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Humeur

Mercredi 14 janvier 2009 3 14 /01 /Jan /2009 10:17

La télévision publique offre bien des surprises - qui n'en sont plus guère, à dire vrai, tant la médiocrité y est devenue loi commune.

 

Mais il ne déplaît pas à la chaîne que financent les deniers publics, et donc l'argent des contribuables, le vôtre et le nôtre, de donner dans le scandale et la provocation, pour flétrir, en particulier, la religion.

 

Quand on dit "la religion", vous l'avez compris, il s'agit  bien évidemment de la religion catholique. Lorsqu'on parlait au XVIème siècle de "la Religion", ou des gens de "la Religion", ce substantif chosifiant visait les protestants. Aujourd'hui, "la religion", en France, dans son acception sectaire, avec ses dogmes supposés intolérants et sa morale supposée ennemie de la liberté, vers laquelle sont invitées à se tourner railleries et haines, c'est le catholicisme et lui seul.

 

C'est lui "la religion", et la religion-cible, celle qu'il est de bon ton de railler pour vendre ou se faire accepter dans les cercles "comme il faut". Bien qu'il soit réduit considérablement dans son influence sociale, y compris dans nombre de milieux dits catholiques, le catholicisme demeure la bête à abattre, dans un climat mental cher aux Loges d’antan, ou du jour, signe de ce que, derrière le combat des médiocres et des imbéciles, se cache la patte du Malin qui, lui, sait véritablement ce qu'il inspire à ces derniers d'atteindre.

 

France 2, donc, puisqu'il s'agit d'elle, a diffusé le 8 janvier [cf. article du blog Unitas], dans l’émission Télématin, un “clip” [excusez-moi, mais il faut bien parler Dingo] ayant pour objet de promouvoir le site de rencontres Bjorn Borg, qui est aussi, paraît-il, une marque de sport. Il présente une parodie de mariage entre deux prêtres [en soutane évidemment : c’est étonnant comme les ennemis de l’Eglise ont toujours besoin de la soutane ! Et puis c’est le gage d’un message plus choquant, donc plus plaisant], célébré par une femme, naturellement. Il était bon de synthétiser d’un coup l’idéologie “éclairée” des groupuscules qui militent tout à la fois pour la promotion de l’homosexualité et de l’ordination des femmes - lesquels, comme chacun sait, remplissent habituellement les églises de leurs dévotions. Le must du bon goût, comme on le voit, avec ce slogan : « Love for all ». S’il avait présenté quelque intérêt de faire célébrer cette joyeuse union par un singe érotomane ou un groupe de phacochères en rut, nul doute que les promoteurs de ce “clip” n’y auraient pas manqué. L’essentiel était d’atteindre “la” cible, la publicité étant finalement fort secondaire, car on nous permettra de douter que celle-ci ait pour objet de pousser en masse le clergé vers des sites de rencontres ou de porter les catholiques, et spécialement eux, à acheter des godasses de chez Borg.

 

Un spectateur de Télématin – puisqu’il semble qu’il y en ait – a manifesté son indignation sur le site de l’émission, en soulignant que jamais un tel “clip” n’aurait été diffusé s’il avait visé des rabbins ou des imams. Il est évident que si cela avait été le cas, le bon William Leymergie, qui anime ce haut moment de culture, serait déjà devant un tribunal.

 

Il faut s’y faire : ces bons esprits libérés, si prompts à pleurer sur les souffrances des animaux, à se faire les défenseurs des libertés, les apôtres du respect et de la tolérance universels, n’ont que mépris pour ce qui – grâce à Dieu – ne leur ressemble pas.


Vous pouvez apporter vos commentaires sur le site de l'émission : ICI.

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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 17:04

L’épisode de TF1 décidant de “déprogrammer” la messe de minuit pour lui substituer un récital de Sardou, de soi, pourrait simplement faire sourire. Après tout, TF1, ce n’est jamais que TF1, c'est-à-dire en vérité pas grand-chose, et il n’est pas sûr qu’il reste encore beaucoup de gens pour ne pas confondre Sardou et une marque de saucisson.

N’empêche. Ce qui frappe ici immédiatement, c’est le parti pris de faire, encore et toujours, de l’argent. On doit supposer, en effet, qu’il doit être plus “payant” de faire beugler le chanteur susnommé (oui, en fait, c’est un chanteur) que d’écouter les anges. Est-ce bien sûr, d’ailleurs ? On peut en effet légitimement s’interroger : que peut-on avoir à gagner à substituer à une émission qui réunit chaque année des millions de gens, un “divertissement” vraisemblablement semblable au lot de médiocrités improductives qui pullulent toute l’année ? Mystère de marketing.


Toujours est-il que la substitution à lieu. Et le non-sens qui vient d’être souligné n’en fait que souligner paradoxalement le sens. Cette substitution est, en effet, significative d’une volonté qui s’exprime partout en d’autres domaines : faire d’une règle la violation de la sainteté du dimanche, séparer les vacances des fêtes religieuses chrétiennes, pour qu’elles ne soient plus un repère social, supprimer (zut, raté !) le lundi de Pentecôte, refuser toute identité chrétienne à l’Europe, etc. Il est difficile de croire qu’une telle “déprogrammation” ait seulement pour objet de “faire du fric”, selon l’expression d’usage, pleine de noblesse, ou d’avancer dans la voie décoiffante du Progrès. Même le plus inculte des fabricants d’émissions de “télé” n’ignore pas ce dont il prend la place quand il choisit de donner pour centre d’intérêt à ses semblables un Sardou en pleine nuit de Noël.

Il s’agit en réalité d’un “épisode” (causons télé !) de la “déprogrammation” progressive du christianisme lui-même, partout où c’est possible. Le fait que les décivilisés régnants s’abritent derrière les impératifs de l’argent-roi n’est pas fait pour nous tromper, ni pour nous masquer les véritables enjeux de tels événements.

Rappelons-nous, en effet, ces mots du Sauveur : « Nul ne peut servir deux maîtres, Dieu et Mammon ». Le monde moderne conspire de tout son être pour servir ce dernier. Ce n'est pas un simple point de vue économique, même si les acteurs s’en convainquent eux-mêmes. C'est objectivement, qu’on le veuille ou non, à titre individuel et social, un positionnement dans l'histoire du salut qui, très concrètement, provoque la chute d’un très grand nombre : inversement des valeurs, perte du sens du péché et du sacré, du primat de Dieu, de la sainteté du dimanche, du sens du salut – Noël, c'est ça – du sens de la vie et de l’aventure humaine.

Dans l’Evangile, le Christ ne dit pas qu’il faille choisir “Dieu” plutôt que “l’argent” ; il dit : “Dieu” ou “Mammon”. L’argent, ce n’est qu’une apparence, un intermédiaire apparent, de la poudre aux yeux, de l’illusion éphémère dont on croit pouvoir se gaver pour s’en engraisser toute l’éternité. Mais la réalité qui est derrière, Mammon, c’est le Diable. C'est-à-dire un être personnel de perdition, celui-là, précisément, dont la Nuit de Noël vient fracasser les rêves de domination absolue sur le monde et sur l’homme.

Pris séparément, tous ces soubresauts de crétinisme moderne nous irritent essentiellement par leur bêtise ou leur cuistrerie, ou les appétits de gain qui y sont attachés. Mais à y regarder de plus près, et surtout de plus haut, et de plus loin, ce sont des touches successives qui manifestent la tragédie d’un monde apostat qui glisse doucement, narquois, inconscient, dans les lendemains douloureux qu’il se prépare, pour le temps et pour l’éternité.
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Jeudi 4 décembre 2008 4 04 /12 /Déc /2008 10:52

Les sages et les fous


« Il y a longtemps que le rôle de sage, disait Diderot, est dangereux parmi les fous. »

 

Cependant, notre monde moderne a ajouté des risques nouveaux, qui ne sait pourtant guère ce que c'est qu'être sage. C'est qu'il a rendu sportif et risqué l'exercice même du sens commun.

 

M. Vanneste, pour ne citer que cet exemple, en sait quelque chose puisqu'il a encouru les foudres et les condamnations de la justice de ce monde pour avoir eu l'audace, en gros, de soutenir que l'homosexualité ne constituait pas une voie très féconde pour une société. C'était, en effet, d'une hardiesse difficilement admissible.

 

Voici le tour de Mgr Vingt-Trois, cardinal archevêque de Paris et sage prélat, accusé devant la justice d'être coupable du crime de... "sexisme" !

 

Vous avez dit "sexisme" ?


Au fait, le "sexisme", qu'est-ce que c'est ? Le sage Dictionnaire informatisé de la langue française le définit ainsi : « Péj. [Gén. dans le lang. des féministes] Attitude discriminatoire adoptée à l'encontre du sexe opposé (principalement par les hommes qui s'attribuent le meilleur rôle dans le couple et la société, aux dépens des femmes reléguées au second plan, exploitées comme objet de plaisir, etc.) (...) ».

 

Autrement dit, le sexisme est une attitude discriminatoire à l'égard de l'autre sexe [il est supposé ici, n'en déplaise à Mme Badinter, qu'il n'y en a que deux], mais cet autre sexe n'est censé être lui-même que le sexe féminin. On peut être sexiste contre les femmes, mais non contre les hommes, le “principalement” étant ici assez rhétorique à en juger par l’usage commun du terme. D'ailleurs, il n'y a pas de "masculinistes", comme il y a des "féministes", même si des études américaines [le “must”, toujours, de la pensée sociologique] ont démontré que 10 % des hommes étaient battus par leurs femmes au foyer conjugal. Même si, également, l’expérience montre que dans la quasi-totalité des cas les pères se voient refuser systématiquement la garde de leurs enfants après divorce, y compris lorsque la femme elle-même travaille. Bref, la définition même du sexisme est quelque peu sexiste. Pas facile de s'y retrouver.

 

Soucieux que nous sommes d'y voir plus clair, sur cette grave question, nous nous sommes reportés, naturellement, aux définitions apportées par les Docteurs en la matière, en particulier Amnesty international France [Ici]. Cela donne ceci : « Un comportement sexiste est une attitude fondée sur des préjugés sexistes, eux-mêmes s'appuyant sur des stéréotypes sexistes ». Nous voici ainsi définitivement éclairés. Il est cependant ajouté : « C’est (...) un mot qui vient du mouvement politique féministe (américain) et qui ensuite a été élaboré théoriquement en relation avec une analyse rigoureuse des différentes modalités de la domination subie par les femmes dans la société. » Les "stéréotypes" évoqués sont les suivants : « L’homme est dit actif, créatif, la femme passive, réceptive ; l’homme va de l’avant, la femme est conservatrice ; l’homme est libre et hardi, la femme est prude et timorée ; l’homme embrasse l’abstraction, la théorie et les grandes idées, la femme s’attache au concret, au trivial et à la pratique ; l’homme réfléchit, il est rationnel, la femme est intuitive et sentimentale ; l’homme a le sens de l’humour, la femme pas, etc. On voit que dans ces couples de qualités opposées (sic), les femmes sont toujours dotées des propriétés les moins valorisantes. » Il est évident, en effet que la “pruderie” [dont la liberté serait le contraire, terrible disqualification de la pudeur et de la vertu, attachés pourtant au mot “prude”], l’esprit conservateur, concret et pratique, intuitif et sentimental, tout cela n’est que défauts et dévalorisation.

 

L'article ajoute : « Prendre conscience qu’ils existent [les stéréotypes] est le premier pas indispensable pour détruire les préjugés sexistes. » C'est donc, finalement très simple. Si vous communiez d'une manière ou d'une autre à cette dialectique [la pensée moderne est toujours très nuancée, on le voit ici encore], et que, naturellement, vous êtes un homme, alors, pas d'hésitation possible : vous être sexiste. Il ne vous reste plus qu’à vous soigner, à vous auto-laver le cerveau pour vous garder d’être un jour traîné devant un tribunal de la pensée pour vous être laissé allé à labialiser un stéréotype sexiste. Si vous êtes une femme, évidemment, c'est plus embêtant, puisque vous péchez contre vous-même. Jusqu'où ne va pas se nicher le sexisme ? Même là vous êtes infériorisée. Mais il paraît qu'il est question de réformer les hôpitaux psychiatriques. Ne désespérez pas. Une solution doit être possible.

 

Ce qu’on appelle chez nous la “discrimination” est punie par la loi, notamment lorsqu’elle s’opère par l’appartenance d’une personne à un sexe déterminé : « Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques à raison (…) de leur sexe (…) » (art. L. 225-1 du code pénal). C’est ainsi qu’il est, en particulier, interdit de proposer un emploi en le réservant à un sexe déterminé (gare à vous si vous cherchez une “femme de ménage”…), sauf motif légitime tiré, notamment, de la pénibilité de l’emploi (Crim. 25 mai 1983, Bull. n° 154). L’idée qu’un homme est plus fort qu’une femme répond manifestement à un stéréotype coupable, mais la loi et le juge doivent parfois composer...

 

Le T.O.P.D. [Tribunal Opinatif de la Pensée droite, qui est généralement de gauche], lui, est plus rigoureux : tout sexiste doit être publiquement lapidé. Ce doit être le sort, en particulier, de Mgr Vingt-Trois, contre lequel, nous l’avons dit, une plainte a été déposée pour sexisme.

 

Les insupportables propos


Au fait, quels propos s’est autorisé le sage prélat ? Tenez-vous bien, le choc va être rude. Ecartez vos enfants de moins de 16 ans de l’écran pendant un instant, et laissez-vous submerger par l’horreur. Mgr Vingt-Trois a ou aurait dit ceci, dans un contexte qu'il nous est douloureux de méconnaître : « Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ».


Le propos [qui aurait fait les délices de Pierre Dac] pourrait paraître aller de soi pour un sexiste, notamment pour faire la différence entre une femme sensée (« Un don de Dieu », osait dire l’Ecriture, mais c'est vieux) et un aéroglisseur. Pourtant il est de soi insultant, diffamatoire, blessant, réducteur. Si le stéréotype sexiste suppose non seulement qu’une femme soit prude, conservatrice, intuitive et sentimentale, mais qu’en plus elle porte des jupes, où allons-nous !?


Enfin, on peut supposer que c’est ça le "sexisme" dans l’histoire. Ou bien est-ce de supposer qu’une femme à jupe puisse ne rien avoir dans la tête ? Doit-on  alors attribuer à Mgr Vingt Trois de penser, à l'inverse, qu'une femme en pantalon serait moins susceptible d'être privée de cervelle ? La question est d'importance, car, au constat statistique du port majoritaire du pantalon aujourd'hui, chez les femmes, signe évident d'une libération aussi chèrement conquise que longuement attendue, il en faudrait conclure que le propos de Mgr Vingt Trois est tout sauf sexiste puisqu'il s'aligne sur un fait sociologique majeur de notre temps, expressif de la Promotion féminine. Le débat, décidément, est très complexe.

 

Puisse un jour la sagesse s’imposer au monde des fous.

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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 17:43

Ce matin, une fois de plus, une femme arpentait les wagons du RER pour clamer ses désespoirs, l’effondrement de sa vie, qui se traîne avec sa fille désormais dans la rue, ou peu s’en faut.

 

Arrivé à mon bureau, je regarde les nouvelles. Du plus ou moins nouveau, avec son cortège habituel de drames et de sottises. Mais comme nous sommes en France, il y a aussi les Rapports, que l’on pond à en souffrir.

 

Le dernier en date, en cette période de crise, porte sur les commémorations. Débat essentiel s’il en est. Voici que pas moins de 18 personnes ont été réunies, dont on trouvera ici la liste, qui ont été invitées à plancher sur ce sujet, sous la présidence de M. Kaspi, professeur émérite de l’Université Paris I, ancien professeur d’histoire de l’Amérique du Nord, ce qui était, de toute évidence, une compétence particulièrement adaptée au sujet. On admirera le panel de compétences. Le secrétariat de cette cellule chercheuse était assuré, tenez-vous bien, par un certaine Direction de la mémoire (sic !), du patrimoine et des archives. Eh oui, cela existe : notre mémoire est dirigée. Même quand on a quelque raison de s’en douter, on se sent manifestement plus heureux de le découvrir.

 

    * M. Jean-Pierre Bardet, professeur émérite

    * M. Robert Belot, professeur à l'université de technologie de Belfort

    * Mme Françoise Berger, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Grenoble

    * M. Bernard Cottret, professeur à l'université de Saint-Quentin-en-Yvelines

    * M. Frédérick Casadessus, journaliste à Réforme

    * M. le contrôleur général Gérard Delbauffe, président du Souvenir Français

    * M. Patrice Gelinet, journaliste à Radio France

    * Mme Anne Grynberg, professeur à l'Institut national des langues et civilisation orientales

    * M. Philippe Joutard, ancien recteur

    * M. Stéphane Khemis, directeur des revues "L'Histoire", "La Recherche" et "Le Magazine littéraire"

    * Mme Marie-Claire Lavabre, directrice de recherche au CNRS, centre de recherches politiques de l'Institut d'études politiques (CEVIPOF)

    * M. le général d'armée Hervé Le Riche, inspecteur général des armées

    * M. Emmanuel Le Roy Ladurie, membre de l'académie des sciences morales et politiques

    * M. Bertrand de Saint-Vincent, journaliste au Figaro

    * M. Jean-François Sirinelli, professeur à l'Institut d'études politiques de Paris

    * M. Hubert Tison, secrétaire général de l'association des professeurs d'histoire et de géographie

    * Mme Catherine Withol de Wenden, directrice de recherche au CNRS/CERI


Admirons la définition de la mission Gaspi… euh, pardon, Kaspi, confiée par décret de la République :


« Une réflexion approfondie (bien entendu] va être menée sur la transmission de la mémoire nationale, notamment auprès des jeunes générations qui ne connaissent qu’à travers les livres ou les médias les événements commémorés et ont parfois du mal à comprendre les formes que revêt le rituel de la commémoration républicaine [sic].

« La commission a pour mandat de dresser le bilan de la situation actuelle, en ce qui concerne notamment le nombre, les formes et le contenu des commémorations publiques existantes.

« Elle a également pour mission de formuler des propositions qui permettraient aux citoyens, et notamment aux jeunes, d’être plus largement associés à ces événements et de mieux s’approprier ces cérémonies.

« Le calendrier des commémorations, leur contenu et leur sens mémoriel [sic], leur déroulement feront l'objet d'une étude [à la bonne heure !]. Les membres de la commission formuleront, sur ce dernier point, toutes les recommandations qu’ils jugeront utiles, qu’elles soient de nature pédagogique, culturelle ou liée au tourisme de mémoire [!]. Pour mener à bien cette réflexion, la commission a toute latitude pour auditionner toute personne susceptible d'éclairer ses travaux. » Eh ben !


Compte tenu de l’ampleur de la tâche directivo-mémorielle, suggestive et analytico-informative, la noble assemblée y a travaillé depuis le 13 novembre 2007, après avoir apporté cet élément décisif de réflexion : « Commémorer, c’est au sens étymologique du terme “se souvenir ensemble”. C’était bien vu quand même. Ses conclusions, qui seront rendues au lendemain du 11 novembre (bientôt, bientôt…) annoncent, nous le savons déjà, qu’il y a trop de commémoraisons, 12 au total, dont 6 sont dues à M. Chirac, qui avait en particulier la frénésie des repentances. Allant jusqu’au bout de sa mission [€t oui, c'est courageux], la docte commission suggère qu’il en faut moins : Trois, pas plus. C’est un beau chiffre, trois. Et puis c’est facile à retenir. Ainsi que l’annonce Le Monde : le 11 novembre, jour de l'armistice de la première guerre mondiale, pour l'hommage à toutes les victimes ; le 8 mai, pour la victoire sur le nazisme ; et le 14 juillet, pour la chute de la Bastille en 1789, « symbole du triomphe des valeurs républicaines sur l'arbitraire ». C’est beau.


- Et après ? - Après ? Ben… rien, pourquoi ? Ah, si. Les politiciens se sont lancés dans la brèche pour en polémiquer. C’est signe que le débat était d’importance.


Pendant ce temps, la bonne dame traîne ses misères, avec nombre sans nombre de ses semblables, dans les couloirs du RER. Il est vrai qu'il y a plus urgent que de discuter de leur sort.

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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 17:35

Il est étonnant de constater qu’il y a toujours chez le Diable – puisque nous allons bientôt parler des Anges – une funeste manie de singer Dieu. De même, toutes proportions gardées, les fils des ténèbres se plaisent à prendre le masque de la vertu, à singer le bien comme on falsifie une monnaie pour en tirer son profit, et les apôtres de la dé-civilisation n’agissent pas eux-mêmes autrement. C’est une illustration habituelle du parasitisme du mal, qui ne trouve jamais à s’exprimer et à se revendiquer comme tel, avec toutes ses navrantes prétentions, qu’en se greffant sur le bien, incapable qu’il est lui-même de jamais donner l’être à quoi que ce soit.

 

De ces manies on trouverait maints exemples à apporter. L’Alliance pour les Droits de la Vie dénonce ainsi justement les agissements de l’infatigable lobby homicide de l’euthanasie.

 

En voici un récent communiqué :


L’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) a proclamé vouloir faire du 2 novembre la « première journée mondiale pour la légalisation de l’euthanasie ». L’Alliance pour les Droits de la Vie dénonce cette tentative de détournement d’une journée traditionnellement réservée à la commémoration des morts par leurs familles.


Pour le docteur Xavier Mirabel, président de l’Alliance pour les Droits de la Vie : « Se servir d’un moment réservé à la mémoire de nos disparus pour promouvoir le suicide médicalement assisté est indigne. Pour honorer la mémoire des êtres chers qui nous ont quittés nous avons besoin de vivre le traditionnel ‘Jour des morts’ dans la paix et le recueillement. C’est un moment de trêve que chacun doit pouvoir vivre dans l’intimité, qu’il soit ou non croyant. C’est aussi un jour à forte dimension spirituelle ou religieuse. Ce n’est pas le moment de provoquer des polémiques. Après avoir tenté de détourner la dignité de son véritable sens – Car quel homme est indigne ? Quelle vie est indigne ? – c’est le souvenir sacré des morts que l’ADMD tente de récupérer au nom de son idéologie. Cette initiative relève donc à nos yeux d’une profanation. »


Comme on dit, ces gens ne savent pas quoi inventer. Ils ne savent pas inventer. Ils œuvrent  pour la mort, et pour cela ils ne craignent pas de porter leur main sacrilège sur ce qui est saint. On reconnaît ici l’œuvre de leur Père, menteur et homicide dès le commencement.


Pour plus d'informations, voir ICI.

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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 11:10


          Mathieu 19

24 Oui, je vous le répète, il est plus facile à un chameau de passer par un trou d'aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des Cieux. »
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Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 09:27

Les députés ont adopté hier lors de l'examen du projet de loi de finances 2009, après accord de la commission des finances et contre l'avis du gouvernement, une mesure qui va toucher directement Bernard Tapie, puisqu'il soumet à l'impôt les indemnités de plus de 200.000 euros perçues au titre d'un préjudice moral.

On se souvient qu'en juillet dernier, dans des conditions bien contestables, un tribunal arbitral  opportunément désigné et payé par des fonds publics, a attribué 285 millions d'euros à Bernard Tapie, dont 45 millions au titre de son préjudice moral (!), dans le contentieux entre ce dernier et le Consortium de réalisation (CDR, structure de cantonnement des actifs douteux du Crédit Lyonnais) sur la vente d'Adidas.

A l'origine du texte, le Nouveau centre (NC, partenaire de l'UMP) a voté pour, comme l'opposition de gauche. L'UMP s'est divisée.
M. de Courson a reconnu que son amendement visait à répondre à l'émotion suscitée dans l'opinion publique par les indemnités accordées le 7 juillet à Bernard Tapie.

Sans grande surprise, le gouverment qui avait organisé l'arbitrage, , en la personne du ministre du Budget, Eric Woerth, s'est opposé à cet amendement.

Certes, l'indemnisation d'un préjudice moral n'est pas un revenu. Certes, il est toujours malsain de voir des textes votés pour un cas particulier... Mais, dans le cas présent, si l'Etat se rembourse quelque peu, s'agissant de sommes apparemment exagérées et accordées dans des conditions bien contestables, qui s'en plaindra ? On se demande d'ailleurs ce qu'est devenue la commission d'enquête parlementaire qui s'était saisie bruyamment des conditions dans lesquelles l'arbitrage avait été décidé et mené...


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Vendredi 10 octobre 2008 5 10 /10 /Oct /2008 13:43

Humeur - La crise financière est l'occasion pour les néophytes de découvrir que les financiers, adulés il y a encore peu de temps, gèrent apparemment aussi bien leur vie professionnelle que privée...

Selon Europe 1, 20 à 30 % de divorces en plus seraient observés ces dernières semaines chez les banquiers new-yorkais.

J. Forman,  avocat spécialisé en divorce et ayant son cabinet dans le quartier des banques, affirme, par exemple, que son cabinet ne désemplit pas et qu'il a déjà reçu plusieurs ex-employés de Leman Brothers. "On voit ces personnes arriver, qui travaillaient vraiment beaucoup, qui accordaient tout à leurs enfants, avec un appartement magnifique en ville, une maison de campagne dans les Hamptons, des vacances dans le monde entier, un avion privé. (...) Cinq minutes après ils perdent leur boulot et leur femme a l'air de s'en moquer. Elle dit : 'Trouves-en un autre ou débrouille-toi, je ne vais pas réduire mes dépenses'"...


Apparemment, certains avaient fondé leur vie de famille, comme leur vie professionnelle, sur du solide. Peut-être cette crise est-elle l'occasion de reconsidérer ces deux modèles de vie.

 

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Mercredi 8 octobre 2008 3 08 /10 /Oct /2008 08:57

(Source Le Figaro.fr) La justice algérienne fait, une fois de plus preuve de zèle en matière  religieuse. Six hommes ont été condamnés pour ne pas avoir respecté « un fondement de l'Islam, celui du ramadan », le 29 septembre, à quatre ans de prison ferme par le tribunal de Biskra (420 km au sud d'Alger) et à une amende de 1.000 euros. Leur crime :  avoir mangé en public, avant le coucher du soleil, qui marque la rupture du jeûne.


Le verdict scandalise certains médias et les défenseurs des droits de l'homme, car s'alimenter pendant le jeûne du ramadan, certes contraire aux exigences des religieux, n'est pas illégal. puisque la loi comme la constitution algérienne garantit la liberté de culte, de conscience et d'opinion et ne sanctionne pas les citoyens qui dérogent aux règles du ramadan.

Ce jugement est fondé, comme toutes les décisions prises précédemment contre les chrétiens (on se souvient notamment de H. Kouider, toujours en attente de son jugement, mais contre qui ont été requis trois ans de prison pour avoir été arrêtée en possession de Bibles...), sur l'article 144 bis 2 qui instaure « des peines d'emprisonnements de 3 à 5 ans pour quiconque offensera le prophète (…) et dénigrera les dogmes de l'Islam par voie d'écrit, de dessin, de déclaration et de tout autre moyen ». Rien ne prouve pourtant que les condamnés entendait se moquer de l'Islam...

 

« On peut imaginer demain un juge interpeller des citoyens marchant dans la rues, à l'heure de la prière, parce qu'ils ne sont pas à la mosquée », a mis en garde un éditorialiste du journal El Watan, qui y voit une manifestation supplémentaire de la campagne de moralisation à laquelle se livre le pouvoir.

Dans ce contexte, le principe de réciprocité rappelé par le Président Sarkozy, lors de la visite du Saint Père, quant à la liberté religieuse des chrétiens dans les pays dont le culte est librement pratiqué en France, devrait trouver une belle application en Algérie. A suivre.


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Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 16:19

I.- Le discours de présentation du rapport Guinchard, que nous avons évoqué dans un précédent article, se termine par une finale qui vaut la peine d’être relevée, parce qu’elle est significative de l’air du temps.


Son auteur n’hésite pas à présenter ce Rapport comme un « rapport d’équité, au sens de l’equus, de l’équilibre que les deux plateaux de la balance de la Justice symbolisent pour atténuer ce que le glaive, pour autant nécessaire, peut avoir, parfois, de dureté ».


Profitons de l’occasion pour corriger cette définition, qui “se veut” (comme on dit aujourd’hui) savante. « L’équilibre » ainsi visé, entre les deux plateaux de la balance, ce n’est pas l’équité. C’est la justice elle-même, tout simplement, qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû. Si l’on définit l’équité par la justice, on ne définit rien. Rien d’autre, en tout cas, que la justice.


Il est vrai que, sous un certain rapport, il y a identité du juste et de l’équitable, comme Aristote l’a de longtemps remarqué (Ethique à Nicomaque, V, 4, 1137b). L’équité, évidemment, ne peut pas ne pas être juste. Cependant, si l’on entend présenter une œuvre comme un apport d’équité sur l’exercice de la justice, on ne peut pas, pour caractériser cet apport, en appeler simplement à une définition de la justice.


En outre, il est paradoxal – indépendamment de l’appréciation des contenus du rapport – de présenter les réformes légales ou réglementaires proposées comme des apports d’équité. En effet, comme Aristote l’a également souligné, ce qui est équitable n’est pas le juste selon la loi. C’est, par hypothèse, « un correctif de la justice légale » (Loc. cit.), qui intervient là où la généralité des dispositions applicables ne répond pas à une situation concrète, qu’il faut alors régler en s’inspirant de l’intention du législateur. On ne rajoute pas de l’équité parce qu’on rajoute des textes. L’expérience semblerait plutôt manifester le contraire.


Enfin, on ne voit pas très bien ce que la détermination de règles nouvelles de procédure ou de compétence a à voir avec l’équité. L’équité ressortit à l’interprétation de la loi ou des conventions (art. 1135 du code civil) et elle est premièrement l’office du juge. Mais le mot est beau, que voulez-vous… Il permet de présenter le Rapport en question comme une œuvre sublimant la justice. Cette modestie habite souvent de tels rapports, tel le rapport Attali. Celui-ci, on s’en souvient (?) se présentait lui-même comme un “tout ou rien”, hors duquel il n’y aurait que chaos. Le rapport Guinchard n’est pas en reste : « L’effectivité des droits qui nourrit aujourd’hui notre système judiciaire, passe par la réalisation des 65 propositions. » Pas moins. A défaut, “l’effectivité” ne passera pas ! Enfin, Malherbe vint…

 

II.- Mais M. Guinchard n’en reste pas là. S’adressant en conclusion à Mme le Garde des Sceaux (fascinée, on l’imagine) – après avoir posé notamment les jalons que nous savons pour le PACS – le docte Professeur lui livre son précieux savoir. Faisant assaut d’érudition, il évoque la Justice majusculaire, et Anubis, et Shamash, et Hamourabi lui-même, sur les traces desquels il s’avance. Puis, dans un raccourci lumineux, il énonce : « Dans la chrétienté, tout commence par une punition, Adam et Eve sont chassés du paradis et tout se termine par le Jugement dernier ».


Il n’est pas assuré, selon ces termes, que M. Guinchard sache très bien ce que signifie le mot “chrétienté”, qu’il paraît ici confondre avec la Bible, tout en la réduisant à des épisodes qui ignorent tout de la création, de la rédemption, de la “justification” et de la vision béatifique. Ce qui est sûr, c’est que pour lui, tout y commence mal, et tout s’y termine mal. Il y voit néanmoins de l’amour, comme dans « les deux autres religions monothéistes », selon les comparaisons convenues, « où les messages d’amour et de punition sont aussi très présents ».


« Il faut y voir – ajoute-t-il, lyrique – la présence éternelle du sentiment d’équité que toute justice recherche, mais aussi le souci d’apaisement que tout législateur doit savoir trouver. Sentiment et souci qu’exprime, à sa façon ce psaume : “Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent” (Psaume 84-II) ».


M. Guinchard ne craint pas d’ajouter : « C’est cette justice et cette paix que je souhaite à la Justice de notre pays, pour qu’elle se rassemble autour des valeurs de la République qui nous sont communes, dans les déclarations de principe, comme dans la réalisation concrète et active de ce que nous vous proposons ».

 

On pardonnera à notre indignation de flétrir ce sommet de cuistrerie. Le psaume invoqué, qui est le psaume 85, mérite d’être rappelé, dans sa version donnée par la Bible de Jérusalem :

 

2. Ta complaisance, Yahvé, est pour ta terre, tu fais revenir les captifs de Jacob ;

3. tu lèves les torts de ton peuple, tu couvres toute sa faute ;

4. tu retires tout ton emportement, tu reviens de l'ardeur de ta colère.

5. Fais-nous revenir, Dieu de notre salut, apaise ton ressentiment contre nous !

6. Seras-tu pour toujours irrité contre nous, garderas-tu ta colère d'âge en âge ?

7. Ne reviendras-tu pas nous vivifier, et ton peuple en toi se réjouira ?

8. Fais-nous voir, Yahvé, ton amour, que nous soit donné ton salut !

9. J'écoute. Que dit Dieu ? Ce que dit Yahvé, c'est la paix pour son peuple et ses amis, pourvu qu'ils ne reviennent à leur folie.

10. Proche est son salut pour qui le craint, et la Gloire habitera notre terre.

11. Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent ;

12. Vérité germera de la terre, et des cieux se penchera la Justice ;

13. Yahvé lui-même donnera le bonheur et notre terre donnera son fruit ;

14. Justice marchera devant lui et de ses pas tracera un chemin.

 

On voit que la phrase citée s’intègre dans un contexte de repentir à cause des péchés commis, de conversion, de retour à Dieu, de miséricorde et de salut. Cette paix, dont il est question, est celle qui est promise aux hommes « pourvu qu’ils ne reviennent à leur folie ». Il est troublant de constater que l’on puisse être assez aveugle pour rapprocher un tel passage, avec « la présence éternelle du sentiment d’équité », de « valeurs de la République » qui foulent aux pieds les droits de Dieu et en lesquels on s’apprête, à pas menus et détournés, à intégrer l’égalité des unions homosexuelles avec le mariage, voire l'euthanasie. La justice dont il est ici question est celle qui marche devant Dieu.

 

La seule chose qui soit juste, dans la péroraison de M. Guinchard, per accidens, c’est qu’en effet ce texte peut être inséré dans un contexte en quelque sorte judiciaire. Ce fut l’idée de saint Bernard, qui imagina un procès dont l’accusé était Adam, après sa chute, et dont Amour, Vérité, Justice et Paix discutaient le sort, Amour et Justice tentant, en particulier, de faire prévaloir chacune ses exigences. C’est le Christ qui tranche le débat, en s’offrant, lui qui ne doit rien à la mort, à mourir par amour pour les pécheurs. Alors « Amour et Vérité se rencontrent, Justice et Paix s'embrassent ».

 

Comme on est loin de cet idéal frelaté du rapport Guinchard et d’une société qui se construit ou se déconstruit, de reculs en reculs, dans des consensus destructeurs, où sont dénaturés, en particulier, la vérité et l’amour !

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Publié dans : Humeur - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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