Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 08:02
- Par Fr. Pierre CHARLAND, O.F.M.

A sa façon, le frère André présente aux hommes et aux femmes de notre temps un modèle de vie simple et accessible, et offre une voie d’entrée dans l’expérience mystique chrétienne. S’il n’a pas connu le rayonnement théologique d’autres grandes figures récentes de l’histoire chrétienne – comme Thérèse de Lisieux ou Mère Térésa de Calcutta, par exemple – c’est en partie parce qu’il n’a pas laissé de traces écrites de sa pensée et des accents particuliers de sa relation à Dieu. Son expérience spirituelle s’est transmise de bouche à oreille, d’un croyant à l’autre, et notamment grâce aux nombreux témoignages des personnes qui l’ont côtoyé.

 

lefrereandre.jpgOr, aux croyants actuels, le frère André lègue d’abord un exemple de vie. Dès son plus jeune âge, Alfred Bessette n’a pas fui devant les difficultés, mais les a plutôt affrontées avec courage et détermination, en s’appuyant sur une foi indéfectible en Dieu. Alfred était à peine instruit, issu d’une famille pauvre, et il a été rapidement confronté à l’exigence de développer son autonomie, suite à la mort prématurée de ses parents. Aussi, il aurait pu se laisser aller au découragement ou à la criminalité. Mais bien au contraire, l’homme de Dieu a toujours fait preuve d’inventivité et de débrouillardise, pour trouver une issue aux difficultés qui se présentaient. C’est ainsi qu’il n’a pas hésité à se déplacer d’un lieu à un autre pour trouver du travail, et a constamment développé des habiletés nouvelles pour répondre aux exigences d’un métier. En toutes circonstances, sa priorité a été la vigilance à la prière et la disponibilité intérieure aux appels de Dieu.

 

Il ne fait aucun doute qu’André Bessette avait une claire conscience de la boussole spirituelle qui le guidait. Un socle intérieur de foi et de confiance – sur lequel se sont appuyés ses choix de vie, ses solidarités d’Église et son ministère – l’a bien gardé des pièges d’élitisme ou d’inauthenticité auxquels on associe parfois l’église puissante des années d’après-guerre au Canada français.

 

(à suivre)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Vies de saints
Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 20:58
- Par Fr. Pierre CHARLAND, O.F.M.

1-copie-2.jpg

 

La figure du frère André se situe à la jonction de deux mondes très contrastés. Il y a d’abord le Canada français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Albert Bessette, de son nom de baptême, a vécu dans une société très religieuse et plutôt pauvre, marquée par un mouvement des populations qui partaient des campagnes pour venir s’établir en ville. Le Québec de cette époque est aussi caractérisé par la dualité catholique-protestante et par la volonté des Canadiens français d’acquérir l’autonomie économique et culturelle. Dans cette société en quête de son identité, où plusieurs avaient la vie dure, cet homme humble et droit – à la fois fragile et courageux – a été amené à quitter son village natal et à s’ouvrir à d’autres cultures pour assurer sa survie. Il est allé travailler aux États-Unis, puis est revenu au Québec avant d’être admis chez les Pères de Sainte-Croix comme frère laïque, en 1870.

 

Par la suite, au fil de milliers de rencontres où il a fait office de confident, de thaumaturge et de sage, il est devenu une figure populaire dont la renommée s’est étendue bien au-delà des frontières québécoises et canadiennes. Son héritage probablement le plus connu – et certainement le plus visible – est l’Oratoire de Saint-Joseph du Mont-Royal qui domine la montagne en plein cœur de Montréal. Ce fleuron des temples catholiques d’Amérique du Nord est le plus important lieu de pèlerinage du monde dédié à Saint-Joseph.

 

Mais le legs du Frère André ne s’arrête pas là. Il y a aussi un visage très actuel à son histoire et à son message, qui prennent forme dans une toute autre culture : celle du Québec et du monde d’aujourd’hui, qui ont été témoins de sa canonisation, le 17 octobre 2010.

 

Dans le Québec de ce début de XXIe siècle, qui a largement pris ses distances par rapport à l’institution religieuse catholique, la figure du frère André tranche sur le paysage. À la différence de ce qui se vivait au début du siècle dernier, le Québec d’aujourd’hui est pris d’assaut par une surenchère de consommation, ainsi que par les pressions constantes du modèle économique néo-libéral. Notre société est aussi marquée par des avancées technologiques qui progressent à un rythme ahurissant et ne cessent de faire reculer les frontières du savoir. Dans ce contexte, le message de foi du frère André peut sembler anachronique. 

 

Pourtant, les manifestations populaires qui ont entouré sa canonisation en 2010 nous portent à croire que malgré le fossé qui sépare ces deux mondes, le charisme du petit frère du Mont-Royal a une portée bien contemporaine. Si plusieurs églises du Québec sont aujourd’hui contraintes à la fermeture – dans une société où l’institution est souvent malmenée par l’opinion publique – on peut s’étonner de constater que les foules continuent de se rendre nombreuses à l’Oratoire Saint-Joseph pour s’arrêter, prier, se confesser ou prendre part à l’une des nombreuses eucharisties qui y sont célébrées dans le courant d’une journée. 

 

(à suivre)

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Vies de saints
Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 20:38
- Par L'Equipe d'Hermas
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Famille,mariage,enfants
Samedi 29 janvier 2011 6 29 /01 /Jan /2011 09:26
- Par L'Equipe d'Hermas

logo.gif Communiqué de presse [décision du 28 janvier 2011].- "Le Conseil constitutionnel a été saisi le 16 novembre 2010 par la Cour de cassation, dans les conditions prévues à l'article 61-1 de la Constitution, d'une question prioritaire de constitutionnalité posée par Mmes Corine C. et Sophie H. Cette question était relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit des articles 75 et 144 du code civil. Deux associations (« SOS homophobie » et « Association des parents et futurs parents gays et lesbiens ») étaient intervenues dans la procédure au soutien de l'argumentation des requérantes. 

 

"Il était soutenu que l'interdiction du mariage entre personnes du même sexe est contraire à l'article 66 de la Constitution, à la liberté du mariage, au droit de mener une vie familiale normale et au principe d'égalité devant la loi. 

 

"En premier lieu, l'article 66 de la Constitution prohibe la détention arbitraire. Il n'est donc pas applicable au mariage. 

 

"En second lieu, la liberté du mariage n'interdit pas au législateur de définir les conditions pour pouvoir se marier dès lors que ces conditions ne sont pas contraires à d'autres exigences constitutionnelles, c'est-à-dire au droit de mener une vie familiale normale et au principe d'égalité. 

 

"S'agissant du droit de mener une vie familiale normale, le Conseil constitutionnel a rappelé qu'il résulte du Préambule de la Constitution de 1946. Cependant, ce droit n'implique pas que les couples de même sexe puissent se marier. Ces couples sont libres de vivre en concubinage ou de conclure un pacte civil de solidarité (PACS). 

 

"S'agissant du principe d'égalité, le Conseil a jugé qu'en maintenant le principe selon lequel le mariage est l'union d'un homme et d'une femme, le législateur a, dans l'exercice de sa compétence, estimé que la différence de situation entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme pouvait justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la famille. Il n'appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur sur la prise en compte, en cette matière, de cette différence de situation. 

 

"Le Conseil constitutionnel a jugé les dispositions contestées du code civil conformes à la Constitution."

 

Voir la décision

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Homosexualité
Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 08:13
- Par L'Equipe d'Hermas

1

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Politique
Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 13:20
- Par L'Equipe d'Hermas

PUBLIC SENAT - "La commission des Affaires sociales du Sénat, examinant une proposition de loi sur l'euthanasie, a donné un avis favorable mardi matin à des amendements vidant de sa substance le texte, a-t-on appris auprès de la commission.

"Deux amendements identiques, qui suppriment le premier article instaurant le principe de la légalisation de l'euthanasie, présentés par la sénatrice UMP de Paris Marie-Thérèse Hermange et par le sénateur RDSE (à majorité Radicaux de gauche) Gilbert Barbier ont d'abord été adoptés.

"Ensuite six autres amendements de suppression des six autres articles de la proposition de loi, présentés par M. Barbier ont reçu un avis favorable de la commission. La présidente centriste de la commission, Muguette Dini, et le rapporteur du texte, Jean-Pierre Godefroy qui étaient contre ces amendements ont été mis en minorité (...)

Lire la suite

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Société
Vendredi 21 janvier 2011 5 21 /01 /Jan /2011 08:05
- Par L'Equipe d'Hermas

Tous unis pour défendre la Vie !

 

cti flex logo

 

15 000 à 20 000 manifestants sont attendus dimanche 23 janvier à Paris à l’occasion de la 7e Marche pour la Vie organisée par le Collectif "En Marche pour la Vie" réunissant 15 associations opposées à l’avortement. Les sympathisants qui se rassembleront à 14h30 Place de la République pour rejoindre ensuite la Place de l’Opéra, réclameront la protection de toute vie humaine dès la conception, dans une démarche unitaire et apolitique, notamment à la veille de la révision des lois de bioéthique, en février prochain.

 

En 2010, la Marche pour la Vie avait rassemblé 15 000 participants, dont une majorité de familles et de jeunes de moins de 25 ans souvent mobilisés par des réseaux sociaux tels que Facebook.


De nombreux soutiens, dont celui du Pape Benoît XVI et de 25 évêques catholiques (dont 15 évêques diocésains et 10 émérites ou auxiliaires) : le pape Benoît XVI a adressé aux manifestants une lettre de soutien encourageant "toutes les personnes engagées dans le combat pour la vie à contribuer avec constance et courage à instaurer une nouvelle culture de la vie, fruit de la culture de la vérité et de l’amour". Les manifestants sont, en outre, appuyés par un comité de soutien composé de personnalités du monde civil, de responsables protestants et orthodoxes, et de 15 évêques diocésains catholiques, parmi lesquels le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon . La manifestation bénéficie également du soutien des Associations familiales catholiques (AFC).

 

Départ 14 h 30

Place de la République ( Paris 10ème)

 

voir le site

en marche pour la vie

 

2011-01-23-17.10.50.jpg

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Famille,mariage,enfants
Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 12:59
- Par Pierre GABARRA

Mgr Masson, s'il était encore des nôtres en ce monde, se serait probablement amusé de l'émoi qui s'empare de certains groupes traditionalistes à l'annonce, par le Pape Benoît XVI, de son voyage à Assise en octobre prochain. Voici en quels termes cette annonce a été faire par le Saint-Père lui-même : 

 

"Chers frères et sœurs, dans le Message pour cette Journée de la Paix, j'ai eu l'occasion de souligner comment les grandes religions peuvent constituer un important facteur d'unité et de paix pour la famille humaine, et ai rappelé, à cette intention, qu'en cette année 2011 on fêtera le 25e anniversaire de la Journée Mondiale de Prière pour la Paix que le Vénérable Jean-Paul II convoqua à Assise en 1986. C'est pourquoi, en octobre prochain, je me rendrai en pèlerin dans la ville de saint François, en invitant à s'unir à ce chemin les frères chrétiens des différentes confessions, les représentants des traditions religieuses du monde et, idéalement, tous les hommes de bonne volonté, pour rendre mémoire à ce geste historique voulu par mon Prédécesseur et renouveler solennellement l'engagement des croyants de chaque religion à vivre sa propre foi religieuse comme un service pour la cause de la paix. Celui qui est en chemin vers Dieu ne peut pas ne pas transmettre la paix, celui qui construit la paix ne peut pas ne pas s'approcher de Dieu. Je vous invite à m'accompagner jusqu'à ce moment par votre prière à cette initiative.

"Dans ce contexte, je désire saluer et encourager tous ceux qui, hier soir et pendant la journée d'aujourd'hui, dans toute l'Église prient pour la paix et pour la liberté religieuse (...) [Angelus, 1er janvier 2011].

 

Grand émoi, donc, car s'il est une chose que détestèrent particulièrement les traditionalistes chez Jean-Paul II - entre autres choses, avec la défense des droits de l'homme, de la liberté religieuse, etc. - ce fut bien cette rencontre d'Assise. Feu l'abbé de Nantes († 15 février 2010), quoi qu'il répugnât, par son sens très sûr de soi-même, à intégrer le camp traditionaliste, en avait néanmoins synthétisé sur ce point la pensée à peu près commune, plus ou moins explicitée, plus ou moins consentie, en écrivant, à propos du discours explicatif de Jean-Paul II aux cardinaux, le 22 décembre 1986, relatif à cette réunion inter-confessionnelle :

 

"Ce discours n'est (...) point d'un catholique répétant d'anciennes vérités, ni d'un hérétique répétant d'anciennes erreurs, mais d'un hérésiarque, c'est-à-dire d'un créateur d'erreurs, d'un fondateur de secte nouvelle à la doctrine perfide, et pour tout dire antichrist" (CRC n° 230 de février 1987).

 

Le blogue du Petit Placide s'est agacé de cet émoi. Non sans raisons. Il n'est pas si loin le temps où ces mêmes traditionalistes inventaient le mot de "papolâtres" pour se moquer de ceux qui n'avaient que le nom de Jean-Paul II à la bouche, en faisaient prétendument une "vedette" et couraient partout où il allait pour y agiter des foulards. La réserve goguenarde des traditionalistes se posait alors en posture rationnelle de qui sait en toutes choses raison garder et faire la part du feu.

 

Or voici que vint le Pape Benoît XVI et tout changea. Tout changea, du moins, pour un certain nombre de traditionalistes, dont certains n'hésitèrent pas à voir enfin, chez le nouveau Pontife, la conversion papale tant attendue. Tout changea au moins en ceci que pour ceux-là la papolâtrie, ridicule hier, devenait soudain comme une expression naturelle, authentique, filiale, pour ne pas dire nécessaire, des vrais serviteurs de l'Eglise - ces vrais serviteurs qu'ils demeuraient, aujourd'hui dans la "fidélité", comme ils l'étaient hier, dans l'opposition. Il n'est désormais pas de lieu où le Pape aille où l'on ne se sente en devoir d'aller, pas d'endroit où l'on ne se sente en devoir de parler de lui, d'évoquer ses qualités, d'accrocher sa photo, de vendre ses ouvrages, sans paraître parfois réfléchir à leur contenu. Tout cela, au fond, pour un seul fait : la place que le Pape a reconnue à l'ancienne forme liturgique dans l'Eglise.

 

A y regarder pourtant de près, la "papolâtrie" d'hier, celle qui était fustigée, la papolâtrie en la forme ordinaire, si l'on peut dire, était moins ridicule que celle des nouveaux fans. Au moins avait-elle pour elle d'être sincère et loyale, qui n'entretenait généralement pas trop d'ambiguïtés sur son adhésion complète au magistère, y compris celui issu du deuxième Concile du Vatican. La papolâtrie en la forme extraordinaire, elle, a fait mine d'ignorer la perpétuation du discours du Pape Jean-Paul II par le Pape Benoît XVI, pourtant d'une évidence solaire, sur des chapitres majeurs, tels que la réception nécessaire du dernier Concile, la liberté religieuse, les droits de l'homme, le dialogue oecuménique. Au fond, a été poursuivie la même adhésion sélective qu'avec le Pontife précédent, mais inversée. Là où la première était sélective par réserves explicites, la seconde l'est devenue par prétérition. Elle fait mine d'ignorer les sujets qui fâchent, en couvrant les contradictions pourtant criantes qui en résultent par les bruyantes extases d'un volontarisme liturgique comblé.

 

A jouer ce jeu-là, on en avait oublié, jusqu'à l'indignation d'aujourd'hui, que le même Pape Benoît XVI n'était pas traditionaliste et qu'il avait déjà célébré dans la rencontre d'Assise de 1986, tellement honnie, un "message vibrant en faveur de la paix" et "un événement destiné à laisser un signe dans l’histoire de notre temps". C'était en septembre 2006, et le Saint-Père soulignait alors "la valeur de l’intuition qu’a eue Jean-Paul II (dont) l’actualité (apparaissait) à la lumière des événements qui ont eu lieu ces vingt dernières années, et de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité". Et le Pape ajoutait alors, en termes très forts :

 

"L’initiative promue il y a déjà vingt ans par Jean-Paul II prend le caractère d’une prophétie d’actualité. Son invitation aux leaders des religions du monde, pour un témoignage commun de paix, a permis de mettre en lumière, sans équivoque possible, que la religion ne peut être que porteuse de paix. Comme le concile Vatican II l’a enseigné dans la déclaration Nostra Aetate sur les relations de l’Eglise avec les religions non chrétiennes, « Nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l'image de Dieu » (n. 5). Malgré les différences qui caractérisent les divers chemins religieux, la reconnaissance de l’existence de Dieu, à qui les hommes peuvent parvenir seulement à partir de l’expérience de la création, ne peut pas ne pas disposer les croyants à considérer les autres êtres humains comme des frères. Il n’est donc permis à personne de prendre argument de la différence religieuse comme présupposé ou prétexte à une attitude belliqueuse à l’égard d’autres êtres humains."

 

L'annonce de son intention de célébrer l'événement de 1986 passe dès lors, en l'état de cette ignorance du passé, comme une nouveauté, comme un hiatus incompréhensible et périlleux dont certains se sentent dès lors un devoir de mettre en garde le Pape lui-même : "Sainteté, fuyez l'esprit d'Assise", afin de ne pas "raviver les confusions syncrétistes". Après tout, rappelle-t-on, le cardinal Ratzinger n'avait-il pas lui-même, en son temps, averti le Pape Jean-Paul II des dangers de confusion provoqués par cette réunion d'Assise ? C'est juste, semble-t-il, mais, depuis lors, est intervenue la lettre aux cardinaux du 22 décembre 1986 évoquée plus haut, puis la Déclaration Dominus Iesus du 6 août 2000, qui ne laissent aucun doute sur la portée et les limites de l'événement. Or c'est en l'état notamment de la lettre de 1986 - à laquelle il n'est probablement pas étranger - que le même Joseph Ratzinger, cette fois devenu Pape, a repris explicitement en septembre 2006, dans le discours évoqué plus haut, cette formule contestée de "l'esprit d'Assise". Mettant en perspective le Concile Vatican II, la pensée de Jean-Paul II et la sienne propre, il apportait alors ces précisions :

 

"Pour qu’il n’y ait pas d’équivoque sur ce que Jean-Paul II, en 1986, voulut réaliser et que, selon une de ses propres expressions, on appelle l’esprit d’Assise, il est important de ne pas oublier l’attention qui fut mise alors pour que la rencontre interreligieuse de prière ne soit pas prétexte à des interprétations syncrétiques, fondées sur une conception relativiste. C’est pourquoi, dès le début, Jean-Paul II a déclaré : « Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous, ni de négocier nos convictions de foi. Il ne signifie pas non plus que les religions peuvent se réconcilier sur le plan d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les dépasserait toutes. Et il n’est pas davantage une concession au relativisme des croyances religieuses… » (Enseignements, cit., p. 1252). Je désire confirmer ce principe, qui constitue le présupposé de ce dialogue entre religions tel que, il y a déjà quarante ans, le Concile Vatican II souhaitait dans la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes."

 

L'émotion manifestée par certains groupes à l'annonce du voyage du Saint-Père à Assise est éclairante à plusieurs égards.

 

En premier lieu, elle manifeste - une fois de plus - leur volontarisme idéaliste, qui les porte, au lieu de chercher la vérité des choses, à envahir la réalité de leurs fantasmes, quitte à se mentir à eux-mêmes sur ce qu'elle est, à masquer ce qui les dérange et à s'illusionner, au fond, sur la consistance réelle de leurs fidélités, dont ils font si grand bruit contre les autres. 

 

En second lieu, elle instruit chacun sur l'attitude prudente à laquelle il faut toujours se contraindre. "Prudence chrétienne" ne veut pas dire auto-aveuglement, ni dans l'acceptation, ni dans le refus de ce qu'on peine objectivement à saisir. Devant la complexité des choses, elle signifie qu'il faut se résoudre à être interrogé par elles, à leur ouvrir notre intelligence, à admettre que l'on puisse ne pas tout comprendre, à accepter surtout d'être éclairé par d'autres, en particulier, en l'occurrence, par l'Eglise elle-même, maîtresse de vie et de vérité, qui a grâce d'état pour cela, dans une recherche de bonne foi, loyale, et un authentique souci catholique de discernement.

 

Le Pape Benoît XVI insiste, sur tous les tons, sur la nécessité du rapport de l'intelligence à la foi. La fidélité de chacun à l'Eglise ne consiste pas à moutonner benoîtement, si l'on peut dire, à proportion des approbations, appuis ou encouragements pontificaux que nos propres convictions ont pu recevoir, en quelque domaine que ce soit, en particulier liturgique, comme si le triomphe de notre subjectivisme en était la mesure. Elle consiste, comme toute obéissance humaine vertueuse, à entrer dans l'intention du Souverain Pontife, par un effort d'intelligence et de foi, pour que cette intention devienne nôtre et serve de guide intériorisé à notre fidélité. Il en est ainsi d'Assise comme de tout, comme de tout ce que certains groupes traditionalistes font encore mine d'ignorer, du deuxième Concile du Vatican jusqu'à nos jours.

Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Humeur
Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 20:32
- Par L'Equipe d'Hermas

Alliance pour les Droits de la Vie.

 

Chers amis,

Vous faites partie des 39 450 premiers signataires de notre Appel contre l’euthanasie.

C’est le 25 janvier prochain que se déroulera ce débat à haut risque au Sénat, suivi d'un vote.

L’Alliance pour les Droits de la Vie est fortement mobilisée.

Exclusif : vous trouverez sur notre site www.fautpaspousser.com des informations inédites sur trois pays européens où l’euthanasie est aujourd’hui légale. Essentiel à connaître pour argumenter.

Aujourd’hui, nous avons besoin de vous pour augmenter encore le nombre de signataires et peser dans le débat.

Vous trouverez ci-dessous le message que nous vous proposons d’adresser autour de vous.

Restons mobilisés !

l'équipe de l'Alliance pour les Droits de la Vie

--------------------------------

Proposition de message de mobilisation d’urgence 

Objet : l’euthanasie arrive au Sénat le 25 janvier 2011.

Cher NN,

Connais-tu l'Appel Stop à l’euthanasie, et l'as-tu déjà signé ? C’est aujourd’hui urgent pour contribuer, avec l’Alliance pour les Droits de la Vie, à bloquer cette menace. Pour signer et avoir plus d’informations, voir www.fautpaspousser.com. A noter sur ce site : des infos exclusives sur ce qui se passe réellement dans les pays ayant légalisé l’euthanasie.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : Société
Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 07:52
- Par Mgr Michel Chafik

11111.jpg

 

Le ciel est bas et gris, il bruine sur Paris quand, sur le parvis de Notre-Dame, les croix coptes dessinent le coeur douloureux du Seigneur.

 

En ce 7 janvier, jour de la Nativité selon le calendrier julien , les coptes ont éprouvé le besoin de se réunir. De se réunir pour pleurer leurs morts, pour crier leur colère, pour témoigner aussi, envers et contre tout, de leur espérance.

 

Ils sont là, rassemblés autour de leurs prêtres, si proches de leurs abounas que ceux-ci en suffoquent.

 

Il y a beaucoup de jeunes parmi la foule. De nouveaux venus, arrivés les mains vides mais la foi chevillée à l’âme, ont les yeux noyés de nostalgie; d'autres, nés en France et parfaitement intégrés, conjuguent avec ferveur leur double identité.

 

Les témoignages se succèdent : Le clergé copte, ses fidèles, des représentants des différentes Eglises chrétiennes et de la société civile prennent tour à tour la parole.

 

Une jeune égyptienne vient réclamer les droits, incompatible en Intégrisme,  de vivre, de rire et de dire sa foi. Un algérien converti depuis peu au christianisme, un apostat pour la communauté musulmane, hurle son amour pour le Christ, un amour qui, comme tout amour, brûle, déchire et fait danser la vie. Une militante des droits de l'homme revendique, pour tous, la liberté de croire ou de ne pas croire; et rappelle que celle-ci est consubstantielle à la démocratie.  

 

Quand leurs frères restés au pays sont interdits de parole, les coptes de France parlent, ils parlent à perdre haleine. Ils chantent aussi, à tue-tête, pour calmer la colère qui, par spasmes, leur tord le cœur ; et, les mains levées vers le ciel, ils prient le Père, lui demandant le don de la paix.

 

La nuit tombe sur le parvis. Lentement Notre-Dame s’habille de lumière. Elle enveloppe de son ombre protectrice ses enfants souffrants qui, une dernière fois, entonnent pour les morts d’Alexandrie le chant des martyrs.

 

« Douce Mère des martyrs est si belle.

Le sang de tes enfants qui ruisselle,

L’océan des douleurs, tu traverses.

Et ta foi, en Jésus, tu professes. »

 

Mgr Michel Chafik

Recteur de la Mission copte catholique de Paris

Notre Dame d’Egypte

WWW.notredame-egypte.fr

 

 

Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ». 

15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes - Publié dans : L'Eglise qui souffre

Pour nous écrire

Dans le barre bleue ci-dessus, cliquer en haut à gauche sur "J'aime ce blog", puis sur "Contacter le blogueur".  

A noter

memento.jpg

Nouveau.gif

Editions Hermas.info

Cahiers de Saint-François n°10

CSF10

 Exhortation apostolique

"Verbum Domini"

Verbum-Domini.jpg

Actes des premiers chrétiens (3)

Saintes Félicité et Perpétue

pc5-3

 Actes des premiers chrétiens (2)

La noblesse romaine

pc5-2

La famille de Marie

fdm

 

 EWNT.JPG

 

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés