est-il arrêté à la période où il connut son heure de gloire...

 

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Mercredi 15 octobre 2008 3 15 /10 /Oct /2008 14:29


Encore un coup porté - assez sournoisement - à la famille. On vient, en effet, d'apprendre que les syndicats et le Medef s'apprêtent à conclure un accord visant à plafonner la majoration des retraites des cadres (AGIRC) pour les parents de famille nombreuse.


Aujourd´hui, les retraites AGIRC sont, en effet, majorées de 8 % pour les salariés ayant 3 enfants, 12 % pour 4 enfants, 16 % pour 5 enfants, 20 % pour 6 enfants, et 24 % pour 7 enfants ou plus.


Or, les syndicats et le Medef s´apprêtent à plafonner cette majoration à 5 %, quel que soit le nombre d'enfants du salarié (v. les déclarations de Mme Danielle Karniewicz, présidente (CFE-CGC) de la caisse nationale d´assurance vieillesse dans le journal La Croix du 8 août 2008). L´affaire  doit être débattue entre les partenaires sociaux dans les jours à venir.

Pour plus d'informations (sur ce que perdront les cadres concernés, sur les raisons de s'opposer à ce projet et/ou pour s'engager contre ce projet), voir le site de l'union des familles (ICI).

Une fois de plus, notre engagement concret est nécessaire.

 

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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 09:05

Menée auprès d’un échantillon représentatif de parents d’enfants âgés de 6 à 12 ans, un sondage publié par La Croix démontre l'attachement très fort des français aux réunions et repas de famille, partagés avec grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines.

Ainsi, 53 % des parents – et même plus parmi les plus jeunes – disent favoriser ce type de rencontre, quand 12 % à peine avouent les fuir. La famille, au sens large, plébiscite en particulier la fête de Noël, considérée par près de 7 sondés sur 10 comme un moment de retrouvailles ou de rassemblement incontournable.

« Alors que depuis la fin des années 60, beaucoup considéraient la famille comme ringarde, on se rend compte de nouveau, depuis une dizaine d’années, combien elle est essentielle pour la construction de l’enfant qui, pour construire sa propre histoire, a besoin de se sentir acteur et témoin de ces rassemblements, commente le psycho sociologue Jean Epstein.

Les chiffres : pendant la semaine, plus de 80 % des parents dînent systématiquement avec leur(s) enfant(s). Le petit déjeuner, avant le départ pour l’école, est l’occasion d’un échange pour 53 % des personnes interrogées. Le week-end, les repas, parfois préparés ensemble, continuent de rythmer la vie de famille, y compris le goûter, que les parents âgés de moins de 35 ans ont tendance à partager avec leur progéniture.

Si la télévision reste la plus populaire (près de 70 % des familles se réunissent plusieurs fois par semaine devant le petit écran, avec, dans un cas sur deux, le respect systématique des limites d’âge indiquées par les chaînes), d’autres activités réalisent de réelles percées.
Ainsi, on utilise de plus en plus souvent l’Internet en famille (29 % de citations), pour y trouver des jeux ou, s’agissant des plus grands, y effectuer des recherches documentaires. De même, on assiste à une montée en puissance des jeux vidéo (19 %), les jeunes pères étant souvent eux-mêmes particulièrement friands de ce type de divertissement.

Quant à l’aide aux devoirs, le temps qui y est consacré est, en primaire, inférieur à un quart d’heure, mais il s’élève de 35 minutes à une heure lorsque l’enfant est inscrit au collège. Neuf fois sur dix, c’est la mère qui constitue le premier soutien scolaire. Mais 48 % des pères disent aider leurs enfants à faire leurs devoirs en semaine, et 65% le week-end.

« On parle souvent de l’effacement des pères. Mais ceux-ci n’ont jamais été aussi présents », se lon Jean Epstein, convaincu que la famille est « davantage en mutation qu’en crise ».

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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 09:00

Hermas souhaite une bonne rentrée aux enfants, aux enseignants et aux parents,
ainsi qu'une très belle année
scolaire, pleine de succès, de bonnes notes, de devoirs bien faits, d'enfants sages et polis, de parents détendus et attentifs, d'enseignants heureux de leur vocation et du comportement de leurs élèves...
le tout sous le regard bienveillant du Seigneur !

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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 15:02

I.- A la suite de l’article que nous avons publié hier sur l’affaire d’Avesnes-sur-Helpe, un lecteur nous adresse le message suivant :

 

« En fait il semble que, dans l'ordre, l'enfant a refusé puis l'enseignant a alors jeté ses affaires par terre et l'a bousculé. C'est alors que l'enfant l'a insulté, puis a reçu une gifle. Il y a donc eu agression de l'enseignant d'abord. L'enfant n'a fait que répliquer. »

 

Il n’est pas douteux que ces précisions aient leur importance dans la compréhension des faits. Cependant, le « n’a fait que répliquer », loin de contredire l’analyse que nous avons présentée, nous paraît plutôt la justifier.

 

La question, pour nous, n’est pas de savoir si l’enseignant a eu tort ou non d’agir comme il l’a fait. Admettons qu’il ait eu tort, qu’il ait, comme disait saint Thomas, « excédé dans le mode », par une réaction disproportionnée, en jetant à terre les affaires de l’enfant qui refusait d’obéir et en le bousculant.

 

Reste la réaction même de l’enfant, c'est-à-dire de l’injure adressée à l’enseignant. Car c’est cela qui, au fond, est en cause : sans elle, la gifle ne serait pas intervenue. Cette dernière ne serait-elle pas intervenue, d’ailleurs, que le problème serait absolument identique. En soulignant que l’enfant « n’a fait que répliquer », on se situe exactement dans le cadre d’une relation d’égalité. On suppose ici que l’enfant a d’abord été “agressé” ; il n’a fait que se défendre. C’est cette vision des choses qui nous paraît erronée, voire dangereuse. Arrêtons-nous y un instant.

 

 

II. La vie sociale est essentiellement constituée de relations. C’est par elles que les hommes tendent à réaliser leurs projets, par elles qu’ils s’efforcent d’aménager leurs espaces de liberté et d’épanouissement.

 

Ces relations sont mesurées par le droit, qui y introduit de la rationalité et de la mesure, autrement dit de la justice. Mais pas seulement par la loi – n’en déplaise aux intoxiqués du positivisme. Ces relations sont également mesurées par des règles le plus souvent non écrites ou, en tout cas, qui anticipent les règles écrites ou peuvent se passer d’elles et que, faute de mieux, nous appellerons ici des “sacralités” en raison de leur nécessité.

 

Ainsi du respect : respect d’autrui, respect de sa vie, de ses biens ; respect de la parole que l’on donne, et de celle que l’on reçoit, respects sans lesquels il n’y a pas de vie sociale humaine possible.

 

Respect aussi de certaines relations d’ordre. Ce sont celles qui nous relient aux personnes âgées, aux anciens, aux sages, à ceux qui savent ce que nous ignorons, aux parents, à ceux qui sont investis d’une autorité légitime, à notre patrie, aux enseignants, aux pauvres mêmes. Il n’y a pas si longtemps qu’il était admis que la femme entrait aussi dans ces relations d’ordre, lesquelles généraient une forme de courtoisie qui lui était réservée, et que l’on appelait la galanterie. Celle-ci commandait notamment de s’effacer devant elle à un passage, de ne pas lui serrer la main comme à toute autre personne, de lui céder sa place assise dans un transport en commun, ou le haut du trottoir lorsqu’on la croisait dans la rue – d’où cette expression : « tenir le haut du pavé », synonyme de privilège et de primauté.

 

Si le respect d’autrui est en général fondé sur l’égalité, parce que nous honorons en lui ce que nous savons nous être dû à nous-mêmes, le respect des relations d’ordre est fondé, par hypothèse, sur une inégalité implicitement reconnue. Cette inégalité n’est pas quantitative ou matérielle, comme de celui qui possède plus à celui qui possède moins, puisqu’elle intègre les miséreux. Saint Vincent de Paul ne disait-il pas des pauvres qu’ils sont « nos maîtres » ? Cette inégalité est qualitative. Elle résulte d’une richesse humaine particulière que nous honorons en qui la possède, quand nous-mêmes ne la possédons pas et dont nous mesurons la valeur. Il est très étrange, de ce point de vue, qu’il y ait à honorer le pauvre, très étrange et très incompréhensible si nous ne saisissons pas qu’il s’agit là d’un apport original de l’Evangile, qui y puise sa fécondité et son sens. Le respect du pauvre tient à la fois de l’inégalité matérielle qui lui nuit et de « l’option préférentielle » qui le privilégie dans le cœur de Dieu.

 

Le respect de ces relations d’ordre, intégré dans la moralité, est une condition essentielle de la qualité, de la permanence, de la vérité, voire de la beauté des relations humaines. C’est pourquoi nous les qualifions de “sacralités”, au sens où ce qui est sacré est réputé mis à part, intouchable. L’expérience montre que lorsque l’on y porte la main, cette “désacralisation” entraîne inéluctablement une déshumanisation. La voie la plus ordinaire de les détruire consiste à leur imposer idéologiquement une égalité qui leur répugne essentiellement. Ainsi, il n’y a plus de paternité lorsque les pères sont réduits à n’être plus que des copains de leurs enfants, et c’est toute la société qui en est infantilisée dans ses perspectives et ses comportements. L’égalitarisme féministe a conduit à une perte de respect de la femme et, corrélativement, à celui de la mère, laissant en particulier libre court aux multiples instrumentalisations de la femme-objet.

 

 

III.- La désacralisation de la relation d’élève à maître, de celui qui est en état d’apprendre à celui qui est en état de donner, de notre point de vue, est de cet ordre. Cette relation est essentielle dans une société qui évolue par modes d’apprentissages successifs, par traditions de savoirs et d’expériences. Qui ne sait pas ce qu’est d’avoir eu un maître, en quelque domaine ou à quelque degré que ce soit, ne peut évidemment en comprendre l’importance.

 

Il n’en reste pas moins que cette relation est une condition primordiale de la valorisation du rapport humain au savoir, et du savoir lui-même. Elle facilite son acquisition, en reposant sur le respect et la confiance. Elle doit donc être protégée, et c'est implicitement qu'il est normalement acquis qu'elle doit l'être. Son existence même suppose, voire exige, une certaine crainte révérentielle qui constitue à la fois la condition de son exercice et la garantie de son maintien. L’égalitarisme opéré par le copinage, le tutoiement, l’effacement des hiérarchies et l’illusion platonicienne de ce que les enfants ne sont pas tant en état d’apprendre que de libérer leurs créativités, tout cela ruine la sacralité de cette relation et prive les enfants de son expérience.

 

Dans le cas qui nous occupe, présenter l’enfant et l’enseignant sur un pied d’égalité pour retenir que le premier n’a fait que répondre au second dans une altercation qui les opposait illustre le fait que l’on raisonne hors du cadre de cette relation, ou qu'on la tient pour inexistante. Dans cette hypothèse, alors oui, pourquoi pas ? L’enfant était en droit de se défendre puisque la réaction première de l’enseignant est jugée être une “agression” en fraude de ses droits. Allons plus loin : une fois la gifle reçue, l’enfant aurait dû ou pu légitimement en retourner une à l’enseignant pour que l’égalité soit respectée. Match nul, balle au centre : l’enseignant n’aurait eu qu’à s’en prendre à lui-même. Les partisans de ces analyses, qui focalisent exclusivement leur jugement sur “l’agression” supposée, seraient assez avisés de réfléchir au fait qu’elles sont transposables en toutes autres relations sociales. Elles le sont, en particulier, dans la relation des parents et des enfants. Ira-t-on, un jour, en désacralisant un peu plus qu'elle ne l'est la relation parents-enfants, jusqu’à légitimer une action en justice de ceux-ci contre ceux-là, au motif qu’ils en auront subi ce qui sera jugé être une “agression” ? Que la vie sociale ait tout à y perdre, rien n'est moins certain.

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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 12:05

Par Hermas.info


Aujourd’hui s’ouvre devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe (59) un procès singulier.

 

Rappelons d’abord les faits, qui se sont produits le 28 janvier 2008. Un enseignant en technologie de Berlaimont, M. José Laboureur, avait demandé en cours à l’un de ses élèves de sixième, âgé de onze ans, de ranger une table au fond de la classe. Celui-ci avait refusé. Regardant son professeur droit dans les yeux, selon ce qu’il est rapporté, l’enfant a traité son professeur de “connard”. M. Laboureur l’a alors poussé contre une porte et giflé. L’enfant a été exclu trois jours de l’école.

 

Ce qui, de prime abord, pourrait paraître un événement mineur, illustrant le cas de la sanction [susceptible d'être qualifiée d'excessive] d’une injure par un enseignant dans l’exercice de sa fonction, prend ici l’allure d’une affaire pénale. Le père de l’enfant, en effet, est gendarme. Et celui-ci croit devoir porter plainte.  M. Laboureur est placé en garde à vue pendant vingt-quatre heures. Une pétition de soutien a réuni plusieurs milliers de signatures d’enseignants et M. Fillon lui-même, ès qualités de premier ministre, a exprimé son propre soutien.

 

L’avocat de M. Laboureur plaide la relaxe, celui de l’enfant la condamnation à un euro de dommages et intérêts.

 

Cette dernière demande manifeste que le procès se situe dans le champ du symbole. La famille de l’enfant reproche d’ailleurs à l’enseignant d’avoir “médiatisé” sa défense et la condamnation est réclamée « pour toute la tempête dans laquelle (l’enseignant) a emporté cet enfant ».

 

Ces circonstances donnent à réfléchir.

 

Au premier chef, il y a la gifle. Il est entré dans une sorte de consensus social qu’un enseignant ne doit pas lever la main sur un élève. Concédons qu’il est justifié. Se posent cependant deux difficultés.

 

La première est celle du comportement de l’élève. On s’accorde sans doute aussi pour dire qu’en principe il ne doit pas injurier un enseignant. Mais il est déjà problématique qu’il puisse le faire, et que, de fait, un enfant de onze ans le fasse, et en ces termes. Comme il est problématique, plus généralement, qu’un enfant de cet âge puisse s’adresser ainsi à un adulte, quel qu’il soit.

 

La seconde est celle de la réaction des parents. Personne ne conteste à quiconque le droit de penser que le châtiment corporel n’a pas sa place dans l’éducation, et de le bannir de chez soi. Reste qu’il peut advenir, et que, de fait, il est advenu. Il est alors problématique de savoir s’il y a lieu de privilégier le blâme public de l’enseignant, qui y a cédé, sur le blâme de l’enfant qui l’a provoqué.

 

Au fond, on peut légitimement se demander si, là encore, on ne se trouve pas devant un problème de valeurs, voire de symboles, puisque le débat aboutit sur ce terrain.

 

De la faute de l’élève, on glisse à celle de l’enseignant, et de celle-ci à la médiatisation. Au terme de ce processus, il ne reste qu’une seule victime, face à son bourreau supposé : l’enfant, « emporté dans une tempête » par l’enseignant qui a entendu se défendre publiquement d’être traité comme un délinquant et un agresseur. Il n’y a plus de considération ni pour l’injure, ni pour le fait qu’elle ait été proférée par un enfant de onze ans, ni qu’elle ait atteint un adulte et, en l’occurrence, un enseignant.

 

L’enfant est ici banalement considéré comme un sujet de droit, face à un autre sujet de droit. Leurs droits respectifs sont pesés à égalité, et le droit pénal est invité à rétablir le déséquilibre dommageable provoqué par le seul enseignant.

 

Cette problématique, symptomatique de l’évolution de la société, évacue totalement la relation primordiale de l’élève à l’enseignant qui est, qu’on le veuille ou non, une relation d’inégalité. Une injure est une injure, soit. Mais il y a injure et injure. Il n’est pas égal de brûler une politesse à qui elle est due et de le disqualifier dans son autorité par une insulte publique. Il n’est pas égal non plus d’injurier un égal ou un inégal, comme il est couramment admis, encore, en droit du travail. Il est très surprenant que ceci ne paraisse pas avoir été saisi par le père de l’enfant, qui est un représentant de l’ordre.

 

L’idéologie soixante-huitarde est passée par là, qui a désacralisé la relation fondamentale de l’élève à l’enseignant, lequel n’est plus un maître, en même temps qu’elle présidait à l’évacuation de tous les éléments symboliques de cette sacralisation : la politesse, le vouvoiement, le respect, et jusqu’aux estrades marquant la distance de celui qui sait à celui qui a tout à apprendre.

 

C’est à être confronté à des événements de ce genre que l’on se surprend à n’être plus de son temps. Comment aurions-nous réagi nous-mêmes en de telles circonstances ? A supposer que nous ayons réprouvé le geste de l’enseignant, et que nous n’ayons pas plutôt pensé qu'il avait été bien mérité, la confusion de ce que l'enfant ait pu insulter ainsi son professeur ne l’aurait-elle tout de même pas probablement emporté ?
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Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 10:04

Par La rédaction
Patrice de Plunkett vient de publier un nouvel ouvrage intitulé L'écologie de la Bible à nos jours pour, d'une part, inciter les chrétiens, selon le voeux du Saint Père d'ailleurs, dont l'engagement pour l'écologie est connu, à évangéliser l'écologie sans complexe, et, d'autre part, en finir avec certaines vieilles lunes anti-chrétiennes qui animent certains courants de l'écologie politique. Un livre à lire et à offrir !


Voici le texte d'une interview de l'auteur par Zenit.org.

Zenit - Patrice de Plunkett , comment est né le projet de « L'écologie, de la Bible à nos jours » ?

P. de Plunkett - De deux urgences : la crise mondiale de l'environnement, qui pousse à un nouvel art de vivre. Et l'urgence de faire connaître à tous - notamment aux écologistes - la pensée chrétienne dans ce domaine ! D'où ce livre : c'est une enquête sur hier et aujourd'hui. Vis-à-vis de l'homme dans la nature, que s'est-il passé avec la naissance du christianisme, avec le Moyen Âge, avec Descartes, avec les Lumières, avec le capitalisme industriel ? Et aujourd'hui : pourquoi la situation au XXe siècle a rendu nécessaire l'apparition de l'écologie, pourquoi la question va dominer le XXIe siècle, pourquoi elle nous concerne tous... La crise alimentaire, les crises du pétrole, de la biodiversité, du climat, de la déforestation, des OGM : quelles en sont les causes ? Quel est leur impact sur le politique et sur les idées ? Le sujet de cette enquête est vital ; il commande l'avenir de la planète, donc celui de l'humanité. J'ai découvert des choses que je tiens à partager avec tous.

Zenit - Justement : on croyait que l'écologie, c'est de nos jours et pas biblique ! Mais vous posez la question: « la Bible a-t-elle pollué le monde ? » Pourquoi ?

P. de Plunkett - Cette question imprègne les esprits. Je suis journaliste : mon métier est d'être attentif à l'air du temps, aux impressions des gens, aux idées du grand public. Si vous parlez environnement avec un collègue de bureau, au bout de deux minutes il vous dira : « Est-ce que le saccage de la nature ne vient pas de la Bible, avec son ‘dominez la terre' ? » C'est une accusation très répandue. Elle vient d'intellectuels antichrétiens, qui l'ont infusée dans une partie du mouvement écologiste. Et elle est aggravée par des chrétiens, qui croient devoir être « anti-écologie » parce que certains écologistes sont anti-chrétiens, etc. Il faut sortir de ce cercle vicieux ! J'ai donc repris les textes de la Bible juive et chrétienne : la Genèse, le Deutéronome, les prophètes, les psaumes, le Cantique, les évangiles, les épîtres, l'Apocalypse, et j'ai étudié leur message sur l'homme et la nature. Il est frappant : Dieu crée l'homme pour le rendre jardinier, berger et « prêtre » du reste de la Création. Non pour qu'il la saccage. Et Paul nous dit que toute la Création - pas seulement l'homme - est appelée au salut en Jésus-Christ ! C'est une promesse inouïe et une responsabilité pour l'humanité ! L'esprit profond de l'écologie, c'est la Révélation judéo-chrétienne. Voilà le début de mon livre.

Zenit - Un autre préjugé tombe : celui des siècles « obscurs » du Moyen Age. On y voit plutôt le travail des moines. Qui sont les chantres de l'écologie au temps des cathédrales ?

P. de Plunkett - L'esprit « écologique » de la Bible irrigue le Moyen Age. Le monde des moines est celui des psaumes : au rythme du cosmos. Le monde architectural des cathédrales est une fabuleuse éclosion du végétal, du forestier. Le retable de l'Agneau mystique (van Eyck) est un hymne à la nature transfigurée. Les théologiens les plus rigoureux (Alain de Lille, Hugues de Saint-Victor, Hildegarde de Bingen) ont des accents incroyablement écologiques pour parler de la nature. Le symbole du jardin verdoie dans toute la pensée religieuse médiévale. Quant au mouvement franciscain du XIIIe siècle, il est étonnamment proche de l'écologie chrétienne d'aujourd'hui : solidarité de l'homme et du reste de la Création (« mon frère le soleil », « ma sœur l'eau »), et nouvelle évangélisation dans les villes en pleine révolution économique ! Le parallèle avec notre temps saute aux yeux. C'est pourquoi Jean-Paul II a nommé saint François patron des écologistes...


Zenit - Le progrès chanté par l'âge moderne est-il contre la « nature » ?

P. de Plunkett - « Progrès » est un mot ambigu. Les conquêtes de la science sont bonnes si l'on en fait bon usage ! Or on a vu apparaître aux XVIIe-XVIIIe siècles l'idée d'une « science-pouvoir » et d'une nature « machine », livrée à l'homme (« machine » lui aussi) pour qu'il l'exploite sans limites. Cette conception du progrès était celle des Lumières, et s'est imposée contre la vision chrétienne. Elle a été ensuite la vision du XIXe siècle et de la révolution industrielle, qui a transformé les travailleurs en esclaves et la nature en chantier. Au XXIe siècle, on voit le butoir de ce processus : la nature est tellement exploitée que ses ressources faiblissent et que ses équilibres se dérèglent. Certains veulent croire que le technologique va remplacer le naturel, mais c'est une utopie ; l'homme ne peut se passer de la biosphère dont il fait partie. Il doit donc changer de façon de vivre et de vision de la vie : le vrai progrès sera de ramener l'activité économique à une dimension humaine, de se libérer de la tyrannie du profit, de renoncer au mythe de la croissance productiviste indéfinie - condamnée de toute façon par l'épuisement du pétrole. Cette tyrannie et ce mythe sont par ailleurs contraires aux leçons de la Bible !


Zenit - A partir de quand peut-on parler d'écologie ?

P. de Plunkett - Il y a des précurseurs : le réchauffement climatique est prédit dès 1880 par l'abbé Stoppani (géologue de l'Académie royale des sciences de Milan) et en 1900 par Arrhenius (Suédois, prix Nobel de chimie). Mais l'écologie naît à la fin des années 1960, quand l'opinion prend conscience des effets du productivisme industriel sans frein. Vers 1970, on voit naître l'écologie « politique », qui veut amener les gouvernements à prendre en compte la responsabilité de l'homme envers la nature. C'est bien plus qu'un « souci de l'environnement » : il s'agit de réinventer le politique pour qu'il soit à la hauteur des défis de l'avenir.


Zenit - A la fin du XXe siècle, d'aucuns mettaient encore en doute le réchauffement climatique et différentes séquelles du bond en avant des techniques sur les continents et les océans. On en a fini avec ces doutes sur le diagnostic ?

P. de Plunkett - Une rumeur a circulé selon laquelle « la communauté scientifique était divisée au sujet du réchauffement ». C'est faux. Les climatologues sont seuls compétents jusqu'à nouvel ordre, et ils sont formels : le climat s'échauffe depuis le début du XXe siècle, et de façon exponentielle depuis les années 1980. Ceux qui le nient ne sont pas des climatologues ! Et la climatologie (science fiable, science du long terme) n'est pas aléatoire comme la météo...

Ce qui est faux également, c'est de dire que les climatologues « doutent du rôle de l'activité économique dans le réchauffement ». Sans ce rôle, l'accélération du réchauffement n'existerait pas. Elle correspond à la mondialisation du productivisme industriel ! Certes il y a des petits groupes qui militent pour nier tout cela ; mais, sans vouloir polémiquer, je signale que Newsweek et le Sénat américain, en 2007, ont identifié ces groupes comme appointés par des multinationales pétrolières. Si vous entendez dire que « les scientifiques sont divisés sur la question climatique », vous savez d'où cela vient.


Zenit - Même chez les catholiques, on s'est parfois montré frileux par peur de la politisation de l'écologie, ou de l'idéologie... Or vous parlez des « papes verts » ! On a tout dit sur Jean-Paul II, mais pas forcément cela ! Pourquoi ?

P. de Plunkett - Les catholiques sont divisés sur la question. Certains sont attentifs aux directives écologiques (fermes et argumentées) qui viennent de Rome et des évêques depuis vingt ans : souvenez-vous du flamboyant message de Jean-Paul II pour la Journée de la paix du 1er janvier 1990. Ou du discours de Benoît XVI aux jeunes, à Lorette, le 2 septembre 2007. Ou du document de l'épiscopat français en 2000. Mais d'autres catholiques font la sourde oreille... Paradoxalement, on les trouve parmi ceux qui se disent les plus «classiques » : mais c'est du libre service, ils prennent ce qui les arrange et n'écoutent pas le reste. Or il faut se laisser interpeller par le Magistère : et si son enseignement contredit nos petites opinions séculières (informées comment, d'ailleurs ?), n'hésitons pas à changer nos opinions. En témoigne - excusez-moi - ma propre évolution sur la question écologique... J'y étais peu sensible naguère. J'ai évolué à l'écoute de l'Eglise. Par exemple en découvrant la lettre du cardinal Ratzinger à la revue « L'Ecologiste », et l'article de cette même revue en 2005 : « Habemus papam ecologistum » ! Vous trouvez tout cela raconté dans mon livre.


Zenit - Des Bénédictins à Benoît XVI il y a une affinité, dans le domaine de l'écologie aussi. On ne l'attendait pas forcément sur ce terrain... Oubliait-on qu'il vient des montagnes bavaroises ?

P. de Plunkett - On oubliait aussi qu'il n'est pas nécessaire d'être un grand sportif comme Karol Wojtyla pour comprendre et aimer la nature. Elle est la Création. On ne peut pas être théologien sans aimer ce que Dieu crée. J'avais senti cette profonde affection de Josef Ratzinger envers le monde créé, lorsque j'avais eu l'honneur d'être reçu par lui et d'être son interlocuteur lors d'une de ses venues à Paris dans les années 1990. Je crois aussi, et comme vous le dites, que ce sens « cosmique » est plus spontané chez un Allemand que chez un Français : question de tropismes culturels...


Zenit - L'écologie est donc inséparable du social : en gros, de « l'humain » ?

P. de Plunkett - L'écologie « radicale » (« allant à la racine ») ne sépare pas les domaines. Le social et l'environnement sont liés au modèle économique, et l'ensemble définit la société humaine ; si l'on veut remédier aux nuisances envers l'homme et la nature, il faut modifier le modèle économique, comme Benoît XVI l'a demandé le 12 novembre 2006. Seul le politique peut y parvenir. Mais le politique dépend de la vision de la vie, de la philosophie sociale : et elles-mêmes appartiennent au monde de l'esprit, qui touche au spirituel ! Tout est lié. C'est pourquoi l'écologie fait partie de la doctrine sociale de l'Eglise, que tous les catholiques devraient étudier...


Zenit - Pour la Journée mondiale de l'environnement, ce 5 juin, MM. Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, et Achim Steiner, directeur exécutif du PNUE, ont appelé à « réfléchir aux actions que chacun peut mettre en œuvre ». Y compris les catholiques ?

P. de Plunkett - Il y a deux milliards de chrétiens sur la planète, dont plus d'un milliard de catholiques. Si cette masse d'humanité se plaçait à l'avant-garde du nouvel art de vivre écologique, ce serait une révolution mondiale. Ouvrons nos fenêtres d'Européens sur le reste du monde ! Ce sera salubre, et pour nous, et pour lui. Les appels de l'Eglise à la solidarité de la planète chrétienne pour le bien commun de l'humanité sont exaltants, si on les écoute avec l'esprit clair et le cœur ouvert. C'est aussi pour les faire connaître du grand public que j'ai écrit ce livre. Ecrire est ma contribution professionnelle à cette mobilisation.


Patrice de Plunkett : L'écologie, de la Bible à nos jours - Pour en finir avec les idées reçues. (Editions de L'Oeuvre, 20 euros).


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Publié dans : Société - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 5 juin 2008 4 05 /06 /Juin /2008 08:50

Par La rédaction
Rarement a-t-on vu la classe politique française aussi unanime que dans la condamnation du jugement du tribunal de grande instance de Lille ayant annulé le mariage d'une femme ayant menti sur sa virginité. Et cette unanimité pleine de suffisance traduit une confusion mentale, une absence d'analyse grégaire véritablement effroyables.

Les faits -  Deux personnes veulent se marier. L'époux considère comme essentiel que sa femme soit vierge. Sa femme en est consciente et lui affirme l'être. Après le mariage, l'époux découvre qu'elle lui a menti. Sa femme l'admet. Il demande l'annulation d'un mariage souscrit sur une tromperie. L'épouse y consent.

Le droit et la raison - Le mariage, qui est un contrat, doit être souscrit librement et sans tromperie sur les éléments essentiels de l'engagement. L'article 180 du Code civil prévoit ainsi que "s'il y a erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l'autre époux peut demander la nullité du mariage". Celui qui a été trompé sur une facette qu'il considère comme essentielle de la personnalité de son conjoint peut en tirer les conséquences qui s'imposent en droit : l'annulation du contrat, puisqu'est nul un contrat auquel on a souscrit avec un consentement vicié (il y a ainsi lieu d'annuler un mariage, si l'autre époux le demande, lorsque l'autre époux entretien une relation avec un tiers qu'il n'entend pas rompre - TGI Le Mans, 7 déc. 1981 ; lorsque l'époux ignorait que son conjoint était divorcé - Cass. 1ère civ., 2 déc. 1997 ;  lorsque l'époux a été condamné pénalement sans que son conjoint en soit informé, TGI Paris, 13 févr. 2001 ; lorsqu'un des époux est dans l'incapacité d'avoir des relations sexuelles normales, CA Paris, 26 Mars 1982 ; lorsque l'autre époux n'entend pas s'engager durablement, ni assumer les conséquences de son engagement, TGI Paris, 7 Mai 1996; etc.).

En bref, lorsque l'un des époux a été trompé par son conjoint sur une qualité essentielle de ce dernier. Comme pour tout contrat, lorsqu'on a été trompé sur un élément déterminant pour signer, on peut obtenir l'annulation du contrat. Et cet élément déterminant est heureusement subjectif et dépend de chaque personne, qui a le droit de voir respecter sa personnalité et les raisons de son engagement (pourvu qu'elles soient légales).

Dans l'affaire lilloise, le tribunal a simplement constaté que, pour l'époux, la virginité de son épouse était un élément déterminant de son consentement : il ne se serait pas marié s'il avait su qu'elle n'était pas vierge. On peut discuter l'opportunité de ce choix, mais il est légal qu'un individu veuille épouser une femme vierge. C'est son droit, en l'état de conviction ou de goût personnels qui ne regarde que lui et auquel son épouse a souscrit. Et il n'existe aucun texte prohibant la discrimination dans le choix d'un époux selon l'état de son hymen. Et la même condition peut être exigée par l'époux ou par l'épouse.

Le tribunal a donc tiré les conséquences légales de la constatation - admise par l'épouse - selon laquelle l'époux considérait cette condition comme déterminante de son engagement. Ayant constaté qu'il avait été trompé, il a annulé le jugement.

C'est une affaire privée, qui ne concerne que les époux, et qui a été légalement tranchée.

Le délire médiatique - Depuis, on assiste à un délire verbal de la classe politique, qui se laisse aller à une surenchère douteuse. Or, toutes les réactions, outre qu'elles sont excessives, sont totalement hors de propos : elles se placent sur le terrain de la liberté sexuelle des femmes et de l'égalité des sexes. M. Hervé Favre, journaliste de La Voix du Nord, explicite ainsi ce qui est le présupposé de tous les Indignés :
« Il faut dire que quarante ans après Mai 68 et sa révolution sexuelle, le jugement lillois nous fait faire un sacré bond en arrière avec ses relents de répudiation sur fond d'interdits religieux.» OR, CE N'EST PAS LE PROBLEME !

L'épouse n'a pas été condamnée, ni "sanctionnée" (comme dit Mme Aubry), ni jugée pour avoir eu des relations sexuelles avant le mariage. DE CELA ON N'A CURE ! Le tribunal a constaté qu'elle avait menti et trompé son conjoint pour l'amener à se marier. Or, puisqu'il faut exprimer les choses ainsi, mentir ce n'est pas bien ; tromper quelqu'un pour l'amener à contracter, ce n'est pas bien (toutes ces belles âmes auraient été choquées qu'un VRP vendent des encyclopédies à cette épouse en lui cachant leur coût réel, en raison de ce qu'elle aurait été trompée. Pourquoi en irait-il différemment pour l'engagement autrement plus déterminant qu'est le mariage ?).

L'épouse pouvait faire ce qu'elle voulait avant le mariage : mais elle ne peut en plus, en mentant, imposer le mariage à quelqu'un.

Les inquiétudes pour l'Etat de droit - Or, ces réactions horrifiées de la classe politique suscitent l'effroi. Car une décision rendue en droit par un tribunal est critiquée à tort et à travers, sans mesure ni argumentation sérieuse (puisque les arguments sont sans lien avec le problème), par des élus qui remettent en cause l'autorité d'une décision judiciaire, l'intégrité des juges, la valeur même de la loi, par des propos outranciers. Bien plus, on a forcé le parquet à faire appel d'un jugement qui était admis par la seule personne concernée, à savoir l'épouse ! Là n'est pas le moindre paradoxe de cette affaire délirante, qui ne fait qu'accentuer son caractère purement idéologique. Me Mauger, l'avocat de cette dernière, a confié à l'A.F.P. que sa cliente, qui risque fort de se retrouver mariée contre son gré,
se sentait « très, très mal » à la suite de cette polémique parce que l'annulation de son mariage lui avait apporté... « du soulagement ». « Je ne suis pas d'accord avec l'appel parce que j'ai ma vie à reconstruire », a-t-elle indiqué à son avocat. « Je n'ai pas à être victime du système politique. » Grâce aux ulcères de Mme Badinter et consorts, cette femme risque de se retrouver mariée de force...

Et tout cela pour quoi ? Pour des postures médiatiques... C'est inquiétant car tous les délires, avec toutes les conséquences sur le cours de la justice et même sur l'état du droit peuvent résulter d'une surenchère politicienne parfaitement artificielle.

Où sont les défenseurs patentés de l'indépendance de la justice ? Où sont les défenseurs officiels de l'indépendance du ministère public ? Où sont les écorchés vifs de la protection du plus faible, celui qui, dans un contrat, est victime d'un mensonge ? Où sont les pourfendeurs des menaces sur la vie privée ? Ils crient avec les loups, le plus fort possible de peur d'être en reste dans un débat où n'importe qui dit n'importe quoi sans avoir à rendre compte de la justesse de ses propos.

Tout ce débat est minable, car ceux qui braillent, dont on pourrait normalement attendre une certaine mesure, le font sans raison ni mesure.

Une personnalité sort malgré tout du lot. Mme Dati. Même si elle a fini par céder à la meute, elle a cependant eu le courage, face à une avalanche unanime de déraison agressive, d'appeler au respect des décisions de justice et au bon sens sur le bien fondé de la décision.

Que le mari ou l'épouse de tel moralisateur ait pu accepter de l'épouser malgré une vie sexuelle débridée, un casier judiciaire ou une morale douteuse, ne lui permet pas de dicter aux autres les critères selon lesquels ils doivent choisir la personne avec laquelle ils souhaitent fonder une famille. M. X de Lille a le droit de choisir qui il veut épouser, comme toute femme politique ou tout journaliste... Mais, il est vrai que M. X. n'est pas un paragon de la morale officielle et qu'il  peut
donc paraitre impudent à prétendre aux mêmes licences et libertés.

PS : il est d'ailleurs très symptomatique que, dans la foule des révoltés qui se scandalisent de cette annulation, ceux qui ont envisagé une alternative, prônent... le divorce. Est-il plus légitime d'annuler un mariage auquel une partie a consenti après avoir été trompée que de rompre un mariage pour la même raison, le mensonge de l'épouse ? On en doute. La seule différence est que l'épouse pourrait prétendre en cas de divorce à une prestation compensatoire, rémunération d'un mensonge. La fraude devient alors source d'enrichissement, ce qui, à n'en pas douter est parfaitement moral et conforme à l'ordre public républicain...

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Publié dans : Société - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 15:29

Par La rédaction
A NE PAS RATER :


Conférence à la crypte de l'église Sainte Jeanne d'Arc, Place Elisabeth Brasseur à Versailles
Entrée libre
Renseignements au 06.24.64.12.33
V. aussi http://laffairevanneste.hautetfort.com
www.protection-enfance.fr

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