Vendredi 8 février 2008
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Par La rédaction
"Par trois arrêts rendus le 6 février 2008, la première chambre civile de la Cour de
cassation est venue préciser le statut des enfants nés sans vie.
Depuis la loi du 8 janvier 1993 instituant l’article 79-1 du code civil, les enfants nés sans avoir vécu peuvent être déclarés à l’officier d’état civil, lequel établit alors un acte d’enfant
sans vie qui énonce les jour, heure et lieu de l’accouchement.
Cet acte, qui est inscrit à sa date sur les registres de décès, permet notamment d’attribuer des prénoms à l’enfant, de désigner ses parents, de l’inscrire sur le livret de famille à titre de
simple mention administrative, d’avoir accès à certains droits sociaux et autorise les parents à réclamer le corps de l’enfant afin d’organiser des obsèques.
A défaut de précision de la loi, une difficulté est apparue pour déterminer le moment à partir duquel un foetus pouvait être considéré comme “un enfant sans vie”.
Se fondant sur la définition de la viabilité donnée en 1977 par l’Organisation mondiale de la santé, l’instruction générale de l’état civil prescrivait aux officiers d’état civil de n’inscrire
que les enfants mort-nés après un terme de 22 semaines d’aménorrhée ou ayant un poids de 500 grammes. C’est ainsi que, dans les trois affaires soumises à la Cour de cassation, une cour d’appel
avait débouté de leur demande tendant à ordonner à l’officier d’établir un acte d’état civil, les parents d’enfants morts-nés ne répondant pas à ces critères.
En cassant les arrêts rendus par cette cour d’appel, au motif qu’elle avait ajouté à la loi des conditions qu’elle ne prévoit pas, la Cour de cassation a au contraire entendu indiquer que
l’article 79-1 du Code civil ne subordonnant l’établissement d’un acte d’enfant sans vie ni au poids du foetus, ni à la durée de la grossesse, tout foetus né sans vie à la suite d’un
accouchement pouvait être inscrit sur les registres de décès de l’état civil, quel que soit son niveau de
développement."
Source : Service de documentation et d'études de la Cour de
cassation
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Rappelons que selon les dispositions de l'article 79-1 du code civil, précité, lequel ne
constitue aucunement une nouveauté,
"Lorsqu'un enfant est décédé avant que sa naissance ait été déclarée à l'état civil, l'officier de l'état civil établit un acte de
naissance et un acte de décès sur production d'un certificat médical indiquant que l'enfant est né vivant et viable et précisant les jours et heures de sa naissance et de son décès.
A défaut du certificat médical prévu à l'alinéa précédent, l'officier de l'état civil établit un acte d'enfant sans vie. Cet acte est inscrit à sa date sur les registres de décès et il
énonce les jour, heure et lieu de l'accouchement, les prénoms et noms, dates et lieux de naissance, professions et domiciles des père et mère et, s'il y a lieu, ceux du déclarant. L'acte
dressé ne préjuge pas de savoir si l'enfant a vécu ou non ; tout intéressé pourra saisir le tribunal de grande instance à l'effet de statuer sur la question."
Ces arrêts de la Cour de cassation, de soi, ne font qu'indiquer le sens du texte applicable : tout fœtus "né sans vie", quelle que soit la cause de cette circonstance, peut être déclaré à
l'état civil, s'y voir reconnaître un nom et un lien de filiation. L'interprétation donnée par l’instruction générale de l’état civil était illégale.
L'importance pratique de ces décisions est cependant très importante. En effet, ainsi que le souligne le commentaire de genetique.org, en raison de la pratique déclarée désormais
illégale, « les fœtus de moins 22 semaines étaient donc, dans la plupart des cas, incinérés avec les déchets du bloc
opératoire ».
La question du statut juridique du fœtus est, une fois de plus, relancée, avec, en toile
de fond, toujours, celle lancinante de l'avortement provoqué. La Cour de cassation n'avait cependant pas à aborder cette question, dont les arrêts ne constituent, en quelque sorte, qu'un
rappel à la loi. Il y a très loin, encore, entre ces arrêts et la reconnaissance du statut de personne au fœtus.
L'article 16 du code civil indique bien que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de
l’être humain dès le commencement de sa vie ». Cependant, par un artifice dont il n'est pas difficile d'assigner la cause, la jurisprudence, en dépit des certitudes
apportées par la science, établit une discrimination entre le fœtus né (vivant ou non) et celui qui ne l'est pas encore,
dû-il n'y avoir entre ces deux moments que quelques instants. A celui-ci, elle ne reconnaît qu'un régime spécial, fermé en quelque sorte, qui est celui « des textes
particuliers sur l’embryon ou le fœtus » (Crim. 27 juin 2006, pourvoi n°05-83767). A celui-là elle reconnaît au moins ce droit de bénéficier d'une inscription à l'état civil et par
là même d'une filiation, avec ce paradoxe que le foetus né sans vie se voit octroyer, finalement, un statut social qui est refusé au foetus vivant et viable non encore né.
Rappelons que sur le fondement du principe de la légalité des délits et des peines, qui
impose une interprétation stricte de la loi pénale, la Cour de cassation estime que l'incrimination prévue par l'article 221-6 du code pénal, réprimant l'homicide involontaire d'autrui, ne
peut pas être étendu au cas de l'enfant à naître - lequel, dans ce cas d'espèce, avait été tué lors d'un accident de voiture où sa mère avait elle-même succombé (loc. cit.). Ce texte ne
« s'applique (pas) au cas de l'enfant qui n'est pas né vivant » (Crim. 25 juin 2002, pourvoi n°00-81359). En revanche, elle retient l'homicide volontaire si, dans un
accident identique, l'enfant est mis au monde par césarienne mais décède victime des lésions provoquées par l'accident (Crim. 2 décembre 2003, pourvoi n° 03-82344).
Evidemment, la Cour de cassation refuse d'appliquer ce texte à l'avortement provoqué, fût-il survenu dans des circonstances où un médecin, s'étant trompé de patiente, a pratiqué sur une femme
venue pour un examen de grossesse une intervention visant à extraire un stérilet et qui a provoqué l'expulsion et la mort du fœtus (Crim. 30 juin 1999, pourvoi n° 97-82351).
Elle juge cependant qu'il y a homicide involontaire pour l'enfant en train de naître, en phase d'accouchement, et qui y meurt en raison de la faute d'un médecin (Crim. 4 avril 2006, pourvoi
n°05-85845).
En vérité toutes ces questions sont polluées par celle de l'avortement provoqué, qui empêche une clarification juridique saine sur ce qu'est « l’être humain - censé être protégé par la loi -
dès le commencement de sa vie » et sur ce qu'est la vie. Cette dernière question est, de toute évidence, d'une grande difficulté. Rappelons que de longtemps Aristote a
défini la vie comme l'être même du vivant. La difficulté ne serait donc pas insurmontable, en l'état des sciences, si elle ne se heurtait à des raisons politiques inavouables qui visent à
justifier que toute vie ne puisse pas être également protégée.
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Publié dans : Droit
Vendredi 8 février 2008
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Par La rédaction
Nous avons publié hier une lettre de
M. Jacques MOUGENOT, Commissaire fédéral des Scouts d'Europe, adressée à différentes
communautés religieuses pour solliciter leurs prières afin que la paix revienne dans le mouvement, sur le fondement d’une situation juste et respectueuse des directives du Saint-Père, à l'égard
desquelles les libertés que nous avons analysées ont été prises.
Malgré la modération des termes de cette lettre, M. MOUGENOT a jugé que cette dernière pouvait être de nature à alimenter des difficultés dont chacun de ceux qui sont attachés au Scouts
d'Europe ne souhaite que la résolution dans la paix et le respect de tous. Pour cette raison, il nous a demandé de bien vouloir supprimer ce document de notre blog, ce que nous faisons
volontiers pour entrer dans l'intention qu'il a indiquée. Nous n'en retenons, toujours selon sa demande, que son invitation à la prière, qui était celle-ci, et à laquelle nous nous joignons
:
"Le 15 mars prochain, l’Eglise célébrera cette année la solennité de saint Joseph, son gardien, modèle des pères et des
éducateurs. Ce même jour, l’association française des Guides et Scouts d’Europe réunira son assemblée générale annuelle, au cours de laquelle les responsables rendent compte de leur
action ; le conseil d’administration y sera également partiellement soumis à renouvellement.
"Je vous remercie d’intercéder auprès du Père des Cieux, avec saint Joseph et la Vierge Marie, pour que cette assemblée soit celle d’une famille, unie par la foi et la loi scoute ; pour
que les débats y soient marqués par la vérité et le respect des personnes ; que les décisions soient celles d’une fidélité sans ambiguïté à l’enseignement ordinaire et aux injonctions
particulières du Saint-Siège ; que se dissipent les incompréhensions, les raideurs, les ombres, d’où qu’elles proviennent ; que notre mouvement, si riche en vocations religieuses,
sacerdotales ou familiales, continue, sans en tirer orgueil et dans l’action de grâce, à féconder l’Eglise de France ; que tous nos chefs, cheftaines, guides et scouts, puissent, le cœur
et l’esprit libres, entrer pleinement dans la Grande Semaine de la Passion et de la Résurrection de leur Seigneur.
"Telle est l’intention que je confie instamment à votre prière et à celle de toute votre communauté. Certains d’entre nous diront, du 7 au 15 mars, une neuvaine à St-Joseph. Vous choisirez le
mode de prière qui vous paraîtra le mieux convenir à cette demande et aux possibilités de votre communauté.
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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Jeudi 7 février 2008
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Par La rédaction
On ne présente déjà plus ce précieux petit livret, vendu au prix dérisoire de 3 euros,
édité par le Centre Saint-Jean-de-la-Croix :
CAREME POUR LES CANCRES
A L'ECOLE DES SAINTS
"Un texte par jour pour marcher vers Pâques"
- MODE D'EMPLOI -
Consacrer dix minutes chaque jour, soit 0,7 % de notre vie, à notre vie éternelle. Pour cela :
MEDITER - Chaque jour un texte emprunté à la grande tradition spirituelle
chrétienne nous permettra de vivre un aspect du carême :
- du mercredi des Cendres au premier Dimanche de Carême : entrer en Carême.
- chaque Dimanche, nous suivrons le thème de l'évangile du jour.
- à partir du 5ème Dimanche de Carême (9 mars), nous suivrons pas à pas Jésus en sa Passion.
- chaque jour des quatre autres semaines correspondra à un mot clé du Carême :
- lundi : se repentir
- mardi : se convertir
- mercredi : pardonner
- jeudi : prier
- vendredi : jeûner
- samedi : partager
DECIDER - A la fin de notre méditation, nous prenons un engagement précis pour appliquer concrètement ce que nous aurons médité.
Bon et saint Carême à tous !
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Publié dans : Spiritualité
Jeudi 7 février 2008
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Par La rédaction
Nous ne vous en disons pas plus.
Rendez-vous sur le blog "Le petit Placide" [Ici]
et vous pourrez vous y délecter de beauté.
Rassurez-vous, rien qui soit incompatible avec le Carême.
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Publié dans : Eglise universelle
Jeudi 7 février 2008
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Par La rédaction
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Publié dans : Spiritualité
Mercredi 6 février 2008
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Par La rédaction
Dans le champ très, très large sur lequel le chrétien est appelé
désormais à combattre figure la défense du dimanche. La défense du repos dominical.
Instauré par l'empereur Constantin (731), supprimé par la Révolution française, restauré comme jour de repos en 1906 seulement, le dimanche est légalement le jour où est "donné" le repos
hebdomadaire (article L. 221-5 du code du travail), un employeur ne pouvant occuper un salarié plus de 6 jours par semaine.
Des dérogations sont cependant prévues à ce principe. Des dérogations permanentes, qui permettent à certaines entreprises [fabrication de produits alimentaires destinés à la consommation
immédiate, hôtels, restaurants et débits de boissons, hôpitaux, hospices, asiles, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite, dispensaires, maisons de santé, pharmacies, etc.] d'avoir une
activité ce jour-là tout au long de l'année, et des dérogations temporaires, autorisées ponctuellement par le préfet ou le maire.
Comme on le sait, ce principe et ces dérogations encadrées sont l'objet de coups de boutoir réguliers pour permettre de faire sauter ces verrous, avec l'oreille complaisante du Président de la
République.
Parmi d'autres, des chrétiens se mobilisent, avec des motivations évidemment spécifiques, tirées du caractère
du jour du dimanche, sur le fondement de l'Ecriture et de la Tradition. Tel est le cas de ce blog, que nous vous recommandons de visiter, qui s'intitule, sans surprise : "Le repos dominical" [Ici].
"Ce blog se fonde sur le texte magnifique, très riche, de la Lettre apostolique Dies Domini [le jour du Seigneur] du pape Jean-Paul II, texte qui est impérativement à découvrir ou à
redécouvrir. Il propose une pétition, que nous invitons à signer, pour la défense de cette cause, qui a déjà réuni plus de 5.000 signatures. Sa perspective n'est cependant pas purement
religieuse, dans la mesure où ce blog défend aussi l'idée que le respect de ce jour est une nécessité sociale. Voici ce qu'en écrivent leurs auteurs :
Les signataires, de la présente pétition estiment que le repos dominical, au-delà du temps de repos, juste et nécessaire, est un élément fondamental
de la vie familiale, sportive, culturelle, associative, et spirituelle. Il permet à la société toute entière de se donner un temps de respiration, où production et consommation sont mis
entre parenthèses, un moment collectif permettant l'ouverture de l'humain à sa dimension spirituelle.
Face aux tenants d'un monde transformé en une immense galerie marchande aseptisée, où la culture est en tête de gondole, la nourriture en fast-food,
la pensée code barrée, le salarié aux horaires décalés, la caissière sous-payée, la famille explosée, nous affirmons que l'homme ne vit pas seulement de pain, et que nous voulons
une société respectueuse de toutes les dimensions de l'être humain".
Longue vie à ce blog. Enfin... pas trop. Sa durée est - hélas - proportionnée aux menaces qui pèsent sur ce saint jour
!
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Publié dans : Société
Mercredi 6 février 2008
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Par La rédaction
Le projet de loi autorisant la ratification du traité européen de Lisbonne a été adopté aujourd'hui en conseil des ministres. Selon M.
JOUYET, secrétaire d'Etat aux affaires européennes « c'est un moment extrêmement
important pour la France et l'Europe, c'est une avancée majeure (...) C'est un moment historique pour la France ».
Nous savons que cet enthousiasme ne fait pas l'unanimité, et c'est assez dire que le texte en question est en voie d'être imposé au peuple français qui
l'a pourtant explicitement rejeté par le référendum du 2 juin 2005. Car il s'agit bien du même, déguisé en autre chose, maquillé, voire en quelque chose de plus avancé encore.
Si cette question vous intéresse - et comment en serait-il autrement, puisqu'il s'agit de l'avenir de votre pays et de vos libertés - nous ne pouvons que vous recommander l'indispensable
lecture de ce petit ouvrage du Professeur Armel Pécheul, intitulé : Le traité de Lisbonne, La constitution malgré nous ? (Cujas, 2008), 150 pages, 12 euros.
Voici la présentation qui figure au dos de l'ouvrage :
"Avec ses 287 pages, plus de 400 articles, 65 annexes et 13 protocoles additionnels, il n'est pas évident de prime abord que le Traité de
Lisbonne puisse se définir comme un traité simplifié.
"Peut-on alors le qualifier de mini traité, par opposition au "maxi" traité-constitution lourdement sanctionné par la France (...) et les Pays-Bas (...) , deux pays fondateurs de l'Europe des
Six ? Sûrement pas : l'accord signé le 13 décembre 2007 reprend la quasi intégralité de feu le Traité Etablissant une Constitution pour l'Europe (TECE).
"En effet, puisque les peuples souverains des Etats membres ont rejé le flamboyant traité-constitution, les rédacteurs de Lisbonne se sont accordés sur une nouvelle
formulation qui, sans rien changer au fond, le dissémine au travers de multiples amendements apportés aux traités antérieurs, rendant ainsi sa compréhension des plus
ardues.
"L'Europe acquiert, de cette façon, la forme d'un Etat, même si celui-ci reste à part dans la typologie des analyses constitutionnelles classiques.
"L'Europe se dote aussi de compétences de plus en plus vastes dont certaines, à bien des égards, concernent directement les droits essentiels des gouvernés.
"L'Europe, enfin, impose avec toute l'autorité d'une primauté renforcée, la suprémation du droit de l'Union sur les droits nationaux, posant ainsi le problème de la place laissée
désormais à la démocratie et à l'Etat de droit au sein de la future entité européenne.
"Avec objectivité, dans un style clair et pédagogique, sans tabous ni censure, l'auteur dresse le portrait de cette Europe qui est sur le point de s'imposer à 453 millions de
citoyens".
Cet ouvrage, en effet, est d'accès aisé. Avant de se livrer à l'examen détaillé de ce traité, l'Auteur présente une intéressante introduction, dans
laquelle il situe ce document à l'intérieur du processus issu du traité de Rome.
M. JOUYET, précité, parle de ce traité comme d'une avancée majeure. Le Professeur PECHEUL montre qu'en effet, ce qui caractérise la
construction européenne c'est un mouvement continu et apparemment irréversible de transfert de compétences et de pouvoir des Etats, avec cette idée, partagée par les « media
et par les gouvernants que la construction européenne est inéluctable, et constitue sans doute le dernier idéal collectif sur notre continent (…). Le manichéisme n’est d’ailleurs jamais
loin : la construction européenne est nécessairement une avancée ; le retour des nations serait une résurgence du nationalisme belliqueux ». C’est
une idée en effet largement diffusée, bien que d’autres voix, telle que celle de M. ASSELINEAU, avertissent que l’Europe de ce nouveau traité, qui est assujettie à des intérêts étrangers,
spécialement ceux des Etats-Unis, est contradictoirement une Europe de la guerre.
Le Professeur PECHEUL décrit les mécanismes de cette européanisation, qui fonctionnent par systèmes d’engrenages vidant progressivement les nations de leurs substances et de leur
autonomie : l’extension progressive des compétences de la communauté par la multiplication des traités ; la techniques des “petits pas” ou des dominos, qui fait que, de traités en
traités, les Etats sont moins maîtres de leurs politiques ; la communautarisation, qui transforme progressivement en droit communautaire, sous la houlette de la commission et de la Cour de
justice, des compétences jusque-là étatiques ; la puissance de ces deux institutions, dont la seconde, en particulier, est sans contrôle ; l’élargissement incessant de la Communauté
et de l’Union qui dilue la représentativité des Etats ; cette idée évolutionniste et déterministe, enfin, déjà évoquée, que la communautarisation est inéluctable et un bien nécessaire (pp.
13-17).
C’est dans ce processus et cette logique, qui confisque finalement la démocratie au profit d'un système de gouvernance de juges et de fonctionnaires, que se situe le prétendu “mini traité”, qui
impose par la voie parlementaire ce que le peuple français, en particulier, a sciemment et constitutionnellement écarté. « - On le forcera d’être libre », disait du
peuple le bonhomme Rousseau ; « - on le forcera d’être européen » lui répondent nos gouvernants.
A lire absolument !
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Publié dans : Politique
Mercredi 6 février 2008
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Par La rédaction
Nul n'ignore que se tient actuellement à Rome la 35e congrégation générale des jésuites, évènement majeur de la vie de cette
communauté et qui a vu l'élection d'un nouveau général en la personne du Père Adolpho Nicolas (V. photo).
Pour ceux qui le souhaiterait, nous vous signalons un site permettant de suivre au quotidien le déroulement de la
congrégation et des réflexions qui y sont menées (ICI).
Hermas s'associe en prière à ce moment fort de la vie d'une communauté qui donne tant à l'Eglise et au monde.
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Publié dans : Eglise universelle
Samedi 2 février 2008
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21:58
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Par La rédaction
1.- Dans un article encore récent - tout chaud - nous avions évoqué la lettre qu'a dû écrire le cardinal Castrillon Hoyos, président de la
Commission Ecclesia Dei, à la direction des Scouts d'Europe, à la suite des résistances que celle-ci opposait au motu proprio Summorum pontificum sur la messe. Le contenu complet de cette lettre ne nous était alors pas connu. Nous savions seulement que le prélat avait invité les intéressés à reconsidérer
leur position.
Celle-ci, en revanche, nous était bien connue, que nous avons analysée : au nom de sa fidélité à l'Eglise et au magistère, et au nom de l'unité et de la paix du mouvement, l'AGSE disait ne
vouloir s'en tenir qu'à la forme ordinaire de la messe. Bien plus, et c'est surtout là qu'était l'anomalie – au sens propre – elle s'autorisait à refuser à ses (?) Scouts d'assister à
la forme extraordinaire de la messe - celle dite “du Bienheureux Jean XXIII” - sauf exceptions qu'elle s'autorisait encore probablement à contrôler.
2.- Pourquoi nous sommes-nous arrêtés à ce fait et pourquoi y revenons-nous encore ? Pour cette raison essentielle : cet événement est exemplaire. Il
cristallise, sous une lumière très crue ce qui se passe dans l'Eglise, en France en tout cas, depuis près de 40 ans et ce qui s'y renouvelle, à chaque fois que le pape demande que l'on fasse un
geste à l'égard des personnes attachées à l'ancienne forme liturgique.
3.- Que la liturgie latine ait dû être l'objet d'une réforme, selon les indications du concile Vatican II n'est pas ici remis en cause. Nous y acquiesçons sans aucune
réserve, dans une soumission totale à la sagesse de l’Eglise.
Ce qui est néanmoins l'expérience de ceux qui ont vécu cette réforme, et ce qu'en retiendra l'histoire, quand celle-ci pourra en être écrite paisiblement et loyalement, c'est que cette réforme
s'est très souvent faite dans la violence. La haine du passé, la haine des fidélités piétinées. Tout paraissait acceptable, en bien des endroits, dans l'ordre de l'innovation et de la
"spontanéité", pourvu que cela ne fût pas "comme avant". Cette manie barbare et imbécile sévit hélas toujours. Le pape Benoît XVI, dans la lettre qu'il a écrite aux évêques à l'occasion du motu
proprio Summorum pontificum l'a explicitement relevé, en parlant de ces « déformations de la liturgie à la limite du supportable » qui ont « profondément blessé des
personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise » (1).
Le reconnaître, le dire, le répéter n’est pas ignorer ce que l’on est par ailleurs en droit de critiquer dans le comportement de maints traditionalistes, qui se croient souvent impeccables,
malgré leur volontarisme et leur libre-examen. C’est néanmoins leur rendre une élémentaire justice. C’est poser aussi la question, impossible à esquiver, de savoir si les travers que l’on
dénonce chez eux n’ont pas été provoqués par ceux qui aujourd’hui leur en font grief. On est mal placé pour reprocher ses cris à quelqu’un qu’on écorche. Sur ce point encore le pape a
constaté, dans la même lettre, « qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la
réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider ». Cette
impression, hélas, demeure, même si de nettes améliorations se sont produites ici ou là.
L’Eglise n’est pas composée de deux sortes de fidèles : des élus du cœur et des parias, triés selon leur sensibilité au vent de l’histoire. Elle n’est pas une société qui construit sa réussite
nouvelle sur le cadavre d’âmes sacrifiées, jugées inaptes au changement. C’est une honte sans nom que d’avoir pris ce parti que le mouvement de la réforme liturgique
pouvait et devait laisser dans le fossé des masses entières de fidèles, et de les avoir abandonnées à elles-mêmes, à leurs chagrins, à leurs colères et à leurs errements. Une honte sans nom.
Comprend-on ce que signifie « profondément blesser » des personnes « totalement enracinées dans la foi de l'Eglise » ? A qui possède un peu de sens théologal et ecclésial,
cela signifie blesser le cœur même du Christ. Le Bon Pasteur a laissé 99 brebis parce qu’il lui était insupportable qu’une seule ne soit pas avec les autres. La parabole ne dit pas si
cette brebis avait tort ou raison, si elle avait les pieds plats, si elle était ringarde, pelée, réactionnaire ou sosotte aux yeux des autres. Elle ne retient que ceci : elle n’était pas avec
les autres et le Pasteur l’aimait, et tout lui paraissait devoir être fait pour qu’elle ne fût plus éloignée. Son cœur était déchiré à proportion de cet éloignement. N’est-ce qu’une image, une
fable romantique, un conte pour enfants ? Ou bien est-ce une analogie, qui réalise dans le Christ ce que chaque pasteur qui participe de son sacerdoce doit être, pour tous les fidèles, sans
acception de personnes ?
4.- La vérité commande de reconnaître que ces violences se sont souvent exercées sous le regard indifférent de la hiérarchie, quand ce n’est pas avec son concours. Peu nous
importe qu’on nous fasse grief de le dire. L’histoire à écrire ne dira pas autre chose, et trop d’exemples nous viennent à l’esprit pour que nous en puissions douter. Toujours dans la même
lettre, le Saint-Père, s’adressant aux évêques, leur disait ceci, non sans une paternelle sévérité : « Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Epître aux Corinthiens, où Saint Paul
écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos coeurs que vous êtes à
l'étroit. Payez-nous donc de retour; (...) ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi!" Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous
toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place ».
5.- Le 3 octobre 1984, après une enquête de quatre ans, l’indult Quattuor abhinc annos du pape Jean-Paul II avait entrouvert aux évêques diocésains la faculté de
permettre l’usage du missel de 1962 aux prêtres et aux fidèles qui en faisaient la demande, « énumérés explicitement » dans leur requête. Ce document, très restrictif, indiquait que
cette célébration aurait lieu « dans les églises et les chapelles que l’évêque du diocèse indiquera (et pas dans les églises paroissiales, à moins que l’évêque ne le permette pour des cas
extraordinaires) et qu’elle se [ferait] aux jours et dans les conditions approuvées par l’évêque, qu’il s’agisse des célébrations habituelles ou exceptionnelles » (Ici).
Cet indult est très largement resté lettre morte en France. Les prêtres et les fidèles désirant rester attachés au missel de 1962 – pour des raisons qui, plus tard, seront reconnues légitimes,
ne l’oublions pas – ont été souvent réduits à le célébrer ou à y assister dans des hangars, dans une marginalisation qui a favorisé les surenchères, les durcissements et les désespoirs. Chacun
campant sur ses positions, se réclamant de la seule Eglise, il est advenu ce qui devait advenir. Malgré les propositions inespérées qui lui ont été faites par Rome, raidi dans son désespoir
jusqu’à affirmer que le Siège de Pierre était occupé par l’Antéchrist, Mgr Lefebvre a fait schisme.
Alors – et alors seulement hélas – est intervenu le motu proprio Ecclesia Dei, le 2 juillet 1988 (2). En relevant la conception erronée de Mgr Lefebvre sur la Tradition, le pape a
invité tous les fidèles à réfléchir sur leur propre fidélité à cet héritage. Il a invité « tous les pasteurs et les autres fidèles [à prendre] une conscience nouvelle non seulement de la
légitimité mais aussi de la richesse que représente pour l'Église la diversité des charismes et des traditions de spiritualité et d'apostolat ». Ceci constituait une invitation explicite
au respect des traditionalistes : « A tous ces fidèles catholiques qui se sentent attachés à certaines formes liturgiques et disciplinaires antérieures de la tradition latine, je désire
aussi manifester ma volonté – à laquelle je demande que s'associent les évêques et tous ceux qui ont un ministère pastoral dans l'Église – de leur faciliter la communion ecclésiale grâce à des
mesures nécessaires pour garantir le respect de leurs aspirations ». Le pape Jean-Paul II a alors donné cette injonction : « On devra
partout respecter les dispositions intérieures de tous ceux qui se sentent liés à la tradition liturgique latine, et cela par une application large et
généreuse des directives données en leur temps par le Siège apostolique pour l'usage du missel romain selon l’édition typique de 1962 ».
Cette application « large et généreuse » destinée à « faciliter la communion ecclésiale » n’a jamais eu lieu. Les traditionalistes ont continué d’être traités, dans de
nombreux cas, comme des parias. Aujourd’hui encore, 20 ans plus tard, les communautés sacerdotales ou religieuses qui ont alors été reconnues rencontrent toujours des difficultés à exercer leur
apostolat dans les diocèses où elles sont implantées. Et ce malgré une insuffisance alarmante de prêtres dans ces derniers. Il est vrai que rien n’est simple. Il y a eu, ou il y a toujours, des
ambiguïtés sur la réalité de l’adhésion de ces communautés au magistère vivant, « de Nicée jusqu’à Vatican II », comme l’exprimait Ecclesia Dei. Il est vrai aussi que leur
défiance parfois chronique à l’égard de la messe de Paul VI n’est pas faite pour encourager les plus récalcitrants ni désarmer de justes méfiances.
Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI a publié la lettre apostolique Summorum pontificum qui modifie totalement la donne, en principe,
puisque qu’elle réunit les deux formes liturgiques en conflit sous un seul et unique rite latin, d’égale valeur canonique, intégrées dans l’évolution homogène de la liturgie de l’Eglise. Tout
prêtre peut désormais librement célébrer selon la forme extraordinaire de 1962. « Dans les paroisses où il existe un groupe stable de fidèles attachés à la tradition liturgique antérieure,
le curé accueillera volontiers leur demande de célébrer la Messe selon le rite du Missel romain édité en 1962. Il appréciera lui-même ce qui convient pour le bien de ces fidèles en harmonie
avec la sollicitude pastorale de la paroisse, sous le gouvernement de l’Évêque selon les normes du canon 392, en évitant la discorde et en favorisant l’unité de toute l’Église ».
6.- Tout paraît ainsi, enfin, concourir à la paix et à l’unité. Tout, sauf que l’essentiel, comme le pape l’a souligné dans sa lettre aux évêques, est dans les cœurs. Or
beaucoup sont encore figés, comme si ce qui était en jeu n’était pas l’unité du troupeau que le Christ s’est acquis au prix de son Sang, comme l’a écrit saint Paul. La réaction de la direction
des Scouts d’Europe en est une illustration affligeante et scandaleuse.
Alors qu’il était sollicité par Rome de modifier sa position, voici ce qu’a écrit le président de l’AGSE après l’avoir reçue :
« Les commissaires généraux ont informé les commissaires de province que le président de la commission pontificale Ecclesia Dei m'avait adressé en tant
que président de l'AGSE une lettre par fax le 14 février 2008 concernant le communiqué “Place au scoutisme” du 17 novembre 2007. Cette information a également été donnée aux conseillers
religieux présents lors du colloque, comme le demandait son auteur.
Cette question, si elle nous intéresse au premier chef, dépasse le cadre des Guides et Scouts d'Europe. Elle nécessite notamment des échanges entre le Siège Apostolique, les évêques
de France et les dirigeants de l'Association, dans le respect des procédures prévues.
Il nous a donc été demandé d'être patients et discrets en attendant les résultats des échanges en cours afin d'éviter une communication prématurée.
Je ne peux vous donner par lettre davantage d'informations et considère avoir répondu aux demandes de diffusion de ce document émanant de certains administrateurs ».
Jean-Marie Nessi
M. NESSI, qui ne manifeste ainsi aucune intention de revenir sur la position actuelle de l’AGSE – formellement contraire aux demandes du pape – se moque du monde. Comment le dire autrement
?
Il dit les Scouts d’Europe « dépassés » par la question, sur laquelle pourtant l’AGSE n’a pas craint d’imposer, de son propre chef, une position inadmissible. Il prétend que des
échanges sont nécessaires entre Rome, les évêques et les dirigeants de l’Association, dans le respect des procédures (sic!), pour régler le problème pendant, alors qu’il lui a été, directement
et personnellement, demandé de corriger la position injustement prise, pour prendre en compte la norme imposée par le pape. Enfin, M. NESSI ajoute : « Il nous a donc été demandé d'être
patients et discrets ». Qui donc est ce “il” ? Et de quel droit invoquer la patience et la discrétion pour couvrir le maintien de ce qui est objectivement une iniquité ?
Cette réaction est tellement choquante que le cardinal Hoyos a été contraint de rendre publique la lettre écrite à M. NESSI. En voici la teneur, telle qu’elle est donnée par le site Paix
liturgique.com [Ici], et que nous reproduisons ici. C’est nous qui soulignons :
« Dernièrement sont arrivés à la Commission Pontificale “Ecclesia Dei” de nombreuses lettres au sujet de la Déclaration que vous avez fait au nom des
Guides et Scouts d’Europe, qui porte le titre “Place au Scoutisme” et la date du 17 novembre 2007.
Dans cette Déclaration vous vous exprimez sur l'impossibilité de faire usage de la forme extraordinaire du Rite Romain pendant des activités de votre mouvement, comme par
exemple des camps.
Comme vous le savez, cette matière a été réglée par le Motu proprio “Summorum Pontificum” du Souverain Pontife Benoît XVI entré en vigueur le 14 septembre 2007, lequel a
donné à la Commission la charge de veiller sur l’application de ce Motu proprio.
Les lettres, qui nous sont arrivées, proviennent de la part de nombreux prêtres, - dont 61 ont signé une pétition explicite adressée à cette Commission Pontificale, - et
aussi de la part des laïcs membres de votre mouvement : toutes expriment la même préoccupation que cette interdiction de l’usage extraordinaire ne soit pas conforme au Motu proprio et devrait
causer de grands problèmes dans plusieurs sections des Scouts d’Europe.
Après avoir fait une profonde réflexion sur la matière, je me vois dans l’obligation de vous inviter à reconsidérer cette normative ; une nouvelle réglementation de votre part devrait
prendre acte de ce qui suit :
Les prêtres membres d’un Mouvement de l’Eglise ont le droit de célébrer selon la forme extraordinaire, comme tous les autres prêtres ; ils ne peuvent, certes, imposer cette
forme à tout leur mouvement ; d’autre part, les Dirigeants de telles Associations et Mouvements ne peuvent, ni imposer ni empêcher cette forme de la célébration dans leur
Mouvement.
Je vous saurais donc gré, Monsieur le président, si vous pouviez en informer le comité des Scouts d’Europe lors de la réunion annuelle des Conseillers religieux prévue pour le 14 janvier
2008.
Signé : Dario Card. Castrillon Hoyos »
7.- Cette lettre est tout à fait explicite. Elle rappelle à M. NESSI que l’AGSE s’est octroyé un pouvoir qu’elle n’avait pas, sur une question tranchée en sens contraire par le pape.
Elle signifie à l’AGSE de reconsidérer la norme imposée, de la modifier, et d’y intégrer ce qu’elle méconnaît : le droit de chaque prêtre à célébrer selon le rite du Bienheureux Jean XXIII.
Elle se termine sur ce rappel sévère mais évident : l’AGSE n’a aucun droit, même si “il” – qui qu’il soit – prétend le contraire, à imposer ou empêcher quoi que ce soit en ce domaine. En effet,
dans la lettre apostolique Summorum pontificum, le Vicaire du Christ a indiqué : « Les prières instantes de ces fidèles ayant déjà été longuement pesées par mon prédécesseur
Jean-Paul II, ayant moi-même entendu les Pères Cardinaux au consistoire qui s’est tenu le 23 mars 2006, tout bien considéré, après avoir invoqué l’Esprit Saint et l’aide de Dieu, par la
présente Lettre apostolique je DECIDE ce qui suit (…) ».
La vérité est donc que le masque tombe. La position de l’AGSE est une illégalité intenable. Invoquer la fidélité à l’Eglise et à son magistère pour la couvrir est une hypocrisie. Affirmer,
après réception de la lettre du cardinal Hoyos, agissant ès qualités, que la question est à débattre avec l’épiscopat, le Saint-Siège et le mouvement est un mensonge.
Comme l’expérience de paroisses le montre, nombreux sont les fidèles – traditionalistes ou non – qui en ont assez de toutes ces manœuvres indignes, et qui aspirent de tout leur
cœur à une vraie communion, dans le respect mutuel, la paix et l’enrichissement spirituel et liturgique auquel le pape les convie. Si ce projet ne vous convient pas, M. NESSI, personne ne vous
l’impose. Ni dans les Scouts d’Europe, ni ailleurs. Si vous ne vous sentez pas en mesure de surmonter vos préventions, d’autres pourront le faire à votre place, mieux inspirés, qui n’auront
besoin ni de « patience », ni de « discrétion » pour entrer avec joie, et loyalement, dans les intentions du Saint-Père.
Prenez du recul – démissionnez.
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(1) Cf. l’intégralité de cette lettre Ici
(2) Cf. l’intégralité de ce document Ici
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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Vendredi 1 février 2008
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08:02
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Par La rédaction
On parlait autrefois - du temps que les Français aimer à lire des oeuvres de qualité - de ces bibliothèques en lesquelles on devait trouver tels et tels
ouvrages qu'un honnête homme ne pouvait ignorer.
Parmi ces derniers, il conviendrai de ranger - et d'abord, évidemment, de lire avec attention - cet ouvrage qui vient tout juste d'être publié aux éditions du Cerf.
La réaction première serait de dire que la Révolution française, c'est de l'histoire, rien que de l'histoire. Autrement dit du passé, rien que du passé.
Rien qui vaille que l'homme pressé d'aujourd'hui s'y arrête encore au point d'y consacrer une lecture de près de 800 pages.
Et pourtant. On critique souvent en notre temps, et non à tort, la floraison voire l'inflation, maladive ou/et deséspérée, des rapports en tous genres qui viennent combler les vides de la
réflexion politique. Mais ce temps de l'écriture et du diagnostic a aussi cet avantage : à défaut de savoir quoi faire du présent et a fortiori de l'avenir, il réfléchit sur le passé.
Du moins dispose-t-il, en marge des idéologies dont se servent les pouvoirs en tous genres, d'hommes compétents qui, les progrès de la recherche aidant, sont capables de porter des regards
riches et profonds sur notre histoire.
Celle-ci, sortant alors de la gangue des manuels scolaires et des conformismes intéressés, se trouve précieusement mise en lumière. Du coup, elle peut aussi remplir son rôle pédagogique à
l'égard du présent. La connaissance du Moyen-Age, des croisades, de l'inquisition, de l'islam, de la colonisation ou du communisme, par exemple, en a largement profité, même si les conquêtes de
ces connaissances demeurent pour beaucoup masquées par le conformisme, l'intérêt, le désintérêt ou la sottise.
Parler de "Livre noir" de la Révolution française fait inmanquablement penser à l'ouvrage écrit sur le "Livre noir du communisme". On n'est d'ailleurs pas étonné - au moins sous ce rapport - de
trouver en notre nouvel ouvrage le nom de M. Stéphane COURTOIS. Cette rencontre livresque n'est pas un hasard, puisque la Révolution française est la mère des révolutions modernes, pour
lesquelles elle a forgé les outils nouveaux du totalitarisme et de l'idéologie. Elle partage avec le communisme, selon la même veine généalogique, l'illusion de la création païenne d'un homme
nouveau et de cieux nouveaux, et la désillusion consommée dans le crime et dans le sang.
A tous égards ce retour aux sources de notre monde moderne est éclairant. L'ouvrage, qui réunit pas moins de 45 contributions, fait le pont entre l'étude de la Révolution, de ses circonstances,
de ses hommes ou de ses institutions et la réalité de notre propre monde et de ses soubressauts. Il s'ouvre par un article de Pierre CHAUNU sur la confiscation des biens d'Eglise qui marque,
selon l'auteur, la consommation des noces bientôt sanglantes entre le pouvoir naissant et l'argent. L'histoire a montré qu'aucun divorce n'a jamais menacé cette union-là.
Voici la présentation de l'ouvrage, telle qu'elle est donnée au dos de ce livre.
Légitimes et glorieux, festifs et fraternels, fruits d'une « raison » attendue par les siècles : c'est ainsi
que sont habituellement présentés les événements de ce qui fut aussi l'une des périodes les plus sanglantes de l'histoire, inaugurant tragiquement une succession de révolutions et de conflits
qui marquèrent l'Europe jusqu'au milieu du XXe siècle.
Il est toujours dans l'intérêt d'une nation de faire briller quelques mythes fondateurs et dans l'intérêt de ceux qui ont pris le pouvoir de masquer la violence et l'arbitraire sur lesquels ils
ont assis leur domination. Mais l'histoire ne s'écrit pas comme la mythologie, et son exigence de vérité ne devrait pas s'encombrer de visées utilitaristes.
Cet ouvrage n'entend pas « noircir » des faits qui témoignent par eux-mêmes. Cette violence inouïe – qui pourtant se réclamait des Lumières – produisit une onde de choc telle qu'elle
devait s'étendre sur plusieurs générations. Elle entraîna avec elle, sur le phénomène révolutionnaire, toute une série d'œuvres et de réflexions critiques dont on dénie trop vite, souvent, la
légitimité.
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Publié dans : Politique