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Les Catéchèses d'Hermas

Lundi 11 octobre 2010 1 11 /10 /Oct /2010 08:22

Par L'Equipe d'Hermas

I- Présentation des personnages (1-3)

 

Tobit le déporté

 

Tobit est un juif pieux vivant en exil à Ninive. Déporté, il garde la pratique des commandements et ne fréquente que la communauté juive.

 

Chapitre 1° :

 

1

Tobit, de la tribu et d'une ville de Nephthali, qui est dans la Galilée supérieure, au-dessus de Naasson, derrière le chemin qui va au couchant, ayant à gauche la ville de Séphet, 

2

fut emmené captif au temps de Salmanasar, roi des Assyriens; et, dans sa captivité même, il n'abandonna pas le chemin de la vérité. 

3

Tous les jours, il distribuait à ses frères, ceux de sa nation, captifs comme lui, tout ce dont il pouvait disposer. 

4

Et alors même qu'il était le plus jeune de ceux de la tribu de Nephtali, il n'y avait rien de juvénile en sa conduite. 

5

Aussi, tandis que tout le monde allait adorer les veaux d'or que Jéroboam, roi d'Israël avait faits, lui seul fuyait la compagnie de tous, 

6

et il se rendait à Jérusalem, au temple du Seigneur où il adorait le Seigneur, Dieu d'Israël, offrant fidèlement les prémices et les dîmes de ses biens. 

7

Tous les trois ans, il distribuait aux prosélytes et aux étrangers toute sa dîme. 

8

Il observait ces choses et d'autres semblables, selon la loi de Dieu, dès son jeune âge. 

9

Parvenu à l'âge d'homme, il épousa une femme de sa tribu, nommée Anne; et il en eut un fils auquel il donna son nom, Tobie,

10

et qu'il instruisit dès l'enfance à craindre Dieu et à s'abstenir de tout péché. 

11

Lors donc qu'il fut arrivé comme captif, avec sa femme et son fils, en la ville de Ninive, où était toute sa tribu, 

12

bien que tous les autres mangeassent des mets des païens, il garda son âme pure, et jamais il ne se souilla par leurs viandes. 

13

Et parce qu'il se souvenait fidèlement du Seigneur, Dieu lui concilia la faveur du roi Salmanasar, qui lui donna pouvoir d'aller partout où il voudrait, avec liberté de faire ce qu'il lui plairait. 

15

Il allait donc visiter tous ceux qui étaient captifs et leur donnait des conseils salutaires. 

16

Etant une fois allé à Ragès, ville des Mèdes, avec dix talents, provenant des largesses dont le roi l'avait enrichi, 

17

il vit, parmi le grand nombre de ses compatriotes, un homme de sa tribu, nommé Gabélus, qui était dans le besoin, et il lui donna contre un reçu cette somme d'argent. 

18

Longtemps après, le roi Salmanasar étant mort, Sennachérib, son fils, régna à sa place. Comme ce prince avait une grande haine contre les enfants d'Israël, 

19

Tobie allait visiter chaque jour tous ceux de sa parenté; il les consolait et distribuait de ses biens à chacun, selon son pouvoir; 

20

il donnait à manger à ceux qui avaient faim, procurait des vêtements à ceux qui étaient nus et mettait un grand zèle à donner la sépulture à ceux qui étaient morts ou qui avaient été tués. 

21

Lorsque le roi Sennachérib, revenu de Judée en fugitif, après la défaite dont Dieu l'avait frappé pour ses blasphèmes, faisait mettre à mort, dans sa fureur, un grand nombre des enfants d'Israël, Tobit enterrait les cadavres. 

22

La nouvelle en ayant été apportée au roi, il ordonna de le mettre à mort et lui ôta tous ses biens. 

23

Mais Tobie prit la fuite avec son fils et sa femme, et, dépouillé de tout, il réussit à se cacher, parce qu'il avait beaucoup d'amis. 

24

Quarante-cinq jours après, le roi fut tué par ses propres fils. 

25

Alors Tobit revint dans sa maison, et tous ses biens lui furent rendus. 

 

Tobit l’aveugle


Tobit devient aveugle après s'être endormi sous un nid d'oiseaux. Leurs déjections entraînent une inflammation de la cornée qui s'obscurcit. La femme de Tobit doit alors pourvoir aux besoins du foyer et son mari l'irrite par des crises de scrupules qui l'amènent à douter de tout apport provenant du monde extérieur.


Chapitre 2° :

1

Après cela, une fête du Seigneur étant venue, et un grand repas ayant été préparé dans la maison de Tobie, 

2

il dit à son fils: " Va et amène quelques hommes de notre tribu, craignant Dieu, afin qu'ils mangent avec nous. " 

3

Son fils partit; à son retour, il lui annonça qu'un des enfants d'Israël, qu'on avait assassiné, gisait dans la rue. A l'instant, Tobit se leva de table et, laissant là le repas sans avoir rien mangé, arriva au cadavre, 

4

le prit et le rapporta secrètement à sa maison, afin de l'inhumer avec précaution après le coucher du soleil. 

9

Mais Tobie, craignant plus Dieu que le roi, enlevait les corps de ceux qui avaient été tués, les cachait dans sa maison et les inhumait pendant la nuit. 

10

Un jour qu'il s'était fatigué à donner la sépulture aux morts, étant renté à sa maison, il se jeta au pied de la muraille et s'endormit. 

11

Pendant qu'il dormait, il tomba d'un nid d'hirondelles de la fiente chaude sur ses yeux, et il devint aveugle. 

12

Dieu permit que cette épreuve lui arrivât, afin que sa patience, comme celle du saint homme Job, fût donnée en exemple à la postérité. 

13

Car, ayant toujours craint Dieu dès son enfance et observé ses commandements, il ne s'attrista pas contre Dieu de ce que le malheur de la cécité l'avait atteint. 

14

Mais il resta inébranlable dans la crainte de Dieu, lui rendant grâces tous les jours de sa vie

15

De même que les chefs de tribu insultaient au bienheureux Job, ainsi les parents et les amis de Tobit raillaient sa conduite, en disant: 

16

" Qu'est devenue ton espérance, pour laquelle tu faisais des aumônes et donnais la sépulture aux morts? " 

17

Tobie les reprenait en disant: " Ne parlez pas ainsi; 

18

car nous sommes enfants des saints, et nous attendons cette vie que Dieu doit donner à ceux qui ne lui retirent jamais leur fidélité. "

19

Anne, sa femme, allait tous les jours tisser de la toile et, par le travail de ses mains, elle rapportait, pour leur entretien, ce qu'elle pouvait gagner. 

20

Il arriva ainsi qu'ayant reçu un chevreau, elle l'apporta à la maison. 

21

Son mari, ayant entendu le bêlement du chevreau dit: " Voyez si ce chevreau n'aurait pas été dérobé, et rendez-le à son maître, car il ne nous est pas permis de rien manger qui provienne d'un vol, ni même d'y toucher. " 

22

Alors sa femme répondit avec colère: " Il est manifeste que ton espérance est devenue vaine; voilà ce que t'ont rapporté tes aumônes! " 

23

C'est par ces discours et d'autres semblables qu'elle l'injuriait.

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Samedi 9 octobre 2010 6 09 /10 /Oct /2010 14:56

Par Mgr Jacques MASSON

   

141_Arc_Rafael_d.jpg Je suis Raphaël, l’un des sept Anges

qui se tiennent toujours prêts

à pénétrer auprès de la Gloire du Seigneur

(24 Octobre)


Saint Raphaël dans la Sainte Ecriture

 

Le Père Pierre Jounel, dont j’ai cité la présentation de la fête des Archanges-Anges où l’on ne sait plus qui est qui, écrit notamment : « L’Ecriture ne fait que de brèves mentions des archanges Michel et Gabriel, et elle ne parle de Raphaël qu’au livre de Tobie ».

 

S'agissant de saint Raphaël, cette réduction des références à cet Archange au seul Livre de Tobie ne doit pas faire perdre de vue que ce Livre en parle abondamment. Il ne contient pas moins de 14 chapitres comprenant chacun une vingtaine de versets, qui nous racontent la vie de Tobie et de sa famille, mais une vie durant laquelle intervient cet Ange accompagnateur, qui révélera son identité à la fin de sa mission. « Incarné » en quelque sorte, et menant une vie toute « humaine », il accompagne pendant des mois et des mois le jeune Tobie, et intervient auprès de ses parents, dont le père de Tobie, Tobit. C’est certainement l’Archange dont on parle le plus, que l’on connaît le mieux, et qui nous révèle « les secrets du Roi », et qui nous montre l’intimité que Dieu établit entre ses enfants et les Envoyés, ses Guides, pour les orienter dans la vie, veiller sur eux, les guérir, les libérer du Démon.

 

 

Lisez ce Livre merveilleux qui nous manifeste l’intimité inénarrable que Dieu a établie entre Lui-même, et ceux qu’il a créés à son image et à sa ressemblance.

 

Le Livre de Tobie

 

 

Tobie.jpg

Commencement du Livre de Tobias (Liber Tobiæ).

Scriptorium de Chartres, milieu du XIIe siècle (vers 1140-1145). 

 

Dans les pages qui suivent, je m’efforcerai de présenter ce livre, en le citant textuellement autant que faire se peut, en évitant de surcharger la lecture : le lecteur trouvera le plan général du Livre, et ensuite les principaux épisodes de cette aventure où se mêlent le monde de Dieu et le monde de la terre. (Note : Les textes cités sont ceux de la Bible de Crampon, complétés parfois avec le texte de la Bible de Jérusalem 1956, et la Vulgate, en raison de différences existant dans la présentation et la numérotation des versets).


Tb 1:1-22

Histoire de Tobit, fils de Tobiel, fils de Ananie ...

Tb 2:1-14

Sous le règne d'Asharadon, je revins donc ...

Tb 3:1-17

L'âme désolée, je soupirai, je pleurai,

Tb 4:1-21

Ce jour-là, Tobit pensa à l'argent

Tb 5:1-23

Alors Tobie répondit à son père Tobit :

Tb 6:1-19

L'enfant partit avec l'ange, et le chien suivit ..

Tb 7:1-17

A l'entrée d'Ecbatane, Tobie dit : "Frère Azarias ...

Tb 8:1-21

Quand on eut fini de boire et de manger, on parla ...

Tb 9:1-6

Alors Tobie s'adressa à Raphaël ...

Tb 10:1-14

Cependant, de jour en jour, Tobit comptait ..

Tb 11:1-19

Ils approchaient de Kasérîn, en face de Ninive. ...

Tb 12:1-22

A la fin des noces, Tobit appela son fils Tobie, ...

Tb 13:1-18

Et il dit Béni soit Dieu qui vit à jamais, ...

Tb 14:1-15

Fin des hymnes de Tobit. Tobit mourut en paix...

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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 14:00

Par Mgr Jacques MASSON

Hymne des Vêpres de la Fête de Notre-Dame du Saint Rosaire

 

O Vierge Mère, nous vous chantons dans la douceur de vos joies, dans les blessures de vos douleurs, dans les splendeurs de votre gloire sans fin.

Nous vous saluons débordante d'allégresse, ô Mère bienheureuse qui concevez, portez en la Visitation, mettez au monde, offrez, retrouvez votre Fils.

Nous vous saluons saturée d'amertume, ô première des Martyrs, qui par le cœur endurez l'agonie, la flagellation, les épines, la croix de votre Fils.

Nous vous saluons resplendissante, ô Reine glorieuse, dans les triomphes de votre Fils, dans l'embrasement du Paraclet, dans l'honneur et l'éclat de votre couronne.

Peuples, venez : sur ces mystères cueillez des roses ; tressez des couronnes à l'auguste Mère du bel amour.

O Jésus, qui êtes né de la Vierge, gloire à vous, avec le Père et  l'Esprit-Saint, dans les siècles éternels. Amen.

 

V. Reine du très saint Rosaire, priez pour nous ;

R/. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ.

 

 

Notre-Dame du Cap, Reine du Très Saint Rosaire, Reine du Canada

 

On lit sur le site michaeljournal.org les indications suivantes

 

ndcap1.jpg"Jacques Cartier, remontant le majestueux fleuve Saint-Laurent en 1535, avait planté la croix du Christ sur une des îles du Saint-Maurice, qui sépare les villes d’aujourd’hui de Trois-Rivières et du Cap-de-la-Madeleine. C’était le 7 octobre, jour qui devait être proclamé plus tard, fête du Saint Rosaire, par le Pape Saint Pie V.

 

"(...) Cette terre fut sanctifiée dès l’origine par le passage des Pères Brébeuf, Daniel et Lalemant, trois des saints Martyrs canadiens. Le père Jacques Buteux fut surtout l’apôtre de cette chrétienté pendant dix-huit ans et il l’arrosa de son sang. Il tombait victime de l’Iroquois, en 1652, un an après la naissance du Cap-de-la-Madeleine.

 

" (...) En 1694, le culte de la Vierge Marie s’implanta en permanence sous la forme de la Confrérie du Rosaire.

 

" (...) L’acte de naissance du Sanctuaire de la Reine du Très Saint Rosaire remonte au 13 mai 1714.

 

La statue date de la proclamation en 1854 du dogme de l’Immaculée Conception. Elle a les yeux baissés et lex mains tendues. Cette statue deviendra la Vierge miraculeuse dont la célébrité dépassera les frontières du pays. C’est celle-là qu’on vénère encore aujourd’hui sur le maître-autel du sanctuaire.


ndcap5.jpg

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Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 10:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

En union de prières avec les enfants du monde

pour la paix et les prêtres

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Encyclique « Christi Mater Rosarii”

du Pape Paul VI

 

A nos vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres Ordinaires locaux en paix et communion avec le Siège apostolique. Paul VI, Pape.

 

Vénérables Frères, salut et bénédiction apostolique.

Durant le mois d'octobre, le peuple fidèle a coutume d'offrir la récitation du rosaire comme autant de couronnes à la Mère de Dieu. A l'exemple de Nos Prédécesseurs, Nous approuvons vivement cette pratique. Cette année, Nous convions tous les enfants de l'Eglise à un hommage plus particulier de piété envers Notre-Dame. Et cela en raison des menaces de calamités graves et étendues qui pèsent sur la famille humaine : en Asie orientale se poursuit un conflit sanglant et se déchaîne une guerre acharnée. De ce fait, Nous Nous trouvons pressé d'intensifier tout l'effort possible en faveur de la paix.

 

Ce qui ajoute à nos préoccupations, c'est ce que Nous apprenons d'autres régions du monde : la course aux armements nucléaires, l'ambition incontrôlée d'expansion nationale, l'exaltation démesurée de la race, les tendances subversives, le séparation imposée entre citoyens d'un même pays, les manœuvres criminelles, le meurtre de personnes innocentes. Tout cela peut donner lieu aux pires catastrophes.

 

La Providence nous impose, semble-t-il, à Nous comme à Nos plus récents Prédécesseurs, la mission particulière de consacrer Nos efforts patients et constants à la sauvegarde et à l'affermissement de la paix. Ce devoir découle évidemment du mandat qui Nous est confié de conduire l'Eglise entière. Celle-ci, « signe dressé devant les nations » (cf. Isaïe XI 12), ne sert pas d'intérêts politiques, mais elle doit apporter au genre humain la vérité et la grâce de Jésus-Christ, son divin fondateur.

 

En réalité, depuis les débuts de Notre ministère apostolique, Nous n'avons rien négligé pour la cause de la paix, ni prière adressée à Dieu, ni instances, ni exhortations, et même, vous vous en souvenez, l'an dernier, Nous Nous sommes rendu par la voie des airs en Amérique du Nord afin de parler au siège de l'Organisation des Nations Unies devant l'assemblée si distinguée des représentants de presque tous les peuples, du bien si désiré de la paix, et de recommander qu'on ne laisse pas des peuples en état d'infériorité par rapport à d'autres, que les uns ne s'attaquent point aux autres mais que tous conjuguent leur zèle et leur action pour établir la paix.

 

Et encore dans la suite, mû par Notre sollicitude apostolique, Nous n'avons pas cessé d'encourager les hommes à qui incombe cette lourde responsabilité à écarter de l'humanité l'épouvantable fléau qui pourrait survenir.

 

Maintenant encore, Nous élevons Notre voix « avec un grand cri et des larmes » (Hébreux V 7 ) pour supplier instamment les dirigeants des nations de tout tenter pour empêcher la propagation de l'incendie et pour éteindre complètement celui-ci. Nous n'en doutons point : les hommes de toute race, de toute couleur, de toute religion, de toute classe sociale, s'ils aiment le droit et l'honnêteté, partagent Notre sentiment.

 

Que tous ceux dont cela dépend ménagent les conditions nécessaires à la cessation des hostilités avant que ne leur échappe, par le poids même des évènements, la possibilité de déposer les armes.

 

Que ceux-là au pouvoir desquels est remis le salut de la famille humaine sachent que leur conscience est chargée d'une très grave obligation. Qu'ils interrogent cette conscience et sondent leur propre cœur ; que chacun veuille bien regarder et sa propre nation, et le monde, et Dieu, et l'histoire ; qu'ils songent que leur nom restera en bénédiction s'ils répondent avec sagesse à cette pressante invitation.

 

Au nom du Seigneur, Nous crions : « Arrêtez ! » Il faut se rencontrer ; il faut en venir à conférer et à négocier en toute sincérité. C'est maintenant qu'il faut régler les conflits, serait-ce avec quelque inconvénient et quelque désavantage ; car il faudra bien qu'ils soient réglés non sans peut-être d'énormes dommages et des désastres dont, pour le moment, nul ne peut imaginer l'horreur. La paix à établir doit être cependant basée sur le justice et la liberté, elle doit donc respecter les droits des hommes et des communautés - autrement, elle serait précaire et instable.

 

Tout en exprimant de la sorte Notre anxiété et Notre émoi, Nous devons, comme le dicte Notre responsabilité pastorale, implorer le secours d'en haut. A celui qui est « le Prince de la Paix » (Isaïe IX 16), il faut demander la paix, « ce bien si grand que parmi les biens de la terre et du temps on n'entend mentionner rien de plus apprécié, on ne saurait souhaiter rien de plus désirable, trouver rien de meilleur.[1] »

 

Et puisque aux époques d'incertitude et de trouble, l'Eglise a l'habitude de recourir à l'intercession attentive de Marie, sa mère, c'est vers celle-ci que Nous Nous tournons, vers elle que Nous orientons Notre pensée et celle de tous les chrétiens. Car, selon le mot de saint Irénée « elle est devenue le salut du genre humain tout entier.[2] »

 

Rien ne Nous paraît répondre plus parfaitement aux circonstances que de faire monter la supplication de toute la famille chrétienne vers la Mère de Dieu invoquée comme « Reine de la Paix », afin que parmi tant et de si graves misères et menaces, elle dispense largement les dons de sa bonté maternelle.

 

Il faut, disons-Nous, adresser un prière intense et persévérante à celle que, au cours du second Concile œcuménique du Vatican, aux applaudissemnts des Pères conciliaires et du monde catholique Nous avons proclamée Mère de l'Eglise. Par cette reconnaissance du fait que Marie a spirituellement enfanté l'Eglise Nous confirmions un point de la doctrine traditionnelle. Marie est « vraiment mère des membres du Christ », dit saint Augustin[3] ; à quoi fait écho, sans parler des autres, saint Anselme : « Quelle dignité plus haute pourra-t-on jamais reconnaître que celle d'être la mère de ceux-là dont le Christ daigne être le père et le frère ?[4] » Notre prédécesseur Léon XIII a même appelé Notre-Dame « en toute vérité Mère de l'Eglise[5] », c'est donc en toute assurance que Nous mettons Notre espoir en elle, parmi l'émoi et la crainte qu'inspirent les troubles actuels.

 

Puisque, lorsque les maux deviennent plus graves le pitié de Dieu doit grandir, Notre souhait le plus vif, vénérables frères, est que suivant votre initiative, vos invitations et votre impulsion, on invoque plus instamment durant le mois d'octobre Marie notre Mère, comme Nous l'avons déjà fait entendre par la pratique pieuse du Rosaire. C'est là une forme de prière très adaptée au sens du peuple de Dieu, très agréable à la Mère du Seigneur et si efficace pour obtenir les dons du ciel.

 

Cette prière, le second Concile œcuménique du Vatican l'a recommandée à tous les enfants de l'Eglise de façon bien certaine, encore que non explicite, en disant : « Qu'on fasse grand cas de ces pratiques et exercices de dévotion envers Marie que le Magistère a recommandés au cours des siècles.[6] »

 

Cette pratique si féconde ne sert pas seulement à endiguer le mal et à conjurer les désastres, comme le montre clairement l'histoire de l'Eglise. Elle favorise aussi grandement la vitalité chrétienne : « Avant tout, elle nourrit la foi catholique en faisant méditer fort à propos les mystères du salut, et elle élève notre pensée au niveau des vérités de la Révélation.[7] »

 

Ainsi donc, durant le prochain mois d'octobre, dédié à Notre-Dame du Rosaire, qu'on redouble de prières et de supplications ! Que par l'intercession de Marie brille enfin pour le monde entier l'aurore de la véritable paix, - la paix dans tous les domaines y compris celui de la pratique religieuse ; actuellement, hélas ! la liberté de professer la religion n'est point assurée partout…

 

Pour Nous, dans la basilique Saint-Pierre, près du tombeau du Prince des apôtres, Nous adresserons une prières toute spéciale à la Vierge protectrice du monde chrétien et garante de la paix. Ainsi la voix unique de l'Eglise, montant de toutes les parties de la terre, ira comme frapper à la porte du ciel. En effet, selon le mot de saint Augustin « dans la diversité des langues humaines qu'entendent nos oreilles, unique est le langage de la foi qui anime nos cœurs.[8] »

 

O Bienheureuse Vierge, dans votre bonté maternelle, regardez tous vos enfants ! Voyez l'inquiétude des pasteurs qui redoutent les horreurs d'une tempête pour le troupeau confié à leur responsabilité ; montrez-vous attentive à l'angoisse de tant d'hommes, pères et mères de famille, que préoccupe le sort de leurs enfants comme le leur et qui portent les pires tracas. Apaisez les dispositions des belligérants et inspirez-leur « des pensées de paix » ; faites que Dieu, vengeur de la justice lésée, agisse selon sa miséricorde, restitue aux peuples la tranquillité si désirée et leur assure une ère très longue de véritable prospérité.

 

Dans le ferme espoir que la Sainte Mère de Dieu accueillera Notre humble demande, Nous vous accordons de tout cœur, à vous-mêmes, Vénérables Frères, ainsi qu'à tout votre clergé et aux peuples confiés à vos soins, la Bénédiction apostolique.

 

Rome, près Saint-Pierre, le 15 septembre 1966, quatrième année de Notre Pontificat.

 PAULUS P. P. VI.

_______________

[1] Saint Augustin : la Cité de Dieu, livre XIX, chapitre 11.

[2] Saint Irénée : Contre les hérésies, III 22

[3] Saint Augustin : de la Sainte Virginité.

[4] Saint Anselme : Prières, XLVII.

[5] Léon XIII : Lettre encyclique Adjutricem Populi Christiani, 5 septembre 1895

[6] Constitution dogmatique sur l'Eglise, n° 67

[7] Lettre encyclique de Pie XI Ingravescentibus Malis, 29 septembre 1937.

[8] Saint Augustin : Homélies sur les psaumes, LIV 11.

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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

Méditation de Dom Guéranger

Dom Guéranger poursuit sa réflexion et sa méditation en ces termes :


« Le genre humain tout entier vous est redevable. o Gabriel! et nous acquittons aujourd'hui sa dette de reconnaissance envers vous. Du haut du ciel, vous considériez avec une sainte compassion nos malheurs: car toute chair avait corrompu sa voie, et l'oubli de Dieu devenait de plus en plus universel sur la terre. C'est alors que vous recevez du Très-Haut la mission d'apporter  la  Bonne Nouvelle à ce monde qui allait périr. Qu'ils sont beaux, vos pas,  ô Prince céleste,  lorsque vous vous élancez du séjour de la  gloire vers notre humble demeure !  Qu'il  est tendre et fraternel, votre amour pour l'homme, dont la nature si intérieure à la vôtre va être élevée à l'honneur sublime de l'union avec Dieu  même !  Avec quel respect vous approchez de la Vierge qui surpasse en sainteté toutes les hiérarchies angéliques!


« Heureux messager de notre salut, vous que le Seigneur appelle quand il veut déployer la force de son bras, daignez offrir l'hommage de notre gratitude à Celui qui vous envoya. Aidez-nous à acquitter notre dette immense envers le Père « qui a tant aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique (Jean ) » : envers le Fils « qui s'est anéanti en prenant la forme d'esclave (Philippiens II, 7)) » ; envers l'Esprit Divin « qui s'est reposé sur la Fleur sortie de la tige de Jessé (Isaïe XI, 1-2)) ».


« C'est vous, ô Gabriel ! qui nous avez enseigné la salutation que nous devons présenter à « Marie,  pleine de grâce ». C'est du ciel que vous avez apporté ces sublimes paroles; le premier, vous les avez prononcées ; les enfants de l'Eglise qui les ont apprises de vous les répètent par toute la terre, le jour et la nuit : obtenez que notre grande Reine les agrée toujours de notre bouche.


« Ange de force, ami des hommes, continuez en notre faveur votre auguste ministère. Nous sommes environnés d'ennemis terribles ; notre faiblesse accroît encore leur audace; venez à notre secours, fortifiez notre courage. Assistez les chrétiens, en ce temps de conversion et de pénitence; faites-nous comprendre tout ce que nous devons à Dieu, après cet ineffable mystère de l'Incarnation dont vous fûtes le premier témoin. Nous avons oublié nos devoirs envers l'Homme-Dieu, et nous l'avons offensé: éclairez-nous, afin que nous soyons désormais fidèles à ses leçons et à ses exemples. Elevez nos pensées vers l'heureux séjour que vous habitez; aidez-nous à mériter dans les rangs de votre sublime hiérarchie les places que la défection des mauvais anges a laissées vacantes, et qui sont réservées aux élus de la

terre.


« Priez, ô Gabriel, pour l'Eglise militante, et défendez-la contre l'enfer. Les temps sont mauvais ; les esprits de malice sont déchaînés : nous ne pourrions subsister devant eux, sans le secours du Seigneur. C'est par les Saints Anges qu'il donne la victoire à son Epouse. Paraissez au premier rang. Archange force de Dieu. Repoussez l'hérésie, contenez le schisme, dissipez la fausse sagesse, confondez la vaine politique, réveillez l'indifférence : afin que le Christ que vous avez annonce règne sur la terre qu'il a rachetée, et que nous puissions chanter avec vous et avec toute la milice céleste : Gloire à Dieu! paix aux hommes ! ».


Puis il termine la célébration de la Fête de Saint Gabriel par cette hymne en l’honneur du Saint Archange, que nous donne le Bréviaire des Dominicains

HYMNE.


O Robur  Domini, lucide Gabriel !
Quem de principibus signat Emmanuel : A quo promcruit discere Daniel Hirci prodigium  feri.

Tu Vatis precibus curris alacriter,
Monstras  hebdomadum sacrata tempora : Quæ nos  retherei germine Principis,Ditabunt bene gaudiis.

Baptistæ pariter mira parentibus
Affers a superis lœtaque nuntia, Quod mater, sterili corpore, pignora Longævo pariet patri.

Quod Vates referunt mundi ab origine,
Hoc sacrae veniens tu plene Virgini Longo mysterium pandis ab ordine, Verum  quod  pariet Deum.


Pastores Solymos, inclyte, gaudiis
Implesti, reserans cœlica nuntia : Et tecum celebrat turba canentium Nati mysterium  Dei.


Oranti  Domino nocte novissima,
Dum  sudor  madidum sanguine conficit, Adstas a superis, ut calicem bibat, Assensum patris indicans.

Mentes catholicas, inclyta Trinitas,
Confirma  fidei munere cœlico : Da nobis gratiam,  nos quoque gloriam Per cuncta tibi saecula. Amen.


Force de Dieu, lumineux Gabriel, toi qu'Emmanuel distingue parmi les princes de la milice céleste, c'est toi qui fus choisi pour dévoiler à Daniel la vision du bouc terrible.

A la prière de ce Prophète, tu accours du ciel; tu lui expliques le mystère des semaines  sacrées  qui  doivent enrichir et réjouir la terre, par la naissance du Roi des cieux.

C'est toi qui apportes la nouvelle joyeuse et admirable aux parents de Jean-Baptiste ; toi qui révèles qu'une mère stérile donnera un fils à un vieillard cassé par les ans.

Ce que les Prophètes annoncèrent dès l'origine du monde, tu viens le manifester pleinement à la Vierge sacrée ; tes paroles développent le mystère, en lui annonçant qu'elle enfantera le vrai  Dieu.

C'est toi, auguste Archange, qui combles de joie les pasteurs de Judée, en leur manifestant la céleste nouvelle. La troupe angélique célèbre avec toi le mystère du Dieu qui vient de naître.

Lorsque le Seigneur dans la dernière nuit, inondé d'une sueur de sang, souffre l'agonie, tu descends des cieux, tu lui déclares qu'il doit boire le calice, selon la volonté du Père.

Daignez, ô Trinité glorieuse, confirmer les cœurs catholiques par le don céleste de la foi ; donnez-nous la grâce, que nous voyions votre gloire dans les siècles sans fin. Amen

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Dimanche 3 octobre 2010 7 03 /10 /Oct /2010 14:37

Par Mgr Jacques MASSON

Dom Guéranger auquel rien n’échappe de ce qu’il est possible de puiser dans le Mystère de Dieu, souligne la présence constante de l’Archange Gabriel, auprès de Jésus. Il écrit notamment :


« Mais l'heure est venue où la Mère de l'Emmanuel doit donner aux hommes le fruit béni de ses chastes entrailles. La naissance de Jésus s'accomplit dans le mystère et la pauvreté; toutefois, le Ciel ne veut pas que l'enfant de la crèche demeure sans adorateurs. Un Ange apparaît aux bergers des campagnes de Bethléem, et les convoque à l'humble berceau du nouveau-né. Il est accompagné d'un nombre immense d'Esprits célestes qui font entendre les plus ravissants concerts, et chantent: Gloire à Dieu et Paix aux hommes! Quel est cet Ange supérieur qui parle seul aux bergers, et dont les autres Anges forment comme la cour ? De graves docteurs catholiques nous enseignent que cet Ange est Gabriel, qui continue son ministère de messager de la Bonne Nouvelle.


« Enfin, lorsque Jésus, dans le jardin de Gethsémani, à l'heure qui précède sa Passion, éprouve dans son humanité les terreurs du fatal calice, un Ange paraît auprès de lui, non seulement comme témoin de sa cruelle agonie, mais pour fortifier son courage. Quel est cet Ange que le saint Evangile ne nomme pas? De pieux et savants hommes voient encore en lui Gabriel ; et cette pensée est confirmée par un monument liturgique que nous reproduisons ici, et qui est revêtu de l'approbation du Siège Apostolique.


« Tels sont les titres du sublime Archange aux hommages des chrétiens; tels sont les traits par lesquels il justifie son beau nom de Force de Dieu. En effet, Dieu l'a associé à toutes les phases du grand œuvre dans lequel il a manifesté davantage sa puissance : car Jésus-Christ jusque sur la croix est, nous dit l'Apôtre, la force de Dieu( I Corinthiens. I, 24).


« Car, Gabriel intervient à chaque pas, pour lui préparer la voie. Il annonce d'abord l'époque précise de sa venue; dans la plénitude des temps, il vient révéler la naissance du Précurseur ; bientôt il assiste comme témoin céleste au mystère du Verbe fait chair ; à sa voix, les bergers de Bethléem, prémices de l'Eglise, viennent adorer le Fils de Dieu; et lorsque l'humanité de Jésus aux abois doit recevoir le secours d'une main créée , Gabriel se retrouve au Jardin des douleurs , comme il avait paru à Nazareth et à Bethléem.


Honorons donc en lui l'Ange de l'Incarnation, et offrons-lui humblement en ce jour quelques-uns des cantiques que la piété liturgique lui a consacrés. Voici deux Hymnes empruntées au Bréviaire Franciscain.


Ire HYMNE.


Mentibus lœtis jubilemus omnes,
Plectra tangentes fidibus canoris, Inclytus quando Gabriel ab alto Fulget Olympo.

Virginis summæ Paranymphus adest
Hodie nobis, simul Angelorum, Plurimis Christum venerans triumphis, Concio tota.

Principis laudes Gabrielis ergo
Concinat noster chorus, ipse quando est
Unus ex septem, Domino qui adstant
Jussa sequentes.

Nuntius cœli, mediator idem,
Exstat a summis Gabriel ubique Laetus, et mundo reserat secreta Omnipotentis.


Nuntia nobis, Gabriel, precamur,
Pacis aeternae speciale munus, Quo poli tandem teneamus aulam Semper ovantes.

Praestet hoc nobis Deitas beata
Patris, ac Nati, pariterque Sancti Spiritus,  cujus resonat per omnem Gloria mundum. Amen.



D'un cœur joyeux, faisons résonner nos cantiques ; promenons l'archet sur les cordes sonores, à l'heure où Gabriel descend radieux des hauteurs du ciel.

Voici aujourd'hui le Paranymphe de l'auguste Vierge ; il est accompagné de tout le chœur des Anges qui célèbre avec transport les louanges du Christ.

Que notre chœur à nous chante à son tour la louange du prince Gabriel : il est un des sept qui se tiennent devant le Seigneur, prêts à exécuter ses ordres.

Messager du ciel, ambassadeur d'en haut, Gabriel, joyeux de sa mission, descend des demeures célestes ; il veille sur le monde, et lui dévoile les secrets du Tout-Puissant.

Annoncez-nous, ô Gabriel, le don de la paix éternelle, par lequel un jour nous entrerons pleins d'allégresse dans la céleste cour.

Daigne nous accorder cette grâce la divinité à jamais heureuse du Père, du Fils et du Saint-Esprit, dont la gloire retentit dans le monde tout entier. Amen.



IIe HYMNE.


En noctis medium surgite propere,
Cantemus  Domino jam nova cantica ; Hac hora Gabriel nam fuit omnibus Vitæ nuntius optimus.

Hac hora Dominum Virgineus alvus
Humano  generi protulit ; insuper Devictis pariter funditus hostibus, Victor surgit ab inferis.


Surgentes igitur mitibus invicem
Oremus precibus cœlica Numina : Praesertim   Dominum , qui  dedit Angelum Curam qui gerit hominum.

Quae virtus  hominis promere sufficit,
Quae  mundo   Gabriel munera conferat ? Sanctas hic animas visere Dominum Praesto ducit in aethera.


Te, Princeps igitur inclyte, quæsumus,
Pro nobis  miseris poscito gratiam ; Fac et propitium, qui valet omnia, Nobis ut veniam afferat. Amen.

Il est minuit ; levez-vous à la hâte ; chantons au Seigneur un cantique nouveau ; c'est l'heure où Gabriel fut pour le monde un messager de vie.

C'est aussi l'heure où le sein de la Vierge enfanta le Seigneur, pour le salut des hommes ; c'est l'heure où le Seigneur, ayant terrassé ses ennemis, s'éleva victorieux du tombeau.

A notre lever, offrons d'humbles prières aux Esprits célestes, mais surtout au Seigneur, qui nous a donné son Ange pour avoir soin de nous tous.

L'esprit de l'homme pourrait-il raconter les bienfaits que Gabriel ne cesse de répandre sur le monde ? C'est lui qui, conducteur des âmes, les introduit auprès du Seigneur pour contempler sa gloire.

Daignez donc, ô Prince admirable, obtenir grâce pour nous , malheureux ; rendez-nous propice celui qui peut tout ; obtenez qu'il nous pardonne. Amen.
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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Poésies chrétiennes
Samedi 2 octobre 2010 6 02 /10 /Oct /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

Dans les articles concernant les Archanges, que je présente actuellement sur Hermas, et notamment les apparitions du Saint  Archange au Mont Gargan, j’ai terminé notamment par la présentation de quelques apparitions du Prince de la Milice Céleste sous ce titre : Quelques autres apparitions de Saint Michel.

Par un « hasard » purement providentiel, au moment où je commençais à présenter Saint RAPHAËL aux lecteurs, je viens de découvrir dans l’Année Liturgique de Dom Guéranger, cette fête que je ne connaissais pas, et que peu connaissent. Je ne puis pas ne pas citer intégralement ce texte merveilleux qui concerne notre douce terre de France, et toute son histoire passée et à venir.

16 octobre - saint Michel : Le Mont Saint-Michel

Nous devons un souvenir à cette fête si aimée de nos pères. Le VIII° siècle inaugurait ses glorieuses annales. « Dieu tout-puissant allait y faire de l'empire des Francs le glaive et le boulevard de son Eglise (Prière des Francs) ».C'était l'heure où, sa fougueuse adolescence domptée, le peuple premier-né faisait écho à tous les Saints et Saintes qui l'engendrèrent à Dieu, et s'écriait d'une seule voix : « Donnez aux fils des Francs la lumière, afin qu'ils voient ce qu'il faut faire pour établir votre règne en ce monde, afin que le voyant ils l'accomplissent dans la force et l'amour  Prière des Francs) ». Au peuple donc qui se déclarait le chevalier de Dieu, Michel, prince des milices angéliques, offrait son alliance à cette heure même. Par saint Aubert, auquel se manifestait l'Archange, il prenait possession du roc fameux qui s'élève en plein océan, près du rivage de cette France dont l'épée s'apprêtait à poursuivre sur terre le grand combat commencé dans les hauteurs des cieux.

 

Notre nation sut honorer le céleste Associé de ses luttes d'ici-bas ; elle transforma son pied-à-terre abrupt en un séjour qui put complaire au Vainqueur de Satan : à la fois forteresse incomparable, et sanctuaire où sans fin les chants des moines s'unissaient aux harmonies des neuf chœurs ; vraiment digne de ce nom de Merveille qui lui fut donné ; rendez-vous commun du peuple et des Rois venant présenter leur hommage d'action de grâces et de prière au protecteur de la Nation.

 

Car lui aussi fut fidèle. Tant que dura la Monarchie, l'Archange ne souffrit pas qu'aux plus mauvais jours d'invasion étrangère ou de rébellion hérétique, une autre bannière que celle du Roi très Chrétien flottât jamais près de la sienne sur ses remparts. Et quand l'Anglais, bientôt partout maître, s'épuisait en efforts impuissants contre le Mont Saint-Michel, qui donc venait dire à Jeanne la Pucelle la grande pitié qui était au royaume de France, et l'envoyait rendre au Roi son Royaume ? Le VIII mai, première fête de l'Archange, voyait la délivrance d'Orléans par celle en qui lui-même avait nourri, durant trois années d'angéliques entrevues, ce dévouement à la patrie et cet amour de Dieu qui s'unissent en toute âme bien née. (Note de Hermas : 8 mai 1945, armistice de la 2° guerre mondiale !).

 

Aussi fût-ce œuvre digne et juste, au siècle du triomphe, que la création de cet Ordre de Saint-Michel établi par les Rois : « à la gloire et louange de Dieu notre Créateur tout-puissant et révérence de sa glorieuse Mère, et commémoration et honneur de Monsieur saint Michel Archange, premier Chevalier, qui pour la querelle de Dieu, victorieusement batailla contre le dragon et le trébucha du ciel ; et qui, son lieu et oratoire, appelé le Mont Saint-Michel, a toujours sûrement gardé, préservé et défendu, sans être pris, subjugué ni mis dans les mains des ennemis du royaume» (Lettres royales du 1er août 1460, établissant l'Ordre nouveau, dont l'insigne était un collier d'or de coquilles lacées soutenant l'image de saint Michel avec la devise : IMMENSI TREMOR OCEANI).

 

Les Leçons liturgiques qui suivent sont empruntées au Propre du diocèse de Coutances et Avranches pour cette fête, appelée la Dédicace de saint Michel Archange in monte Tumb:

 

« Une vaste plaine couverte d'épaisses forêts, et que défendaient contre l'Océan les rochers de Sessiacum, s'étendait au quatrième siècle entre les territoires de Coutances et d'Avranches et ceux de Dol et d'Aleth. Lorsque la foi chrétienne eut brillé sur les côtes d'Armorique et de Neustrie, les solitudes les plus retirées de ce désert devinrent le séjour de pieux personnages qu'attirait la facilité de s'y donner entièrement au service de Dieu et à la contemplation des vérités surnaturelles ; plusieurs se trouvent au catalogue des Saints.

 

« Mais cette terre qu'avaient sanctifiée leurs pas, devint plus illustre encore à la suite d'une apparition de l'Archange saint Michel. Ce fut sous le règne de Childebert III que, se manifestant à l'évêque d'Avranches Aubert pendant son sommeil, il lui notifia sa volonté qu'on bâtît une église sous son patronage au sommet du mont Tombe, ainsi appelé de son élévation en forme de tumulus. Il fallut trois intimations successives au prélat hésitant, pour qu'il se mît à l'oeuvre. La forme par lui donnée au sanctuaire nouveau fut celle d'une crypte arrondie rappelant la grotte sainte du mont Gargan ; des reliques apportées de cette dernière y furent déposées ; et l'on fit solennellement la dédicace au dix-sept des calendes de novembre, jour célébré depuis non seulement dans les églises de la seconde Lyonnaise et beaucoup d'autres de France, mais encore dans celles d'Angleterre. Ainsi fut consacré à Dieu sous le patronage de saint Michel ce mont, qu'on appelle aussi au péril de la mer depuis que, l'océan ayant envahi les forêts dont nous avons parlé, le saint rocher se voit deux fois le jour entouré par les flots ».

 

Saint Aubert y fonda une collégiale de douze clercs attachés au service perpétuel du bienheureux Archange. Toutefois par la suite Richard Ier, duc de Normandie, leur substitua des moines de saint Benoît. La fréquence des miracles accomplis en ce lieu y attirait de nombreux pèlerinages venant de presque toute l'Europe acquitter leurs vœux : on y vit beaucoup de Rois ou de Princes de France et d'Angleterre. Louis XI y institua l'Ordre des Chevaliers de saint Michel, qui gardèrent longtemps la coutume de tenir audit lieu leurs assemblées générales de chaque année. Ce fut au commencement du XI° siècle que l'on entreprit l'audacieux travail, longtemps poursuivi, de cette basilique grandiose établie sur la crête du mont comme auguste base, et dont les merveilles, en grande partie conservées, attirent encore à saint Michel la vénération de nos contemporains.

 

Ce fut un grand jour que celui où la Fille Aînée de la Sainte Eglise put s'appliquer la parole des saints Livres : Voici que Michel vient à mon aide (Daniel. X, 13 ) ! Longtemps le monde bénéficia de cette alliance heureuse. Soyez béni pour l'honneur ainsi fait à nos pères, ô Archange ! En souvenir du passé, malgré tant de pactes brisés, tant de gloires profanées, n'abandonnez pas leurs descendants trop indignes. N'y va-t-il pas du sort de l'Eglise elle-même, dont les malheurs apparaissent liés dans nos temps à ceux de notre infortunée patrie ? Le Vicaire de l'Epoux le comprenait sans doute ainsi, lorsque naguère (2. 3 juillet 1877) il voulait qu'en son nom fût couronnée solennellement votre image, rétablie sur l'auguste Mont d'où vous présidiez en des jours meilleurs à nos destinées.

 

Daignez répondre à sa confiance, à celle de ces vrais fils des Francs qui, nombreux déjà, ont su retrouver dévots et pénitents le chemin de votre sanctuaire. Entendez le cri du pays sous l'angoisse présente :

 

Nemo adjutor meus nisi Michael.

Michel est mon seul soutien ( Daniel X, 21).

 

Prière des Francs, et qui remonte aux premiers siècles de la monarchie (Pitra, Hist. de S. Léger, Introduct. p. XXII, XXIII).

prions le seigneur

O Dieu tout-puissant et éternel, qui avez établi l'empire des Francs pour être par le monde l'instrument de votre très divine volonté, le glaive et le boulevard de votre sainte Eglise : nous vous en prions, prévenez toujours et en tous lieux de la céleste lumière les fils suppliants des Francs, afin qu ils voient ce qu'il faut faire pour établir votre règne en ce monde, et que, pour faire ainsi qu'ils auront vu, leur charité et leur courage aillent s'affermissant toujours.


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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 1 octobre 2010 5 01 /10 /Oct /2010 07:00

Par Mgr Jacques MASSON

 

Il est indispensable de connaître les textes de l’Ecriture concernant l’Archange Gabriel, Ancien et Nouveau Testament.

L’Ancien Testament


Les missions qui concernent le salut des hommes par l'incarnation du Verbe lui sont réservées, parce que c'est dans ce mystère, si humble en apparence, qu'éclate principalement la force de Dieu : et le nom de Gabriel signifie Force de Dieu. Dès l'Ancien Testament, l'Archange a préludé à ce sublime emploi. Nous le voyons d'abord se manifester à Daniel, après la vision qu'a eue ce Prophète sur les deux empires des Perses et des Grecs; et tel est l'éclat dont il brille, que Daniel tombe anéanti à ses pieds :


Daniel, chapitre 8

 

15. 

Moi, Daniel, contemplant cette vision, j'en cherchai l'intelligence. Voici, se tenant devant moi, quelqu'un qui avait l'aspect d'un homme.

16. 

J'entendis une voix d'homme, sur l'Ulaï, criant : «Gabriel, donne-lui l'intelligence de cette vision!»

17. 

Il s'avança vers le lieu où je me tenais, et, comme il approchait, je fus saisi de terreur et tombai face contre terre. Il me dit : «Fils d'homme, comprends : c'est le temps de la Fin que révèle la vision.»

18. 

Il parlait encore que je m'évanouis, la face contre terre. Il me toucha et me releva.

19. 

Il dit : «Voici, je vais te faire connaître ce qui viendra à la fin de la Colère, pour la Fin assignée.

 



Peu après, Gabriel apparaît encore ; et c'est pour annoncer au même Prophète Daniel le temps précis de la venue du Messie : dans soixante-dix semaines d'années, lui dit-il, la terre aura vu le Christ-Roi


Daniel, chapitre 9

 

1. 

En l'an un de Darius, de la race des Mèdes, fils d'Artaxerxés, qui régna sur le royaume de Chaldée,

2. 

en l'an un de son règne, moi, Daniel, je scrutai les Ecritures, computant le nombre des années tel qu'il fut révélé par Yahvé au prophète Jérémie qui doivent s'accomplir pour les ruines de Jérusalem, à savoir 70 ans.

5. 

Nous avons péché, nous avons commis l'iniquité, nous avons fait le mal, nous avons trahi et nous nous sommes détournés de tes commandements et décisions.

6. 

Nous n'avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes qui parlaient en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays.

7. 

A toi, Seigneur, la justice, à nous la honte au visage, comme en ce jour, à nous, gens de Juda, habitants de Jérusalem, tout Israël, proches et lointains, dans tous les pays où tu nous as chassés à cause des infidélités commises à ton égard.

17. 

Et maintenant, écoute, ô notre Dieu, la prière de ton serviteur et ses supplications. Que ta face illumine ton sanctuaire désolé, par toi-même, Seigneur!

18. 

Prête l'oreille, mon Dieu, et écoute! Ouvre les yeux et vois nos désolations et la ville sur laquelle on invoque ton nom! Ce n'est pas en raison de nos oeuvres justes que nous répandons devant toi nos supplications, mais en raison de tes grandes miséricordes.

19. 

Seigneur, écoute! Seigneur, pardonne! Seigneur, veille et agis! Ne tarde point! par toi-même, mon Dieu! car ton nom est invoqué sur ta ville et ton peuple.»

20. 

Je parlais encore, proférant ma prière, confessant mes péchés et les péchés de mon peuple Israël, et répandant ma supplication devant Yahvé mon Dieu, pour la sainte montagne de mon Dieu;

21. 

je parlais encore en prière, quand Gabriel, l'être que j'avais vu en vision au début, fondit sur moi en plein vol, à l'heure de l'oblation du soir.

22. 

Il vint, me parla et me dit : «Daniel, me voici : je suis sorti pour venir t'instruire dans l'intelligence.

23. 

Dès le début de ta supplication une parole a été émise et je suis venu te l'annoncer. Tu es l'homme des prédilections. Pénètre la parole, comprends la vision

24. 

«Sont assignées 70 semaines pour ton peuple et ta ville sainte pour mettre un terme à la transgression, pour apposer les scellés aux péchés, pour expier l'iniquité, pour introduire éternelle justice, pour sceller vision et prophétie, pour oindre le Saint des Saints.

25. 

Prends-en connaissance et intelligence Depuis l'instant que sortit cette parole Qu'on revienne et qu'on rebâtisse Jérusalem jusqu'à un Prince Messie, sept semaines et 62 semaines, restaurés, rebâtis places et remparts, mais dans l'angoisse des temps

 



Le Nouveau Testament


Lorsque les temps sont accomplis, et que le Ciel a résolu de faire naître le dernier des Prophètes, celui qui, après avoir averti les hommes de la prochaine manifestation du divin Envoyé, doit le montrer au peuple comme l’Agneau de Dieu qui ôte les péchés du monde, Gabriel descend du ciel dans le temple de Jérusalem, et prophétise au prêtre Zacharie la naissance de Jean-Baptiste, prélude de celle de Jésus lui-même :


Luc chapitre 1

 

5. 

Il y eut aux jours d'Hérode, roi de Judée, un prêtre du nom de Zacharie, de la classe d'Abia, et il avait pour femme une descendante d'Aaron, dont le nom était Élisabeth.

6. 

Tous deux étaient justes devant Dieu, et ils suivaient, irréprochables, tous les commandements et observances du Seigneur.

7. 

Mais ils n'avaient pas d'enfant, parce que Élisabeth était stérile et que tous deux étaient avancés en âge.

8. 

Or il advint, comme il remplissait devant Dieu les fonctions sacerdotales au tour de sa classe,

9. 

qu'il fut, suivant la coutume sacerdotale, désigné par le sort pour entrer dans le sanctuaire du Seigneur et y brûler l'encens.

10. 

Et toute la multitude du peuple était en prière, dehors, à l'heure de l'encens.

11. 

Alors lui apparut l'Ange du Seigneur, debout à droite de l'autel de l'encens.

12. 

A cette vue, Zacharie fut troublé et la crainte fondit sur lui.

13. 

Mais l'Ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée ; ta femme Élisabeth t'enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jean.

14. 

Tu auras joie et allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance.

15. 

Car il sera grand devant le Seigneur ; il ne boira ni vin ni boisson forte ; il sera rempli d'Esprit Saint dès le sein de sa mère

16. 

et il ramènera de nombreux fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu.

17. 

Il marchera devant lui avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le cœur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes, préparant au Seigneur un peuple bien disposé. »

18. 

: « A quoi connaîtrai-je cela ? car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. »

19. 

Et l'ange lui répondit : « Moi je suis Gabriel, qui me tiens devant Dieu, et j'ai été envoyé pour te parler et t'annoncer cette bonne nouvelle.

 



Après six mois, le Saint Archange reparaît sur la terre, et, cette fois, c'est à Nazareth qu'il se montre. Il apporte du ciel la grande nouvelle. Sa céleste nature s'incline devant une fille des hommes ; il vient proposer à Marie, de la part de Yawhé, l'honneur de devenir la Mère du Verbe éternel. C'est lui qui reçoit le consentement de la Vierge ; et quand il quitte la terre, il la laisse en possession de celui qu'elle attendait comme la « rosée des cieux « annoncée par le Prophète (Isaïe, chapitre 45, verset 8, cf. ci-dessous)


Luc, chapitre 1

 

26. 

Le sixième mois, l'Ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth,

27. 

à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David ; et le nom de la vierge était Marie.

28. 

Il entra et lui dit : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. »

29. 

A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation.

30. 

Et l'Ange lui dit : « Sois sans crainte, Marie ; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.

31. 

Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.

32. 

Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père ;

33. 

il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin. »

34. 

Mais Marie dit à l'Ange : « Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme ? »

35. 

L'Ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu.

36. 

Et voici qu'Élisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile ;

37. 

car rien n'est impossible à Dieu. »

38. 

Marie dit alors : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole ! » Et l'Ange la quitta.

 



Et lorsque l’Archange Gabriel, envoyé par Dieu, porteur de la Parole même de dieu, et du salut de Dieu à Marie, et il la laisse en possession de celui qu'elle attendait comme la rosée des cieux, annoncée par le prophète Isaïe :


Isaïe, chapitre 45

 

8. 

Cieux, répandez comme une rosée la victoire, et que les nuages déversent la justice, que la terre s'ouvre et produise le salut, qu'elle fasse germer en même temps la justice. C'est moi, Yahvé, qui ai créé cela.

 



Que la liturgie reprend dans l’hymne : « Rorate Caeli desuper, et nubes pluant justum ».

(à suivre)

 

 

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Prières, neuvaines chrétiennes
Jeudi 30 septembre 2010 4 30 /09 /Sep /2010 11:05

Par Mgr Jacques MASSON

Indissociable de la Sainte Vierge dont il est l'Ange "Servant", c'est depuis 1921 que l'Archange Gabriel est fêté le 24 mars, veille de l'Annonciation. Ce décret de Benoît XV renoue avec la tradition orientale qui liait déjà les deux fêtes (Gabriel était honoré le 18 décembre selon le calendrier copte, et le 26 mars selon le calendrier syrien). 

Fort populaire aussi bien en Occident qu'en Orient, le culte de saint Gabriel est très ancien : il apparaît sur de nombreuses représentations byzantines et on retrouve sa trace dans tout le bassin méditerranéen (fresques en Italie, en Sicile, à Malte...).  

 

Saint GABRIEL dans la Sainte Ecriture 

Gabriel, en hébreu גַּבְרִיאֵל [ġabrīēl]) est un Ange cité dans l’Ancien Testament, et le Nouveau Testament. Son nom hébreu signifie « La Force de Dieu », ou « Dieu est ma Force » ou le « Héros de Dieu », et provient de l’association du mot « gabar « (force) et El (Dieu, Elohim). 

Lorsqu'il se matérialise dans la Bible ou quand il apparaît dans une vision, son aspect est semblable à celui d'un homme robuste. Il est considéré comme la main droite de Dieu. Et notamment dans le Livre de Daniel, (Daniel 8:15 ; Daniel 12-7) 

Dans le Nouveau Testament, dans l’Evangile de Luc, c’est lui qui annonce la naissance de Jésus à Marie, et d’abord la naissance de Jean Baptiste à Zacharie. 


Saint Gabriel dans l’Ancien Testament 

Dans l'Ancien Testament, le livre de Daniel dit d'abord que Gabriel est appelé par une voix céleste à expliquer au prophète sa "vision du bélier et du bouc", dont l'interprétation est en effet proposée ( Daniel 8,1-26); puis il le montre chargé d'une mission de même nature pour éclairer d'un jour neuf un oracle de Jérémie (cf.Jérémie 25,12 et 29,10 ; cf. Daniel  9,22), repris dans le deuxième livre des Chroniques (36,21), connu sous le nom de "Prophétie des soixante-dix semaines d'années" (Daniel 9,21-27).


Saint Gabriel dans le Nouveau Testament 

Dans le Nouveau Testament, l'Evangile de Luc fait nommément de Gabriel le premier messager de la Bonne Nouvelle : il informe le prêtre Zacharie de la prochaine naissance d'un fils ( Luc 1,11-20), qui sera Jean-Baptiste, le précurseur du Christ, puis porte à la Vierge Marie l'annonce du choix divin dont elle est l'objet et qui va faire d'elle la mère de Jésus, le Messie promis ( Luc 1,26-38). 

Du passage de Daniel évoquant "le vol rapide" de ce messager de Dieu (Da 9,21) a pu naître l'image des ailes attribuées aux anges, que le Livre Apocryphe d’Hénoch rendra familière dans le judaïsme dès les deux derniers siècles de l'ère ancienne. 

Tous les chrétiens reconnaissent dans les premières paroles de l'Ave Maria la salutation angélique adressée à la Mère du Sauveur : "Salut, pleine de grâce ! Le Seigneur est avec vous... ( Luc 1,28)". La tradition judéo-chrétienne place Gabriel au nombre des "sept esprits »qui se tiennent devant la gloire du Seigneur" (Tobie 12,15) et sont les Archanges (Apocalypse 8, 2, et Luc 1,19).


Hymne des de Saint Gabriel dans la liturgie franciscaine) 

D'un coeur joyeux chantons tous des cantiques, 
Promenant l'archet sur les cordes harmonieuses, 
A l'instant où l'illustre Gabriel 
Brille du haut du Ciel. 

Il est aujourd'hui pour nous, 
Le paranymphe de l'auguste Vierge, 
Il est accompagné de tout le choeur des anges 
Qui célèbre avec transport les louanges du Christ. 

Que notre choeur chante à  son tour 
La louange du prince Gabriel; 
Il est l'un des sept qui se tiennent devant le Seigneur 
Prêts à exécuter ses ordres. 

Messager du Ciel, ambassadeur d'en-Haut, 
Gabriel quitte les hauteurs, 
Et partout d'heureux augure, 
Il dévoile au monde les secrets 
du Tout-Puissant. 

Annoncez-nous, ô Gabriel, nous vous en prions, 
Le don extraordinaire de la paix éternelle, 
Par lequel un jour, pleins d'allégresse, 
Nous aurons accès dans la céleste demeure. 

Que nous l'accorde la Déité  bienheureuse du Père, 
Et du Fils aussi bien que du Saint-Esprit, 
Dont, par le monde entier, 
Retentit la gloire. 
Amen. 


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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Religion chrétienne
Mercredi 29 septembre 2010 3 29 /09 /Sep /2010 11:15

Par L'Equipe d'Hermas

Le nom seul de Michel le désigne à notre admiration : c'est un cri d'enthousiasme et de fidélité. « Qui est semblable à Dieu? » ainsi s'appelle notre sublime Archange. Au fond des enfers, Satan frémit encore à ce nom qui lui rappelle la noble protestation par laquelle ce radieux Esprit accueillit la tentative de révolte des anges infidèles. Michel a fait ses preuves dans l'armée du Seigneur, et pour cette raison la garde et la défense du peuple de Dieu lui fut confiée, jusqu'au jour où l'héritage de la synagogue répudiée passa à l'Eglise chrétienne. Maintenant il est le gardien et le protecteur de l'Epouse de son Maître, notre mère commune. Son bras veille sur elle ; il la soutient et la relève dans ses épreuves, et il a la main dans tous ses triomphes.


Les apparitions de Saint Michel dans l’histoire de l’Eglise


8 mai 492 : apparition de Saint Michel au Mont Gargan dans le sud de l’Italie


Les premiers chrétiens eurent certainement recours, dans leurs prières, à l'intercession des esprits célestes, comme l'attestent les plus anciennes liturgies et les Pères de l'Eglise. « Que Jésus-Christ et les saints Anges nous assistent dans toutes nos actions », écrivaient le martyr Némésien et ses compagnons à saint Cyprien. « Je prie les bons Anges de recevoir mon âme à l'heure de ma mort », disait saint Grégoire de Nazianze.


Mais il n'y eut aucune fête en l'honneur des esprits bienheureux, durant les quatre premiers siècles de l'ère chrétienne, c'est-à-dire jusqu'à ce que le Ciel donnât lui-même le signal d'un culte public et solennel, par une apparition de l'Archange saint Michel. Cette apparition eut lieu le 8 mai 492, sous le pontificat de Gélase 1°, sur le mont Gargan, aujourd'hui San-Angelo, dans le Royaume de Naples.


Un riche habitant de Siponte avait ses troupeaux sur les flancs du mont Gargano. Un jour, se dérobant à l'œil des bouviers, un taureau disparut. Après bien des recherches, on le retrouva enfin sur la cime la plus escarpée de la montagne, à l'entrée d'une grotte, et les cornes embarrassées dans de fortes lianes.


Furieux contre les obstacles qui le retenaient sur place, l'animal se débattait si violemment que personne ne put l'approcher. Alors on lança vers lui une flèche ; mais, chose étrange, cette flèche se retourna à mi-chemin de sa course, et alla frapper celui qui l'avait tirée. Ce fait extraordinaire remplit d'une telle crainte les bouviers, qu'ils s'éloignèrent immédiatement de la grotte.


Cet évènement émut la ville de Siponte, et l'évêque ordonna des prières publiques. Trois jours après, saint Michel apparut au prélat et lui dit : « Je suis l'archange Michel, un de ceux qui se tiennent sans cesse devant le Seigneur. J'ai choisi ce lieu pour être vénéré sur la terre ; j'en serai le protecteur à jamais. »


L'évêque et les habitants se rendirent processionnellement jusqu'à la grotte du mont Gargano, et prièrent en l'honneur de l'Archange.


Mis au courant, l'évêque du Diocèse, Laurent, décrète trois jours de jeûnes et de prières à l'issue desquels un magnifique cavalier blanc lui apparaît : "Je suis l'auteur du prodige de la grotte. Désormais, elle sera mon sanctuaire sur cette terre."


Mais Laurent tarde à valider la nouvelle et des barbares assiègent Sipontium. Nouveaux jeûnes et nouvelles prières. Saint Michel lui apparaît à nouveau et lui annonce une victoire éclatante. A quelque temps de là, Siponte vit ses ennemis dévaster ses campagnes et menacer la ville. La bataille s'engagea, et Siponte paraissait vaincue, quand, tout à coup, une formidable secousse ébranla le mont Gargano ; de son sommet, couvert d'une noire vapeur, jaillirent des éclairs et des foudres qui portèrent la terreur et la mort dans le camp ennemi.


Le lendemain, en effet, un orage très violent dispersa l'ennemi alors que les assiégés tentaient une sortie. Décidé à ne plus perdre de temps, Laurent envoie au Pape, Gélase Ier, une demande d'autorisation de consacrer la grotte à saint Michel. Las, c'est encore trop long pour la créature céleste qui apparaît une troisième fois à Laurent pour lui expliquer qu'il a déjà consacré la grotte lorsqu'il a élu le mont Gargan pour sanctuaire privilégié. Une basilique souterraine y fût édifiée et de nombreux papes (dont le vénérable Jean Paul II), princes ou saints y feront pèlerinage.


29 septembre 522 : Dédicace solennelle du sanctuaire de Saint Michel au Mont Gargan


Triomphante par le secours miraculeux de saint Michel, la ville de Siponte se montra reconnaissante à son puissant protecteur. Elle exécuta aussitôt des travaux gigantesques, afin de pouvoir accéder plus facilement sur le mont Gargano, et sur la grotte naturelle qu'elle fit revêtir intérieurement de marbres précieux, elle bâtit une belle église dont la dédicace solennelle eut lieu le 29 septembre 522, par le pape saint Boniface. Cette église est depuis le rendez-vous de nombreux pèlerinages, et de grands miracles s'y sont opérés par la puissante intercession de saint Michel.


Apparition de Saint Michel Archange


Adam de Saint-Victor chante dans cette Séquence la plénitude du mystère de cette fête du 29 septembre, retenue comme la Fête de Saint Michel


Empressée soit la louange ; que notre chœur, chante en présence des citoyens des cieux : agréée sera-t-elle et convenable, cette louange, si la pureté des âmes qui chantent est à l'unisson de la mélodie.

Que Michaël soit célébré par tous ; que nul ne s'excommunie de la joie de ce jour : fortuné jour, où des saints Anges est rappelée la solennelle victoire !

L'ancien dragon est chassé, et son odieuse légion mise en fuite avec lui ; le troubleur est troublé à son tour, l'accusateur est précipité du sommet du ciel.

Sous l'égide de Michel, paix sur la terre, paix dans les cieux, allégresse et louange; puissant et fort, il s'est levé pour le salut de tous, il sort triomphant du combat.

Banni des éternelles collines, le conseiller du crime parcourt les airs, dressant ses pièges, dardant ses poisons ; mais les Anges qui nous gardent réduisent à néant ses embûches.

Leurs trois distinctes hiérarchies sans cesse contemplent Dieu et sans cesse le célèbrent en leurs chants ; ni cette contemplation, ni cette perpétuelle harmonie ne font tort à leur incessant ministère.

O combien admirable est dans la céleste cité la charité des neuf chœurs ! Ils nous aiment et ils nous défendent, comme destinés à remplir leurs vides.

Entre les hommes, diverse est la grâce ici-bas ; entre les justes, divers seront les ordres dans la gloire au jour de la récompense. Autre est la beauté du soleil, autre celle de la lune ; et les étoiles diffèrent en leur clarté : ainsi sera la résurrection.

Que le vieil homme se renouvelle, que terrestre il s'adapte à la pureté des habitants des cieux : il doit leur être égal un jour ; bien que non pleinement pur encore, qu'il envisage ce qui l'attend.

Pour mériter le secours de ces glorieux esprits, vénérons-les dévotement, multipliant envers eux nos hommages ; un culte sincère rend Dieu favorable et associe aux Anges.

Taisons-nous des secrets du ciel, en haut cependant élevons et nos mains et nos âmes purifiées :

Ainsi daigne l'auguste sénat voir en nous ses cohéritiers ; ainsi puisse la divine grâce être célébrée par le concert de l'angélique et de l'humaine nature.

Au CHEFsoit la gloire, aux membres l'harmonie ! Amen.


Quelques autres apparitions de Saint Michel


Le culte d'un si puissant ministre de Dieu, d'un si bienveillant protecteur des hommes, devait se répandre dans la chrétienté, surtout après la défaite des faux dieux, lorsqu'il n'y eut plus à craindre que les hommes fussent tentés de lui décerner les honneurs divins. Constantin lui éleva près de sa nouvelle capitale un sanctuaire célèbre qui porta le nom Michaélion ; et à l'époque où Constantinople tomba au pouvoir des Turcs, on n'y comptait pas moins de quinze églises consacrées sous le nom de saint Michel, soit dans l'enceinte de la ville, soit dans les faubourgs.


Dans le reste de la chrétienté cette dévotion ne s'étendit que par degrés; et ce fut par des manifestations du saint Archange que les fidèles furent doucement avertis de recourir à lui. Ces manifestations étaient locales, simples en apparence; mais Dieu, qui fait sortir les grands effets des petites causes, s'en servit pour éveiller peu à peu chez les chrétiens le sentiment de la confiance envers leur céleste protecteur.


Les Grecs célèbrent l'apparition qui eut lieu en Phrygie, à Chône, nom qui a remplacé celui de Colosses. Il existait dans cette ville une église en l'honneur de saint Michel, et elle était fréquentée par un saint personnage nommé Archippe, que les païens poursuivaient avec fureur. Afin de se défaire de lui, ils lâchèrent l'écluse d'un cours d'eau qui vint s'unir au Lycus, et menaça de renverser l'église Saint-Michel, où Archippe était en prières. Tout à coup le saint Archange apparut tenant en main une verge; à son aspect l'inondation recula, et les eaux, grossies par l'affluent que la malice des païens avait déchaîné, allèrent se perdre dans le gouffre où le Lycus s'enfonce et disparaît près de Colosses. La date de ce prodige n'est pas certaine ; mais on sait seulement qu'il eut lieu à une époque où les païens étaient encore assez nombreux à Colosses pour inquiéter les chrétiens.

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Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
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