Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 16:43
- Par L'Equipe d'Hermas

 

Sibieude.jpg FAIRE-PART.- C'est avec une grande peine que nous vous faisons part du décès de notre Président et fondateur Gilbert Sibieude.

Malgré sa maladie, il continuait à se préoccuper de l'avenir de tous les jeunes pour lesquels il souhaitait une école revenue à sa vocation première.

Les funérailles auront lieu vendredi 23 juillet à 15h en l'église Saint Martin de Louveciennes.

Nous vous remercions de vous unir par la prière, la pensée, ou votre présence si vous le pouvez.

Frédéric Prat

 

L'Equipe d'Hermas.info joint sa prière à celle des proches et des amis de Gilbert Sibieude.

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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /2010 11:23
- Par Giulio SARACONI [Vérone, Italie]

 

La position de l’Evêque du lieu

 

Medjugorje--Mgr-Zanic-.jpg Quelle a été l’attitude des autorités ecclésiastiques au début des apparitions de Medjugorje ? Le curé de l’endroit, le Père Jozo Zovko se trouva au début en grande difficulté, et il ne crut pas immédiatement que les apparitions puissent être vraies. Mais vers la mi-juillet de 1981, durant la prière à l’église, la Sainte Vierge lui apparut à lui aussi. Il fut alors un croyant convaincu de ses apparitions, et, pour cette raison, le pouvoir communiste le condamna à trois ans et demi de réclusion.

 

Comme c’est la règle dans ces cas, l’Evêque du lieu, du Diocèse de Mostar, fut mis au courant des apparitions immédiatement. Il considéra qu’il était opportun de se rendre à Medjugorje pour voir ce dont on parlait. Pendant les deux premiers mois de l’apparition, il s’y rendit donc cinq fois. Après avoir écouté le curé, et interrogé les voyants sous serment, il déclara publiquement le 25 juillet 1981, pendant la Messe à Medjugorje : « Je suis intimement persuadé que personne n’a influencé ni poussé les jeunes à dire qu’ils avaient vu la main. S’il s’agissait d’un garçon, on pourrait aussi dire : il a la tête dure, et pas même la police ne parviendra à en obtenir quelque chose… En outre, je suis convaincu que les enfants ne mentent pas ».

 

Malgré ses déclarations officielles et solennelles, y compris sur des revues catholiques croates, et malgré la certitude sur laquelle il fondait un jugement favorable sur Medjugorje, l’Evêque de Mostar changea bien vite son attitude à ce sujet, de manière radicale, même si rien n’avait changé à Medjugorje. A présent, avec la même certitude, il se déclarait contraire, même si les enfants et les événements étaient toujours les mêmes : « Dès le début, j’étais certain que les choses avaient un goût de mensonge » déclara-t-il. La situation se prolongea dans le temps avec des hauts et des bas assez difficiles entre l’Evêque du lieu et la Conférence Episcopale de Yougoslavie. On arriva ainsi en 1986. La commission d’enquête qui avait été voulue par Rome, mais que l’Evêque n’avait pas composée comme c’était prévu, mais à sa manière, remit son jugement négatif au Cardinal Ratzinger. Le Cardinal rejeta cette conclusion ; il procéda à la dissolution de la commission épiscopale, et remit toute l’affaire dans les mains de la Conférence Episcopale de Yougoslavie ; cette dernière nomma une nouvelle commission, sous la présidence de Mgr Komarica, Evêque de Banja Luka, de Bosnie-Herzégovine.

 

Le 21 novembre, Mgr Komarica Président de la Commission, se rendit en personne à Medjugorje, présida la célébration de la Messe pour les nombreux pèlerins, et annonça que d’autres Evêques de la Commission viendraient sur place. Ceci put se faire jusqu’au début de la Guerre des Balkans.

 

Le 5 mai 1991, la Conférence des Evêques de Yougoslavie déclarait, sur la base des résultats de l’enquête, qu’il n’était pas encore possible d’affirmer qu’il s’agissait bien d’apparitions et de révélations d’origine surnaturelle. Mais, pour aider les pèlerins qui venaient à Medjugorje, les Evêques donnèrent des directives opportunes de caractère liturgique et pastoral. En même temps, on procèdera, par l’intermédiaire de Commissions responsables, à la mise à jour des événements de Medjugorje, et des enquêtes en cours.

 

Mgr Zanic persista dans son attitude d’opposition entêtée et maintint son jugement. Mais il faut lui reconnaître qu’il a joué ainsi un rôle providentiel, sans s’en rendre compte, en se comportant comme on appelait dans le temps dans les tribunaux ecclésiastiques pour les Causes des Saints, le rôle de « Diabolus Rotae » l’Avocat du Diable, appelé aujourd’hui « le Promoteur de Justice ».

 

Depuis des temps anciens, l’Eglise avait eu recours en effet, pour les choses importantes, mais surtout dans les procès pour la canonisation des saints, à ce personnage. Il est accordé à lui seul, et il en a le devoir, de soulever toutes les objections possibles, et de présenter toutes les preuves contraires, par exemple, à la canonisation de quelqu’un. Pour ce qui est de Medjugorje, on peut dire que l’Evêque de Mostar, celui qui était alors l’Evêque du lieu, mais décédé par la suite quelque temps après,mais aussi l’Evêque actuel qui a suivi la même attitude que son prédécesseur, ont bien rempli leur fonction, sans le vouloir, d’Avocats du Diable.

 

A ce point, il aurait été vraiment difficile de penser à quelque chose de pire, de plus défavorable, de plus honteux et écoeurant contre les apparitions, les voyants, les miracles, les pèlerins, les théologiens, les experts, les médecins, y compris plusieurs Cardinaux, dont, récemment le Cardinal de Vienne qui a été réprimandé par écrit par l’Evêque de Mostar, parce que, au lieu d’aller le saluer, il s’était rendu tout simplement dans un Institut qui accueille les jeunes drogués. Les deux Evêques de Mostar ont vraiment rempli leur tâche d’avocats du diable ; et si le proverbe suivant est vrai : « pire c’est, mieux c’est », cela vaut ici de manière particulière. En effet, tous les rappels non fondés, tous les prétextes invoqués, et toutes les demandes faites aussi à l’étranger pour que l’on n’aille pas en pèlerinage à Medjugorje, se sont transformés en preuves du caractère véridique des apparitions, et a contribué à encourager les pèlerins à se rendre à Medjugorje

 

Pendant ce Temps, le Ciel souriait.

 

Les six voyants se sont mariés, et ont eu de nombreux enfants. Ils sont allés habiter dans d’autres villes. En particulier, Marija, qui reçoit le message du 25 de chaque mois à répandre dans le monde entier, habite depuis des années dans le diocèse de Monza en Italie. Ivan, l’autre voyant qui a toujours les apparitions quotidiennes, est marié, et habite à Boston aux Etats-Unis. Seule Viska, qui a des apparitions quotidiennes habite encore dans le diocèse de Mostar, mais ses messages ne peuvent être rendus publics. Et ainsi, la compétence pour examiner l’authenticité de ce que le Ciel communique, devrait depuis des années, de la compétence de l’Evêque de Monza, ou de l’Evêque de Boston. La paroisse de Medjugorje sert seulement d’intermédiaire pour ce qui est communiqué à l’étranger

 

Dans ce contexte, le Saint-Siège a don décidé récemment (le 3 décembre 2010) de former lui-même une Commission Episcopale pour étudier les apparitions de Medjugorje, en mettant à sa tête, comme Président, le Cardinal italien Camillo Ruini.

 

Deux données tout simplement, pour expliquer pourquoi Medjugorje est appelé « le Confessionnal du Monde » et un Centre particulier de conversion à Dieu et de retour à l’Eglise Catholique : en 2008, 31.724 prêtres sont venus à Medjugorje et y ont célébré ou concélébré la Sainte Messe, et 1.357.100 fidèles y ont reçu la Sainte Communion.

(à suivre)

 

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Lundi 19 juillet 2010 1 19 /07 /2010 17:46
- Par L'Equipe d'Hermas

De L'aide à l'Eglise en détresse.- Des militants islamistes ont tranché la main d’un enseignant catholique qui avait, selon eux, insulté le prophète Mahomet dans un de ses sujets d’examens écrits destinés à ses étudiants.

 

T. J. Joseph, 53 ans, professeur au Newman College, université catholique réputée, a été attaqué par un groupe de jeunes extrémistes armés de sabres, de haches et de bâtons, le dimanche 4 juillet dernier, à Muvattupuzha, dans le district d’Ernakulam, au Kerala (Inde), alors qu’il rentrait chez lui en voiture après la messe dominicale en compagnie de sa mère et de sa sœur aînée, religieuse de la congrégation des Sœurs de St Joseph de Cluny.

 

Après avoir arrêté la voiture de l’enseignant avec leur camionnette, les assaillants l’ont arraché de force de son véhicule avant de lui trancher la main droite et une partie du bras avec une hache. Ils ont ensuite jeté la main coupée deux cent mètres plus loin avant de s’enfuir. Sr Mary Stella, 59 ans, la sœur de T. J. Joseph, a rapporté que son frère avait été également frappé de coups de sabre sur tout le corps et que les assaillants avaient molesté leur mère, octogénaire. Les voisins, qui avaient accourus sur les lieux, ont alors emmené T. J. Joseph à l’hôpital de Kochi, avec sa main coupée, dans l’espoir d’une chirurgie réparatrice.

 

La police a orienté rapidement son enquête vers ses militants du Front populaire de l’Inde (PFI), mouvement musulman extrémiste dont la branche politique est le Social Democratic Party of India (SPDI). Ils avaient déjà menacé de mort à plusieurs reprises le professeur. Deux personnes en relation avec l’affaire ont été arrêtées le soir même. Environ trente personnes auraient également été entendues par la police et plusieurs maisons du district d’Ernakulam fouillées.

 

Quelques mois plus tôt, une accusation de blasphème avait été portée par des extrémistes musulmans à l’encontre de ce professeur de malayalam - la langue officielle du Kerala - au Newman College de Thodupuzha. Le 25 mars dernier, il avait été suspendu de ses fonctions à la suite de violentes manifestations menées par des organisations musulmanes au cours desquelles les affrontements avec les forces de l’ordre avaient fait de nombreux blessés. T. J. Joseph était accusé d’avoir préparé un sujet d’examen écrit contenant des termes insultants envers le prophète Mahomet. Il avait été emprisonné puis relâché en avril.

 

T. J. Joseph, qui enseignait à l’université depuis 1985, avait été nommé il y a deux ans à la tête du Département de malayalam. Il était également responsable de l’enseignement des valeurs morales, organisait des retraites, des séminaires et d’autres programmes éducatifs dans des domaines divers.

 

Sr Maria Stella, interrogée par l’agence AsiaNews, n’hésite pas à décrire son frère comme une « un martyr du dialogue islamo-chrétien ». «(…)Mon frère cependant ne parle que de pardon », ajoute-t-elle, espérant que l’agression puisse « porter beaucoup de fruits et ouvrir la voie au dialogue entre chrétiens et musulmans ».

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 20:26
- Par Giulio SARACONI [Vérone, Italie]

MedjugorjeETUDIONS A PRESENT CE DOMAINE DELICAT de la réception des apparitions au regard des enseignements de l'Eglise.

 

Nous abordons cette question à partir des réflexions du Père Laurentin, théologien : dans son ouvrage intitulé :

Les apparitions de la Sainte Vierge se multiplient.

C’est Elle ? Que veut-Elle nous dire? (Ed. Piemme)

 

Nous assistons à une série d’apparitions de la Vierge dans plusieurs localités du monde. Comment expliquer cette floraison ? On peut considérer les raisons suivantes :

 

1) - Est-ce un phénomène lié à un moment historique? La revanche de l’irrationnel sur le rationnel. Nous voyons en effet, avec inquiétude la multiplication des diseurs de bonne aventure, des voyants extralucides, des voyants ;

 

- les hommes deviennent anxieux devant une situation de crise, et entretiennent un sens vague mais répandu de danger. Les temps tourmentés sont souvent favorables pour la recherche d’une forme de spiritualité : c’est la recherche d’une porte de sortie de ces problèmes ;

 

- les hommes qui avaient mis leurs espérances dans la science, ont compris qu’elles ne résolvaient pas et ne pourrait jamais résoudre toutes les exigences de l’homme. Aussi cherchent-ils ailleurs. D’où un réveil d’une vague religiosité, mais qui n’est absolument pas un réveil de la foi.

 

2) – En revanche, il est caractéristique de la mission de Marie, d’intervenir pour aider ses enfants dans les moments difficiles. Cette action d’aide est destinée à s’intensifier dans les derniers temps, comme le disait Saint Grignon de Montfort. La multiplication de ses apparitions ne répond-elle pas peut-être à une grande exigence ? Un grand tournant attend-il l’humanité ? En ce début du troisième millénaire ? Tout semble l’indiquer.


Mais alors, les actuelles apparitions de Marie doivent-elles être prises au sérieux ? Tout de suite ? Et que veulent-elles nous dire ?

 

Grave dilemme pour beaucoup!

 

Ceux qui sont attirés et convertis par les apparitions, s’entendent dire, à leur retour : « Tu ne devais pas y aller tant que l’Eglise ne les a pas reconnues ; il faut attendre, il faut être prudents ». Ils sont donc préoccupés ; mais s’ils avaient attendu, ils ne se seraient pas convertis et, souvent, la grâce s’est manifestée précisément à l’endroit où ils se sont rendus.

 

En outre, les messages de la Sainte Vierge aux voyants présentent des caractéristiques d’urgence : le monde est en danger : priez, jeûnez, faites pénitence, etc.

 

En effet, c’est un faux dilemme qu’il faut clarifier.

Urgence, oui ; mais prudence dans l’urgence.

 

Cette contradiction, ce malentendu sont symptomatiques d’une situation confuse qui dure depuis un siècle. Ces temps derniers, la théologie se méfie de ce surnaturel sensible. La théologie biblique y oppose la Révélation, et la théologie dogmatique définit les révélations privées comme étant accessoires et sans autorité ; quant au droit canon, il s’est arrêté seulement aux précautions à prendre pour limiter, ou pour condamner ces phénomènes.


Voyons les choses de plus près.

A la Révélation, s’applique la certitude absolue de la Parole de Dieu, garantie de manière infaillible par l’Eglise, au Nom de Dieu lui-même ; à cela s’oppose l’incertitude relative des apparitions, même reconnues, parce qu’elles ne sont jamais reconnues qu’au nom de leur probabilité d’être vraies.

 

L’Eglise engage son infaillibilité sur le Credo.

 

On a suivi ainsi une voie de sévérité qui a dominé dans l’Eglise vers la moitié du vingtième siècle, en créant une ligne de conduite extrêmement négative. Aucune des apparitions qui ont eu lieu après Beauraing (1932) et Banneux (1933), n’a été reconnue officiellement par l’Eglise Catholique.

 

En effet, les apparitions n’ont pas pour fonction de compléter l’Evangile dans lequel le Christ a dit tout ce qui était nécessaire pour le salut, mais elles ont seulement pour fonction de le rappeler à nos oreilles sourdes et à nos yeux aveugles, de raviver notre foi, de nous aider à voir les dangers qui nous menacent.

 

Dans cette optique, les apparitions ont ainsi un rôle très important et, si on veut bien le comprendre, on devrait les accueillir avec joie, comme une grâce de Dieu, une étoile dans la nuit de la foi, un acte de Miséricorde et de Bonté.

 

P1100789.jpegMais il est vrai aussi que chaque apparition est entourée d’une prolifération de fausses apparitions. Il y eut des dizaines de fausses apparitions après celles de Lourdes ; et, de même celles de  Banneux et de Beauraing il y eut de très nombreuses apparitions de valeur discutable, au point d’obliger le Cardinal Ottaviani, qui était alors Responsable du Saint-Office (l’actuelle Congrégation de la Foi) à opérer une répression sévère. On bloqua des causes da canonisation de mystiques de grande valeur, qui ont été reprises ensuite sous le Pontificat de Jean Paul II, comme celle de Sœur Faustina Kowalska (à présent canonisée), et les temps furent difficiles pour Padre Pio et pour d’autres (qui sont canonisés à présent).

 

La dévalorisation des apparitions parvint à son paroxysme dans les années 1950-1980.

Mais le résultat fut que les apparitions, non seulement se poursuivirent dans le monde entier, mais même s’intensifièrent.

Il est certain que ceux qui en perçurent et qui en perçoivent la valeur, n’ont pas eu alors la vie facile.

Toutefois les facteurs de jugement qui avaient prévalu durant la dernière partie du siècle dernier, ont fait prévaloir des principes qui demandent à présent d’être revus en profondeur.

 

Un exemple: “Tant qu’une apparition n’est pas officiellement reconnue par l’Eglise, on ne doit pas en parler, et on ne doit pas s’y rendre en pèlerinage. Il faut attendre. Dans le cas contraire, vous êtes dans l’imprudence ».

 

Ce n’est pas là du tout la position traditionnelle de l’Eglise. Au temps des prophètes, au temps du Christ, et chaque fois que, dans l’Eglise, se sont manifestés des apparitions ou des charismes, le peuple chrétien, dans la mesure où il croyait en Dieu et l’aimait, accourait à ces signes du Ciel, les yeux et le cœur ouverts, mais aussi avec un sens critique. Et plus y ont-ils reconnus l’action de Dieu, plus ils y ont obéi avec générosité. C’est ce qui s’est passé à Lourdes, à Pontmain, à Fatima, à Beauraing, à Banneux, etc. Et cela est tout simplement normal. La vérité est que si l’on a peur, on a peur de la vérité, on a peur de la demande de conversion, on a peur des rappels du Ciel. Les jugements contraires se multiplient facilement précisément quand manquent l’amour et le désir de Dieu. En réalité, on cultive à l’égard de Dieu, du Christ, de la Sainte Vierge, et de leurs dons ; et les apparitions, avec leur rappels, dérangent. A cela, s’ajoute l’urgence que certains messages proclament, dérangent plus encore le mode de vie tranquille de nombreuses personnes.

 

Mgr Laurence, Evêque de Lourdes, et d’autres, ont approuvé aussitôt la rapidité généreuse des fidèles à discerner les signes du Ciel. La Lettre Pastorale qui reconnaissait l’authenticité des apparitions de Massabielle, voit « dans le rassemblement nombreux du peuple » à la grotte, une des arguments sur lesquels s’est fondée l’authenticité des apparitions. Catherine Labouré et Don Bosco ont reconnu avec joie ces apparitions bien avant que Mgr Laurence ne les ait reconnues comme authentiques : « C’est la même », disait Catherine Labouré.

Si, en revanche, le peuple s’en était tenu aux consignes qui prévalent aujourd’hui, et si l’on avait ignoré les apparitions, il aurait été inutile pour l’Eglise de s’en occuper et de porter un jugement sur elles. Ces apparitions seraient nées mortes, et l’Eglise aurait grandement perdu.

 

D’autres aspects de doute et de méfiance sont aussi à considérer quand il s’agit de juger de la réalité des apparitions :

 

Chacune d’elles est unique.

 

L’apparition s’adapte aux voyants, et les voyants la reçoivent selon leur “mesure”.


a) – Elle parle à chaque voyant dans son langage, comme leur Mère : en dialecte local des Pyrénées, et non pas en français, à Bernadette ; en croate à Medjugorje ; en espagnol en Amérique Latine ; en dialecte du Rwandais pour l’apparition de Kibého.

 

b) - L'habit est différent à chaque apparition : Notre-Dame de Guadalupe a un vêtement orné de fleurs stylisées, avec un manteau bleu semé d’étoiles (on y remarque plusieurs constellations). Sa ceinture est celle d’une femme enceinte : signe donné au Mexique pour indiquer le Mystère de l’Incarnation. Dans les apparitions de la Rue du Bac et à Lourdes, le vêtement est blanc, immaculé. A Lourdes, la Vierge porte aussi une ceinture dont les pans tombent en avant. A La Salette (1846), la Vierge a un vêtement étrange : une coiffe toute plissée, et un habit de paysanne de l’endroit. A Pontmain, nous retrouvons les étoiles sur fond bleu, mais, sur le vêtement cette fois, car elle n’a pas de manteau. A Medjugorje, elle a un habit gris lumineux, que les voyants n’arrivent pas à définir, et un voile blanc court qui bouge.

 

c) – La Vierge n’a jamais le même âge. Elle apparaît comme une jeune fille à Thérèse d’Avila qui la voyait (« muy niña », toute petite), et de même pour Bernadette. Cela parce que le but était d’inculquer le mystère de l’origine immaculée, comme l’a déclaré Bernanos : « une jeune fille, cette Reine des Anges, plus jeune que le péché, plus jeune que le monde dans lequel elle est née ». Ailleurs, les voyants parlent d’une fillette, d’une jeune fille, mais ils ne savent pas préciser son âge : 16 ans, 18 ans, ou plus… Ils ne savent pas. Marie apparaît toujours jeune : l’éternité est une jeunesse  éternelle.

 

d) – Le voyant saisit l’au-delà selon ses possibilités et ses « ressources », et il en parle selon son langage limité, ce que manifeste le caractère inadapté de ses expressions. Pour les voyants authentiques, les apparitions sont une rencontre personnelle, et qui les fait entrer en toute évidence avec une réalité absolue qui les transcende : « je vois, je ne peux pas dire le contraire », répétait Bernadette devant la menace du commissaire et des juges.

 

C’est pour cela que l’Eglise n’attribue pas un caractère infaillible à son jugement ; et, même quand elle reconnaît l’authenticité d’une apparition, elle ne déclare pas « La Vierge apparaît ici, c’est sûr, et vous êtes obligés d’y croire ». Elle déclare : « Vous avez telle et telle raison, d’y croire, et cela est bénéfique, fructueux, nous vous invitons à y croire, mais sans en  faire une obligation de foi ».

 

Pour cette même raison, les Papes ont évité constamment d’être juges des apparitions, et ils laissent ce phénomène local à l’autorité locale, même quand l’événement prend une portée universelle. Dans ce cas, les Papes n’hésitent pas à encourager ceux qui vont en pèlerinage dans les lieux d’apparitions, et ils s’y rendent eux aussi ; mais il n’y a absolument pas d’engagement formel de l’autorité de l’Eglise.

 

Les apparitions n’ont donc jamais la certitude propre des dogmes de la foi.

 

Les décrets publiés sur l’authenticité des apparitions ne se placent pas au même niveau que celui des dogmes de foi ; ils n’ont pas la même importance, parce que l’adhésion intégrale à la Parole de Dieu est nécessaire au salut ; mais l’adhésion à telle ou telle apparition n’est pas nécessaire.

 

En résumé: en matière d’apparitions, on peut avoir des certitudes personnelles, mais non pas des certitudes officielles, même là où il y a reconnaissance officielle de la part de l’Eglise.

 

Les principes à suivre pour une orientation de base sont les suivants:

 

1) – orthodoxie: même une seule erreur sérieuse en cette matière est suffisante pour exclure l’authenticité;

 

2) – Des informations adéquates sur les faits et sur les personnes;

 

3) – les apparitions, les messages et les voyants s’adressent-t-ils à Dieu, à son amour à son Service, pour le bien de la foi, de la paix et de l’amour du prochain ? Ou bien se projettent-ils sur eux-mêmes, ou sur des choix particuliers qui sont les leurs?

 

4) – Examiner les signes de la présence de la grâce de Dieu: conversions, guérisons, ou autres miracles;

 

5) – Jugement des médecins et des psychiatres sur les voyants, et examen de leur vie, y compris après les apparitions; 

 

6) – Examiner les fruits que produisent ces apparitions. C’est là le critère principal, parce qu’il a été donné par le Christ lui-même.

 

Le Père Gianni Sgreva, Passionniste, qui avait projeté de fonder une communauté pour vivre le message de Medjugorje, se demandait sur ce projet n’était pas prématuré, étant donné que les apparitions n’avaient pas encore été reconnues par l’Eglise. Le Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi lui répondit : « Ne vous préoccupez pas de cela, nous, nous occupons des faits. Vous, occupez-vous des fruits ». Et c’est ainsi qu’est née, au pied du Podbro « L’Oasis de la Paix ».

     

En conclusion de notre examen attentif, nous ne pouvons pas ne pas noter que la Sainte Vierge à Medjugorje a précisé qu’elle était venus pour conclure ce qu’elle avait commencé à Fatima.

 

(à suivre)

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 13:00
- Par L'Equipe d'Hermas

RADIO-VATICAN - Le Pape Benoît XVI a choisi le thème «La liberté religieuse, chemin de la paix» pour la 44e Journée Mondiale de la Paix qui sera célébrée le 1er janvier 2011. Le Bureau de presse du Saint-Siège a rendu public la nouvelle dans un communiqué ce mardi.

 

Le pape veut ainsi mettre l’accent sur toutes les formes de limitation ou de négation de la liberté religieuse, sur toutes les formes de discrimination et de marginalisation fondées sur la religion, jusqu’à la persécution et à la violence contre les minorités. Le pape souligne ainsi que la liberté religieuse est la liberté des libertés. Ce modèle doit permettre, selon le communiqué, d’exclure la religiosité du fondamentalisme, de la manipulation et de l’exploitation de la vérité. Car tout ce qui s’oppose à la dignité de l’homme, s’oppose à la recherche de la vérité et ne peut être considéré comme liberté religieuse.

 

Comme l'a affirmé Benoît XVI lui-même à l'Assemblée générale des Nations Unies : "Les droits de l'homme doivent évidemment inclure le droit à la liberté religieuse, comprise comme l'expression d'une dimension à la fois individuelle et communautaire, perspective qui fait ressortir l'unité de la personne tout en distinguant clairement entre la dimension du citoyen et celle du croyant".

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Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 06:00
- Par mgr Jacques MASSON

Notre-Dame du Mont Carmel et le scapulaire

 

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En union de prière

avec les enfants du monde

pour les prêtres et la paix

 

Enfin, se réalise ce qui est annoncé par le prophète Isaïe (Isaïe, 45,8), « Rorate caeli desuper, et nubes pluant Justum » : « Cieux, répandez comme une rosée la victoire (= justice, Juste dans la Vulgate), et que les nuées le fassent pleuvoir ! Que la terre s’entrouvre pour que mûrisse le salut ! Qu’elle fasse aussi germer la délivrance que moi, Yahvé, e vais créer ». Et, sa Mission accomplie « consummatum est », il remonte vers le Père. « Mais il laissailinkt au monde, déclare Dom Guéranger (op. cit.) la Divine Mère, et il envoyait l'Esprit-Saint à l'Eglise : et le moindre triomphe de cet Esprit d'amour, qui parlait par les Prophètes autrefois n'était point de révéler Marie aux nouveau-nés de la glorieuse Pentecôte. « Quel ne fut pas, disions-nous alors, le bonheur de ceux des néophytes auxquels il fut donné, en cette heureuse journée, d'approcher d'une si auguste Reine, de la Vierge-Mère, à qui il avait été donné de porter dans ses chastes flancs celui qui était l'espérance d'Israël ! Ils contemplèrent les traits de la nouvelle Eve, ils entendirent sa voix, ils éprouvèrent le sentiment filial qu'elle inspire à tous les disciples de Jésus. Dans une  autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortunés. Or c'est en cette fête que cette annonce est réalisée. Dans les Leçons de la fête, l'Eglise nous dit que tous les disciples d'Elie et d'Elisée, devenus chrétiens à la première prédication des Apôtres, sentirent croître leur vénération pour la Vierge bénie dont il leur fut  loisible de recueillir les paroles si suaves, de goûter l'ineffable intimité. Plus que jamais affectionnés  à la montagne où, moins  fortunés qu'eux pourtant, leurs pères avaient vécu d'espérance, ils y construisirent, au lieu même d'où Elie avait vu la nuée monter de la mer, un oratoire qui fut dédié dès lors à la très pure Vierge, et leur valut le nom de Frères de la bienheureuse Marie du Mont-Carmel » (lecture des Nocturnes de la Fête)

 

Au douzième siècle, à la suite de l'établissement du royaume latin de Jérusalem, beaucoup de pèlerins d'Europe venant augmenter le nombre des solitaires de la sainte montagne, il parut bon de donner à leur vie, jusque-là plus érémitique que conventuelle, une forme mieux en rapport avec les habitudes des Occidentaux ; ce fut alors que le légat Aimeric Malafaida, patriarche d'Antioche, les réunit en communauté sous l'autorité de saint Berthold qui, le premier, reçut à cette occasion le titre de Prieur général.

 

Le Bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem et également légat apostolique, acheva dans les premières années du siècle suivant l'œuvre d'Aimeric, en donnant une Règle fixe à l'Ordre qui commença de se répandre en Chypre, en Sicile et dans les pays d'au delà de la mer, favorisé par les princes et les chevaliers revenus de Terre Sainte.

 

Mais l’oppression des Sarrasins fut telle qu'une assemblée plénière, tenue au Carmel sous Alain le Breton, décréta l'émigration totale, ne laissant à la garde du berceau de l'Ordre que quelques religieux qui ne redoutaient pas le martyre. L'année même où elle se consommait (1245), Simon Stock fut élu général dans le premier Chapitre d'Occident, réuni à Aylesford en Angleterre. Et, dans la nuit du 15 au 16 juillet de l'année 1251. Notre-Dame du Carmel conférait à ses fils, de ses propres mains le scapulaire, vêtement distinctif jusque-là de la plus grande et de la plus ancienne des familles religieuses de l'Occident. Saint Simon Stock qui recevait de la Mère de Dieu cet insigne, ennobli encore par le contact de ses doigts sacrés, l'entendait en même temps lui dire : « Quiconque mourra dans cet habit, ne souffrira point les flammes éternelles ». Et Jean XXII cite dans la Bulle où il rend témoignage des manigfestations de Notre-Dame du Mont Carmel, les paroles même de Marie : « Moi leur Mère, je descendrai par grâce vers eux le samedi qui suivra leur mort, et tous ceux que je trouverai dans le purgatoire je les délivrerai et les emmènerai à la montagne de l'éternelle vie ».

 


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Notre Dame du Mont Carmel remettant le Scapulaire à saint Simon Stock

 

Lorsque Benoît XIII, au XVIII° siècle, étendit la fête du 16 juillet à l'Eglise entière, il ne fit pour ainsi dire que consacrer officiellement l'universalité de fait que le culte de la Reine du Carmel avait conquise presque partout dès lors.

 

 

Voici l'exposé de la Liturgie sur l'historique et l'objet de cette fête dans les lectures des Nocturnes.

 

« Lorsque au saint jour de la Pentecôte les Apôtres, inspirés d'en haut, parlaient diverses langues et faisaient de nombreux miracles en invoquant le très auguste Nom de Jésus, on rapporte que de nombreux disciples des saints prophètes Elie et Elisée, préparés par la prédication de Jean-Baptiste à l'arrivée du Christ, ayant vu et reconnu la vérité, embrassèrent aussitôt la foi de l'Evangile. Or la bienheureuse Vierge, dont il leur fut loisible de goûter les entretiens et la familiarité, devint pour eux en ces heures fortunées l'objet d'un amour si spécial et d'une vénération si profonde, que les premiers de tous, à l'endroit de la montagne du Carmel où Elie autrefois avait vu monter la nuée figure de la Vierge, ils construisirent une chapelle à cette même Vierge très pure.

 

« Tous les jours ils se réunissaient souvent dans le nouvel oratoire, honorant par de pieuses cérémonies, des prières et des louanges la bienheureuse Vierge comme singulière protectrice de leur Ordre. Aussi, de divers côtés, commencèrent-ils à être appelés par tout le monde Frères de la bienheureuse Marie du mont Carmel. Les Souverains Pontifes confirmèrent cette appellation, et même accordèrent des indulgences particulières à ceux qui la donneraient soit à l’Ordre, soit à chacun des Frères. Mais ce ne fut pas seulement le nom et la protection que leur donna la très magnifique Vierge : l'insigne du saint Scapulaire fut remis par elle au bienheureux Simon d'Angleterre, pour que ce vêtement du ciel fît reconnaître le saint Ordre et le gardât contre les maux suspendus sur sa tête. Cet Ordre étant autrefois inconnu en Europe, beaucoup faisaient instance auprès d'Honorius III pour sa suppression ; mais la très pieuse Vierge Marie s'apparut de nuit à Honorius, et lui fit savoir qu'il eût à couvrir de sa bienveillance l'institut et ses membres.

 

« Ce n'est pas seulement dans le siècle présent que la bienheureuse Vierge voulut signaler par des privilèges nombreux un Ordre qui lui est si cher partout, et trouvent crédit sa miséricorde et sa puissance ; et c'est une pieuse croyance que, dans le siècle futur, la faveur de son maternel amour console au milieu des flammes du purgatoire, et conduit au plus vite à la céleste patrie ses fils de la confrérie du Scapulaire, qui ont observé la légère abstinence et les quelques prières à eux marquées, en gardant la chasteté selon leur état. En reconnaissance donc de tant et de si grands bienfaits, l'Ordre a établi pour être célébrée à perpétuité tous les ans en son honneur cette solennelle commémoration de la bienheureuse Vierge ».

 

« Reine du Carmel, agréez les vœux de l'Eglise de la terre qui aujourd'hui vous dédie ses chants… Depuis qu'en toute vérité Dieu est descendu par vous, ce n'est plus seulement le pays de Judée, mais toute la terre, que vous couvrez comme une nuée répandant l'abondance et les bénédictions… Et nous les fils de la vieille Europe, c'est à bon droit que nous faisons écho à l'expression de leur pieuse allégresse; car depuis que leurs tentes se sont posées autour des collines où sur Pierre est bâtie la nouvelle Sion, la nuée s'est épanchée de toutes parts en pluies plus que jamais précieuses, refoulant à l'abîme les flammes éternelles, éteignant les feux du séjour de l'expiation… Puissent les austères parfums de la sainte montagne continuer d'assainir autour d'elle l'air que tant de miasmes corrompent ; puisse le Carmel offrir toujours à l'Epoux le type des beautés qu'il aime à trouver en sa bien-aimée ! » (Invocation de Dom Guéranger, l’année liturgique).

 

Notre-Dame du Mont Carmel priez pour nous

 

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Litanies de Notre Dame du Mont Carmel

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Reine du Ciel, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Victorieuse de Satan, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Fille très obéissante, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Vierge très pure, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Epouse très dévouée, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Mère très tendre, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Modèle parfait de vertu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Ancre sûre d'espérance, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Refuge dans l'affliction, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Dispensatrice des dons de Dieu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Bastion contre nos ennemis, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Aide dans le danger, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Chemin menant à Jésus, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Lumière dans les ténèbres, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Consolation à l'heure de la mort, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour nous pécheurs

 

Pour ceux qui sont endurcis dans le vice, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui offensent votre Divin Fils, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui négligent de prier, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui sont à l'agonie, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui diffèrent leur conversion, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui souffrent en purgatoire, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui ne Vous connaissent pas, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur.

 

Notre-Dame du Mont Carmel, Espérance des désespérés,

intercédez pour nous auprès de Votre Divin Fils.

 

Prions

Notre-Dame du Mont Carmel, glorieuse Reine des Anges, Canal de la plus tendre miséricorde de Dieu envers les hommes, Refuge et Avocate des pécheurs, je me prosterne devant Vous avec confiance, vous suppliant de m'obtenir.(grâce demandée). En retour, je vous promets solennellement d'avoir recours à Vous dans toutes mes épreuves, mes souffrances, mes tentations, et je ferai tout en mon pouvoir pour engager les autres à Vous aimer, à Vous vénérer, et à Vous invoquer dans tous leurs besoins. Je vous remercie pour les grâces sans nombre que j'ai reçues de Votre miséricorde et de Votre puissante intercession. Continuez d'être ma défense dans le danger, mon guide pendant la vie et ma consolation à l'heure de la mort. Ainsi soit-il ! Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour l'âme du pécheur le plus abandonné de l'univers (ou pour l'âme de...). Alors les Anges du Ciel se réjouiront et l'enfer sera privé de sa proie. Je viens à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel.

 

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Le Scapulaire.

 

 

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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 08:52
- Par Mgr Jacques MASSON

Le Prophète Elie

 

Les triomphes de David, les gloires de Salomon sont terminés : le royaume de Juda, brisé par le schisme des dix tribus, menaçait prématurément d'échapper à ses mains ; Baal régnait en Israël. Nous sommes en 854, Achab règne en Israël.

 

I Rois, chapitre 16° :

29. 

Achab fils d'Omri devint roi sur Israël en la trente-huitième année d'Asa, roi de Juda, et il régna vingt-deux ans sur Israël à Samarie.

30. 

Achab fils d'Omri fit ce qui déplaît à Yahvé et fut pire que tous ses devanciers.

31. 

La moindre chose fut qu'il imita les péchés de Jéroboam fils de Nebat : il prit pour femme Jézabel, fille d'Ittobaal, roi des Sidoniens, et se mit à servir Baal et à se prosterner devant lui ;

32. 

il lui dressa un autel dans le temple de Baal qu'il construisit à Samarie.

33. 

Achab installa aussi le pieu sacré et fit encore d'autres offenses, irritant Yahvé, Dieu d'Israël, plus que tous les rois d'Israël ses prédécesseurs.

34. 

De son temps, Hiel de Béthel rebâtit Jéricho ; au prix de son premier-né Abiram il en établit le fondement et au prix de son dernier-né Segub il en posa les portes, selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère de Josué, fils de Nûn.

 

C’est alors qu’apparaît Elie qui, va trouver Achab et lui dit (I Rois, 17) :

1. 

Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab : « Par Yahvé vivant, le Dieu d'Israël que je sers, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. »

2. 

La parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes :

3. 

« Va-t-en d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l'est du Jourdain.

4. 

Tu boiras au torrent et j'ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas. »

 

La sécheresse dura trois ans, image de l'aridité des âmes, une sécheresse qui épuisa toutes les sources de la vie. Hommes et animaux près de leurs citernes vides attendaient la mort, . C’est alors qu’Elie le Thisbite convoqua tout le peuple sur le Mont Carmel, pour l’arracher aux idoles et aux prêtres de Baal. Cet épisode est connu sous le nom de « Sacrifice du Carmel ». En voici le texte dans son entier :

 

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1 Rois, chapitre 18°

1. 

Il se passa longtemps et la parole de Yahvé fut adressée à Élie, la troisième année, en ces termes : « Va te montrer à Achab, je vais envoyer la pluie sur la face de la terre. »

2. 

Et Élie partit pour se montrer à Achab. Comme la famine s'était aggravée à Samarie,

3. 

Achab fit appeler Obadyahu, le maître du palais - cet Obadyahu craignait beaucoup Yahvé :

4. 

lorsque Jézabel massacra les prophètes de Yahvé, il prit cent prophètes et les cacha cinquante à la fois dans une grotte, où il les ravitaillait de pain et d'eau -

5. 

et Achab dit à Obadyahu : « Viens ! Nous allons parcourir le pays, vers toutes les sources et tous les torrents ; peut-être trouverons-nous de l'herbe pour maintenir en vie chevaux et mulets et ne pas abattre de bétail. »

6. 

Ils se partagèrent le pays pour le parcourir : Achab partit seul par un chemin et Obadyahu partit seul par un autre chemin.

7. 

Comme celui-ci était en route, voici qu'il rencontra Élie ; il le reconnut et se prosterna face contre terre en disant : « Te voilà donc, Monseigneur Élie ! »

8. 

Il lui répondit : « Me voilà ! Va dire à ton maître : voici Élie. »

9. 

Mais l'autre dit : « Quel péché ai-je commis, que tu livres ton serviteur aux mains d'Achab, pour me faire mourir ?

10. 

Par Yahvé vivant, ton Dieu ! il n'y a pas de nation ni de royaume où mon maître n'ait envoyé te chercher, et quand on eut répondu : «Il n'est pas là», il a fait jurer le royaume et la nation qu'on ne t'avait pas trouvé.

11. 

Et maintenant tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie»,

12. 

mais quand je t'aurai quitté, l'Esprit de Yahvé t'emportera je ne sais où, je viendrai informer Achab, il ne te trouvera pas et il me tuera ! Pourtant ton serviteur craint Yahvé depuis sa jeunesse.

13. 

N'a-t-on pas appris à Monseigneur ce que j'ai fait quand Jézabel a massacré les prophètes de Yahvé ? J'ai caché cent des prophètes de Yahvé, cinquante à la fois, dans une grotte, et je les ai ravitaillés de pain et d'eau.

14. 

Et maintenant, tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie. » Mais il me tuera ! »

15. 

Élie lui répondit : « Aussi vrai que vit Yahvé Sabaot que je sers, aujourd'hui même je me montrerai à lui. »

16. 

Obadyahu partit à la rencontre d'Achab et lui annonça la chose ; et Achab alla au-devant d'Élie.

17. 

Dès qu'il vit Élie, Achab lui dit : « Te voilà, toi, le fléau d'Israël ! »

18. 

Élie répondit : « Ce n'est pas moi qui suis le fléau d'Israël, mais c'est toi et ta famille, parce que vous avez abandonné Yahvé et que tu as suivi les Baals.

19. 

Maintenant, envoie rassembler tout Israël près de moi sur le mont Carmel, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal, qui mangent à la table de Jézabel. »

20. 

Achab convoqua tout Israël et rassembla les prophètes sur le mont Carmel.

 

Le Sacrifice du Mont Carmel

 

21. 

Élie s'approcha de tout le peuple et dit : « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux jarrets ? Si Yahvé est Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, suivez-le. » Et le peuple ne put rien lui répondre.

22. 

Élie poursuivit : « Moi, je reste seul comme prophète de Yahvé, et les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante.

23. 

Donnez-nous deux jeunes taureaux ; qu'ils en choisissent un pour eux, qu'ils le dépècent et le placent sur le bois, mais qu'ils n'y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l'autre taureau et je n'y mettrai pas le feu.

24. 

Vous invoquerez le nom de votre dieu et moi, j'invoquerai le nom de Yahvé : le dieu qui répondra par le feu, c'est lui qui est Dieu. » Tout le peuple répondit : « C'est bien. »

25. 

Élie dit alors aux prophètes de Baal : « Choisissez-vous un taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux. Invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu. »

26. 

Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu'à midi, en disant : « O Baal, réponds-nous ! » Mais il n'y eut ni voix ni réponse ; et ils dansaient en pliant le genou devant l'autel qu'ils avaient fait.

27. 

A midi, Élie se moqua d'eux et dit : « Criez plus fort, car c'est un dieu : il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage : peut-être il dort et il se réveillera ! »

28. 

Ils crièrent plus fort et ils se tailladèrent, selon leur coutume, avec des épées et des lances jusqu'à l'effusion du sang.

29. 

Quand midi fut passé, ils se mirent à vaticiner jusqu'à l'heure de la présentation de l'offrande, mais il n'y eut aucune voix, ni réponse, ni signe d'attention.

30. 

Alors Élie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi » ; et tout le peuple s'approcha de lui. Il répara l'autel de Yahvé qui avait été démoli.

31. 

Élie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, à qui Yahvé s'était adressé en disant : « Ton nom sera Israël »,

32. 

et il construisit un autel au nom de Yahvé. Il fit un canal d'une contenance de deux boisseaux de semence autour de l'autel.

33. 

Il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bois.

34. 

Puis il dit : « Emplissez quatre jarres d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois », et ils firent ainsi ; il dit : « Doublez », et ils doublèrent ; il dit : « Triplez », et ils triplèrent.

35. 

L'eau se répandit autour de l'autel et même le canal fut rempli d'eau.

36. 

A l'heure où l'on présente l'offrande, Élie le prophète s'approcha et dit : « Yahvé, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, qu'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c'est par ton ordre que j'ai accompli toutes ces choses.

37. 

Réponds-moi, Yahvé, réponds-moi, pour que ce peuple sache que c'est toi, Yahvé, qui es Dieu et qui convertis leur cœur ! »

38. 

Et le feu de Yahvé tomba et dévora l'holocauste et le bois, et il absorba l'eau qui était dans le canal.

39. 

Tout le peuple le vit ; les gens tombèrent la face contre terre et dirent : « C'est Yahvé qui est Dieu ! C'est Yahvé qui est Dieu ! »

40. 

Élie leur dit : « Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d'eux n'échappe ! », et ils les saisirent. Élie les fit descendre près du torrent du Qishôn, et là il les égorgea.

 

La fin de l’apostasie d’Israël permit l’intervention de Dieu, et la fin de la sécheresse :

 

I Rois chapitre 18°

41. 

Élie dit à Achab : « Monte, mange et bois, car j'entends le grondement de la pluie. »

42. 

Pendant qu'Achab montait pour manger et boire, Élie monta vers le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux.

43. 

Il dit à son serviteur : « Monte donc, et regarde du côté de la mer. » Il monta, regarda et dit : « Il n'y a rien du tout. » Élie reprit : « Retourne sept fois. »

44. 

A la septième fois, le serviteur dit : « Voici un nuage, petit comme une main d'homme, qui monte de la mer. » Alors Élie dit : « Monte dire à Achab : Attelle et descends, pour que la pluie ne t'arrête pas. »

45. 

Sur le coup, le ciel s'obscurcit de nuages et de tempête et il y eut une grosse pluie. Achab monta en char et partit pour Yizréel.

46. 

La main de Yahvé fut sur Élie, il ceignit ses reins et courut devant Achab jusqu'à l'arrivée à Yizréel. En route vers l'Horeb.

 

Le prophète traverse la grande plaine d'Esdrelon, et le terme de sa course est Yizréel ,près du Mont Carmel, seconde capitale pour les rois d’Israël. Elie est ensuite emporté sur un char de feu (2 Rois, chapitre 2°) et sera présent à la Transfiguration de Jésus. Et Elisée, son disciple, est investi par le manteau d’Elie, et de l'esprit du père sur les bords du Jourdain, et, de Béthel, « il alla delà au Mont Carmel » (2 Rois, 2, 25a), ce Mont « sacré » « depuis que la Reine des Prophètes s’y était manifestée. Désormais le Carmel fut sacré pour tous ceux dont les espérances de l'humanité tenaient le regard au-dessus de la terre  » (Dom Guéranger, op. cit.). Et depuis lors, les ancêtres à la foi exemplaire et qui attendaient le venue de Celui qui devait venir choisirent leur lieu de prière et de repos dans les mille grottes que leur ouvraient ses flancs.

 (à suivre)

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 16:32
- Par Mgr Jacques MASSON

Le 16 juillet, l’Eglise fête Notre-Dame du Mont Carmel. Le Mont Carmel : pourquoi ? Cette fête est peu connue des fidèles, et fait penser au Carmel, aux Carmélites. C’est pour quoi il m’a semblé utile de « m’arrêter » quelques instant sur ce Mont, bien connu dans la Bible, et riche de signification, pour en arriver ensuite à la Fête de Notre-Dame du Mont Carmel.


Le Mont Carmel dans la Bible

 

1-copie-7.jpg Le Mont Carmel est une montagne côtière du nord de la Palestine, qui surplombe la Méditerranée. Au temps de la Palestine de l’Ancien Testament, il était situé en Syro-Phénicie et avait une frontière commune avec la Galilée à l’est. Les montagnes de Galilée descendant du Nord, celles de Judée venant du Midi, se joignent en Samarie sur la chaîne assez courte qui tire de lui son nom et fait converger vers lui tous leurs grands souvenirs. Dom Guéranger (Année Liturgique)écrit à son sujet : « L'on dirait que par la situation dominante de son promontoire au centre même du littoral sacré, il a pour mission d'annoncer au loin sur la mer d'Occident l'Orient divin qui s'est levé du sein des ténèbres (cf. Luc. I, 78-79 : « Œuvre de la miséricorde divine qui nous amènera d’en-haut la visite du Soleil Levant »), « c’est-à-dire les temps messianiques ou le Messie lui-même » (cf. Bible de Jérusalem, note h).

 

Chez le prophète Jérémie, ce seul nom résumait à ses yeux tous les biens de la terre des promesses ; et quand les crimes du peuple élu menacent d'amener la ruine sur la Judée : « J'ai vu le Carmel désert, s'écrie le Prophète, et toutes ses villes détruites au souffle de la fureur de Dieu (Jérémie IV, 26) ». Mais voici qu'au sein des peuples païens, la future Sion succède à la première ; et huit siècles à l'avance, Isaïe la reconnaît à la gloire du Liban devenue sienne, à la beauté du Carmel et de Saron qui luit est donnée (Isaïe 35, 2 : « La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Saron ; on verra la gloire de Yahvé, la splendeur de notre Dieu »).

 

Le Mont Carmel est tellement connu et renommé que, dans le Cantique des Cantiques (Cantiques, 7, 5), les suivantes de l'Epouse, célébrant pour l'Epoux celle qui sans retour a ravi son cœur, chantent que « sa tête est comme le Carmel, et sa chevelure comme les fils précieux de la pourpre du roi tressés avec soin dans les eaux colorantes (2) », car la pêche des coquillages fournissant la couleur royale était, en effet, abondante au cap Carmel.

 

Le Carmel et sa région sont aussi le lieu de nombreux épisodes bibliques, qui nous sont peu connus. Tout près de ce Mont, coulait le fleuve Qishôn célèbre par la victoire de Débora sur les Cananéens dont il avait roulé les cadavres, comme le raconte le Livre des Juges (5, 21). Débora avait été choisie comme prophétesse pour chasser les Cananéens dirigés par Sisera, qui avaient envahi le pays car le peuple élu avait recommencé à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. Dieu écouta leurs supplications et leur demande de pardon. Aussi Sisera fut-il tué, ainsi que toute son armée. Et Débora, appelée « mère en Israël » (ibid, verset 5) entonna ce cantique : « Du haut des cieux les étoiles ont combattu, de leurs chemins, elles ont combattu Sisera. Le torrent du Qishôn les a balayés, le torrent sacré, le torrent du Qishôn ».

 

Mais le peuple d’Israël, sorti d’Egypte et entré en possession de la Terre Promise est incorrigible. Il retombe sans cesse dans le péché d’idolâtrie. Ils recommencent à faire ce qui déplaît à Yahvé (Juges, chapitre 6°), et Dieu les livra pendant sept ans aux mains de Madiân « dont la main se fit lourde sur Israël (ibid, verset 2). Aussi « Madiân réduisit Israël à une grand misère, et les Israélites crièrent. vers Yahvé « (ibid. 6).

 

Gedeon.jpgLe peuple invoqua le Seigneur qui lui envoya un prophète, et suscita Gédéon.Madian succomba à son tour dans la même plaine où Sisara avait senti la puissance de celle qu'on appelait la Mère en Israël : contre Madian, Gédéon lui aussi n'avait marché qu'au nom de la femme terrible comme une armée rangée en bataille(Cant. VI, 9 : « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore, belle comme le lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme des bataillons », texte repris dans la liturgie, antienne de l’Antienne Communion de la Vigile de l’Immaculée Conception, et attribué à la Sainte Vierge « terrible comme une armée rangée en bataille » : « Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrrorum acies ordinata »). Pour Gédéon, le signe avait été pour lui la toison rafraîchie par la céleste rosée dans la sécheresse de la terre entière (Juges, VI, 36-40.), texte que je tiens à citer, car il est appliqué à la Sainte Vierge : c’est l’épisode et l’épreuve de la toison (sans oublier la vision de la Femme de l’Apocalypse, revêtue du soleil, et la lune sous les pieds);


Juges, chapitre 6° :

7. 

Lorsque les Israélites eurent crié vers Yahvé à cause de Madiân,

8. 

Yahvé envoya aux Israélites un prophète qui leur dit : « Ainsi parle Yahvé, Dieu d'Israël. C'est moi qui vous ai fait monter d'Égypte, et qui vous ai fait sortir d'une maison de servitude.

9. 

Je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous ceux qui vous opprimaient. Je les ai chassés devant vous, je vous ai donné leur pays,

10. 

et je vous ai dit : «Je suis Yahvé votre Dieu. Vous ne craindrez pas les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. » Mais vous n'avez pas écouté ma voix. »

11. 

L'Ange de Yahvé vint et s'assit sous le térébinthe d'Ophra, qui appartenait à Yoash d'Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir pour le soustraire à Madiân,

12. 

et l'Ange de Yahvé lui apparut : « Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier! »

13. 

Gédéon lui répondit : « Je t'en prie mon Seigneur! Si Yahvé est avec nous, d'où vient tout ce qui nous arrive ? Où sont tous ces prodiges que nous racontent nos pères quand ils disent : «Yahvé ne nous a-t-il pas fait monter d'Égypte ?» Et maintenant Yahvé nous a abandonnés, il nous a livrés au pouvoir de Madiân... »

14. 

Alors Yahvé se tourna vers lui et lui dit : « Va avec la force qui t'anime et tu sauveras Israël de la main de Madiân. N'est-ce pas moi qui t'envoie ? » -

15. 

« Pardon, mon Seigneur! lui répondit Gédéon, comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus pauvre en Manassé et moi, je suis le dernier dans la maison de mon père. »

16. 

Yahvé lui répondit : « Je serai avec toi et tu battras Madiân comme si c'était un seul homme. »

17. 

Gédéon lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c'est toi qui me parles.

33. 

Tout Madiân, Amaleq et les fils de l'Orient se réunirent et, ayant passé le Jourdain, ils vinrent camper dans la plaine de Yizréel.

36. 

Gédéon dit à Dieu : « Si vraiment tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,

37. 

voici que j'étends sur l'aire une toison de laine; s'il y a de la rosée seulement sur la toison et que tout le sol reste sec, alors je saurai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. »

38. 

Et il en fut ainsi. Gédéon se leva le lendemain de bon matin, il pressa la toison et, de la toison, il exprima la rosée, une pleine coupe d'eau.

39. 

Gédéon dit encore à Dieu : « Ne t'irrite pas contre moi si je parle encore une fois. Permets que je fasse une dernière fois l'épreuve de la toison : qu'il n'y ait de sec que la seule toison et qu'il y ait de la rosée sur tout le sol! »

40. 

Et Dieu fit ainsi en cette nuit-là. La toison seule resta sèche et il y eut de la rosée sur tout le sol.

 

Saint Bonaventure, sans ses "Oeuvres spirituelles", chante et énonce les louanges de la Bienheureuse Vierge Marie en ces termes : "Marie, figurée par la toison de Gédéon".

« Vous êtes la toison que le ciel, dans sa bonté, offrit à Gédéon, toute humide et remplie d'une rosée divine; la toison qu'il pressa sous ses doigts. Les eaux dont vous fûtes arrosée sont demeurées toujours inaltérables, et vous êtes devenue la consolation de ceux que le malheur éprouve, alors que la terre entière se trouvait desséchée.

« La rosée véritable , descendue du fleuve céleste, a pénétré le manteau de votre pureté, alors que, par la faveur du Dieu suprême, vous fûtes remplie du soleil de justice; que vous êtes devenue la Mère de Dieu et de l'homme, et que la fleur de votre virginité réunit sans les altérer ses parfums à ceux de la maternité ».

 

« Sur la toison de Gédéon, sans aucun bruit, du ciel, la rosée tomba par l’action de Dieu (Juges 6, 36). De même, dans le sein de la Vierge, sans relation avec un homme, du ciel, le Fils de Dieu descendit selon l’antique promesse ».

 

Dans l’anaphore de Marie Vierge, Fille de Dieu, composée par Abba Ciriaque, Evêque de Bahnas, l’Eglise éthiopienne présente les images de Marie dans l’Ancien Testament :

 

« Par toi le premier né de toute la création a été renouvelé. Tu fus l'espoir d'Adam quand il fut chassé du Paradis, la piété d'Abel tuée injustement, la bonté de Seth, les bonnes oeuvres d'Enoch, l'arche de Noé qui le sauva du désastre du déluge, la bénédiction de Sem et sa part, la pérégrination d'Abraham, le parfum d’Isaac et l'échelle de Jacob, la consolation de Joseph, les tables de Moïse, la ronceraie du Sinaï, les sonnettes du vêtement du prêtre Aaron, ainsi que le bâton qui produit fleurs et fruits, la stèle du témoignage de Josué, la Toison de Gédéon, le vase d'onguent et la corne d'huile de Samuel, la verge dont Jesse se glorifiait, le chariot d'Aminadab, la cithare de David, la couronne de Salomon, le jardin fermé, la source scellée, le panier d'or d'Élie, le calice d'Elisée, la conception virginale d'Isaïe, la primogéniture sans noces d'Ezéchiel, l'émanation de la Loi à Bethléem, la terre d'Ephrata de Michée, l’arbre de vie de Silonidis, le pansement de la blessure de Nahum, la félicité de Zacharie, le temple pur de Malachie ».

 

« O Marie, tu es la nuée de Job, la Toison de Gédeon et la corne d'huile de Samuel, et pour toi tous les fruits de la terre répandirent un parfum suave… O Marie, calice d'intelligence de Samuel, salut de Daniel au milieu des lions, vie d'Élie ».


Mais, revenons à Gédéon. Convaincu par ces deux signes, Gédéon leva une armée. Mais le peuple était trop nombreux pour Dieu qui lui ordonna de faire un choix parmi ces 30.000 hommes. Les emmenant au bord de l'eau pour boire, il ne conserva dans ses troupes, comme Dieu le lui avait recommandé, que les hommes qui lapaient l'eau à la manière des chiens. Avec quelques hommes (300 environ) Gédéon partit à la rencontre des armées madianites.

 

Les armées ennemies étaient beaucoup plus nombreuses. Pour attaquer leurs camps, Gédéon divisa ses hommes en 3 équipes. Chaque homme reçut une trompette, une cruche-et une torche. Gédéon mit au point une tactique: « Quand vous arriverez près du camp, soufflez dans les trompettes, et hurlez : Pour Dieu et pour Gédéon . Ensuite, cassez vos cruches ». Les Madianites, trompés par tout ce bruit, prirent peur et s'enfuirent. La paix régna alors sur Israël tant que Gédéon vécut.

 

Dom Guéranger souligne le plan de Dieu sur ce Mont Carmel, en y voyant l’annonce, en ces termes, de la venue de la Mère par excellence,  : C’est « comme si cette plaine glorieuse d'Esdrelon, qui vient mourir au pied du Carmel, ne devait offrir aux horizons de ses divers sommets, aux échos de ses multiples vallées, que les prophétiques figures et les titres variés de la triomphatrice annoncée dès le premier jour du monde : non loin d'Esdrelon quelques défilés conduisent à Béthulie, terreur des Assyriens, qu'illustra Judith, la joie d'Israël et l'honneur de son peuple (Judith, XV, 10) ; tandis que dans  les  hauteurs  du septentrion se cache Nazareth, blanche cité, fleur de la Galilée (Hieron. Epist. XLVI, Paulae et Eustochii ad Marcellam) ».

 

Dom Guéranger déroule ainsi devant nos yeux, le plan éternel de Dieu : « Quand son amour se jouait dans l'affermissement des collines et des monts (Prov. VIII, 22-31), l'éternelle Sagesse avait en effet choisi le Carmel pour être, aux siècles des figures, l'apanage anticipé de la fille d'Eve qui briserait la tête de l'ancien ennemi. Aussi lorsque le dernier des longs millénaires de l'attente eut commencé de dérouler ses interminables anneaux, quand l'aspiration des nations (Genèse. XLIX, 10.)devenue plus instante obtint du Seigneur l'épanouissement de l'esprit prophétique dont cette époque parut marquée, ce fut au sommet de la montagne prédestinée qu'on vit le père des Prophètes venir dresser sa tente et observer l'horizon, avec le Prophète Elie.

 

Citons ce textes en entier, car la liturgie l’a repris pour les attribuer à Marie :


Proverbes, chapitre 8°

22. 

« Yahvé m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes.

23. 

Dès l'éternité je fus établie, dès le principe, avant l'origine de la terre.

24. 

Quand les abîmes n'étaient pas, je fus enfantée, quand n'étaient pas les sources aux eaux abondantes.

25. 

Avant que fussent implantées les montagnes, avant les collines, je fus enfantée;

26. 

avant qu'il eût fait la terre et la campagne et les premiers éléments du monde.

27. 

Quand il affermit les cieux, j'étais là, quand il traça un cercle à la surface de l'abîme,

28. 

quand il condensa les nuées d'en haut, quand se gonflèrent les sources de l'abîme,

29. 

quand il assigna son terme à la mer - et les eaux n'en franchiront pas le bord -, quand il traça les fondements de la terre,

30. 

j'étais à ses côtés comme le maître d'œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m'ébattant tout le temps en sa présence,

31. 

m'ébattant sur la surface de sa terre et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes.

 

(à suivre)

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 13:00
- Par Roberto i. TIVISSA [Barcelona - Espagne]

La-Pedrera.jpg

Gaudi 
 Façade de la Pedrera
 Gaudí



Tout le monde a entendu au moins parler du grand architecte Gaudí, lequel, outre un grand artiste, était aussi profondément chrétien [sa cause de béatification a été introduite à Rome].


Beaucoup ont également entendu parler - ou ont vu - l'immeuble dit “La Pedrera” , qui se trouve sur le Paseo de Gracia, et que d’innombrables touristes photographient chaque jour depuis le trottoir. C’est une des attractions de Barcelone dues à l'étonnant génie de cet artiste.


Or voici qu’une nouvelle polémique vient de surgir, analogue à celle de la tangence à la Sagrada Familia, de la future ligne du TGV (AVE) Barcelone-France - que j'ai évoquée dans un précent article .  A ce propos, il est trop tard pour modifier le trajet de l’AVE, il ne reste plus qu’à renforcer les mesures de sécurité.


La nouvelle polémique consiste en ce que l’Association “Amics de Gaudí ” vient de faire remarquer qu’à La Pedrera il manque une “pierre”, à savoir la statue de la Vierge du Rosaire que Gaudí avait prévue dans la partie haute de l’immeuble. Gaudí fut très fâché qu’on ne plaçât pas cette statue car celle-ci était précisément la raison d’être de l’immeuble.


Pedrera3.jpg

 Le sculpteur Etsuro Sotoo

présentant la maquette de la statue


“Amics de Gaudí” offre une statue de Etsuro Sotoo (1), le sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Mais les actuels propriétaires de l’immeuble la refusent, disant qu’il n’y a rien à ajouter au monument. C’est bien entendu une opinion, mais on pourrait se demander s’ils diraient de même si l’architecte avait imaginé, par exemple, une Vénus ou une statue de la Liberté.


Au fond, ce qui gêne certains, c’est que le motif central de l’oeuvre de Gaudí soit religieux.


_______________

(1)  ”Connaître Gaudi à tra­vers la pierre n’est pas chose facile, mais cela m’a paru le seul che­min pos­sible. Au début, tout mon tra­vail consis­tait à sculp­ter des feuilles ou des fruits. C’était mon pre­mier tra­vail et j’étais tota­le­ment inex­pé­ri­menté, la posi­tion des feuilles m’obsédait. Quand j’ai trouvé la solu­tion, ce fut ma pre­mière ren­contre avec Gaudí. (…).


"Mais même après avoir étudié tous les textes, docu­ments et idées de Gaudí, je n’étais tou­jours pas capable de le connaître, je ne savais pas encore qui il était. C’est en regar­dant où Gaudí regar­dait, c’est en cher­chant à arri­ver là où il dési­rait aller que je l’ai connu en vérité.


"Quand je me suis rendu compte de cela, je me suis senti extra­or­di­nai­re­ment libre : Gaudí est entré en moi et je suis entré en lui” [Etsuro Sotoo].

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 07:00
- Par Jacques MASSON

  Le 14 juillet : commémoration de la prise de la Bastille ?

 

Il existe en France, et a fortiori à l’étranger, une tenace croyance, ou une tenace ignorance, selon laquelle le 14 juillet, fête nationale, constituerait une commémoration de la prise de la Bastille, intervenue le 14 juillet 1789.

 

Ainsi, si l’on consulte le site gouvernemental “France diplomatie”, on y apprend que :

 

« journée révolutionnaire parisienne devenue fête nationale, le 14 juillet associe aujourd’hui la solennité des défilés militaires et la convivialité des bals et des feux d’artifice. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est commémorée en France depuis plus d’un siècle. »

 

Echo identique sur le site même de la Présidence de la République, fût-ce au prix d’une contradiction ultérieure, qui permet de constater que les sphères officielles préfèrent – faut-il s’en étonner ? - le maintien d’une erreur idéologique à la vérité des faits. Après avoir dit que le 14 juillet avait pour objet de célébrer la « journée révolutionnaire » de la prise de la Bastille, il poursuit en ces termes :

 

« Par la suite, la commémoration du 14 juillet 1789 est abandonnée, jusqu'à ce que la IIIème République, notamment Gambetta, cherche à célébrer les fondements du régime. Sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 fait du 14 juillet la fête nationale de la République ».

 

Le Larousse n’est pas en reste :

 

« La chute de la prison d'État fut, après coup, saluée comme la victoire de l'insurrection populaire sur l'arbitraire royal. C'est pourquoi le 14 juillet fut choisi comme fête nationale de la France par la IIIème République, en 1880. »


*

*      *

 

La fête nationale française célébrerait ainsi l’assaut de cette prison, dont n’ont pourtant été délivrés que des « faux-monnayeurs et des satyres », selon le mot de Gaxotte. Pour beaucoup, cette image prétendument épique, assimilée par l’historiographie d’Etat à une glorieuse victoire militaire, porte en elle la Révolution toute entière et l’Idée sublimée que l’Ordre nouveau se fait de lui-même : le prophète de la liberté, de l’égalité, de la fraternité universelles, dans un monde démocratique qui ne connaît plus désormais ni obscurité, ni fanatisme, ni injustice, ni privilège. Il plaît visiblement à notre bourgeoisie couronnée de rappeler ses origines canailles, selon un modèle mi-mondain, mi-vulgaire fort prisé de politiciens aujourd'hui très en vue.

 

Les peuples, paraît-il, étaient fatigués de l’opium de la religion. Ils lui ont préféré le suc plus corsé du phantasme révolutionnaire, qui sert, génération après génération, à consoler le citoyen de ses désillusions amères. Le règne des rois a laissé place à celui des banquiers, des bouffons, des marchands de soupe, des faiseurs d’affaires, des promoteurs immobiliers, des officines de la pensée unique, des penseurs  de quai de gare et des manipulateurs d’opinion portant tous le pouvoir relatif de politiciens médiocres, cyniques, inféodés et veules.  Les castes de privilégiés se sont multipliées, et avec elles, à la fois, l’arrogance ici, et la jalousie là. Les inégalités les plus criantes se sont épanouies paisiblement à l’ombre du pouvoir, y compris en matière fiscale. Un servage nouveau s’est développé, le citoyen lambda travaillant six mois l’an pour le seul compte de l’Etat protecteur, lequel vit à grand train sur sa ruine consommée et son avenir obéré. Le culte public de Dieu a laissé place à celui de l’Argent et l’idéal de l’honnête homme à celui du Consommateur, gavé de matérialisme, de téloche et de sport.

 

Mais qu’importe ! Chaque année vient offrir au citoyen désidéalisé, avec les beaux jours d’été, sa prophylaxie mémorielle contre l’esprit de réflexion et de rébellion. Nous sommes libres, vient-on nous marteler, nous sommes un modèle pour le monde, frères et égaux dans cette communauté sociale de bienveillance universelle car nos pères ont pris la Bastille ! Les politiciens eux-mêmes paraissent parfois être convaincus de la grandeur de l'événement de 89, inconscients qu'ils sont de celui qu'ils préparent à leurs dépens. Et ce trésor collectif qui est censé être nôtre a été conquis par les piques et les canons qui ont fait tomber, le 14 juillet 1789, la célèbre prison scélérate. 

 

*

*      *

 

Cette foi naïve, cette crédulité englobe aussi, souvent – malgré les élucidations apportées en ce domaine par l’historiographie moderne, notamment étrangère – cette idée que la Révolution française, qui a mis fin à un monde vieilli, serait une œuvre de vertu. On ne saurait donc trop rappeler, en passant, la violence et le fanatisme qui lui ont été consubstantiels, et qui l’ont conduite, dans le temps, à arracher les racines traditionnelles de ce pays, jusqu’à lui faire perdre, au plérôme de notre âge de mondialisation, toute identité. 

 

Qu’il nous soit donc permis de rappeler également, comme en passant, que cette Révolution a opéré son point de non retour par la Terreur, laquelle n’était pas un accident, mais un instrument logique et cohérent de ses objectifs. Si la prise de la Bastille a quelque chose à voir avec cette période, ce n’est certainement pas avec les progrès du droit qui l’ont accompagnée, mais avec cette Terreur, c’est-dire cette confiscation violente du pouvoir par des voyous et des assassins érigés en chantres de la Vertu obligée. En quoi, dès lors, la célébration d’un fête nationale, supposée constituer un lien national de tous les Français, peut-elle être symbolisée ou prendre naissance dans cette bacchanale de vulgarité et de sang ? D’autant que, contrairement à ce que la Légende Dorée de la République s’est appliquée longuement à faire croire, par son histoire officielle, le « nettoyage » auquel la Révolution – cette révolution de violence et de meurtre – s’est livrée a été tourné, premièrement et directement contre le peuple français lui-même.

 

« Contrairement à ce que l’on a pu croire, les guillotinés se sont recrutés beaucoup moins chez les “aristos” que parmi les gens du peuple. Se sentant menacés, un grand nombre de nobles avait émigré dès les premiers mois de la Révolution. Les victimes sont donc principalement des artisans et des laboureurs, des marchands et des religieux, désignés comme ‘ennemis de la Nation’ parce qu’ils avaient essayé de se soustraire aux réquisitions, ou simplement parce qu’ils avaient exprimé un peu trop haut leur mécontentement fut le blocage des prix et des salaires en général, de la politique du gouvernement » [cf. Michel Mourre Les Guillotinés der la Terreur, Publications Henry Coston, mars 1988, 139 pages : l’ouvrage donne la liste, avec noms, prénoms, profession, motif de la condamnation de toutes les victimes].

 

Mais surtout les principales victimes furent les prêtres [réfractaires, qui restaient fidèles au Pape], les religieux, les religieuses, des couvents entiers ; mais aussi et surtout, de nombreux fidèles, des gens simples du bon peuple de France, des gens attachés à leur foi, des catholiques qui continuaient, malgré les dangers, à s’adresser aux prêtres réfractaires et qui n’hésitaient pas à les cacher pour leur permettre de poursuivre leur ministère. Quand ils étaient découverts, le procès était bref : « Es-tu catholique ? – « Oui, je suis catholique » - Fidèle à la Constitution ou au Pape ? «  - Au Pape » - « A la guillotine »…

 

Dans mon village de Lorraine une famille, qui habitait alors Lyon, y a eu 31 personnes guillotinées, pour la seule raison d'être catholiques, et de s'adresser aux prêtres réfractaires! Les interrogatoires, que j’ai lus, font penser aux pires persécutions du temps de l’Empire Romain.

 

Dans mon propre village, la Mère Abbesse de l’une des quatre Abbayes de femmes de Lorraine, a écrit une Lettre personnelle au Pape au début du mois de janvier 1790 en analysant la situation. Elle déclarait que le mouvement nouveau avait pour but surtout de détruire l’Eglise Catholique en France (Je possède copie de ce document dans mes archives, qui se trouve aux Archives de Meurthe et Moselle). Elle assurait le Saint-Père de sa fidélité et à l’Eglise « perinde ac cadaver », ainsi que de la fidélité de ses Chanoinesses, dont plusieurs sont mortes, de fait, à la guillotine.

 

Est-ce cela que l’on fêterait le 14 juillet ? Et pourtant, pour beaucoup, pour de très nombreux Français, la Fête nationale c’est la prise de la Bastille… Quelle ignorance et quelle honte !

 

Chaque année, les journaux, la télévision, nous rebattent les oreilles avec cette « prise de la Bastille ». En Italie, comme dans de nombreux autres pays, il en est de même.

 

C’est pourquoi j’avais écrit en son temps, sans succès, à l’Ambassadeur de France près le Saint-Siège pour que soient informées les différentes Ambassades, et surtout les différents journaux et radios et télévisions sur la signification du 14 juillet. Car on ne peut tolérer qu'une telle ignorance continue : c’est une erreur grave, c’est même un non sens, qui dénote la grande ignorance qu’ont les Français de leur propre histoire. Qu’enseignez-vous  Messieurs les professeurs d’histoire ? Ma lettre est bien sûr restée « lettre morte » et je gage que, cette année encore, tous les moyens italiens d’information renchériront sur « la prise de la Bastille »… C’est beau la « francophonie ».

 

C'est pourtant un fait historique et culturel, qu'il faut faire connaître pour lui donner tout son sens : Une fête nationale ne saurait être une chose banale, qui exalte des massacres aveugles…. Sinon, moi-même, je ne fêterais pas le 14 juillet, car mes ancêtres s'adressaient alors aux prêtres réfractaires, comme le montrent les registres de ces prêtres que j'ai découverts aux Archives de Nancy.

 

*

*      *

 

Le 14 juillet, fête nationale de la France,

n’est pas la commémoration de la prise de la Bastille [14 juillet 1789]

 

La date du 14 juillet retenue comme fête nationale, est le 14 juillet 1790, Fête de la Fédération, où toute la France, avec les trois Corps constitués, Clergé, Noblesse, Tiers-Etats, se sont retrouvés pour une messe solennelle de réconciliation, en présence du Roi Louis XVI, afin de marquer la réunion de la France autour de son Roi, et autour de l'autel gigantesque dressé sur la Place de la Concorde à Paris, après les incidents sanglants révolutionnaires de la prise la Bastille le 14 juillet 1789. Le site internet du Sénat, mieux inspiré que d'autres sites gouvernementaux, ne manque pas de le rappeler.

 

Cette Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100.000, y compris ceux de Paris. Les parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe fut célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun (personnage pour le moins ambigu). La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum, puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.

La date du 14 juillet, comme fête nationale, fut retenue bien plus tard.

 

En effet, ce n'est que le 21 mai 1880 que le député Benjamin Raspail déposa la loi faisant de cette date la fête nationale annuelle en commémoration de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Cette référence à cette fête et non pas à la prise de la Bastille fut volontaire et explicite – afin d'écarter un événement sanglant.  Voici en quels termes s’est exprimé à ce sujet le Rapporteur du Sénat, Henri Martin :

 

« (…) à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire » (Henri Martin, rapporteur du Sénat).

 

Le même Rapporteur, au cours des débats, devait d’ailleurs déclarer à propos de l’Ancien Régime : « Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France. »

 

La loi fut adoptée par l'Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle fut promulguée le 6 juillet 1880. C’est depuis lors que le 14 juillet est officiellement le jour de la fête nationale française.

 

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