Le bien commun - S. Ramirez

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Seigneur, donnez-nous des prêtres.
Donnez-nous d'accueillir les vocations que vous ne cessez jamais de susciter.
Donnez-nous des prêtres saints. 
Des prêtres humbles devant la grandeur de leur sacerdoce.
Des prêtres oublieux d'eux-mêmes et dociles au Magistère de votre Eglise.
Des prêtres qui soient dans le monde sans en être.
Des prêtres qui oeuvrent pour servir et non pour être servis.
Des prêtres missionnaires, sans agitation.
Des prêtres qui prient et qui adorent.
Des prêtres, enfin, qui donnent le goût de les suivre parce qu'ils vous ressemblent.


LE SITE HERMAS VOUS EST PROPOSE

[en construction - dernière mise à jour : 04-07-2009]
http://hermas.fr.nf
ICI

Jeudi 6 novembre 2008

Consternant.- Que dire de plus ?

 

Au moment où un débat est engagé entre le journal Le Monde, qui soutient qu'entre septembre 2007 et juillet 2008, les affectations dans les cabinets ministériels ont augmenté de 397 personnes et le montant de primes a progressé de près de 5 millions d'euros, et Matignon qui soutient au contraire que ces données sont fausses, et après que l’on a appris que les dépenses élyséennes avaient littéralement explosées, la France – c'est-à-dire les Français – est affrontée durablement à une crise très difficile.

 

Yahoo a publié dans ses informations un article qui vaut d’être lu et médité.

 

« Retraités, salariés modestes, petits patrons ou commerçants en faillite, familles à salaire unique: les associations voient arriver dans leurs centres de "nouveaux pauvres", que la crise, après la perte de pouvoir d'achat des derniers mois, a fini par faire basculer. Ils ne pensaient pas en arriver là. Chaque soir, au cœur des haltes de la gare de Lyon, à Paris, des retraités, parfois propriétaires de leur logement, viennent prendre un repas à côté des SDF.

 

“Ils disent ne pas pouvoir faire face aux dépenses”, affirme le directeur du centre, Philippe Gobillon, qui avoue aussi son étonnement devant un phénomène nouveau : “depuis deux mois, des gens qui ont raté le dernier train se font héberger à l'accueil de jour, qui reste ouvert la nuit, où ils se retrouvent avec les SDF les plus “cassés”, parce qu'ils ne se permettent pas d'aller à l'hôtel”.“Une nuit, on a eu huit personnes, cela nous a surpris, on s'est dit que là, c'était le début de quelque chose de grave”, dit-il.

 

L'Espace solidarité insertion de la gare de Lyon est aussi depuis plusieurs mois le refuge de salariés sans domicile, qui viennent quelques nuits surtout en fin de mois, quand ils ne peuvent plus payer l'hôtel. Alors que les associations caritatives s'inquiètent des effets de la crise sur le montant des dons qu'elles reçoivent, elles soulignent que les difficultés ne datent pas de la crise. Celle-ci a aggravé le sort de ceux qui étaient au bord du seuil de pauvreté et a appauvri certains qui se croyaient épargnés. Dans cinq permanences du Secours populaire du Calvados, les bénévoles ont fait état de l'arrivée depuis deux mois de “personnes nouvelles”. Ce sont les victimes de la crise financière, comme cet ancien directeur d'une agence immobilière logé par le 115 (accueil d'urgence de nuit), qui vient chercher des colis alimentaires, un patron bûcheron qui a dû liquider son entreprise et vient aussi au Secours populaire pour les repas, des petits commerçants en faillite et au RMI, explique Marie-Jose Joly, responsable sur le Calvados. “On a aussi des nouveaux retraités, qui ont encore des enfants à charge parce que c'est souvent le cas dans les familles recomposées, et qui n'arrivent plus à s'en sortir”, explique-t-elle aussi.

 

A la Mie de Pain, le plus grand centre d'accueil de SDF de Paris, les “clochards” et les étrangers ne sont plus les principaux bénéficiaires des repas chauds du soir, souligne Héria Mir, chargée de la communication. “Depuis octobre, on a un afflux de jeunes majeurs, et depuis plusieurs mois déjà, un très grand nombre de retraités, que nous ne voyions pas auparavant”, dit-elle. Les mères de famille isolées risquent aussi de voir leur situation s'aggraver, souligne le Secours catholique, qui a constaté déjà en 2007, une forte aggravation de la pauvreté des familles monoparentales, qui forment 30% des personnes accueillies contre 26% en 1999, selon le rapport que l'association rendra public le 13 novembre.

 

Plusieurs signes ne trompent pas, comme la ruée sur les prêts sur gage du Crédit municipal, l'ancien Mont-de-Piété, qui ont augmenté de 40% depuis mars, l'augmentation des impayés de loyers, dont témoigne la Fondation Abbé Pierre. La brusque montée du nombre de Rmistes en septembre (+ 10.000) interrompt une baisse constante de plusieurs trimestres. La crise rend vulnérables les personnes aux revenus les plus modestes dont les dépenses contraintes (logement, impôts, ...) sont passées de 2001 à 2006 de 52,1% à 73,8% de leur revenu. Les dépenses liées au logement notamment ont bondi de 30,6 à 43,9% de leur budget. »

 

Fin de citation.- Une brillante société en vérité, qui est devenue une passoire morale, et qui paraît n’avoir qu’une issue : la conversion ou la mort. La conversion qui la conduirait enfin à renverser ses perspectives et à cesser de mettre les exigences humaines en dessous du primat toujours plus écrasant de l’économie et de la finance.

 

Pendant ce temps-là l’usine à gaz de la HALDE fonctionne à pleins tubes pour commettre ses rapports, dont il ne faut surtout pas omettre de consulter le dernier ! Edifiant !

 

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Samedi 1 novembre 2008
On nous communique :

Chers Amis,
 
Nous vous remercions vivement du soutien que vous avez bien voulu nous accorder en signant la pétition sur le site www.repos-dominical.com.
 
Vous n'êtes pas sans savoir qu'actuellement, les attaques contre le dimanche redoublent :

- Le 12 octobre dernier a eu lieu une opération de désinformation grossière par le biais d'un sondage peu crédible paru dans le Journal du Dimanche ;

- les jours suivants, les annonces politiques médiatiques ont été multipliées de la part du ministre Xavier Bertrand et de son secrétaire d'Etat Luc Chatel d'abord, puis du Président de la République à Rethel pour soutenir la proposition de loi visant à soi-disant 'libéraliser' le travail du dimanche.
 
Face à ce déchaînement, nos pasteurs ne manquent pas de nous rappeller où se situe l'essentiel. Le dimanche, outre qu'il est pour nous le jour du Seigneur, est indispensable pour préserver l'avenir de nos familles et à plus long terme de la société dans son ensemble. Car comme le dit le Christ lui-même : 'le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat', ce qui signifie simplement, concernant le repos dominical, que l'homme ne doit pas être instrumentalisé au travail ni détourné de sa finalité essentielle. La situation économique internationale nous rappelle opportunément ce qu'il en coûte de prendre les moyens pour une fin.
 
En ce jour de la Toussaint, nous vous appelons à unir vos prières à celles du Ciel pour demander l'intercession de ceux qui nous précèdent dans la Béatitude éternelle. Nous vous appelons également à faire entendre votre voix pour empêcher qu'une loi inique ne vienne perturber l'équilibre déjà précaire de nos vies familiales et professionnelles et que notre liberté religieuse ne soit pas à terme menacée. Nous vous invitons donc à vous manifester auprès de vos députés respectifs pour leur rappeler qu'ils doivent promouvoir le bien commun de la société, que le travail du dimanche se justifie uniquement pour des services à la personne, pas pour augmenter un chiffre d'affaire.
 
Ecrivez à votre député ! C'est très simple : récupérez son mail sur le site de l'Assemblée Nationale, ou, encore mieux, de tous les députés de votre département, et envoyez-lui un petit mot, ferme et courtois, pour lui dire votre attachement au repos dominical. Dîtes-lui votre souhait de le voir s'engager à le défendre. Rappelez-lui que le travail du dimanche n'a aucun impact sur la croissance, que personne n'est dupe de la propagande actuelle. N'hésitez pas non plus à leur donner des exemples de votre vie personnelle, ou encore à développer toutes les raisons que vous avez de vouloir préserver le repos dominical. Si chacun d'entre nous envoie un mail à 4 députés sur le sujet, nous pouvons vous assurer que cela ne manquera pas de pas les faire réfléchir !
 
Nous comptons sur vous,
en Notre-Dame du Dimanche,
 
L'équipe de repos-dominical.com
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Jeudi 23 octobre 2008
A signaler, dans le très riche programme du tout nouveau Collège des Bernardins (ICI), les rencontres Thomas More. En voici la présentation telle qu'elle figure sur le site des Bernardins.

Les « rencontres Thomas More »

Samedi 25 octobre 2008 au Collège des Bernardins
de 15h à
 22h

Cette initiative, prise par des laïcs catholiques, s'adresse à des associations chrétiennes qui interviennent dans tous les domaines de la vie de la Cité.

L'objectif est de vivre un moment d'unité et de communion à travers la prière, la rencontre avec des figures d'Eglise et de la vie publique ayant une expérience exemplaire, ainsi que l'échange entre représentants associatifs.

Cette année, nous accueillerons trois personnalités : Jean-Pierre Raffarin, Jean Vanier et Elena Lasida, économiste et théologienne, autour du thème : de la compétition à l'accueil, comment aller vers une société plus humaine ?

"Association « Rencontres Thomas More" :
Initiées en 2006 par des laïcs, avec le concours du Père Matthieu Rougé, curé de Sainte Clotilde à Paris et directeur du SPEP (Service Pastoral d'Etudes Politiques), les « rencontres Thomas More » visent à rassembler des responsables d'associations ou de mouvements, acteurs économiques, sociaux, politiques ou culturels.

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Samedi 18 octobre 2008
(Source AFP) L'ex-trader millionnaire Henry Quinson est aujourd'hui moine et éducateur dans les quartiers pauvres du nord de Marseille et vit sa reconversion comme une quête de sens, loin de la crise financière.

Il y a près de vingt ans, à 28 ans, ce Franco-Américain a abandonné une augmentation de 30% et un confortable bonus offerts par la banque Indosuez où il travaillait pour se retirer dans un monastère, décision, qui, on s'en doute, avait stupéfait tout le monde, persuadé qu'il partait à la concurrence pour une offre plus lucrative. Mais le dieu-dollar ne séduisait plus ce jeune financier élevé à New York dans une famille pratiquante, qui décida, la "trouille au ventre", de rejoindre l'abbaye cistercienne de Tamié, dans les Alpes, pour se consacrer à la prière et à la fabrication de fromage.

C'est juste avant cette retraite de presque six ans qu'il eut une vision : "Je me suis vu à Marseille, où je n'étais jamais allé, où je ne connaissais personne, entouré d'enfants maghrébins à qui je faisais l'école". Vision devenue réalité en 1996 avec son arrivée dans les quartiers Nord et la création de la fraternité religieuse St-Paul dans une cité dont 70% des habitants sont musulmans.


Avant cela, il s'est "débarrassé" de ses millions en les cédant à différentes associations. "C'est bien de faire des discours sur les pauvres, mais c'est encore mieux d'en faire partie", explique-t-il.


Dans l'appartement qu'il partage dans la cité avec l'un des quatre moines de sa fraternité, son quotidien mêle prières, cours d'anglais, soutien scolaire aux enfants, écoute, mission d'écrivain public et aide aux étudiants pour décrocher des bourses d'étude.


Ce moine moderne, maniant avec autant d'aisance l'humour que les références bibliques, estime que l'argent "perturbe la relation avec les personnes" et préfère "faire de l'éducatif". "Si un jeune vient chez nous trois jours par semaine pendant dix ans, il va non seulement faire des progrès scolaires mais sa vision du monde va être transformée", juge-t-il.


Sur la crise financière, il reste philosophe. "Un gros rhume pour le marché", tranche-t-il, estimant qu'il "y a toujours eu des crises même si celle-ci est particulièrement grave". "J'ai conseillé à tous ceux qui me le demandaient il y a un an de complètement sortir du marché d'actions, je ne sais pas s'ils m'ont écouté", sourit-il.


"Aujourd'hui mon salaire annuel de professeur à l'Education nationale correspond à une prime mensuelle de mon salaire de trader à l'époque", mais, poursuit-il, "j'ai infiniment plus de pouvoir en tant que professeur qu'en tant que trader", car "la vraie richesse, c'est l'éducation", "seule apte à changer le monde".

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Vendredi 17 octobre 2008

Un entretien avec Michel Platini, président de l'Union européenne de football (UEFA) et ancien capitaine de l'équipe de France, a été publié sur le site internet du Monde, au cours duquel il estime dans un entretien au Monde que les sifflets qui ont accompagné La Marseillaise avant le match France-Tunisie ne sont "pas une insulte à la France" mais uniquement l'occasion d'une récupération politique. Extrait :


"Que pensez-vous du tollé politique qui a suivi les sifflets de La Marseillaise, mardi 14 octobre, au Stade de France? Il y a trente ans, quand je jouais avec l'équipe de France, La Marseillaise était sifflée sur tous les terrains. Mais à l'époque, les politiques ne s'intéressaient pas au football et ça ne choquait personne. Aujourd'hui, c'est devenu une obligation pour un homme politique, en fonction de son étiquette, de se positionner. Une fois encore, le football est pris en otage par le monde politique car cette histoire de sifflets est devenue une affaire politique qui n'a rien à voir avec le sport. Je ne vois pas dans les sifflets qu'on a entendus au Stade de France un manque de respect ou une insulte à la France mais simplement des manifestations contre un adversaire d'un soir, en l'occurrence l'équipe de France, que l'on veut battre. Dans d'autres occasions, je suis certain que les mêmes jeunes qui ont sifflé La Marseillaise, mardi soir, chantent l'hymne national quand l'équipe de France dispute un match de l'Euro ou de la Coupe du monde."


Pour consulter l'entretien dans son intégralité, voir ICI.

 

Malgré l'autorité morale incontestable de M. Michel Platini, qu'il nous soit permis de formuler quelques objections à ces propos lénifiants.


Il n'est pas anormal que le sifflets entendus pendant la Marseillaise lors de tous les matchs contre des équipes du Maghreb fassent l'objet d'un débat - voir d'une récupération politique. Dès lors, qu'il s'agit d'un comportement ouvertement hostile à une nation et à ce que représente son hymne - et non pas d'une simple manifestation d'esprit sportif, comme M. Platini feint de le croire - il s'agit d'un symptome social et politique important que l'on doit prendre en considération. Il ne s'agit manifestement pas d'une prise d'otage par le politique, mais d'une réaction nécessaire - et d'ailleurs tardive et faible - à un problème de société inquiétant : celle de la définition même du respect du à son pays d'accueil ou au pays dont on a la nationalité (il existe même des sanctions pénales, que l'on pourrait peut-être, sans passer pour un sauvage, souhaiter voir enfin appliquer...).


D'autant que le sport n'est pas un monde à part, abstrait du reste de l'univers, politique, économique, social... Et les dirigeants sportifs le savent bien, quand il leur faut trouver des financements ou vendre des droits de retransmission, lorsqu'ils se présentent en modèles pour l'éducation et le développement des jeunes, voir en modèles de société. Il ne faut donc pas s'étonner que la portée sociale des comportements qu'il suscite soit lo'bjet d'un débat politique.


Il faudrait éviter de prendre les gens pour des naïfs et de tenter de masquer  un peu plus longtemps encore ce symptome d'un problème dans la définition même de l'identité française. Je ne pense pas que les sifflets évoqués dans les années 70 aient eu les mêmes motivations hostiles (politiquement et socialement) que ceux entendus dans le cadre de match contre les pays du Maghreb. Et s'ils ne donnaient pas lieu à un débat politique, c'est parce qu'ils n'avaient aucun caractère politique. Mais peut-être M. Platini s'est-il arrêté à la période où il connut son heure de gloire...

 

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Mercredi 15 octobre 2008

Encore un coup porté - assez sournoisement - à la famille. On vient, en effet, d'apprendre que les syndicats et le Medef s'apprêtent à conclure un accord visant à plafonner la majoration des retraites des cadres (AGIRC) pour les parents de famille nombreuse.


Aujourd´hui, les retraites AGIRC sont, en effet, majorées de 8 % pour les salariés ayant 3 enfants, 12 % pour 4 enfants, 16 % pour 5 enfants, 20 % pour 6 enfants, et 24 % pour 7 enfants ou plus.


Or, les syndicats et le Medef s´apprêtent à plafonner cette majoration à 5 %, quel que soit le nombre d'enfants du salarié (v. les déclarations de Mme Danielle Karniewicz, présidente (CFE-CGC) de la caisse nationale d´assurance vieillesse dans le journal La Croix du 8 août 2008). L´affaire  doit être débattue entre les partenaires sociaux dans les jours à venir.

Pour plus d'informations (sur ce que perdront les cadres concernés, sur les raisons de s'opposer à ce projet et/ou pour s'engager contre ce projet), voir le site de l'union des familles (ICI).

Une fois de plus, notre engagement concret est nécessaire.

 

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Jeudi 9 octobre 2008
Menée auprès d’un échantillon représentatif de parents d’enfants âgés de 6 à 12 ans, un sondage publié par La Croix démontre l'attachement très fort des français aux réunions et repas de famille, partagés avec grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines.

Ainsi, 53 % des parents – et même plus parmi les plus jeunes – disent favoriser ce type de rencontre, quand 12 % à peine avouent les fuir. La famille, au sens large, plébiscite en particulier la fête de Noël, considérée par près de 7 sondés sur 10 comme un moment de retrouvailles ou de rassemblement incontournable.

« Alors que depuis la fin des années 60, beaucoup considéraient la famille comme ringarde, on se rend compte de nouveau, depuis une dizaine d’années, combien elle est essentielle pour la construction de l’enfant qui, pour construire sa propre histoire, a besoin de se sentir acteur et témoin de ces rassemblements, commente le psycho sociologue Jean Epstein.

Les chiffres : pendant la semaine, plus de 80 % des parents dînent systématiquement avec leur(s) enfant(s). Le petit déjeuner, avant le départ pour l’école, est l’occasion d’un échange pour 53 % des personnes interrogées. Le week-end, les repas, parfois préparés ensemble, continuent de rythmer la vie de famille, y compris le goûter, que les parents âgés de moins de 35 ans ont tendance à partager avec leur progéniture.

Si la télévision reste la plus populaire (près de 70 % des familles se réunissent plusieurs fois par semaine devant le petit écran, avec, dans un cas sur deux, le respect systématique des limites d’âge indiquées par les chaînes), d’autres activités réalisent de réelles percées.
Ainsi, on utilise de plus en plus souvent l’Internet en famille (29 % de citations), pour y trouver des jeux ou, s’agissant des plus grands, y effectuer des recherches documentaires. De même, on assiste à une montée en puissance des jeux vidéo (19 %), les jeunes pères étant souvent eux-mêmes particulièrement friands de ce type de divertissement.

Quant à l’aide aux devoirs, le temps qui y est consacré est, en primaire, inférieur à un quart d’heure, mais il s’élève de 35 minutes à une heure lorsque l’enfant est inscrit au collège. Neuf fois sur dix, c’est la mère qui constitue le premier soutien scolaire. Mais 48 % des pères disent aider leurs enfants à faire leurs devoirs en semaine, et 65% le week-end.

« On parle souvent de l’effacement des pères. Mais ceux-ci n’ont jamais été aussi présents », se lon Jean Epstein, convaincu que la famille est « davantage en mutation qu’en crise ».

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Mardi 2 septembre 2008
Hermas souhaite une bonne rentrée aux enfants, aux enseignants et aux parents,
ainsi qu'une très belle année
scolaire, pleine de succès, de bonnes notes, de devoirs bien faits, d'enfants sages et polis, de parents détendus et attentifs, d'enseignants heureux de leur vocation et du comportement de leurs élèves...
le tout sous le regard bienveillant du Seigneur !

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Jeudi 26 juin 2008

I.- A la suite de l’article que nous avons publié hier sur l’affaire d’Avesnes-sur-Helpe, un lecteur nous adresse le message suivant :

 

« En fait il semble que, dans l'ordre, l'enfant a refusé puis l'enseignant a alors jeté ses affaires par terre et l'a bousculé. C'est alors que l'enfant l'a insulté, puis a reçu une gifle. Il y a donc eu agression de l'enseignant d'abord. L'enfant n'a fait que répliquer. »

 

Il n’est pas douteux que ces précisions aient leur importance dans la compréhension des faits. Cependant, le « n’a fait que répliquer », loin de contredire l’analyse que nous avons présentée, nous paraît plutôt la justifier.

 

La question, pour nous, n’est pas de savoir si l’enseignant a eu tort ou non d’agir comme il l’a fait. Admettons qu’il ait eu tort, qu’il ait, comme disait saint Thomas, « excédé dans le mode », par une réaction disproportionnée, en jetant à terre les affaires de l’enfant qui refusait d’obéir et en le bousculant.

 

Reste la réaction même de l’enfant, c'est-à-dire de l’injure adressée à l’enseignant. Car c’est cela qui, au fond, est en cause : sans elle, la gifle ne serait pas intervenue. Cette dernière ne serait-elle pas intervenue, d’ailleurs, que le problème serait absolument identique. En soulignant que l’enfant « n’a fait que répliquer », on se situe exactement dans le cadre d’une relation d’égalité. On suppose ici que l’enfant a d’abord été “agressé” ; il n’a fait que se défendre. C’est cette vision des choses qui nous paraît erronée, voire dangereuse. Arrêtons-nous y un instant.

 

 

II. La vie sociale est essentiellement constituée de relations. C’est par elles que les hommes tendent à réaliser leurs projets, par elles qu’ils s’efforcent d’aménager leurs espaces de liberté et d’épanouissement.

 

Ces relations sont mesurées par le droit, qui y introduit de la rationalité et de la mesure, autrement dit de la justice. Mais pas seulement par la loi – n’en déplaise aux intoxiqués du positivisme. Ces relations sont également mesurées par des règles le plus souvent non écrites ou, en tout cas, qui anticipent les règles écrites ou peuvent se passer d’elles et que, faute de mieux, nous appellerons ici des “sacralités” en raison de leur nécessité.

 

Ainsi du respect : respect d’autrui, respect de sa vie, de ses biens ; respect de la parole que l’on donne, et de celle que l’on reçoit, respects sans lesquels il n’y a pas de vie sociale humaine possible.

 

Respect aussi de certaines relations d’ordre. Ce sont celles qui nous relient aux personnes âgées, aux anciens, aux sages, à ceux qui savent ce que nous ignorons, aux parents, à ceux qui sont investis d’une autorité légitime, à notre patrie, aux enseignants, aux pauvres mêmes. Il n’y a pas si longtemps qu’il était admis que la femme entrait aussi dans ces relations d’ordre, lesquelles généraient une forme de courtoisie qui lui était réservée, et que l’on appelait la galanterie. Celle-ci commandait notamment de s’effacer devant elle à un passage, de ne pas lui serrer la main comme à toute autre personne, de lui céder sa place assise dans un transport en commun, ou le haut du trottoir lorsqu’on la croisait dans la rue – d’où cette expression : « tenir le haut du pavé », synonyme de privilège et de primauté.

 

Si le respect d’autrui est en général fondé sur l’égalité, parce que nous honorons en lui ce que nous savons nous être dû à nous-mêmes, le respect des relations d’ordre est fondé, par hypothèse, sur une inégalité implicitement reconnue. Cette inégalité n’est pas quantitative ou matérielle, comme de celui qui possède plus à celui qui possède moins, puisqu’elle intègre les miséreux. Saint Vincent de Paul ne disait-il pas des pauvres qu’ils sont « nos maîtres » ? Cette inégalité est qualitative. Elle résulte d’une richesse humaine particulière que nous honorons en qui la possède, quand nous-mêmes ne la possédons pas et dont nous mesurons la valeur. Il est très étrange, de ce point de vue, qu’il y ait à honorer le pauvre, très étrange et très incompréhensible si nous ne saisissons pas qu’il s’agit là d’un apport original de l’Evangile, qui y puise sa fécondité et son sens. Le respect du pauvre tient à la fois de l’inégalité matérielle qui lui nuit et de « l’option préférentielle » qui le privilégie dans le cœur de Dieu.

 

Le respect de ces relations d’ordre, intégré dans la moralité, est une condition essentielle de la qualité, de la permanence, de la vérité, voire de la beauté des relations humaines. C’est pourquoi nous les qualifions de “sacralités”, au sens où ce qui est sacré est réputé mis à part, intouchable. L’expérience montre que lorsque l’on y porte la main, cette “désacralisation” entraîne inéluctablement une déshumanisation. La voie la plus ordinaire de les détruire consiste à leur imposer idéologiquement une égalité qui leur répugne essentiellement. Ainsi, il n’y a plus de paternité lorsque les pères sont réduits à n’être plus que des copains de leurs enfants, et c’est toute la société qui en est infantilisée dans ses perspectives et ses comportements. L’égalitarisme féministe a conduit à une perte de respect de la femme et, corrélativement, à celui de la mère, laissant en particulier libre court aux multiples instrumentalisations de la femme-objet.

 

 

III.- La désacralisation de la relation d’élève à maître, de celui qui est en état d’apprendre à celui qui est en état de donner, de notre point de vue, est de cet ordre. Cette relation est essentielle dans une société qui évolue par modes d’apprentissages successifs, par traditions de savoirs et d’expériences. Qui ne sait pas ce qu’est d’avoir eu un maître, en quelque domaine ou à quelque degré que ce soit, ne peut évidemment en comprendre l’importance.

 

Il n’en reste pas moins que cette relation est une condition primordiale de la valorisation du rapport humain au savoir, et du savoir lui-même. Elle facilite son acquisition, en reposant sur le respect et la confiance. Elle doit donc être protégée, et c'est implicitement qu'il est normalement acquis qu'elle doit l'être. Son existence même suppose, voire exige, une certaine crainte révérentielle qui constitue à la fois la condition de son exercice et la garantie de son maintien. L’égalitarisme opéré par le copinage, le tutoiement, l’effacement des hiérarchies et l’illusion platonicienne de ce que les enfants ne sont pas tant en état d’apprendre que de libérer leurs créativités, tout cela ruine la sacralité de cette relation et prive les enfants de son expérience.

 

Dans le cas qui nous occupe, présenter l’enfant et l’enseignant sur un pied d’égalité pour retenir que le premier n’a fait que répondre au second dans une altercation qui les opposait illustre le fait que l’on raisonne hors du cadre de cette relation, ou qu'on la tient pour inexistante. Dans cette hypothèse, alors oui, pourquoi pas ? L’enfant était en droit de se défendre puisque la réaction première de l’enseignant est jugée être une “agression” en fraude de ses droits. Allons plus loin : une fois la gifle reçue, l’enfant aurait dû ou pu légitimement en retourner une à l’enseignant pour que l’égalité soit respectée. Match nul, balle au centre : l’enseignant n’aurait eu qu’à s’en prendre à lui-même. Les partisans de ces analyses, qui focalisent exclusivement leur jugement sur “l’agression” supposée, seraient assez avisés de réfléchir au fait qu’elles sont transposables en toutes autres relations sociales. Elles le sont, en particulier, dans la relation des parents et des enfants. Ira-t-on, un jour, en désacralisant un peu plus qu'elle ne l'est la relation parents-enfants, jusqu’à légitimer une action en justice de ceux-ci contre ceux-là, au motif qu’ils en auront subi ce qui sera jugé être une “agression” ? Que la vie sociale ait tout à y perdre, rien n'est moins certain.

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Mercredi 25 juin 2008


Aujourd’hui s’ouvre devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe (59) un procès singulier.

 

Rappelons d’abord les faits, qui se sont produits le 28 janvier 2008. Un enseignant en technologie de Berlaimont, M. José Laboureur, avait demandé en cours à l’un de ses élèves de sixième, âgé de onze ans, de ranger une table au fond de la classe. Celui-ci avait refusé. Regardant son professeur droit dans les yeux, selon ce qu’il est rapporté, l’enfant a traité son professeur de “connard”. M. Laboureur l’a alors poussé contre une porte et giflé. L’enfant a été exclu trois jours de l’école.

 

Ce qui, de prime abord, pourrait paraître un événement mineur, illustrant le cas de la sanction [susceptible d'être qualifiée d'excessive] d’une injure par un enseignant dans l’exercice de sa fonction, prend ici l’allure d’une affaire pénale. Le père de l’enfant, en effet, est gendarme. Et celui-ci croit devoir porter plainte.  M. Laboureur est placé en garde à vue pendant vingt-quatre heures. Une pétition de soutien a réuni plusieurs milliers de signatures d’enseignants et M. Fillon lui-même, ès qualités de premier ministre, a exprimé son propre soutien.

 

L’avocat de M. Laboureur plaide la relaxe, celui de l’enfant la condamnation à un euro de dommages et intérêts.

 

Cette dernière demande manifeste que le procès se situe dans le champ du symbole. La famille de l’enfant reproche d’ailleurs à l’enseignant d’avoir “médiatisé” sa défense et la condamnation est réclamée « pour toute la tempête dans laquelle (l’enseignant) a emporté cet enfant ».

 

Ces circonstances donnent à réfléchir.

 

Au premier chef, il y a la gifle. Il est entré dans une sorte de consensus social qu’un enseignant ne doit pas lever la main sur un élève. Concédons qu’il est justifié. Se posent cependant deux difficultés.

 

La première est celle du comportement de l’élève. On s’accorde sans doute aussi pour dire qu’en principe il ne doit pas injurier un enseignant. Mais il est déjà problématique qu’il puisse le faire, et que, de fait, un enfant de onze ans le fasse, et en ces termes. Comme il est problématique, plus généralement, qu’un enfant de cet âge puisse s’adresser ainsi à un adulte, quel qu’il soit.

 

La seconde est celle de la réaction des parents. Personne ne conteste à quiconque le droit de penser que le châtiment corporel n’a pas sa place dans l’éducation, et de le bannir de chez soi. Reste qu’il peut advenir, et que, de fait, il est advenu. Il est alors problématique de savoir s’il y a lieu de privilégier le blâme public de l’enseignant, qui y a cédé, sur le blâme de l’enfant qui l’a provoqué.

 

Au fond, on peut légitimement se demander si, là encore, on ne se trouve pas devant un problème de valeurs, voire de symboles, puisque le débat aboutit sur ce terrain.

 

De la faute de l’élève, on glisse à celle de l’enseignant, et de celle-ci à la médiatisation. Au terme de ce processus, il ne reste qu’une seule victime, face à son bourreau supposé : l’enfant, « emporté dans une tempête » par l’enseignant qui a entendu se défendre publiquement d’être traité comme un délinquant et un agresseur. Il n’y a plus de considération ni pour l’injure, ni pour le fait qu’elle ait été proférée par un enfant de onze ans, ni qu’elle ait atteint un adulte et, en l’occurrence, un enseignant.

 

L’enfant est ici banalement considéré comme un sujet de droit, face à un autre sujet de droit. Leurs droits respectifs sont pesés à égalité, et le droit pénal est invité à rétablir le déséquilibre dommageable provoqué par le seul enseignant.

 

Cette problématique, symptomatique de l’évolution de la société, évacue totalement la relation primordiale de l’élève à l’enseignant qui est, qu’on le veuille ou non, une relation d’inégalité. Une injure est une injure, soit. Mais il y a injure et injure. Il n’est pas égal de brûler une politesse à qui elle est due et de le disqualifier dans son autorité par une insulte publique. Il n’est pas égal non plus d’injurier un égal ou un inégal, comme il est couramment admis, encore, en droit du travail. Il est très surprenant que ceci ne paraisse pas avoir été saisi par le père de l’enfant, qui est un représentant de l’ordre.

 

L’idéologie soixante-huitarde est passée par là, qui a désacralisé la relation fondamentale de l’élève à l’enseignant, lequel n’est plus un maître, en même temps qu’elle présidait à l’évacuation de tous les éléments symboliques de cette sacralisation : la politesse, le vouvoiement, le respect, et jusqu’aux estrades marquant la distance de celui qui sait à celui qui a tout à apprendre.

 

C’est à être confronté à des événements de ce genre que l’on se surprend à n’être plus de son temps. Comment aurions-nous réagi nous-mêmes en de telles circonstances ? A supposer que nous ayons réprouvé le geste de l’enseignant, et que nous n’ayons pas plutôt pensé qu'il avait été bien mérité, la confusion de ce que l'enfant ait pu insulter ainsi son professeur ne l’aurait-elle tout de même pas probablement emporté ?
Par Hermas.info - Publié dans : Société - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus."
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