Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 20:29
- Par L'Equipe d'Hermas

Source : Vatican.va


Message de Nouvel an 2012

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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 20:45
- Par Gonzalo ALTOZANO - Trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

JorgeFernandezDiaz.jpgLe nouveau ministre de l'Intérieur espagnol, M. Jorge Fernández Díaz, explique sa rencontre avec la foi. Ont influé sur sa vie spirituelle Messori, Henry Newman, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et saint Augustin.

 

Cet entretien a été réalisé il y a deux ans par le directeur du séminaire Alba, Gonzalo Altozano. Il est l'un des cent-un entretiens contenus dans le livre “Il n'est pas bon que Dieu soit seul” (Ciudaleda), livre qui a connu une grande diffusion ces dernières semaines et qui devient un véritable best-seller : en deux mois, 17 000 exemplaires ont été vendus.

 

Lien : AGEA.NET

 

 

Dans son bureau du Congrès des Députés, un très grand tableau de saint Thomas More, auquel Jean-Paul II avait demandé aux politiciens de se recommander pour obtenir force, patience, persévérance et bonne humeur. Fernández Díaz est de ceux-là, malgré son sérieux (…). Ceux qui le connaissent bien disent que le Jorge d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui d'avant. Lui-même parle de conversion.

 

- Votre conversion fut-elle du genre de celle saint Paul ou de celle de saint Augustin ?

- Toutes proportions gardées, elle fut plus augustinienne que paulinienne, en ce sens qu'elle ne fut pas instantanée, car j'y ai résisté beaucoup.

 

- Vous veniez de l'athéisme ?

- Non.

 

- De l'agnosticisme ?

- Non plus. Je ne niais pas Dieu, je vivais simplement comme s'il n'existait pas, pour ne me souvenir de Lui que dans les moments difficiles. J'étais ce qu'on appelle un catholique non pratiquant.

 

- N'est-ce pas une contradiction ?

- Si, en effet. Mais je vivais cette contradiction. Ma foi était une foi morte parce que c'était une fois sans les œuvres.

 

- Qu'est-ce qui a changé tout cela ?

- La conviction profonde de ce que ma vie n'avait de sens qu'à la lumière de Dieu. A partir de ce moment-là, Il a commencé à prendre plus de place dans ma vie. C'est en ce sens que je parle de conversion.

 

- En quoi consiste votre vie avec Dieu ?

- Disons que mon plan de vie est très proche de la spiritualité de l'Opus Dei : aller à la messe tous les jours, prier le chapelet, faire un temps d'oraison, un autre de lecture spirituelle...

 

- Vous lisez beaucoup ?

- Oui, beaucoup. Au travers de ma conversion je me suis rendu compte que le déficit de ma formation religieuse, morale et éthique était important. Il m'a fallu rattraper le temps perdu, ce à quoi la lecture m'a aidé.

 

- Quel est l'auteur qui vous a le plus marqué ?

- Ils sont nombreux, mais si je ne devais en retenir qu'un seul, ce serait Vittorio Messori, auquel m'unissent tant de choses. Le providentialisme, par exemple. Messori analyse les événements en tenant compte de ce que Dieu est le Seigneur de l'histoire, du temps, de la chronologie. Ce type de vision des faits, qui se rattache à la théologie de l'histoire, m'attire également beaucoup.

 

- Et le livre ?

- J'en retiendrais trois, bien qu'il y en ait beaucoup plus. “Le retour de l'enfant prodigue”, de Henry Newman, “L'histoire d'une âme”, de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, et les “Confessions” de saint Augustin. Je les ai lus la première fois en 1997.

 

- C'est l'année de votre retour ?

- 1997 est l'année où le Seigneur m'a dit : « Nous en sommes arrivés là. Soit tu avances, soit tu meures ». Mais mon chemin de retour a commencé en 1991.

 

- Six ans plus tôt.

- J'ai déjà dit que ma conversion avait été plus augustinienne que paulienne, j'ai eu besoin de beaucoup prier.

 

- Que s'est-il passé en 1991 ?

- Je me trouvais en voyage officiel au Etats-Unis, invité par le Département d'Etat. Lors d'un week-end, nous avons été conduits à Las Vegas. Là, par l'intermédiaire d'un grand ami, qui fut sans aucun doute un instrument de sa providence, Dieu est venu manifestement à ma rencontre. En m'en souvenant, je pense aux mots de saint Paul : « Là où le péché abonde, la grâce surabonde ».

 

- Vous dites cela pour vous-même ou pour Las Vegas ?

- Je le dis pour moi, et je le dis pour Las Vegas.

 

- Est-il facile de vivre en présence de Dieu au Congrès des Députés ?

- Bien qu'apparemment nous lui ayons fermé la porte, et que parfois nous ne voulions ni le voir, ni l'écouter, j'ai l'intime conviction que Dieu est très présent au Congrès. Les Assemblées (Cortes) sont l'organe législatif de l'Etat, et Dieu le grand législateur de l'univers.

 

- Comment vivez-vous la politique ?

- Comme un magnifique champ d'apostolat, de sanctification et de service des autres, comme ma vocation personnelle, spécifique, le lieu où Dieu veut que je sois. Pour un catholique, se consacrer à la politique, ici et maintenant, est un défi passionnant.

 

- Et comment la viviez-vous avant ?

- Comme une activité qui me passionnait. Mais j'étais installé dans le relativisme, et lorsqu'il n'y a aucune conviction, tout est calcul politicien et intérêts de partis.

 

- Etes-vous à l'aise au Parti Populaire ?

- Mon parti est un parti dans les valeurs duquel l'humanisme chrétien occupe une place importante. Oui, je m'y sens bien.

 

- Un peu plus tôt, vous parliez de providentialisme. Ne croyez-vous pas au hasard ?

- Dans la vie, les choses ne se produisent pas par elles-mêmes, ni  grâce à des amis, ni par ce que chacun doit à son intelligence. Tout cela, ce ne sont que des causes secondes, des médiations humaines qui, respectant la liberté de chacun, répondent aux desseins de Dieu. Pour en revenir à saint Augustin, et, à nouveau, toutes proportions gardées, si je pense aux événements qui se sont succédés avant ma conversion, je peux dire ce que disait le Docteur d'Hippone dans ses “Confessions” : « Ah, Seigneur, c'était donc toi ».

 

 

 

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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 16:13
- Par Mgr Michel CHAFIK

 

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Béatitude,

Chers Pères évêques, 


 

espagne-drapeau.jpg[Ed. española]  Il est des années qui, avant même de se refermer, semblent s’effacer ; des années blanches, difficiles à fixer sur la toile du temps. D’autres en revanche, secouées par le vent de l’histoire, ne se peuvent oublier. 2011, l’année de l’indignation, est de celles-là.

 

En Occident, tout commença par le coup de sang d’un très vieux monsieur dont l’« Indignez-vous » rencontra un écho inattendu. D’Athènes à New-York, les indignés se rassemblèrent en nombre pour clamer leur refus du monde comme il va.

 

En Egypte, ce sont les jeunes qui, au prix de leur vie, osèrent s’indigner : « keffaya », « ça suffit ». Jour et nuit, sans faiblir, sur la place Tahrir ils crièrent leur colère. Jusqu’à ce qu’enfin s’en aille le Raïs, le chef honni d’un régime dictatorial et corrompu.

 

Printemps, révolution, tsunami, les mots ne manquent pas pour désigner les évènements qui bouleversèrent le monde arabe. Pour les décrypter en profondeur, il faut rompre avec le temps court de l’information, adopter une grille de lecture plus ouverte, moins contingente.

 

Que nous dit la Bible de l’indignation ? Qu’elle est, aiguillonnée par l’espérance, une juste colère, et aussi que l’inconnu est le chemin. Il n’est qu’à relire l’épopée de Moïse. L’indignation le pousse à rompre avec son passé pour conduire, hors d’Egypte, ses frères réduits en esclavage par pharaon. Ce faisant, que d’épreuves il lui faut traverser ! L’infini du désert, l’infini des possibles, effraie les Hébreux, prompts à se retourner contre leur libérateur. L’incertitude engendre la nostalgie de la servitude, somme toute rassurante : « Laisse-nous servir les Egyptiens ! Mieux vaut pour nous servir les Egyptiens que mourir au désert » (Ex.14, 12b) murmurent-ils quand l’heure est au doute et au découragement. Fils d’esclaves ou fils de roi, le choix n’est pas si simple qu’il y paraît d’abord.

 

Aujourd’hui, en Egypte, les atermoiements de l’armée, la montée du fondamentalisme musulman et la grande misère génèrent une angoisse diffuse dont les Coptes sont les premières victimes. Jamais, peut-être, il n’y eut tant d’églises brulées, tant de chrétiens molestés et contraints à l’exil. Faut-il pour autant regretter l’ancien régime, entretenir le mythe vicié du bon vieux temps, celui de l’humiliante protection accordée, mais à quel prix, par les tyrans ?

 

Revenons à nos Hébreux. L’histoire pour eux connut une fin heureuse, puisqu’après des années d’errance, ils entrèrent en Terre Promise.

 

A quoi ressemble la terre Promise des enfants de Tahrir ? C’est à n’en pas douter une terre féconde dont les habitants vivent dignement du fruit de leur travail ; une terre vertueuse, respectueuse des droits inaliénables de la personne ; une terre mêlée où ceux qui croient en Allah, en Jésus - يسوع - ou en Yahvé, et ceux qui ne croient pas, inventent ensemble la démocratie.

 

«  Utopie », dites-.vous. J’aimerais mieux pari, acte de foi, affirmation volontaire que le pire n’est jamais certain. Oui, je crois que l’Egypte, douce et accueillante pour la Sainte Famille, saura triompher de sa part d’ombre et devenir, pour tous ses enfants, la mère patrie qu’ils appellent de leurs vœux.

 

Les égyptologues ne nomment-ils pas périodes intermédiaires ces temps, pleins de bruit et de fureur, qui accompagnaient dans l’antiquité le passage d’une époque à une autre ? Aujourd’hui, l’Egypte vit une de ces périodes intermédiaires, transition obligée pour entrer dans une ère nouvelle.

 

 « Ne craignez-pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie. Un sauveur vous est né » (Lc 2,10-11)

 

Que l’Enfant si fragile de la crèche nous guérisse de la peur. Qu’Il creuse en nous la faim et la soif de justice pour qu’enfin éclose, né de l’indignation et porté par l’espérance, le monde meilleur auquel aspire notre belle jeunesse.

 

Joyeux Noël, bonne et sainte année 2012 !

 

Mgr Michel Chafik 

 


 

- Chaque dimanche, messe copte à 11h en la chapelle « Notre Dame d’Égypte ».

  15, rue Philippe de Girard. Paris 10ème. Métro : la Chapelle.

 

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 15:18
- Par Pedro LOPEZ - Asociación Grupos de Estudios de Actualidad [AGEA] - Traduction française : Pierre GABARRA

 

Univers.jpgAGEA.— Il est fréquent de rencontrer, dans des textes qui traitent de l'écologie et de l'environnement, des commentaires selon lesquels la civilisation judéo-chrétienne serait à l'origine du pillage de la nature, par l'introduction de sa notion de « domaine » (dominium).

 

Il ne fait aucun doute que ce despotisme soit présent dans la conception moderne de la nature, comprise à l'instar d'une ressource disponible pour accroître un compte-courant, mais il s'agit là d'une idée complètement hétérodoxe et étrangère à la conception chrétienne.


Il suffit de se reporter aux sources de la Genèse pour constater que ce préjugé est faux. Dès le premier chapitre, au verset 26, il est dit que Dieu a créé le premier couple humain à son image et à sa ressemblance, et qu'il l'a mis à la tête de la création, pour commander à ce cosmos merveilleux. Un peu plus loin, au verset 28, nous trouvons un texte susceptible de recevoir plusieurs sens : « Et subicite eam et dominamini ». Souvent il est traduit ainsi : « Remplissez la terre et soumettez-la », commandement du Seigneur. Cependant, cette traduction ne recueille pas tout le sens original du texte. « Subicio » signifie « placer en-dessous de », « sub-ordonner », ce qui exprime en même temps une mise à disposition de l'intelligence, sous la lumière de la raison, pour qu'elle exerce son examen et son activité ordonnatrice.

 

De fait, dans le deuxième chapitre de la Genèse, il est dit que le premier homme donna des noms à tous les animaux des champs. Nommer, dans le langage de la Bible, a un sens précis : la connaissance et la priorité sur ce qui est nommé, avec une connotation amoureuse. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut également comprendre que, par la suite, il soit dit de l'homme et de la femme qu'ils « dominent » - « dominamini » - la création tout entière. Cela signifie qu'ils gouvernent, qu'ils subordonnent – en l'ordonnant – cette création qui dépend d'eux.

 

Toutefois, ceci serait incomplet si n'était également indiqué la manière de le faire. Dans le deuxième chapitre, au verset 15, du livre de la Genèse, il est précisément indiqué ceci : « (…) ut operaretur et custodiret illum ». L'homme et la femme sont faits pour travailler la création, veiller sur elle avec soin et la conserver.


Par conséquent, cette idée monstrueuse selon laquelle l'homme devrait se comporter de manière absolutiste, capricieuse et despotique avec la création est étrangère à la pensée chrétienne, parce qu'elle est contraire à l'ordre de la nature. Elle correspond bien, en revanche, à une approche rationaliste, peut-être fondée sur le désenchantement de l'univers (Max Weber).


La vision chrétienne conduit à une toute autre approche : la création tout entière doit être prise « en charge », pour être conduite à son terme, selon le plan originaire de Dieu, par la médiation du travail. En conséquence, l'être humain est constitué comme un administrateur intelligent qui doit faire fructifier les dons qu'il a reçus en les aimant, en respectant la grandeur et la beauté de la nature, laquelle ne lui appartient pas, mais lui a seulement été confiée.

 

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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 16:49
- Par L'Equipe d'Hermas

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(cliquer sur l'image dessus)


annivers


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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 16:25
- Par Pierre GABARRA

  Un lecteur nous a écrit les lignes suivantes, à la suite de l'extrait que nous avons récemment publié du texte de Simone Weil sur les partis politiques :

 

" Si vous lisez plus avant Simone Weil, vous constaterez que son hésitation à se "convertir" à l'Eglise romaine tient précisément à ce qu'elle a noté que l'Eglise romaine est organisée comme un parti politique. On ne peut énumérer tous les théologiens et artistes qui, du temps de la puissance de l'Eglise romaine, de Dante à Shakespeare en passant par Luther ont dénoncé, parfois au péril de leur vie, l'attentat de l'Eglise romaine contre la vérité. Celle-là n'a d'ailleurs jamais cédé son pouvoir comme elle essaie de le faire croire aujourd'hui : il lui a été ravi par la concurrence. L'originalité de Simone Weil est donc de se méfier de l'Eglise romaine en un temps, où, en principe, elle a renoncé à l'exercice du pouvoir temporel.

 

" Le temps de la morale et du sacerdoce juifs est révolu selon l'apôtre Paul. Sans morale, il n'y a pas de politique possible, ni aucune connivence avec un parti quelconque. Ne jetons pas la pierre aux partis politiques, dont beaucoup de modèles institutionnels dérivent de ceux de l'Eglise romaine.

 

Ce message nous paraît mériter réponse.

 

*

*     *

 

Simone Weil ne dit aucunement dans cette Note, comme vous l’affirmez, que l’Eglise romaine serait organisée comme un parti politique, et il est inexact de dire que c’est cela qui l’aurait fait hésiter à se “convertir”. Ni vous ni moi ne savons rien, au demeurant, de la réalité de sa conversion. Il convient cependant de noter, pour se garder de toute caricature, qu’elle écrivait au P. Perrin des mots fort éloignés de toute répugnance à la conversion lorsqu’elle lui faisait part de sa « très grande joie » à l’entendre dire que ses pensées, telles qu’elle les lui avaient exposées, n’étaient « pas incompatibles avec l’appartenance à l’Église », ou lorsqu’elle lui déclarait aimer « Dieu, le Christ et la foi catholique autant qu’il appartient à un être aussi misérablement insuffisant de les aimer », ou encore : « J’aime les saints à travers leurs écrits et les récits concernant leur vie (…) J’aime la liturgie, les chants, l’architecture, les rites et les cérémonies catholiques » (lettre du 19 janvier 1942).

 

Il est vrai, néanmoins, qu’elle déclarait aussi, dans la même lettre n’avoir « à aucun degré l’amour de l’Église à proprement parler », non pas, comme vous le dites, parce que cette dernière serait organisée comme un parti politique, mais parce qu’elle constitue ce que Simone Weil appelait « une chose sociale ». Le propos était extrêmement réducteur, ne serait-ce que parce qu’il méconnaissait la réalité sociale de la communion des saints, mais il était partiellement vrai en ce que l’Eglise est aussi une réalité sociale terrestre. Or c’est cela qui lui « faisait peur », disait-elle dans la même lettre, parce que son pessimisme en la matière la portait à voir en toute chose sociale « le domaine du diable. La chair pousse à dire “moi” et le diable pousse à dire “nous” ; ou bien à dire, comme les dictateurs, “je” avec une signification collective ». « Par social – ajoutait-elle – je n’entends pas ce qui se rapporte à une cité, mais seulement les sentiments collectifs  ». Ce n’est donc pas parce qu’elle est “romaine”, comme vous le suggérez, que l’Eglise catholique éveillait chez elle cette méfiance, mais parce qu’elle est une “chose sociale” et que, en tant que telle, ajoutait-elle, « elle appartient au Prince de ce monde ».

 

C’est donc un contresens d’attribuer ses hésitations au baptême au caractère romain de l’Eglise, alors qu’elle les attribuait elle-même à un caractère collectif qui pouvait être dit de toute autre “chose sociale”, quelle qu’elle fût, et qui, en tant que telle, lui paraissait constituer, pour elle, une menace pour la liberté de sa conscience. Elle aurait très bien pu écrire la même chose, par exemple, de tout groupe protestant, étant rappelé, puisque vous évoquez l’histoire, que la Réforme n’a pas été non plus avare de "sentiments collectifs" qui l'ont conduite à écrire des pages sanglantes, de fanatisme et d’intolérance.

 

Il faut concéder au pessimisme de Simone Weil que la recherche et la défense de la vérité sont choses difficiles partout où des hommes s’assemblent, parce que le consensus y est généralement la condition de leur vie commune. Y triomphent des intérêts, des modes, des conformismes, des prêt-à-penser, plus ou moins oppressants, qui gauchissent à des degrés divers, et jusqu’au péché de l’esprit, le rapport des hommes à la vérité. L’Eglise catholique, cela est certain, y est exposée, et souvent sujette, nous ne le déplorons que trop, ainsi que bien des articles parus sur ce blogue l’attestent. Cependant, croyez-vous que l’on puisse soutenir, sans précisément trahir effrontément la vérité, qu’il n’en est ainsi que d’elle et que, par exemple, les groupes où vous vivez, religieux ou civils, n’y sont pas sujets eux-mêmes ?

 

Poser la question, c’est y répondre. Le travers ici dénoncé est un travers humain, et se rencontre partout où se groupent des hommes. L’expérience le montre à l’envi. En cela, le propos de Simone Weil est juste et universel. Cette expérience n’en est que plus cruelle lorsque la vérité supposée portée par la communauté mise en cause est plus haute. Le conformisme ou l’esprit mondain d’un club de boules est fâcheux, mais il n’y a pas là qui vaille l’indignation. Pourquoi les mêmes travers la suscitent-ils quand ils affectent l’Eglise catholique, si ce n’est parce qu’on reconnaît en elle, fût-ce à son corps défendant, la grandeur et la noblesse de son message et de sa mission que tant « d’esprit de ce monde » souvent trahit, dans ses clercs et ses fidèles ?

 

Quand, en revanche, Simone Weil écrit, dans la suite qui vous nous invitez à lire, qu’il « faut avouer que le mécanisme d'oppression spirituelle et mentale propre aux partis a été introduit dans l'histoire par l'Église catholique dans sa lutte contre l'hérésie », elle se trompe. Cette lutte, en effet, a pu mettre en œuvre de tels mécanismes, bien sûr, mais les circonstances de la Passion du Christ ou celles du martyre des premiers chrétiens attestent, pour ne citer qu’elles, que l’Eglise romaine n’en a pas, loin s’en faut, la paternité. Il est par ailleurs pour le moins surprenant que vous puissiez évoquer le nom de Luther quand vous parlez de victimes de la persécution ou de l'intolérance romaines, lui dont il est pourtant difficile de méconnaître les appels à brûler les sorcières et les exhortations au sang et au carnage adressées aux princes allemands.

 

Pierre Gabarra 

 

 

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 08:14
- Par L'Equipe d'Hermas

En mémoire de Mgr Masson

 

LE 13 OCTOBRE 1917 : craintes de la Mère de Lucie


    Arrive le jour du grand miracle, annoncé depuis le 13 Juillet 1917. De nombreux pèlerins ont dormi dehors. Une pluie fine et continue est tombée toute la nuit. Il y avait là plus de 60 000 personnes, certains ont estimé plus de 100 000. Depuis le matin, il pleuvait à verse, tout était détrempé.

    La mère de Lucie croyait que rien n'allait se passer et que son enfant allait se faire lyncher. Les enfants partirent en avance, la foule était si nombreuse qu'ils avançaient difficilement. Les gens s'agenouillaient dans la boue à leur passage en les suppliant de présenter leurs suppliques à Notre-Dame. Enfin, ils arrivèrent au chêne vert, réduit maintenant à un tronc déchiqueté. On n'entendait que le murmure cadencé de la récitation du rosaire.

    Midi, l'heure du rendez-vous, était bien passée. Les montres des hommes affichaient 13 heures, l'heure légale. Mais l'heure solaire était midi. Un prêtre impatient et incrédule récrimina contre les enfants. Les chapelets continuèrent. Soudain Lucie demanda de fermer les parapluies et l'ordre atteint toute la foule. Quelques minutes s'écoulèrent, le prêtre s'énerva encore, voulant faire partir les enfants. Un brouhaha s'amplifia. Tout à coup, regardant vers l'Est, Lucie s'écria "Jacinthe, agenouille-toi!... Je commence à apercevoir Notre-Dame!... Vois-tu l'éclair? " Le petit visage de la voyante rosit et devint d'une beauté immatérielle, comme transparente. Jacinthe et François entouraient Lucie, ils avaient eux aussi le regard fixe, semblaient radieux et absents. Notre-Dame était là, dans la gloire, et ils étaient les seuls à La voir.


RECIT DE LUCIE DE FATIMA 1941

    Voici le récit des événements de la Cova da Iria fait par Lucia dos Santos, C'est la traduction des feuillets qu'elle a remis en 1941 à l'évêque de Leiria-Fatima, pour répondre à son désir d'avoir une relation définitive des apparitions de la Vierge, telle qu'elle en avait été le témoin en compagnie de François et de Jacinthe, entre le 13 mai et le 13 octobre 1917

Le 13 octobre 1917

    Nous avons quitté la maison de bonne heure, pensant bien que le chemin serait long. Le peuple était là en foule. Il pleuvait à torrent. Ma mère, craignant que ce fut le dernier jour de ma vie, le coeur déchiré par l'inquiétude de ce qui allait arriver, avait voulu m'accompagner.

    Sur le chemin se reproduisaient les scènes du mois précédent, plus nombreuses et plus émouvantes. Même la boue des chemins n'empêchait pas ces gens de se mettre à genoux, dans une attitude humble et suppliante. Arrivés à la Cova da Iria, auprès du chêne vert, poussée par un mouvement intérieur, je demandai à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. Peu après, nous avons vu le reflet de la lumière et, ensuite, Notre-Dame sur le chêne vert.

    - Que voulez-vous de moi (demandai-je).

    - Je veux te dire que l'on élève une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à dire le chapelet tous les jours. La guerre va finir, et les militaires reviendront bientôt chez eux.

    - J'aurais beaucoup de choses à vous demander : de guérir plusieurs malades, de convertir les pécheurs...

    - Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon de leurs péchés. Notre-Dame prit alors un air plus triste :

    - Qu'ils n'offensent pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop offensé !"

    Ouvrant les mains, elle les fit réfléchir alors sur le soleil. Et tandis qu'elle s'élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil. Voici le motif pour lequel j'ai crié qu'on regarde le soleil. Mon but n'était pas d'appeler l'attention de la foule de ce côté. Je ne me rendais même pas compte de sa présence. Je le fis seulement, entraînée par un mouvement intérieur qui m'y poussait. Notre-Dame, une fois disparue dans l'immensité du firmament, nous avons vu, auprès du soleil, saint Joseph avec l'Enfant Jésus, et Notre-Dame vêtue de blanc avec un manteau bleu. Saint Joseph et l'Enfant Jésus paraissaient bénir le monde, avec les gestes qu'ils faisaient de la main, en forme de croix. Peu après, cette apparition s'étant évanouie, j'ai vu Notre-Seigneur et Notre-Dame (sous une forme) qui donnait l'idée d'être Notre-Dame des Douleurs, Notre-Seigneur paraissait bénir le monde de la même manière que (l'avait fait) saint Joseph. Cette apparition disparut, et il me sembla voir encore Notre-Dame avec un aspect semblable à Notre-Dame du Carmel.

    Voilà, Monseigneur, l'histoire des apparitions de Notre-Dame à la Cova da Iria, en 1917. Chaque fois que, pour quelque motif, j'avais à en parler, je cherchais à le faire avec le moins de paroles possibles, dans mon désir de garder pour moi seule les choses plus intimes, qu'il me coûtait tant de révéler. Mais comme elles sont à Dieu, et non à moi, et que Dieu maintenant, par le moyen de votre Excellence, me les réclame, les voilà. Je restitue ce qui ne m’appartient pas. De propos délibéré, je ne réserve rien, il me semble que doivent manquer seulement certains détails relatifs aux demandes que je faisais. Comme c'étaient des choses purement matérielles, je ne leur attachais pas tant d'importance, et, peut-être à cause de cela, elles ne se sont pas gravées aussi vivement dans mon esprit. Et aussi il y en avait tant, tant... C'est peut-être parce que j’étais préoccupée des grâces sans nombre que je devais demander à Notre-Dame, que j'ai fait l'erreur de croire que la guerre finirait le jour même du 13. Beaucoup de personnes se sont montrées assez surprises de la mémoire que Dieu a bien voulu m'accorder. Par la bonté infinie de Dieu, ma mémoire est assez privilégiée, dans tous les sens du mot. Mais dans les choses surnaturelles, il n'y a pas lieu d'en être surpris parce qu'elles se gravent dans l'esprit de telle manière qu'il est presque impossible de les oublier. Pour le moins, le sens des choses qu'elles manifestent ne s'oublie jamais, à moins que Dieu ne veuille aussi les faire oublier".


RECIT DU PERE DE LUCIE


« Le 13 octobre, raconte le père de Jacinthe et François, après beaucoup d'efforts, et après avoir été arrêtés souvent en chemin, nous parvînmes enfin à la Cova da Iria.

« La foule était si serrée qu'on ne pouvait la traverser. Alors, un chauffeur prit dans ses bras ma Jacinthe et, à force de bourrades, s'ouvrit un passage jusqu'aux poteaux où pendaient les lanternes, en criant :

– Laissez passer les petits qui ont vu Notre-Dame !

 
Un chauffeur prit Jacinthe dans ses bras

 « Je me mis à leur suite. Jacinthe, en me voyant au milieu de tant de gens, se mit à crier, effrayée :

– N'étouffez pas mon Papa ! N'étouffez pas mon Papa !

« L'homme qui portait Jacinthe la mit enfin à terre, près du chêne-vert. Mais là aussi, la foule était dense, et la petite pleurait. Alors Lucie et François la mirent entre eux.

« Mon Olimpia était par là, d'un autre côté, je ne sais où. Mais ma commère Maria Rosa réussit à se mettre tout près de nous. Poussé par la foule, je me trouvai un peu écarté à un certain moment, et je remarquai un homme de mauvaise mine, qui appuya un bâton sur mon épaule. Je pensai en moi-même :
– Cela pourrait être le commencement du désordre !

« La foule faisait des remous, d'un côté et de l'autre. Mais au moment de l'Apparition, tout le monde se tût et resta tranquille. »

Quant à Antonio, qui avait réussi à faire passer sa femme à travers la foule, il se trouva éloigné de Lucie par ces mêmes remous, et sa fille ne le revit plus jusqu'à ce qu'elle le retrouve le soir, au sein de la famille.

Il était à peu près 1 heure de l'après-midi, heure légale, et il continuait à pleuvoir.

« Nous étions parvenus à la Cova da Iria, près du chêne-vert, raconte Lucie, quand je me sentis poussée par un mouvement intérieur, et demandai à la foule de fermer les parapluies pour réciter le chapelet. »

Du haut de la route, abrités dans leurs voitures, tous ceux qui n'avaient pas eu le courage de s'aventurer dans le bourbier argileux de la Cova assistèrent alors à un spectacle stupéfiant :

« À un moment donné, nota l'un d'eux, cette masse confuse et compacte ferma les parapluies, se découvrant ainsi dans un geste qui devait être d'humilité ou de respect, mais qui me laissa surpris et plein d'admiration, car la pluie, avec obstination, mouillait toujours les têtes, détrempait et inondait tout. »

Cependant, quelques minutes avant le miracle, il cessa de pleuvoir. Le soleil perça victorieusement l'épaisse couche de nuages qui le cachait jusque-là, et brilla intensément.

À l'heure des montres, il était presque 13 h 30, c'est-à-dire environ midi à l'heure solaire. En effet, pour adopter l'heure des belligérants, le gouvernement portugais avait alors imposé au pays une heure légale qui avançait de quatre-vingt-dix minutes sur l'heure solaire.

Tout à coup, les trois enfants virent l'éclair, et Lucie s'écria :

« Silence! Silence ! Notre-Dame va venir ! Notre-Dame va venir ! »

Maria Rosa, qui avait réussi à rester là, toute proche, n'oublia pas de donner à son enfant un conseil maternel :

« Regarde bien, ma fille. Prends garde de ne pas te tromper ! »

Mais Notre-Dame apparaissait déjà au-dessus du chêne-vert, posant ses pieds sur les rubans de soie et les fleurs, pieusement disposés la veille par la fidèle Maria Carreira.

Alors, le visage de Lucie devint de plus en plus beau et prit une teinte rose; ses lèvres s'amincirent. Jacinthe, dans un geste de sainte impatience, donna un coup de coude à sa cousine et lui dit :

« Parle, Lucie, Notre-Dame est déjà là ! »

Lucie revint à elle-même, respira deux fois profondément, comme quelqu'un qui n'avait plus le souffle, et commença son entretien, d'une politesse toujours aussi exquise, avec Notre-Dame.

« Que veut de moi Votre Grâce ?

– Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.

– J'avais beaucoup de choses à vous demander : de guérir quelques malades et de convertir quelques pécheurs, etc.

– Les uns oui, les autres non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils demandent pardon pour leurs péchés.

Et, prenant un air plus triste :

– Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé !

– Vous ne voulez rien de plus de moi ?

– Non, je ne veux rien de plus de toi.

– Alors, moi, je ne demande rien non plus. »

Comme le 13 septembre, pendant que Notre-Dame s'entretenait avec Lucie, la foule put voir par trois fois se former autour du chêne-vert la même nuée qui s'élevait ensuite dans l'air avant de se dissiper.

Un autre signe se renouvela pour la seconde fois, lorsque Notre-Dame remonta dans le ciel, au moment où Lucie s'écria :

« Elle s'en va ! Elle s'en va ! »

« À cet instant, rapporte Maria dos Anjos, ma mère sentit le même parfum que celui du 19 août ! »

Puis Lucie cria :

« Regardez le soleil ! »

« Ouvrant alors les mains, raconte Lucie, Notre-Dame les fit se réfléchir sur le soleil et, pendant qu'Elle s'élevait, le reflet de sa propre lumière continuait à se projeter sur le soleil. »

« Ce fut alors que l'on put regarder parfaitement le soleil, rapporte le père de Jacinthe et de François, sans en être incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre. Il lançait des faisceaux de lumière, de-ci, de-là, et peignait tout de différentes couleurs : les arbres, les gens, le sol, l'air. Mais la grande preuve du miracle était que le soleil ne faisait pas mal aux yeux. »

Nul n'aurait pu imaginer ce qui survint alors : le soleil eut quelques secousses puis se mit à tourner sur lui-même.

« Tout le monde demeurait immobile. Tout le monde se taisait... Tous regardaient le ciel. À un certain moment, le soleil s'arrêta, et puis recommença à danser, à tournoyer ; il s'arrêta encore une fois, et se remit encore une fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher du ciel et s'avancer sur nous. Ce fut un instant terrible ! »

Mgr Jacques MASSON (1937-2010)
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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 16:19
- Par L'Equipe d'Hermas

 

Les turpitudes sans fin de l'actualité, financières et/ou politiques, offrent matière à réfléchir sur la chose publique, sur son caractère humain, sur les exigences auxquelles est supposée soumise cette activité humaine, et sur leur trahison, acceptée, qui conduit à tant de déshumanisations et d'aliénation.

 

Le hasard des lectures conduit à redécouvrir ces pages de Simone Weil - la philosophe - écrites il y a plus de soixante-dix ans, au sujet des partis politiques, dont elle demandait la suppression. Les pantalonnades télévisuelles des uns et des autres y reconduisent. A méditer.

 

Il sera observé que la référence de Simone Weil au "point de vue catholique" permet d'appliquer ces règles également dans l'univers religieux en général, et des débats inter-ecclésiaux en particulier : trop souvent, en effet, la posture intellectuelle des uns ou des autres, devant tel problème, est commandée moins par la nécessité et l'amour de la vérité que par des réflexes de parti.

 

*

*     * 

 

« (…) La vérité est une. La justice est une. Les erreurs, les injustices sont indéfiniment variables. Ainsi les hommes convergent dans le juste et le vrai, au lieu que le mensonge et le crime les font indéfiniment diverger.

 

« (…) Si on reconnaît qu'il y a une vérité, il n'est permis de penser que ce qui est vrai. On pense alors telle chose, non parce qu'on se trouve être en fait Français, ou catholique, ou socialiste, mais parce que la lumière irrésistible de l'évidence oblige à penser ainsi et non autrement.

 

« S'il n'y a pas évidence, s'il y a doute, il est alors évident que dans l'état de connaissances dont on dispose la question est douteuse. S'il y a une faible probabilité d'un côté, il est évident qu'il y a une faible probabilité; et ainsi de suite. Dans tous les cas, la lumière intérieure accorde toujours à quiconque la consulte une réponse manifeste. Le contenu de la réponse est plus ou moins affirmatif; peu importe. Il est toujours susceptible de révision ; mais aucune correction ne peut être apportée, sinon par davantage de lumière intérieure.

 

« Si un homme, membre d'un parti, est absolument résolu à n'être fidèle en toutes ses pensées qu'à la lumière intérieure exclusivement et à rien d'autre, il ne peut pas faire connaître cette résolution à son parti, Il est alors vis-à-vis de lui en état de mensonge.

 

« C'est une situation qui ne peut être acceptée qu'à cause de la nécessité qui contraint à se trouver dans un parti pour prendre part efficacement aux affaires publiques. Mais alors cette nécessité est un mal, et il faut y mettre fin en supprimant les partis.

 

« Un homme qui n'a pas pris la résolution de fidélité exclusive à la lumière intérieure installe le mensonge au centre même de l'âme. Les ténèbres intérieures en sont la punition.

 

« On tenterait vainement de s'en tirer par la distinction entre la liberté intérieure et la discipline extérieure. Car il faut alors mentir au public, envers qui tout candidat, tout élu, a une obligation particulière de vérité.

 

« Si je m'apprête à dire, au nom de mon parti, des choses que j'estime contraires à la vérité et à la justice, vais-je l'indiquer dans un avertissement préalable ? Si je ne le fais pas, je mens.

 

« De ces trois formes de mensonge — au parti, au public, à soi-même — la première est de loin la moins mauvaise. Mais si l'appartenance à un parti contraint toujours, en tout cas, au mensonge, l'existence des partis est absolument, inconditionnellement un mal. »

 

Simone Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques, Ed. Climats

 

 

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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 16:52
- Par Lauren Funk
Ci-après, un article récent (18 août 2011) du Catholic family & human rights institute, qui rejoint celui de Miguel Argaya ROCA, que nous avons publié il y a quelques mois [consultable et téléchargeable ICI].
*
*     *
LES ETATS-UNIS ET DES DIPLOMATES DE L'ONU AURAIENT FAIT LA PROMOTION DE L'AVORTEMENT
COMME MODE DE CONTROLE DES POPULATIONS
us.jpgNEW YORK, 19 août (C-FAM) Le nouveau livre de la journaliste Mara Hvistendahl sur l’avortement sélectif en fonction du sexe de l’enfant (1) montre comment les diplomates américains ont agi pour promouvoir l’avortement, souvent par le biais des institutions onusiennes, comme moyen de contrôler les populations dans les pays en développement.

Un ensemble de preuves historiques établit un lien entre, d’une part, les partisans de l’avortement et du contrôle des populations et la politique d’aide au développement des Etats-Unis, et, d’autre part, des organisations telles le Planning Familial International, et le Secrétariat des Nations-Unies.

Le général William Draper Jr., l’un des généraux américains de la Seconde Guerre Mondiale devenu diplomate américain, était, d’après la journaliste, auteur du nouveau livre « Sélection non naturelle », un « ardent partisan de l’avortement ». Le général Draper a représenté les intérêts des gouvernements pour le contrôle des populations en les liant aux problèmes de sécurité et de développement international pendant la seconde guerre mondiale : il a établi l’existence d’une relation entre les taux élevés de natalité et la pauvreté, ainsi que l’existence d’un danger de voir la pauvreté devenir la cause d’une naissance du communisme en Asie. Il a dès lors fait la promotion de l’avortement comme méthode de contrôle des naissances, et a encouragé son utilisation dans le seul but de faire diminuer le taux des naissances. Il espérait ainsi obtenir des améliorations des situations économiques dans ces pays, comme remèdes à des conditions qui auraient pu devenir le terreau de révolutions populaires.

Le général Draper a continué à conseiller les administrations présidentielles après les années cinquante et soixante lorsque se présentaient des menaces à la sécurité nationale des Etats-Unis venues de pays ayant des taux de naissances élevés dans les pays en développement. Pour lui, l’avortement et le « planning familial » étaient la solution. Le général Draper a été « responsable des premières recommandations encourageant le gouvernement des Etats Unis à venir en aide aux autres nations, sur demande, pour gérer leurs problèmes de population », affirmait le Planning Familial International en 1966 lorsqu’il remettait au général le prix d’honneur Margaret Sanger.

Le général Draper s’est aussi montré favorable à la création de l’agence de l’O.N.U. pour la population, L’UNFPA, en 1969. Les observateurs internationaux ont critiqué cette institution pour sa promotion du « planning familial » et de l’accès à l’avortement comme solution aux problèmes de pauvreté dans les pays à la population importante ou ayant des taux de natalité élevés.

Le fils du général Draper, William H. Draper III, est devenu une des personnalités les plus importantes des Nations-Unies la décennies suivante. Draper III a été nommé directeur du Programme des Nations-Unies pour le développement (ONUPD) en 1986. Sous sa direction, l’ONUPD a fait augmenter ses fonds et mis en place une division des « Femmes dans le développement », division qui concentre ses efforts sur l'accès universel à la contraception, les droits sexuels, le VIH et et l’égalité homme-femme.

M. Draper III est aussi membre émérite du conseil d’administration de l’organisation Population Action International (PAI). Cette organisation avait été fondée par le général Draper sous le nom « Comité de Crise sur les Populations » (Population Crisis Committee), et continue à jouer un rôle actif dans le soutien aux programmes travaillant sur les questions des populations. Il a par exemple joué un rôle important à la conférence du Caire sur la population et le développement en 1994.


Les recherches de Mara Hvistendahl ainsi que d’autres ont aussi révélé que des personnalités politiques importantes telles Henry Kissinger avaient, elles aussi, fait la promotion de l’avortement au niveau international, dans le but de faire diminuer les taux de fécondités dans le monde entier. En 1974, Kissinger avait affirmé dans une note au gouvernement que l’avortement était vital comme solution au problème de l’augmentation de la population mondiale. « Aucun pays n’a réduit sa croissance des population sans avoir recours à l’avortement », disait la note signée par Kissinger.


Des présidents des Etats Unis, dont Lyndon Johnson, John F. Kennedy et Georges H.W. Bush ont aussi donné leur soutien à la promotion du contrôle des populations dans les pays pauvres. Cela faisait partie de la politique de stabilité internationale, et était censer assurer la sécurité des Etats-Unis.

__________

(1) Ce livre s'intitule : Unnatural Selection: Choosing Boys Over Girls and the Consequences of a World Full of Men (La sélection contre-nature : Le choix des garçons au détriment des filles et des conséquences d’un monde plein d’hommes). Il est, d’après le Wall Street Journal, « l’un des livres les plus importants jamais écrits pour la campagne anti-avortement ». On peut en lire quelques pages sur le site d'Amazon (cliquer, ci-dessus, sur la photo du livre).

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Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 20:05
- Par L'Equipe d'Hermas

ROME, Mardi 22 mars 2011 (ZENIT.org) - « Nous constatons une absence de politique et une hâte de faire la guerre », commente Pax Christi Italia dans un communiqué signé par son président, l'évêque de Pavie, Mgr Giovanni Giudici, en réaction à l'intervention des forces de l'ONU en Libye.

 

« Il est évident pour tout le monde », ajoute-t-il, que toutes les mesures diplomatiques n'ont pas été mises en œuvre et que toutes les forces d'interposition possibles n'ont pas été appelées en cause ».

 

Mgr Giudici estime que « l'opinion publique doit être consciente de cela et demander un changement dans la gestion de la politique internationale ».

 

Après avoir rappelé que le colonel Kadhafi était déjà en guerre avec son peuple quand « il était notre allié et ami » et que depuis longtemps Pax Christi dénonçait les connivences de ceux qui, l'Italie en tête, lui fournissaient une quantité énorme d'armes sans faire cas des droits humains violés en Libye, du sort tragique des victimes qu'il réprimait, et de ceux qu'il laisse mourir dans le désert ou dans les prisons libyennes, la note de Pax Christi souligne avec fermeté que « céder à la logique des armes » ne résoudra rien. Cela risque même de faire « perdre le contrôle d'une violence, non seulement absolument injustifiée mais qui plus est, fratricide », dans une région déjà « si délicate et explosive ».

 

Selon Pax Christi Italia, les opérations militaires contre la Libye constituent « une sortie de la rationalité », une « odyssée au sort incertain et aux étapes contradictoires dues à une faiblesse de la politique ».

 

Ainsi l'organisme, qui déplore « l'absence d'une politique internationale qui garantisse le droit des peuples à l'autodétermination », encourage à un débat consistant sur les actions militaires, demande à ce que ces dernières soient le plus possible « limitées » et accompagnées de « sérieux efforts de médiation ».

 

Il met en garde contre « la mauvaise lecture » qui peut être faite d'une attaque des forces occidentales dans un pays de culture musulmane, risquant de faire tourner cette attaque en une « guerre de religion » aussi.

 

Pax Christi, conclut son communiqué, en rappelant les paroles de Jean Paul II qui, pendant des années, a comparé les phénomènes belliqueux à « une aventure sans retour, spirale de deuil et de violence, abîme du mal, suicide de l'humanité, crime, tragédie humaine et catastrophe religieuse ».

 

Nous souscrivons quant à nous totalement à cette analyse, la précipitation à faire la guerre, ici dénoncée, loin d'être déterminée par des vues humanitaires, l'est comme une opération de sauvetage de la politique intérieure en dérive totale de M. Sarkozy.

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