Communautés

Paroles d'évêque et de prêtre

Lundi 7 janvier 2008 1 07 /01 /Jan /2008 15:45

Par La rédaction

    Voici la suite de la traduction que nous avons entreprise de la lettre écrite sur ce sujet par les évêques des Etats-Unis (cf. Ici). Il va de soi que ce document doit être lu dans le contexte de la campagne présidentielle américaine, ouverte déjà par les primaires en cours. Les évêques y abordent en passant des questions clés de cette campagne, telle que la question de la guerre - bien sûr - en raison des événements d'Irak, envisagée sans complaisance, avec son cortège de difficultés relatives aux dommages causés aux populations civiles, ou à la torture. Mais aussi des questions relatives au logement ou à la couverture sociale en matière de soins, qui s'invitent à toutes les élections américaines en raison des criants paradoxes économiques de cette société.

Nous aurons à revenir, encore et encore, sur le rôle des évêques et de l'Eglise en matière politique, ne serait-ce qu'à l'approche des élections municipales françaises. Ce rôle semble être tenu, ici et là, avec de plus en plus d'assurance et de gravité - ce dont on ne peut que se réjouir.

Cette partie de la déclaration des évêques américains s'achève par une citation de la Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, publié le 24 novembre 2002 par la Congégation pour la doctrine de la foi. Cette citation, à elle seule, devrait être apprise par coeur par CHAQUE catholique, dès lors qu'elle constitue la norme prochaine de tout choix politique, exercé comme catholique.

En lien direct avec cette citation, les évêques américains ne manquent pas d'observer que les catholiques appartiennent à une seule et unique Eglise, celle du Christ, non à des factions. Cela signifie qu'il n'est pas loisible, dans les matières ici visées, où les principes moraux sont directement engagés, de se dire catholique et de prétendre à une totale autonomie d'appréciation morale. Cela vaut, en particulier, pour l'avortement. L'unité des principes moraux [lesquels ne procèdent pas d'un positivisme juridique mais s'enracinent dans une métaphysique de la personne] et de la foi se trouve ainsi remarquablement signifiée. Ce message, à l'évidence, a du mal à passer, Outre-Atlantique comme en France. Raison de plus pour s'y arrêter, y réfléchir et s'en pénétrer.

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24. Notre opposition aux actes intrinsèquement mauvais, qui offensent la dignité de la personne humaine, devrait aussi ouvrir nos yeux sur le bien à faire, c'est-à-dire sur notre devoir de contribuer au bien commun et d’agir solidairement avec ceux qui sont dans le besoin. Ainsi que le Pape Jean-Paul II l’a souligné, « le fait que seuls les commandements négatifs obligent toujours et en toutes circonstances ne veut pas dire que les prohibitions soient plus importantes dans la vie morale que le devoir de faire le bien, exprimé par les comportements positifs » (Veritatis splendor, n° 52). Eviter le mal et faire le bien sont également des obligations essentielles.

25. Le droit à la vie implique et est relié à d’autres droits humains – aux biens fondamentaux dont 
chaque personne humaine a besoin pour vivre et prospérer. Toutes les questions relatives à la vie sont liées, parce que l’érosion du respect de la vie de tel individu ou de tel groupe, dans une société, tend nécessairement à diminuer le respect de toute vie. L’impératif moral de répondre aux nécessités de notre prochain – à ses besoins fondamentaux tels que la nourriture, le logement, les soins, l’éducation et un travail digne – s’impose universellement à nos consciences et peut légitimement être satisfait de bien des manières. Les catholiques doivent rechercher les meilleurs moyens de répondre à ces besoins. Comme le Bienheureux Jean XXIII l’a enseigné, « tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux » (Pacem in terris, n° 11).

26. Le pape Jean-Paul II a expliqué l'importance d'être fidèles aux enseignements fondamentaux de l'Église fondamentaux :

« Il est juste, assurément, de parler des droits de l'homme – comme, par exemple, le droit à la santé, au logement, au travail, à la famille, à la culture – mais c'est propager l'erreur et l'illusion que d'en parler, comme on le fait souvent, sans défendre avec la plus grande vigueur le droit à la vie, comme droit premier, origine et condition de tous les autres droits de la personne. » (Christifideles laici, n° 38).

27. Dans la vie publique, deux tentations peuvent porter atteinte à cette défense, par l’Eglise, de la vie et de la dignité de la personne humaine.

28. La première est d’établir une équivalence morale, sans distinction éthique, entre les différents types de choix relatifs à la vie humaine et à sa dignité. La destruction intentionnelle directe de la vie humaine d’un innocent, depuis le moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle est toujours un mal et n’est pas un choix possible parmi d’autres. Elle doit toujours être réprouvée (1).

29. La seconde est d’utiliser abusivement les distinctions morales nécessaires comme un moyen d'ignorer ou de rejeter d'autres menaces graves qui pèsent sur la vie et la dignité de la personne humaine. Le racisme et d’autres discriminations injustes, l’usage de la peine de mort, le recours à une guerre injuste, l’usage de la torture (2), les crimes de guerre, le fait de ne pas répondre à ceux qui souffrent de la faim, d’un manque de soins ou d'une politique d'immigration injuste, sont autant de difficultés morales qui mettent à l’épreuve notre conscience et nous obligent à agir. Il ne s’agit pas de préoccupations facultatives, auxquelles il serait possible de se dérober. Les catholiques sont dans la nécessité d’examiner sérieusement l'enseignement de l'Église sur ces questions. Bien que les choix à opérer pour y répondre le mieux possible soient matière à débat, il n’est pas facultatif d’examiner ces questions, et il n’est pas permis aux catholiques de rejeter ou d’ignorer l'enseignement de l'Église qui s’y rapporte. Il est évident que tous les catholiques ne peuvent pas être associés à chacune de ces préoccupations. Cependant, nous devons nous soutenir les uns les autres parce que notre communauté de foi défend la vie et la dignité de la personne humaine partout où elles sont menacées. Nous ne sommes pas des factions. Nous constituons une seule famille de foi accomplissant la mission de Jésus-Christ.

30. Dans le même sens, la Congrégation pour la doctrine de la foi a précisé :

 

« Il faut ajouter que la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé par la présentation de propositions différentes de ce contenu ou opposées à lui. Parce que la foi est un tout indivisible, il n’est pas logique d’isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun (3) ».
(à suivre)
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(1) « Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (…), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle (1) » (Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique, n° 4).

(2) Cf. Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 2297.

(3) Note doctrinale…, préc., n° 4.

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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 07:45

Par La rédaction
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"Chers amis,

Partout de par le monde, les chrétiens s’apprêtent à célébrer Noël. Ici, en Occident, où les festivités profanes occultent trop souvent et dénaturent par leurs excès la fête de l’Emmanuel. Là-bas, en Orient, où le temps de la Nativité a cette année encore la couleur du deuil : un mur coupe en deux la Terre Sainte, le Liban se déchire, l’Irak est un champ de ruines et l’Égypte pleure sa convivialité perdue. N’est-ce pas à désespérer ?

Ce le serait si une étoile ne s’était levée, dissipant de sa clarté opalescente la nuit sombre de notre impuissance. Si elle ne nous avait conduits, du fin fond de l’Orient, jusqu’à la crèche où repose l’Infiniment-Petit, l’Infiniment-Fragile, le Divin Enfant que nous adorons ; ce Dieu qui s’appelle Amour et qui, avec la foi et la charité, nous dispense la plus improbable, la plus folle des vertus, l’espérance.

Quelle est-elle cette espérance qui, comme l’écrit le Saint Père dans  l’Encyclique « Spe salvi » , nous ouvre toute grande “la porte obscure du temps“ ? . Elle est , par delà les blessures et les déchirures, la certitude que le ciel n’est pas vide, que la vie a un sens et que nous sommes aimés; la tendre assurance qui adoucit nos larmes et berce nos angoisses; la grande merveille de la grâce divine, la confiance sans faille qui nous soutient et nous transforme. Aux antipodes de l’optimisme candide, de l’attentisme facile, elle mobilise nos forces vives: notre intelligence, si l’intelligence consiste à s’adapter aux situations inextricables dans lesquelles nous enferme la vie ; notre  volonté, la volonté d’inventer le chemin quand il n’ y a plus de chemin et qu’on se sait attendu.

C’est ce message d’espérance active que nous a apporté en septembre dernier notre patriarche Antonios Naguib. Il nous a exhortés à devenir pleinement nous-mêmes, pour mieux nous intégrer; à demeurer, au sein de l’Eglise catholique de France, profondément coptes et profondément catholiques; à accepter sans avoir peur l’inévitable - que nos jeunes se déprennent de notre langue, de certaines de nos coutumes -, comme à refuser l’inacceptable- que se perde, que se dissolve dans la société de consommation le trésor de spiritualité dont nous sommes les dépositaires.

Si les migrants espèrent qu’ailleurs la vie sera meilleure, qu’espèrent leurs frères restés au pays ? Qu’espèrent, contre tout espoir, les Maronites, les Chaldéens, les Coptes, les Syriens, tous ces chrétiens attachés à l’Evangile en terre d’Islam? Et d’abord combien sont-ils ? Une infime minorité perdue, noyée dans le monde musulman. Oui, “Quel avenir pour les chrétiens d’Orient ?” Le colloque organisé en novembre par l’EPHE et auquel participait Mgr Golta n’a pas tranché.

Et si l’essentiel était ailleurs, ailleurs que dans les chiffres, ailleurs que dans les statistiques ? S’il était dans cette espérance qui fait vivre “le petit reste”, l’Eglise éternellement renaissante des catacombes ? L’espérance sait qu’il n’y a pas de fatalité, que c’est le Seigneur lui-même qui mène l’histoire et que, jamais, Il n’oublie son Alliance. Telle est l’assurance, insensée, seule sensée, de l’espérance qui, quand c’est à pleurer, croit que tout ira mieux demain.

A la suite du colloque, j’ai rédigé un article “La laïcité est-elle possible en Egypte ?“, qui m’a valu un très nombreux courrier, expression du lien d’amour qui unit les chrétiens de France aux chrétiens d’Orient. Des chrétiens dont nous devons soutenir l’espérance. Voilà pourquoi des paroissiens de Saint François de Sales se préparent à vivre la Pâques avec leurs frères coptes quand d’autres partiront, un peu plus tard, pour la Terre Sainte.

L’espérance est dans le regard patient, fervent qui fait éclore l’impossible, dans cette infinité de signes, semés par le Seigneur, qu’elle nous apprend à déchiffrer à la lumière des béatitudes. Comme les calendriers de l’Avent révèlent jour après jour aux enfants enchantés leurs images cachées, ainsi nous fait-elle entrevoir à chaque instant de notre vie le bonheur annoncé.

Que notre ordinaire Monseigneur Vingt-Trois ait été fait cardinal est, dans la proximité ainsi réaffirmée du diocèse de Paris avec Rome, signe d’espérance ; tout comme les 25 ans de sacerdoce de notre curé
(de la paroisse Saint François de Sales à Paris), le père Pascal Gollnisch, expert dans l’art de conjuguer espérance et volonté féconde. Et que dire des noces d’or, fêtées ce printemps, du père Decogné avec l‘Eglise ?

Oui, « la petite fille espérance » n’en finit pas de courir sur les chemins raboteux du monde. Joyeux Noël et Bonne Année en sa douce compagnie !
"

+ Mgr Michel Chafik
Recteur de la Mission N.D.d’Egypte

P.S. : Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».
15, rue Philippe de Girard - Paris 10ème. Métro : la Chapelle.
 
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Mercredi 19 décembre 2007 3 19 /12 /Déc /2007 17:40

Par La rédaction

 

    Nous poursuivons ici (cf.) la publication et la traduction de l’appel lancé par les évêques des Etats-Unis aux fidèles de leurs diocèses pour les sensibiliser à la réalité morale de l’engagement politique et les encourager à s’y investir en tant que catholiques. Ils insistent ici sur le caractère “vertueux” de cet engagement, en soulignant l’importance d’agir selon une conscience bien formée, par l’exercice de la vertu de prudence, et la nécessité d’éviter le mal moral. Condamnant toute atteinte volontaire à la vie ou à la dignité d’êtres humains innocents, légale ou non, ils soulignent qu’il appartient aux catholiques de les combattre, tout en rappelant que la poursuite d’une fin bonne ne justifie jamais le recours à des moyens mauvais – allusion sans doute au combat de certains mouvements “pro-vie” qui outrepassent les limites de ce qui est moralement acceptable.

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Comment l'Eglise aide-t-elle les fidèles catholique

à s'exprimer sur les questions politiques et sociales ?

 
Une conscience droite

17. L'Eglise prépare ses membres à aborder les questions politiques et sociales en les aidant à développer une conscience droite. Les catholiques ont, tout au long de leur vie, la grave obligation de former leur conscience en conformité avec la raison humaine et l'enseignement de l'Eglise. La conscience n'est pas quelque chose qui permet à chacun de justifier tout ce qu’il veut faire, pas plus qu’une simple intuition de ce qu’il conviendrait ou non de faire. Non, la conscience est la voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain, qui nous révèle la vérité à et nous appelle à faire ce qui est bon et à éviter ce qui est mal. La conscience exige toujours de sérieux efforts pour prendre de bonnes décisions morales fondées sur les vérités de notre foi. Ainsi que l’a définie le Catéchisme de l'Eglise catholique, « La conscience morale est un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret qu’elle va poser, est en train d’exécuter ou a accompli. En tout ce qu’il dit et fait, l’homme est tenu de suivre fidèlement ce qu’il sait être juste et droit » (n° 1778).

18. La formation de la conscience comprend plusieurs éléments. Tout d'abord, le désir d'embrasser ce qui est bien et ce qui est vrai. Cela suppose, pour les catholiques, une volonté ouverte sur la recherche de la vérité et de la justice par l’étude de l'Ecriture Sainte et de l'enseignement de l'Eglise tel qu’il exprimé dans le Catéchisme de l'Eglise catholique. Il est également important d'examiner les faits et les informations de base qui concernent les différents choix à opérer. Enfin, une réflexion nourrie dans la prière est indispensable pour discerner la volonté de Dieu. Les catholiques doivent également comprendre que s’ils manquent à former leur conscience ils s’exposent à émettre des jugements erronés (1).

 
La vertu de prudence

19. L'Eglise favorise la formation de consciences droites non seulement en enseignant la vérité morale, mais aussi en encourageant ses membres à développer la vertu de prudence. La prudence nous permet de « discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir » (Catéchisme de l'Église catholique, n° 1806). La prudence façonne et éclaire notre capacité à délibérer entre des alternatives possibles, afin de déterminer ce qui est le mieux adapté à un contexte spécifique, et à l’accomplir résolument. L’exercice de cette vertu requiert souvent le courage de défendre des principes moraux quand il s’agit de prendre des décisions relatives à l’édification d’une société juste et pacifique.

20. L'enseignement de l'Eglise est clair sur ce point : la poursuite d’une fin bonne ne justifie pas la mise en œuvre de moyens immoraux. Nous recherchons tous à favoriser le bien commun en défendant la sainteté inviolable de la vie humaine depuis la conception jusqu'à la mort naturelle, en défendant le mariage, en nourrissant les affamés et en apportant un logement aux sans-abri, en accueillant les immigrants et en protégeant l'environnement – mais il est important de reconnaître que toutes les possibilités d'action ne sont pas moralement acceptables. Nous avons la responsabilité de discerner avec soin les politiques publiques qui sont moralement saines. Les catholiques peuvent choisir différents moyens de répondre à la l’irruption de problèmes sociaux, mais nous ne pouvons pas nous soustraire à notre obligation morale d'aider à construire un monde plus juste et plus pacifique par des moyens moralement acceptables, de telle sorte que les personnes faibles et vulnérables soient protégées et que les que soient défendus leurs droits humains et leur dignité.

Faire le bien et éviter le mal

21. Aidés par la vertu de prudence dans l'exercice d’une conscience droite, bien formée, les catholiques sont appelés, dans le domaine politique, à porter des jugements pratiques relatifs à des choix bons ou mauvais.

22. Il y a certaines choses que nous ne devons jamais faire, soit comme individus, soit comme société, parce qu’elles sont toujours incompatibles avec l'amour de Dieu et du prochain. De tels actes sont si profondément viciés qu'ils sont toujours contraires au bien authentique des personnes. Ces actes sont dits “intrinsèquement mauvais”. Ils doivent toujours être rejetés et combattus et ne doivent jamais être soutenus ou tolérés. L’atteinte intentionnellement portée à la vie d’êtres humains innocents, comme dans l’avortement et l'euthanasie, en est un exemple typique. Dans notre pays, « l'avortement et l'euthanasie sont devenus de graves menaces pour la dignité humaine parce qu'ils attaquent directement la vie elle-même, le bien le plus fondamental de la personne humaine et la condition de tous les autres
» (Vivre l'Evangile de la vie, n°5). C'est une erreur aux graves conséquences morales de considérer la destruction de la vie humaine innocente comme une simple affaire de choix personnel. Un système juridique qui viole le droit fondamental à la vie en le ramenant à de tels choix est fondamentalement vicié.

23. De même, les atteintes directes à la dignité et au caractère sacré de la vie humaine, comme le clonage humain et la recherche destructive sur des embryons humains, sont également intrinsèquement mauvaises. Elles doivent toujours être combattues. Les autres agressions directes sur la vie humaine innocente et les violations de la dignité humaine, comme le génocide, la torture, le racisme, et le ciblage des non-combattants dans des actes de terreur ou de guerre, ne peuvent jamais être justifiés.

(à suivre)

 

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(1) « L’ignorance du Christ et de son Évangile, les mauvais exemples donnés par autrui, la servitude des passions, la prétention à une autonomie mal entendue de la conscience, le refus de l’autorité de l’Église et de son enseignement, le manque de conversion et de charité peuvent être à l’origine des déviations du jugement dans la conduite morale. » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n° 1792).

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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 11:01

Par La rédaction

    Vous pouvez retrouver les chroniques de Mgr Brizard sur le site de l'oeuvre d'orient (ICI). Nous ne résistons pas à l'envie de vous en adresser la dernière, dont le thème ne peut que nous toucher et nous revigorer dans nos "combats" quotidiens (et notamment de paix et d'évangélisation).

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images-copie-26.jpeg     "Sans doute avez-vous été touchés comme moi par la vie de Sainte Joséphine Bakhita, cette esclave soudanaise, n fois vendue, n fois battue, que Benoît XVI nous présente au seuil de son encyclique comme modèle d’espérance. Découvrant qu’il y avait un Dieu qui la connaissait et qui l’aimait et qui même l’attendait, elle avait un espérance : « Je suis définitivement aimée, a-t-elle dit, et quel que soit ce qui m’arrive, je suis attendue par cet amour. Et ainsi ma vie est bonne ». Cette nouvelle sainte canonisée est une figure de l’espérance. En plus, elle provient d’un pays où les chrétiens souffrent particulièrement. Malheureusement, c’est loin d’être le seul pays où les chrétiens souffrent.

Face à cela, je trouve que nous tenons trop vite des propos désespérés sur la situation des chrétiens orientaux et sur l’avenir des Eglises orientales. Comme chrétiens, nous n’avons pas le droit de désespérer ; au contraire, nous devons soutenir l’espérance de nos frères en proie à la persécution et à tant d’autres difficultés et nous devons pareillement délivrer un message plein d’espérance à nos compatriotes et à nos frères chrétiens pour qu’ils se rendent compte comme nous de l’importance du soutien qu’ensemble nous devons apporter.

L’espérance passe par le regard. Il y a une manière de regarder la réalité ou ce qu’on croit être la réalité qui n’est pas vraie. Ce n’est pas vrai que la réalité est faite d’instantanés juxtaposés. Les médias nous présentent des faits choisis qui vont souvent dans le même sens, celui de la catastrophe parce que tout simplement le bien ne fait pas de bruit, en tout cas, pas autant qu’un superbe attentat à la voiture piégée. Le chrétien réfléchit et agit comme s’il voyait l’invisible. Même en Irak, on construit des églises comme à Karakosh. L’évêque de Moussol me disait la semaine dernière qu’il ouvrait un séminaire. Cela ne veut absolument pas dire qu’il nie la réalité : il a été lui-même été enlevé, deux de ses prêtres l’ont été récemment et aussi des étudiantes.

L’espérance, c’est qu’il n’y a pas de fatalité. Tous les événements, même tragiques, s’inscrivent dans une histoire, trop souvent méconnue. Or, au Proche-Orient, peut-être plus qu’ailleurs, on sait que c’est le Seigneur lui-même qui mène l’histoire. N’est-ce pas de Chaldée, c’est-à-dire d’Irak, qu’est sorti Abraham, père des croyants ? Quand on lit la Bible, on ne tarde pas à voir que Dieu lui-même s’est révélé à travers une histoire qui a conduit le peuple élu d’Egypte en Canaan, de Jérusalem à Babylone, qu’on appelle aujourd’hui Bagdad. Combien de fois, tout a semblé perdu. L’expérience historique de la foi montre que le Seigneur est souverainement fidèle à son Alliance et à ceux qui savent, telle sainte Joséphine Bakhita, qu’ils sont définitivement aimés par Dieu. L’histoire ne continuerait-elle pas à révéler Dieu ?"


+ Mgr Philippe BRIZARD
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Dimanche 16 décembre 2007 7 16 /12 /Déc /2007 10:29

Par La rédaction

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QUI, DANS L’EGLISE, DEVRAIT PARTICIPER A LA VIE POLITIQUE ?

 
13. Dans la Tradition catholique, la citoyenneté responsable est une vertu, et la participation à la vie politique une obligation morale. Cette obligation est ancrée dans notre engagement baptismal de suivre Jésus-Christ et de porter un témoignage chrétien en tout ce que nous faisons. Comme le Catéchisme de l'Église catholique nous le rappelle, « Il est nécessaire que tous participent, chacun selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il joue, à promouvoir le bien commun. Ce devoir est inhérent à la dignité de la personne humaine. (…)  Les citoyens doivent autant que possible prendre une part active à la vie publique » (nn. 1913-1915).

14. Malheureusement, la politique dans notre pays peut souvent se réduire à des conflits d'intérêts puissants, des attaques partisanes, des manifestations bruyantes et du battage médiatique. L'Eglise appelle à un autre type d'engagement politique : un engagement qui soit façonné par les convictions morales de consciences bien formées et qui soit concentré sur la dignité de chaque être humain, la poursuite du bien commun, et la protection des personnes faibles et vulnérables. L'appel catholique à l’exercice d’une citoyenneté conforme à la foi affirme l'importance de la participation politique et insiste sur le fait que le service public est une vocation honorable. En tant que catholiques, nous devons davantage être guidés par nos convictions morales que par notre attachement à un parti politique ou à un groupe d'intérêts. Lorsque cela est nécessaire, notre participation devrait contribuer à transformer le parti auquel nous appartenons ; nous ne devrions pas laisser le parti nous transformer de telle sorte que nous en venions à négliger ou à nier des vérités morales fondamentales. Nous sommes appelés à apporter ensemble nos principes et nos choix politiques, nos valeurs et nos votes pour aider à bâtir un monde meilleur.

15. Le clergé et les laïcs ont des rôles complémentaires dans la vie publique. Nous, évêques, avons la responsabilité principale d’assurer l'enseignement moral et social de l’Eglise. Avec les prêtres et les diacres, assistés par les dirigeants religieux et laïcs de l'Eglise, nous avons à enseigner les principes moraux fondamentaux pour aider les catholiques à former correctement leur conscience, pour donner des indications sur les dimensions morales des décisions publiques, et pour encourager les fidèles à mener à bien leurs responsabilités dans la vie politique. Pour s'acquitter de ces responsabilités, les dirigeants de l’Eglise doivent éviter de cautionner ou d’opposer les candidats et de dire aux gens comment voter. Ainsi que l'a déclaré le Pape Benoît XVI dans “Deus caritas est”, l’Eglise « veut servir la formation des consciences dans le domaine politique et contribuer à faire grandir la perception des véritables exigences de la justice et, en même temps, la disponibilité d’agir en fonction d’elles, même si cela est en opposition avec des situations d’intérêt personnel. (…) L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice » (n° 28).

16. Comme le Saint-Père l’a également enseigné dans “Deus caritas est”, « le devoir immédiat d’agir pour un ordre juste dans la société est au contraire le propre des fidèles laïques » (n° 29). Ce devoir est plus important que jamais dans l'environnement politique actuel, où les catholiques peuvent se sentir politiquement écartés, en constatant qu'aucun parti et que trop peu de candidats partagent pleinement l’attachement total de l’Eglise à la défense la vie et de la dignité de chaque être humain, de la conception à la mort naturelle. Pourtant, ce n'est pas le moment de se démobiliser ou de se décourager ;  bien au contraire, c’est le moment de renouveler son engagement. Formant leur conscience en accord avec l'enseignement catholique, les catholiques laïcs, hommes et femmes, peuvent s'impliquer activement : dans leur travail, au sein des partis politiques, en communiquant leurs préoccupations et leurs positions à leurs élus, en se joignant à la mission sociale diocésaine ou à des associations de défense, en participant à des conférences catholiques, à des organisations communautaires, ou à d'autres efforts encore pour appliquer l'enseignement moral authentique dans le domaine public. Même ceux qui ne peuvent pas voter ont le droit de se faire entendre sur les questions qui affectent leur vie et le bien commun.

(à suivre)
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 09:00

Par La rédaction
    Dans ce chapitre de l'adresse des évêques américains aux citoyens catholiques de leur pays, le premier point, essentiel, qu'il convient de souligner est celui de la définition donnée au vrai et au bien humains. Ce vrai et ce bien ne sont pas ce que la mode, la vision du monde de chacun, voire la loi positive déterminent. Ils sont déterminés par la nature humaine : le vrai et le bien, pour chacun de nous, est « ce qui est en accord avec notre nature humaine, en tant qu’elle est la nature d’être libres et intelligents, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, et dotés par le Créateur de dignité et de droits ». Second point capital : la place de la personne humaine, saisie selon cette nature, au coeur de la politique.

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POURQUOI L’EGLISE CATHOLIQUE DELIVRE-T-ELLE UN ENSEIGNEMENT SUR DES QUESTIONS QUI TOUCHENT A LA POLITIQUE ?

 

9. L’obligation de l’Eglise de contribuer à façonner le caractère moral de la société est une exigence de notre foi. C’est un élément fondamental de la mission que nous avons reçue de Jésus-Christ, qui offre une vision de la vie qui a été révélée dans la Sainte Ecriture et qui a été transmise par la Tradition. Ainsi que l’enseigne le concile Vatican II : le Christ, Verbe fait chair, en nous montrant l'amour du Père, nous montre également ce que signifie être véritablement humain (cf. Gaudium et spes, 22). L'amour du Christ pour nous, nous permet de voir notre dignité humaine en pleine clarté et nous oblige à aimer notre prochain comme il nous a aimés. Le Christ, notre Maître, nous montre ce qui est vrai et bien, c'est-à-dire ce qui est en accord avec notre nature humaine, en tant qu’elle est la nature d’être libres et intelligents, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, et dotés par le Créateur de dignité et de droits.

10. Ce que la foi enseigne au sujet de la dignité de la personne humaine et du caractère sacré de chaque vie humaine nous permet de voir plus clairement des vérités que nous pouvons également atteindre par le don de la raison humaine. Le respect de la dignité de chaque personne est au centre de ces vérités. Ceci est le cœur de l’enseignement moral et social catholique. Notre connaissance étant ainsi assise sur la foi et la raison, il est convenable et nécessaire que nous portions cette vérité essentielle sur la vie et la dignité de l’homme dans le domaine publique. Nous sommes appelés à appliquer le commandement du Christ de nous « aimer les uns les autres » (Jn 13:34). Nous sommes également appelés à promouvoir le bien-être de tous, à partager nos biens avec les plus démunis, à défendre le mariage, et à protéger la vie et la dignité de tous, surtout des faibles, des plus vulnérables, des sans-voix. Dans sa première lettre encyclique, Deus Caritas Est¸ le Pape Benoît XVI a expliqué que « la charité doit animer l’existence entière des fidèles laïques et donc aussi leur activité politique, vécue comme “charité sociale”
» (n° 29).

11. Certains doutent qu'il soit opportun pour l'Église de jouer un rôle dans la vie politique. Pourtant, l'obligation d'enseigner les valeurs morales qui doivent façonner notre vie, y compris notre vie publique, est un élément central de la mission donnée à l'Église par Jésus-Christ. En outre, la Constitution des États-Unis protège le droit des croyants individuels et des organisations religieuses à participer et à s'exprimer sans interférence de l'Etat, sans favoritisme ou discrimination. La loi devrait pleinement reconnaître et protéger le droit de l'Église, son obligation et ses possibilités de participer à la vie publique sans être contrainte d'abandonner ou d'ignorer ses convictions morales centrales. La tradition pluraliste de notre nation est renforcée, et non pas menacée, quand les groupes religieux et les gens de foi apportent leurs convictions et préoccupations dans la vie publique. En vérité, l'enseignement de notre Eglise est en accord avec les valeurs fondamentales qui ont façonné l'histoire de notre nation : « la vie, la liberté et la recherche du bonheur ».

12. La communauté catholique apporte avec elle des atouts importants pour le dialogue politique sur l'avenir de notre nation. Nous apportons un cadre moral solide – dessiné par la raison humaine éclairée par l'Écriture et les enseignements de l'Eglise – pour évaluer les enjeux, les programmes politiques et les campagnes. Nous apportons aussi une grande expérience au service de ceux qui sont dans le besoin – par l’éducation des jeunes, le soin des malades, le secours aux sans-abri, l’aide apportée aux femmes qui connaissent des difficultés dans leur grossesse, la nourriture des affamés, l’accueil des immigrants et des réfugiés, la participation à la solidarité générale et la poursuite de la paix.

(à suivre)

 

 
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /Déc /2007 08:00

Par La rédaction
    Chacun sait que la mise en oeuvre de ce document, destiné à pacifier les relations dans l'Eglise et à y favoriser l'unité, est l'objet d'une mise en oeuvre difficile. Cette difficulté tient à une multiplicité de facteurs, pratiques, psychologiques, moraux, que chaque "parti" ne contribue pas toujours à atténuer. Voici la position prise  à cet égard par Mgr Cattenoz. Nous empruntons ce document au site eucharistiemisericordieuse [Ici], qui y adjoint les commentaires de deux prêtres, les abbés Gouyaud et Leroux.
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Depuis plusieurs années, j’étais en contact avec des prêtres venant régulièrement dans mon diocèse pour célébrer la messe dans la forme tridentine. L’an dernier, nous étions tous dans l’attente d’un « Motu proprio » annoncé. Je me demandais comment nous pourrions répondre au désir du Saint-Père à travers ce Motu proprio. Je portais tout cela dans ma prière, demandant à l’Esprit Saint de m’éclairer. Puis, à la demande de plusieurs de ces prêtres, j’ai accepté de passer une journée avec eux. Ensemble nous nous sommes retrempés dans les premiers chapitres des Actes des Apôtres et dans la naissance de la première communauté au souffle de l’Esprit. Je leur ai proposé alors de rédiger une charte à la lumière des quatre piliers de la vie de la première communauté chrétienne : « Ils étaient fidèles à l’enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ».

Dans la confiance nous nous sommes revus de nouveau une journée au début de l’été. En fin d’été, nous avons passé ensemble quelques jours dans les Alpes pour finaliser la charte. Tout était prêt pour se lancer dans cette aventure dans la lumière du Motu proprio qui venait de sortir. Après avoir présenté mon projet à plusieurs évêques français et au cardinal Castrillon Hoyos, le 16 octobre dernier, date anniversaire de l’élection de Jean-Paul II, j’érigeais officiellement l’Association « Totus tuus ».

Le but de cette Association est d’apporter aux prêtres qui en feront partie un soutien spirituel et fraternel, mais aussi de leur permettre de s’intégrer de nouveau et pleinement dans la vie du presbyterium de nos diocèses. Attachés, sans exclusive, à la forme extraordinaire de la liturgie de l’Église, ils veulent vivre pleinement dans la lumière du Motu proprio selon lequel : « les deux expressions de la lex orandi de l’Église n’induisent aucune division de la lex credendi de l’Église ; ce sont en effet deux mises en œuvres de l’unique rite romain ». Ils veulent vivre pleinement leur sacerdoce au cœur de nos diocèses sous la conduite de leurs évêques.

L’Association devrait à terme permettre de dépasser les tensions et les incompréhensions au cœur même de l’Église entre des gens qui tous se savent membres de l’unique Corps du Christ. Les prêtres membres de l’Association veulent vraiment être dans la charité des artisans de paix et d’unité au cœur de l’Église. À la lumière de la lettre de Jean-Paul II à l’aube du troisième millénaire, ils veulent que nos communautés chrétiennes deviennent d’authentiques écoles de la communion dans la charité.

Le Motu Proprio ne dessaisit aucunement les évêques de leur triple charge d’enseigner, de sanctifier et de conduire le Peuple de Dieu, il les invite au contraire à œuvrer pour que nous retrouvions par-delà deux expressions, l’une extraordinaire et l’autre ordinaire de la lex orandi de l’Église une unité toujours plus profonde et plus vraie au cœur de l’Église pour un meilleur service missionnaire au cœur de notre monde d’aujourd’hui.

Lors de notre Assemblée plénière des Évêques de France à Lourdes, nous avons partagé sur la mise en œuvre du Motu proprio dans nos diocèses. Il se met en place progressivement et paisiblement. Il faudra encore du temps pour que nous apprenions tous, de part et d’autre, à vivre dans la confiance réciproque et nous avons tous à nous convertir pour nous laisser toujours davantage conduire par l’Esprit Saint.

Mgr Jean-Pierre Cattenoz
archevêque d’Avignon
 
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Mercredi 12 décembre 2007 3 12 /12 /Déc /2007 18:58

Par La rédaction

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Voici un document récent, émané de la conférence épiscopale des Etats-Unis, qui appelle les catholiques de ce pays à vivre leur citoyenneté en tant que catholiques.Cet appel à la responsabilité peut aisément être abstrait de son contexte américain pour nourrir notre réflexion en France. Un catholique est un catholique, en quelque lieu qu'il soit ; les exigences de sa foi y sont identiques, qui excluent toujours une séparation entre l'ordre de la foi et l'ordre de la vie, et qui impliquent, toujours et partout, un comportement individuel et social et des choix publics et privés qui soient cohérents et conformes au message de l'Evangile.

Chacun observera avec intérêt que les évêques américains se fondent ici sur la déclaration
"Dignitatis humanae personae" pour justifier cette cohérence et la nécessité pour les chrétiens d'intervenir dans le champ politique pour y porter ce message évangélique, au rebours de ceux qui prétendent que ce texte porte à l'indifférentisme. La leçon de chose est de taille, qui nous vient du pays libéral par excellence.

Rappelons que le Saint-Père se rendra aux Etats-Unis du 15 au 20 avril 2008, où il prononcera notamment un discours au siège des Nations Unies.

On pourra également consulter sur le sujet les commentaires présents et à venir publiés sur le site Libertépolitique.com
[Ici].

La traduction ici proposée a été réalisée par les auteurs de hermas.info. Le texte original du document peut être téléchargé  [format PDF] [Ici].


LA FORMATION DE LA CONSCIENCE DES FIDELES
DANS L'EXERCICE DE LEUR CITOYENNETE

Un appel à la responsabilité politique
adressé par les évêques catholiques des Etats-Unis

(novembre 2007)


Première partie : Réflexion des évêques sur l’enseignement catholique et la vie politique


Introduction


1.- Comme nation, nous partageons nombres de biens et de forces, notamment une tradition de liberté religieuse et de participation politique. Cependant, en tant que peuple, nous affrontons de graves problèmes qui sont clairement politiques mais aussi profondément moraux.

2.- Nous sommes une nation fondée sur « la vie, la liberté et la poursuite du bonheur », mais le droit à la vie lui-même n'est pas pleinement protégé, en particulier pour les enfants à naître, les membres les plus vulnérables de la famille américaine. Nous sommes appelés à être des artisans de paix dans un pays en guerre. Nous sommes un pays engagé à promouvoir « la liberté et la justice pour tous », mais nous sommes trop souvent divisés par des frontières tracées par la race, l’ethnie ou l’inégalité économique. Nous sommes une nation d'immigrants, qui lutte pour répondre aux défis lancés par l’arrivée de nombreux immigrants. Nous sommes une société fondée sur la force de nos familles, appelée à défendre le mariage et à offrir un soutien moral et économique à la vie familiale. Nous sommes une nation puissante dans un monde de violence, confrontée à la terreur et s’efforçant de construire un monde plus sûr, plus juste, plus pacifique. Nous sommes une société d'abondance en laquelle un trop grand nombre de gens vivent dans la pauvreté, le manque de soins de santé ou d'autres nécessités vitales. Nous appartenons à une communauté mondiale qui fait face à des menaces urgentes sur l’environnement, ce qui doit nous mobiliser. Ces défis sont au cœur de la vie publique et au centre de la poursuite du bien commun.

3.- Depuis de nombreuses années, nous, évêques des Etats-Unis, avons cherché à faire connaître l'enseignement catholique sur la vie politique. Nous l'avons fait dans une série de déclarations publiées tous les quatre ans, en mettant l'accent sur « la responsabilité politique » ou la « citoyenneté des fidèles ». Dans ce document, nous continuerons cette pratique, dans la continuité de ce que nous avons dit par le passé, à la lumière des nouveaux défis qui se présentent à notre nation et au monde. Ce n'est pas un enseignement nouveau, mais la réaffirmation de l'enseignement dispensé par notre Conférence épiscopale et par l'Eglise tout entière. En tant que catholiques, nous faisons partie d'une communauté dont le riche héritage nous permet d’examiner ces défis de la vie publique et de contribuer à apporter plus de justice et de paix pour tous les peuples.

4.- L'enseignement du Concile Vatican II sur la liberté religieuse (Déclaration “Dignitatis humanae”) est l’un des éléments de ce riche patrimoine sur la citoyenneté des fidèles. Il indique que « la société elle-même peut jouir des biens de la justice et la paix, qui découlent de la fidélité des hommes envers Dieu et sa sainte volonté » (n° 6) Le travail pour la justice exige que l'esprit et le cœur des catholiques soit éduqué et formé pour connaître et pratiquer  toute la foi.

5. Cette déclaration met en lumière le rôle de l'Église dans la formation de la conscience, et la responsabilité morale corrélative de chaque catholique d'entendre, de recevoir et de mettre en œuvre ses enseignements dans cette tâche de toute une vie qui consiste à former sa propre conscience. Sur ce fondement, les catholiques sont mieux à même d'évaluer les positions politiques, les programmes des partis, les promesses et les actions des candidats à la lumière de l'Évangile et de l'enseignement moral et social de l'Eglise, afin de contribuer à l'édification d'un monde meilleur.

6. Nous cherchons à le faire en posant les quatre questions suivantes : (1) Pourquoi l'Eglise délivre-t-elle un enseignement sur des questions qui touchent la politique ? (2) Qui, dans l'Eglise, devrait participer à la vie politique ? (3) Comment l'Eglise catholique peut-elle aider les fidèles catholiques à aborder la politique ou les questions sociales ? (4) Que dit l'Eglise de l'enseignement social catholique dans le domaine public ?

7. Dans cette déclaration, nous, évêques, n'avons pas l'intention de dire aux catholiques pour qui ou contre qui ils doivent voter. Notre but est de les aider à former leur conscience, conformément à la vérité de Dieu. Nous reconnaissons que la responsabilité de faire des choix dans la vie politique revient à chaque individu, à la lumière d'une conscience formée et droite, et que la participation va bien au-delà de l’expression d’un vote lors d’une élection déterminée.

8. En période électorale, beaucoup de documents ou de guides de l'électeur peuvent être publiés et distribués. Nous encourageons les catholiques à rechercher ceux qui émanent de leurs propres évêques, des Conférences catholiques de leur Etat et de la Conférence des évêques catholiques des Etats-Unis. Cette déclaration vise à refléter et à compléter, et non pas à remplacer, l'enseignement des évêques dans leurs propres diocèses et leurs propres États. À la lumière de ces réflexions, et de celles des évêques locaux, nous encourageons les catholiques à travers les États-Unis à jouer un rôle actif dans le processus politique, en particulier en ces temps difficiles.

(à suivre)
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /Nov /2007 00:00

Par La rédaction

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   Voici la lettre adressée au premier ministre anglais qu'a publiée le Cardinal Cormac Murphy-O'Connor, Archevêque de Westminster (dont vous avez déjà eu l'occasion de lire certains écrits sur Hermas), dans The Times du 19 Novembre 2007. Au-delà du calendrier britannique, ses propos nous concernent tous, qui s'opposent en particulier à ce que la fécondation in vitro soit facilitée pour les couples lesbiens et que l'on accepte de réflechir concrètement à une façon de faire basser le nombre des avortements.

 
_____

"Sir,

La loi sur la fécondation et l'embryologie, qui passe en seconde lecture à la Chambre des Lords aujourd'hui, posent trois problèmes de particulière importance.

Le premier est la qualité de la régulation. Les nouvelles techniques de recherches et plus récemment les autorisations de recherches sur des hybrides humains/animaaux ont été développées avec une attention insuffisante aux problèmes éthiques qu'elles posent à long terme. La loi n'apporte aucun remède à cela. Elle devrait être utilisée pour créer une commission nationale rassemblant un large panel d'experts avec un mandat clair et un rôle indépendant. Seule un organe indépendant et ayant autorité peut assurer qu'une sérieuse analyse éthique ne sera plus seulement une réflexion après-coup, mais un préalable à de telles recherches.

 

Deuxièmement, la loi propose de supprimer la nécessité, pour pouvoir recourir à une fécondation in vitro, que soit prise en compte le besoin pour l'enfant d'avoir un père, et de conférer l'autorité parentale à des personnes qui n'ont pas de relations biologiques avec l'enfant né d'une fécondation in vitro. Cela sape radicalement la place du père dans la vie d'un enfant et subordonne les droits naturels de l'enfant aux désirs du couple. Cela est profondément mauvais.

Troisièmement, cette loi peut et sera utilisée de toutes parts pour rechercher une modification de la loi sur l'avortement. Les débats sur ce point vont provoqué plus d'échauffement que de lumière, sauf si les deux camps concentrent leur énergie sur la bonne question : Etant donné que 200.000 avortements par an est un chiffre beaucoup trop élevé, comment un changement dans la loi peut-il réduire plus efficacement ce nombre ? Bien sûr, la loi n'est qu'un aspect de ce qu'il faut changer pour réduire significativement ce chiffre. Mais le Parlement enverrait un puissant et nécessaire message s'il amendait la loi sur l'avortement avec la claire intention de ne pas rendre l'avortement plus simple, mais, dans un premier temps, de le rendre plus rare.

Les nombreux sérieux problèmes posés par ce texte requièrent que les membres des deux chambres disposent d'une liberté de vote en accord avec leur conscience, pas uniquement sur la question de l'avortement, mais sur le texte en son entier. Les parties d'opposition l'ont déjà autorisé et  je presse le gouvernement d'en faire autant."

+ Cardinal Cormac Murphy-O'Connor,
Archevêque de Westminster


 
 
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre
Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 10:48

Par La rédaction

 

   Nous vous faisons part d'un appel de Mgr Cattenoz (ICI), dont la vigueur est salutaire au-delà des frontières de son diocèse auquel il s'adresse.
___
 
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"L
a situation est dramatique : nos aumôneries peinent à rejoindre les milliers de jeunes de nos lycées, de nos facultés, de nos écoles supérieures ; plusieurs lycées de notre diocèse n’ont plus ou n’ont jamais vraiment eu de présence chrétienne, l’Évangile n’y est plus annoncé. Comment rester insensibles devant une telle réalité ? Comment ne pas souffrir en sachant que des milliers de jeunes grandissent et entrent dans la vie sans avoir la chance d’entendre la bonne nouvelle de l’Évangile ? Oui, malheur à nous si nous n’annonçons pas l’Évangile !

Il nous faut rejoindre les attentes et les espérances de tous ces jeunes. Il y a ceux qui espèrent et ceux qui désespèrent, ceux qui ne savent pas ce que croire veut dire et ceux qui se refusent à croire, il y a ceux qui aiment la vie et ceux qui la gaspillent. Comment ne pas se sentir proches d’eux tous, comment ne pas partager leurs joies et leurs peines ! Comment ne pas partager leur soif de réussir leur vie et de trouver le chemin du bonheur !

Il nous faut entendre leurs questions et leurs craintes : Comment s’insérer dans une société marquée par de nombreuses et graves injustices et souffrances ? Comment réagir à l’égoïsme et à la violence qui semblent parfois prévaloir ? Comment donner sens à la vie ?

Aurons-nous l’audace et le courage de leur dire avec Jean- Paul II comme avec Benoît XVI : « N’ayez pas peur ! » Venez vous-aussi et voyez ! Laissez-vous rencontrer par le Christ. Lui et lui seul pourra combler les attentes de vos cœurs. Si vous acceptez qu’il fasse route avec vous, sa présence et sa parole viendront illuminer vos cœurs et vous montrer le chemin de la vie et du bonheur véritable.

     Aurons-nous l’audace et le courage de leur dire avec Benoît XVI : « Ne vous laissez pas envoûter par les voies qui de toutes parts vous proposent des modèles de vie basés sur l’arrogance et la violence, le pouvoir et le succès à tout prix, l’apparence et la possession […] Soyez vigilants ! Soyez critiques ! […] N’ayez pas peur, chers amis, de préférer les voies « alternatives » indiquées par l’amour véritable : un style de vie sobre et solidaire ; des relations d’affection sincères et pures ; un engagement honnête dans l’étude et le travail ; l’intérêt profond pour le bien commun. N’ayez pas peur d’apparaître différents et d’être critiqués pour ce qui peut sembler perdant ou démodé : les jeunes de votre âge, mais aussi les adultes, et en particulier ceux qui semblent le plus éloignés de la mentalité et des valeurs de l’Evangile, ont un besoin profond de voir quelqu’un qui ose vivre selon la plénitude d’humanité manifestée par Jésus Christ. »

 

Puissions-nous être auprès de nos jeunes d’authentiques témoins du Christ, nous le serons si nous-mêmes, nous pouvons témoigner de tout ce que Jésus a changé dans nos vies. Tout en remerciant tous ceux et celles qui se dévouent au service de l’évangélisation des jeunes dans le diocèse, je voudrais lancer un appel à tous les baptisés : unissons nos forces pour rejoindre les jeunes de notre diocèse et les inviter à vivre une authentique rencontre avec le Christ."

 

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