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Les Catéchèses d'Hermas

Mardi 28 septembre 2010 2 28 /09 /Sep /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

C’est à la tête de sa glorieuse armée qu'apparaît aujourd'hui l'Archange :


« Il y eut un grand combat dans le ciel; Michel et ses Anges combattaient le dragon, et le dragon et ses anges combattaient contre lui » (Apocalypse  XII, 7).


Saint Michel dans la Sainte Ecriture


Le Chef de la Milice céleste n’apparaît pas seulement dans l’Apocalypse :


saint-michel-copie-2.jpgPrécisons sans tarder, qu’un archange est un Ange Chef. Dans la Bible, il n'est parlé que d'un seul Archange, Michel (ou Michaël = « Qui est comme Dieu? », « Quis ut Deus ? »). Mais le Livre de Daniel, chapitres 8° et chapitre 9° explique les visions qu’a eues Daniel, et nous parle de Michel «  Le Prince du Royaume de Perse m’a résisté pendant vingt et un jours, mais Michel, l’un des Premiers Princes, est venu à mon aide. Je l’ai laissé affrontant le Rois de Perse » (Daniel, 10, 13). Le Livre de Daniel laisse entendre également qu’il y a d’autres Archanges, et cite notamment Gabriel par deux fois, qui explique au prophète ses visions

 

L’Archange Michel est nommé 5 fois dans l’Ecriture. Tout d’abord dans ce texte précédemment cité. Mais son rôle se poursuit en d’autres occasions, notamment :


Daniel, chapitre 10, 21 :

« Je dois retourner combattre le Prince de Perse ; quand j’en aurai fini, voici que viendra le Prince de Yarvân. Nul ne me prête main forte pour ces choses, sinon Michel, votre Prince ».


Daniel chapitre 12, 1

« En ce temps-là se lèvera Michel le Grand Prince qui se tient auprès de ses enfants de ton peuple ».

Jude, verset 9 (Epitre de Jude, Nouveau Testament)

« L’Archange Michel, lorsqu’il plaidait contre le diable et discutait au sujet du corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un jugement outrageant, mais dit : ‘Que le Seigneur te condamne’ »

Et enfin, la « lutte finale » définitive : c’est la vision de la Femme et du Dragon maudit, et la victoire définitive de Dieu sur les impies, grâce au Sang de l’Agneau :


Apocalypse, chapitre 12°

7. 

Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges,

8. 

mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel.

9. 

On le jeta donc, l'énorme Dragon, l'antique Serpent, le Diable ou le Satan, comme on l'appelle, le séducteur du monde entier, on le jeta sur la terre et ses Anges furent jetés avec lui.

10. 

Et j'entendis une voix clamer dans le ciel : « Désormais, la victoire, la puissance et la royauté sont acquises à notre Dieu, et la domination à son Christ, puisqu'on a jeté bas l'accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu.

11. 

Mais eux l'ont vaincu par le sang de l'Agneau et par la parole dont ils ont témoigné, car ils ont méprisé leur vie jusqu'à mourir.

12. 

Soyez donc dans la joie, vous, les cieux et leurs habitants. Malheur à vous, la terre et la mer, car le Diable est descendu chez vous, frémissant de colère et sachant que ses jours sont comptés. »


En résumé, Saint Michel « un des Premiers Chefs », est toujours attentif à porter secours et à s’opposer aux adversaires de Dieu et des saints.

Il est appelé « notre Chef », car il est un exemple de persévérance dans la fidélité et dans la lutte contre les ennemis de Dieu.

Il est appelé « le Grand Chef », car il est le défenseur des enfants du Peuple d’Israël, et ensuite des enfants de Dieu, et en particulier de l’Eglise du Christ.

Il est appelé « Michel l’Archange », et est présenté comme le Chef des Anges, et comme Celui qui est chargé de Mission, obéissant à Dieu et tout à son service, pour nous protéger, et nous libérer des mains de Satan.

L’Apocalypse parle de « Michel et de ses Anges », car il est le Chef des armées qui font la guerre à Satan, l’infâme Dragon, le Serpent maudit, le Pervers par excellence, le Prince du Mensonge, ainsi qu’à tous ses démons.

(à suivre)

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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 21:06

Par Mgr Jacques MASSON

 

INTRODUCTION

C’est sous ce titre unique que le Missel de semaine présenté par Pierre Jounel, « texte liturgique officiel », (imprimatur 1983, dépôt légal avril 1999) nous fait célébrer, le 29 SEPTEMBRE en une seule fête, en suivant la « réforme liturgique » les trois seuls des sept Archanges dont nous connaissions le nom par la Sainte Ecriture, et qui se tiennent devant le trône de Dieu.


Auparavant, chacun de ces Archanges était célébré séparément : saint Michel le 29 septembre, saint Gabriel le 24 mars, le jour précédant l’Annonciation, et saint Raphaël le 24 octobre. Car chacun avait une fonction spéciale propre, et apparaissait à des moments différents dans la Révélation, ce que la Liturgie avait voulu maintenir. Mon professeur de Droit Canon au Séminaire Saint Sulpice, nous disait : « Tout se trouve dans notre Saint Corps (le clergé). Nous sommes capables de défendre une thèse avec tous les arguments possibles et imaginables, et aussitôt leur contraire. Car nous pensons être des intellectuels qui ont la science infuse, l’Esprit Saint. Allons, Messieurs, nous disait-il : un peu d’humilité, et tenons-nous en humblement à l’enseignement et à la Tradition séculaire de l’Eglise ». Que de sagesse en ces paroles. Nous étions alors en 1964-1965 !


Je dois dire en toute simplicité, que je ne suis jamais parvenu à trouver des raisons valables pour expliquer pourquoi, lors de la Réforme liturgique, on a rassemblé en une seule fête, la fête des trois Archanges. A la limite, je dirais qu’ils n’ont rien en commun, sauf d’être des Archanges. De plus, la Réforme Liturgique, présentant comme obligatoire un seul Missel Romain, s’imposait à toute l’Eglise, même si ce n’est pas ce qu’avait demandé le Concile dans la Constitution sur la Liturgie ; et cette forme unique du Missel était devenue le « cheval de bataille » acharné de l’Episcopat en général, « pour pousser notamment, comme me le déclarait Monseigneur Ménager, alors Evêque de Meaux, Monseigneur Lefebvre au schisme, s’il n’acceptait pas le Novus Ordo, Ordinaire de la Messe, Temporal et Sanctoral ». Fort heureusement, Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI a rétabli la vérité, en indiquant que le rite tridentin n’avait jamais été supprimé (merci très Saint-Père !). Le Missale Romanum actuel, unique, comprend donc deux formes qui peuvent coexister de manière officielle, prêtres et fidèles pouvant faire un choix, selon leurs sensibilité spirituelle et liturgique, et sans pour autant diviser l’unité de l’Eglise. Pour ma part, je maintiens dans ma spiritualité personnelle la célébration des trois Archanges aux trois dates habituelle s et traditionnelles de la liturgie.


La présentation des saints Archanges par Pierre Jounel


Sans vouloir soulever de polémique, et sans nier la grande compétence de Pierre Jounel, mais en le citant comme exemple de cette gymnastique intellectuelle, théologique et liturgique, je ne puis résister à la tentation de donner « in extenso », le commentaire qu’il apporte sur cette fête unique pour les trois Archanges. Il faut le reconnaître, c’est une belle « gymnastique »… « Tout est possible dans notre Saint Corps ». Tous y est dit, et rien n’y est dit. On y mélange même Archanges et Anges. Un « pot pourri », une belle bouillabaise.


« C’est au jour de la Dédicace d’une basilique en l’honneur de saint Michel au nord-est de Rome dans le cours du V° siècle, que nous célébrons le fête de tous les saints Anges. La splendeur de ces créatures spirituelles nous laisse entrevoir combien le Seigneur est grand et combien il surpasse tous les êtres. L’Ecriture ne fait que de brèves mentions des Archanges Michel et Gabriel, et elle ne parle de Raphaël qu’au Livre de Tobie. Dans le Nouveau Testament, Gabriel est l’Ange annonciateur de la naissance de Jean-Baptiste et de celle de Jésus, tandis que Michel apparaît comme le chef des armées du ciel, vainqueur de Satan. Mais, du Paradis de la Genèse à celui de l’Apocalypse, les Anges remplissent de leur présence invisible tout le déroulement de l’histoire du salut. Ils sont les messagers du Seigneur pour révéler ses desseins et porter ses ordres, mais surtout, ils chantent sa gloire, foule immense d’adorateurs que Daniel ou Jean entrevoient autour du trône du Dieu Vivant : Des centaines de milliers le servaient, des milliers de myriades se tenaient devant Lui.


« La liturgie de la terre nous associe à celle que les Anges célèbrent dans le ciel. Non seulement, nous joignons nos voix à leur hymne de louange pour chanter et proclamer que le Seigneur est saint, mais en offrant le sacrifice, nous demandons à Dieu que notre offrande soit portée par son ange en présence de sa gloire sur son autel du ciel ».


Voilà de la haute voltige, digne des plus grands cirques du monde, où les artistes déploient toute leur créativité et leur entraînement et toutes leurs qualités physiques, chacun, toutefois n’étant artiste que dans une seule matière : la gymnastique, les exercices de force, le trapèze, dompter les animaux etc.


Le commentaire du Père Jounel est un bel exercice de voltige multiple, mais il mélange tout (pardonnez-moi mon Père !). On ne peut chasser deux lièvres à la fois. Ce que vous écrivez est très beau, mais n’apporte qu’une grande confusion dans l’esprit du simple fidèle.


Le 29 septembre, qui fêtons-nous, que fêtons-nous : la foule immense des Anges adorateurs ? Que viennent faire alors Gabriel, Michel et Raphaël (dont vous semblez oublier qu’un Livre entier de la Bible lui est consacré, le Livre de Tobie). Michel, Gabriel, et Raphaël se sont « fondus » dans la multitude des Anges, comme une goutte d’eau dans une barrique de vin. Ils sont escamotés, à peine nommés. C’est une confusion grave, car, si la Liturgie de l’Eglise les avait retenus individuellement, et les fêtait, les priait, les invoquait individuellement, cela indiquait avec clarté le rôle personnel que chacun d’eux a auprès des enfants de Dieu, auprès de nous, prêtres et fidèles. Pourquoi, si l’on suit votre « présentation spirituelle », n’avoir pas réuni en une seule et unique fête tous les Anges et les Archanges. Pourquoi avoir maintenu, quelques jours plus tard, la Fête des anges Gardiens ? Le fidèle, que peut-il déduire de la confusion que vous apportez entre Anges et Archanges ? Sont-ils tous des Anges ? Sont-ils tous des Archanges. Qui est Michel, qui est Gabriel, qui est Raphaël ?


C’est pourquoi je persévérerai à présenter, séparément, dans les pages qui suivent, chacun des trois Archanges. Les fidèles doivent les connaître, pour intercéder auprès d’eux et recevoir leur protection et être conduits  par eux, au pied même du trône de la Très Sainte Trinité : Saint Michel, Saint Gabriel, Saint Rapahël.

(à suivre)

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Samedi 25 septembre 2010 6 25 /09 /Sep /2010 17:41

Par L'Equipe d'Hermas
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Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 19:59

Par Mgr Jacques MASSON

Chers lecteurs d’Hermas, j’aurais voulu vous parler de Notre-Dame des Sept-Douleurs, qui est une dévotion enracinée profondément dans mon cœur depuis ma plus tendre enfance, et qui est liée, par deux fois dans l’Année Liturgique à la Passion de Jésus, pendant le Carême, et pour la Fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix. De retour de vacances, j’ai préparé la Fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix, et je me suis empressé de l’envoyer à Hermas, à son organisateur M. Pierre Gabarra. Je le remercie de sa patience, car il doit parfois, ce qui a été le cas une fois encore, me demander de préciser, de « diviser » le texte présenté, pour le rendre logique et lisible. Je dois lui faire venir des cheveux blancs… Et je le remercie vivement des conseils judicieux qu’il me prodigue. J’ai eu juste le temps de lui donner le texte définitif… Le lendemain, ma santé m’a obligé à un arrêt complet m’empêchant de parler de Notre-Dame des Sept Douleurs, et de Saint Matthieu. Et je remercie chaleureusement l’Equipe d’Hermas de m’avoir recommandé à vos prières. Je vous remercie de vos prières qui m’ont été d’un grand réconfort.


Si vous me le permettez, je prends l’initiative de donner à présent un conseil de lecture de ces textes, de ces « catéchèses », des textes bibliques que je tiens à citer le plus possible dans leur intégralité, car il est difficile de rechercher directement dans la Bible. Je recherche aussi les prières anciennes de la Tradition de l’Eglise, et tout ce qu’il est difficile de trouver dans un recueil adéquat. Pour moi aussi, c’est une grande découverte, un grand enrichissement.


Je sais par expérience qu’un texte de 17 pages, et plus encore, est difficilement lisible sur l’ordinateur, surtout quand il s’agit de prières qui se répètent pendant un mois, ou une neuvaine. L’œil se fatigue vite, et un seul peut en profiter… Mon but n’est pas de faire tout lire le même jour, mais, comme le demandait le vénéré Pape et Serviteur de Dieu Jean Paul II, de procéder à la Nouvelle Evangélisation. La première évangélisation ne s’est pas faite en un jour. Et je pense que nous n’aurons jamais fini de méditer le mystère de la grandeur de Dieu qui est Amour.


C’est pourquoi je vous propose de faire ce que je fais moi-même, et ce que plusieurs lecteurs m’ont demandé de suggérer sur Hermas : imprimer les textes, par dossiers. Cela vous permettra de constituer un recueil, que vous pourrez reprendre de temps en temps, seuls ou, en famille, qui ne cessera de se compléter ; de réciter aussi en famille les prières, les litanies, de lire les sermons des Pères, du Saint Curé d’Ars, sans hâte, en les goûtant, en les laissant pénétrer dans notre cœur, pour développer notre intimité avec le Seigneur, en laissant cette Parole de Dieu qui nous parle, pénétrer dans notre cœur, comme la bonne semence, et en Lui laissant le soin de la faire croître jusqu’à ce qu’elle devienne un arbre, comme le grain de sénevé dont parle Jésus dans l’Evangile. De vivre notre foi en plénitude, de nous régénérer par les Sacrements, la Confession surtout, de nous nourrir du Corps et du Sang de Jésus, de Dieu, de la Sainte Trinité, pour en arriver à dire comme saint Paul : « Ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».


C’est mon plus grand souhait pour chacun de vous, pour chacun de nous.


En la fête du Saint Padre Pio, jeudi 23 septembre.

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Jeudi 16 septembre 2010 4 16 /09 /Sep /2010 12:09

Par L'Equipe d'Hermas

ND7Douleurs.jpgNous rappelons que dans la tradition ecclésiale, ce mois de septembre est consacré spécialement à la méditation des Sept-Douleurs de Marie, que l'Eglise a honorées ce 15 septembre.

 

A cette occasion, nous avons, dans la Page consacrée ci-dessus à droite à la Catéchèse de ce blogue, renvoyé aux articles publiés sur le sujet par Mgr Masson.

 

Nous profitons de l'occasion pour confier la santé de ce dernier à la charité de vos prières.

 

_______________

 

ROME, Mercredi 15 septembre 2010 (ZENIT.org) - En cette fête de Notre-Dame des Douleurs, le pape Benoît XVI a évoqué le « réconfort » apporté par le Christ et par la Vierge Marie au quotidien, spécialement pour les Slovaques dont la Vierge des Douleurs est la sainte patronne.

Le pape a adressé une salutation aux jeunes, aux malades et aux jeunes mariés, à l'issue de sa catéchèse et de l'audience générale.

« Nous faisons aujourd'hui mémoire de la bienheureuse Vierge Marie des Douleurs, qui s'est tenue avec foi auprès de la croix de son Fils », a-t-il dit.

« Chers jeunes, a ajouté Benoît XVI, n'ayez pas peur de rester vous aussi comme Marie, auprès de la Croix. Le Seigneur vous y donnera le courage de surmonter tout obstacle dans votre vie quotidienne ».

« Et vous, chers malades, a poursuivi le pape, puissiez-vous trouver en Marie le réconfort et le soutien pour apprendre du Seigneur crucifié la valeur salvifique de la souffrance ».

Enfin, aux jeunes mariés, le pape fait cette invitation : « Dans les moments de difficulté, adressez-vous avec confiance à la Vierge des Douleurs, qui vous aidera à les affronter avec son intercession maternelle ».

Le pape a rappelé que Notre Dame des Douleurs est la patronne principale de la Slovaquie, où cette fête est donc une solennité.

« Jésus, a souligné le pape, l'a donnée comme mère à chacun de nous. Qu'elle vous accompagne maternellement sur le chemin vers lui. Je vous bénis volontiers ainsi que ceux qui vous sont chers ».

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Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 08:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

LA FETE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX (14 septembre)

C’est l’histoire de la Sainte Croix qui se poursuit au cours des siècles, par des épisodes historiques que la Liturgie a tenu à relever et à nous faire vivre pour que la Sainte Croix reste toujours dans notre cœur, devant nos yeux, et, sur Elle et avec Elle, le divin Crucifié qui, de riche qu’Il était s’est dépouillé de tout.

Tu vaincras par ce signe!

(cf. Dom Guéranger l’année liturgique)

L'année 311 incline vers son terme. Au pied des Alpes, une armée romaine s'apprête à passer des Gaules en Italie; provoqué par Maxence, son rival politique, Constantin qui la commande ne songe qu'à venger son injure. Mais ses soldats, sans le savoir plus que leur chef, sont d'ores et déjà dévolus au vrai Dieu des batailles : le Fils du  Très-Haut, devenu comme homme au sein de Marie, Roi de ce monde, va se révéler à son premier lieutenant et du même coup montrer à sa première armée l'étendard qui doit la guider à l'ennemi. Au-dessus des légions, dans un ciel sans nuage, la Croix proscrite trois siècles a soudain resplendi; les yeux de tous la voient, faisant du soleil qui penche vers l'horizon son piédestal, avec ces mots en traits de feu qui l'entourent : IN HOC SIGNO VINCES, Par ce signe tu vaincras ! Quelques mois plus tard, le 27 octobre 312, du haut des sept collines tous les faux dieux dans la stupeur contemplaient, débouchant sur la voie Flaminienne, au delà du pont Milvius, le Labarum au monogramme sacré devenu l'enseigne des armées de l'empire, en attendant la décisive bataille qui, le lendemain, ouvrait au Christ seul Dieu, à jamais Roi, les portes de la Ville éternelle.


Ainsi dès le 13 septembre,  l'Eglise grecque exultait de joie, préludant aux joies de ce jour ; car, pour l'Orient, qui ne connaît pas notre fête spéciale du trois Mai, c’est tout l'objet de la solennité présente, à savoir : la défaite des idoles par le signe du salut manifesté à Constantin et à son armée, la découverte de la sainte Croix quelques années après dans la citerne du Golgotha.


Mais une autre solennité, dont la mémoire annuelle demeure fixée par le  Ménologe au treize Septembre, vint en l'année 335 compléter les souvenirs attachés à ce jour ; ce fut la dédicace des sanctuaires élevés par Constantin sur le Calvaire et le Saint Sépulcre, à la suite des découvertes sans prix qu'avait dirigées la sagace piété de sa mère sainte Hélène. Dans le siècle même de ces événements, une pieuse voyageuse, sainte Silvia, croit-on, la sœur de Rufin ministre de Théodose et d'Arcadius, atteste que l'anniversaire de cette dédicace se célébrait avec les honneurs des fêtes de Pâques et de l'Epiphanie; on y voyait un concours immense d'évêques et de clercs, de moines et de séculiers de tout sexe et de toute province : et la raison en est, dit-elle, que la Croix fut trouvée ce jour-là ; motif qui fit choisir ledit jour pour celui de la consécration primitive, afin qu'une même date réunît l'allégresse et de cette consécration et de ce souvenir.


Mais la Sainte Croix devait encore connaître bien des tribulations, comme le raconte le récit suivant :


Sur la fin de l'empire de Phocas, Chosroès, roi des Perses, ayant occupé l'Egypte et l'Afrique, s'empara aussi de Jérusalem où il massacra des milliers de chrétiens. La Croix du Seigneur, dont sainte Hélène avait enrichi le Calvaire, fut par lui emportée en Perse. Héraclius cependant succédait à Phocas. Réduit aux dernières extrémités par les calamités de la guerre, il demandait la paix, sans pouvoir, aux plus dures conditions, l'obtenir de Chosroès qu'enflaient ses victoires. C'est pourquoi, s'absorbant dans le jeûne et la prière, il se tourne vers Dieu, implorant secours en son péril extrême ; avis lui est donné du ciel de rassembler des troupes; il les mène à l'ennemi, et défait trois généraux de Chosroès avec leurs armées.


Abattu par ces revers, et fuyant vers le Tigre qu'il s'apprête à passer, Chosroès associe au trône son fils Médarsès. Mais Siroès l'aîné, furieux de l'injure, dresse des embûches à son père et à son frère, les arrête dans leur fuite et les tue peu après ; ce qu'étant accompli, il obtint d'être reconnu roi par Héraclius, sous certaines clauses dont la première portait restitution de la Croix du Seigneur. Quatorze ans après qu'elle était tombée au pouvoir des Pères, la Croix fut donc reconquise ; Héraclius, venant à Jérusalem, la reporta en grande pompe sur ses propres épaules à la montagne où le Sauveur l'avait portée.


A cette occasion, eut lieu un insigne miracle bien digne de mémoire. Car Heraclius, couvert comme il l'était d'ornements d'or et de pierreries, ne put franchir la porte qui conduisait au Calvaire ; plus ses efforts pour avancer étaient grands, plus il semblait retenu sur place. D'où stupeur d'Héraclius et de la multitude. Mais l'évêque de Jérusalem, Zacharie , prenant la parole : Considérez, dit-il, empereur, que cette parure de triomphe, en portant la Croix, ne rappelle pas assez peut-être la pauvreté et l'humilité de Jésus-Christ. Heraclius alors, dépouillant ses habits luxueux, nu-pieds, et vêtu comme un homme du peuple, fit sans difficulté le reste de la route,et replaça la Croix au Calvaire, dans le même lieu d'où les Perses l'avaient enlevée. La fête de l'Exaltation de la sainte Croix, qui se célébrait tous les ans en ce jour, acquit dès lors un éclat nouveau, en mémoire de ce que cette Croix sainte fut de la sorte rétablie par Heraclius à l'endroit où on l'avait d'abord dressée pour le Sauveur.


D’où le geste simple d’humilité que la Liturgie, dans sa grande délicatesse, nous demandait de faire le Vendredi Saint, au moment d’aller adorer la Sainte Croix : se déchausser pour s’approcher de ce lieu saint, du Calvaire, comme Moïse avait dû faire sur la montagne, en voyant le buisson ardent… Aucun Prélat, aucun prêtre ne le fait plus… Ils ont oublié, ou bien ils ne l’ont jamais su… Les Mages qui se prosternent devant Jésus enfant et l’adorent ; les consacrés qui s’approchent de la Sainte Croix, en se déchaussant, en se dépouillant, pour manifester leur adoration, leur amour, leur volonté de fuir le péché par l’humilité, par la pénitence… Des temps révolus ? Des temps à retrouver, des pratiques pieuses à redécouvrir…


Hymne des Premières Vêpres :

Vexilla Regis prodeunt, de Venance Fortunat 530-609)


L'hymne "Vexilla Regis" fut composée par saint Venance pour une occasion très particulière. Sainte Radegonde cherchait quelques reliques pour sa chapelle quand l’empereur Justin II "le jeune" et l’impératrice Sophie lui envoyèrent de Constantinople un morceau de la vraie Croix.


Pour célébrer dignement l’arrivée de la sainte relique, l'ancienne reine demanda à saint Venance de composer une hymne pour la procession d’accompagnement jusqu’à la chapelle, hymne qui sera chantée pour la première fois le 19 novembre 569. C'est Venance, hymnographe mais probablement pas encore prêtre, qui fut choisi pour accueillir la relique à son arrivée à Poitiers. Lorsque les porteurs du saint fragment se trouvèrent à 3 km de la ville, Venance, entouré d'une grande foule de fidèles, dont certains portaient bannières, croix et autres emblèmes sacrés, s'avança à sa rencontre. Tout en marchant, ils chantèrent cette hymne qu'il avait composée.


Les étendards du Roi s’avancent, et resplendit le Mystère de la Croix, à laquelle pend dans Sa chair le Créateur de la chair. La Victime est immolée pour la grâce de notre Rédemption, Ses entrailles accrochées au clou, Sa dépouille tendant les mains .Achevé par la funeste pointe d’une lance, Il laisse couler l’eau et la sang afin de nous laver de notre crime.Voici qu’est accompli ce que chantait David dans les psaumes de sa foi, disant aux nations : Dieu a régné par le bois.

Choisi comme potence, Parée de la pourpre du Roi, cet arbre porte les membres sacrés comme une décoration resplendissante! Bienheureux arbre dont les branches supportent pendu le Salut des siècles! En échange de ce corps l’Hadès a été dépouillé. Comme signe d’un noble triomphe tu répands le parfum de ton bois, tu y joins la saveur de ton nectar, nous réjouissant du Fruit que tu portes. Salut, autel, salut, Victime, Pour la gloire de Ta Passion Où la Vie a souffert la mort Et par Sa mort nous a rendu la vie.

Salut ô Croix, notre unique espoir, dans la gloire de ton triomphe! Offre la grâce aux hommes pieux, et détruis les crimes des coupables. C’est Toi, Trinité, source de notre Salut, que loue tout esprit : par le mystère de la Croix Tu nous sauves et nous guéris éternellement.



 

 

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Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 08:00

Par Mgr Jacques MASSON
L’INVENTION DE LA SAINTE CROIX : sa découverte par Sainte Hélène (fête le 3 mai)

 

Le mot « invention » est tout simplement tiré du Latin « invenire » : trouver, découvrir. Et précisément, après la Victoire de Constantin, et sa conversion, sa Mère Sainte Hélène se rendit en Terre Sainte.


Sainte Hélène est la mère de Constantin qui deviendra empereur à la suite de son père et proclamera le Christianisme religion officielle de l’Empire romain. Avec Constantin, Hélène devint la puissante protectrice des chrétiens, puisant largement dans le trésor impérial pour construire ou doter de nombreuses églises, tout en secourant les pauvres, protégeant les opprimés et s’efforçant d’améliorer le sort des prisonniers, ce qui la fit vénérer du petit peuple.


Hélène partit vers la Terre Sainte au lendemain du meurtre de son petit-fils Crispus, victime de complots dans la Rome impériale. Elle avait alors près de 80 ans. Quittant Rome avec Constantin pour Milan, elle gagna probablement la Thrace, s’embarqua à Alexandria Troas afin de passer en Asie Mineure, puis suivit la route la plus proche des côtes, pour s’embarquer à nouveau afin de gagner Chypre. Elle a dû y rester tout l’hiver, à attendre un temps plus favorable pour continuer sa route. On suppose que, le printemps venu, elle s’est embarquée pour Tyr, et de là, a atteint Jérusalem où, après avoir fait faire des fouilles sur le lieu du Calvaire, elle découvrit la Sainte Croix.


A part quelques détails secondaires, des auteurs dont l’enfance est contemporaine du voyage de l’Impératrice ou ceux de la génération qui suit, attestent la découverte de la Sainte Croix par sainte Hélène et son culte ; ainsi peut-on se référer à saint Cyrille de Jérusalem (mort en 386), à saint Paulin de Nole (mort en 431), à Sulpice Sévère (mort en 420), à saint Ambroise de Milan (mort en 397), à saint Jean Chrysostome (mort en 407), à Rufin d’Aquilée (mort en 410), à Théodoret de Cyr ou à l’avocat de Constantinople, Socrate


Le récit de Rufin d’Aquilée


Hélène apprit, par révélation, que la croix avait été enfouie dans un des caveaux du sépulcre de Notre Seigneur, et les anciens de la ville, qu’elle consulta avec grand soin, lui marquèrent le lieu où ils croyaient, selon la tradition de leurs pères, qu’était ce précieux monument ;


Or, il y avait en ce lieu un temple de Vénus qu’avait fait construire l’empereur Adrien, de façon que quiconque y viendrait adorer le Christ parût en même temps adorer Vénus, et pour enlever définitivement toute trace du sépulcre de Jésus . Et, pour ce motif, les chrétiens avaient cessé de fréquenter ce lieu. Mais Hélène fit raser le temple, elle fit creuser en ce lieu avec tant d’ardeur et de diligence, qu’elle découvrit enfin ce trésor que la divine Providence avait caché dans les entrailles de la terre durant tout le temps des persécutions, afin qu’il ne fût point brûlé par les idolâtres, et que le monde, étant devenu chrétien, lui pût rendre ses adorations.


Dieu récompensa cette sainte Impératrice beaucoup plus qu’elle n’eût osé l’espérer : car, outre la Croix, elle trouva encore les autres instruments de la Passion, à savoir les clous dont Notre Seigneur avait été attaché, et le titre qui avait été mis au-dessus de sa tête. Cependant, une chose la mit extrêmement en peine les croix des deux larrons, crucifiés avec Lui, étaient aussi avec la sienne, et l’Impératrice n’avait aucune marque pour distinguer l’une des autres.


Mais saint Macaire, alors évêque de Jérusalem, qui l’assistait dans cette action, leva bientôt cette nouvelle difficulté. Ayant fait mettre tout le monde en prière, et demandé à Dieu qu’il lui plût de découvrir à son Église quel était le véritable instrument de sa Rédemption, il le reconnut par le miracle suivant : Une femme, prête à mourir, ayant été amenée sur le lieu, on lui fit toucher inutilement les deux croix des larrons ; mais dès qu’elle approcha de celle du Sauveur du monde, elle se sentit entièrement guérie, quoique son mal eût résisté jusqu’alors à tous les remèdes humains et qu’elle fût entièrement désespérée des médecins. Le même jour, Macaire rencontra un mort qu’une grande foule accompagnait au cimetière. Il fit arrêter ceux qui le portaient et toucha inutilement le cadavre avec deux des croix ; aussitôt qu’on eut approché celle du Sauveur, le mort ressuscita.


Sainte Hélène, ravie d’avoir trouvé le trésor qu’elle avait tant désiré, remercia Dieu d’une grande ferveur, et fit bâtir au même lieu une église magnifique ; elle y laissa une bonne partie de la Croix, qu’elle fit richement orner ; une autre partie fut donnée à Constantinople ; enfin le reste fut envoyé à Rome, pour l’église que Constantin et sa mère avaient fondée dans le palais Sessorien (demeure de l’Impératrice) près du Latran qui a toujours depuis le nom de Sainte-Croix-en-Jérusalem.


Les Eglises de l'Orient et de l'Occident ont produit un grand nombre de compositions liturgiques en l'honneur de la découverte de la Sainte Croix, dont l’hymne de Venance Fortunat (cf. ci-dessous)

L’Eglise latine utilisait cette Séquence attribuée à Adam de Saint-Victor

SÉQUENCE.


Célébrons avec transport les louanges de la Croix, nous pour qui la Croix a été le principe de l'allégresse et de la gloire ; dans la Croix nous triomphons, par la Croix nous remportons sur notre farouche ennemi la victoire qui nous assure la vie.


Que nos deux concerts pénètrent jusqu'aux deux ; il mérite, ce bois cher aux hommes, que l'on consacre à sa gloire les plus doux accents. Mettons d'accord et nos voix et nos vies ; quand la vie ne contredit pas les chants que la voix fait entendre, c'est alors que la mélodie est agréable au ciel.


Célébrez la Croix, serviteurs de la Croix ; c'est par la Croix que les dons de la vie céleste sont venus réjouir vos cœurs ; dites donc tous ensemble, et que chacun répète : « Hommage à toi, arbre salutaire, principe de salut pour le monde entier ! »


Autel du salut, autel illustre et fortuné, qui fus rougi du sang de l'Agneau, de l'Agneau sans tache, qui purifia le monde de son antique péché.


La Croix est l'échelle des pécheurs, par laquelle le Roi des cieux, le Christ, attira toutes choses à lui ; par sa forme quadrangulaire, elle montre que sa vertu s'étend aux quatre confins du monde.


La Croix n'est pas un mystère nouveau, son culte ne date pas d'hier ; par elle Moïse rendit douces les eaux amères, par elle il fit jaillir les sources du rocher.


Point de salut dans la maison, si l'homme n'imprime sur la porte ce signe protecteur ; qu'il le fasse seulement, et il sera sauf du glaive, et son premier-né lui sera conservé.


La pauvre femme de Sarepta, cherchant le bois, trouva le salut ; sans ce bois cher à la foi, ni l'huile ni la farine n'auraient abondé dans sa maison.


Ces mystères furent longtemps cachés sous les symboles de l'Ecriture; mais aujourd'hui les bienfaits de la Croix éclatent au grand jour; les rois ont embrassé la foi, les ennemis sont en déroute ; par la Croix seule, sous le Christ notre chef, un seul de nous met en fuite mille adversaires.


Rome vit Maxence submergé dans le Tibre avec ses vaisseaux ; ailleurs, les Thraces et les Perses furent taillés en pièces, et le chef ennemi tomba sous les coups d'Héraclius.


La Croix rend forts et victorieux ceux qu'elle protège, elle guérit maladies et langueurs ; par elle les démons sont repoussés; aux captifs elle rend la liberté, aux morts une vie nouvelle ; elle rétablit toute créature dans sa dignité première.


Hommage à toi, bois triomphal, ô Croix, salut du monde ! Nul arbre ne t'est comparable pour le feuillage, pour la fleur ni pour le fruit; remède des chrétiens, sois la force de ceux qui sont sains, guéris ceux qui sont malades ; en ion nom l'homme obtient ce qui dépasserait ses forces.


O toi qui as consacré cet arbre, daigne nous écouter célébrant les louanges de la Croix ; après cette vie, transporte les serviteurs de ta Croix au séjour de la lumière véritable. Ils honorent l'instrument de ton supplice ; délivre-les des tourments de l'enfer ; et quand viendra le jour delà colère, mets-nous en possession des joies éternelles.

Amen.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 08:00

Par Mgr Jacques MASSON
IN HOC SIGNO VINCES : la puissance de la Croix, la victoire de Milvius

On ne peut pas ne pas rappeler, à ce point, la Bataille remportée au Pont Milvius, après que l’Empereur Constantin, touché par une vision de la Sainte Croix, ait reçu l’ordre de la mettre sur tous les étendards. Rappelons ces faits dûment attestés par les historiens, qui ont entraîné la conversion de l’Empereur Constantin et de l’Empire Romain.




La veille de son ultime bataille contre son rival Maxence pour le trône de Rome au « Ponte Milvio » en 312, Constantin eut un « signe » décrit par Eusèbe de Césarée dans son « Histoire Ecclésiastique » :


Constantin.jpg « Constantin, résolu d’adorer le Dieu de Constance son père, implora la protection de ce Dieu contre Maxence. Pendant qu’il lui faisait sa prière, il eut une vision merveilleuse, et qui paraîtrait peut-être incroyable si elle était rapportée par un autre; mais puisque ce victorieux empereur nous l’a racontée lui-même, à nous, qui écrivons cette histoire longtemps après, lorsque nous avons été connus de ce prince, et que nous avons eu part à ses bonnes grâces, confirmant ce qu’il disait par serment, qui pourrait en douter? Il assurait qu’il avait vu dans l’après-midi, lorsque le soleil baissait, une croix lumineuse au-dessus du soleil, avec cette inscription: « In hoc Signo vinces »; que ce spectacle l’avait extrêmement étonné, de même que tous les soldats qui le suivaient, qui furent témoins du miracle; que tandis qu’il avait l’esprit tout occupé de cette vision, et qu’il cherchait à en pénétrer le sens, la nuit étant survenue, Jésus-Christ lui était apparu pendant son sommeil, avec le même signe qu’il lui avait montré le jour dans l’air, et lui avait commandé de faire un étendard de la même forme, et de le porter dans les combats pour se garantir du danger. Constantin, s’étant levé dès la pointe du jour, raconta à ses amis le songe qu’il avait eu ; et ayant fait venir des orfèvres et des lapidaires, il s’assit au milieu, leur expliqua la figure du signe qu’il avait vu, et leur commanda d’en faire un semblable d’or et de pierreries: et nous nous souvenons de l’avoir vu quelquefois »

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 08:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

« Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » : la Messe et la Croix

C’est le regard que tout chrétien doit porter vers la Croix. C’est vers la Croix que son Sacrifice, auquel nous assistons à chaque Messe, que se porte notre regard. C’est vers le Golgotha, vers le Calvaire, vers la Croix que se tourne le regard du prêtre qui célèbre ce Mystère-Sacrifice unique du Christ, ainsi que le regard de chaque fidèle.


Sa place est sur l’autel du Sacrifice. La Croix ne fait pas face au prêtre, comme le pensent certains, mais c’est le prêtre qui fait face à la Croix, suivi en cela par les fidèles, qui suivent leur Pasteur, et qui sont tournés vers le seul Pasteur, comme Marie, comme Saint Jean, comme les Saintes femmes qui se tenaient au pied de la Croix.


Quand on a compris ce grand mystère, il n’est plus question de « messe face au peuple, ou « le dos au peuple », paroles horribles et souvent méprisantes. mais de tout un peuple, le troupeau, qui suit son Pasteur, et qui se tourne vers le Christ, vers la Croix qui le porte, vers le Calvaire.


De même en effet que, au pied de la Croix, Marie ne regardait pas la foule, mais était tournée vers la Croix, ainsi que Jean, et Marie de Cléophas, et Marie de Magdala, et tous les assistants, regardaient vers la Croix avec des sentiments différents, dont les autres femmes qui se tenaient à distance, de même, La Messe célébrée vers l'Orient, et pas vers la foule, permet de représenter la Croix, et que tous, prêtres et fidèles soient tournés vers la Croix qui domine l'Autel. C'est le Pasteur, le prêtre, qui conduit ses brebis, qui le suivent, et donc auxquelles il « tourne le dos », pour les conduire à Jésus. « Je suis la Voie », « je suis la porte ». Sinon, c'est Lui qui prend la place, et la Messe devient la « célébration du prêtre », l'auto-exaltation du prêtre. Ce n'est plus Jésus qui apparaît en premier, c'est le prêtre qui « préside »...


C'est pourquoi il n'y a pas de messe face ou dos au peuple. Il y a la Messe face à la Croix, comme l’a rétabli notre Saint-Père le Pape Benoît XVI. A la limite, je dirais que l’expression « messe face au peuple » est un non-sens, un contre-sens qui peut tromper les fidèles. C’est plus vrai encore quand le prêtre célèbre « face au peuple », sur un autel misérable, avec deux misérables bougies, SANS CROIX, tournant même le dos à la Croix qui se trouve sur le maître-autel. Un prêtre colombien, ordonné depuis 14 ans, s’élevait avec véhémence contre la croix placée au milieu de l’autel, lors d’une célébration « face au peuple ». Il était allé assister à la Messe du Saint-Père à la Basilique Saint-Pierre. Et de s’exclamer en s’adressant à moi : « Cela n’a pas de sens de mettre la Croix au milieu de l’autel : ELLE NOUS CACHE LE PAPE »… Je n’ai pas pu voir le Pape…. Qu’était-il venu faire à la Messe Pontificale ? voir le Pape, assister à un spectacle, ou assister au Saint Sacrifice de la Messe ? Le retour à la Messe, prêtres et fidèles tournés vers la Croix, s’impose pour éviter toute équivoque, à condition d’expliquer aux fidèles que ce qui compte, c’est la Croix, le Sacrifice.


Il y a une seule Messe, où prêtre et fidèles sont tous tournés vers l'unique Croix du Calvaire, qui se trouve sur l'autel, Sépulcre-tombeau, et Calvaire, et dernière Cène, et contemplent « celui qui a été transpercé ».Il n'y a pas besoin d'y avoir deux Croix sur l'autel (pour le prêtre et popur les fidèles), ce serait un non sens. Il n'y a qu'un Sacrifice, celui qui s'accomplit de manière sanglante sur LA CROIX, et auquel nous sommes présents, car le Christ, en instituant l'Eucharistie, son Sacrifice non sanglant, a permis que toutes les générations puissent être ,présentes au pied de la Croix. Car la Consécration, le sacrifice du Christ s'est fait sur la Croix. Ceci est mon Corps. La dernière Cène n'était pas « complète », il manquait le sacrifice complet, sanglant, le corps et le sang donnés, sur la Croix. De même, à la Messe, le prêtre se tourne vers Jésus, vers la Croix, et, au moment de la Consécration, le Christ qui est devant lui et devant tous les fidèles, sur la Croix, substitue le prêtre qui devient un instrument, par les lèvres de qui et par les gestes de qui est rendu présent l'unique Sacrifice de Jésus. En entendant le prêtre dire. « Hoc est enim Corpus Meum, c'est la voix de Jésus que l'on entend. C'est le Sang de Jésus que l'on voit couler. C'est le Crucifié qui s'offre à nous en disant « tout est consommé ».

 

   

 

Les rites et ordonnances de l’Eglise n’existent pas pour eux-mêmes, ne subsistent pas par eux-mêmes, ne se suffisent pas à eux-mêmes; (...) Ils sont ce qu’ils sont à cause de quelque chose qui leur est intérieur; ils protègent un mystère; ils défendent une vérité dogmatique; ils représentent une idée; ils sont messagers de bonnes nouvelles; ils sont les canaux de la grâce. Ils sont la forme extérieure d’une réalité, ou d’un fait intérieur. De ceci aucun Catholique ne doute; c’est pour lui une sorte de principe premier, non à la suite d’une réflexion, mais parce qu’un sens spirituel le lui montre.

John Henry Cardinal Newman, Diff. I 216 (1850)

   
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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Praedicatho.com
Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

ECCE LIGNUM CRUCIS

IN QUO SALUS MUNDI PEPENDIT


VOICI LE BOIS DE LA CROIX

AUQUEL A ETE SUSPENDU LE SALUT DU MONDE



Crucifix accompagné des « Arma Christi »

à Poppiano près de Montespertoli en Toscan


INTRODUCTION


« Ecce Lignum Crucis » : c’est le moment le plus solennel du Vendredi Saint. La Croix qui était voilée, et qui est toujours voilée dans le rite tridentin, depuis le Dimanche de la Passion, est montrée solennellement aux fidèles. Ayant pris conscience, pendant le temps du Carême, de leurs péchés, de la gravité du péché qui sépare de Dieu, ils se sentent comme abandonnés, ce qu’exprime Jésus de manière émouvante et impressionnante, lui qui porte tous les péchés du monde : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ». A ce moment, Jésus, « écrasé » par des péchés commis depuis Adam et Eve et par ceux qui seront commis jusqu’à son Retour Glorieux, pour sauver l’homme se dépouille, s’anéantit, nous dit Saint Paul. André Frossard interprétait ces paroles par une dépouillement complet : Jésus s’est anéanti, et, à ce moment, il y a comme une « éclipse » furtive de sa divinité : il ressent ce que le pécheur endurci peut ressentir, quand ses péchés l’ont séparé de Dieu. Il s’est fait un de nous, jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême. Le Verbe de Dieu fait homme, se dépouille plus encore, s’anéantit plus encore, et Dieu le lui demande, pour nous faire comprendre combien le péché est horrible, car il sépare totalement de Dieu.


La liturgie consacre deux fêtes à la Sainte Croix, « l’INVENTION DE LA SAINTE CROIX » (le 3 mai), et l’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX » (le 14 septembre). « Invention », Exaltation » sont deux paroles qui laissent quelque peu perplexes quand à leur signification moderne. On dit facilement de quelqu’un qu’il est un « exalté », dans un sens péjoratif. Quant à la parole « invention », elle laisse entendre que c’est une chose créée de toute pièce, « inventée », comme on invente une histoire par exemple », et donc sans rapport avec la réalité vraie et concrète, avec l’histoire. C’est pourquoi il est bon de retrouver le sens précis et profond de ces deux fêtes, en retournant aux sources, la Sainte Ecriture, et l’Histoire, pour redonner à la Sainte Croix sa place et comprendre sa signification, pour qu’elle s’imprime en quelque sorte dans nos coeurs.


L’EXALTATION DE JESUS DANS l’Ecriture Sainte

Dans l’Epitre aux Philippiens, parlant de l’abaissement du Verbe de Dieu, saint Paul déclare, utilisant la parole « exalté » concernant Jésus :


Philippiens, chapitre 2°

6. 

Lui, de condition divine, ne retient pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.

7. 

Mais il s'anéantit lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme,

8. 

il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix !

9. 

Aussi Dieu l'a-t-il exalté et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom,

10. 

pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers,

11. 

et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est SEIGNEUR, à la gloire de Dieu le Père.


La note « l » de la Bible de Jérusalem précise à ce sujet : exalté, « par la Résurrection et l’Ascension ».


Le texte de la Nouvelle Vulgate est le suivant :

«  Propter quod et Deus illum exaltavit et donavit illi nomen, quod est super omne nomen »…

L’Exaltation devient ainsi la glorification du Fils de l’Homme qui, de Dieu qu’il est, s’est anéanti, s’est dépouillé de tout, pour sauver l’homme déchu, et le relever de sa déchéance. Mais elle a pour conséquence heureuse de sauver l’homme de sa déchéance, et de l’exalter lui aussi, attiré par Jésus sur la Croix qui devient le signe de l’exaltation, de la glorification. Jésus déclare en effet clairement à Nicodème :


Jean chapitre 3° :

14. 

Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme,

15. 

afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle.

16. 

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.


La Bible de Jérusalem explique, dans la note « a : « Pour être sauvé, il faudra ‘regarder’ le Christ « élevé » (Jean 12, 12) sur la Croix. C’est-à-dire croire qu’il est le Fils Unique. On sera alors purifié par l’eau qui sort de con côté transpercé ».


Cette note nous renvoie ainsi à des textes de l’Ecriture qui ouvrent notre horizon spirituel, sur le mystère même de notre salut par Jésus et la Croix. Voici ces textes qu’il est important et nécessaire de connaître pour bien pénétrer dans le mystère d’amour rédempteur de Dieu :


Le serpent d’airain, Nombres 21, 5-9

5. 

(En chemin, le peuple perdit patience)  Il parla contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avez-vous fait monter d'Égypte pour mourir en ce désert ? Car il n'y a ni pain ni eau ; nous sommes excédés de cette nourriture de famine. »

6. 

Dieu envoya alors contre le peuple les serpents brûlants, dont la morsure fit périr beaucoup de monde en Israël.

7. 

Le peuple vint dire à Moïse : « Nous avons péché en parlant contre Yahvé et contre toi. Intercède auprès de Yahvé pour qu'il éloigne de nous ces serpents. » Moïse intercéda pour le peuple

8. 

et Yahvé lui répondit : « Façonne-toi un Brûlant que tu placeras sur un étendard. Quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie. »

9. 

Moïse façonna donc un serpent d'airain qu'il plaça sur l'étendard, et si un homme était mordu par quelque serpent, il regardait le serpent d'airain et restait en vie.


Ce n’est rien d’autre que ce qu’annonçait le prophète Zacharie :

Zacharie  chapitre 12° :

10. 

Mais je répandrai sur la maison de David et sur l'habitant de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils regarderont vers moi, Celui qu'ils ont transpercé. ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; ils le pleureront


Texte que cite saint Jean (chapitre 19, 37), qui nous transmet une autre parole de Jésus, très significative, sur sa Mission de rédemption, par son élévation, et par l’élévation de ceux qu’il attirera à Lui, une fois élevé de terre, par son élévation sur la Croix, par sa mort, par sa Résurrection, et par son élévation au ciel à l’Ascension :


Jean chapitre 12° :

31. 

C'est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors ;

32. 

et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi. »

33. 

Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir.


C’est ainsi « l’élévation » du Christ sur la Croix, en même temps que son « élévation » au ciel avec la Résurrection, les deux aspects du même mystère. Exalté à la Droite du Père, dans la gloire, le Christ enverra l’Esprit, et, par Lui, il étendra sa domination sur le monde.


C’est dire l’importance et la valeur de la Croix, instrument du supplice, du Sacrifice de Jésus, de notre salut, de notre élévation avec le Christ, objet de nos regards pour être guéri la morsure mortelle de l’ignoble serpent, Croix Sainte qui nous révèle que Celui qu’elle a porté est le propre Fils de Dieu, qui s’est fait chair, qui a souffert sa Passion, qui est la Voie qui conduit au ciel, la Porte des brebis, comme le dit Jésus lui-même :


« Quand vous aurez élevé le fils de l’Homme, alors vous saurez que JE SUIS » (Jean 8, 28)


Et c’est pourquoi l’Eglise célèbre si solennellement la Sainte croix, le jour du Vendredi Saint, en la découvrant, et en la présentant aux regards de tous les fidèles, pour qu’ils la contemplent, et contemplent, attaché sur elle, le Sauveur du monde, en regardant avec foi , reconnaissance et amour vers « Celui qui a été transpercé » :


ECCE LIGNUM CRUCIS

IN QUO SALUS MUNDI

PEPENDIT

VENITE ADOREMUS


Voici le Bois de la Croix

Auquel a été suspendu

Le Salut du Monde

Venez, adorons-Le


Et reprenons cet chant de notre jeunesse qui chante si bien la Gloire de Jésus et la Gloire du Bois qui a porté le Fils de Dieu


Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Oh ! qu'il est bien juste qu'on l'aime,

Puisqu'en expirant sur ce bois,

Il nous aima plus que lui-même.

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

 

Vive Jésus ! Vive sa Croix !

C'est l'étendard de sa victoire ;

De ce trône il donne ses lois,

Il conquiert le ciel et sa gloire.

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

 

Vive Jésus ! Vive sa Croix !

De nos biens la source féconde,

Saint autel où le Roi des rois,

En mourant, rachète le monde.

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

 

Vive Jésus ! vive sa Croix !

Prenons-la pour notre partage :

Ce juste, cet aimable choix

Conduit au céleste héritage.

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

 

Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Ce n'est pas le bois que j'adore,

Mais c'est mon Sauveur, sur ce bois,

Que je révère et que j'implore.

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

Chrétiens, chantons à haute voix : Vive Jésus ! Vive sa Croix !

 

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