Par La rédaction
Voici la suite de la traduction que nous avons entreprise de la lettre écrite sur ce sujet par les évêques des Etats-Unis (cf. Ici). Il va de soi que ce document doit être lu dans le contexte de la campagne présidentielle américaine, ouverte déjà par les primaires en cours. Les évêques y abordent en passant des questions clés de cette campagne, telle que la question de la guerre - bien sûr - en raison des événements d'Irak, envisagée sans complaisance, avec son cortège de difficultés relatives aux dommages causés aux populations civiles, ou à la torture. Mais aussi des questions relatives au logement ou à la couverture sociale en matière de soins, qui s'invitent à toutes les élections américaines en raison des criants paradoxes économiques de cette société.
Nous aurons à revenir, encore et encore, sur le rôle des évêques et de l'Eglise en matière politique, ne serait-ce qu'à l'approche des élections municipales françaises. Ce rôle semble être tenu, ici et là, avec de plus en plus d'assurance et de gravité - ce dont on ne peut que se réjouir.
Cette partie de la déclaration des évêques américains s'achève par une citation de la Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, publié le 24 novembre 2002 par la Congégation pour la doctrine de la foi. Cette citation, à elle seule, devrait être apprise par coeur par CHAQUE catholique, dès lors qu'elle constitue la norme prochaine de tout choix politique, exercé comme catholique.
En lien direct avec cette citation, les évêques américains ne manquent pas d'observer que les catholiques appartiennent à une seule et unique Eglise, celle du Christ, non à des factions. Cela signifie qu'il n'est pas loisible, dans les matières ici visées, où les principes moraux sont directement engagés, de se dire catholique et de prétendre à une totale autonomie d'appréciation morale. Cela vaut, en particulier, pour l'avortement. L'unité des principes moraux [lesquels ne procèdent pas d'un positivisme juridique mais s'enracinent dans une métaphysique de la personne] et de la foi se trouve ainsi remarquablement signifiée. Ce message, à l'évidence, a du mal à passer, Outre-Atlantique comme en France. Raison de plus pour s'y arrêter, y réfléchir et s'en pénétrer.
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24. Notre opposition aux actes intrinsèquement mauvais, qui offensent la dignité de la personne humaine, devrait aussi ouvrir nos yeux sur le bien à faire, c'est-à-dire sur notre devoir de contribuer au bien commun et d’agir solidairement avec ceux qui sont dans le besoin. Ainsi que le Pape Jean-Paul II l’a souligné, « le fait que seuls les commandements négatifs obligent toujours et en toutes circonstances ne veut pas dire que les prohibitions soient plus importantes dans la vie morale que le devoir de faire le bien, exprimé par les comportements positifs » (Veritatis splendor, n° 52). Eviter le mal et faire le bien sont également des obligations essentielles.
25. Le droit à la vie implique et est relié à d’autres droits humains – aux biens fondamentaux dont chaque personne humaine a besoin pour vivre et prospérer. Toutes les questions relatives à la vie sont liées, parce que l’érosion du respect de la vie de tel individu ou de tel groupe, dans une société, tend nécessairement à diminuer le respect de toute vie. L’impératif moral de répondre aux nécessités de notre prochain – à ses besoins fondamentaux tels que la nourriture, le logement, les soins, l’éducation et un travail digne – s’impose universellement à nos consciences et peut légitimement être satisfait de bien des manières. Les catholiques doivent rechercher les meilleurs moyens de répondre à ces besoins. Comme le Bienheureux Jean XXIII l’a enseigné, « tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux » (Pacem in terris, n° 11).
26. Le pape Jean-Paul II a expliqué l'importance d'être fidèles aux enseignements fondamentaux de l'Église fondamentaux :
« Il est juste, assurément, de parler des droits de l'homme – comme, par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture – mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne. » (Christifideles laici, n° 38).
27. Dans la vie publique, deux tentations peuvent porter atteinte à cette défense, par l’Eglise, de la vie et de la dignité de la personne humaine.
28. La première est d’établir une équivalence morale, sans distinction éthique, entre les différents types de choix relatifs à la vie humaine et à sa dignité. La destruction intentionnelle directe de la vie humaine d’un innocent, depuis le moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle est toujours un mal et n’est pas un choix possible parmi d’autres. Elle doit toujours être réprouvée (1).
29. La seconde est d’utiliser abusivement les distinctions morales nécessaires comme un moyen d'ignorer ou de rejeter d'autres menaces graves qui pèsent sur la vie et la dignité de la personne humaine. Le racisme et d’autres discriminations injustes, l’usage de la peine de mort, le recours à une guerre injuste, l’usage de la torture (2), les crimes de guerre, le fait de ne pas répondre à ceux qui souffrent de la faim, d’un manque de soins ou d'une politique d'immigration injuste, sont autant de difficultés morales qui mettent à l’épreuve notre conscience et nous obligent à agir. Il ne s’agit pas de préoccupations facultatives, auxquelles il serait possible de se dérober. Les catholiques sont dans la nécessité d’examiner sérieusement l'enseignement de l'Église sur ces questions. Bien que les choix à opérer pour y répondre le mieux possible soient matière à débat, il n’est pas facultatif d’examiner ces questions, et il n’est pas permis aux catholiques de rejeter ou d’ignorer l'enseignement de l'Église qui s’y rapporte. Il est évident que tous les catholiques ne peuvent pas être associés à chacune de ces préoccupations. Cependant, nous devons nous soutenir les uns les autres parce que notre communauté de foi défend la vie et la dignité de la personne humaine partout où elles sont menacées. Nous ne sommes pas des factions. Nous constituons une seule famille de foi accomplissant la mission de Jésus-Christ.
30. Dans le même sens, la Congrégation pour la doctrine de la foi a précisé :
« Il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun (3) ».(à suivre)_______________
(1) « Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (…), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle (1) » (Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, n° 4).
(2) Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2297.
(3) Note doctrinale…, préc., n° 4.
Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire

"Sans doute avez-vous été touchés comme moi
par la vie de Sainte Joséphine Bakhita, cette esclave soudanaise, n fois vendue, n fois battue, que Benoît XVI nous présente au seuil de son encyclique comme modèle d’espérance. Découvrant
qu’il y avait un Dieu qui la connaissait et qui l’aimait et qui même l’attendait, elle avait un espérance : « Je suis définitivement aimée, a-t-elle dit, et quel que soit ce qui
m’arrive, je suis attendue par cet amour. Et ainsi ma vie est bonne ». Cette nouvelle sainte canonisée est une figure de l’espérance. En plus, elle provient d’un pays où les chrétiens
souffrent particulièrement. Malheureusement, c’est loin d’être le seul pays où les chrétiens souffrent.