Catéchèse de Mgr Masson

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« Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi.
Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage ! J'ai vaincu le monde » (Jn 16,33)

 

Hymne des JMJ - Sydney 2008

 

Le professeur Massimo Introvigne vient d'écrire un livre « Il segreto dell'Europa. Guida alla riscoperta delle radici cristiani » (Le secret de l'Europe. Guide à la redécouverte des racines chrétiennes) publié aux éditions Sugarco. Il dirige l'Alliance catholique, fondateur et directeur du CESNUR, le Centre d'études sur les nouvelles religions et a accordé il y a quelques temps un entretien particulièrement interessant à Zenit.org que voici (nous ne le republions en entier, car il nous semble indispensable qu'un tel entretien soit diffusé le plus largement possible).

________


Zenit - L'Europe vit-elle une crise d'identité ?

M. Introvigne - A deux reprises, le pape (dans son discours à la curie romaine lors de la présentation des vœux de Noël, le 22 décembre 2006 et, à l'occasion du cinquantenaire des Traités de Rome, le 24 mars 2007) a utilisé une expression forte, affirmant que l'Europe semblait vouloir « prendre congé de l'histoire ».


« Prendre congé de l'histoire » signifie baisser le rideau, saluer les spectateurs et admettre que la représentation est finie. Que cela a été beau sur le moment mais que maintenant c'est fini. Est-ce possible ? Certainement : contrairement aux êtres humains, les civilisations n'ont pas une âme immortelle. Elles ont, dans l'histoire, un début et une fin, et l'Europe n'échappe pas à la règle. Est-ce à cela que nous assistons ? Beaucoup d'hommes politiques le nieraient.


Toutefois, Benoît XVI a mis en lumière trois aspects, d'ailleurs cités tels quels dans les deux discours que je viens de mentionner, se rapportant à des faits très difficilement contestables.


Le premier est la « forme d'apostasie d'elle-même » de l'Europe, le refus de reconnaître ses propres racines, et sa propre histoire, qui conduit ensuite à une faiblesse et à un manque d'identité vis-à-vis de toute attaque ou d'acharnement extérieur. Que l'Europe ne parvient pas à parler d'une seule voix nous le voyons encore ces jours-ci à propos du Kosovo. Le deuxième aspect est cette séparation entre les lois et la morale. Pas un simple éloignement de la part de la politique, ou de tout homme politique, par rapport à la morale privée et publique, qui n'est un problème ni récent ni purement européen, mais qui traverse toute l'histoire humaine. Non : il s'agit de l'autonomie, d'abord théorisée et puis fatalement pratiquée, des lois de la morale. De l'éthique, non de la religion, si bien que les critiques d'« ingérence » à l'encontre de l'Eglise n'ont à leur tour aucun sens, s'agissant ici de la morale naturelle et de ces règles d'un jeu que l'on appelle société - le pape parle de « grammaire de la vie sociale » - qui ne sont en soi ni chrétiennes, ni athées ou bouddhistes et que tout le monde devrait partager.


Zenit - Et cette grammaire de la vie sociale n'est pas respectée ?

M. Introvigne - Disons qu'aujourd'hui en Europe on affirme que ces règles du jeu n'existent pas, et que le législateur doit se limiter à jouer les notaires et à officialiser tout ce qui se passe déjà dans la société (ou les médias lui font croire que c'est ce qui se passe). Il y a des couples homosexuels ? Le législateur en prend acte et les assimile aux familles. Il y a des musulmans qui vivent en polygamie ? Le législateur les régularise, allant même jusqu'à appliquer la sharia comme le voudraient certaines personnes en Europe, voire même certaines personnalités. Dans les hôpitaux on pratique l'euthanasie ? L'Etat-notaire la fait passer sous forme de loi, comme cela vient d'être le cas au Luxembourg.


Le troisième aspect est la crise démographique, le fait dramatique qu'en Europe naissent toujours moins d'enfants : sur ce point, les faits refusent obstinément de coopérer avec les théories de ceux qui disent que l'Europe n'est pas en crise, et les résultats apparemment en contre tendance de certains pays dérivent souvent des nouvelles normes sur la citoyenneté, qui calculent le nombre de naissances en y insérant également les enfants des immigrés.


Zenit - Laïcisme agressif et antichrétien, relativisme. Nous traversons une bien sombre époque ?

M.Introvigne - Un intellectuel non catholique, communiste, comme Antonio Gramsci disait que quand il fait mauvais on a tendance à s'en prendre au baromètre, alors que « ce n'est pas en enlevant le baromètre que l'on chassera le mauvais temps ».


En Europe, aujourd'hui, nous assistons à ce phénomène : du moment que Benoît XVI est le seul, ou presque, à dénoncer la situation dramatique de crise sur les trois aspects que je viens d'évoquer - certes, peut-être aussi parce qu'il n'a pas à se présenter à des élections, où les électeurs généralement ne récompensent pas les porteurs de mauvaises nouvelles -, dans l'imaginaire d'un certain laïcisme européen, il finit par être le baromètre de Gramsci.


Mais ce n'est pas en empêchant le pape de parler, - comme cela a été le cas à l'université « La Sapienza » de Rome -, que les problèmes disparaissent. Et puis il y en a d'autres qui pensent que les problèmes dénoncés par le pape sont en réalité des ressources : que la crise de la famille traditionnelle, l'avortement, l'euthanasie, la négation du concept de loi naturelle, le multiculturalisme effréné et selon lequel ne pas accepter de légaliser la polygamie dans une société où les musulmans sont nombreux constitue une forme de racisme, sont autant de phénomènes positifs à promouvoir qui nous porterons à une société moins conflictuelle. Tous ceux-là prétendent que le conflit naît de la prétention de celui qui pense qu'il existe une vérité ; et que là où il convient que la vérité n'existe pas le conflit disparaît. Cette utopie a si souvent été démentie par l'histoire que la soutenir aujourd'hui devrait être  embarrassant : or il n'en est pas ainsi.


La où les sociétés sont complexes, - et l'Europe d'aujourd'hui l'est -, il n'y a pas d'issue possible : ou bien l'on trouve entre les personnes qui ont une culture et une religion différentes, une « grammaire de la vie commune », des règles communes qui permettent de cohabiter, lesquelles peuvent seulement dériver de la raison et d'une loi naturelle que la raison peut connaître, ou bien l'on se réduit au conflit de tous contre tous. Ou bien on résout les questions conflictuelles en se référant à un droit naturel valable pour tous ou bien on se résout à tout résoudre par la violence et par les bombes.


Zenit - Vous parlez de différentes phases de relativisme. Ou en sommes-nous aujourd'hui ?

M. Introvigne - Nous nous trouvons dans la phase du relativisme agressif. Les relativistes d'autrefois, même s'ils ne le pratiquaient pas toujours, théorisaient la maxime de Voltaire selon laquelle « je ne partage pas ton idée mais je suis disposé à donner ma vie pour que tu puisses la soutenir librement ».


Nous le savons, Voltaire était le premier à ne pas mettre en pratique cette maxime quand il s'agissait de l'Eglise catholique. Toutefois, il y avait, et il y a encore, d'anciens voltairiens qui croient vraiment à ce qu'ils disent et qui, tout en étant des relativistes, ne demandent pas à l'Etat de punir ceux qui ne le sont pas.


En revanche, les nouveaux relativistes agressifs veulent que le relativisme devienne une loi officielle de l'Etat, prévoyant dans le même temps une répression pénale à l'encontre des non relativistes. Un simple exemple : les relativistes d'autrefois affirmaient que « la chambre à coucher d'un homosexuel est son château » (adaptant cette affirmation à une vieille maxime anglaise: le château est un lieu dans lequel même le roi, avec ses lois, ne peut entrer), que l'Etat doit ignorer et où les homosexuels, ni plus ni moins que les hétérosexuels, doivent être laissés libres de faire ce qu'ils veulent.


Le nouveau relativiste prétend au contraire que l'Etat construise à l'homosexuel les murs de son château et procède à l'arrestation de tous ceux qui s'en approcheraient ou, tout simplement, exprimeraient une quelconque opinion critique. Tel est le sens des lois sur l'homophobie, qui ne punissent absolument pas ceux qui malmènent ou insultent trivialement les homosexuels (pour cela il y a déjà naturellement les lois ordinaires) mais répriment, selon la  formule de la loi proposée par le gouvernement italien aujourd'hui démissionnaire, ceux qui expriment des « jugements de supériorité », autrement dit qui considèrent l'union hétérosexuelle supérieure par rapport à l'union homosexuelle, ou qui pensent, comme le fait l'Eglise, que cette dernière est intrinsèquement désordonnée.


Zenit - Alors, quel est le secret de l'Europe ?

M. Introvigne - Le secret de l'Europe est son histoire millénaire, dans laquelle viennent se greffer évidemment d'autres éléments - par exemple, on ne peut ignorer l'apport des communautés juives - mais qui, dans son itinéraire de fond, est une histoire chrétienne. Bien que recouverte des détritus de cet énorme feu de barrage ouvert par le laïcisme, les valeurs de cette histoire sont encore vivantes et présentes.


Certes, elles le sont plus dans certains pays que dans d'autres : par exemple, à propos de l'Italie, Benoît XVI a dit au congrès ecclésial de Vérone, le 19 octobre 2006, que « l'Eglise y est une réalité très vivante, - et nous le voyons! -, qu'elle est encore très présente au milieu des gens de tous âges et de toutes conditions » et que « les traditions chrétiennes y sont encore bien ancrées et continuent de produire leurs fruits ».


On pourrait alors dire que Benoît XVI parle d'un côté d'une Europe « prête à prendre congé de l'histoire », et qu'il voit de l'autre (au moins en Italie, mais il ne s'agit certes pas du seul et unique pays pour qui vaut ce genre de considérations et à qui le pape, dans son discours, adressait ses propositions) des « traditions chrétiennes encore enracinées » : serait-ce une contradiction ? La réponse est non. En parlant de la crise de l'Europe, le pape ne nous invite pas à des funérailles, mais au chevet d'un malade. Un malade grave, auquel il est inutile de cacher la gravité de son état. Mais un malade qui possède encore en lui, cachées quelque part, toutes les potentialités pour guérir.


En bon médecin, Benoît XVI, sans cacher les risques que ce mal devienne mortel, scrute avec attention et valorise systématiquement chaque petit signe d'amélioration, chaque petit signe de guérison. Si une petite plante se met à pousser dans le désert, on ne la déracine pas, on la cultive pour qu'elle devienne demain un arbre et après-demain une forêt. Mais pour cultiver cette petite plante il faut l'irriguer, et l'enthousiasme ne suffit pas : lorsqu'il s'agit du pape, de ses interventions, cet enthousiasme est toujours un bon point de départ. Mais il faut l'eau pure de la doctrine et du magistère.


L'ouvrage « Le secret de l'Europe » est le fruit de mes 35 années d'expérience vécue au sein de l'Alliance catholique, une agence de laïcs catholiques qui a pour objectif principal d'étudier, de diffuser et d'appliquer l'enseignement du magistère pontifical.


Jamais comme en ce moment - et je le dis absolument sans mépris pour celui qui, dans l'Eglise, aurait une autre vocation ou d'autres méthodes de travail -, je n'ai trouvé l'œuvre de diffusion des enseignements du pape (je pense par exemple à la magnifique fresque de l'histoire profane et de l'histoire du salut dans la « Spe salvi », qui comme toujours a disparu du radar des moyens de communication de masse quelques jours à peine après sa publication) aussi indispensable et urgente.



Vendredi 25 avril 2008
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Le site du Diocèse de Saint Jean Longueuil nous invite à constater les résultats remarquables de l'action menée en soutien à l'effort des populations locales par Caritas Canada (aussi dénommée "Développement et paix") à Aceh dans le Nord-est de l'Indonésie, zone particulièrement touchée par le tsunami du 26 décembre 2004.

Au-delà des polémiques sur le financement de l'aide, force est de constater que toute la charité suscitée par ce drame n'a pas été perdue et que Caritas lui a fait honneur. Ce documentaire peut être visionné ici (
ICI).

Vendredi 25 avril 2008
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Que l'on ne se méprenne pas quant au fait que le collectif contre l'handiphobie, Hermas et bien d'autres aient pu laisser paraitre une certaine émotion face à l'acquittement de Mme Debaine (v. ICI et ICI) et manifester une certaine satisfaction face à la décision du parquet de faire appel.

Il ne s'agit évidemment pas de demander une peine pour Mme Debaine, qui est présumée innocente jusqu'au terme de l'appel et que nous ne pouvons pas et ne voulons pas juger. C'est à la justice d'en décider après audition des avocats. D'ailleurs, sa détresse ne peut pas nous laisser indifférent et une sanction pénale classique n'est peut-être pas nécessairement adaptée.

Mais cet acquittement appelle deux réflexions.

1°- On ne peut pas se satisfaire d'un verdict de non-culpabilité, alors que les faits ont été reconnus (faits qui, sous réserve de la présomption d'innocence, apparaissaient bien conformes à la qualification de "meurtre" telle que définie par l'article 221-1 du Code pénal). Ce verdict est choquant qui revient à affirmer que l'on peut, aujourd'hui en Europe, tuer une personne sans être hors-la-loi, au motif qu'elle était handicapée. Cela n'est pas sans évoquer certaines heures sombres de l'histoire.

D'autant que, même si l'on ne peut pas discuter l'indéniable souffrance de cette mère, il n'en reste pas moins que l'humanité prétendue d'un tel geste est bien contestable et que le tolérer ouvre la porte à la justification progressive de bien d'autres meurtres sans que l'on puisse en prévoir la limite.

2°- La place que réserve concrètement notre société - au-delà des effets d'affichage - aux personnes lourdement handicapées, mentales en particulier, est condamnable. Outre l'insuffisante de structures d'accueil, de travail ou d'aide aux familles, la culture sociale tend de plus en plus à les stygmatiser. De la publicité faite pour l'IVG à l'arrêt Perruche ou à l'acquittement de Mme Debaine, les signaux sociaux et médiatiques conduisent à traiter la personne lourdement handicapée en effaçant son humanité. Mme Debaine aurait-elle été conduite à de telles extrêmités si elle avait été aidée et assistée par une société plus attentive ?

Vendredi 25 avril 2008
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Après le prononcé de la scandaleuse décision Perruche - heureusement contrée rapidement par le parlement - s'est constitué le "Collectif contre l'Handiphobie" (ICI), pour s'opposer à la culture de la mort envers les handicapés.

C'est pour cette raison que le collectif a réagi à l'acquittement de Mme Debaine et aux réactions favorables qu'il a pu parfois susciter. Rappelons-le, Mme Debaine, qui avait reconnu avoir noyé
dans sa baignoire sa fille handicapée moteur (v. l'article consacré à ce sujet, ICI), a été déclaré non-coupable par une cour d'assises. Le parquet a interjeté appel de cette décision et l'on attend la décision de la seconde cour d'appel.

Pour le collectif, cet acquittement est un bien mauvais signal pour la société.
« L'acquittement de Mme Debaine enfonce chacun de nous dans sa part d'ombre », ont déclaré à Zenit.org Sophie et Damien Lutz, parents de Philippine, âgée de 8 ans, microcéphale et polyhandicapée, porte-parole du Collectif contre l'Handiphobie.

Ils posent la question du soutien de la société aux parents en difficulté en constatant
la douleur - que l'on imagine sans peine - des parents d'enfants lourdement handicapés : « Une maman a craqué : le désespoir l'a poussée à mettre fin aux jours de son enfant lourdement handicapé. De nombreux parents ont peur de craquer : ils résistent au désespoir en continuant de croire jour après jour que leur enfant a sa place parmi les vivants ».

C'est pourquoi le Collectif des Parents contre l'Handiphobie tient à « exprimer son inquiétude et même son angoisse face aux doutes que les applaudissements à l'annonce de l'acquittement de Mme Debaine distillent dans notre société », en l'état de la
confusion du message lancé par cette décision de justice : « Sans vouloir peser davantage sur les épaules de cette mère, nous regrettons que cet acquittement lance un message ambivalent dans un contexte où les personnes lourdement handicapées et dépendantes ont besoin d'être rassurées sur les intentions de la société à leur égard. Cette décision enfonce chacun dans sa part d'ombre. Un sursaut est nécessaire pour ne pas glisser dans la confusion ».

Car « derrière le drame de cette femme et de sa fille c'est la société tout entière qui ne leur a pas porté suffisamment secours qui doit se remettre en question. Nous parents d'enfants handicapés, nous avons besoin d'un message fort de la société qui nous rappelle que toute vie, même affaiblie, a du prix à ses yeux ».


« Nous, parents d'enfants handicapés, comprenons d'expérience qu'elle ait pu perdre pied, mais nous avons besoin d'être sûrs que ce geste n'est pas une solution, ne doit pas en être une », déclarent les signataires.


Ils posent aussi - à raison - la question de la protection de la vie des personnes les plus faibles : « Les personnes handicapées ont besoin d'être sûres que leur vie est autant protégée que celle d'une personne en bonne santé. Nos enfants handicapés ont besoin de vivre dans un climat de sécurité, de protection, et de respect ».
« Tout citoyen a besoin que la société assure, y compris dans sa justice, ce climat qui garantit la paix dans les relations familiales surtout quand elles sont douloureuses », concluent les parents.
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Vendredi 25 avril 2008
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Le Cardinal Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des Saints a accordé un entretien au journal italien Il Giornale avant de partir pour San Giovanni Rotondo, où il a célébré ce matin la messe inaugurant l'exposition des reliques de Padre Pio, dont on sait qu'il est le saint le plus vénéré en Italie. En voici un extrait.


IG - Pourquoi est-il important de vénérer les reliques d'un saint ?

Mgr Martins - Les saints sont des hommes comme nous, qui ont suivi Jésus sur le chemin de la perfection quotidienne. Ils ont été, comme chacun de nous est appelé à l'être, temples de l'Esprit Saint, dociles à l'action de la grâce de Dieu. Le christianisme, fondé sur l'évènement de l'incarnation, de la mort et de la résurection du fils de Dieu sur notre terre à un moment précis de l'histoire de l'humanité, a toujours porté beaucoup d'attention et de respect pour les corps. Même les membres mortels de saints ont été porteurs de la grace. C'est pourquoi nous vénérons les reliques des saints.

IG - Certains trouvent cette vénération plutôt macabre. Que leur répondre ?

Mgr Martins - Je réponds que personne n'est obligé de vénérer les reliques d'un saint. Mais je réponds également que cette vénération n'est pas le fruit de déviances : elle était bien présente dès l'origine de la communauté chrétienne qui vénérait déjà les reliques des apôtres et des martyrs.

IG - Ne croyez vous pas à un excès d'attention médiatique concernant l'exposition du corps de Padre Pio ? N'y voyez-vous pas un risque de fanatisme ?

Mgr Martins - Nous sommes des hommes, les risques sont toujours présents. Mais il me semble que personne ne tombe dans le fanatisme. Il est important de rappeler que Padre Pio a été un grand saint parce qu'il a donné sa vie à Dieu, a su souffrire pour Jésus et a vécu en priant et en aidant tant d'âmes à retrouver la foi et à expérimenter la miséricorde divine. Qui le vénère, qui se met dans la file pour s'approcher de l'urne qui conserve sa dépouille, le sait bien. Il sait que ce qui compte est la foi en Dieu, en son fils Jésus Christ. Il sait que ce qui compte est d'approcher les sacrements, de prier, de confier notre vie à notre Créateur. Vénérer Saint Padre Pio de Pietracalcina ne sert à rien sinon à cela.

IG - Les fidèles en sont conscients ?

Mgr Martins - Je crois que les fidèles sont plus mûrs que nous le pensons ou qu'ils sont dépeins certaines fois. Le parfum de sainteté qui émanait de Padre Pio était un fruit de sa foi et non un pouvoir magique : vénérer les saints, les connaître, les imiter, doit porter à Jésus et non à la superstision. Faire voir leurs corps mortels, leurs restes, et les vénérer, signifie comprendre que Dieu se sert de nos êtres, de notre physique, de nos faiblesses, pour faire passer l'annonce de son Evangile.

IG - Il y a eu des polémiques sans fin sur cette exumation et exposition. Pourquoi la fait-on ?

Mgr Martins - C'est une anomalie que cela n'ait pas encore été fait. Avant la béatification d'un serviteur de Dieu, on procède habituellement à la reconnaissance canonique de sa dépouille. On prélève les reliques qui seront offertes au Pape. Avec Padre Pio celà n'a pas été fait, ni pour sa béatification en 1999, ni pour sa canonisation en 2002, où l'on a utilisé comme reliques des escarts qui s'étaient détachés de ses stygmates lorsqu'il était toujours en vie et que ses frères avaient conservés. Aujourd'hui, au quarantième anniversaire de sa mort et après l'authentification de ses stygmates, son corps a été exumé. Cela a été fait à temps pour conserver son corps, qui risquait d'être détérioré par l'humidité.

IG - Le corps de Padre Pio restera-t-il toujours visible ? Sera-t-il transférer au nouveau Sanctuaire de San Giovanni Rotondo ?

Mgr Martins - La décision appartient à l'archevêque d'Ambrosio, qui a annoncé que l'exposition durerait au moins un an, en raison des innombrables demandes des fidèles ayant  l'intention de  s'incliner devant la dépouille  de Padre Pio. (...).




Jeudi 24 avril 2008
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Ce n'est pas si courant : le corps d'un Saint va être exposé aux fidèles. Il s'agit du Padre Pio, Francesco Forgione selon son état civil, moine capucin mort en 1968, qui avait reçu la grâce particulière des stigmates du Christ crucifié et qui est très vénéré en Italie.


Son corps, trouvé à l'ouverture du cercueil dans un bon état de conservation, sera placé dans un cercueil de verre aux alentours de 13h00 aujourd'hui à l'issue d'une messe en plein air à laquelle 15.000 fidèles devraient assister à San Giovanni Rotondo dans le Sud-Est de l'Italie. La messe sera dite en présence du cardinal Jose Saraiva Martins, préfet de la Congrégation des causes des saints (v. ses déclarations à ce propos, ICI), et retransmise en direct à la télévision italienne.


Nous vous conseillons l'article aussi précis qu'intéressant que consacre le site Eucharistie Miséricordieuse à l'ouverture de la sépulture de Padre Pio (ICI). Pour une information plus générale sur Padre Pio, voir le site qui lui est consacré (ICI - en italien et anglais)


750.000 réservations auraient déjà été enregistrées dans la ville, San Giovani Rotondo, où le corps de Padre Pio sera exposé jusqu'à l'année prochaine au moins et où l'on s'attend à ce que 7.000 pèlerins se succèdent chaque jour devant le cercueil. 

 


Padre Pio, priez pour nous.



Jeudi 24 avril 2008
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MARIE, MERE DE LA MISSION

 


« De Maria nunquam satis » écrivait Saint Bernard : de Marie, on ne parlera jamais assez. A juste titre, car elle a accompagné le Fils de Dieu, fait homme pour le salut de tous les hommes, depuis sa conception dans son sein, jusqu’à sa mort sur la Croix : Elle a dit son « Fiat » à la demande de Dieu transmise par l’Ange Gabriel, dans un grand mystère joyeux, et, au pied de la Croix, Elle le dit à nouveau dans le grand mystère douloureux. Et Jésus, à ce moment, s’adresse à Elle en ces termes qui seront parmi ses dernières paroles :


« Voyant sa Mère, et près d’Elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa Mère : "Femme voici ton fils". Puis il dit au disciple : "Voici ta Mère" » (Jean 19, 26-27).


La Bible de Jérusalem commente en note : « Le contexte scripturaire et le caractère singulier de l’appellation "Femme" semblent indiquer que l’évangéliste voit ici un acte qui dépasse la simple piété filiale : la proclamation de la maternité spirituelle de Marie, nouvelle Eve, à l’égard des croyants représentés par le disciple bien-aimé. »


Marie est MERE. Mère de Jésus, le Fils de Dieu, elle sera proclamée très tôt Mère de Dieu par l’Eglise. Le Pape Paul VI à l’occasion du Concile Vatican II l’a proclamée Mère de l’Eglise.


Ce titre de Mère a été repris dans la piété populaire, et notamment dans les Litanies de Lorette, qui résument et expriment le rôle de Marie dans le plan divin :


Mère du Christ,

Mère de la divine grâce

Mère très pure

Mère très chaste

Mère toujours Vierge

Mère sans tache

Mère aimable

Mère admirable

Mère du Bon Conseil

Mère du Créateur,

Mère du Sauveur.

 

Ce dernier titre, en particulier, ouvre des horizons très vastes sur le rôle de Marie dans le plan salvifique de Dieu. Quand elle répond à l’Ange : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1, 38), s’accomplit en son sein la merveille de la miséricorde toute puissante de Dieu : « Et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous » (Jean 14) : non plus la présence invisible et redoutable de Dieu dans la Tente, ou dans la Temple de l’ancienne Alliance, non plus seulement la présence spirituelle de la Sagesse en Israël par la loi de Moïse, mais l’Incarnation du Verbe, sa présence personnelle et tangible de Dieu parmi les hommes, pour tous les hommes.

 

Saint Mathieu l’a bien exprimé ainsi dans Evangile qu’il faut méditer selon cette clef de lecture, et qui commence en ces termes :


« Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mathieu 1,1)


Abraham à qui Dieu a déclaré solennellement : « Par toi se béniront toutes les nations de la terre » (Genèse 12, 3), et qui termine son Evangile par ces paroles de Jésus :


« Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mathieu 2819),


en manifestant de la sorte que le Messie attendu par Israël n’était pas réservé au seul peuple d’Israël mais à tous les hommes.


D’ailleurs, comme nous le verrons plus tard, Jésus, conçu par l’opération du Saint-Esprit, tient toute sa nature humaine de sa Mère, Marie, elle aussi descendante de David, et donc d’Abraham.

 

Saint Luc fera de même. Certes, il rappelle l’annonce faite par l’Ange aux bergers de la naissance du Sauveur : « Je vous annonce une grande joie qui sera pour tout le peuple : aujourd’hui dans la cité de David, un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur » (Luc 2 10-11) ; mais il prend bien soin de nous citer ensuite le chant des Anges :


« Gloire à Dieu au plus haut des Cieux

        Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2,14)


Ces paroles qui seront complétées et précisées par le vieillard Siméon lors de la Présentation au Temple :


« Maintenant, ô Maître, tu peux selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix ;

car mes yeux ont vu ton salut

que tu as préparé à la face de tous les peuples

lumière pour éclairer les nations

et gloire de ton peuple Israël » (Luc 2, 29-31)

 
« Mère du Sauveur », du Sauveur de tout les peuples et pas seulement du peuple d’Israël, Marie sera associée étroitement à cette Mission de son Divin Fils : le vieillard Siméon s’adressant à Marie lui dit en effet :


« Et toi-même, un glaive de douleur te transpercera l’âme » (Luc 2, 35),


qui évoque aussitôt le coup de lance du centurion qui transperce le côté de Jésus d’où s’écoulent du Sang et de l’Eau cf. Jean 19, 34), et la douleur de la Mère, qui devenait ainsi la Mère de tous les hommes, Notre Mère, qui les enfante dans la douleur.

 

Il manque un titre à la Vierge Marie dans les Litanies de Lorette : MARIE MERE DE LA MISSION

 

Je me propose de présenter ce mystère de Marie, Mère de la Mission, en me penchant sur la personne de la Sainte Vierge, pour mieux comprendre le rôle qu’elle a eu dans la Rédemption, et qu’elle ne cessera d’avoir dans la Mission évangélisatrice du monde entier : Mère du Sauveur, et constituée par son Divin Fils Mère de tous les hommes, elle est devenue ainsi la MERE DE LA MISSION, titre que j’ai tenu à souligner et à retenir pour présenter la Mère du Fils de Dieu fait homme.


J’ai choisi de citer les textes bibliques dans leur entier au lieu de donner simplement la référence, pour éviter au lecteur de devoir consulter la Bible. Ce qui nous permet ainsi de souligner en « lettres grasses » les passages importants.

 

* * * * * * * * * * * *

 
Mais il me paraît nécessaire de présenter tout d’abord la Famille de Marie, Vierge et Mère, d’après les données de la Tradition.


Puis, les différents épisodes du Nouveau testament qui parlent d’elle :

 

L’Annonciation et l’Incarnation, et la Visitation ; La naissance de Jésus ; La présentation de Jésus au Temple, avec un passage qui le complète : la « fugue » de Jésus au Temple, à l’âge de 12 ans ; la venue des Mages et la fuite en Egypte.

Puis il y aura Cana et Marie au pied de la Croix.

Et la vision de la FEMME dans l’Apocalypse de saint Jean

 

Je terminerai ensuite par une présentation de la Maison de Marie à Ephèse. C’est la maison où Saint Jean a vécu, mais avec Marie « sa Mère », comme Jésus l’avait demandé quand il était sur la Croix : « Et Jean la prit chez elle ».

 

Nous aurons ainsi les titres suivants :

 

LA FAMILLE DE MARIE, VIERGE ET MERE

L’ANNONCIATION ET L’INCARNATION

LA NAISSANCE DE JESUS

LA PURIFICATION DE MARIE ET LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

LA VISITE DES MAGES

MARIE PRESENTE JESUS AUX NATIONS

LA FEMME, L’HEURE, LA MERE, LA REINE

LA MAISON DE MARIE A EPHESE

 (à suivre)

Mgr Jacques MASSON

 


Jeudi 24 avril 2008
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Citation

"A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique.
A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement.
Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus".

Mal Jean de Lattre de Tassigny

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