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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 05:00

Par L'Equipe d'Hermas
23° jour 15 mars 2010 (lundi 15 mars 1915)

La flagellation

Pilate, ne sachant que faire pour calmer la fureur des juifs contre Jésus-Christ va le livrer au supplice de la flagellation. Jésus paraît : on l’a dépouillé de sa robe sans coutures, puis on l’attache à la colonne, et les coups succèdent aux coups, les sillons aux sillons, les fouets labourent ses épaules, étreignent sa poitrine, cinglent son visage pour l’aveugler, déchirent son corps, découvrent ses os. Et aucune plainte ne sort des lèvres du Sauveur, aucun éclair de colère ne se montre dans ses yeux. Ah ! Ce que Jésus le voulait, ce supplice que le code de la loi infligeait à l’homme libre, et à la femme esclave coupable d’impuretés.

Et pourquoi le voulait-il ?

Pour expier les crimes extrêmes par des expiations extrêmes.

Aussi, pendant que Jésus-Christ souffrait infiniment, son âme était au ciel où elle négociait avec son Père le pardon de l’impureté.

Jamais je n’oublierai que, dans les expiations de la chair, le Sauveur a purifié mon âme qui ne doit vivre que pour lui. Et puis, je me surveillerai dans mes affections, dans mes lectures, dans mes tendances de mollesse, dans mes désirs mêmes, me souvenant toujours que je ne dois pas profaner le Sang que j’ai versé pour me mériter la pureté.

 

Prière

Mon doux Jésus, pardon, de mes légèretés, de mes mollesses, de mes péchés d’impureté, parce qu’ils ont augmenté les souffrances de votre flagellation : vous êtes si bon que j’ose vous demander de m’appliquer les mérites de ce supplice terrible afin que, me gardant pure comme une vierge, et toujours sainte, je demeure dans votre crainte et dans votre amour

 

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /2010 08:37

Par L'Equipe d'Hermas

QUATRIEME DIMANCHE DE CAREME

 

Ce Dimanche, appelé Lœtare, du premier mot de l'Introït de la Messe, est un des plus célèbres de l'année. L'Eglise, en ce jour, suspend les saintes tristesses du Carême ; les chants de la Messe ne parlent que de joie et de consolation ;  l'orgue, muet aux trois Dimanches précédents, t'ait entendre sa voix mélodieuse

 

La Station, à  Rome, est dans la Basilique de Sainte-Croix-en-Jérusalem, l'une des sept principales  de la ville sainte. Elevée au ive siècle par Constantin, dans la villa de Sessorius, ce qui l'a fait appeler aussi la basilique Sessorienne, elle fut enrichie des plus précieuses reliques  par sainte Hélène,  qui voulait en faire comme la Jérusalem de Rome. Elle y fit transporter,  dans cette pensée, une grande quantité de terre prise sur le mont du Calvaire, et déposa dans ce sanctuaire, entre autres monuments de la Passion du Sauveur,  l'inscription qui était placée au-dessus de sa tête pendant qu'il expirait sur la Croix, et qu'on y vénère  encore sous le nom du Titre de la Croix : Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, écrit en hébreu, grec, et latin, mais de droite à gauche, comme on écrit l’hébreu

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Le nom de Jérusalem attaché à cette Basilique, nom qui réveille toutes les espérances du chrétien, puisqu'il rappelle la patrie céleste qui est la véritable Jérusalem dont nous sommes encore exilés, a porté dès l'antiquité les souverains Pontifes à la choisir pour la  Station d'aujourd'hui.  Jusqu'à l'époque du séjour des Papes à Avignon, c'était dans son enceinte qu'était inaugurée la Rose d'or, cérémonie qui s'accomplit de nos jours dans le palais où le Pape fait sa résidence.

 

De nos jours, la fonction n'est plus aussi imposante; mais elle a conservé tous ses rites principaux. Le Pape bénit la Rose d'or dans la Salle des parements, il l'oint du Saint-Chrême, et répand dessus une poudre parfumée, selon le rite usité autrefois; et quand le moment de la Messe solennelle est arrivé, il entre dans la chapelle du palais, tenant la fleur mystique entre ses mains. Durant le saint Sacrifice, elle est placée sur l'autel et fixée sur un rosier en or disposé pour la recevoir ; enfin, quand la Messe est terminée, on l'apporte au Pontife, qui sort de la chapelle la tenant encore entre ses mains jusqu'à la Salle des parements. Il est d'usage assez ordinaire que cette Rose soit envoyée par le Pape à une personnalité particulièrement méritante.

 

Voici la prière récitée à cette occasion

 

O Dieu, dont la parole et la puissance ont tout créé, dont la volonté gouverne toutes choses, vous qui êtes la joie et l'allégresse de tous les fidèles ; nous supplions votre majesté de vouloir bien bénir et sanctifier cette Rose, si agréable par son aspect et son parfum, que nous devons porte  aujourd'hui dans nos mains, en signe de joie spirituelle : afin que le peuple qui vous est consacré, étant arraché au joug de la captivité de Babylone par la grâce de votre Fils unique qui est la gloire et l'allégresse d'Israël, représente d'un cœur sincère les joies de cette Jérusalem supérieure qui est notre mère.

Et comme votre  Eglise, à la vue de ce symbole, a tressailli de bonheur, pour la gloire de votre Nom; vous. Seigneur, donnez-lui un contente ment véritable et parfait. Agréez  la dévotion, remettez les pèches, augmentez la foi : guérissez par votre pardon, protégez par votre miséricorde; détruisez les obstacles, accordez tous les biens : afin que cette même Eglise vous offre le fruit des bonnes œuvres, marchant à l'odeur des parfums de cette Fleur qui. sortie et de la tige de Jessé, est appelée mystiquement la fleur des champs et le lis des vallées, et qu'elle  mérite de goûter une  joie sans fin au sein de la gloire céleste, dans la compagnie de tous les saints, avec cette Fleur divine qui vit et règne avec vous, en l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen. »

 

Les soixante-dix ans de la captivité seront bientôt écoulés. Encore un peu de temps, et les exilés rentreront dans Jérusalem : telle est la pensée de l'Eglise dans tous les chants de cette Messe. Elle n'ose pas encore faire retentir le divin Alléluia; mais tous ses cantiques expriment la jubilation, parce que, dans peu de jours, la maison du Seigneur dépouillera le deuil et reprendra toutes ses pompes.

 

INTROÏT.

 

Réjouis-toi, Jérusalem, et vous tous qui l'aimez, rassemblez-vous ; unissez-vous à sa joie, vous qui avez été dans la tristesse; tressaillez d'allégresse, rassasiez-vous et soyez consolés dans ses délices.

 

Ps. Je me suis réjoui dans cette parole qui m'a été dite : Nous irons dans la maison du Seigneur. Gloire au Père. Réjouis-toi.

 

Nous empruntons au Triodion de l'Eglise grecque les strophes suivantes, qui se rapportent à l'Office d'aujourd'hui, et expriment les sentiments du chrétien, au milieu de la sainte Quarantaine.

 

(Dominica IV Jejuniorum.)

(4° Dimanche de Carême)

 

Déjà nous avons parcouru plus de la moitié de la carrière du jeûne; courons dans le stade, et achevons la course avec allégresse; oignons nos âmes de l'huile des bonnes œuvres, afin que nous méritions d'adorer la divine Passion du Christ notre Dieu, et d'arriver à la sainte Résurrection digne de tous nos hommages.

 

Celui qui a planté la vigne et appelé les ouvriers, le Sauveur, est proche ; venez, athlètes du jeûne,  recevoir la récompense : car il est riche, ce dispensateur, et plein de miséricorde. Nous avons peu travaillé; et cependant nos âmes recevront ses faveurs.

 

O Dieu ! qui donnes la vie, ouvre-moi les portes de la pénitence. Mon esprit veille dans ton temple saint; mais le temple du corps qui lui est uni a contracté un grand nombre de taches Prends pitié, et purifie-moi dans ta miséricordieuse bonté.

 

Venez, produisons des fruits de pénitence dans la vigne mystique ; travaillons, ne nous livrons point au manger et au boire ; accomplissons des œuvres de vertu dans la prière et le jeûne. Le Seigneur y prendra plaisir; et, pour prix de notre travail, il nous donnera le denier qui délivre les âmes de la dette du péché, lui le seul Dieu, lui dont la miséricorde est grande.

 

 

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 12:26

Par Mgr Jacques MASSON

Offrons à Marie, en ce jour du Samedi, notre hommage accoutumé, en lui présentant cette prose naïve tirée de nos anciens Missels Romains-Français.


SÉQUENCE

 

 

Que le fidèle plein d'amour pour Marie fasse entendre ses louanges, dans un transport d'allégresse.

 Que le cri du cœur, en célébrant la Mère, monte vers le Fils dans un cantique d'amour.

 Salut des hommes, gloire de la virginité, nous vous rendons hommage; après le Seigneur, la louange et l'honneur sont à vous.

Vous êtes la rose, vous êtes le lis dont le parfum attira le Fils de Dieu, quand il s'unit à notre chair.

 Salut, source abondante de miséricorde, vraie médecine de l'âme blessée.

Ministre du pardon, lumière de grâce, reine entourée d'une gloire souveraine.

Salut, créature sans tache, miroir de pureté; vous êtes la beauté du mystère de l'église.

Vous êtes la fin de nos misères, le printemps de l'allégresse, le lien de la paix et de la concorde.

Heureuse mère, effacez nos crimes; par votre droit de mère, commandez au Rédempteur.

Donnez-nous le lien de la loi : donnez-nous les œuvres du salut ; donnez-nous, au soir de la vie, de bien mourir. Amen.

 

 

Le Quatrième des Sept Psaumes la Pénitence : Miserere

 

Psaume 51° (50°)

1. 

Du maître de chant. Psaume. De David.

51:2 [Quand Natân le prophète vint à lui parce qu'il était allé vers Bethsabée.] Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande tendresse efface mon péché,

2. 

51:3 lave-moi tout entier de mon mal et de ma faute purifie-moi.

3. 

51:4 Car mon péché, moi, je le connais, ma faute est devant moi sans relâche;

4. 

51:5 contre toi, toi seul, j'ai péché, ce qui est coupable à tes yeux, je l'ai fait. Pour que tu montres ta justice quand tu parles et que paraisse ta victoire quand tu juges.

5. 

51:6 Vois : mauvais je suis né, pécheur ma mère m'a conçu.

6. 

51:7 Mais tu aimes la vérité au fond de l'être, dans le secret tu m'enseignes la sagesse.

7. 

51:8 Ote mes taches avec l'hysope, je serai pur; lave-moi, je serai blanc plus que neige.

8. 

51:9 Rends-moi le son de la joie et de la fête qu'ils dansent, les os que tu broyas!

9. 

51:10 Détourne ta face de mes fautes, et tout mon mal, efface-le.

10. 

51:11 Dieu, crée pour moi un cœur pur, restaure en ma poitrine un esprit ferme;

11. 

51:12 ne me repousse pas loin de ta face, ne m'enlève pas ton esprit de sainteté.

12. 

51:13 Rends-moi la joie de ton salut, assure en moi un esprit magnanime.

13. 

51:14 Aux pécheurs j'enseignerai tes voies, à toi se rendront les égarés.

14. 

51:15 Affranchis-moi du sang, Dieu, Dieu de mon salut, et ma langue acclamera ta justice;

15. 

51:16 Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange.

16. 

51:17 Car tu ne prends aucun plaisir au sacrifice; un holocauste, tu n'en veux pas.

17. 

51:18 Le sacrifice à Dieu, c'est un esprit brisé; d'un cœur brisé, broyé, Dieu, tu n'as point de mépris.

18. 

51:19 En ton bon vouloir, fais du bien à Sion rebâtis les remparts de Jérusalem!

19. 

51:20 Alors tu te plairas aux sacrifices de justice holocauste et totale oblation alors on offrira de jeunes taureaux sur ton autel.

 

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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 05:00

Par Mgr Jacques MASSON

22° jour 13 mars 2010 (samedi 13 mars 1915)

Pilate ayant appris de Jésus qu’il était juif, le fait conduire chez Hérode qui se moque de lui pendant que Jésus garde le silence. Hérode, furieux, le fait alors revêtir du manteau des fous, et le renvoie à Pilate/Celui-ci le trouve innocent, et ne cesse de redire à la foule ameutée : « que voulez-vous que j’en fasse ? ».
« Qu’il soit crucifié ! ».
Epouvanté de la responsabilité de condamner un innocent qui revête en lui un caractère divin, Pilate se rappelle qu’en la fête de Pâque on a le droit de délivrer un coupable. Or, Barabbas, bas assassin, voleur, est mis en parallèle avec Jésus innocent pour être délivré. Mais les juifs de hurler : « Non pas Jésus, mais Barabbas, et que Jésus soir crucifié ! ».
Chaque fois que je choisis le Démon, le monde ou mon plaisir à Dieu, le péché au bien, ma mauvaise nature aux inspirations de la grâce, je fais jaillir jusqu’au cœur du Sauveur qui m’a tant aimée, ce cri outrageant des juifs déicides, ingrat et coupables : « Qu’il vive en moi ce Barabbas avec ses attraits, ses plaisirs terrestres et illégitimes, et qu’il soit insulté, bafoué, crucifié, mis à mort par moi ce Jésus-Christ qui m’a aimée au point de me prédestiner au bonheur éternel car je rejette toutes ses richesses pour jouir bien vite ici-bas, sans attendre le Ciel.

Prière
Mon Jésus, faites qu’en toutes mes actions, je vous préfère au monde et à ses plaisirs, au Démon et à moi-même ; oui, il est juste que vous viviez en moi par votre action vivifiante, alors que tant d’autres  préfèrent vous crucifier en rejetant votre divine influence pour aller jouir plus librement avec vos ennemis.

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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 16:00

Par Mgr Jacques MASSON

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CONCLUSION


La débâcle en liturgie, comme j’ai intitulé un article publié dans « Hermas ». La crise en liturgie comme dont parle Mgr Piero Marini, avec les questions judicieuses et très justes qu’il pose dans les paragraphes précédents sont une réalité qui interroge les prêtres, et surtout leurs Pasteurs, Successeurs des Apôtres, et chargés comme eux d’accomplir son commandement « faites ceci en mémoire de moi ». Nous devons constater que nous nous éloignons de plus en plus des principes exposés par celui qui été Maître des Cérémonies des Papes.

Aussi, pour terminer, et pour montrer si besoin est au point où nous en sommes, et combien nous sommes loin des principes énoncés avec autorité et compétence par ce Prélat, je me permets de reprendre les quelques exemples que j’ai cités, à propos des célébration liturgiques, de la Sainte Messe en particulier, et qui montrent à l’évidence qu’il est temps que les Pasteurs interviennent avec bonté, compréhension et fermeté, pour redonner à la Sainte Liturgie la présence du Christ au milieu de nous, et aider chaque prêtre à comprendre « si vraiment les rites et les gestes que nous accomplissons sont vraiment les gestes du Christ », « … car ils sont les gestes de Jésus. Dans la célébration liturgique et les gestes concrets qu’elle requiert, l’Eglise ne fait rien d’autre que de prolonger et d’actualiser les gestes du Seigneur Jésus » (cf. Mgr Piero Marini, cité ci-dessus). Ne pas le faire, est-ce encore « faire ce que veut l’Eglise ? Il est permis d’en douter et de se demander si ceux qui se livrent à ces manipulations de la liturgie font encore partie pleinement de l’Eglise.

J’écrivais :

C’est là aussi un problème grave et répandu : le prêtre « manipule » la Liturgie, des textes proposés par l’Eglise, comme s’il pouvait en disposer. De quel droit ? Au nom de quelle autorité ? De la sienne ? N’est-il pas un Ministre, un Intendant, un Serviteur, tout simplement ? L’aurait-il oublié ?

Il est de plus en plus fréquent, notamment, mais pas seulement, pour les Messes de Mariage, ou les enterrements célébrés avec Messe, que le prêtre introduise des lectures, des prières de son choix : les cas abondent, et ne sont pas isolés :

-.remplacer la première Lecture par un texte profane qui n’a rien à voir avec la Bible. Ce qui est formellement interdit. J’ai assisté dernièrement à un enterrement en Belgique. Le prêtre, que j’avais déjà rencontré auparavant, et que je connaissais ( !), m’a demandé au dernier moment de concélébrer. Je men suis bien gardé, sachant à quoi je risquais de m’exposer. Il avait demandé à la petite fille du défunt, une Maman Catéchiste, de choisir les lectures. Ce qu’elle a très bien fait. Il n’en a pas tenu compte. Et on nous a lu un texte profane.
-.Les prières de l’Offertoire n’avaient rien à voir avec le texte liturgique officiel.
-.Pas de « Lavabo », le lavement des mains.
-.Je n’ai jamais entendu la Prière Eucharistique utilisée. Seules les paroles de la Consécration « étaient les bonnes ».
-.La Messe était-elle valide ? On peut se poser la question en de nombreux endroits, car, pour qu’elle soit valide, il faut que le prêtre fasse ce que veut l’Eglise !
-.Et que dire de « la paix » ? Un signe de paix ? Un geste de paix : une « distraction », un « geste mondain », une « procession », une « débandade » qui n’en finit plus, et qui fait passer inaperçue une prière importante : « AGNEAU DE DIEU QUI ENLEVES LE PECHE DU MONDE PRENDS PITIE DE NOUS ».
-.Bien sûr, il était en aube froissée avec une étole, et se promenait d’un bout à l’autre de l’autel, les bras ballants.
-.Un cas isolé ? PAS DU TOUT ! Un cas parmi tant d’autres ! Parmi beaucoup d’autres !

Pourquoi le choix systématique des prières les plus brèves ?
Pour donner un plus grand choix de prières au Prêtre qui célèbre la Sainte Messe, le Nouvel Ordo a introduit de nouvelles prières « ad libitum », « au choix ».
-.Au début, pour la « liturgie pénitentielle »,
-.De nouvelles Prières Eucharistiques, trois tout d’abord, ajoutées au Canon Romain pluriséculaire, puis d’autres qui se sont ajoutées pour être utilisées en des circonstances particulières.
-.La possibilité aussi de choisir, pour les Lectures et l’Evangile ou la lecture du jour, ou « sa forme brève »
-.La possibilité de choisir entre les deux prières (déjà abrégées par rapport à celle de l’Ordo Tridentin) prévues avant la Communion du prêtre
-.La distribution de la Sainte Communion : c’est à savoir qui ira le plus vite, pour ne pas la faire durer trop longtemps : les prêtres sont devenus des « distributeurs automatiques ! « le-Corps-du-Christ-le-Corps-du-Christ »…
Mais que s’est-il passé ? C’est simple : être bref, faire CE QUI EST BREF ! (La Messe, c’est fatiguant », me disait un confrère de séminaire !) :

-.La « Deuxième Prière Eucharistique » (on l’appelait le « Canon RANDAL ») est « récitée » par la presque totalité des prêtres. (Je l’ai appelée « le Canon Randal », en relation avec l’acteur de cinéma de l’époque, qui portait un fusil au « canon scié »).
-.La Troisième Prière Eucharistique vient en deuxième place ;
-.La Première Prière Eucharistique, le « Canon Romain » ? De mémoire de prêtre, depuis 40 ans, je ne l’ai pas entendue une seule fois ! Et c’est pourquoi, pour réparer cet « oubli », je la choisis chaque jour.
-.Une seule prière suffit à présent au prêtre avant de communier au Corps et au Sang du Christ, parmi les deux qui lui sont proposées (dans la Messe Tridentine, il y avait trois prières obligatoires)

Les Messes « TGV » (« A Très Grande Vitesse »)
Mais il y a plus, il y a plus grave encore ! La rapidité avec laquelle sont récitées les prières, et « célébrées » les Messes
On en est arrivé à ce que j’appelle « les Messes TGV », les Messes dites « à très grande vitesse ». Car la réalité est bien ainsi : 20 minutes une Messe en semaine, 40 minutes le dimanche, tout compris

Je dois dire honnêtement que ce n’est pas un problème qui date d’hier, ni de la Réforme Liturgique. Cela dépend seulement et uniquement du prêtre, de sa foi, de la conscience qu’il a du Mystère qui se réalise par lui, quel que soit le rite qu’il célèbre, la Messe Tridentine, ou le Nouvel Ordo.

Quand la Messe Tridentine était alors en usage, je me souviens très bien que les prières de l’Offertoire et du Canon étaient « dites » à voix basse. La liturgie prévoyait des gestes qui se répétaient, comme les signes de Croix par exemple sur l’Hostie et sur le Calice : « Hostiam puram, + Hostiam Sanctam, + Hostiam Immaculatam, + Panem Sanctum, +  Vitae aeternae, + et Calicem Salutis perpetuae »

Entre chaque expression, les rubriques prévoyaient un signe de croix ( + ) tracé par le célébrant, sur l’Hostie et sur le Calice. Ces signes de Croix, au lieu de permettre au prêtre de marquer un temps d’arrêt, une courte pause pour lui permettre de bien se pénétrer du mystère qu’il célébrait, se transformaient en une « course contre la montre » : des signes de croix tracés à toute vitesse, faisant penser que le prêtre était en train de « chasser les mouches ».

D’où la réflexion de nombreux prêtres de l’époque (ils avaient déjà perdu le sens du sacré !) : « pourquoi tous ces signes de croix mal faits ? Il vaut mieux en faire un bien, que cinq mal faits ».

Les pauvres (déjà à cette époque !) : et s’ils avaient songé à « bien faire » ces cinq signes de Croix ? Qui les empêchaient de bien les faire, avec recueillement avec piété ?

On comprend que, avec la possibilité de prières plus « courtes », le choix soit allé au plus pressé.

Car, dans la Messe Tridentine, le fidèle ne pouvait se rendre compte de la manière avec laquelle les prières étaient « récitées » par le célébrant.

Mais, avec le Nouvel Ordo, tout est dit à voix haute : rien n’échappe aux fidèles. Ou plutôt : tout échappe aux fidèles, car les prières sont dites, récitées, avec une telle vitesse, que, bien souvent, il n’a pas le temps de prêter attention à ce que « récite » le prêtre », de mémoire souvent, en regardant les assistants. Le Sanctus à peine terminé, il se retrouve déjà après la Consécration, sans s’en être rendu compte.

Et, ce qui se « faisait » à voix basse dans la Messe Tridentine, se fait à voix haute dans le Nouvel Ordo. Mais ne peut passer inaperçu !

Quelle mouche pique donc les prêtres, pour qu’ils récitent les textes de la Messe avec une telle rapidité ? Comment peuvent-ils se pénétrer des paroles qu’ils prononcent ! Ils sont pressés ? Qu’ont-ils à faire d’autre, si ce n’est CELEBRER LES SAINTS MYSTERES ?

« Père infiniment bon, toi vers qui montent nos louanges…Nous t’en supplions Dieu tout-puissant… Il prit le pain-le-donna-à-ses-disciples-en-disant-ceci-est-mon-corps-livré-pourvous-faites-ceci-en-mémoire-moi-il-est-grand-le-mystère-de-la-foi »

Le tout, dit, récité, de manière monotone, monocorde, neutre, sans pause, d’un seul trait, à peine le temps de reprendre son souffle. « Ouf, « Ite Missa est ». ça y est j’ai dit la Messe : j’ai été brave ce dimanche ; 40 minutes avec l’homélie ! » (Sic !)

Et les fidèles ?: « Tiens, c’était la Consécration !!! Tiens la Messe est terminée : « allez dans la paix du Christ! ».

Le prêtre se rend-il bien compte qu’il ne récite pas un texte, une prière : IL EST EN TRAIN DE PARLER A DIEU AU NOM DU PEUPLE QUI LUI EST CONFIE ET QUI DOIT POUVOIR S’UNIR A SA PRIERE !

Non, beaucoup ne s’en rendent plus compte. Ils ne parleraient pas ainsi aux gens qu’ils rencontrent, à leurs amis : personne ne les comprendrait. Ce serait même d’une grande incorrection. Et pourtant ils parlent au Dieu Trois Fois Saint : « Sanctus, Sanctus, Sanctus ».

Pas même une pause, un petit arrêt au moment de prononcer les Paroles Sacrées, quand intervient le Seigneur, au moment de la Consécration pour dire « CECI EST MON CORPS, CECI EST MON SANG »

Parler à Dieu ? Agir « in persona Christi » ? Qui le dirait ? Tourné vers le peuple, le prêtre, l’hostie, dans les mains, puis le calice, tout en prononçant les paroles sacrées de la Consécration, regarde les gens, leur monte l’Hostie, tourne la tête de droite à gauche, s’essuie les joues s’il fait chaud, récite les « formules » de la Consécration de mémoire (ce qui est formellement interdit, pour éviter de se tromper) comme si, à ce moment là, c’étaient les fidèles qui intervenaient !

Ne devrait-il pas être incliné, recueilli, marquer un léger temps de silence, pour manifester que ce n’est plus lui qui agit, qu’il laisse la place au Seigneur qui va se rendre présent dans l’accomplissement de son Sacrifice ? Et laisser ainsi le temps aux fidèles de s’unir à lui, dans sa prière, dans son adoration, en ce moment solennel où s’accomplit notre salut ?

Il faut reconnaître aussi que le texte de la Consécration, tel qu’il est rédigé actuellement, fait plus penser à un « récit » pur et simple, où se mêlent sans distinction la partie de récit de l’Institution de l’Eucharistie à la Dernière Cène, et la partie qui est la Consécration de l’Hostie et du Vin : en raison de la ponctuation tout d’abord ( : - deux points -, qui indiquent une continuité -  au lieu de . –point - qui marquait une pause ; et en raison de la mise en lettres majuscules de paroles concernant le simple récit de la cène, et les paroles mêmes de l’Institution de l’Eucharistie .Une confusion est facile à faire, surtout quand on n’a pas reçu une formation suffisante pour éviter une interprétation et une attitude erronées à ce moment grandiose et sacré !

Et cela, il faut le dire et le répéter, n’aide certes pas le prêtre qui n’a pas reçu une formation suffisante, à se rendre compte de qui se passe, de ce qu’il réalise, de ce que le Christ réalise par son Ministre.

Mgr Marini soulignait l’insuffisance de la formation des prêtres. Certains d’entre eux sont devenus Evêques. Comment s’étonner alors de leur apathie ?

Pasteurs, quand vous déciderez-vous à intervenir pour mettre fin à cette crise de la Liturgie, à cette débâcle galopante dans la liturgie, jusqu’à voir, comme dernièrement à Liège (cf. article Hermas), un prêtre célébrer le « mariage » de deux personnes du même sexe ?

Oh ! Oui, Saint Curé d’Ars, priez pour nous, vous qui êtes devenu ou allez devenir le « Patron des prêtres ».

Une dernière question pourrait se poser, devant la reprise de certains geste ou ornements, faits par Notre Saint-Père le Pape Benoît XVI. Elle a été posée à Mgr Piero Marini, en ces termes :

« Avez-vous trouvé en Benoît XVI un Pape particulièrement attentif à la liturgie ? »

« Oui, comme chacun sait. Pour moi, Benoît XVI est non seulement un expert en liturgie, mais quelqu’un vivant cette liturgie, sachant ce que c’est. J’en ai eu l’expérience dès le début de son Pontificat quand je me suis déplacé avec lui plusieurs fois. J’ai alors vu son sens de la liturgie, son intelligence de la liturgie. Il est le fils de ces grands maîtres qu’ont été Romano Guardini, et quelques autres. Il est difficile de trouver dans l’histoire, excepté au premier millénaire, un autre Pape qui se place à l’intérieur de la question du Mystère » (op. cit. p. 134).

Merci Excellence pour ce témoignage fondé sur votre expérience. Que votre témoignage puisse faire taire ces critiques destructrices et nocives, en France, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, en Italie et même à Rome, chaque fois que le Saint-Père intervient discrètement dans le domaine de la liturgie, pour lui redonner son caractère sacré, et inviter les Pasteurs à imiter le Vicaire du Christ : « Qui vous écoute, m’écoute » !. Qu’il puisse amener les prêtres à suivre le Vicaire du Christ, au lieu d’entendre des prêtres dire, comme je l’ai rapporté ci-dessus, par ignorance et par parti pris : « « Si le Pape veut nous imposer toutes ses réformes et revenir en arrière, avec la Croix sur l’autel, la communion à genoux et dans la bouche, les ornements du passé, la Messe de Saint Pie V, que je ne connais même pas, la Messe le dos au peuple, etc. Moi, je ne le suivrai pas, ni beaucoup d’autres confrères. L’Eglise ne peut être l’Eglise du passé ».

« Parce Domine, parce populo tuo, ne in aeternum irascaris nobis » : cette prière s’impose plus que jamais en ce temps de Carême, qui nous invite tous, prêtres d’abord, et fidèles, à une conversion au Christ, et donc à une adhésion à son Eglise, et à Son Vicaire : n’a-t-il pas promis d’être présent avec Elle, avec Lui jusqu’à la fin des siècles ?


Mgr Jacques Masson
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 05:00

Par Mgr Jacques MASSON

21° jour 12 mars 2010 (vendredi 12 mars 1915)


Dès le lever du soleil, on retire Jésus du cachot pour le conduire à Ponce Pilate, gouverneur romain de la Judée : c’est là qu’il va se donner un autre titre, celui de Roi, vis-à-vis de nous qui serons désormais ses sujets.

« Avez-vous dit que vous étiez le Roi des Juifs ? », dit Pilate. « Oui, répond Jésus, mais mon royaume n’est pas de ce monde, car je règne sur les intelligences, les cœurs et les volontés ».

C’est ce que Jésus veut être pour moi, et pour répondre à son désir, il faut que je le rende Roi de mon intelligence en cherchant à connaître sa doctrine, sa vie, les exemples qu’il m’a donnés, afin qu’il dirige ma vie sur le chemin du ciel.

Pour qu’il soit le Roi de mon cœur, je devrai lui rendre amour pour amour, aimer ce qu’il a aimé lui-même, le beau, le bien, le vertu, et haïr ce qu’il a haï au point de mourir pour le réparer ; enfin, pour qu’il soit le Roi de ma volonté , il faut que ma vie n’ait plus qu’un but, accomplir mon devoir en le rendant conforme aux commandements de Dieu, de l’Eglise, des préceptes évangéliques qui sont : humilité, simplicité, mortification, charité et pureté.

Je serai alors vis-à-vis de mon Dieu comme un sujet fidèle, affectueux, dévoué au Roi auquel il appartient, et tous mes efforts devront tendre à devenir le sujet le pus dévoué de tous les sujets.


Prière

Mon Jésus, régnez sur mon esprit avec votre lumière ; régnez sur mon cœur en me donnant votre amour du bien, du beau, de la pureté ; surtout, régnez sur toutes les puissances de mon être, en me donnant la force de vous obéir, en toutes choses, que je mérite, de régner avec vous pendant l’éternité.

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 16:00

Par Mgr Jacques MASSON

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La dernière partie de l’ouvrage de Mgr Piero Marini, est différente de la première. Il ne s’agit plus de répondre à des questions. Elle porte le titre général : « ANNEXES » et parle de « beauté et de liturgie » (op. cit. p. 169). Je me contenterai tout simplement de citer Mgr Piero Marini. Certains peuvent ne pas partager toutes ses options, mais nul, comme je l’ai déjà  dit ci-dessus, ne peut nier sa compétence et son sens spirituel. Puissent ses réflexions faire réfléchir  ET FAIRE RETROUVER AUX PASTEURS LE VRAI SENS DE LA LITURGIE « œuvre de Dieu » (p. 174).

2. Le fondement de la beauté de la liturgie

« Y-a-t-il une limite entre l’émotion esthétique et le véritable sens spirituel ? Que signifie avoir une belle liturgie, répondre au goût des consommateurs ? La liturgie n’est pas une sorte de marchandise, elle n’est pas le supermarché de l’Eglise ! Nous savons qu’elle est avant tout œuvre de Dieu, adoration, accueil, gratuité. Alors, nous devons nous demander quels sont les critères fondamentaux de la beauté de la liturgie au-delà des gouts et des modes. Ce serait en effet une grande erreur d’appliquer simplement à la liturgie les goûts profanes du beau (op. cit. p. 174)..

2.1. La Liturgie, acte du Christ et de l’Eglise


« Pour comprendre la beauté de la liturgie, il est nécessaire de partir de la conception de l’Eglise : elle « est, dans le Christ, en quelque sorte le Sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de tout le genre humain » (Lumen Gentium, I). L’Eglise, donc, à travers son être de « signe » rend possible, d’une certaine manière, la perception du Christ comme Sacrement de Salut. C’est précisément à partir de cette sacramentalité que s’articulent les Sacrements proprement dits. Le Sacrement, acte de l’Eglise, est aussi acte du Christ, parce que l’Eglise ne fait rien que le Christ ne lui ait dit et enseigné de faire : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22, 19). Les Sacrements sont les modalités par lesquelles le Christ nous communique son salut : « Lorsque quelqu’un baptise, c’est le Christ qui baptise » (Sacrosanctum Concilium, 7). Saint Léon le Grand dit : « Ce qui était visible dans le Christ est passé dans les Sacrements de l’Eglise (Léon le Grand, Sermo 74,2 : PL 54, 358). La liturgie est Acte du Christ et de l’Eglise ; elle ne dépend pas essentiellement de la sphère intellectuelle, mais elle repose sur le principe de l’Incarnation, et comporte une dimension esthétique. Alors, nos gestes, dans la célébration, sont importants, car ils sont les gestes de Jésus. Dans la célébration liturgique et les gestes concrets qu’elle requiert, l’Eglise ne fait rien d’autre que de prolonger et d’actualiser les gestes du Seigneur Jésus (Note : c’est moi qui souligne). Les gestes de la liturgie ont donc en soi leur beauté et leur esthétique, en tant que gestes du Christ, avant encore la beauté accessoire et secondaire que nous pouvons ajouter (ibid. p. 174-175)

2.2. La noble simplicité de l’amour

« Les Evangiles nous présentent la gestualité concrète et humaine de Jésus : il marche, bénit, touche, guérit, fait de la boue, lève les yeux vers le ciel, rompt le pain, prend le calice. Ce sont des gestes que, la liturgie reprend dans la célébration des Sacrements. Mais c’est surtout la veille de sa Passion que Jésus a enseigné les gestes que nous devons accomplir à notre tour. Il est le maître de notre éducation liturgique. Son art consiste à mettre l’essentiel en peu de choses. La signification de la liturgie ne devient transparente que dans la simplicité et la sobriété. « Père Saint, quand l’Heure fut venue où tu allais le glorifier, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout : pendant le repas qu’il partageait avec eux, il prit le pain, il le rompit et le donna à ses disciples en disant : prenez et mangez-en tous : ceci est mon Corps livré pour vous. De même il prit la coupe remplie de vin, il rendit grâce et la donna à ses disciples… » (Prière Eucharistique IV). Qu’est-ce qui rend beau le geste du Seigneur ? La décoration de la salle ? La manière dont la table a été préparée ? La richesse de la nappe ? Certes, tout cela sert à souligner la beauté comme un cadre met en évidence la beauté d’un tableau. Mais la vraie beauté est le geste de l’amour salvifique : « il les aima jusqu’au bout… il prit le pain ». C’est pour cela que le geste est beau. Lorsqu’elle répète le geste du Christ, l’Eglise le trouve beau parce qu’elle reconnaît dans le geste l’Amour de son Seigneur. Le sens esthétique, le sens de la beauté de la liturgie, ne dépend pas en premier lieu de l’art, mais de l’amour du Mystère Pascal. Pour collaborer avec la liturgie, l’art a besoin d’être évangélisé par l’amour. La beauté d’une Célébration Eucharistique ne dépend pas essentiellement de la beauté architecturale, des icônes, des chants, des ornements sacrés et des couleurs, mais en premier lieu de sa capacité à laisser transparaître le geste d’amour accompli par Jésus. Par l’intermédiaire des gestes, des paroles et des prières de la liturgie, nous devons reproduire et faire transparaître les gestes, la prière et la parole du Seigneur. C’est là le commandement que nous avons reçu du Seigneur : Faites ceci en mémoire de moi » »

« Le style liturgique, comme celui de Jésus, doit être simple et austère. Dans les célébrations, nous devons devenir, selon les Pères du Concile, les maîtres de l’art de la « noble simplicité » (S.C., 34) (ibid. p. 175-177)

Une réflexion personnelle : Que Mgr Piero Marini me pardonne d’interrompre ses considérations profondes. Mais qui, mieux que le prêtre peut  être ce « maître de l’art et de la simplicité…Qui mieux que le prêtre, « par l’intermédiaire des gestes, des paroles et des prières de la liturgie » doit « reproduire et faire transparaître la prière et la parole du Seigneur » ? Comment, en s’en tenant aux rites prescrits par le Magistère, sans théâtre ou gestes théâtraux, sans ôter ou ajouter quoi que ce soit, sans « réciter » tout simplement le texte du Missel, de mémoire, en regardant la foule, et trop souvent, avec une vitesse qui ne permet pas aux fidèles de suivre les paroles que prononce le prêtre, et qui sont les paroles que Jésus prononce lui-même en ce moment solennel, par la bouche du prêtre, qui fait cela « en mémoire de moi », de Jésus, «  in persona Christi ». La manière sobre, et en même temps hiératique, de célébrer du prêtre, devient un enseignement pour les fidèles, les fait revivre ce moment grandiose : « ceci est Mon Corps, Ceci est Mon Sang ». Ne pas en être conscient, ne pas se mettre dans ces dispositions, c’est DESACRALISER le « Mysterium Fidei », paroles que prêtre prononce précisément aussitôt après, comme acclamation : « Il est grand le Mystère de la foi : si nous, les prêtres nous en sommes convaincus les premiers, par la beauté simple du geste et les paroles prononcées avec foi et respect, nous ferons passer notre conviction aux fidèles pour qu’ils en vivent, et ils en vivront.

2.3. Geste, parole, espace, temps et ordre

« Dans la liturgie, les gestes est toujours accompagné de la parole. Tout se déroule, comme dit le Concile, per ritus et preces, des rites et des prières éclairés et vivifiés par la parole. La parole et le geste ont cependant besoin, tous les deux, de temps et d’espace. Le Verbe fait chair a eu besoin de temps et d’espace pour ses gestes de salut. La liturgie et l’espace dont le Christ a besoin pour s’exprimer, et le temps qui lui sert pour se raconter.

« Mais dans la liturgie, l’espace et le temps sont soumis à la règle de l’ordre. De par sa nature, la liturgie exige l’ordre. Il n’y a pas en effet de liturgie sans indication données par les rubriques, c’est-à-dire sans les indications de l’Eglise. Cela est attesté depuis les plus anciens textes liturgiques. La beauté de la liturgie est donc le fruit de l’ordre. La quasi-totalité des livres de la réforme liturgique comportent comme premier mot tu titre le mot ordo. L’ordre requis par la liturgie concerne diverses réalités : le temps, l’espace, les relations avec les autres ; bien plus, la liturgie exige aussi de l’ordre en nous-mêmes.

« Quarante ans après Sacrosanctum Concilium, nous sommes invités à nos interroger : les rites et les gestes que nous accomplissons sont-ils vraiment les gestes du Christ ? (Note, c’est moi qui souligne). La liturgie que nous célébrons est-elle un espace donné au Christ, ou bien nous est-il réservé ? Le temps consacré à la liturgie est-il un temps où le Christ se raconte, ou bien un temps où nous nous racontons nous-mêmes, ou simplement un temps vide ?

(Note personnelle : comment un prêtre peut-il terminer une Messe du Dimanche, avec homélie, chants, distribution de la Sante Communion, en disant, en arrivant à la sacristie : « Ah, je suis content, je n’ai mis que 40 minutes pour la Messe, comme le veut le Curé ? (sic ! entendu personnellement) ; ceci dit, en me regardant fixement, avec fierté,  car je célèbre la Messe du dimanche en  50-55 minutes, sans faire de théâtre, mais conscient que, en disant par exemple « Père infiniment Saint », c’est à Dieu que je parle, que je ne récite pas simplement un texte, que ce n’est pas aux fidèles que je m’adresse… Ce qui m’a valu de me voir retirer la célébration de la Sainte Messe dans cette paroisse, où je célébrais chaque dimanche depuis 30 ans !).

« La liturgie que nous célébrons, outre qu’elle a son ordre, qu’elle est une suite de rites, est, elle aussi, source d’ordre dans nos rapports avec les autres ? Est-elle source à l’intérieur de nous-mêmes ?

« Ces questions servent non seulement à comprendre l’essence de la liturgie, mais aussi à clarifier le sens et la participation active sur laquelle a tant insisté le Concile ? (ibid. p. 177-178)

Mgr Jacques Masson
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 13:50

Par L'Equipe d'Hermas

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L'Eglise gothique d'Espagne nous offre encore aujourd'hui une des solennelles Supplications qu'elle adressait à Dieu, pendant le Carême.

 

Rédempteur de tous, roi suprême, nous élevons vers vous nos yeux baignés de pleurs ; exaucez, ô Christ, vos suppliants.

R/. Ayez pitié.

V/. Droite du Père, pierre angulaire, voie du salut, porte du ciel, lavez les taches de nos péchés.

R/. Ayez pitié.

V/. Nous prions, ô Dieu, votre majesté ; que votre oreille sacrée écoute nos gémissements; dans votre indulgence , remettez nos crimes

R/. Ayez pitié.

V/. Nous vous confessons le mal commis ; d'un cœur contrit nous révélons nos secrets; ô Rédempteur, que votre bonté pardonne !

R/. Ayez pitié.

V/. O vous l'innocent chargé de fers, entraîné par vos ennemis sans résistance, condamné sur de faux témoignages à la mort pour les impies ; conservez, ô Christ, ceux que vous avez rachetés.

R/. Ayez pitié.

 

Le Deuxième des Sept Psaumes la Pénitence : Prière dans l’épreuve

Psaume 31°

1.  Du maître de chant. Psaume. De David.

31:2 En toi, Yahvé, j'ai mon abri, Sur moi pas de honte à jamais! En ta justice affranchis-moi, délivre-moi,

2.  31:3 tends l'oreille vers moi, hâte-toi! Sois pour moi un roc de force, une maison fortifiée qui me sauve;

3.  31:4 car mon rocher, mon rempart, c'est toi, pour ton nom, guide-moi, conduis-moi!

4.  31:5 Tire-moi du filet qu'on m'a tendu, car c'est toi ma force;

5.  31:6 en tes mains je remets mon esprit, c'est toi qui me rachètes, Yahvé. Dieu de vérité,

6.  31:7 tu détestes les servants de vaines idoles; pour moi, je suis sûr de Yahvé

7.  31:8 que j'exulte et jubile en ton amour! Toi qui as vu ma misère, connu l'oppression de mon âme,

8.  31:9 tu ne m'as point livré aux mains de l'ennemi, tu as mis au large mes pas.

9.  31:10 Pitié pour moi, Yahvé, l'oppression est sur moi! Les pleurs me rongent les yeux, la gorge et les entrailles.

10.  31:11 Car ma vie se consume en affliction et mes années en soupirs; ma vigueur succombe à la misère et mes os se rongent.

11.  31:12 Tout ce que j'ai d'oppresseurs fait de moi un scandale; pour mes voisins je ne suis que dégoût, un effroi pour mes amis. Ceux qui me voient dans la rue s'enfuient loin de moi,

12.  31:13 comme un mort oublié des cœurs, comme un objet de rebut.

13.  31:14 J'entends les calomnies des gens, terreur de tous côtés! ils se groupent à l'envi contre moi, complotant de m'ôter la vie.

14.  31:15 Et moi, je m'assure en toi, Yahvé, je dis : C'est toi mon Dieu!

15.  31:16 Mes temps sont dans ta main, délivre-moi, des mains hostiles qui s'acharnent;

16.  31:17 fais luire ta face sur ton serviteur, sauve-moi par ton amour.

17.  31:18 Yahvé, pas de honte sur moi qui t'invoque, mais honte sur les impies! Qu'ils aillent muets au shéol;

18.  31:19 silence aux lèvres de mensonge qui parlent du juste insolemment avec superbe et mépris!

19.  31:20 Qu'elle est grande, Yahvé, ta bonté! Tu la réserves pour qui te craint, tu la dispenses à qui te prend pour abri face aux fils d'Adam.

20.  31:21 Tu les caches au secret de ta face, loin des intrigues des hommes; tu les mets à couvert sous la tente, loin de la guerre des langues.

21.  31:22 Béni Yahvé qui fit pour moi des merveilles d'amour en une ville de rempart !

22.  31:23 Et moi je disais en mon trouble »Je suis ôté loin de tes yeux!» Et pourtant tu écoutas la voix de ma prière quand je criai vers toi.

23.  31:24 Aimez Yahvé, tous les siens il garde les fidèles, mais Yahvé rétribue avec usure celui qui fait l'orgueilleux.

24.  31:25 Courage, reprenez cœur, vous tous qui espérez Yahvé!

 

 

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 11:05

Par L'Equipe d'Hermas
A l'occasion de ces élections, il est utile de prendre du recul sur les éléments de la "crise" économique qui frappe en particulier les sociétés occidentales - dont la nôtre.

Nous remercions ainsi l'un de nos lecteurs - qui se reconnaîtra - de nous avoir communiqué un article de M. Maurice ALLAIS, prix Nobel d'économie, que ce dernier a fait paraître dans la revue Marianne le 5 décembre 2009. Il a récemment été à nouveau publié par le site Contre.info. Un article qui mérite réflexion.


Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé « des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres - si ce n’est des écarts plus importants encore - pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

Il faut délocaliser Pascal Lamy !

Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résulte des délocalisations, elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires... À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons -tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 - résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

Crise et mondialisation sont liées

Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

Un prix Nobel... téléspectateur

Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel... téléspectateur, Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs.

(1) L’Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.

(2) Notamment La crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /2010 08:07

Par L'Equipe d'Hermas

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Communique de Catholiques en campagne :

 

Campagne des élections régionales de mars 2010 :

 

Veuillez trouver ci-joint une nouvelle série de réponses au questionnaire adressé aux candidats.

 

Jusqu'au 21 mars, n'hésitez pas à consulter notre site internet qui sera mis à jour dès réception de nouvelles réponses.

 

 

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