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Ethique médicale/euthanasie

Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 12:00

Par La rédaction
L'actualité est décidément riche en faits divers qui amènent à réflechir sur ce qui apparait  aujourd'hui à beaucoup comme des acquis, des certitudes, des évidences sociales.

Ainsi en Grande-Bretagne, le parlement, lorsqu'il a voté des textes monstrueux sur l'embryologie, a - et l'on peut saluer sa cohérence - refusé de réduire le délai pour avorter, fixé à 24 semaines.

Or, un bébé britannique vient de naître prématurément à 23 semaines, c'est-à-dire avec
13 semaines d'avance, qui relance outre-manche la polémique sur ce délai de 24 semaines.


D'autant qu'aujourd'hui âgé de six mois et en parfaite santé, l'enfant avait d'abord été diagnostiqué atteint d'une anomalie cérébrale incurable. Les médecins avaient donc conseillé à ses parents d'avorter, ce qu'ils ont refusé. A cause de complications liées à sa grossesse, sa mère a finalement accoucher à 23 semaines d'un garçon sans malformation qui, après avoir passé trois mois dans une unité spéciale, se porte bien. « Mon sang se glace à la pensée que nous aurions pu l'avorter, d'autant que les médecins se sont trompés dans le diagnostic », raconte sa mère.


Pour Peter Saunders, membre de la « Pro Life Alliance Alive and Kicking », cette affaire révèle que des erreurs peuvent être commises au cours des diagnostiques prénataux et montre la pression qui peut être exercée sur les parents pour qu'ils avortent. « La survie de Jayden souligne combien est mauvaise la décision du Parlement de ne pas réduire le délai d'avortement à 22 ou 20 semaines », comme cela avait été proposé.

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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /Mai /2008 11:00

Par La rédaction
  Le cardinal Cormac Murphy O'connor, Archevêque de Westminster, a affirmé dans une rubrique parue vendredi dans le Daily Telegraph que le vote du parlement britannique, la semaine dernière, ne résolvait pas toutes les questions liées à la fertilité humaine et à l'embryologie (pour lire l'article in extenso v. ICI).


Selon lui, même si les hommes politiques ont déjà exprimé leur opinion, il reste à savoir si « la Nation a la conscience tranquille ». « Loin de résoudre la question, tant qu'il n'y aura pas de projet de loi, les grands débats de la semaine passée nous ont tous ramenés à la réalité de ce qui est fait en notre nom. Beaucoup de personnes sont profondément mal à l'aise et perplexes, et très inquiètes de la direction que nous nous sommes en train de prendre ».


Bioéthique

On rappellera que, parmi les décisions prises lundi et mardi derniers, le parlement britannique s'est prononcé en faveur des embryons hybrides homme-animal et pour la création de « bébés-sauveurs » (« sélectionnés » à partir de leur patrimoine génétique pour pouvoir traiter un frère ou une sœur malade). Il a également été décidé que, dans la fécondation in vitro, les pères ne constituaient pas un critère préalable nécessaire, et que la limite supérieure concernant la loi relative à l'avortement devait rester à 24 semaines de gestation.


Pour le cardinal Murphy O'connor, « un seul vote ne peut et ne devrait pas clore la discussion, estime-t-il. Il y a des questions sous-jacentes, cruciales. Que signifie être un être humain ? De quelles conditions avons-nous besoin pour nous développer ? Dans quel type de société pouvons-nous mettre notre confiance et savoir que nous sommes aimés et valorisés, mais surtout rendus capables de grandir dans notre recherche de ce qui est juste et vrai ? »


Dans ce contexte, le cardinal suggère deux pistes : former une commission nationale de bioéthique et créer une force commune pour réduire le nombre des avortements en Grande-Bretagne.


« Tout d'abord, il est de plus en plus évident que nous avons besoin d'une Commission nationale officielle de bioéthique », affirme-t-il. « Il est possible qu'une commission nationale de bioéthique de haut niveau et dotée de la meilleure expérience dans plusieurs disciplines ne soit pas toujours unanime dans l'affirmation de ses opinions, mais le seul fait de promouvoir le dialogue et la recherche, de façon continue, pourrait être une contribution importante au bien commun ».


 

Avortement
Il estime ensuite que « le vote pour maintenir l'actuel statu quo sur l'avortement ne met pas un terme à la question ». On rappellera que l'avortement en Grande-Bretagne est légal jusqu'à la 24ème semaine de gestation. Il a été demandé au parlement de reconsidérer cette limite à la baisse, ne serait-ce que de deux semaines, en raison du nombre croissant de cas montrant que les bébés, à la 22ème semaine de gestation, peuvent vivre en dehors de l'utérus maternel.


« Le concept de ‘viabilité', qui a dominé dans le débat, est un concept lié à la disponibilité des ressources et des technologies ; il ne s'agit pas d'un concept capable de créer une distinction morale entre une vie qui mérite respect et protection et une vie qui ne le mérite pas », souligne le cardinal Murphy O'connor. « La vie dans le sein maternel a besoin de toutes les ressources et de toute la protection et elle le demande dès le moment de la conception ».


« Pour tous ceux qui sont impliqués, l'avortement constitue souvent une décision douloureuse et accablante source de grande tristesse. C'est pourquoi j'estime qu'au-delà de nos convictions personnelles, nous devons tous œuvrer ensemble pour trouver une meilleure solution », a-t-il affirmé (alors que le taux annuel en Grande-Bretagne est de 200.000 avortements). Selon le cardinal, toutes les parties impliquées dans le débat reconnaissent que ce taux est trop élevé.


« Même sans changer la loi, le nombre des avortements pourrait diminuer si plus de personnes travaillaient ensemble pour promouvoir une nouvelle compréhension et une nouvelle approche en matière de relations, de responsabilité et de soutien réciproque », estime-t-il.


La religion n'est pas en lutte contre la science

L'archevêque de Westminster a par ailleurs tenu à préciser que le débat de ces dernières semaines n'a rien d'une lutte entre la science et la religion.


« La vérité est que la ‘science' en soi n'est jamais d'un côté ou de l'autre ». « Bien entendu, nous devons tous comprendre ce que les progrès scientifiques nous disent sur le monde physique, sur le monde biologique, sur la matière qui compose la vie humaine et sur la beauté et la complexité époustouflantes du développement humain en partant de l'embryon ».


« Mais la science reste une activité humaine. Elle s'insère dans un espace moral et non un vide moral. Nous parlons d'une série de jugements profondément éthiques qui sont mis en forme, mais non déterminés, par les connaissances scientifiques. Les faits scientifiques façonnent notre point de vue, mais également notre compréhension de ce qu'est la vie humaine, ainsi que la philosophie que l'on a de la vie, qui peut ou non s'appuyer sur une conviction religieuse. La science ne peut se substituer à l'éthique ».


L'archevêque de Westminster a affirmé qu'il n'existe pas de conflit entre la foi et la raison et il a appelé à un débat raisonné pour tester les positions des croyants et non croyants. « [Les gens de foi] ne devraient pas être exclus ou tenus à l'écart sous prétexte qu'ils se situent dans une perspective religieuse », déclare-t-il, « de la même façon qu'ils n'ont aucun privilège spécial dans le débat démocratique ». « La raison et foi marchent ensemble, et pour moi la foi donne un aperçu de la vérité qui aide la raison ».


« Le débat de cette semaine ne marque pas la fin des discussions, mais paradoxalement il ouvre la porte à un débat beaucoup plus approfondi », conclut-il, « car il s'agit d'une recherche commune sur la vérité ultime de qui nous sommes et de ce que nous sommes appelés à devenir » (Source Zenit.org).

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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 18:00

Par La rédaction

Voici un petit fait divers, dont j'ai eu envie de faire part aux lecteurs d'Hermas, malgré son caractère peut-être anecdotique et hors de toute prétention mystique ou scientifique, simplement en raison de ce que sa lecture a évoqué en moi - à tort ou à raison. Le voici, trouvé par hasard sur Yahoo.fr, dans la rubrique "Insolite" (sans commentaire) - ICI :


"Val Thomas, une femme originaire de Cleveland dans l'Ohio, a subi deux attaques cardiaques dans la nuit de samedi à dimanche dernier, puis n'a plus eu d'activité cérébrale pendant 17 heures, avant de finalement se réveiller.


Après son arrêt cardiaque aux alentours d'1 heure 30 du matin, la respiration de Val Thomas a été mise sous assistance artificielle. Malgré que son coeur soit reparti, ses chances de survie étaient très faible selon les médecins, d'autant plus que le cerveau ne donnait plus aucun signe de vie.


"Sa peau avait déjà commencé à durcir. La mort l'avait prise" a déclaré son fils Jim.


Dans l'hôpital de Virginie où elle a été expédiée, les docteurs ont placé Val sous une machine spéciale qui place le corps en hypothermie pendant une durée de 24 heures avant de le réchauffer.


Après cette procédure, son coeur s'est de nouveau arrêté. Sa famille s'apprêtait à lui dire un dernier au revoir, et les docteurs débranchaient toutes les machines reliées à Val.


Dix minutes plus tard, et alors que les médecins discutaient avec la famille en vue d'un possible don d'organes, Val s'est réveillée et a commencé à parler.


Val Thomas et sa famille pensent sérieusement que Dieu est intervenu dans ce miracle: "je savais que Dieu avait un autre plan pour moi. Je ne sais pas encore ce dont il s'agit, mais je suis sûr qu'il me le dira" a déclaré la miraculée.


Les médecins ont annoncé que Val Thomas allait parfaitement bien, et qu'elle n'avait aucune séquelle."


Je ne prétend pas en tirer de grandes leçons spirituelles, ni de grandes démonstrations religieuses. Vous excuserez cette petite crise de naïveté, certainement imputable à la fatigue de la semaine... Mais, en lisant cette information, je n'ai pu m'empêcher de penser à tous ces apôtres de la mort, de la fatalité, de l'euthanasie, pour qui tout est nécessairement déterminable et écrit ; car s'agissant de la mort et de la vie, heureusement, on ne maîtrise toujours pas tout, on ne comprend toujours pas tout, même dans un pays développé, même avec l'appui d'une science efficace et des certitudes d'une société matérialiste.


Merci, mon Dieu !

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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 09:55

Par La rédaction

Une loi a été votée hier par le parlement anglais, en matière de bioéthique et de biotechnologie, qui, notamment, permet la conception d'enfants donneurs, la créations d'embryons humain-animal ou organise la conception d'enfant sans père pour couples lesbiens (v. l'article sur ce sujet de Zenit.org -
ICI). Le vrai progrès humain, en quelque sorte, bien que fermement condamné par les évêques britanniques. Le cardinal Keith O'Brien, archevêque de Saint-Andrews et Edinbourg, a, par exemple, qualifié la décision britannique « d'attaque monstrueuse aux droits humains, à la dignité de la personne et de la vie ».

Interrogé le 20 mai sur Radio Vatican Mgr Sgreccia, président de l'Académie pontificale pour la Vie, a déclaré que la création d'embryons hybrides désormais autorisée en Angleterre constitue une « monstruosité ».


La technique consiste à transférer des noyaux de cellules humains dans des ovocytes d'animaux dont on a auparavant extrait l'ADN, en vue de la fabrication encore hypothétique de cellules souches embryonnaires pour la recherche.


« Nous devons faire observer, disait Mgr Sgreccia, deux gravités de type éthique, qui manifestent l'un des niveaux les plus bas d'éthique dans le domaine de la bioéthique. Avant tout, on unit par clonage le noyau humain qui féconde un ovule animal. Cette union est un fait de fécondation, une tentative de génération faite à travers l'élément masculin qui est le noyau et l'élément féminin qu'est l'ovule, l'un est humain, l'autre animal. Cela offense la dignité de l'homme : c'est une tentative de procréation inter-espèces, jusqu'ici interdite par toutes les lois sur la procréation artificielle. L'union homme-animal, même si elle n'est pas sexuelle, représente l'une des horreurs qui ont toujours suscité le refus de la moralité ».


La destruction de ces embryons est prévue par la loi au bout de 14 jours, mais, à raison - on sait parfaitement que, par erreur ou intérêt, les lois ne sont pas toujours respectées... - Mgr Sgreccia ajoute : « Si on laissait ces embryons grandir, nous pourrions enregistrer des monstruosités et des maladies. Chaque fois que l'on a rompu la barrière homme-animal, on a vu des conséquences très grave, même involontairement. Et puis ces embryons sont supprimés pour faire des cellules souches, dans la fausse présupposition que jusqu'au 15e jour ces embryons ne valent rien, ce qui est faux du point de vue scientifique, puisque le patrimoine est à 99 % humain ». « Si l'on décidait de les maintenir en vie, cela pourrait donner lieu à une monstruosité ou répandre des infections, parce que le passage de l'ADN humain à l'ADN animal peut créer des inconnues ».


Mgr Sgreccia a encore souligné que l'hypothèse de guérir ainsi des maladies n'est pas fondée : « Je voudrais aussi dire que du point de vue scientifique, le fait que de ces cellules souches on tire des médicaments pour guérir des maladies comme les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer, est une hypothèse sans fondement. Par une autre voie, celle des cellules souches adultes, on a de meilleures preuves scientifiques favorables », alors même - et cela rend les pressions des lobbies sont encore plus insupportables - que « des recherches plus prometteuses utilisent d'autres voies » (v. l'article d'Hermas sur les cellules souches de cordon ombilical).


Et Mgr Sgreccia a dénoncé un « mensonge médiatique » qui a été répandu « sans aucun support scientifique ». Une fois de plus pourrait-on dire.


Et c'est la raison pour laquelle il appelle à « une espèce de conversion des mass media qui, plus qu'obéir à des ordres d'écuries ou de groupes d'intérêt, obéissent à la vérité afin de ne pas créer, au nom de la compassion humaine, des illusions, sur des voies qui n'ont conduit encore à aucun résultat ».


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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 12:06

Par La rédaction
Le 10 mai dernier, le pape Benoît XVI a reçu en audience les participants au congrès international organisé par l'Université pontificale du Latran à l'occasion du quarantième anniversaire de l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae. Voici le discours qu'il leur a adressé (Source Zenit.org).



"Vénérés frères dans l'épiscopat et dans le sacerdoce,

chers frères et sœurs,


C'est avec un plaisir particulier que je vous accueille au terme de vos travaux pendant lesquels vous vous êtes engagés à réfléchir sur un problème ancien et toujours nouveau tel que la responsabilité et le respect pour l'apparition de la vie humaine. Je salue en particulier Mgr Rino Fisichella, recteur magnifique de l'Université pontificale du Latran, qui a organisé ce Congrès international et je le remercie des paroles de salut qu'il a bien voulu m'adresser. Mon salut s'étend ensuite aux illustres relateurs, enseignants et à tous les participants, qui ont enrichi par leur contribution ces journées de travail intense. Votre contribution s'insère de manière efficace dans la plus vaste production qui, au cours des décennies, s'est développée sur ce thème si controversé et, toutefois, si décisif pour l'avenir de l'humanité.


Dans la Constitution Gaudium et spes, le Concile Vatican II s'adressait déjà aux hommes de science en les invitant à unir leurs efforts pour atteindre une unité du savoir et une certitude consolidée à propos des conditions qui peuvent favoriser une « saine régulation de la procréation humaine » (GS, n. 52). Mon prédécesseur de vénérée mémoire, le serviteur de Dieu Paul VI, le 25 juillet 1968, publiait la Lettre encyclique Humanae vitae. Ce document devint rapidement un signe de contradiction. Elaboré à la lumière d'une décision difficile, il constitue un geste significatif de courage en réaffirmant la continuité de la doctrine et de la tradition de l'Eglise. Ce texte, souvent mal compris et sujet à des équivoques, fit beaucoup discuter, également parce qu'il se situait à l'aube d'une profonde contestation qui marqua la vie de générations entières.


Quarante ans après sa publication, cet enseignement manifeste non seulement sa vérité de façon immuable, mais il révèle également la clairvoyance avec laquelle le problème fut affronté. De fait, l'amour conjugal fut décrit au sein d'un processus global qui ne s'arrête pas à la division entre l'âme et le corps et ne dépend pas du seul sentiment, souvent fugace et précaire, mais qui prend en charge l'unité de la personne et le partage total des époux qui, dans l'accueil réciproque, s'offrent eux-mêmes dans une promesse d'amour fidèle et exclusif qui naît d'un authentique choix de liberté. Comment un tel amour pourrait-il rester fermé au don de la vie ? La vie est toujours un don inestimable ; chaque fois que l'on assiste à son apparition nous percevons la puissance de l'action créatrice de Dieu qui a confiance en l'homme et, de cette manière, l'appelle à construire l'avenir avec la force de l'espérance.


Le magistère de l'Eglise ne peut pas s'exempter de réfléchir de manière toujours nouvelle et approfondie sur les principes fondamentaux qui concernent le mariage et la procréation. Ce qui était vrai hier, reste également vrai aujourd'hui. La vérité exprimée dans Humanae vitae ne change pas ; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel et incite à réfléchir sur la valeur intrinsèque qu'il possède. La parole clef pour entrer avec cohérence dans ses contenus demeure celle de l'amour. Comme je l'ai écrit dans ma première Encyclique Deus caritas est: « L'homme devient vraiment lui-même, quand le corps et l'âme se trouvent dans une profonde unité [...] Mais ce ne sont ni seulement l'esprit ou le corps qui aiment : c'est l'homme, la personne, qui aime comme créature unifiée, dont font partie le corps et l'âme » (n. 5). En l'absence de cette unité, la valeur de la personne se perd et l'on tombe dans le grave danger de considérer le corps comme un objet que l'on peut acheter ou vendre (cf. ibid.). Dans une culture soumise à la domination de l'avoir sur l'être, la vie humaine risque de perdre sa valeur. Si l'exercice de la sexualité se transforme en une drogue qui veut assujettir le conjoint à ses propres désirs et intérêts, sans respecter les temps de la personne aimée, alors ce que l'on doit défendre n'est plus seulement le véritable concept d'amour, mais en premier lieu la dignité de la personne elle-même. En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l'amour et le caractère sacré de la vie.


Ce n'est pas un hasard si Jésus, en parlant de l'amour humain, fait référence à ce qui est accompli par Dieu au début de la création (cf. Mt 19, 4-6). Son enseignement renvoie à l'acte gratuit avec lequel le Créateur a voulu non seulement exprimer la richesse de son amour, qui s'ouvre en se donnant à tous, mais également définir un paradigme en fonction duquel doit se décliner l'action de l'humanité. Dans la fécondité de l'amour conjugal, l'homme et la femme participent à l'acte créateur du Père et rendent évident qu'à l'origine de leur vie conjugale il y a un « oui » authentique qui est prononcé et réellement vécu dans la réciprocité, en restant toujours ouvert à la vie. Cette parole du Seigneur reste immuable avec sa profonde vérité et ne peut pas être effacée par les différentes théories qui, au fil des années, se sont succédé et parfois même contredites entre elles. La loi naturelle, qui est à la base de la reconnaissance de la véritable égalité entre les personnes et les peuples, mérite d'être reconnue comme la source de laquelle doit également s'inspirer la relation entre les époux dans leur responsabilité d'engendrer de nouveaux enfants. La transmission de la vie est inscrite dans la nature et ses lois demeurent comme une norme non écrite à laquelle tous doivent se référer. Toute tentative de détourner le regard de ce principe reste elle-même stérile et ne produit pas de fruit.


Il est urgent que nous redécouvrions une alliance qui a toujours été féconde, lorsqu'elle a été respectée ; celle-ci voit au premier plan la raison et l'amour. Un maître perspicace comme Guillaume de Saint-Thierry pouvait écrire des paroles que nous ressentons également profondément valables pour notre époque : « Si la raison instruit l'amour et l'amour illumine la raison, si la raison se convertit en amour et l'amour consent à se laisser retenir entre les limites de la raison, alors ceux-ci peuvent accomplir quelque chose de grand » (Nature et grandeur de l'amour, n. 21, 8). Quel est ce « quelque chose de grand » auquel nous pouvons assister ? C'est l'apparition de la responsabilité à l'égard de la vie, qui rend fécond le don que chacun fait de soi à l'autre. C'est le fruit d'un amour qui sait penser et choisir en pleine liberté, sans se laisser conditionner outre mesure par l'éventuel sacrifice demandé. C'est de là que naît le miracle de la vie dont les parents font l'expérience en eux-mêmes, en ressentant comme quelque chose d'extraordinaire ce qui s'accomplit en eux et à travers eux. Aucune technique mécanique ne peut remplacer l'acte d'amour que deux époux s'échangent comme signe d'un mystère plus grand qui les voit les acteurs et les co-participants de la création.


On assiste hélas toujours plus souvent à de tristes événements qui impliquent des adolescents, dont les réactions manifestent une connaissance incorrecte du mystère de la vie et des implications risquées de leurs gestes. L'urgence de la formation, à laquelle je fais souvent référence, voit dans le thème de la vie l'un de ses thèmes privilégiés. Je souhaite vraiment que l'on réserve notamment aux jeunes une attention toute particulière, afin qu'ils puissent apprendre le véritable sens de l'amour et se préparent pour cela avec une éducation adaptée à la sexualité, sans se laisser distraire par des messages éphémères qui empêchent d'atteindre l'essence de la vérité qui est en jeu. Fournir de fausses illusions dans le domaine de l'amour ou tromper sur les responsabilités authentiques que l'on est appelé à assumer avec l'exercice de la propre sexualité ne fait pas honneur à une société qui se réclame des principes de la liberté et de la démocratie. La liberté doit se conjuguer avec la vérité et la responsabilité avec la force du dévouement à l'autre et également avec le sacrifice ; sans ces composantes la communauté des hommes ne grandit pas et le risque de se refermer dans un cercle d'égoïsme asphyxiant demeure.


L'enseignement exprimé par l'Encyclique Humanae vitae n'est pas facile. Toutefois, il est conforme à la structure fondamentale avec laquelle la vie a toujours été transmise dès la création du monde, dans le respect de la nature et conformément à ses exigences. Le respect pour la vie humaine et la sauvegarde de la dignité de la personne nous imposent de ne rien laisser d'intenté pour qu'à tous puisse être communiquée l'authentique vérité de l'amour conjugal responsable dans une pleine adhésion à la loi inscrite dans le cœur de chaque personne. Avec ces sentiments, je vous donne à tous ma Bénédiction apostolique."

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Vendredi 16 mai 2008 5 16 /05 /Mai /2008 11:52

Par La rédaction

La Fondation Jérôme Lejeune et le Centre de recherche sur le sang de cordon à l'université de Newcastle viennent de s'associer pour créer le consortium international Novussanguis, qui a été officiellement lancé le 14 mai, à l'Ecole de Médecine de Paris, en présence de 200 participants de nombreuses nationalités.

Ce projet est patronné par le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, et le ministère français de la recherche.


Ce qui est intéressant à l'heure où l'on doit lutter contre la recherche génétique sauvage, c'est que Novussanguis a pour but de développer et d'encourager une recherche responsable sur les cellules souches adultes et issues de sang de cordon. C'est une plateforme de recherche, qui rassemblera en consortium une quinzaine de laboratoires et privilégie trois orientations : la recherche, l'innovation et la formation de la prochaine génération de chercheurs.


Or, les cellules souches adultes et de sang de cordon sont particulièrement prometteuses pour la thérapie cellulaire et la médecine régénérative du fait de leur fort potentiel de différenciation et de multiplication. À ce jour, ces cellules peuvent traiter plus de 80 pathologies : maladies liées au système sanguin (leucémies), à la moelle osseuse, à l'immunité (bébé bulle), au système nerveux, au cœur, au métabolisme (diabète juvénile...). C'est une alternative crédible et respectueuse de la vie face à la recherche embryonnaire traditionnelle.

 

Pour plus d'informations, voir le site de Novussanguis (ICI).

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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /Avr /2008 12:45

Par La rédaction

Nous vous invitons à lire le texte écrit par le directeur de l'OCH - office chrétien des personnes handicapées - concernant l'acquittement de Mme Debaine, prononcée par la Cour d'Assises du Val-d'Oise le 9 avril dernier. Elle était poursuivie pour avoir donner la mort à sa fille atteinte d'un grave handicap, fait qu'elle n'a pas contesté. Le Ministère public a interjeté appel de la décision de la Cour d'Assises.

Voici un extrait du texte du directeur de l'OCH, qui nous paraît parfaitement pertinent :

"Sans doute est-ce cette émotion qui a conduit le public à applaudir le verdict au moment de son énoncé ? Les commentaires de nombreux médias ont manifesté une forte approbation, épousant la justification de la maman lorsqu’elle exprime le sentiment d’avoir posé un acte juste. « Acte de compassion », « une mort donnée par amour » ...

 

Quelle que soit la compréhension dont on peut entourer cette maman, son acquittement, les applaudissements, les nombreux commentaires qui ont accompagné cette annonce, sont infiniment choquants. Cette décision renforce une idée qui chemine de plus en plus dans les esprits : « le permis de tuer par amour » la personne malade ou handicapée. Après le non lieu dont a bénéficié Marie Humbert, un pas dramatique vient d’être franchi par cette décision qui fera jurisprudence : le meurtre par amour devient un acte juste.

 

Après Nicolas Perruche, Vincent Humbert, Chantal Sebire, le message continue d’être martelé : la vie d’une personne gravement malade ou handicapée est un non sens. Il vaudrait mieux qu’elle ne soit pas née. Il vaudrait mieux qu’elle ne vive pas. L’aimer vraiment, c’est mettre fin à sa vie. Par compassion ! Quelle violence !

 

Violence de laisser entendre aussi explicitement à toutes les Anne-Marie que leur vie est sans valeur, et que leurs proches pourraient leur donner la mort par amour. Violence de laisser entendre aux parents qui, jour après jour, accompagnent leur enfant handicapé que leur combat est sans issue, que le véritable amour, la vraie compassion, seraient de mettre fin aux jours de leur enfant. Violence de laisser entendre à tous les aidants, médecins, éducateurs, qui agissent auprès de personnes gravement malades ou handicapées que leur élimination est aussi une alternative juste. Violence faite à tout un chacun, car au fond, ne sommes-nous pas, vous et moi, un jour ou l’autre, en risque de devenir radicalement dépendants ? Devrons-nous nous méfier de l’amour de nos proches ? Et réciproquement, le cas échéant, nos proches devront-ils se méfier de notre amour ?

 

Oui, par cette décision de justice, la société a fait plus que justifier un acte coupable, indépendamment de la compréhension que l’on peut avoir de son auteur. Elle risque d’ouvrir la porte à toutes les dérives à venir, puisqu’elle a justifié que la personne gravement malade ou handicapée soit éliminée, alors que le seul devoir est de l’accompagner. C’est ce que souligne le procureur général de la Cour d’appel de Versailles en décidant d’interjeter appel de cette décision : « ce verdict d’acquittement pourrait en effet être compris comme un encouragement à l’atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien » a-t-il déclaré."


Ce texte peut être consulté en son intégralité sur le site de l'OCH (ICI).
 
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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 10:10

Par La rédaction
Les débats sur l’euthanasie battent leur plein, dans la presse comme sur internet. Il n’y a pas lieu de s’en étonner. Les cas individuels comme ceux de Chantal Sébire ne sont, en définitive, que les pas d’une cause qu’il s’agit de faire avancer. Ses partisans, l’“Association pour le droit de mourir dans la dignité” en tête, n’auront de cesse qu’ils obtiennent satisfaction. Le pouvoir politique et le pouvoir judiciaire paraissent désarmés et sans volonté devant ce qui constitue pourtant, objectivement, la propagande et la promotion de pratiques illégales, pénalement sanctionnées, qui heurtent de front ce fondement essentiel de la civilisation qu'est l’interdit du meurtre. Il faut que les consciences individuelles et collectives soient déjà bien anesthésiées – c’est sans doute le sujet qui veut cela – pour n’en être pas immédiatement, spontanément, scandalisées et révoltées.

Dans ces débats, les opposants à l’euthanasie, outre qu’ils s’attachent à défendre la sacralité et la dignité de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, soulignent la contradiction profonde qu’il y a à revendiquer religieusement le respect absolu des droits de l’homme et à juger qu’il puisse être licite de porter directement et volontairement atteinte à la vie d’un être humain innocent. Il est en particulier singulièrement problématique que des personnes puissent, à la fois, considérer que la peine de mort portée contre des individus coupables de crimes abjectes soit une horreur, et que la mise à mort d’un innocent soit… un acte vertueux. Comprenne qui pourra ! Bienvenue dans le Monde irrationnel de l’Avenir radieux.

Les opposants à l’euthanasie mettent également en garde contre le fait que sa légalisation, fut-ce pour des cas jugés “d’exception”, fera nécessairement entrer le sort de la vie humaine dans le champ de l’arbitraire de l’Etat, au gré des majorités qui se feront ou se déferont. Dans une société où il n’existe plus pour l’heure aucune morale normative commune, ces dernières seront à même, en dernier ressort, de déterminer par la loi positive ce qui est acceptable ou ne l’est pas à un moment donné. Il n’existe aucune limite prévisible ou durablement assignable à l'évolution possible de cette dérive eugénique. Le choix de légaliser l’euthanasie emporte, nécessairement, la dévaluation et la relativisation de l’interdit de tuer, lequel est pourtant le seul rempart efficace de la vie. Le rapport Léonetti n’avait pas manqué de le souligner. La problématique de l'euthanasie ne peut pas sortir de ce cadre, qui l'identifie : une société qui l'accepte est une société sauvage qui intègre délibérément le meurtre au nombre de ses principes fondamentaux.

Cette absence de limite permet d’ailleurs de s’interroger sur le cas des personnes qui, se sentant psychiquement en rupture avec la vie, qu’ils jugeraient pour eux désormais “invivable”, réclameraient que leur fût également reconnu le droit de mourir par suicide assisté. A quel titre cela leur serait-il refusé, si ce n’est, là encore, par pur arbitraire à critères variables ? Et quel sera le principe qui permettra à un tiers de déterminer qu’une vie est “vivable” et qu’une autre ne l’est pas, malgré les appels également désespérés des personnes concernées ? Et qu'ici un assistant au suicide devra être condamné et là absous, voire professionnalisé et rémunéré ? Les jugements qui sont portés déjà, en l’état actuel de la législation, sur les fœtus malformés, dont chacun peut s’arroger le droit de décider si la vie sera vivable ou doit être froidement détruite par l’avortement provoqué, autorisent toutes les inquiétudes. Et qu'est-ce qui permettra, en toute hypothèse, d'expliquer à un jeune homme ou à une jeune fille, dans une société qui massacre déjà ses enfants, qu'il est mal et indigne d'un être humain de porter la main sur la vie de ses semblables quand le meurtre sera devenu une nouvelle option médicale parmi d'autres ? Autant de questions qui ne reçoivent, décidément, jamais de réponse.

Les opposants à l’euthanasie ne se réfèrent donc pas (seulement) à des motifs d’ordre religieux, quels que soient les lumières et la force qu’ils y puisent. Ils pointent du doigt les risques, incontestablement réels, qui pèsent sur une société politique qui ferait entrer en elle une telle menace sur la vie humaine. Notre société se targue d’être historiquement mûre, instruite à jamais des horreurs du passé, dont elle entend conserver activement la mémoire. Mais elle se fie trop à son infaillibilité. Pour avoir une telle assurance, il lui faudrait au moins avoir des vertus qu’elle ne cultive pas, et qui lui échappent d'autant plus qu’elle s’est auto-convaincue qu’elle ne pouvait trouver de liberté qu’en dehors d’elles. Les incantations humanistes des euthanasistes n'empêcheront pas cette société de verser dans la barbarie à laquelle ils l'inclinent de tout leur poids.
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Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 31 mars 2008 1 31 /03 /Mars /2008 17:33

Par La rédaction

 

La chaîne de télévision M6 a diffusé, hier soir, une longue émission consacrée à Chantal Sébire, dont le nom est désormais associé à la lutte de ceux qui entendent obtenir du Parlement le vote d'une loi autorisant l'euthanasie dite “active”. Pendant plusieurs jours, les journalistes l’ont accompagnée, caméra à l’épaule et micro au point, avant et après la demande d’autorisation de “mort assistée” qu’elle a vainement présentée devant le président du tribunal de grande instance de Dijon.


Dire que cette émission était poignante est peu dire. Quelles que soient nos propres positions, on ne peut être insensible à une souffrance si poignante, si intense, si désespérée. Le médecin qui l’a soignée a confié que sa propre analyse sur l’euthanasie avait été modifiée par sa fréquentation de la malade.


L’émission était honnête, en ce sens qu’elle a recueilli des appréciations critiques sur le choix de Chantal Sébire, celle d’un médecin dirigeant un centre de soins palliatifs, qui a souligné, indigné, qu’on ne pouvait demander à un médecin de donner la mort ; celle surtout de la propre fille de Chantal Sébire, intelligente en ses nuances, qui a rappelé que sa mère avait sciemment entendu médiatiser sa situation et qu’elle avait refusé de recourir à des soins palliatifs – circonstance fort importante que les tenants de l’euthanasie et de la cause de Chantal Sébire se sont gardés de prendre en compte.


Mais quels contrepoids représentent ces analyses à côté du choc si brutal des images de ce visage défiguré, de ces gémissements apparemment sans écho, de ce corps épuisé, de ces appels désespérés à la souffrance des autres, de ceux qui ne l’écoutaient pas, pour qu’ils « crèvent de douleur » afin de comprendre à leur tour, de ces appels touchants, aussi, à l’amour ?


On ne peut ainsi se garder de cette idée : cette émission, en réalité, paraît bien avoir eu pour objet de faire basculer enfin ceux qui l’ont regardée dans le camp "de ceux qui comprennent", "de ceux qui compatissent", "de ceux qui aiment". Bref de ceux qui sont humains, de ceux qui militent activement pour ce prétendu droit de décider de sa propre mort, comme Mme Humbert, intervenant dans cette émission comme quelqu’un ayant autorité puisqu’elle a mis à mort son propre fils sur sa demande, avant d’en être acquittée par les tribunaux. Après tout, pourquoi laisser ainsi souffrir ? Pourquoi ne pas donner aux malades la miséricorde de la mort qu’ils réclament et que la société leur refuse ?


Sous ce rapport, cette émission établit parfaitement la problématique de l’euthanasie. Elle offre exclusivement le tableau d’une souffrance sans alternative palliative, a priori exclue comme solution possible, d'une vie définitivement privée de sens, de l’horreur d’une vie abîmée dans la souffrance sans ouverture aucune, sans espérance, sans clé rédemptrice, et d’une mort sans avenir, close sur elle-même, comme un éteignoir posé enfin sur une flamme devenue à la fois inutile et trop brûlante.


Cette problématique est supposée être la seule humaine. Si vous ne la partagez pas, c'est que vous n'avez pas de coeur. Elle est supposée être aussi la seule réelle, la seule possible. Et pour la sceller dans cet état, pour lui refuser de glisser sous d'autres lumières qui pourraient la contrarier, on en appelle à l'amour, à la miséricorde, à la bonté, à la pitié, comme pour dire : "vous voyez, dans cet acte de mort volontairement donné se réalise tout ce qu'il y a de plus haut en l'homme. Il n'est pas besoin d'aller chercher ailleurs des vertus qui ne peuvent tenir ce qu'elles promettent, et qui ne tendent qu'à faire subir encore, et encore, des souffrances indignes de l'homme".


Dans le fond, la problématique de l'euthanasie est une posture théologique. Elle présuppose la perception d'un monde en lequel se résorbe la vie, sans rédemption, sans issue possible. Un quelque chose qui ressemble finalement à l'Enfer et auquel il ne serait possible d'échapper que par l'anéantissement de soi-même.

 


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Publié dans : Ethique médicale/euthanasie - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /Mars /2008 13:08

Par La rédaction
medium_Souffrance.jpg A nouveau, il y a peu, a été relancé - pour la millième fois - le débat sur l'euthanasie. Ses partisans n'ont de cesse de le remettre sur la place publique jusqu'à ce qu'enfin, par usure, leur opinion finisse par l'emporter législativement pour être imposée à la société tout entière.

Le fond de la question, quoi qu'on en est, est et restera cependant toujours celui-ci : il s'agit de mettre un terme à la vie humaine d'un innocent, en état de détresse et de souffrance, directement et volontairement. Le peut-on moralement ?

Pour esquiver cette question cruelle mais essentielle, à laquelle aucun homme civilisé, en règle générale, ne se résout à apporter une réponse affirmative, les partisans de l'euthanasie mettent exclusivement l'accent sur la souffrance, sur sa charge insupportable, pour faire de l'acte de mort un acte de miséricorde, une exigence même de l'éthique, en tout cas une voie raisonnable.

A raison, comme vient de le faire Mgr Barbarin, l'Eglise rappelle constamment que cette question gravissime ne se résout pas dans la passion ou l'émotion suscitées par des cas actuels dramatiques, amplifiés par les médias. Elle met en cause le jugement même de l'homme sur lui-même et sur ses fins. La justification de la mise à mort, en effet, suppose que l'on établisse une relation entre le scandale d'une souffrance et le fait que la vie de celui qui la subit n'a plus d'avenir. A quoi bon permettre qu'un homme ou une femme subisse une telle dégradation, une telle déshumanisation apparente alors que sa vie, de toute façon, est finie, qu'il n'y a aucun espoir de guérison ?

La problématique de l'euthanasie ne suppose pas seulement une révolte contre le mal et la souffrance, dont nous expérimentons tous un jour ou l'autre la morsure. Elle suppose la dénégation de tout sens à la souffrance, comme de toute espérance.

Il n'est pas inutile, dans un tel contexte, de se remettre sous les yeux le message ci-dessous, adressé par les Pères du Concile, le  8 décembre 1965. Nous le reprendrons ultérieurement en d'autres de ses parties. Retenons pour l'heure l'adresse qui concerne "les pauvres, les malades et tous ceux qui souffrent". Il n'y est pas question de l'euthanasie, mais de la seule souffrance. Mais, encore une fois, c'est bien le coeur du débat. 

Il s'agit, à notre connaissance, de l'un des plus beaux  textes qui aient jamais été écrits sur la question, et dont chacun de nous peut se nourrir avec fécondité à l'aube de cette Semaine sainte, où nous commémorons la marche de Jésus à son Sacrifice rédempteur, Lui l'Homme des douleurs, qui a connu toute souffrance physique et morale pour l'habiter de l'intérieur et l'ouvrir à la bienheureuse espérance de sa Résurrection.

Tel est et tel doit être le fond intellectuel tant de nos plus fermes convictions que de nos plus tendres compassions dans cette si redoutable question.


_______________


Pour vous tous, frères éprouvés, visités par la souffrance aux mille visages, J991997.jpg le Concile a un message tout spécial.

Il sent fixés sur lui vos yeux implorants, brillants de fièvre ou abattus par la fatigue, regards interrogateurs qui cherchent en vain le pourquoi de la souffrance humaine, et qui demandent anxieusement quand et d’où viendra le réconfort...

Frères très chers, nous sentons profondément retentir dans nos cœurs de pères et de pasteurs vos gémissements et vos plaintes. Et notre peine s’accroît à la pensée qu’il n’est pas en notre pouvoir de vous apporter la santé corporelle ni la diminution de vos douleurs physiques que médecins, infirmières, et tous ceux qui se consacrent aux malades s’efforcent de soulager de leur mieux.

Mais nous avons quelque chose de plus profond et de plus précieux à vous donner, la seule vérité capable de répondre au mystère de la souffrance et de vous apporter un soulagement sans illusion : la foi et l’union à l’homme des douleurs, au Christ, Fils de Dieu, mis en croix pour nos péchés et pour notre salut.

Le Christ n’a pas supprimé la souffrance ; il n’a même pas voulu nous en dévoiler entièrement le mystère ; il l’a prise sur lui, et c’est assez pour que nous en comprenions tout le prix.

Ô vous tous, qui sentez plus lourdement le poids de la croix, vous qui êtes pauvres et délaissés, vous qui pleurez, vous qui êtes persécutés pour la justice, vous sur lesquels on se tait, vous les inconnus de la douleur, reprenez courage ; vous êtes les préférés du Royaume de Dieu, le Royaume de l’espérance, du bonheur et de la vie ; vous êtes les frères du Christ souffrant et avec lui, si vous le voulez, vous sauvez le monde !

Voilà la science chrétienne de la souffrance, la seule qui donne la paix. Sachez que vous n’êtes pas seuls, ni séparés, ni abandonnés, ni inutiles : vous êtes les appelés du Christ, sa vivante et transparente image. En son nom, le Concile vous salue avec amour, vous remercie, vous assure l’amitié et l’assistance de l’Église, et vous bénit. 
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