Communautés

Paroles d'évêque et de prêtre

Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 09:00

Par La rédaction
     
 
 
Berthelet.jpg     "Quarante-trois ans après la promulgation de la Constitution Lumen gentium sur l'Église, son chapitre V sur les laïques conserve une étonnante actualité, son langage lui-même n'ayant pas tellement vieilli. Nous savons que le deuxième chapitre de la Constitution, portant sur le Peuple de Dieu, « concerne à titre égal laïques, religieux et clercs » (n.30), mais il convenait qu'un chapitre spécial traite de la mission des laïques dans l'Église et dans le monde, compte tenu que les pasteurs « n'ont pas été institués par le Christ pour assumer à eux seuls tout l'ensemble de la mission salutaire de l'Église » (ibid) et que les laïques ont une vocation propre au sein de l'Église.

La description que donne la Constitution des fidèles laïques les distingue des clercs et des religieux et les présente comme les chrétiens qui, étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu, faits participants à leur manière de la triple fonction de l’Église, exercent pour leur part dans l’Église et dans le monde la mission qui est celle de tout le peuple de Dieu.

Tout en affirmant que « le caractère séculier est le caractère propre et particulier » (n.31), la Constitution  n’en souligne pas moins leur mission évangélisatrice par le témoignage et la parole, par la sainteté de leur vie et par leur contribution à faire advenir le règne de Dieu. Pour la majorité des fidèles laïques cette mission s’accomplit d’abord dans la famille, mais aussi dans le monde du travail, dans la société où ils sont insérés, dans le monde économique et politique.

À l’époque du Concile Vatican II on ne parlait pas encore d’agentes et d’agents de pastorale, mais la Constitution en posait les fondements lorsqu’elle affirmait que « les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir la dignité et la responsabilité des laïques dans l’Église » (n.38) et plus précisément lorsqu’elle affirme que « les laïques peuvent encore, de diverses manières, être appelés à coopérer plus immédiatement avec l’apostolat hiérarchique, à la façon de ces hommes et de ces femmes qui étaient des auxiliaires de l’apôtre Paul dans l’Évangile » (n.33)

Dix ans après la fin du Concile Vatican II, le Pape Paul VI dans son encyclique sur L’évangélisation dans le monde moderne affirmait : « Il est certain qu’à côté des ministères ordonnés, grâce auxquels certains sont mis au rang des Pasteurs et se consacrent d’une manière particulière au service de la communauté, l’Église reconnaît la place de ministères non ordonnés, mais qui sont aptes à assurer un service spécial de l’Église ».  

On pourra trouver aussi dans l’Exhortation apostolique  de Jean-Paul II sur La vocation et la mission des fidèles laïques dans l’Église et dans le monde une actualisation du chapitre IV de la Constitution Lumen gentium. Je note ce passage : « Les pasteurs doivent reconnaître et promouvoir les ministères, les offices et les fonctions des fidèles laïques, offices et fonctions qui ont leur fondement sacramentel dans le Baptême, dans la Confirmation, et de plus, pour beaucoup d’entre eux, dans le mariage » (n.23).

Plus près de nous, l’Exhortation apostolique qui a suivi le Synode des évêques sur L’Église en Amérique reprend les mêmes propos que j’ai évoqués plus haut sur la vocation et la mission des laïques dans l’Église et dans le monde, et sur la vocation spéciale de ceux et celles que nous appelons ici « agents ou agentes de pastorale ».

    Qui que nous soyons dans l’Église, puissions-nous être fidèles à notre vocation propre et à notre vocation commune tout en oeuvrant à la mission d’évangélisation qui est celle de tout le peuple de Dieu."
+ Mgr Jacques Berthelet
Evêque de Saint Jean Longueuil (ICI)


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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 11:35

Par La rédaction

    Nous publions le compte-rendu d'une conférence que le Cardinal archevêque de Paris, Mgr André Vingt-Trois, a récemment donné dans l'un des plus grands hôpitaux parisiens à destination des professionnels de santé, eux qui se trouvent en première ligne dans les principaux débats éthiques de notre temps.

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600a97fa33cb25e096cc9d5457a2175a.jpg "Avant tout, je vous remercie de votre accueil. Je mesure l’opportunité qui m’est donnée de pénétrer dans un hôpital sans avoir besoin de soins immédiats, c’est toujours préférable !

Je voudrais vous proposer quelques réflexions. Mais laissez-moi d’abord vous dire ma satisfaction de savoir que vous vous réunissez pour réfléchir ensemble sur l’exercice de la fonction de soignant, sur l’accompagnement des personnes malades. C’est un domaine de notre activité, de la pastorale de l’Église, de la présence des chrétiens dans le monde de ce temps, où nous avons besoin de beaucoup réfléchir et travailler parce que, peut-être que plus que d’autres domaines, la présence auprès des malades est une activité qui a beaucoup évolué en quelques dizaines d’années. Des comportements séculaires et reçus de la tradition ancienne peuvent devenir inadaptés ou, s’ils sont encore adaptés, ont besoin d’être renouvelés et investis d’une façon nouvelle. Ce travail pour trouver une nouvelle approche du malade demande évidemment une réflexion forte. 


Pour ouvrir notre réflexion de ce soir, je voudrais nous inviter à prendre conscience d’une réalité tellement entrée dans les mœurs que l’on n’y fait plus attention : c’est que nous avons énormément de chance. Nous vivons dans une société et dans une période où il y a réellement une possibilité d’aider les malades, où la médecine parvient réellement à guérir ou du moins à soulager ou à apporter des moyens d’assumer des situations pathologiques de longue durée dans des conditions relativement supportables. Je ne veux pas dire qu’être malade est un plaisir d’être malade, mais depuis relativement peu de temps finalement et sur une partie assez réduite de la Terre, la médecine est efficace. Depuis peu de temps car nous savons bien que, pratiquement jusqu’au dix-neuvième siècle, elle était surtout efficace pour soulager ; beaucoup des thérapeutiques découvertes depuis et qui sont mises en œuvre aujourd’hui étaient complètement ignorées. L’espérance de vie s’est développée au cours des âges pour arriver aux records spectaculaires que nous connaissons aujourd’hui. Mais cette capacité thérapeutique et cette possibilité d’accompagner et de soulager les malades ne concernent finalement qu’une portion assez réduite de l’univers : à travers le monde, dans beaucoup de pays aujourd’hui, la maladie, c’est la mort d’une certaine façon. Dans beaucoup de parties du monde, pour différentes raisons : difficultés d’équipements, manque de moyens économiques, les capacités de soins et de thérapies sont considérablement réduits.


A partir de là je voudrais que nous prenions conscience que nous sommes entraînés par cette évolution, ce progrès de la médecine et des soins, à parcourir une sorte de chemin dont il est peut-être bon de ne pas oublier vers où il va. D’où il vient, d’une certaine façon c’est relativement simple à identifier : on pourrait dire que nous venons d’une expérience de fatalité. Dans beaucoup de cas, l’accident ou la maladie était perçu comme irrémédiable. On pouvait apporter des soulagements, on pouvait apporter un accompagnement humain, on avait peu de moyens de guérir réellement. Il y avait donc une sorte de fatalité de la maladie. Le progrès scientifique et le progrès thérapeutique aident notre civilisation à échapper à cette fatalité. Ce qui, du même coup, pose une nouvelle question à laquelle peut-être nous n’étions pas tellement préparés, la question de savoir : comment peut-on vivre en étant malade ? Autrement dit, le handicap ou la diminution des capacités que représentent des maladies lourdes et durables ne conduisent pas nécessairement à une mort prochaine ; il faut donc essayer de vivre avec ces manques, ce qui est un problème humain très difficile à affronter : comment vit-on avec des pathologies lourdes, ou des traitements très contraignants ? Comment surtout vit-on en ayant conscience d’être habité par la mort ? Il y a une sorte de danger durable qui peut s’étaler sur un certain nombre de mois ou d’années et qu’il faut bien affronter d’une certaine façon. Echapper à la fatalité de la maladie veut dire être confronté dans notre liberté humaine à une nouvelle épreuve : comment vivre humainement, dans la dignité, les difficultés et les épreuves de la maladie ?


Deuxième aspect de ce chemin dans lequel nous sommes entraînés par le développement des progrès médicaux : le risque de retomber dans une nouvelle fatalité. On a échappé à la fatalité de la maladie, pourra-t-on échapper à la fatalité de la santé ? Nous sommes tellement habités par la conviction que tout peut se soigner, que tout peut guérir, que la souffrance, le handicap, la difficulté à vivre, non seulement sont des incidents ou des accidents naturels mais sont essentiellement des injustices. Nous ne pouvons plus accepter de supporter ces failles qui viennent briser l’harmonie d’un équilibre physiologique ou moral ou psychique…
 

D’une certaine façon, la culture qui nous entoure, la société dans laquelle nous vivons, imposent des modèles normatifs de santé et de bien-être. Et celui qui ne peut pas ? Celui à qui la santé et le bien-être ne sont pas possibles, est-il devenu anormal ? Est-il devenu un cas social ? Est-il devenu quelqu’un qui embarrasse ? Je ne parle pas simplement de l’embarras pratique mais de l’embarras psychologique. Comment supporte-t-on que quelqu’un soit malade ? Comment supporte-t-on que quelqu’un souffre ? Comment supporte-t-on d’être démuni vis-à-vis de la maladie de quelqu’un ?
 

L’exigence de résultat que nous portons est un des fruits des progrès considérables accomplis. Elle est aussi une sorte de ressort dynamique de la médecine et de toutes les activités de soins et des établissements de soins. En fait, comment sommes-nous passés, peut-être de manière très progressive, insensible, d’hôpitaux qui étaient plutôt des hospices, où l’on recueillait des gens de façon très durable, à des institutions conçues, organisées et structurées pour ne pas garder leurs clients. La raison d’être de l’hôpital aujourd’hui, c’est que les personnes malades puissent sortir, si possible debout et vivantes. Cette exigence de résultat est-elle un aiguillon ? Souvent nous constatons qu’elle suscite un dynamisme qui mobilise, qui donne sens à la fonction soignante de telle façon que des hommes et des femmes engagés dans la fonction soignante acceptent de faire plus que le nécessaire pour apporter réellement un soulagement.
 

En même temps, nous voyons que l’exigence de résultat peut exercer une pression redoutable. Si nous nous laissons instruire par ce qui se passe dans un certain nombre de pays, l’exigence de résultat se transforme en pression judiciaire. Du coup, la liberté de diagnostic et la liberté de prescription sont comme habitées de l’intérieur par la vérification des protocoles qui pourraient être opposés en justice. Nous n’en sommes pas là dans notre pays, mais nous voyons bien comment la relation humaine de confiance qui pouvait exister entre un malade, son médecin ou le personnel qui le soigne, se mue en une relation contractuelle d’exigence de résultat, ou en tout cas d’exigence de moyens. Un autre type de relations, si nous n’y prenons pas garde, s’installe. Vous savez que aux Etats-Unis, - du moins est-ce la caricature qu’on en donne, mais je crois qu’elle n’est pas tout à fait abusive -, un certain nombre d’établissements de soins ont pratiquement des antennes de cabinet d’avocats à leur porte pour engager immédiatement les poursuites nécessaires, comme autrefois on avait un magasin des pompes funèbres en face de l’hôpital pour s’occuper de ceux qui étaient morts.
 

 

Exigence de moyens, exigence de résultats qui peu à peu devient, non plus un stimulant, une source de dynamisme pour transcender un peu les limites personnelles dans l’exercice du soin, mais l’introduction d’une question de rendement dans la relation avec la malade.


U
n deuxième aspect me paraît devoir être relevé si nous voulons échapper au risque d’une fatalité. C’est ce que j’appellerais la stimulation de l’exigence de performance. Nous sommes, c’est un truisme de le dire, dans une civilisation médiatique ; le goût, l’attrait pour la réalisation extraordinaire poussent toujours à tenter le coup qui n’a pas encore été réussi. Ce risque n’est pas complètement illusoire. Il y a eu de vrais dérapages visant à obtenir de la publicité, car nous sommes dans une société de publicité et un certain nombre de décisions, tout le monde le sait, dépendront de la notoriété, de la communication, de la capacité de bien vendre ce que l’on a fait, de l’énergie engagée pour dire que l’on fait quelque chose. Ce risque de la performance à tout prix peut pousser quelquefois à des exagérations, des décisions excessives, un certain jusqu’auboutisme du soin, ce qu’on a appelé d’une formule barbare : l’acharnement thérapeutique, mais qui n’est pas simplement la partie ultime de la vie mais qui concerne aussi une certaine attitude dans l’économie des soins tout au long du parcours.


Un autre fait est à remarquer qui touche la relation du malade avec ses soignants. C’est la nature des relations avec l’entourage des malades, leur famille proche ou plus lointaine. D’une part, ce réseau familial est souvent, - j’allais dire heureusement car sans cela on ne comprendrait pas très bien ce qu’ils feraient là -, habité par une inquiétude affective bien compréhensible et à laquelle il faut répondre d’une certaine façon, - on ne peut pas simplement s’abstraire de cette inquiétude affective -, mais d’autre part, cet entourage est aussi habité d’une culpabilité diffuse. Vous savez que dans l’Évangile le Christ est confronté une fois à cette question devant l’aveugle-né, quand ses disciples lui demandent : « Qui a péché ? Est-ce lui ou sont-ce ses parents ? » Cette question est l’expression d’une conviction qui était très répandue selon laquelle la maladie physique était la somatisation d’une culpabilité spirituelle, c’était le péché inscrit dans la chair. Vous savez ce que le Christ répond : « Ni lui, ni ses parents ». On ne peut attribuer au handicap une responsabilité morale personnelle, « mais c’est pour la gloire de Dieu ».


Je laisse la question exégétique de ce que veut dire : « C’est pour la gloire de Dieu », mais je voudrais retenir notre attention sur cette question : « Qui a péché ? » Si les disciples posent cette question au Christ, ce n’est pas seulement parce qu’ils sont héritiers de tout un courant biblique où la maladie est vécue comme la transcription physiologique et visible de la culpabilité. Plus largement que la tradition biblique, je crois que le lien entre la maladie, la mort et la culpabilité est une composante anthropologique d’une certaine façon. La question à laquelle nous sommes confrontés n’est pas tellement : « Quelle est la cause scientifique ? » Celle-là, on peut la déceler. Mais quelle est la cause de l’injustice qui fait que l’on est malade ? Cette injustice est d’autant plus criante que la norme environnante est une norme de santé et de bien-être.


Qu’ai-je fait ? Combien de fois entendons-nous cela ? « Qu’ai-je fait au bon Dieu pour que cela m’arrive ? » Que cela m’arrive à moi, ou que cela arrive à mon enfant, ou que cela arrive à mon conjoint, ou que cela arrive à mes parents ? « Mais qu’est-ce qu’on a fait ? »
 


Bien sûr, cette question n’est pas légitime. Elle n’est pas légitime pour deux raisons. La première, je l’ai dite tout à l’heure. Cette question repose sur une équivalence fausse : il n’y a pas de rapport direct entre le comportement moral et la maladie. Elle n’est pas légitime non plus parce qu’elle ne reflète pas la culture ambiante. On n’a pas le droit aujourd’hui de se dire coupable. On a encore moins le droit de se dire coupable quand c’est à tort. En fait, notre culture sociale aujourd’hui, ne nous accorde pas le droit de poser la question du bien et du mal. Mais ce n’est pas parce que l’on n’a pas le droit de poser une question qu’elle n’existe pas. Ce n’est pas parce que nous dénie le droit de poser une question en ces termes que le bien et le mal n’existent pas. Ce n’est pas parce que l’on sait que se poser la question de la responsabilité ne fait pas partie du langage accepté que les gens ne sont pas habités par la question de la responsabilité. D’une certaine façon, même, moins ils ont le droit de le dire, plus cela les empoisonne. Alors comment pouvons-nous entrer dans une relation authentique avec un époux, une épouse, des enfants, des parents, qui ne sont peut-être pas capables d’exprimer ce sentiment de culpabilité d’une façon transparente, par des mots, mais qui l’ont dans leur cœur ? Ils n’ont pas besoin seulement d’être éclairés sur le diagnostic et le protocole de soins, ils n’ont pas besoin seulement d’être accueillis avec humanité et en faisant attention à la personne, etc. toutes choses qui sont des objectifs habituels dans les services de soins. Ils ont besoin d’être accueillis par des gens qui savent, par des gens qui comprennent, par des gens qui acceptent qu’ils puissent se poser ce genre de question et qui n’en font pas une question interdite, qui n’y voient pas un langage malsain. On parle beaucoup de la capacité d’écoute, mais pour écouter il faut déjà ne pas interdire un registre de parole. Si on a interdit un registre de parole, on peut ensuite écouter tout ce qu’on voudra, on n’entendra que ce que l’on a laissé dire ; ce qui est reconnu comme licite, ce que l’on peut dire.

Dernier point sur lequel je voudrais attirer votre attention, parce que je crois qu’il fait aussi partie de cet ensemble de choses qui ne sont pas dites mais qui habitent la conscience et le cœur et qui sont des questions pleines d’actualité dans notre société, c’est la question économique.


Elle se pose de différentes façons. On peut se poser la question économique en terme de coût, de résultat ; on peut se poser la question économique en terme de choix, elle est très difficile. Poser comme a priori que tout est possible et que la valeur marchande n’a pas d’importance, on peut toujours le faire, mais on sait bien que cela ne correspond pas à la réalité. Comment va-t-on faire fonctionner les critères économiques ? Et comment quelqu’un qui est malade vit-il cette question économique ? Les plus anciens parmi vous, dont je commence à être malheureusement, ont connu des gens qui ne se soignaient pas parce qu’ils n’avaient pas les moyens de se soigner. On a connu des situations où les ressources économiques ne permettaient pas à certains de se soigner. Nous devons nous réjouir que notre système de couverture sociale couvre les soins de tout le monde, mais reste quand même posée la question des moyens nous avons et de l’objectif que nous visons ? Peut-être, mais je ne sais pas si ce discours serait audible, peut-être vaudrait-il mieux informer quand même tout le monde de ce que coûtent les choses ? Beaucoup de gens n’ont aucune idée de ce que cela représente, de ce que coûtent les soins dès qu’ils commencent à être un peu sophistiqués ou un peu lourds. Je trouve que c’est aussi une question de liberté par rapport aux relations qui s’établissent entre un malade et l’institution qui le soigne, qu’il sache ce que cela représente.


L’association Follereau dit que si tout le monde donnait un euro, on pourrait vaincre la lèpre à travers le monde. C’est dans ces termes-là que cela se pose. Quel est le rapport de proportion ? Y-a-t-il des vies qui valent plus chers que d’autres ? Voilà le genre de questions qui nous habitent. La vie d’un Français de 2007, dans une agglomération comme Paris, vaut-elle plus cher que la vie d’un Indien à Calcutta ? Je pense que tout le monde ne peut pas se poser ce genre de questions. Peut-être n’est-il pas bon que tout le monde se pose ce genre de questions, mais si ceux qui essayent d’être chrétiens ne se posent pas ce genre de questions, alors je crois qu’il manque quelque chose dans notre approche. Il ne s’agit pas de dire : on va mettre tout le monde au régime de Calcutta, mais de demander : sommes-nous conscients de ce que nous faisons ? Aidons-nous des hommes et des femmes qui sont des gens évolués, qui ont un certain niveau de scolarisation, de culture, à prendre conscience de ce qu’ils vivent ? Car, s’ils n’ont pas cette conscience, quel sera l’enjeu des décisions qu’on leur proposera quand il s’agira de décider d’un traitement ou d’un autre ? Ne peut-on jamais faire intervenir la question de savoir si ce traitement, ce soin, cette opération en vaut la peine ? Pour qui ce traitement ou ce soin vaut-il la peine ? C’est une question qui me paraît un peu tabou, un peu occultée et pas toujours résolue de la meilleure manière quand elle est résolue de façon technocratique, simplement par la notation et la qualification économique des actes posés. A mon avis ce n’est pas de cet ordre-là.


Voilà, je voulais introduire notre échange par ces quelques réflexions. Peut-être l’une ou l’autre d’entres-vous souhaiterait maintenant intervenir pour poser des questions."

Questions-Réponses

Les arbitrages délicats par rapport à la survie. 

Mgr Vingt-Trois : "Nous savons bien que, dans la question de la fin de vie, le passage le plus difficile est celui du moment où l’on peut accepter que ce soit la fin. Ce moment peut être différent selon les circonstances que vous avez évoquées. Quand on a affaire à quelqu’un qui est entouré, qui a une certaine manière acquise de vivre les événements ou au contraire quand on a affaire à quelqu’un qui est complètement abandonné, ce n’est pas la même chose. A partir de quel moment va-t-on aider quelqu’un à entrer dans la fin, à comprendre que c’est la fin, à accepter qu’on ne peut plus faire grand-chose ? Et cela ne peut pas être le résultat instantané d’un élément quelconque, cela s’inscrit dans une certaine histoire de relations, d’entourage.

Je suis frappé quand je visite les services de soins palliatifs par leur façon d’inscrire la fin dans un temps qui peut être une semaine, 15 jours, un mois, deux mois, trois mois, et tout au long de ce temps, ils prennent soin des personnes, ils les aident à souffrir moins, etc. Mais surtout ils les aident à faire un chemin, ils les aident à intérioriser peu à peu des éléments qui se dégradent de façon perceptible. Ce ne sont pas des choses qui peuvent se décider en un quart d’heure de conversation, cela suppose aussi une relation inter-personnelle aussi. Que la personne ne sente pas, puisque c’est la fin, qu’elle est quelqu’un pour qui on ne peut plus rien faire, quelqu’un avec qui on ne peut plus avoir de relation. Je crois que c’est la clé de tout. Car quelles que soient les procédures ou les techniques, la question est : essaie-t-on de faire quelque chose ? Entretient-on une relation humaine avec ces personnes ? C’est la même chose avec les grands vieillards : il arrive un moment où les grands vieillards se demandent : suis-je encore quelqu’un pour quelqu’un ?

Comment aujourd’hui dans l’hôpital laïc, peut-on se positionner en tant que chrétien ? Souvent, dans les hôpitaux, c’est une position mal acceptée de l’entourage.

Mgr Vingt-Trois : "Jespère que vous ne croyez pas que j’ai la solution, mais je peux vous proposer quelques pistes de réflexion.

Ma première piste, c’est de ne pas tout mélanger. Si on est soignant, on est là pour soigner. Ce qui est un témoignage de la qualité de votre présence, c’est la manière dont vous faites votre métier, le sérieux avec lequel vous remplissez votre rôle et la qualité humaine de votre implication dans la relation avec les malades. 

Ce qu’il y a de commode dans les hôpitaux publics, c’est que les rôles sont bien clairs. Si vous êtes soignant, vous êtes soignant, vous n’êtes pas aumônier. Si vous êtes aumônier, vous n’êtes pas soignant. Quand je dis aumônier, c’est en général, cela peut être une personne de l’aumônerie, ce n’est pas seulement le prêtre. N’ayez donc pas le regret de ne pas faire ce que doit faire quelqu’un d’autre. Là n’est pas le vrai point.

Le vrai point, à mon avis, est de savoir comment la relation qui s’établit entre deux personnes autorise l’une d’elles à poser des questions ou à dire les choses qui lui tiennent à cœur ? Vous n’avez pas à vos demander : comment vais-je faire comprendre que je suis chrétien, mais plutôt : comment ma manière d’être va-t-elle permettre à telle personne de dire ce qui habite son cœur, ce qui l’inquiète, ce qui l’angoisse, ses soucis tout simplement. Sommes-nous arrivés à une qualité de relation telle que, par-delà le travail lui-même, existe une capacité de communiquer ?

Vous allez me dire cela supposerait que l’on puisse passer du temps. Je trouve qu’être capable de passer du temps auprès de quelqu’un est une meilleure indication de l’Évangile que d’être capable de lui dire quelle est ma religion. Car si vous pouvez passer du temps et s’il veut poser la question de la foi, il pourra le faire. Mais pour le reste il faut être soi-même. Si vous êtes chrétien, vous êtes chrétien, et si vous êtes chrétien, il n’y aucune raison pour que vous le cachiez. Mais ce n’est pas là un problème spécifique à l’hôpital. C’est vrai aussi à l’école, c’est vrai aussi dans votre cage d’escalier. La honte ou la crainte d’être chrétien n’est pas une spécialité hospitalière, c’est la situation des chrétiens dans un monde où ils sont entourés avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Comment nous situons nous ? Devenons-nous des clandestins, c’est-à-dire que la foi fait partie des choses dont nous nous interdisons de parler ou bien devenons-nous des prosélytes, qui, à chaque occasion, essaient de placer leur marchandise.

Comme on ne veut être ni l’un ni l’autre, on est mal à l’aise. Pour retrouver une certaine sérénité et une certaine vigueur spirituelle, il faut accepter d’entrer dans la relation, c’est-à-dire de se laisser découvrir, d’être soi-même. Il ne faut pas être à la recherche de la brebis perdue pour la compter parmi nos trophées, mais être soi-même. C’est la qualité de votre présence, la qualité chrétienne, spirituelle de votre relation avec l’autre qui va faire que des questions qui l’habitent vont pouvoir s’exprimer, ou ne pourront pas sortir, ou qu’il sera, je n’ose pas dire heureux, mais moins malheureux si c’est vous qui venez que si c’est quelqu’un d’autre. Peut-être un jour vous demandera-t–il pourquoi. Vous pourrez répondre peut-être : parce que je suis chrétien. Cela vous éclaire-t-il un peu ?"

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 9 novembre 2007 5 09 /11 /Nov /2007 00:00

Par La rédaction

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    Un entretien interessant avec Mgr Ricard, dont on sait que Mgr Vint-Trois vient de lui succéder à la tête de la Conférence des évêques de France, a été publié par le journal La Croix (ICI). Nous vous en livrons quelques extraits.
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La Croix : L’Église de France vient de connaître des temps forts comme le rassemblement religieux-laïcs, puis Ecclésia 2007 à Lourdes. Elle a vécu aussi des tensions autour d’un motu proprio… Comment la trouvez-vous, au moment de laisser votre charge ?

 

6cbb7cb5a473a339ea8a03e9a03a618d.jpg Cardinal Jean-Pierre Ricard : Pas si mal que ça ! Elle se veut fidèle au Christ, annonçant l’Évangile face à un mouvement de sécularisation déjà ancien mais toujours actif en Occident, qui affaiblit la relation des gens avec la foi et avec l’Église.
En même temps, des chrétiens prennent en charge la vie ecclésiale, des hommes et des femmes redécouvrent le chemin de la foi, bien des fidèles s’investissent dans la formation chrétienne, etc. Ces signes invitent à l’espérance : le Christ est là, présent dans la barque de l’Église même si celle-ci paraît secouée… 

Les craintes suscitées par le motu proprio sur la liturgie sont-elles apaisées ?
 
Il y en a eu beaucoup plus avant sa publication qu’après. On avait peur que des modalités nouvelles pour célébrer selon le Missel tridentin soient l’occasion de remettre en cause la réforme liturgique voulue par Vatican II et tous les papes depuis Paul VI. Ce qui nous a beaucoup aidés, c’est la lettre de Benoît XVI qui accompagne le motu proprio, définissant la liturgie conciliaire comme « la forme ordinaire » du rite romain, l’autre étant une « forme extraordinaire ».
J’ai senti, en échangeant avec le pape lui-même, qu’il considère cette question dans une perspective d’avenir, comptant sur un enrichissement possible entre ces deux formes, et absolument pas comme un retour au passé ! Le pape pense qu’une bonne part des catholiques attachés à la tradition peut entrer dans une dynamique de réconciliation. Je partage cette conviction. 

Où en est la mise en œuvre de ce document, et comment avez-vous vécu personnellement cette affaire ?

Nous avons fait le point en septembre entre archevêques. J’ai été frappé par la volonté de chaque diocèse de s’organiser pour répondre positivement aux demandes. Pour le moment, peu de demandes nous sont arrivées. Par contre, dans plusieurs diocèses en France, cette question a éveillé l’intérêt de prêtres et de fidèles pour redécouvrir les grandes intuitions du Concile qui ont mené à la réforme liturgique.
Pour moi, le point le plus douloureux dans ces débats autour de Vatican II, c’est de voir que la démarche spirituelle du Concile n’est parfois pas perçue, voire est rejetée. Il y a là comme un déni envers l’Esprit Saint. Je souffre beaucoup plus de cela que des problèmes de reconnaissance institutionnelle. Par ailleurs, je vous avouerai que, par santé spirituelle, je ne consulte jamais les sites intégristes. Leur violence me ferait douter qu’une réconciliation soit possible… 

Vu de Rome, la France reste un enfant terrible : pratique et vocations en baisse, relents de gallicanisme… Comprenez-vous cette impression ?

De telles réactions sont actuellement le fait de fonctionnaires de second rang au Vatican. Dans mes rencontres à Rome, je n’entends plus ce type de discours, qui existait encore il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, Rome nous dit au contraire : « Votre situation est difficile, mais nous savons tout ce que vous faites pour la vitalité de votre Église, et tous les germes de renouveau qui apparaissent. »
On nous invite à persévérer, beaucoup plus qu’on ne nous juge. C’est vrai que le nombre de prêtres et de séminaristes reste une question ; mais Rome sait que nous n’avons pas pris le parti de l’échec, et nous ne nous faisons plus « remonter les bretelles » comme avant.  

Votre mandat à la tête de l’épiscopat a également connu un changement de pontificat…

Nommé en 2002 membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, j’en ai rencontré les membres presque tous les mois, en particulier son préfet, le cardinal Ratzinger. C’est dire que, lorsqu’il est devenu pape, je le connaissais, admirant son intelligence et sa clarté dans les analyses, mais aussi sa gentillesse.
Et j’ai tout de suite pensé que ce pape ne serait pas la caricature que certains en faisaient. C’est d’abord un enseignant, désireux de faire comprendre l’enseignement de Jean-Paul II pour éclairer les situations nouvelles que nous connaissons. 

Dans la même période, les relations Église-État ont connu des moments forts : rudes débats de société, centenaire de la loi de 1905, mais aussi contacts avec le sommet de l’État. Quel bilan en tirez-vous ?

J’ai vécu depuis huit ans un changement de climat dans ces relations. Avec le cardinal Billé, nous avons voulu renouer des relations plus régulières avec le président de la République et avec le premier ministre, à un moment où Jacques Chirac et Lionel Jospin convenaient tous deux que cela manquait.
C’était l’époque du livre de René Rémond, Le Christianisme en accusation, et Lionel Jospin était impressionné de voir que les catholiques se sentaient mal à l’aise dans la société. Pour faire face à cette situation, il a proposé de mettre en place une instance de dialogue.
C’est ainsi qu’ont été mises sur pied, avec Matignon, des rencontres régulières (une ou deux fois par an) ou parfois plus informelles. On y traite les dossiers de l’heure, mais on évoque aussi des questions de société comme – à la demande de nos interlocuteurs – la crise des banlieues ou la loi sur la fin de vie.
 
La parole de l’Église vous semble-t elle attendue par les responsables de la cité ?
Notre discours sur les sujets de société, même s’il gêne parfois (on l’a vu sur l’immigration), est bien reçu quand il s’agit de doctrine sociale. Par contre, ce qui touche à l’embryon, à la famille ou au mariage, au croisement du privé et du social, a plus de mal à être entendu : on nous rétorque que l’opinion va dans l’autre sens ; on nous oppose le poids des sondages… Mais peut-on élaborer sur la base des seuls sondages une politique qui engage l’avenir ? 
(...) 

Comment expliquez-vous l’embarras de l’épiscopat, il y a un an, face au Téléthon ?
La question se reposera cette année. Malgré des différences entre nous, la plupart des évêques n’appelleront pas au boycottage. Cela ne nous empêche pas de manifester notre inquiétude en constatant qu’une partie des fonds récoltés va à certaines recherches que nous désapprouvons. Le Téléthon n’est pas seul en cause : la Conférence épiscopale s’exprimera certainement sur le sujet lors de la prochaine révision des lois de bioéthique.

L’Église n’est pas opposée à toute recherche scientifique, et je ne serais pas étonné que, dans les mois à venir, nous soyons amenés à soutenir de façon positive d’autres types de recherches, qui ne posent pas à nos yeux les mêmes problèmes moraux.
(...)
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /Oct /2007 09:50

Par La rédaction
    En ces périodes de frayeur climatique et de Grenelle de l'environnement, nous souhaitions vous faire part d'une déclaration bien venue de Mgr Pell - archevêque de Sydney, que nous remercions vivement de l'autorisation qu'il nous a donnée de reproduire ses textes - sur ces questions, sur lesquelles il nous invite tous à raison garder et à observer une juste mesure. Les textes de Mgr Pell - et notamment ses très pertinentes chroniques hebdomadaires dans la presse - peuvent être consultées ICI. Rappelons que la devise qui figure au blason de Mgr Pell est "Be not afraid" !

___

cgpell.jpg "Je suis croyant en la conception catholique de la foi et de la morale. Je suis certainement sceptique sur les extravagantes allégations d'imminentes catastrophes climatiques causées par l'homme.

Le débat scientifique n'est pas décidé par un consensus fluctuant, même s'il est endossé par l'opinion publique. Le changement climatique est probablement en cours depuis que la terre a un climat.

La science est un processus d'expérimentation, de débat et de respect des preuves. Souvent, elle a plus affaire avec l'incertain qu'avec le certain, de sorte que ses prévisions peuvent être spectaculairement fausses. Mais nous ne devons pas ignorer les preuves, cela n'est pas dans notre intérêt.

Dans les années 70, certains scientifiques ont prédit un nouvel âge de glace à cause du rafraichissement climatique. Aujourd'hui, d'autres scientifiques prédisent l'apocalypse à cause du réchauffement climatique. Il n'est pas irrespectueux envers la science et les scientifique de prendre cette dernière cause avec des pincettes. La méthode scientifique le requiert.

Les incertitudes sur les changements climatiques abondent. Les températures au Groenland étaient plus élevées dans les années 40 qu'elles ne le sont aujourd'hui et le Glacier de Kangerlussuaq ne rétrécit pas, mais voit sa taille augmenter.

Le journal "American Scientist" a récemment publié une étude sur la fonte du glacier du Mont Kilimanjaro. L'étude confirme que la température de l'air autour du glacier continue d'être négative, de sorte qu'il ne fond pas en raison du réchauffement de la planète. Au contraire, le modèle de fonte du glacier correspond à l'effet de la radiation directe du soleil. L'activité humaine ne peut pas être blamée pour cela. 

Le jour avant qu'Al Gore ne reçoive le prix Nobel de la paix avec un groupe intergouvernemental sur les changements climatiques, la Haute Cour anglaise a décidé que le DVD de son documentaire "Une vérité qui dérange" ne pouvait pas être montré dans les écoles sans que les enseignants ne fournissent des éléments complémentaires pour corriger neuf erreurs significatives du film.

Parmi elles, il y avait les affirmations selon lesquelles des atolls du Pacifique sont évacués en raison de l'augmentation du niveau de la mer et que les ours polaires se noient parce qu'ils ont à nager plus de 60 miles pour trouver de la glace. La Cour a trouvé qu'il n'y avait pas de preuve pour soutenir ces allégations. Quatre ours polaires ont été retrouvés noyés récemment, mais à cause de tempêtes et non de la fonte des glaces.

Il y a beaucoup de mesures qui sont bonnes pour l'environnement et que nous devons poursuivre. Mais nous avons besoin d'être capables de parler librement de cela et des incertitudes entourant le changement climatique. Invoquer l'autorité de quelques experts scientifiques pour clore le débat n'est bon ni pour la science, ni pour l'environnement, ni pour les peuples, ici ou dans les pays en développements, ni pour ceux de demain.

Ma tâche en tant que leader chrétien est d'être en prise avec la réalité, de contribuer aux débats sur ces problèmes importants, d'ouvrir les esprits des gens et de dire quand l'empereur est nu ou presque. Les environnementalistes radicaux sont plus préoccupés de moraliser leurs propres priorités et de les imposer aux autres par la peur. Ils n'ont pas besoin des chefs de l'Eglise pour les aider en cela, même si c'est un moyen efficace de faire taire les témoins chrétiens.

Les leaders de l'Eglise doivent en particulier être allergiques au non sens
."

Crest-HEGCP-Colour.jpg


+ Cardinal George Pell
Archevêque de Sydney (Australie)
24/10/2007

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /Oct /2007 09:12

Par La rédaction
    Nous livrons à votre réflexion un extrait d'un beau discours prononcé, dimanche 21/10, par Mgr Di Falco à l'occasion de l'inauguration de la plaque commémorant le passage à Marseille en 1947 du futur Pape Jean-Paul II. L'intégralité de ce texte peut être consultée ICI.


DSC06047.JPG
__

(...) "Le voyage, qui amena Karol Wojtyla et son collègue Stanislas Starowieyski, ici en juillet 1947, fut le signe d’une ouverture à une perspective européenne plus large de deux jeunes étudiants polonais à Rome. Tout aussi initiatique que ceux d’un Jack Kerouac aux Etats-Unis ou d’un Ernesto Guevara à travers l’Amérique latine, leur voyage est une préfiguration des périples de Jean-Paul II, pape pèlerin. Le chrétien n’est-il pas, par vocation, un pèlerin, sa patrie n’est pas de ce monde et sa demeure est ailleurs. Depuis Abraham, le Seigneur a fait de nous des gens du voyage, des marcheurs de Dieu comme Moïse ou Marie. Jésus dans l’Evangile est toujours en chemin. Il invite à sa suite : « Viens et suis-moi ! ».

Karol Wojtyla, dès les premiers pas de son pontificat a ouvert une route pour suivre le Christ dans la confiance : « N’ayez pas peur ! ». Sa vie est un itinéraire vers son Dieu, ce Dieu qui l’a appelé et, plus encore, l’a appelé à témoigner. Il dit :
« Le Christ sait ce qu’il y a dans l’homme, et lui seul le sait ».
Son exemple est simple, il nous propose une vie chrétienne accomplie comme un itinéraire de foi. Il n’impose pas, il invite à suivre le Christ. Il entraîne l’Eglise à se mettre en chemin, sans se replier sur elle-même. Il faut se rendre où Jésus nous attend. Oui, se rendre en un lieu mais aussi pour le chrétien « se rendre » à la manière militaire  « se laisser prendre » par le Christ car, sans cela, le chrétien est fragilisé par sa suffisance et ses pas s’arrêtent en route. Il faut apprendre à se rendre, par la prière, la pénitence, l’affermissement dans la foi, l’action de grâce et le partage.

Le monde d’aujourd’hui a instauré la terrible tyrannie du doute, riche de ses découvertes et de ses possibilités et pauvre de Dieu. Dieu est parfois le grand inconnu même s’il est inscrit au plus profond de chaque être. La vie de Jean-Paul II nous est ouverte, de son début à son terme, comme un pèlerinage à partager. Il nous fait rejoindre une communauté en marche.

Aujourd’hui, chers amis, nous nous sommes déplacés vers la Vierge Marie, la Bonne Mère, dans ce sanctuaire où l’action de grâce est une visitation et où la dévotion évangélisée immerge dans un étonnant mouvement de rencontre. L’abbé Karol Wojtyla est venu lui confier ses intentions de prière. Sa dévotion à la Mère de Dieu est un des aspects les plus importants de sa vie mystique qu’il nous ait laissé en héritage « Totus tuus » « Tout à toi ». En cette journée mondiale des missions sur le thème « Toutes les Eglises pour le monde entier », les communautés chrétiennes renouvellent leur réponse à l’appel du Christ à diffuser son Royaume jusqu’aux extrémités de la planète. Que la Vierge Marie, qui a accompagné avec une sollicitude maternelle le chemin de l’Eglise naissante, guide nos pas, comme ceux de Karol Wojtyla, il y a soixante ans, et nous obtienne une nouvelle Pentecôte d’amour.

Je vais maintenant bénir la plaque commémorative puis nous prendrons le temps de prier, n’est ce pas une des plus grandes joies pour le chrétien ?
"

                           + Jean-Michel di FALCO LEANDRI
                              Evêque de Gap
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 10:56

Par La rédaction
     En reprenant notre tour du monde des diocèses, nous ne pouvons que vous inviter à consulter le blog de Mgr Dicaire, dont les réflexions toujours enrichissantes ont le grand mérite d'être accessibles et teintées d'humour. A consulter (ICI). Nous vous livrons ici sa dernière chronique sur un sujet d'actualité médiatique.

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"C’est avec une pointe d’ironie que les médias d’information ont récemment rapporté qu’en examinant la cause de canonisation de Mère Teresa de Calcutta on ait découvert dans sa correspondance l’expression de grandes périodes de doute. Elle aurait dit avoir douté de la présence même de Dieu dans sa vie, voire elle aurait ressenti son absence ou son abandon. Comme si cela pouvait amoindrir la qualité de ses vertus ou entraver sa candidature à la sainteté.

En réalité, on ne découvre là que l’expression d’un sentiment ressenti par à peu près tous les saints. L’exemple de Thérèse d’Avila (1515 – 1582), la grande réformatrice du Carmel, est éloquent en ce sens. En effet, sainte Thérèse a éprouvé l’absence de Dieu. Pendant de nombreuses années elle fut, disait-elle, dans la « nuit des sens ». Elle a passé bien des heures de prière à la chapelle à compter les clous sur les semelles de la religieuse agenouillée sur le prie Dieu situé devant elle. Cette longue nuit l’a conduite à la rencontre du Christ.

C’est ainsi qu’un de mes épisodes évangéliques favoris se situe le jour même de l’Ascension d’après le récit de saint Mathieu . Les disciples se rendent sur la montagne où ils avaient rendez-vous. Quand ils virent Jésus, ils se prosternèrent mais… certains d’entre eux eurent des doutes. C’est alors que le Christ s’est rapproché d’eux pour les envoyer en mission.

Le doute creuse un espace propice à la rencontre du Christ. Peut-être n’est-il pas seulement là où nous l’attendons. Il serait certainement bon de sentir sa présence rassurante tout au fond de nous. Mais il sait se faire présent autrement. Il suffit souvent de regarder autour de nous. Comme Mère Teresa a su le reconnaître et le rencontrer dans les plus pauvres des pauvres, comme Thérèse d’Avila est parvenu à Le rencontrer dans ses châteaux de la vie intérieure, comme vous et moi pouvons le reconnaître dans les personnes et les événements de la vie quotidienne. Quand il disait « Voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » , il nous assurait de sa présence. Et il est fidèle à sa Parole. Laissons-le nous surprendre."

+ Mgr Dicaire
Evêque auxiliaire de Saint Jean Longueuil
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /Oct /2007 10:10

Par La rédaction
    Avec son aimable accord, nous avions publié les réflexions de Mgr Berthelet sur l'Eglise. Nous vous livrons à présent de larges extraits du nouvel article qu'il vient de publier en poursuivant son analyse pour le plus grand profit des fidèles de l'Eglise universelle. Nous remercions vivement Mgr Berthelet, dont le texte peut être consulté en intégralité sur le site de son diocèse (ICI).

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Réflexions sur l'Eglise - 6e partie

"(...) C’est bien sûr toute l’Église qui est apostolique et c’est toute l’Église qui est envoyée dans le monde, mais une mission particulière est confiée aux Apôtres et à leurs successeurs, celle de garder et de développer la communion dans une même foi, dans une même espérance et dans un même amour. Il y a donc un lien essentiel entre la mission confiée aux Apôtres et à leurs successeurs et la communion ecclésiale.


Avant d’être ordonnés, évêques, prêtres et diacres doivent émettre une profession de foi complétée par un serment d’office. Cette profession de foi – qui est celle du concile de Nicée-Constantinople et qui comporte des affirmations de Vatican II – signifie que les ministres sont en communion avec la foi de l’Église et qu’ils s’engagent à exercer la mission qui leur est confiée dans cette même communion. (...)
Quelle est donc cette mission dont la source et le terme sont la communion : communion avec le Père et avec le Fils, communion entre nous, communion en Église dans l’Esprit Saint? La Constitution Lumen gentium la décrit comme une mission comportant trois dimensions : prophétique, sacerdotale et royale. Pour chacune de ces dimensions, Lumen gentium emploie aussi d’autres mots : mission d’enseignement (pour la dimension prophétique), de sanctification (pour la dimension sacerdotale), de gouvernement (pour la dimension royale). (...)

La mission première des évêques et des prêtres est le service de la Parole en fidélité à la Parole fondatrice et à l’enseignement des Apôtres. Ils accomplissent cette mission de plusieurs façons mais toujours en assurant la continuité avec la prédication apostolique. Par leur prise de parole et leur témoignage de vie, ils contribuent à rendre toujours vivante et actuelle la Parole de Vie.

La deuxième dimension de la mission confiée aux ministres ordonnés est la transmission des gestes mêmes du Christ, lesquels contribuent à la sanctification des fidèles. Il s’agit là du service de la liturgie et des sacrements, que les ministres ordonnés accomplissent au nom et en la personne du Christ en vertu même du sacrement de l’ordre qu’ils ont reçu. C’est aussi par la prière et le travail, par l’exemple et le témoignage, par la charité et la présence à tous que les ministres ordonnés contribuent à la sanctification du Peuple de Dieu.

Une troisième dimension de la mission confiée aux évêques et qui est partagée avec les prêtres, consiste dans le service du gouvernement de l’Église. Cette fonction de gouvernement est une charge pastorale, le service du soin des fidèles, celui de rassembler et de guider les fidèles à la manière du Bon Pasteur, de sorte qu’advienne le règne de Dieu, que se réalise le projet de Dieu sur l’humanité.

Les successeurs des Apôtres et leur chef, le successeur de Pierre, ont reçu le sacrement de l’épiscopat pour accomplir leur mission, pour agir au nom et en la personne du Christ. Ils comptent aussi sur la collaboration des prêtres et souvent des diacres et de fidèles laïques à qui ils confient certaines fonctions. Est-il besoin d’insister pour dire que la communion d’esprit et de coeur entre tous les ministres ordonnés et les autres membres du Peuple de Dieu appelés à collaborer avec eux est nécessaire pour que la mission soit accomplie de façon fructueuse. (...)"

+ Mgr Berthelet
Evêque de Saint Jean Longueuil

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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 11:46

Par La rédaction

    En poursuivant notre tour du monde des diocèses, nous ne pouvons manquer de nous intéresser au continent africain, auquel notre Eglise doit tant et chaque jour un peu plus, et où vivent de très nombreux et fervents fidèles. Si l'Afrique n'est pas faite - loin s'en faut - que de drames, de guerres ou de famines, il est vrai que certaines régions souffrent terriblement et durablement et les chrétiens avec elles. Si les moyens techniques des diocèses africains sont plus limités que ceux des pays occidentaux et donc leur visibilité internationale peut-être moindre, il n'en reste pas qu'ils vivent et agissent, avec des préoccupations qui pour être différentes des nôtres ne peuvent nous laisser indifférents et doivent susciter notre solidarité active.


    Cette lettre, qui n'est que l'une des manifestation de l'action constante pour ramener puis maintenir la paix, en est une illustration. Monseigneur Maroy est Archevêque de Bukavu, dans l'est de cet immense pays qu'est la République Démocratique du Congo, à la frontière avec le Rwanda. Son diocèse est donc situé dans l'une des régions qui ont été les plus exposées aux combats, drames, invasions, groupes rebels et autres fléaux, qui ont ensanglanté la RDC depuis 10 ans et dont les populations ont tant souffert et souffrent encore tant. Son combat doit être le nôtre.

___________


"Message remis à Son Excellence Bernard Prévost, ambassadeur de France à Kinshasa, de passage à Bukavu Excellence,


Au nom de toute la population de notre province, nous vous disons très profondément merci pour votre visite en ce moment particulier de l’histoire de notre province. Aujourd’hui, nos villages et nos villes sont dominés par une psychose de la guerre. Au constat de notre peuple, les éléments sont apparemment réunis pour une nouvelle guerre au Sud-Kivu :

Il y a un mouvement d’infiltration massive et systématique en provenance du Rwanda par les points frontaliers de la Rivière Ruzizi, d’Uvira, de Nyangezi, de Kaza-Roho à Cabi Bukavu. Pour preuve, le gouverneur de la province a montré à la presse, le samedi 26 mai 2007, un sujet burundais fortement engagé dans le recrutement et la finalisation d’une nouvelle guerre.

Le placement militaire reproduit le même schéma que celui qui a prévalu juste avant le déclenchement de la guerre par le RCD en 1998. En effet, la onzième brigade dans la contrée de Walungu où sévissent les massacres de Kaniola, la quatorzième brigade un peu plus au Nord et la troisième brigade dans la ville de Bukavu sont toutes commandées par les officiers issus de l’ex-mouvement politico-militaire du RCD/Goma. Même le commandant second de la dixième Région militaire, qui est chargé des opérations, est un ancien du RCD/Goma. Par hasard ou réelle stratégie militaire.

De nouveau la campagne médiatique de la prétendue haine ethnique resurgit dans les médias. Le macabre massacre de Kaniola à Walungu dans la nuit du 26 au 27 mai 2007, rappelle bien celui de Lemera dans le territoire d’Uvira avant les attaques décisives de la guerre de l’AFDL. La nature de la cruauté à l’arme blanche est contraire à notre culture et rappelle les massacres de Kasika et de Makobola.

Les rnassacres de Kaniola ont été exécutés en présence pratiquement du major de l’armée régulière proche du commandant de la onzième brigade militaire. Les cris de la population n’ont pas dérangé son sommeil alors que les massacres se produisaient non loin de l’endroit où il était basé.

Comme en 1996, notre armée régulière en pleine restructuration est incapable de défendre la population.

Comme en 1996 les Banyamulenge sont instrumentalisés pour provoquer la guerre, ils se retirent, surtout les femmes et les enfants, selon certains témoignages de nouveau vers les pays voisins et laissent seuls les hommes dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Excellence Monsieur l’Ambassadeur, des interrogations demeurent :

Que signifie le silence des institutions de la République, à savoir le chef d’Etat, le Parlement, le gouvernement central et le Haut Commandement militaire devant les massacres à répétition à Kaniola. Sous d’autres cieux pour une prise d’otage, même d’une seule personne l’appareil étatique de son pays se mobilise. Pour le gouvernement de la République démocratique du Congo, devant la menace d’une nouvelle guerre et pendant que sévissent des massacres de la population civile au lieu de s’attaquer au vrai problème qui est d’ordre sécuritaire et militaire, on nous propose la table ronde « inter-communautaire » Complicité ou ignorance ?

Le processus de brassage et « mixage » négocié dans les pays voisins : pourquoi et quel résultat a-t-il produit pour la sécurité de la population civile ? Existe-t-il des accords ou des contrats de nos gouvernants politico-militaires avec nos agresseurs ? Comme pour les guerres antérieures de 1996, 1998 et 2004, on a envoyé des militaires aux fronts sans logistique ni ravitaillement suffisants. Est-ce pour les affamer et les décourager ou tout simplement pour les livrer à l’ennemi ?

Les Interahamwe, les Rasta et les FDLR responsables de massacres parlent tous d’abord Kinyarwanda. Ils ont été drainés à l’Est de la RD Congo par la Communauté internationale après le génocide rwandais. A quand le retour de ces gens convertis en terroristes en territoire d’accueil ? Est-ce la manière de récompenser le peuple congolais de l’Est pour son hospitalité ?

Excellence, voici nos quelques recommandations Que notre chef d’Etat, massivement voté dans cette province, prenne ses responsabilités et envoie des troupes d’élite qui doivent contrer la guerre imminente au Nord et Sud-Kivu avant qu’il ne soit trop tard.

Que le gouvernement, toutes affaires cessantes considère le problème de la sécurité à l’Est comme une priorité et qu’il cesse de distraire l’opinion avec des plans de négociation, de dialogue, de table ronde qui n’aboutiront à rien. Nous en avons l’expérience. Que les élus du peuple se mobilisent davantage pour la vraie sécurisation de la population. Que la Communauté internationale, fortement représentée dans cette région, ne dise pas qu’elle ne savait pas. Nous la prendrons à témoin.

Que la Monuc, confortée par la dernière décision de l’Onu qui prolonge son mandat jusqu’en décembre 2007, ne se dérobe pas de sa tâche et surtout qu’elle ne pactise pas avec l’ennemi et s’engage pour la protection de la population civile, conformément à son nouveau mandat.

Que la population de l’Est de la RD Congo, qui n’a jamais trahi, ouvre l’œil et le bon comme par le passé. L’ennemi est encore là.

Nous sommes des voisins naturels avec les Rwandais, les Burundais et les Ougandais. Nous sommes condamnés à vivre ensemble plutôt dans la paix et la concorde dans cette sous-région que Dieu nous a généreusement donnée et non en guerre perpétuelle. A quoi nous serviraient de nouvelles guerres qui ne font qu’appauvrir nos peuples et à créer des inimitiés inutiles « Heureux les artisans de la paix, ils seront appelés fils de Dieu ». (Mt 5,9). « Plus jamais, jamais la guerre, le monde a soif de paix ». Excellence

Encore une fois merci, de tout cœur, pour votre visite et devenez la voix de ces Sans-voix qui meurent chaque jour dans nos villages. Nos condoléances les plus émues aux familles éprouvées et que nos frères et sœurs tués à Kaniola reposent en paix.

Fait à Bukavu, le 28 mai 2007

+ Mgr François-Xavier MAROY

Archevêque de Bukavu"
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 13:52

Par La rédaction
    Nous complétons l'homélie magistrale de Mgr Antonio Cañizares [Ici] par un extrait d'une lettre pastorale non moins belle des évêques de l'Alberta (Canada) traitant également des principes qui doivent régir l'enseignement catholique (pour le texte original, voir Ici).

L'universalité de ces principes, comme aussi la nécessité de les rappeler et de les voir mettre en oeuvre, apparaissent d'autant mieux que les textes que nous citons [celui de Mgr Canizares, de Mgr Cattenoz, etc.] sont rapprochés les uns des autres. Ils traduisent tous, à l'évidence, une préoccupation forte de l'Eglise de notre temps, et sa foi renouvelée en la fécondité de l'Evangile. 

Il ya bien des manières d'entrer sur ce point dans l'intention de cette dernière, par la prière, la parole, l'action. L'une d'elles est incontestablement de faire connaître ces textes autour de vous, auprès de vos amis, de vos prêtres voire - pourquoi pas ? - des enseignants de vos enfants eux-mêmes.
« Si tu savais le don de Dieu… » (Jn, 4 :10).
_______

"Un autre rend témoignage de moi, et je sais que le témoignage qu'il rend de moi est vrai. Vous avez envoyé trouver Jean, et il a rendu témoignage à la vérité...
Celui-là était la lampe qui brûle et qui luit, et vous avez voulu vous réjouir une heure à sa lumière." (Jean, 5 : 32-33, 35).

Dans le cinquième chapitre de l'Evangile de Jean, Jésus parle avec l'autorité qui émane du Père et explique qu'il ne témoigne pas pour son propre compte mais que d'autres le font, et notablemment Jean-le-Baptiste qui proclame déjà la Bonne Nouvelle du Royaume. Et qui est cette lampe qui brûle en lui ? Tel qu'il est décrit dans les Evangiles, Jean, d'apparences sauvages et échevelées,  n'est pas  celui que l'on attendrait comme lampe pour le Christ. Maintenant, Jean est appelé à prêcher et à montrer le Chemin.

Tel est l'appel adressé à l'école catholique et telle est la vocation des professeur de l'école catholique. Nous reconnaissons que les professeurs sont confrontés à de nombreux défis face aux élèves, tels que l'indifférence aux valeurs morales, le manque de pratique de la foi et le manque de formation religieuse et morale. Nous, évêques d'Alberta, applaudissons leur travail essentiel pour nourrir la vie de foi de leurs élèves sur leur chemin avec le Seigneur, lesquels ont souvent besoin d'une formation de foi plus étendue. (...)

Le combustible de ces lampes que doivent être les enseignants peut être trouvé dans une vie de prière et de discipline chrétienne, renforcée par les sacrements, guidée par la Parole de Dieu, et dans la foi vivante exprimée dans les documents de notre Eglise, lettres pastorales et textes sur le rôle des enseignants catholiques. Les évêques d'Alberta reconnaissent ce qui suit comme essentiel :

Le professeur dans une école catholique est témoin du Christ et de son Eglise.

En tout premier lieu, tous les professeurs de nos écoles catholiques doivent être des témoins actifs de Celui pour qui les écoles catholiques existent, Jésus Christ. Ce n'est pas un appel adressé au groupe restreint des hommes et des femmes qui prodiguent la formation et l'instruction religieuses aux élèves. L'Eglise reconnaît que tous les enseignants sont témoins du Christ et, par là même sont tous des professeurs "de religion". Il est de toute première importance, dès lors, que les directions de nos écoles choisissent des professeurs catholiques qui soient le mieux adaptés possible au rôle de modèles et de mentors de nos élèves catholiques, ce qui est vital pour la vie d'une école catholique. Dans certaines circonstances, il peut être nécessaire d'engager des professeurs qui ne sont pas de confession catholique. Nous accueillons la compétence et l'engagement de ces enseignants pourvu qu'ils soient éveillés et respectueux des principes, de la philosophie et de l'esprit de l'éducation catholique. Nous attendrions d'eux aussi qu'ils soient ambassadeurs du Christ, mais ils ne peuvent être placés dans un rôle catéchétique dans l'école.

Le professeur d'une école catholique connaît le Christ et son Eglise

En tant que témoins du Christ et de son Eglise, l'enseignant d'une école catholique doit être convenablement formé à sa mission. (...)

Chaque direction d'école catholique d'Alberta devrait avoir mis en place un programme de formation des enseignants, qu'il soit interne ou qu'il s'appuie sur des programmes universitaires. Si une solide formation théologique est importante, un programme de formation complet doit inclure la prière, le service, la participation aux sacrements et particulièrement à l'eucharistie. Ce type de formation conduira les équipes enseignantes dans une relation plus profonde au Christ et, par leur témoignage, montrera aux élèves que la foi c'est connaître le Christ et non connaître des choses sur lui.

Le professeur d'une école catholique est un modèle de foi en la Trinité

Le mystère de la Sainte Trinité de Dieu est l'exemple par excellence de la communauté. Les enseignants dans nos écoles doivent refléter ce modèle de l'amour et de la communauté qui réside dans le Père, le Fils et l'Esprit. Ils doivent refléter la communauté de la Trinité en partenariat avec les parents et les responsables de leurs élèves. Les contacts avec les parents ne devraient pas être limités à des entretiens formels centrés sur des questions académiques. Un dialogue fréquent et authentique avec les parents offrira à de nombreuses familles l'assistance dont elles ont besoin pour éduquer convenablement leurs enfants, dans le prolongement de l'irremplaçable et inaliénable fonction qui est la leur.

Le professeur doit aider l'école elle-même à devenir une image de l'amour et de la communauté trinitaire. La conduite est toujours plus importante que le discours. Plus est profonde l'implication de chaque enseignant dans l'école, plus les élèves reconnaîtront le visage du Christ. Les enseignants doivent être vus comme des avocats de la justice, dans le monde aussi bien que dans les corridors de l'école. Ils doivent prier fréquemment avec leurs élèves et avec leurs collègues à tout moment de la journée. (...)

Les enseignants doivent refléter l'amour communautaire de la Trinité par leur participation à l'office dominical dans leur paroisse. (...)

Le professeur d'une école catholique est un avocat de la justice sociale

Si nos écoles catholiques doivent être des lieux où une transformation culturelle est nourrie, les professeurs sont d'importants moteurs de cette mission, pour former des hommes et des femmes prêts à prendre leur place dans la société, en les préparant pour qu'ils puissent prendre des engagements sociaux qui leurs permettront de travailler à l'amélioration des structures sociales afin de les rendre plus conformes aux principes de l'Evangile. Chaque programme d'étude peut être un outils pour transformer la culture et faire de nos jeunes gens des êtres humains compatissants autant que des penseurs critiques.

Le professeur d'une école catholique est soutenu par la communauté de foi

Etre, comme Jean-le-Baptiste, une lampe qui brûle et qui luit, est un superbe et stimulant appel pour le professeur d'une école catholique. La lampe peut aisément s'éteindre cependant par découragement, fatigue ou manque de soutien. Nous devons faire l'effort, comme Eglise, de prendre soin, d'entretenir et de célébrer nos professeurs. La communauté des parents catholiques a le droit de vouloir la meilleur éducation pour ses enfants ; elle a aussi la responsabilité de travailler avec les enseignants dans une atmosphère de confiance mutuelle et dans une vision commune. Parce que les paroisses sont les centres de la foi de leur communauté, les prêtres paroissiaux, les responsables de la catéchèse et les membres des paroisses ont la responsabilité de travailler avec les écoles catholiques. Ce partenariat ne fera pas seulement qu'approfondir la vie de foi des enfants de la paroisse, mais rejaillira également sur les familles qui se sont éloignées de l'Eglise pour quelque raison que ce soit. La clé de ce partenariat sera le soutien des paroisses aux enseignants.

Nous, les évêques de l'Alberta, appelons les enseignants des écoles catholiques de l'Alberta à être des lumières qui brûlent et luisent, témoins du Christ, instructeurs pour l'Eglise, modèles de foi en la Trinité et avocats de la justice sociale. Nous appelons tous les fidèles à les honorer et à les soutenir dans leurs missions et leurs ministères vitaux."

 

+ Mgr Thomas Collins, Administrateur de l'Archidiocèse d'Edmonton

+ MgrFrederick Henry, Evêque de Calgary

+ Mgr Gerard Pettipas, cssr, Evêque de Grouard-McLennan

+ Mgr William Hupalo, Administrateur de l'Eparchie Ukrainienne d'Edmonton

+ Mgr Denis Croteau, Evêque de Mackenzie-Fort Smith

+ Mgr Luc Bouchard, Evêque de St. Paul


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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 29 juin 2007 5 29 /06 /Juin /2007 11:41

Par La rédaction
    Poursuivant notre tour du monde de l'Eglise universelle, nous nous sommes arrêtés à une chronique publiée par Mgr Pell, Cardinal Archevêque de Sydney (Australie), rappelant certains principes fondamentaux concernant la place de l'Eglise et des catholiques dans les sociétés modernes. Direct et pertinent ! Il est aisé d'en transposer l'argumentation dans notre société française, notamment à l'égard de politiciens qui croient pouvoir se réclamer ouvertement du catholicisme tout en affirmant n'avoir aucune obligation à l'égard des enseignements de l'Eglise.
_____

"L'Eglise catholique soutient la recherche sur les cellules souches adultes et reste opposée à la destruction de la vie humaine à quelque étape que ce soit après la conception. La recherche sur les cellules embryonaires requiert une telle destruction.

En regrettant que l'Assemblée législative ait voté la loi sur le clonage et en espérant que le Conseil législatif en décidera différemment, nous admettons tous que le Parlement fait les lois.

Certains supporters de la loi sur le clonage ont fait de faibles tentatives pour soutenir qu'il serait bien de créer et de détruire des embryons humains, mais ont clamé que ce mal était amoindri par les traitements qui pourraient en résulter. Ce n'est pas une argumentation justifiable, d'autant que les traitements trouvés ne l'ont pas été à  partir d'embryons. Le traitement de soixante douze affections a été amélioré grâce aux cellules souches, mais qui étaient toutes des cellules souches adultes.

Outre les arguments portant sur la question de savoir s'il était juste de détruire précocément une vie humaine pour un gain réel ou espéré, une autre controverse est apparue sur le point de savoir si les évêques ou le Pape avaient un droit quelconque à faire valoir les enseignements du catholicisme auprès du public
.

Certains ont semblé suggérer que, si un club de football, un parti ou une entité économique peuvent en certaines circonstances exclure ou licencier un membre ou un salarié, il était totalement hors de propos s'agissant d'une Eglise chrétienne de simplement envisager une possibilité similaire. Le Pape Benoît XVI a effectivement enseigné que les partisans non-repentant de l'avortement ne devraient plus recevoir la communion.

Certains politiciens intolérants veulent bannir les arguments religieux de la vie publique, de sorte que le seul raisonnement admissible serait non-religieux ou anti-religieux. Les vues de Barry Hickey, Archevêque catholique de Perth, qui sont similaires à celles du Pape Benoît XVI ont été transmises pour enquête à un comité parlementaire
(le WA state parliamentary privileges committee)
par le Président de cette assemblée, qui voit dans la possible application de la discipline catholique une "menace".

Un débat est aussi apparu sur la question de savoir ce que signifiait être un disciple catholique de Jésus. Un petit nombre de politiciens ont claironné leur catholicisme, tout en rejetant publiquement les enseignements catholiques ; ce n'est pas logique.

L'Eglise catholique n'est pas une assemblée libre de droits de libres penseurs. Ce n'est pas non plus un groupe de gens qui suivent loyalement leurs conscience. Tout le monde peut le faire.

Un catholique est quelqu'un qui croit que le Christ est Fils de Dieu, qui accepte ses enseignements et qui vit une vie d'adoration, de service et de devoir envers la communauté catholique. Les catholiques n'ont pas été créés par un accident
de naissance pour ne subsister que parce que leur tribu aurait une histoire intéressante. Tous les catholiques qui continuent à rejeter des enseignements importants de l'Eglise catholique, notamment sur des sujets touchant à la sexualité, à la famille, au mariage, à l'avortement, à l'euthanasie, au clonage, où les "libéraux" proclament la primauté des règles de la conscience, doivent s'attendre à être rappelés à l'ordre, gentiment mais avec cohérence, plus qu'à être confortés et encouragés dans leurs égarements.

Effectivement, tous les politiciens catholiques, qui ont voté pour ce texte, devraient y réfléchir à deux fois et examiner leur conscience avant leur prochaine communion".
 

+ Cardinal George Pell
Archbishop of Sydney
10/6/2007
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
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