Communautés

Ethique médicale/euthanasie

Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /Mars /2008 08:05

Par La rédaction
Suite aux déclarations de Rachida Dati [1] et du Premier Ministre François Fillon, face à la demande d’euthanasie d’une personne gravement malade, la Confédération nationale des associations familiales catholiques [CNAFC : Ici] rappelle avec force l’indispensable nécessité de développer avec ambition les unités de soins palliatifs seules à même d’apporter le soulagement psychologique et physique dont ont besoin les personnes en fin de vie. Elle souhaite une mise en œuvre de la loi Leonetti selon laquelle :

- « le médecin est autorisé en dernier recours à utiliser un traitement contre la douleur pouvant provoquer la mort du patient. »

- « Reste interdite l'euthanasie active, c'est-à-dire l'injection d'un produit en vue de provoquer la mort et l'aide au suicide. »
 
Dernier élément au débat :

Le Président de la République a proposé à Madame Sébire « qu'un nouvel avis soit donné sur son cas par un collège de professeurs d'université du plus haut niveau. » Cette réunion serait destinée à « prouver que toutes les ressources de la médecine sont épuisées . » [2] Que fera le Président si cette preuve est apportée ?
 
La CNAFC souligne à nouveau [3] l’importance de l’accompagnement des personnes malades.  La mort ne saurait en aucun cas être une réponse à leur souffrance.
 
 _______________

[1] « Je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales » (Rachida Dati, Ministre de la justice France Inter le 13 mars 2008).
[2] www.lefigaro.fr  13 mars 2008
[3]Cf Communiqué de presse CNAFC du 01/12/2007 Affaire Humbert sur www.afc-france.org
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Samedi 16 février 2008 6 16 /02 /Fév /2008 12:55

Par La rédaction
    Au moment où les catholiques français s'insurgent contre la campagne menée par le Planning familial avec le concours massif des deniers publics de la Région Ile-de-France, la question de l'avortement ne cesse d'être débattue outre Atlantique.

Le site Zenit évoque ainsi les réactions très fermes des évêques américains suscitées par l'accueil de Mme Clinton à l'Université catholique de San Antonio, au Texas. En voici le compte-rendu :


ROME, Vendredi 15 février 2008 (ZENIT.org) - L'archevêque de San Antonio (Texas, USA) se dit « surpris » qu'une université catholique locale ait pensé recevoir Hillary Clinton lors d'une étape de sa campagne, les idées de la sénatrice étant, selon lui, non conformes aux enseignements de l'Eglise. GomezWEB.jpg

Mgr José Gomez a fait part de son étonnement dans une déclaration à la presse, le 13 février, soit le jour de la venue d'Hillary Clinton à la St. Mary's University. La sénatrice, partisane depuis longtemps du « droit à l'avortement », avait inclus cette visite dans le programme de sa course à la Maison Blanche.

Dans un message officiel du bureau de presse de l'archidiocèse, Mgr Gomez déclare : « J'ai été surpris d'apprendre la venue de la sénatrice à la St. Mary's University. Je n'ai été ni averti ni consulté par l'université avant la décision de laisser la sénatrice Clinton intervenir à l'Université ».

« Les institutions catholiques ont le devoir d'enseigner et de promouvoir les valeurs catholiques à tous les niveaux, a-t-il ajouté. Ceci est particulièrement important à un moment où les gens attendent de nos universités et de nos écoles catholiques, un leadership et un éclairage au niveau d'un discours politique souvent compliqué et conflictuel ».

« Il est clair que les positions de la sénatrice Clinton et de quelque autre candidat à la présidentielle sur d'importantes questions relatives à la vie ne sont pas conformes à l'enseignement de l'Eglise catholique ».

« Mon intention n'est pas de dire aux citoyens pour qui voter », affirme l'archevêque dans son message, soutenu par l'évêque d'Amarillo, Mgr Patrick Zurek, et par l'évêque auxiliaire émérite de San Antonio, Mgr Thomas Flanagan.

« Quoiqu'il en soit, j'invite les catholiques à comprendre les enseignements de l'Eglise sur le vaste éventail de questions publiques qui sont actuellement objet de forte préoccupation ».

Reprenant les termes d'un document de la Conférence épiscopale américaine, paru en 2004, l'évêque américain a déclaré : « quand elles ont à faire aux candidats politiques et aux fonctionnaires publics, la communauté catholique et les institutions catholiques ne devraient pas honorer ceux qui agissent sans respecter nos grands principes moraux. Elles ne doivent pas donner l'impression de soutenir leur action en leur décernant des récompenses, en leur accordant des honneurs ou en leur offrant des tribunes ».

Mgr Gomez a souligné qu'un démenti de l'université St. Mary's précise que : « en tant qu'université catholique exonérée d'impôts », l'institution ne « soutient aucun candidat politique ni leurs positions sur différentes questions, et reconnaît la différence fondamentale entre les positions des candidats aux présidentielles et celles de l'Eglise catholique ».

L'archevêque de San Antonio, affirme, en conclusion, que les institutions catholiques « doivent promouvoir la compréhension claire de nos profondes convictions morales sur une question comme l'avortement, un acte que l'Eglise considère comme un ‘crime indicible' et une question non négociable ». 

ofc_shield.jpg
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 07:28

Par La rédaction
    Nous publions ici un intéressant article paru ce mois-ci dans le Bulletin trimestriel d’information “provie”  de l’association Droit de naître, que nous remercions pour son aimable autorisation et que nous invitons nos lecteurs à découvrir (1).

« Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l'ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l'Evangile »
(Catéchisme de l'Eglise catholique, n° 2242).

« La loi prévoit souvent un droit à l'objection de conscience pour les professions de santé, mais elle en restreint tellement la possibilité d'exercice, qu'elle a en fait établi un véritable système de droit à l'avortement.
« La société idéologiquement tolérante ne peut tolérer l'objection de conscience, car celle-ci échappe par quelque manière à son empire.
« En somme, la société tolérante impose une pensée unique»
(Mgr Jean Lafitte, Vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie).
__________

baby1.jpeg Dans notre dernier numéro, nous avons commenté les déclarations de Simone Veil au TVMag, sur les avortements tardifs à haut risque pratiqués en Espagne, objets d'un “Envoyé Spécial” de France 2. Dans cette interview, Mme Veil a fait un petit bout de chemin et a reconnu que l'avortement « c'est une question éthique et pas seulement un geste médical », car « il est de plus en plus évident que, dès la conception, il s'agit d'un être vivant ».

C'est justement cette évidence qui amène les nouvelles générations de médecins à refuser de prêter leur concours à l'avortement en invoquant la “clause de conscience” qui existe, peu ou prou, dans les codes sanitaires du monde entier.

« La seule chose que j'avais négociée avec l'Eglise », a en effet révélé Mme Veil dans son interview au TVMag, « était de ne pas contraindre les médecins. C'est un point à maintenir, car on ne peut obliger personne à aller contre ses convictions. »

En plus du vif intérêt historique que suscitent ces déclarations (on aimerait savoir plus précisément en quoi ont consisté ces « négociations » : par exemple, quels étaient les « négociateurs » de la part de l'Eglise catholique, quelles ont été les concessions faites en échange de la non-contrainte des médecins, etc.), elles ont une portée énorme pour l'actualité. Car le lobby pro-avortement est décidé à forcer les médecins, les infirmières et les pharmaciens à « aller contre leurs convictions », en violation des garanties que Mme Veil avait données à l'époque de l'approbation de la loi qui porte son nom.

En effet, depuis la loi Aubry, les chefs de service des hôpitaux publics sont obligés d’organiser la pratique de l'avortement dans leur service. Un chef de service respectueux de la vie humaine n'a qu'à démissionner ou encourir le risque d'être renvoyé.

La dérive est la même au niveau européen. On se souvient de l'avis du “Réseau d'experts indépendants” de la Commission européenne qui a condamné le concordat entre le Saint-Siège et la Slovaquie : cette dernière y « reconnaît le droit de chacun à obéir à sa conscience conformément aux principes doctrinaux et à la morale de l'Eglise catholique ». D'après les jurisconsultes de Bruxelles, cette clause, valable non seulement pour le personnel de la santé, mais aussi pour les hôpitaux catholiques, « porte atteinte aux droits des femmes à accéder aux services médicaux qui procèdent légalement à des avortements et comporte donc à leur égard une discrimination ainsi qu'une menace de traitement inhumain et dégradant » (sic !).

Au Portugal, le ministre socialiste de la Santé, Antonio Correia de Campos, a intimé à l'Ordre des médecins d'éliminer du code de déontologie, dans le délai de 30 jours, l'obligation pour les praticiens de « respecter la vie humaine dès ses débuts » et la qualification de l'avortement comme « une faute déontologique grave », pour se conformer à la nouvelle législation. En effet, l'immense majorité des médecins portugais exerçant dans les hôpitaux publics se refusent à pratiquer l'avortement en alléguant la « clause de conscience ». L'Ordre des avocats a qualifié l'intromission du ministre « d'arrogante et excessive » et nombreux sont les juristes qui la considèrent comme illégale, car la Constitution portugaise déclare que « la vie humaine est inviolable ».

Outre-atlantique, les choses ne vont pas mieux. Aux Etats-Unis, les hôpitaux catholiques du New Hampshire sont désormais forcés par la loi de délivrer la pilule abortive du lendemain aux femmes victimes d'un viol. Douze Etats américains ont déjà approuvé des législations forçant les pharmaciens à délivrer la pilule abortive malgré leurs objections morales. Au Chili, le ministère de la santé a appliqué une grosse amende à trois chaînes de pharmacies qui ne distribuaient pas la «pilule du lendemain », les forçant financièrement à prêter leur concours à des avortements chimiques. Deux se sont pliées sans broncher, et la troisième a publié une annonce dans les journaux regrettant de devoir le faire sous contrainte.

Pour Mgr Jean Lafitte, Vice-président de l'Académie pontificale pour la Vie, l'objection de conscience est battue en brèche précisément par cette distinction abusive entre individus et institutions. « Comme l'objection, dit-il, n'est pas reconnue aux établissements, mais aux personnes seulement, les établissements publics doivent prévoir des services où l'avortement peut être pratiqué. Les médecins obstétriciens travaillant dans ces établissements ne peuvent refuser que soient pratiqués les avortements dans leur service. S'ils le faisaient, ils seraient priés de quitter la structure publique. Dans le secteur privé, les médecins ne sont pas tenus bien sûr de les pratiquer. Toutefois, ils doivent indiquer aux patients qui le désirent une structure alternative, où ils pourront obtenir l'interruption de grossesse ».

Le président de la Fédération internationale des Associations de Médecins catholiques (FIAMC), le Dr Josep María Simón Castellví, s'est même plaint du fait « qu’il est très rare de trouver un pays en Europe, pourtant soi-disant démocratique, où les gynécologues aient la possibilité de se former sans avoir à pratiquer l'avortement. Le pouvoir, poursuit-il, en asservissant de cette manière les bons leur fait accomplir un acte de complicité puisque ces derniers se taisent et laissent faire ».

Devant ce panorama affligeant pour les professionnels respectueux du caractère sacré de la vie humaine, le Pape Benoît XVI a élevé sa voix et dénoncé le caractère totalitaire que prenait le manque de respect de la conscience des praticiens de la santé dans l'exercice de leur profession.

En février dernier, dans un discours aux membres de l'Académie pontificale pour la Vie, à l'issue du congrès international intitulé « La conscience chrétienne en soutien du droit à la vie », le Pontife déclara : « La conscience chrétienne possède la nécessité intérieure d'être alimentée et renforcée par les motivations multiples et profondes qui militent en faveur du droit à la vie. C'est un droit qui exige d'être soutenu par tous, car il s'agit du droit fondamental par rapport aux autres droits humains ». C'est pourquoi, ajoute le Saint-Père, il faut exhorter les professionnels, médecins et juristes, « à élaborer un jugement compétent de conscience, et, le cas échéant, une objection courageuse de conscience ».

Fin octobre, dans un discours aux participants du 25e congrès international des Pharmaciens catholiques sur « Les nouvelles frontières de l'acte pharmaceutique », Benoît XVI s'est fait plus percutant encore :

« Dans le domaine moral, affirma-t-il, votre Fédération est invitée à affronter la question de l'objection de conscience, qui est un droit qui doit être reconnu à votre profession, vous permettant de ne pas collaborer, directement ou indirectement, à la fourniture de produits ayant pour but des choix clairement immoraux, comme par exemple l'avortement et l'euthanasie. »
__________


La clause de conscience en droit français

La clause de conscience a été officiellement établie en médecine en 1975 par la loi 51PLmCVqDAL.-AA240-.jpg relative à l'avortement [art. L. 2212-8 et L. 2213-2 du code de la santé publique].

Une décision du Conseil constitutionnel du 27 juin 2001 a érigé la liberté de conscience au rang de principe fondamental reconnu par les lois de la République, fondé sur l'article 10 de la Déclaration des droits de l'homme [« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses (...) »] et sur le Préambule de la Constitution de 1946 [« Nul ne peut être lésé dans son travail ou son emploi en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances »].

La loi Aubry du 4 juillet 2001, qui a étendu à 12 semaines le délai légal de l'avortement, a inclu ce principe dans un cadre plus général du droit au refus de soins par le médecin.

L’article 47 du code de déontologie médicale (art. R. 4127-47 CSP) dispose que « le médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles ».

__________

(1) Droit de naître, 39 avenue Pasteur - 92400 Courbevoie
Adresse internet : www.droitdenaitre.org

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 28 novembre 2007 3 28 /11 /Nov /2007 15:58

Par La rédaction
telethon.gif On se souvient, bien sûr, de la polémique née l'an passé de l'intervention des évêques français qui avaient critiqué le  célèbre et fructueux Téléthon. Il ne s'agissait pas pour eux d'en critiquer le principe, mais l'affectation des sommes recueillies. La situation étant inchangée, les évêques se manifestent à nouveau sur cette question. C'est le cas, en particulier de Mgr Raffin, évêque de Metz, dans une déclaration du 9 novembre dernier. En voici le texte.

La campagne du Téléthon 2007, on le sait, est pilotée depuis Metz. Un fort engagement des médias à la cause qu’il défend a fait que le Téléthon est devenu, depuis sa première édition en 1987, une grande opération nationale de solidarité destinée à financer les recherches susceptibles de guérir les myopathies.

L’Association Française contre les Myopathies (AFM), créée en 1958, favorise et soutient, grâce aux fonds recueillis à l’occasion du Téléthon, des recherches destinées à découvrir l’origine des maladies neuromusculaires et plus largement des maladies d’origine génétique, et à développer des thérapies classiques ou plus innovantes comme la thérapie génique ou la thérapie cellulaire.

Mais, en même temps, une partie des fonds de la collecte du Téléthon – un peu moins de 2% - est affectée à la recherche sur les embryons.

Certes, je me réjouis de ce que la solidarité nationale finance des recherches concernant la santé – encore que celles-ci pourraient être financées par les seuls fonds publics –, mais je ne puis être d’accord avec le financement de recherches, si minimes soient-elles, en contradiction manifeste avec l’éthique, même dans un cadre strictement défini par la Loi : le légal en effet n’est pas forcément moral.

L’embryon humain n’est jamais un objet utilisable au gré d’intérêts divers, même si, parmi ces intérêts, il y a la guérison possible de maladies graves.

Par conséquent, tant que l’on n’offrira pas aux donateurs la possibilité de s’opposer à l’affectation éventuelle de leurs dons à la recherche sur les embryons, il m’est impossible de soutenir la campagne du Téléthon".

+ Fr. Pierre RAFFIN, o.p.
évêque de Metz

La finale de l'évêque dominicain peut surprendre : "Il m'est impossible de soutenir la campagne du Téléthon". Elle donne curieusement à entendre que les organisateurs de cette manifestation l'aurait personnellement invité à la soutenir. La raison en échappe d'autant plus que l'épiscopat a manifesté ses plus claires réserves à cet égard. On ne voit dès lors pas que lesdits organisateurs se soient aventurés à demander à l'évêque de Metz - qui n'est pas le pittoresque Mgr Gaillot - un soutien si manifestement contraire à ces réserves.

En réalité, au regard d'une question qui concerne le droit naturel, opposable à tous, ce "il m'est impossible de soutenir..." doit plutôt être entendu comme : "On ne peut pas soutenir..." ou, plus limitativement : "Un chrétien ne peut pas, en conscience, soutenir..." Si nous ne nous trompons pas, ne serait-il pas plus simple et plus éclairant de l'exprimer ainsi ?

Puisque c'est bien au regard d'un jugement moral universel que la question finalement se pose, et non au regard d'une appréciation prudentielle personnelle, on ne nous en voudra pas de préférer cette formulation. Au reste, l'essentiel demeure : les conditions actuelles d'affectation des fonds recueillis ne permettent pas à un chrétien, en particulier, de soutenir cette entreprise, si utile soit-elle au demeurant.
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 31 octobre 2007 3 31 /10 /Oct /2007 14:40

Par La rédaction

images-copie-11.jpeg     Deux évènements surviennent à quelques jours d'intervalle, qui nous invitent à réfléchir sur la banalisation moderne de l'acte médical et sur la mise en oeuvre, en matière de médicaments, d'une logique industrielle proche de celle de la grande distribution : où le respect de l'humain - qu'il s'agisse du patient, du médecin ou du pharmacien - doit s'incliner devant l'automatisation d'une procédure de délivrance de produits ou services.

(1) L'alliance pour les droits de la vie (ICI) vient de publier un communiqué alarmant et qui n'est pas de nature à faire remonter Mme Bachelot dans notre estime. Nous citons :

"Le ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a cru bon de reprendre à son compte la revendication du Mouvement Français pour le Planning Familial de permettre la délivrance de l’avortement médicamenteux (RU 486) par les centres de planification, en incluant cette mesure dans le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale. L’Assemblée nationale, le 29 octobre dans la nuit, a entériné cette mesure en première lecture.

L’Alliance pour les Droits de la Vie, qui anime des services d’aide et d’écoute aux personnes confrontées à des grossesses imprévues ou difficiles, constate que l’auto-administration de l’avortement médicamenteux n’a rien d’anodin : «Les femmes doivent ingérer devant le médecin les produits qui supprimeront la vie qu’elles portent ; puis elles doivent attendre chez elles le «résultat»... Beaucoup le vivent seules avec leur douleur physique et surtout leur souffrance morale» déplore le docteur Xavier Mirabel, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie. Pour lui, l’Assemblée nationale se soumet aux revendications d’une seule association.

Cette mesure imposée sans débat préalable cible les femmes les plus vulnérables, alors que l’avortement à domicile est justement déconseillé pour celles qui sont jeunes, seules ou particulièrement vulnérables. Cette mesure vient contredire l’expérience de la plupart des professionnels et des centres de planification.

L’Alliance pour les Droits de la Vie demande au Sénat le retrait de cette mesure dangereuse qui aggrave la solitude des femmes devant faire face à des grossesses imprévues, et les expose à de nouveaux risques sanitaires."

images-copie-12.jpeg Il s'agit bien, pour le gouvernement, de banaliser un médicament et un acte, qui doit pouvoir s'effectuer comme le fait d'acheter des bonbons : délivrance en supermarché et utilisation libre et personnelle, à laquelle la société est indifférente. Le problème de cette approche matérialiste (marxiste ?) du problème est qu'elle nie l'aspect humain de ces questions. Le médecin n'est pas simplement un parasite vivant aux frais de la sécurité sociale, qui ne risque que de mettre un frein moral à l'utilisation d'une technique à laquelle on a le droit - voire peut-être le devoir - de recourir. Il est aussi quelqu'un de confiance avec qui la personne qui entend effectuer cet acte douloureux peut en parler et être ainsi accompagnée. Mais cela n'a que peu de poids en matière comptable !

(2) Or, cette préoccupation n'est pas sans faire écho à la lettre adressée par Benoît XVI au congrès des pharmaciens catholiques le 29 octobre dernier :
"Monsieur le Président,
Chers Amis,

Je suis heureux de vous accueillir, vous les membres de Congrès international des Pharmaciens catholiques, à l’occasion de votre vingt-cinquième Congrès, qui a pour thème: «Les nouvelles frontières de l’acte pharmaceutique». Le développement actuel de l’arsenal médicamenteux et des possibilités thérapeutiques qui en découlent nécessite que les pharmaciens réfléchissent sur les fonctions de plus en plus larges qu’ils sont appelés à avoir, en particulier en tant qu’intermédiaires entre le médecin et le patient ; ils ont un rôle éducatif auprès des patients pour un usage juste de la prise médicamenteuse et surtout pour faire connaître les implications éthiques de l’utilisation de certains médicaments. Dans ce domaine, il n’est pas possible d’anesthésier les consciences, par exemple sur les effets de molécules ayant pour but d’éviter la nidation d’un embryon ou d’abréger la vie d’une personne. Le pharmacien doit inviter chacun à un sursaut d’humanité, pour que tout être soit protégé depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, et que les médicaments remplissent véritablement leur rôle thérapeutique. D’autre part, nulle personne ne peut être utilisée, de manière inconsidérée, comme un objet, pour réaliser des expérimentations thérapeutiques; celles-là doivent se dérouler selon des protocoles respectant les normes éthiques fondamentales. Toute démarche de soin ou d’expérimentation doit avoir pour perspective un éventuel mieux-être de la personne, et non seulement la recherche d’avancées scientifiques. La poursuite d’un bien pour l’humanité ne peut se faire au détriment du bien des personnes traitées. Dans le domaine moral, votre Fédération est invitée à affronter la question de l’objection de conscience, qui est un droit qui doit être reconnu à votre profession, vous permettant de ne pas collaborer, directement ou indirectement, à la fourniture de produits ayant pour but des choix clairement immoraux, comme par exemple l’avortement et l’euthanasie.

Il convient aussi que les différentes structures pharmaceutiques, des laboratoires aux centres hospitaliers et aux officines, ainsi que l’ensemble de nos contemporains, avaient le souci de la solidarité dans le domaine thérapeutique, pour permettre un accès aux soins et aux médicaments de première nécessité de toutes les couches de la population et dans tous les pays, notamment pour les personnes les plus pauvres.

En tant que pharmaciens catholiques, puissiez-vous, sous la conduite de l’Esprit saint, puiser dans la vie de foi et dans l’enseignement de l’église les éléments qui vous guideront dans votre démarche professionnelle auprès des malades, qui ont besoin d’un soutien humain et moral pour vivre dans l’espérance et pour trouver des ressorts intérieurs qui les aideront au long des jours. Il vous revient aussi d’aider les jeunes qui rentrent dans les différentes professions pharmaceutiques à réfléchir sur les implications éthiques toujours plus délicates de leurs activités et de leurs décisions. Pour une telle démarche, il importe que se mobilisent et se rassemble l’ensemble des professionnels catholiques de la santé et les personnes de bonne volonté, pour approfondir leur formation non seulement sur le plan technique, mais aussi en ce qui concerne les questions de bioéthique, ainsi que pour proposer de telles formations à l’ensemble de la profession. L’être humain, parce qu’il est image de Dieu, doit toujours être au centre des recherches et des choix en matière biomédicale. De même, le principe naturel du devoir d’apporter des soins au malade est fondamental. Les sciences biomédicales sont au service de l’homme ; si tel n’était pas le cas, elles n’auraient qu’un caractère froid et inhumain. Tout savoir scientifique dans le domaine de la santé et toute démarche thérapeutique sont au service de l’homme malade, considéré dans son être intégral, qui doit être un partenaire actif de ses soins et respecté dans son autonomie.

En vous confiant, ainsi que les malades que vous êtes amenés à soigner, à l’intercession de Notre-Dame et de saint Albert le Grand, je vous accorde, ainsi qu’à tous les membres de votre Fédération et à vos familles, la Bénédiction apostolique."

Le Saint Père insiste ainsi clairement sur le respect du droit des professionnels à l'objection de conscience - que l'on admet aisément pour les journalistes mais que certains contestent alors qu'il est question d'éthique sur des sujets bien plus déterminants ! - et sur le devoir particulier d'humanité des professionnels de santé : l'écoute, le conseil, la mise en garde sur les enjeux physiques (qui est admise sans problème par le matérialisme ambiant) mais aussi morale (qui ne l'est pas) sont indispensables.

    Mme Bachelot n'est manifestement pas préoccupée de telles nébulosités conservatrices... Mais l'on pourrait peut-être se demander pourquoi le taux de suicide est si élevé dans notre Europe matérialiste !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 16:34

Par La rédaction

 Dans un entretien accordé à RMC, Mme Bachelot, ministre de la santé a abordé la question du don d’organes après la mort, à l'occasion de la septième Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe, qui a lieu ce 22 juin. Selon l’Agence de biomédecine, 12.450 personnes ont eu besoin d’une greffe en 2006, et 239 personnes sont décédées faute d’avoir pu trouver ce qu’il est convenu d’appeler un “donneur”. Il est intéressant, dès lors, de s'interroger sur les règles posées en ce domaine, d'une part par l'Eglise, d'autre part par le droit positif.

 

L'analyse de l'Eglise


      L'Eglise n’a pas manqué de s’interroger sur cette question. Précurseur en ce domaine comme en bien d’autres, le pape Pie XII l’avait déjà examinée, pour en poser les fondements éthiques.


Dans l’encyclique Evangelium vitae, Jean-Paul II a posé ce principe que le don d’organes répond à une véritable culture de la vie, dès lors qu’il est accompli sous une forme éthiquement acceptable (25 mars 1995, n. 86).


En revanche, a-t-il ajouté, lors de son Discours au 18ème congrès international sur la transplantation d’organes, « toute pratique tendant à commercialiser les organes humains ou à les considérer comme des biens pouvant faire l'objet d'échanges ou de commerce doit être considérée comme moralement inacceptable, car utiliser le corps comme un "objet" signifie violer la dignité de la personne humaine » (29 août 2000, n. 3).

 
Plusieurs exigences éthiques ont dès lors été dégagées.

 
La première est celle de « la nécessité d'un accord informé. L'“authenticité” humaine d'un tel geste décisif exige que les personnes soient correctement informées sur les processus concernés, afin d'être en mesure d'exprimer leur accord  ou  leur  refus  de  façon  libre et consciente. L'accord des parents possède une valeur éthique en l'absence d'une décision de la part du donneur. Naturellement, un accord analogue devra être donné par le receveur d'organe » (n. 3).

 

La deuxième est que « les organes vitaux individuels dans le corps ne peuvent être prélevés qu'ex cadavere, c'est-à-dire du corps d'une personne dont on a la certitude qu'elle est cliniquement morte. Cette exigence est évidente, car agir autrement signifierait provoquer de façon intentionnelle la mort du donneur en prélevant ses organes  » (n. 4).

 

La troisième est relative à l’attribution des organes. « Un principe évident de justice exige que le critère pour l'assignation des organes donnés ne devrait en aucun cas être “discriminatoire” [c'est-à-dire fondé sur l'âge, le sexe, la race, la religion, le statut social, etc.] ou “utilitaire” [c'est-à-dire fondé sur la capacité professionnelle, l'utilité sociale, etc.]. Au contraire, dans la détermination des priorités d'accès aux transplantations d'organes, les décisions devraient être prises sur la base de facteurs immunologiques et cliniques. Tout autre critère se révélerait arbitraire et subjectif, et ne reconnaîtrait pas la valeur intrinsèque de chaque personne humaine en tant que telle, une valeur qui est indépendante de toute circonstance extérieure ».

 

En résumé, Jean-Paul II a indiqué que, « d'une part, l'Eglise a encouragé le libre don des organes et, de l'autre, elle a souligné les conditions éthiques de ces dons d'organe, soulignant l'obligation de défendre la vie et la dignité du donateur et du receveur; elle a également indiqué les devoirs des spécialistes qui accomplissent cette transplantation. Il s'agit de permettre un service complexe à la vie, en conjuguant le progrès technique et la rigueur éthique, en humanisant les rapports interpersonnels et en informant correctement le public » (Message aux membres de l’Académie pontificale des sciences, 1er février 2005, n. 2).

 
La doctrine catholique est résumée dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, à l’occasion de l’exposition du cinquième commandement, et donc du respect de la vie :

« La transplantation d’organes est conforme à la loi morale si les dangers et les risques physiques et psychiques encourus par le donneur sont proportionnés au bien recherché chez le destinataire. La donation d’organes après la mort est un acte noble et méritoire et doit être encouragée comme une manifestation de généreuse solidarité. Il n’est pas moralement acceptable si le donneur ou ses proches ayants droits n’y ont pas donné leur consentement explicite. De plus, il est moralement inadmissible de provoquer directement la mutilation invalidante ou la mort d’un être humain, fût-ce pour retarder le décès d’autres personnes » (n. 2296).

 
« Le don gratuit d’organes après la mort est légitime et peut être méritoire » (n. 2301).


Le terme “méritoire” peut ici surprendre. Il indique que ce don peut être l’occasion et la cause d’une récompense surnaturelle, dans la mesure où, comme don, il est inspiré par la charité. En 1996, la Commission sociale de l’épiscopat français a fait écho à cette analyse, et différents évêques ont invité à la générosité en ce domaine, comme Mgr Ricard ou Mgr Bouchex.

 

Le don ex cadavere et la loi française

 
    S’il est un point sur lequel la loi française s’accorde avec la doctrine de l’Eglise, c’est sur la gratuité du don, en particulier au regard de l’article 16-6 du code civil, lequel indique explicitement qu’aucune rémunération ne peut être allouée pour le prélèvement d’éléments du corps humain, et sur le fait que le prélèvement d’organes ne peut être opéré qu’après mort « dûment constatée » (art. L. 1232-1 du code de la santé publique). Accord aussi sur la nécessité de l’accord des parents si le défunt est mineur. En droit, cet accord doit émaner de chacun des titulaires de l’autorité parentale ou du tuteur, et être exprimé par écrit (art. L. 1232-2).

 
En revanche, deux réserves paraissent s'imposer.

 
La première concerne le consentement. Certes, la loi exige le consentement de la personne prélevée, mais ce consentement, adossé sans doute au fait que nul n’est censé ignorer la loi, est présumé avoir été donné du vivant de cette dernière. La nécessité d’un « accord informé » et d’un « consentement explicite » du donneur, souligné par Jean-Paul II, paraît sur ce point quelque peu malmenée, même si l’artifice légal suppose que chacun est clairement informé. Seul, donc, un refus explicite du vivant de la personne peut y faire obstacle. Ce refus, en particulier, peut avoir été exprimé dès l’âge de 13 ans dans ce qu’on appelle le Registre national automatisé des refus de prélèvement ou Registre des refus (1). Mais il peut avoir eu lieu de toute autre manière, ce pourquoi la loi oblige le médecin à chercher auprès des proches si une telle opposition n’a pas été exprimée. Si ce n’est pas le cas, il doit les informer de la finalité des prélèvements envisagés (art. L. 1232-1). Il engagerait sans doute sa responsabilité civile à ne pas le faire.

 
La seconde concerne cette finalité du prélèvement d’organe. La loi indique que ce dernier « ne peut être effectué qu’à des fins thérapeutiques ou scientifiques » (art. L. 1232-1). Il n’est donc pas ordonné uniquement à des greffes éventuelles, mais peut être objet de recherches. Il est ici permis de se demander si l’utilisation du matériau humain comme « objet », soumis à la recherche, répond à l’exigence de respect dû à la personne décédée, dès lors que « les corps  des défunts doivent être traités avec respect et charité dans la foi et l’espérance de la résurrection » (Catéchisme, n. 2300). Nous n’entrerons pas dans le détail de cette question, sur laquelle nous n’avons pas compétence. Il suffit ici de rappeler que le Catéchisme de l’Eglise catholique admet la légitimité morale de la pratique des autopsies destinées à la recherche scientifique (n. 2301). Quoiqu’il en soit, il importe de savoir que chacun, même s’il est d’accord pour donner un élément de son corps après sa mort, peut explicitement faire mentionner sur le Registre national des refus évoqué plus haut qu’il entend que ce don soit réservé à une fin thérapeutique, pour des greffes, et s’y opposer soit à ce qu’il soit objet de recherches scientifiques, soit même qu’il serve à rechercher la cause médicale du décès, hors le cas d’une enquête judiciaire (art. R. 1232-6).

 _______________

(1) Pour exprimer ce refus, il suffit d’écrire une lettre simple à cet effet à l’Agence de la biomédecine, Registre national des refus, TSA 90001, 93572 Saint-Denis La Plaine Cedex.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 10:36

Par La rédaction

    On doit signaler un excellent article paru dans la Revue Etudes de mai 2006 (consultable ICI) et qui se place sur un sujet qui est au coeur d'une de nos principales préoccupations : résister au lobby de l'euthanasie.


"Le 15 mars dernier, la cour d’assises de Périgueux condamnait à un an de prison avec sursis le docteur Laurence Tramois, qui avait prescrit d’injecter des substances mortelles à une malade dont le décès était proche. L’infirmière qui avait procédé aux injections, Chantal Chanel, bénéficiait d’un acquittement. Comment ne pas se réjouir de la compréhension du tribunal, en regardant l’image si largement diffusée de ces deux sympathiques jeunes femmes, et en comprenant combien le médecin était attachée à sa patiente ?

Le 14 juin 2006, la cour d’assises d’Angers avait acquitté Morten Jensen, qui avait mis fin à la vie de sa jeune épouse qui se mourait d’un cancer. Elle était presque inconsciente, mais laissait échapper de temps à autre quelques gémissements. Le mari manifestait la plus grande tendresse. Un après-midi, il s’allonge auprès de son épouse pour qu’elle sente sa présence, et administre d’un coup la dose de tranquillisants prévue pour vingt-quatre heures. Le décès s’ensuit rapidement.

C’est presque comme des héros que ces trois personnes furent présentées dans bien des médias, notamment à la télévision. Tous les ingrédients étaient réunis pour alimenter l’émotion collective : des personnes auxquelles chacun pouvait s’identifier, sensibles à la souffrance d’autrui, et s’exposant par pure compassion aux foudres de la justice.

Les partisans de la légalisation de l’euthanasie, et tout spécialement les militants de l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), s’emparèrent de ces deux cas. Les trois personnes étaient poursuivies pour un chef d’accusation qui pouvait leur valoir trente ans de prison. La loi était inadaptée. Elles ont été acquittées ou n’ont été condamnées qu’à une peine symbolique. Autre preuve de l’inadaptation de la loi !

Il n’est pas question ici de mettre en cause la clémence des deux tribunaux. Mais comment se fait-il que ces cas aient généralement été présentés avec complaisance, sans inciter à prendre quelque recul ?

Le docteur Tramois était affectivement liée à sa patiente. Elle a agi, dit-elle, « sous une pression psychologique et familiale intense ». Sa responsabilité a été jugée, de ce fait, atténuée. Cela aurait dû être l’occasion de rappeler qu’un médecin devrait éviter de soigner ses proches, car cette proximité peut faire perdre la distance indispensable à toute décision médicale.

C’est sous la même emprise de l’émotion que Morten Jensen provoqua la mort de son épouse. A sans doute fait défaut un médecin compétent qui, pour calmer les douleurs de la malade, aurait augmenté, dans les limites du nécessaire, les doses d’antalgiques et de sédatifs, ou même aurait seulement expliqué que les gémissements entendus ne traduisaient pas une réelle souffrance. En tout cas, M. Jensen est « passé à l’acte » sous l’effet d’une impulsion non préméditée. Il n’a abrégé l’existence de celle qu’il aimait que de quelques jours. Mais, toute sa vie durant, il aura à en porter le poids.

Car on n’oublie pas facilement de tels gestes de mort. On ne tue pas impunément son semblable, fût-ce au regard de sa seule conscience. Semble probant, en la matière, le comportement de cet ancien sénateur qui ne cesse, depuis quelques années, de raconter comment il a fait mourir son père, et de réclamer simultanément la légalisation de l’euthanasie. Comme si ce changement de la législation lui était indispensable pour légitimer à ses propres yeux ce qui était à proprement parler un parricide.

La charge est trop lourde pour les proches ; il faut donc la confier aux médecins. Telle est la logique de bien des discours, oubliant que les médecins ne se situent pas au-dessus du lot commun de l’humanité, que les équipes soignantes sont concernées, et que les familles sont de fait impliquées dans de tels gestes.

Ces questions commencent à être abordées dans la presse écrite, mais encore bien peu à la télévision. L’émotion est-elle donc devenue l’ingrédient indispensable pour captiver l’attention du téléspectateur et obtenir le meilleur taux d’audience ?

Le degré suprême de manque d’objectivité fut atteint dans l’affaire Vincent Humbert, ce jeune tétraplégique qui avait demandé au Président de la République « le droit de mourir ». Eprouvante, dramatique était sa situation. Il était soigné avec compétence et générosité, affection même, dans un service de rééducation de Berck-sur-Mer. Les membres de l’équipe soignante de ce service avaient beaucoup à dire ; aucun d’entre eux n’eut droit à la moindre minute d’interview télévisée. N’étaient rapportés que les propos de ceux qui avaient fait de Vincent Humbert le héraut, ou l’otage, de la cause du « droit à la mort », et l’enfermaient ainsi dans le rôle qu’il avait initialement choisi. Car il écoutait attentivement ce qui était dit de lui.

On peut légitimement se demander pourquoi certaines personnes ont été voir ce jeune homme à Berck-sur-Mer. Notamment, qu’allaient donc y faire le président et la vice-présidente de l’ADMD, qui ont publiquement reconnu avoir fait le voyage ?

Le « cas Vincent Humbert » représenta pour cette association une rampe de lancement pour l’amplification de ses campagnes d’opinion. Madame Humbert fut abondamment sollicitée, magnifiée telle une icône de l’amour maternel, jusqu’au moment où elle s’est « rendu compte [qu’elle] avait été manipulée, pour défendre une cause qui [la] dépassait [*] ». L’ADMD multiplia les initiatives : conférences de presse, lancement de pétitions, influence exercée sur des journalistes, envoi de représentants dans de grandes émissions politiques télévisées, interpellation des candidats à la présidence de la République, rédaction d’un Livre Blanc, Fin de vie, à l’intention de « l’ensemble des responsables qui ont en charge l’évolution de la société ». Bref, tous les moyens d’un intense lobbying.

Dans le Livre Blanc, sont rapportés vingt-sept récits de maladies graves ou de fins de vie. Il s’agit surtout de lettres témoignant de la souffrance des familles, sans aucune enquête complémentaire. Des récits à l’état brut, destinés, une fois de plus, à susciter l’émotion, sans aucune distance critique. Ils tendent à montrer que les lois sur les droits des malades, et notamment sur le droit de refuser des traitements, ne sont pas encore suffisamment respectées, et que demeurent de graves défaillances dans le soulagement de la douleur. Mais, au lieu de conclure qu’il y a encore bien des progrès à accomplir dans ces domaines, ces cas sont rapportés pour demander que la législation reconnaisse un droit de demander une « aide active à mourir ».

Le plus significatif – et inquiétant – dans ce livret réside dans une proposition de loi. Il y est stipulé que « toute personne placée en état de dépendance qu’elle estime incompatible avec sa dignité » a le droit de demander à « bénéficier » d’une « assistance médicalisée pour mourir », c’est-à-dire, comme on peut le comprendre à la lecture du texte, d’une assistance au suicide ou d’un acte d’euthanasie pratiqués sous contrôle médical. Le médecin en charge du patient, s’il refusait d’y prendre part, serait « tenu d’orienter immédiatement l’auteur de la demande vers un autre praticien susceptible de déférer à cette demande ». Il n’aurait pas le droit de chercher les raisons de cette demande de mort, de manière à limiter les traitements devenus trop lourds, mieux soulager la douleur et chercher les voies d’un meilleur accompagnement.

Or, le nombre des personnes âgées dépendantes augmente. Certaines d’entre elles doutent du sens de leur vie et de l’attachement de leurs proches. Elles se jugent devenues une charge. Une atmosphère de tendresse et d’attention peut les aider à vivre. Un manque de respect peut leur faire perdre le sens de leur propre valeur. La proposition de loi de l’ADMD ne demande aucunement de se mobiliser pour les soutenir dans leur épreuve ; elle se contente de leur ouvrir la porte de la mort.

En 1992, le docteur Cicely Saunders, fondatrice de Saint-Christopher’s Hospice, écrivait déjà : « Je pense que le “droit à la mort” légalisé ne peut manquer de devenir un “devoir de mourir” pour beaucoup de gens vulnérables, ou, au mieux, la seule option offerte. » Par les moyens évoqués ci-dessus, l’ADMD a réussi à créer en France un mouvement de pensée favorable à cette option. Il importe de savoir y résister, résolument. L’interdit du meurtre a en effet une fonction première, protéger les personnes les plus vulnérables. L’interdit du meurtre a en effet une fonction première, protéger les personnes les plus vulnérables."

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 09:55

Par La rédaction
    Dans les graves débats actuels relatifs au respect de la vie en toutes circonstances, les interventions communes de représentants de différentes religions revêtent un intérêt particulier, en raison du poids qu'elles peuvent exercer sur la société civile, en particulier en cette période électorale. Elles expriment également une perception commune de la loi naturelle qui constitue une interpellation des mentalités, accoutumées à ne voir que dans le seul droit positif la mesure du juste et de l'injuste.

Ainsi, la Commission pour les relations avec les autres religions du Consistoire de Paris (CRAR) et le service des relations avec le judaïsme du diocèse de Paris (SRJ) ont constitué un groupe de réflexion sur la loi du 22 avril 2005, dite « Loi Leonetti », relative aux droits des malades et à la fin de vie. Cette étude a donné lieu à une déclaration commune qui est publiée sur le site du diocèse de Paris [Ici].

Nous reprenons ici l'essentiel de ce document, lequel apporte une nouvelle pièce au dossier, déjà très fourni, proposé notamment à la réflexion du chrétien sur ce sujet d'actualité.
_______________

1. Juifs et catholiques, nous reconnaissons le droit et le devoir de toute personne de prendre un soin raisonnable de sa santé et de sa vie, et le devoir corrélatif de la famille et des soignants de prodiguer à un malade les soins nécessaires, dans la mesure de leurs moyens ou des ressources mises à leur disposition par la société. Le développement incessant des sciences médicales et des moyens utilisés pour le diagnostic et le traitement des maladies rend cependant nécessaire de nos jours de s'interroger sur le devoir d'y recourir, sur les circonstances qui légitiment l'abstention de certains de ces moyens, et, d'une manière générale, sur les soins dus aux malades parvenus au terme de leur vie.

2. Le commandement biblique : « Tu ne tueras pas » exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l'aide d'autrui dans cet objectif. En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d'assistance au suicide et à tout acte d'euthanasie, celle-ci étant comprise comme tout comportement, action ou omission, dont l'objectif est de donner la mort à une personne pour mettre ainsi fin à ses souffrances.

3. Pour nous, la sollicitude due à nos frères et soeurs gravement malades ou même agonisants, « en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable » selon les termes de la loi, exige de s'employer à porter remède à leurs souffrances. Tel est l'objectif majeur des soins palliatifs tels qu'ils sont officiellement définis. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce que la loi invite à les développer dans tous les hôpitaux et les établissements médico-sociaux.

4. L'article 2 de la loi du 22 avril 2005 prévoit explicitement que le médecin applique « un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger la vie » lorsque c'est le seul moyen de « soulager la souffrance d'une personne en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable ». Nous jugeons que le recours à un tel traitement est légitime à certaines conditions : qu?il y ait des raisons graves d'agir ainsi, des souffrances intenses qui ne peuvent être soulagées autrement, et que l'éventuel effet secondaire d'abrègement de la vie ne soit en aucune façon recherché. L'objectif poursuivi en administrant ce traitement est alors uniquement de soulager de fortes souffrances, non pas d'accélérer la mort. Des « recommandations de bonne pratique médicale » destinées à vérifier que les conditions précédentes sont remplies ont déjà été formulées par des institutions compétentes. Il importe que ces recommandations soient régulièrement mises à jour, ratifiées par la Haute Autorité de Santé et observées dans la pratique.

5. Sans rien renier de nos convictions religieuses et du respect dû à toute vie humaine, il nous paraît juste, après les démarches requises, de ne pas entreprendre des traitements médicaux qui ne pourraient améliorer l'état de santé du malade, ou n'obtiendraient un maintien de la vie qu'au prix de contraintes ou de souffrances disproportionnées, ou dans une situation extrême. En ce sens, nous approuvons le principe général formulé par la loi : les actes médicaux « ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable ».

6. Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir), pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu'il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d'alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant à des voies artificielles qu'en cas de nécessité.

7. Il apparaît clairement, dans nos traditions respectives, que l'apport d'eau et de nutriments destinés à entretenir la vie répond à un besoin élémentaire du malade. L'alimentation et l'hydratation par la voie naturelle doivent donc toujours être maintenues aussi longtemps que possible. En cas de véritable impossibilité, ou de risques de « fausse route » mettant en danger la vie du malade, il convient de recourir à une voie artificielle. Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l'organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l'apport de ceux-ci, mise en danger de la vie du malade du fait de risques d'infections ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l'apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d'abréger la vie.

Juifs et catholiques, nous jugeons donc que, en ce qui concerne l'apport de nutriments, la loi du 22 avril présente une réelle ambiguïté. Il n'y est pas précisé que pour les malades chroniques hors d'état d'exprimer leur volonté l'alimentation et l'hydratation par voie naturelle ou artificielle doivent être maintenues, même lorsque la décision a été prise de limiter les traitements médicaux proprement dits. Il convient que les instances compétentes favorisent et garantissent cette interprétation de la loi.

C'est à son attitude à l'égard des plus faibles, parmi lesquelles les personnes en fin de vie ont une place toute particulière, qu'une société manifeste son degré d'humanité. La véritable compassion ne peut se traduire par le fait de provoquer délibérément la mort d'autrui. Notre société, si sensible à la souffrance des personnes en fin de vie, se doit d'apporter à tous ceux qui en ont besoin les moyens d'accompagnement et de soins palliatifs qui respectent la vie humaine. Ce respect constitue l'un des fondements de toute civilisation qui se veut humaine.

Paris, le 26 mars 2007

Mgr André VINGT-TROIS
Archevêque de Paris

David MESSAS
Grand Rabbin de Paris



Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Jeudi 22 mars 2007 4 22 /03 /Mars /2007 09:39

Par La rédaction

Dans deux précédents articles, nous avons souligné, au travers de la définition donnée de l’euthanasie par le Dictionnaire de l’Académie française, deux confusions couramment répandues et entretenues : celle qui consiste à identifier l’acte de mort à des actes visant uniquement à suspendre des traitements inutiles [Ici], et celle qui consiste à identifier cet acte à une simple assistance au suicide, dont l’intention supposée miséricordieuse aurait pour effet de décharger le praticien de toute responsabilité, tant pénale que morale [Ici]. Il en est une autre, pour achever cette rapide étude, qu’il convient de dissiper. 


    Troisième confusion
.- Cette confusion, à dire vrai, n’est pas exprimée par la définition évoquée. Elle est en revanche introduite par la problématique actuelle, laquelle, usant des ambiguïtés ou des contre-vérités qui ont été examinées, et que favorise ladite définition, cherche à suggérer qu’en l’état d’une maladie incurable, de souffrances intolérables et d’une déchéance physiologique, la seule réponse à apporter, ou, en tout cas, la seule digne d’être proposée au malade (ou de lui être imposée) est l’euthanasie. La mort douce et heureuse, par le meurtre aseptisé.

 
    Très significativement, M. Hollande, le 12 mars dernier, invoquait, pour en justifier le projet socialiste de Mme Royal, le « 
droit fondamental à vivre et à mourir dans la dignité ». Corrélativement, il soutenait que les personnes traduites en justice jusqu’ici pour avoir provoqué cette mort n’avaient « fait que leur devoir ».

 
    Pourquoi faut-il que ces débats ne quittent jamais le terrain de l’hypocrisie et de l’ambiguïté ? Si l’on parle de « droit à mourir dans la dignité », cela signifie que le malade appelle de la part de ceux qui ont vocation à l’entourer, praticiens ou familles, jusqu’à la fin de sa vie, laquelle est le seul terme de ses droits, le plus total  et le plus absolu des respects pour la personne intégrale qu’il ne cesse pas d’être. Au lieu de cela, les chantres de l’euthanasie entendent affirmer que la dignité évoquée exigerait – puisqu’on parle de « devoir » – la précipitation de la mort.

 
    Il est patent que le mot « dignité » n’a pas le même sens dans les deux cas, alors qu’ils sont tous deux justifiés par la “compassion”, au sens elle-même ambivalent. Pour les partisans de l’euthanasie, le malade perd sa dignité parce qu’il se dégrade, parce que son corps se désorganise, qu’il s’enlaidit, qu’il souffre. « Mourir dans la dignité » revient alors à mourir sans cette souffrance, sans que cette dégradation, déjà trop avancée, suive son cours et atteigne son terme. La « mort heureuse et douce » est celle qui fait l’économie de ces accessoires de la mort. Elle permet d’apporter la mort non comme une soustraction de vie mais comme un don, celui d’une mort sans œuvres de la mort, en quelque sorte sans (trop de) corruption. La mort avancée, provoquée – Mme Royal étant favorable à une euthanasie dite “active” – serait l’acte rédempteur qui sauve, par la main de l’homme, la dignité menacée du malade.

 
    Cette conception de la dignité du malade ouvre de profondes interrogations éthiques. Elle est totalement étrangère à la vision chrétienne de la compassion et de la souffrance. La dignité de l’homme, pour le chrétien, est inséparable de l’image et de la ressemblance divine qui sont en lui. Inséparable aussi de la finalité inscrite dans sa nature, celle d’une créature, faite par Dieu et pour Dieu, dans et au-delà de ce monde. Inséparable de l’amour dont il est l’objet depuis son ouverture à la vie, amour créateur et amour rédempteur. La seule chose qui fasse perdre à l’homme sa dignité, ce n’est pas la souffrance, ni la maladie, ni la dégradation physique ou la mort, c’est le péché, qui est une forme de mort qui coupe l’homme de sa finalité et de cet amour. Compatir, c’est étymologiquement “souffrir avec”, s’unir par amour à une souffrance qui habite une vie sacrée, elle-même en devenir. Compatir, c’est entrer dans une communion mystérieuse de destin, qui n’enjolive pas l’horreur de la mort ou de la souffrance, auxquelles tout homme naturellement répugne, mais qui lui en reconnaît le sens : celui d’une participation au mystère pascal du Christ. « Mourir m’est un gain » dit l’Apôtre, non pas comme un terme ou un couperet qui achève une vie vaine, mais comme « le commencement et le chemin d’un changement vers ce qui est meilleur. » En ce sens elle est « quelque chose de bon » dit saint Grégoire de Nysse.

 
    Le débat sur l’euthanasie, au fond, oppose deux conceptions du monde, deux conceptions de la vie, deux conceptions de la souffrance, et deux conceptions de la mort. Celles auxquelles nous sommes attachés par la foi, l’espérance et la charité, nous interdisent absolument de communier de quelque façon que ce soit à une idéologie de mort, qui nie la réalité totale et objective de l’homme pour l’enfermer dans les limites sans espoir de ce monde. Pour nous, chrétiens, la mort n’est pas un couvercle de bronze qui vient étouffer une vie déjà vacillante chargée de maux, une vie devenue inutile, sans rendement, sans jouissance, sans avoir et sans perspectives. C’est un passage, redoutable, certes, à bien des égards, mais qui donne tout son sens à chaque minute de notre existence comme à chacune de nos grandes décisions. C’est la pensée même de cette mort, disait Montaigne, qui oriente la liberté. C’est la raison fondamentale pour laquelle le malade doit, non pas en être frappé, d’une manière ou d’une autre, mais y être accompagné, jusqu’au bout, avec un infini respect.

 
    C’est une indignité sans nom que d’affirmer dès lors que l’euthanasie serait la seule alternative à l’acheminement douloureux vers la mort, ou qu’elle lui serait seulement une réponse pertinente. Nous avons déjà suffisamment évoqué, à plusieurs reprises sur ce blog, l’existence des soins palliatifs, pour ne pas y revenir (1), comme aussi la négligence dont ils sont objectivement l’objet de la part des pouvoirs publics et de ceux-là qui proposent l’euthanasie comme une solution nécessaire. Qu’il suffise ici, au terme de cet examen, de constater deux choses. La première est que toute la problématique de l’euthanasie (2) baigne dans la confusion et l’ambiguïté les plus totales, jouant tant sur les mots que sur les sentiments, pour finalement abuser les citoyens, objectivement, sur la réalité de ses enjeux. La seconde est qu’elle reçoit, de la part des principes chrétiens, des réponses tout à fait claires qui la situent dans une culture de mort totalement étrangère à une vision chrétienne du monde et absolument incompatible avec elle.

 _______________

(1) Cf. en particulier [Ici]. Sur la question des soins palliatifs et des difficultés qui s'y rapportent, on pourra consulter le site pallianet [Ici]  et la liste de ces sites référencés [Ici].

(2) Rappelons, pour mémoire, que l’euthanasie a été explicitement prévue par le programme électoral de Mme Royal. M. Sarkozy a manifesté qu’il y était favorable lors de son discours du 11 février, encore que le passage concerné ait été masqué dans le texte en ligne du site de l’UMP. La question a été quelque peu esquivée par M. Bayrou, qui s’est borné à la renvoyer aux relations du malade et du médecin, en indiquant – ce qui est déjà beaucoup – qu’il s’en tiendrait à la loi actuelle, ce qui est aussi le cas de Mme Buffet. MM. Le Pen et de Villiers sont résolument contre. Mmes Voynet et Lepage, et MM. Bové et Besancenot sont favorables à la dépénalisation de l’euthanasie.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Mercredi 21 mars 2007 3 21 /03 /Mars /2007 12:25

Par La rédaction
    Pour tenter de répondre à cette question brûlante, on consultera utilement un entretien avec la directrice de la Catholic Organisation for Life and Family (COLF), Madame Boulva, qui rappelle notamment avec force que "prétendre alléger la souffrance en éliminant le patient est une absurdité", "c’est une conception incorrecte de la compassion, qui tôt ou tard menace les citoyens, en particulier les personnes les plus vulnérables, malades et handicapées".

    D'autant que "parmi ces derniers d’ailleurs, ceux qui demandent la mort ne le font pas toujours ainsi en raison de leurs souffrances. Pour beaucoup, c’est un appel à l’aide face à la solitude et face au sentiment d’être un fardeau pour autrui" et non une volonté déterminer de disparaître.

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : Ethique médicale/euthanasie
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés