Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 07:00
- Par Jacques MASSON

  Le 14 juillet : commémoration de la prise de la Bastille ?

 

Il existe en France, et a fortiori à l’étranger, une tenace croyance, ou une tenace ignorance, selon laquelle le 14 juillet, fête nationale, constituerait une commémoration de la prise de la Bastille, intervenue le 14 juillet 1789.

 

Ainsi, si l’on consulte le site gouvernemental “France diplomatie”, on y apprend que :

 

« journée révolutionnaire parisienne devenue fête nationale, le 14 juillet associe aujourd’hui la solennité des défilés militaires et la convivialité des bals et des feux d’artifice. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est commémorée en France depuis plus d’un siècle. »

 

Echo identique sur le site même de la Présidence de la République, fût-ce au prix d’une contradiction ultérieure, qui permet de constater que les sphères officielles préfèrent – faut-il s’en étonner ? - le maintien d’une erreur idéologique à la vérité des faits. Après avoir dit que le 14 juillet avait pour objet de célébrer la « journée révolutionnaire » de la prise de la Bastille, il poursuit en ces termes :

 

« Par la suite, la commémoration du 14 juillet 1789 est abandonnée, jusqu'à ce que la IIIème République, notamment Gambetta, cherche à célébrer les fondements du régime. Sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 fait du 14 juillet la fête nationale de la République ».

 

Le Larousse n’est pas en reste :

 

« La chute de la prison d'État fut, après coup, saluée comme la victoire de l'insurrection populaire sur l'arbitraire royal. C'est pourquoi le 14 juillet fut choisi comme fête nationale de la France par la IIIème République, en 1880. »


*

*      *

 

La fête nationale française célébrerait ainsi l’assaut de cette prison, dont n’ont pourtant été délivrés que des « faux-monnayeurs et des satyres », selon le mot de Gaxotte. Pour beaucoup, cette image prétendument épique, assimilée par l’historiographie d’Etat à une glorieuse victoire militaire, porte en elle la Révolution toute entière et l’Idée sublimée que l’Ordre nouveau se fait de lui-même : le prophète de la liberté, de l’égalité, de la fraternité universelles, dans un monde démocratique qui ne connaît plus désormais ni obscurité, ni fanatisme, ni injustice, ni privilège. Il plaît visiblement à notre bourgeoisie couronnée de rappeler ses origines canailles, selon un modèle mi-mondain, mi-vulgaire fort prisé de politiciens aujourd'hui très en vue.

 

Les peuples, paraît-il, étaient fatigués de l’opium de la religion. Ils lui ont préféré le suc plus corsé du phantasme révolutionnaire, qui sert, génération après génération, à consoler le citoyen de ses désillusions amères. Le règne des rois a laissé place à celui des banquiers, des bouffons, des marchands de soupe, des faiseurs d’affaires, des promoteurs immobiliers, des officines de la pensée unique, des penseurs  de quai de gare et des manipulateurs d’opinion portant tous le pouvoir relatif de politiciens médiocres, cyniques, inféodés et veules.  Les castes de privilégiés se sont multipliées, et avec elles, à la fois, l’arrogance ici, et la jalousie là. Les inégalités les plus criantes se sont épanouies paisiblement à l’ombre du pouvoir, y compris en matière fiscale. Un servage nouveau s’est développé, le citoyen lambda travaillant six mois l’an pour le seul compte de l’Etat protecteur, lequel vit à grand train sur sa ruine consommée et son avenir obéré. Le culte public de Dieu a laissé place à celui de l’Argent et l’idéal de l’honnête homme à celui du Consommateur, gavé de matérialisme, de téloche et de sport.

 

Mais qu’importe ! Chaque année vient offrir au citoyen désidéalisé, avec les beaux jours d’été, sa prophylaxie mémorielle contre l’esprit de réflexion et de rébellion. Nous sommes libres, vient-on nous marteler, nous sommes un modèle pour le monde, frères et égaux dans cette communauté sociale de bienveillance universelle car nos pères ont pris la Bastille ! Les politiciens eux-mêmes paraissent parfois être convaincus de la grandeur de l'événement de 89, inconscients qu'ils sont de celui qu'ils préparent à leurs dépens. Et ce trésor collectif qui est censé être nôtre a été conquis par les piques et les canons qui ont fait tomber, le 14 juillet 1789, la célèbre prison scélérate. 

 

*

*      *

 

Cette foi naïve, cette crédulité englobe aussi, souvent – malgré les élucidations apportées en ce domaine par l’historiographie moderne, notamment étrangère – cette idée que la Révolution française, qui a mis fin à un monde vieilli, serait une œuvre de vertu. On ne saurait donc trop rappeler, en passant, la violence et le fanatisme qui lui ont été consubstantiels, et qui l’ont conduite, dans le temps, à arracher les racines traditionnelles de ce pays, jusqu’à lui faire perdre, au plérôme de notre âge de mondialisation, toute identité. 

 

Qu’il nous soit donc permis de rappeler également, comme en passant, que cette Révolution a opéré son point de non retour par la Terreur, laquelle n’était pas un accident, mais un instrument logique et cohérent de ses objectifs. Si la prise de la Bastille a quelque chose à voir avec cette période, ce n’est certainement pas avec les progrès du droit qui l’ont accompagnée, mais avec cette Terreur, c’est-dire cette confiscation violente du pouvoir par des voyous et des assassins érigés en chantres de la Vertu obligée. En quoi, dès lors, la célébration d’un fête nationale, supposée constituer un lien national de tous les Français, peut-elle être symbolisée ou prendre naissance dans cette bacchanale de vulgarité et de sang ? D’autant que, contrairement à ce que la Légende Dorée de la République s’est appliquée longuement à faire croire, par son histoire officielle, le « nettoyage » auquel la Révolution – cette révolution de violence et de meurtre – s’est livrée a été tourné, premièrement et directement contre le peuple français lui-même.

 

« Contrairement à ce que l’on a pu croire, les guillotinés se sont recrutés beaucoup moins chez les “aristos” que parmi les gens du peuple. Se sentant menacés, un grand nombre de nobles avait émigré dès les premiers mois de la Révolution. Les victimes sont donc principalement des artisans et des laboureurs, des marchands et des religieux, désignés comme ‘ennemis de la Nation’ parce qu’ils avaient essayé de se soustraire aux réquisitions, ou simplement parce qu’ils avaient exprimé un peu trop haut leur mécontentement fut le blocage des prix et des salaires en général, de la politique du gouvernement » [cf. Michel Mourre Les Guillotinés der la Terreur, Publications Henry Coston, mars 1988, 139 pages : l’ouvrage donne la liste, avec noms, prénoms, profession, motif de la condamnation de toutes les victimes].

 

Mais surtout les principales victimes furent les prêtres [réfractaires, qui restaient fidèles au Pape], les religieux, les religieuses, des couvents entiers ; mais aussi et surtout, de nombreux fidèles, des gens simples du bon peuple de France, des gens attachés à leur foi, des catholiques qui continuaient, malgré les dangers, à s’adresser aux prêtres réfractaires et qui n’hésitaient pas à les cacher pour leur permettre de poursuivre leur ministère. Quand ils étaient découverts, le procès était bref : « Es-tu catholique ? – « Oui, je suis catholique » - Fidèle à la Constitution ou au Pape ? «  - Au Pape » - « A la guillotine »…

 

Dans mon village de Lorraine une famille, qui habitait alors Lyon, y a eu 31 personnes guillotinées, pour la seule raison d'être catholiques, et de s'adresser aux prêtres réfractaires! Les interrogatoires, que j’ai lus, font penser aux pires persécutions du temps de l’Empire Romain.

 

Dans mon propre village, la Mère Abbesse de l’une des quatre Abbayes de femmes de Lorraine, a écrit une Lettre personnelle au Pape au début du mois de janvier 1790 en analysant la situation. Elle déclarait que le mouvement nouveau avait pour but surtout de détruire l’Eglise Catholique en France (Je possède copie de ce document dans mes archives, qui se trouve aux Archives de Meurthe et Moselle). Elle assurait le Saint-Père de sa fidélité et à l’Eglise « perinde ac cadaver », ainsi que de la fidélité de ses Chanoinesses, dont plusieurs sont mortes, de fait, à la guillotine.

 

Est-ce cela que l’on fêterait le 14 juillet ? Et pourtant, pour beaucoup, pour de très nombreux Français, la Fête nationale c’est la prise de la Bastille… Quelle ignorance et quelle honte !

 

Chaque année, les journaux, la télévision, nous rebattent les oreilles avec cette « prise de la Bastille ». En Italie, comme dans de nombreux autres pays, il en est de même.

 

C’est pourquoi j’avais écrit en son temps, sans succès, à l’Ambassadeur de France près le Saint-Siège pour que soient informées les différentes Ambassades, et surtout les différents journaux et radios et télévisions sur la signification du 14 juillet. Car on ne peut tolérer qu'une telle ignorance continue : c’est une erreur grave, c’est même un non sens, qui dénote la grande ignorance qu’ont les Français de leur propre histoire. Qu’enseignez-vous  Messieurs les professeurs d’histoire ? Ma lettre est bien sûr restée « lettre morte » et je gage que, cette année encore, tous les moyens italiens d’information renchériront sur « la prise de la Bastille »… C’est beau la « francophonie ».

 

C'est pourtant un fait historique et culturel, qu'il faut faire connaître pour lui donner tout son sens : Une fête nationale ne saurait être une chose banale, qui exalte des massacres aveugles…. Sinon, moi-même, je ne fêterais pas le 14 juillet, car mes ancêtres s'adressaient alors aux prêtres réfractaires, comme le montrent les registres de ces prêtres que j'ai découverts aux Archives de Nancy.

 

*

*      *

 

Le 14 juillet, fête nationale de la France,

n’est pas la commémoration de la prise de la Bastille [14 juillet 1789]

 

La date du 14 juillet retenue comme fête nationale, est le 14 juillet 1790, Fête de la Fédération, où toute la France, avec les trois Corps constitués, Clergé, Noblesse, Tiers-Etats, se sont retrouvés pour une messe solennelle de réconciliation, en présence du Roi Louis XVI, afin de marquer la réunion de la France autour de son Roi, et autour de l'autel gigantesque dressé sur la Place de la Concorde à Paris, après les incidents sanglants révolutionnaires de la prise la Bastille le 14 juillet 1789. Le site internet du Sénat, mieux inspiré que d'autres sites gouvernementaux, ne manque pas de le rappeler.

 

Cette Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100.000, y compris ceux de Paris. Les parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe fut célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun (personnage pour le moins ambigu). La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum, puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.

La date du 14 juillet, comme fête nationale, fut retenue bien plus tard.

 

En effet, ce n'est que le 21 mai 1880 que le député Benjamin Raspail déposa la loi faisant de cette date la fête nationale annuelle en commémoration de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Cette référence à cette fête et non pas à la prise de la Bastille fut volontaire et explicite – afin d'écarter un événement sanglant.  Voici en quels termes s’est exprimé à ce sujet le Rapporteur du Sénat, Henri Martin :

 

« (…) à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire » (Henri Martin, rapporteur du Sénat).

 

Le même Rapporteur, au cours des débats, devait d’ailleurs déclarer à propos de l’Ancien Régime : « Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France. »

 

La loi fut adoptée par l'Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle fut promulguée le 6 juillet 1880. C’est depuis lors que le 14 juillet est officiellement le jour de la fête nationale française.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Politique - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 11:33
- Par Giulio SARACONI [Vérone, Italie]

TROISIEME PARTIE

L’EVENEMENT ET SON EVOLUTION

[voir les articles précédents dans la catégorie "Medjugorje"]

 

Medjugorje--carte--copie-2.jpg

 

Medjugorje se trouve en Herzégovine, à 20 km environ au sud-ouest de Mostar, et à la même distance à vol d’oiseau de la Mer Adriatique. Avant les faits que nous allons raconter, qui ont commencé le 24 juin 1981, Medjugorje était un petit village de la Commune de Citluc. Son nom veut dire « entre les monts ». Il est en effet situé entre le Krizevac et le mont Cernica. Sur les pentes du mont Krizevac, il y avait une localité rocheuse, couverte de buissons de ronces (elle est restée ainsi de nos jours), où pâturaient les chèvres et les brebis ; cette localité s’appelle Podbrdo. C’est là qu’ont commencé les apparitions de la Sainte Vierge. En arrivant à Medjugorje, la Sainte Vierge s’est trouvée en plein dans le communisme athée qui, à cette époque en particulier, étant donné la crise économique, ne parvenait plus à gouverner, et était particulièrement violent. La paroisse était dirigée par les Frères Mineurs Franciscains depuis sa création, et ils avaient suivi, au cours des siècles, les populations, et il y avait eu de très nombreux martyrs. Le Curé, le Père Jozo Zovko ne se trouvait pas à Medjugorje le 24 juin 1981, car il se trouvait à Zaghreb depuis près d’un mois pour une retraite spirituelle. Il ne rentra que le 27 juin, et fut stupéfait lorsqu’il apprit la nouvelle. Ses premières paroles furent : « Et si c’était un coup des communistes pour jeter le discrédit sur l’Eglise ? ».

 

Que s’était-il passé ces quatre premiers jours?

 

Medjugorje--voyants-.jpg Tout avait commencé dans l’après-midi du 24 juin 1981, fête de Saint jean Baptiste, qui était une Fête pour toute la région. Deux filles, de 15 et 16 ans, respectivement Ivanka et Mirjana, passaient cette journée de vacances à l’école, chez elles, dans le hameau de Bijakovici, petite localité dépendant de Medjugorje. Elles attendaient une troisième fille de 17 ans, Vicka, qui tardait à venir : en effet, en raison de la chaleur et du voyage qu’elle avait fait dans la matinée depuis Mostar, elle s’était endormie. Les deux amies s’en retournaient déjà chez elles quand elles virent en l’air, au pied de la colline, la figure lumineuse d’une jeune femme ayant un enfant dans les bras. Ivanka la vit la première, et s’exclama aussitôt : « C’est la Gospa » (La Sainte Vierge). Mirijana, sans même se retourner, lui répondit : « Ce ne peut pas être la Gospa, ici ! ». Lors de cette première rencontre, la Vision ne parle pas, mais fait seulement signe de la main aux filles de s’approcher, mais aucune n’ira vers la Dame ; au contraire, elles iront chez elles. En cours de route, elles rencontrent tout d’abord une petite bergère de 12 ans, Milka, puis Viska, et elles leur en parlent. Viska pense aussitôt à une plaisanterie de mauvais goût de ses deux amies ; il faut se rappeler que l’endroit est infesté de serpents qui se cachent entre les pierres. Elle s’éloigne des trois filles, mais, peu après, elle ressent un fort désir de revenir en arrière. C’est alors qu’elle rencontre deux amis, Ivan Ivankovic de 20 ans, et Ivan Dragicevic de 16 ans. Viska leur demande de l’accompagner à cet endroit, et ils acceptent. Mais, arrivés sur place, ils trouvent les trois autres filles qui semblent fascinées devant quelque chose. Viska elle aussi tombe en extase aussitôt, mais les deux garçons pris de panique à leur tour, s’enfuient. La jeune Dame a une couronne sur la tête, un enfant dans les bras qu’elle couvre et découvre sans cesse, comme pour le montrer, et fait de nouveau un signe de s’approcher ; mais les quatre filles ne bougent pas. La vision disparaît alors sans dire un mot.

 

Deuxième jour: 25 JUIN 1981

 

Ivanka, Mirijana et Viska vont chercher la petite bergère Milka, qui était avec elles le premier jour, pour se rendre ensemble à Podbrdo. Mais la Mère de Milka dit qu’elle a besoin d’elle à la maison, et envoie sa sœur Marijia avec les trois filles. Mais elle ne va pas tout de suite avec ses trois amies, et dit à Viska que si cette Figure réapparaissait, d’aller la chercher ainsi que Jakov, un garçon de 10 ans, leur voisin. Ivanka, Mirijana et Viska se mirent en route vers la colline, suivies par une groupes de jeunes et d’adultes. Elles ont à peine commencé la montée, qu’elles voient un éclair, puis aussitôt la Dame, mais beaucoup plus haut que le jour précédent, et cette fois, sans l’Enfant. Viska n’oublie pas la promesse faite à son amie, et court aussitôt pour la chercher ; puis elle recommence la montée rocheuse suivie cette fois de Marija, et du petit Jacov.

 

Comme le premier jour, la Figure lumineuse leur fait signe de s’approcher. Cette fois, sans aucune hésitation, sans se soucier des pierres et des buissons épineux, elles courent vers le sommet de la colline. Marija et Jacov, d’un pas plus lent, suivent les trois filles. Ivan Dragicevic qui, le soir précédent, avait accompagné Viska avec un ami au lieu des apparitions, et s’était enfui ensuite, n’est pas monté sur la colline avec les filles. Mais il avait pris un autre chemin et s’y trouvait déjà avec 13 amis. Mais, seulement lui toutefois, aura, à partir de ce moment l’apparition, et deviendra alors le sixième voyant.

(Je crois qu’il est opportun de rapporter ici exactement tout ce qu’ont témoigné les voyants, à propos de cette première rencontre et de ce premier dialogue avec la Sainte Vierge).

 

Toute affectueuse et simple, d’une beauté indescriptible, la Dame est là, devant eux. Elle porte une longue robe de couleur gris argenté. Sous un voile blanc, on entrevoit les cheveux noirs. Danses yeux bleus , on voit un profond regard d’amour.

 

“C’est la Gospa”, s’écrie Ivanka.

 

“Maintenant, je n’aurais pas peur de mourir, du moment que j’ai vu la Sainte Vierge” dira Jacov à plusieurs reprises. Les enfants récitent une prière très en usage dans le village : sept « Pater noster », un « Ave Maria », un « Gloria Patri ». L’apparition prie avec eux, pour la première fois, en se limitant toutefois au Pater Noster et au Gloria (sans réciter l’Ave Maria !)

 

Elle est aimable et simple, indescriptible: merveilleuse, souriante, joyeuse; autour de sa tête, elle a 12 étoiles que rien ne soutient, et rien ne les relie entre elles. Et ces yeux bleus regardent les enfants avec affection. Oui, à présent, ils la voient bien. Ivanka, orpheline depuis peu, ose demander des nouvelles de sa Mère Jagoda, décédée le mois précédent : « Comment est Maman ? ». « Elle est heureuse et est avec moi », est la réponse.

 

Sa voix est douce comme la musique, ou comme des cloches qui sonnent. Tous entendent cette question, et la réponse, sauf Marija et Jacov. Mirijana demande à la Sainte Vierge : « Laissez-vous un signe, autrement ils croiront que nous sommes folles ».

 

Aucune réponse: la Dame se contente de sourire mais Mirjana croit qu’elle a reçu un signe: les aiguilles de sa montre sont retournées en arrière toutes seules : un quart du cadran. Mirjana s’aperçoit en effet que la montre indique 3.15 au lieu de 6.15

 

“Tu as mis les aiguilles à l’envers” lui diront-ils. Mais, pour elle, il n’en est pas ainsi, c’est un signe. « Vous retournerez ? », demandent-ils à la Gospa. Elle fait signe « oui » de la tête. Puis elle leur dit : « Au revoir mes anges »

 

“Mes anges” est un surnom familier et tendre que l’on donne aux enfants en Croatie. C’est la première fois que la Gospa leur adresse ces paroles affectueuses, qui deviendront ensuite familières dans les jours suivants.

 

Ensuite, la Gospa s’élève au-dessus du nuage, elle disparaît à mesure qu’elle monte et sa lumière s’éteint avec elle.

 

Le monde qui avait comme disparu, réapparaît dans crudité banale, entre le sol pierreux et les buissons, et la confusion des gens qui sont allés pour voir par curiosité ; les enfants se retrouvent là, tout émus, les larmes aux yeux.

 

Le petit Jacob ne pense certainement pas à sa chute dans un buissons d’épines. Viska est stupéfaite de voir qu’il en est ressorti sans un égratignure. Il ne cesse de répéter : « A présent que j’ai vu la Sainte Vierge, cela ne le déplairait pas de mourir ! ». Avec les six voyants, ce jour-là, il y avait une quinzaine d’habitants de Biakovici sur la colline. Plusieurs d’entre eux ont cru voir une lueur, au début de l’apparition. Et ainsi, ce 25 juin 1981, les voyants ont vu pour la première fois l’apparition, de près, et très clairement, dans toute sa splendeur. Sa lumière a marqué et formé le groupe des six, qui s’est créé ainsi de manière définitive une fois pour toutes. Ce sont eux qui bénéficieront désormais de l’apparition quotidienne.

 

Depuis ce jour, la police yougoslave commença à intervenir. Elle se mit à interroger plusieurs personnes dans le village, et même à maltraiter certaines d’entre elles en les interrogeant de nuit, et en les arrêtant. Les voyants furent réunis et conduits à Citluck par une commission médicale à laquelle il avait été demandé de déclarer que c’étaient des malades mentaux. Ils furent ensuite conduits à Mostar. Avant tout, la police les conduisit dans une chambre mortuaire, pour leur faire peur, et les remit entre les mains d’une autre commission, que les communistes avaient créée eux-mêmes en y faisant entrer des médecins, des professeurs et des psychologues ; cette commission était appuyée par la UDBA, c’est-à-dire les Services Secrets de l’Etat. Cette commission devait déclarer, à un niveau plus élevé, que les voyants étaient malades, menteurs, et contre-révolutionnaires. Toutefois, tous les membres de la commission ne réagirent pas de la même manière. Un médecin musulman cria aux enfants : « Pourquoi voulez-vous détruire notre Etat, pour lequel nous avons versé autant de sang ?! ». Un autre membre de la Commission posa la question suivante au petit Jacov : « Tu as vu la Sainte Vierge ? ». « Oui » répondit aussitôt Jacov. « Et que ferais-tu pour elle ? » lui demanda encore le psychologue.« Pour Elle, je mourrais » fut la réponse de Jacov. Le psychologue déclara alors aux autres membres de la commission : «  Je n’ai pas d’autre questions à poser ». Il avait compris que toute autre enquête serait inutile. En effet, être prêts même à mourir pour ses propres convictions, n’est pas une chose typique pour un enfant de 10 ans, l’âge de Jacov.

 

N’étant pas parvenu à obtenir ce qu’il voulait des enfants, le régime communiste a continué ses méthodes d’intimidation sur les gens de Medjugroje, et sur ceux qui y venaient. La police commença a prendre note de toutes les voitures qui venaient à Medjugorje et sur leurs propriétaires, s’ils venaient d’autres régions de Yougoslavie, en les menaçant de leur faire perdre leur travail voire de les arrêter. En plus de cela, les communistes commencèrent à prendre des mesures judiciaires. Par exemple, ils arrêtèrent et condamnèrent à une réclusion de plusieurs années, le curé de Medjugorje, Fra Jozo Zovko et plusieurs Franciscains qui étaient venus à Medjugorje avec des pèlerins.

 

Pesko Vasilj, un paroissien, a bien décrit les machinations communistes, en disant qu’elles étaient tellement terribles que, même le Diable, déclare-t-il, pouvait apprendre quelque chose d’eux. Mais plus l’idéologie communiste était violente, plus se développait dans le peuple une résistance héroïque. A partir du moment où tout ce que firent les hommes politiques communistes ne fut plus suffisant pour arrêter les pèlerins, les communistes décidèrent de les menacer avec l’armée. Un jour, une unité militaire arriva à l’improviste à l’entrée de Medjugorje, sur le pied de guerre, avec des canons et des chars, et des chiens policiers, pour impressionner les habitants du lieu et les pèlerins qui arrivaient d’autres endroits. Chez les militaires, la voix s’était répandue que, à Medjugorje était occupée par des rebelles, et que le régime les considérait comme ses pires ennemis. Mais même cela ne parvint à empêcher les gens de venir visiter le lieu de l’apparition, et même si tous étaient préoccupés en venant en cet endroit, le nombre des pèlerins étaient en constante augmentation. Très rapidement, des foules commencèrent à se rassembler, venant de toute l’Europe et de l’Amérique. Le pouvoir communiste ne savait plus que faire. Tout à coup, il chercha de transformer rationnellement son échec en succès, et les effets négatifs de la défaite en avantage. Il commença à voir dans les nombreux groupes, surtout ceux qui provenaient des Pays capitalistes de l’Occident, des touristes qui apportaient des devises étrangères précieuses. Et enfin, comme nous le savons, se produisit la désagrégation totale de la Yougoslavie, la naissance de différentes Etats indépendants : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, etc.

 

Le système de la République Fédérale Yougoslave s’était dissout, le communisme avait disparu comme institution d’Etat.

 

Mais un autre problème plus difficile et plus sournois avait surgi entretemps, précisément dans l’Eglise Catholique, et en particulier avec l’Evêque de Mostar.

 

 Avant d’aborder cette question délicate, nous devons présenter tout d’abord plusieurs principes généraux de l’Eglise Catholique concernant les apparitions 

 

(à suivre)

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Medjugorje - Communauté : Nos amis les saints - Partager    
Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /2010 16:00
- Par L'Equipe d'Hermas

On s'en souvient : le monde entier avait été ému par la détention d'abord, puis par les conditions de la libération d'Ingrid Betancourt. D'autant plus ému, dans le monde catholique, qu'elle avait alors exprimé une foi vive qui tranchait comme une lame avec les discours entendus habituellement sur les chaînes de télévision.

 

Puis sont venus les soupçons de coquetterie, de manipulation médiatique et d'exploitation financière, au scandale d'anciens co-otages qui ont écrit plusieurs livres pour donner une image fort différente de celle donnée sur soi par Ingrid Betancourt.

 

Et voilà que vient la goutte qui fait déborder le vase. Alors qu'il avait toujours été signalé, y compris par ses proches amis, qu'elle avait, en connaissance de cause, pris des risques démesurés le jour où elle a été enlevée par les FARC, la voici qui a annoncé avoir présenté au gouvernement colombien une demande d'indemnisation de près de 7 millions de dollars en réparation des dommages moraux et financiers causés par son enlèvement.

 

La démarche était tellement choquante et a soulevé une telle vague d'indignation en Colombie même [le vice-président Francisco Santos a parlé de  "prix mondial de l'ingratitude", par allusion à la libération de l'otage par l'armée], que Mme Betancourt a dû se rétracter devant la télévision colombienne pour exprimer ses "regrets" d'avoir eu une telle idée et assurer qu'elle avait décidé, avec ses avocats (sic), de ne pas attaquer l'Etat - même si les démarches amiables qu'elle mène [donc toujours pour être indemnisée] avec lui n'aboutissent pas. Elle continue en effet de se plaindre de ce qu'on ne l'ait pas empêchée (sic) de se rendre là où elle fut enlevée. 

 

Il nous est difficile de ne pas partager le sentiment de profond agacement qui anime ses détracteurs.

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : Humeur - Communauté : Chrétiens et heureux de croire - Partager    
Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 12:13
- Par Joseph H. H. WEILER - Traduction par HERMAS.INFO

Le présent document se rapporte à l'affaire Lautsi [cf. LES FAITS], relative à la présence du crucifix dans des salles de classe d'une école publique en Italie. Sur la demande de Mme Lautsi, la Cour européenne des droits de l'homme [CEDH] a jugé que cette présence était contraire à la Convention européenne des droits de l'homme en ce qu'elle garantie la liberté de religion - y compris la liberté de n'adhérer à aucune [cf. JUGEMENT].

 

L'Etat italien a exercé un recours contre cette décision, et l'affaire a été renvoyée devant la Grande Chambre de la CEDH, été jugée recevable en juin dernier et est en attente de jugement. L'article 36 de la Convention prévoit une procédure dite de "tierce intervention", qui permet à des Etats signataires de la Convention, mais qui ne sont pas parties à l'affaire, de présenter des observations pour éclairer le jugement à intervenir de la Cour. C'est ce qui s'est passé ici sur le sujet qui nous occupe.


weilerM. Joseph Halevi Horowitz WEILER, qui est ainsi intervenu au nom de huit Etats, est un juriste réputé, originaire d'Afrique du Sud, spécialisé dans le droit européen. Ayant enseigné en maints endroits en Europe et aux Etats-Unis, il est notamment titulaire de la chaire de droit européen "Jean Monnet", à Harvard et cofondateur de l'Académie de droit européen.


Nous donnons ici le texte de son intervention devant la CEDH - traduite par nos soins. Cette intervention nous paraît apporter une contribution très importante, sur un cas d'espèce particulier, relative à la problématique de la liberté religieuse.


 

STRASBOURG, 30 JUIN 2010

 

1.- Je m’appelle Joseph H.H. Weiler, Professeur de Droit à l'Université de New-York et Professeur honoraire à l'Université de Londres. J’ai l’honneur de représenter les gouvernement d’Arménie, de Bulgarie, de Chypre, de Grèce, de Lituanie, de Malte, de la Fédération Russe, et de San Marin. Toutes ces tierces parties sont d'avis que la seconde Chambre (1) s’est trompée dans son raisonnement, dans son interprétation de la Convention (2), et dans les conclusions qui en sont résultées.

 

2.- Le Président de la Grande Chambre m’a expliqué que les tierces parties ne peuvent entrer dans les détails d’un cas, mais doivent se limiter à traiter des principes généraux qui le gouvernent, et à suggérer une solution possible.  Le temps accordé est de 15 minutes, et, en conséquence, ne devra aborder que des arguments essentiels.

 

3.- La Chambre, dans sa décision, formule trois principes clefs : les Etats intervenants sont pleinement d’accord avec deux d’entre eux, mais ils sont en désaccord avec le troisième.

 

4.- Ils sont pleinement d’accord avec le principe selon lequel la Convention garantit aux individus la liberté de religion, ainsi que la liberté à l'égard de la religion [la liberté religieuse positive et négative] (3). Ils sont pleinement d’accord sur la nécessité qu’une salle de cours forme et éduque à la tolérance et au pluralisme (4). 

 

5.- La Chambre formule également un principe de “neutralité” : « Le devoir de neutralité et d'impartialité de l'Etat est incompatible avec un quelconque pouvoir d'appréciation de la part de celui-ci quant à la légitimité des convictions religieuses ou des modalités d'expression de celles-ci. Dans le domaine de l'enseignement, la neutralité devrait garantir le pluralisme (Folgero, précité, § 84) » (arrêt critiqué, n°47, c).

  

6.- A partir d’une telle prémisse, la conclusion était inévitable : l’exposition du crucifix sur le mur d’une classe devait être considérée, bien sûr, comme l'expression d’un jugement porté sur la légitimité d’une conviction religieuse – le christianisme – et donc comme une violation de la Convention.

  

7.– Cette formulation de la “neutralité” se fonde sur deux erreurs conceptuelles qui sont fatales aux conclusions retenues.

 

8.– Tout d’abord, dans le système prévu par la Convention, tous les Etats membres doivent, en effet, garantir aux individus la liberté de religion, mais aussi la liberté à l'égard de la religion. Cette obligation constitue une disposition constitutionnelle commune de l’Europe. Elle est cependant contrebalancée par une grande liberté quand il s’agit de religion ou de l’héritage religieux dans l’identité collective de la nation et dans la “symbologie” de l’Etat.

 

9.– Ainsi, il y a des Etats membres où la laïcité fait partie de la définition de l'Etat, comme la France, et dans lesquels, en conséquence, il ne peut y avoir un symbole religieux approuvé et parrainé par l’Etat dans un espace public. La religion est une affaire privée.

 

10.– Mais aucun Etat n’est obligé dans le système de la Convention d'épouser la laïcité. Ainsi, de l’autre côté de la Manche, il y a l’Angleterre [et j’utilise ce terme à dessein] où il existe une Eglise d’Etat, dont le Chef est aussi Chef de l’Etat, où les dirigeants religieux sont aussi membres d’office du Législatif, sur le drapeau de laquelle il y a la Croix, et  où l’Hymne national est une prière à Dieu demandant de sauver le Monarque et de lui accorder [à lui, ou à elle] la victoire et la gloire.

 

11.- Dans sa définition d'Etat avec une Eglise officielle, l’Angleterre semblerait, dans son ontologie, violer les critères posés par la Chambre. En effet, comment pourrait-on dire que tous ces symboles religieux n'impliquent pas une certaine forme de jugement porté sur la légitimité d'un crédo religieux ?


12.- En Europe, il existe une variété extraordinaire de relations entre l’Etat et l’Eglise. Plus de la moitié de la population de l’Europe vit dans des Etats qui ne pourraient être définis comme des Etats laïcs. Inévitablement, dans l’Education nationale, l’Etat et ses symboles ont leur place. Nombre d’entre eux, toutefois, ont une origine religieuse ou expriment une identité religieuse actuelle. En Europe, la Croix est l’exemple le plus visible, apparaissant sur de très nombreux drapeaux, au sommet des montagnes, des édifices, etc. Cependant il est erroné de prétendre, comme certains l’ont fait, qu’elle a seulement une signification religieuse. Elle est les deux choses à la fois, au regard de l’histoire, et une partie intégrante de l’identité nationale de nombreux Etats européens [Il y a des spécialistes qui soutiennent que les 12 Etoiles du Conseil de l’Europe, ont aussi cette même dualité].

 

13.- Regardons une photographie de la Reine d’Angleterre dans les classes. Comme la Croix, cette image a une double signification. C’est l’image du chef de l’Etat. Et c’est aussi l’image du Chef titulaire de l’Eglise d’Angleterre. C’est presque comme le Pape, qui est Chef d’Etat et Chef d’une Eglise. Serait-il acceptable que quelqu’un demandât que la photo de la Reine ne doive pas être placée dans les écoles, au motif que cela n’est pas compatible avec ses convictions religieuses et son droit à l'éducation, parce qu’il est catholique, juif ou musulman ? Ou au nom de ses convictions philosophiques, parce qu’il n’est pas croyant ? La Constitution irlandaise, ou la Constitution allemande pourraient-elles ne pas être affichées dans les classes, ou n’être pas lues dans les classes, au motif que, dans leurs préambules, nous trouvons, dans la première, une référence à la Sainte Trinité et à Jésus-Christ Divin Seigneur, et dans la seconde, à Dieu ? Il est certain que le droit de liberté à l'égard de la religion doit garantir à chaque élève qui s'y oppose la possibilité de n'être pas impliqué dans un acte religieux, de ne pas participer à une cérémonie religieuse ou de ne pas être soumis à une quelconque affiliation religieuse, de sorte que ces actes ne soient pas des conditions de la jouissance des droits garantis par l'Etat. L'intéressé devrait certainement avoir le droit de ne pas chanter God save the Queen (5) si cela est en opposition avec sa vision du monde. Mais cet étudiant peut-il demander que personne ne le chante ?

  

14.- Cette situation européenne représente une énorme leçon de pluralisme et de tolérance. Tous les enfants en Europe, athées ou croyants, chrétiens, musulmans et juifs, apprennent comme un élément de leur héritage européen, que l’Europe garantit d’une part leur droit de pratiquer une religion librement – dans le respect des limites des droits des autres et de l’ordre public – et d’autre part, leur droit de ne pas croire du tout. En même temps, comme élément de ce pluralisme et de cette tolérance, l’Europe accepte et respecte une France, une Angleterre, une Suède et un Danemark, une Grèce et une Italie, dont chacun a des manières très différentes de concevoir la reconnaissance officielle par l'Etat de symboles religieux dans l'espace public.

 

15.- Dans de nombreux Etats non-laïcs, de vastes secteurs de la population, peut-être même la majorité, ne sont plus croyants. Mais l’enchevêtrement continu des symboles religieux dans le domaine public, et de la part de l’Etat, est toujours accepté par la population sécularisée comme faisant partie de l’identité nationale, et comme un acte de tolérance entre les concitoyens de ces Etats. Il se pourrait qu'un jour la population britannique, exerçant sa souveraineté constitutionnelle, veuille se libérer de l’Eglise d’Angleterre, comme le firent les Suédois. Mais ce choix lui incombe, non à cette Cour vénérable, et la Convention n’a jamais été interprétée, cela est certain, dans un sens qui la contraindrait à le faire. L’Italie est libre de choisir d’être laïque. Le peuple italien peut, démocratiquement et constitutionnellement, choisir d’avoir un Etat laïc, et la question de savoir si le crucifix placé sur les murs est conforme ou non à la Constitution italienne ne relève pas de la compétence de cette Cour, mais uniquement de celle de la Cour italienne. Or la requérante, Madame Lautsi, n'attend pas de cette Cour qu'elle reconnaisse le droit de l'Italie d'être laïque, mais qu'elle le lui impose comme un devoir. Ceci n'a pas de fondement dans le droit.


16.- Dans l’Europe actuelle, les Pays ont ouvert leurs portes à de nombreux nouveaux résidents et citoyens. Nous devons leur offrir tout ce qui est garanti par la Convention. Nous devons les traiter justement, les accueillir, sans discrimination. Mais le message de tolérance envers l’Autre ne doit pas être traduit en un message d’intolérance envers sa propre identité. L’impératif juridique de la Convention ne doit pas étendre la juste obligation de l'Etat à garantir une liberté religieuse positive et négative, jusqu'à affirmer, sans justification ni précédent, que l'Etat devrait se dépouiller d’une partie de son identité culturelle, au seul motif que les expressions de cette identité pourraient être religieuses ou d’origine religieuse.

 

17.- La position adoptée par la Chambre n’est pas une expression du pluralisme propre au système de la Convention, mais est une expression des valeurs du seul Etat laïc. L’étendre au système tout entier de la Convention voudrait dire, révérence gardée, l’américanisation de l’Europe. Une américanisation à un double point de vue : tout d’abord, une seule et unique règle pour tous ; puis, une séparation rigide, dans le style américain, entre Eglise et Etat, comme si l’on ne pouvait avoir confiance que les peuples des Etats membres, dont l’identité est non-laïque, puissent vivre les principes de la tolérance et du pluralisme. Cela, une fois encore, ce n’est pas l’Europe. 

 

18.- L’Europe de la Convention représente un équilibre unique entre, d'une part, la liberté individuelle de religion et à l'égard de la religion et, d'autre part, la liberté collective de définir l’Etat et la Nation en utilisant des symboles religieux, voire en ayant une Eglise officielle. Nous faisons confiance à nos institutions démocratiques constitutionnelles pour définir nos espaces publics et nos systèmes collectifs d’éducation. Nous faisons confiance à nos tribunaux, y compris à cette vénérable Cour, pour défendre les libertés individuelles. C’est un équilibre qui a bien servi l’Europe dans les soixante dernières années.

 

19.- Cet équilibre peut agir comme un guide pour le reste du monde, étant donné qu’il démontre aux Pays qui croient que la démocratie implique la perte de leur propre identité religieuse, qu’il n’en est pas ainsi. La décision de la Chambre a renversé cet équilibre unique, et risque d’appauvrir notre panorama constitutionnel, en nous soustrayant cette qualité supérieure de diversité constitutionnelle. Cette vénérable Cour devrait rétablir cet équilibre.

 

20.- J’en viens à présent à la seconde erreur conceptuelle de la Chambre – confusion pratique et conceptuelle – entre laïcisme, laïcité et neutralité.

 

21.- Aujourd’hui, dans nos Etats, la principale division sociale relative à la religion n’est pas celle qui oppose, mettons, catholiques et protestants, mais celle qui oppose croyant et “laïciste”. La laïcité n’est pas une catégorie vide signifiant simplement absence de foi. Beaucoup la considèrent comme un large point de vue qui soutient, inter alia, la conviction politique selon laquelle la religion trouve sa place légitime seulement dans la sphère privée, et qu’il ne peut y avoir aucun lien entre autorité publique et religion. Par exemple, seules les écoles publiques seront financées par l’Etat. Les écoles religieuses doivent être privées, et ne pas bénéficier d’aide publique. C’est une position politique, respectable, mais qui n’est certainement pas “neutre”. Les non-laïcs, même s’ils respectent en tout la liberté de religion, et la liberté par rapport à la religion, adoptent cependant des formes de religion publique, dont j’ai déjà parlé. La laïcité veut un domaine public “dépouillé”, un mur dans les classes qui soit privé de tout symbole religieux. Il est juridiquement malhonnête d’adopter une position politique qui divise notre société, et de prétendre que, d’une certaine manière, elle est neutre.


22.- Certains Pays, comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni ont perçu ce dilemme. Dans le domaine de l’éducation, ils comprennent que le fait qu’ils soient neutres, ne consiste pas dans le fait de soutenir le laïcisme en opposition au religieux. Ainsi, l’Etat finance les écoles publiques laïques, et, dans la même mesure, les écoles publiques religieuses.

 

24.- Quelles sont les conséquences de tout cela sur l’éducation?

 

25.- Penchons-nous sur cette parabole de Marc et Léonard, deux amis qui commencent l’école. Léonard va trouver Marc chez lui. Il entre et trouve un crucifix. - « Qu’est-ce que c’est ? » lui demande-t-il. - « Un crucifix – pourquoi, vous n’en avez pas un ? Chaque maison devrait en avoir un ». Léonard retourne chez lui tout agité. Sa Maman lui explique avec patience : « Ils sont catholiques pratiquants. Nous, non. Nous suivons nos convictions ». A présent, imaginons une visite de Marc chez Leonardo. - « Fichtre ! », s’exclame-t-il, « aucun crucifix ? Un mur vide ? » - « Nous, nous ne croyons pas à ces absurdités », lui répond son ami. Marc retourne chez lui tout agité. « Oui, nous avons nos convictions ». Le jour suivant, les deux enfants vont à l’école. Imaginons l’école avec un crucifix. Léonard rentre chez lui tout agité : « L’école est comme la maison de Marc. Tu es sûre, Maman, que c’est bien, de ne pas avoir de crucifix ? » C’est là le cœur de la question de Lautsi. Mais imaginons également que, ce premier jour d’école, les murs soient vides. Marc rentrerait chez lui tout agité. « L’école est comme la maison de Léonard » s’écrirait-il. « Tu vois, je te l’avais dit que nous n’en avons pas besoin ».

 

26.- La situation serait plus alarmante encore si les crucifix qui étaient là sur le mur depuis toujours, étaient enlevés d’un coup.

 

27.- Ne commettez pas cette erreur. Un mur dénudé sur l'ordre de l’Etat, comme en France, peut faire penser aux élèves que l’Etat prend une position anti-religieuse. Nous avons confiance que les programmes scolaires de la République française enseignent aux enfants la tolérance et le pluralisme, et qu'ils écartent une telle idée. Il y a toujours une interaction entre ce qu’il y a sur le mur, et la manière dont on discute et enseigne en classe. De la même manière, un crucifix sur le mur peut être perçu comme un élément coercitif. Encore une fois, il appartient au programme suivi en classe d'expliquer le contexte et d'enseigner aux enfants dans les classes italiennes la tolérance et le pluralisme. Il pourrait aussi y avoir d’autre solutions, comme par exemple de montrer des symboles de plusieurs religions, ou de trouver d’autres formes éducatives appropriées pour faire passer le message du pluralisme.

 

28.- Il est clair que, étant donné les diversités de l’Europe sur ce point, il ne peut y avoir une solution générale qui soit adaptée à chaque Pays membre, à chaque classe et à chaque situation. Il faut tenir compte de la réalité politique et sociale des différents lieux, de leur démographie, de leur histoire et de leurs sensibilités, ainsi que des susceptibilités des parents. Mais, la France, avec le crucifix au mur n’est plus la France. L’Italie, sans le crucifix au mur, n’est plus l’Italie. Il est de même de l’Angleterre sans le God Save the Queen.

 

29.- Il est possible, dans des circonstances particulières, que la solution adoptée par l’Etat soit considérée comme coercitive et hostile. Cependant, la preuve doit en toutes hypothèses en peser sur l’individu, et le niveau requis pour admettre cette preuve doit être extrêmement élevé, avant que cette Cour ne décide d’intervenir, au nom de la Convention, dans les choix éducatifs faits par un Etat. Une seule règle pour tous, comme l’a décidé la seconde Chambre, privée de contexte historique, politique, démographique et culturel, n’est pas seulement à déconseiller. Elle mine le pluralisme, la diversité et la différence les plus authentiques que la Convention se propose de sauvegarder, et qui sont la marque de l’Europe.


_______________

NOTES

(1) La Chambre de sept juges de la deuxième section de la Cour européenne des droits de l’homme qui a son siège à Strasbourg. L'article 43 de la CEDH prévoit que, dans un délai de trois mois à compter de la date de l’arrêt d’une chambre, toute partie à l’affaire peut, dans des cas exceptionnels, demander le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre (17 membres) de la Cour. En pareille hypothèse, un collège de cinq juges examine si l’affaire soulève une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention ou de ses protocoles ou encore une question grave de caractère général. Si tel est le cas, la Grande Chambre statue par un arrêt définitif. Si tel n’est pas le cas, le collège rejette la demande et l’arrêt devient définitif. Autrement, les arrêts de chambre deviennent définitifs à l’expiration dudit délai de trois mois ou si les parties déclarent qu’elles ne demanderont pas le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre.

(2) La Convention européenne des droits de l’homme, signée à Rome le 4 novembre 1950, et modifiée ensuite par différents protocoles.

(3) NdT - ce principe est ainsi énoncé dans la décision critiquée : « Le respect des convictions religieuses des parents et des croyances des enfants implique le droit de croire en une religion ou de ne croire en aucune religion. La liberté de croire et la liberté de ne pas croire [la liberté négative] sont toutes les deux protégées par l'article 9 de la Convention [voir, sous l'angle de l'article 11, Young, James et Webster c. Royaume-Uni, 13 août 1981, §§ 52-57, série A n° 44] ». (arrêt critiqué, n°47, c).

(4) NdT -  ce principe est ainsi formulé dans la décision critiquée : « Le respect des convictions des parents doit être possible dans le cadre d'une éducation capable d'assurer un environnement scolaire ouvert et favorisant l'inclusion plutôt que l'exclusion, indépendamment de l'origine sociale des élèves, des croyances religieuses ou de l'origine ethnique. L'école ne devrait pas être le théâtre d'activités missionnaires ou de prêche ; elle devrait être un lieu de rencontre de différentes religions et convictions philosophiques, où les élèves peuvent acquérir des connaissances sur leurs pensées et traditions respectives ».

(5) Dieu sauve la Reine, hymne anglais.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Le Crucifix - Communauté : Chrétiens et heureux de croire - Partager    
Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 07:39
- Par Marc FROMAGER [Aide à l'Eglise en Détresse]

 

h

Merci pour votre soutien ! Nous avons aujourd'hui plus de 9050 signatures !

 

Bonjour,

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel pour l'abrogation de la loi anti-blasphème au Pakistan en signant la pétition et en la diffusant à votre entourage.

Un grand MERCI !

Votre aide est précieuse pour le combat que nous menons aux côtés de Mgr Coutts pour l'abrogation de la loi anti-blasphème au Pakistan.

En effet, cette loi continue de faire des victimes !

Le 20 juin dernier, Rehmat Masih, 73 ans, a été incarcéré par la police de Faisalabad pour « blasphème ». Il avait été accusé par Sajid Hameed, son voisin musulman, d'avoir insulté le prophète Mahomet. Pour le père Khalid Rashi Asi, vicaire général du diocèse de Faisalabad, « l'accusation portée contre Rehmat Masih est mensongère, le cas a été monté pour camoufler un différent foncier ».

Vos signatures viennent appuyer la résolution européenne du 20 mai 2010 qui invite « le gouvernement pakistanais à revoir en profondeur les lois sur le blasphème et leur application actuelle (...) ».

Pour donner plus de force à la campagne, l'AED espère pouvoir l'internationaliser. Nous souhaitons que le site et la vidéo soient traduits en anglais afin de remettre le maximum de signatures aux responsables politiques nationaux et internationaux.

Aujourd'hui, nous avons encore besoin de votre soutien pour construire une chapelle pour les prisonniers de la prison de Faisalabad. L'AED a promis 5000 €, alors n'hésitez plus faites un don maintenant pour venir en aide aux chrétiens pakistanais injustement emprisonnés.

MERCI d'avance !

 

Marc Fromager

PS : En soutenant le projet de Mgr Coutts, votre don est déductible à hauteur de 66% de vos impôts sur le revenu 2010 (dans la limite de 20% du revenu imposable).

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : L'Eglise qui souffre - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 14:25
- Par Pierre GABARRA

1815059632_small_2.jpg Un curieux sondage a eu lieu en Espagne récemment, sur fond à la fois de Coupe du monde de football exemplaire, pour son équipe, et de désordres politiques profonds, chez elle.

 

Selon ce sondage, environ 63 % des espagnols penseraient que l’équipe espagnole, “la Roja”, symbolise l'union de l'Espagne, et environ 56% qu'elle offre aux politiciens un bel exemple d’unité, alors que l'Espagne est tiraillée notamment par ses vieux démons d’indépendantisme, au Pays Basque et en Catalogne.

 

Le journal La Razón note :

 

« L’Espagne a offert mercredi [contre l’équipe allemande] un exemple d’unité. Les idéologies sont restées en retrait, ainsi que les intérêts partisans, la politique… Le sentiment espagnol était celui d’un orgueil légitime, et il était placé au-dessus de tout. La “Rojigualda” [NdT : le drapeau espagnol], bien souvent reléguée par d’étranges complexes ou des rhétoriques identitaires, retrouvait ici sa place dans les rues. Tous voulaient être l’Espagne, tous étaient l’Espagne et voulaient le montrer, sans complexe ».

 

Puis il poursuit, non sans lyrisme :

 

L’une des clés de la Sélection nationale est la bonne ambiance qui règne entre tous les joueurs. Ils sont une équipe avec des majuscules. Leur sélectionneur, Vincente del Bosque, répète que dans cette équipe, personne ne pense à soi-même, mais au collectif. Même David Villa, le “Pichichi” [NdT : trophée qui récompense le meilleur buteur de la Ligue espagnole] de la Sélection et du mondial, affirme que ce qui importe n’est pas celui qui marque dans le but adverse mais l’intérêt du groupe. Les valeurs de l’engagement, de l’union, de l’optimisme, le besoin de prendre du plaisir à jouer et de le faire bien transforment leur jeu en quelque chose d’épique, en art. Cette union, exprimée sur le terrain de jeu, est celle qui fait tant défaut sur celui de la politique. C’est pourquoi 56,3% des citoyens pensent que le travail de la Sélection nationale, dans lequel a été démontré que l’union fait la force, devrait servir de leçon aux politiciens espagnols. »

 

Intéressant, non ? Que dire alors de la Sélection française, de ses grenouillages d’“ego” et d’ambitions personnelles, dans une formation qui n’a jamais été une équipe, sous la direction sans autorité d’un entraîneur autoritaire qui n’a jamais été un chef, donnant le sentiment qu’il lui suffisait de croire à ses propres discours pour embellir la réalité ? Un miroir peut-être bien exact de la situation de notre propre classe politique. Le sport, décidément, réserve parfois d’étonnantes leçons de chose.

 

 ALLEZ L'ESPAGNE !

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : Société - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 12:56
- Par Pierre GABARRA

Pacelli12.jpgIl y a quelques jours, la télévision a donné une nième émission sur le rôle du Pape Pie XII pendant la guerre, à l’égard des juifs. Le thème est aussi récurrent que celui des magazines parisiens parlant cycliquement de l’art de maigrir, du coût de l’immobilier, de la franc-maçonnerie, des  philosophes ou du palmarès des hôpitaux. Avec ici un petit “plus”, qui est la haine nourrie de manière obstinée contre ce Pontife, qu’il s’agit de salir à toute force pour en faire un collaborateur du nazisme. A quelles fins ? C’est un autre débat.


Le titre général et prétentieux de la série d’émissions est : « Les détectives de l’histoire ». Cette émission est dirigée par M. Laurent Joffrin, la haute Conscience du journal Libération.


Le plateau de télévision, présenté comme une vaste salle de rédaction, était “agrémenté” pour cette émission consacrée à Pie XII, ici et là, de mitres, de calices, de cierges. Un exemple de bon goût destiné, probablement, à dégager des remugles d’intolérance et de cléricalisme pour faciliter la conviction de la malice de l’Eglise. M. Joffrin paraissait impatient d’arriver à cette conclusion, pressant l’un des intervenants de cette question, à propos de Pie XII : « Alors, coupable ? Il est coupable ? » Avant de trancher : « Il est donc coupable ».

 

Il se trouve que dans le même temps le Daily Telegraph publiait le 6 juillet dernier le compte-rendu de recherches menées dans les archives vaticanes par un historien allemand, M. Michael Hesemann, au nom de la Pave the Way Foundation, un groupe interconfessionnel américain qui consacre depuis plusieurs années une partie ses efforts à ces recherches. Sous le titre « Le “Pape de Hitler” a sauvé des milliers de vies juives”, le journal anglais y déclare :


 « Le pape Pie XII, étiqueté comme “pape d’Hitler”, en raison de son silence pendant l'Holocauste, a organisé l'exode de quelque 200.000 Juifs d'Allemagne à peine trois semaines après la Nuit de Cristal, où des milliers de Juifs ont été arrêtés et envoyés dans des camps concentration ».

 

Le journal relève que, selon l’historien allemand, celui qui n’était encore que le cardinal Pacelli écrivit aux archevêques catholiques du monde entier pour les presser de demander des visas pour des “non-aryens catholiques” et des juifs convertis au catholicisme qui voulaient quitter l’Allemagne. M. Elliot Hershberg, président de la Pave the Way Fondation, a déclaré, ajoute le journal :

 

« Nous pensons que de nombreux juifs qui sont parvenus à quitter l’Europe ont pu n’avoir aucune idée de ce que leurs visas et leurs documents de voyage ont été obtenus grâce à ces efforts du Vatican. Tout ce que nous avons trouvé jusqu’à présent semble indiquer que l’image négative du Pape Pie XII est fausse ».

 

Le Daily Telegraph poursuit : Pie XII a été critiqué pour n'avoir pas dénoncé explicitement l'Holocauste, le régime nazi ou pour n’avoir pas excommunié Hitler. Le Dr Hesemann dit que des preuves supplémentaires suggèrent que les visas auraient été donnés aux Juifs ordinaires désespérés, pour échapper à la persécution. « Le fait que cette lettre parle de ‘Juifs convertis’ et de ‘non-aryens’ catholiques semble bien être une couverture », a déclaré le Dr Hesemann. « On ne pouvait pas être sûr que les agents nazis n’apprendraient rien de cette initiative », a-t-il ajouté. « Pacelli devait s'assurer qu'ils n'en feraient pas usage pour leur propagande, pour proclamer que l'Eglise est un allié des Juifs. »

 

L'appel du cardinal Pacelli, alors secrétaire d'État du Vatican, est daté du 30 novembre 1938, c'est-à-dire 20 jours après la Nuit de Cristal. Le cardinal Pacelli était en mesure de demander ces visas parce que le concordat de 1933, signé avec les nazis, prévoyait spécialement la protection des juifs convertis au christianisme.

 

Le Dr Ed Kessler, Directeur de l'Institut Woolf des religions abrahamiques, basé à Cambridge, a déclaré: « Il est clair que Pie XII a facilité le sauvetage de Juifs de Rome. » relève encore le journal, qui indique enfin que Sir Martin Gilbert, historien britannique et principal expert mondial de l'Holocauste, a déclaré que le pape Pie XII devait être considéré comme un Juste parmi les nations par Yad Vashem, l’autorité israélienne du mémorial de l’Holocauste.

 

Dans son édition du 7 juillet, le journal israélien Aaretz a lui aussi fait honnêtement écho aux recherches du Dr Hesemann.

 

Sur ce sujet, on lira ou relira avec profit les ouvrages suivants :

11111.jpg 2222.jpg

 

 
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Documents - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 14:00
- Par AGEA (Espagne) - Traduction : Pierre GABARRA

Jusqu'à quel point le socialisme libéral admet-il les droits de la propriété privée ? Quelles conséquences peut-il en résulter dans l'éducation ?


Le socialisme libéral ne laisse pas d'être paradoxal. Cette question nous intéresse spécialement à cause de ses liens immédiats avec celle du droit des parents à choisir les centres éducatifs de leurs enfants. En dehors d'honorables exceptions, tous les socialistes libéraux sont exclusivement partisans d'un enseignement d'Etat. C'est la preuve, une fois de plus, de la tendance de tout socialisme à se transformer en “étatisme”, et il est clair que le socialisme libéral n'a pas cessé de se préoccuper, en raison précisément du coefficient libéral qui l'habite, des graves difficultés que la centralisation et l'étatisme soulèvent pour la liberté des citoyens.

 

En général, les gens ne se posent guère, au sujet du socialisme libéral, que la question de savoir jusqu'à quel point il admet les droits de la propriété privée. Il s'agit bien évidemment là d'une question importante, non seulement en elle-même mais aussi par rapport aux répercussions qu'elle a sur d'autres sujets décisifs relatifs à la structure de la coexistence humaine ou à la vie civile en générale. Cependant, si le thème de la propriété privée est important, cela est dû, en dernière analyse, au fait que celle-ci constitue un instrument rendant possible l'initiative privée, étant entendu que l'initiative privée ne se limite pas à ses applications aux biens de nature matérielle.

Entrent également dans le champ de cette initiative, et de manière éminente, d'autres biens de rang supérieur : ceux qui sont l'objet de l'activité éducative, au sens le plus large et le plus essentiel. Tous sont manifestement en relation avec la dignité de la personne humaine et la liberté qui est la sienne.

Le socialisme libéral reconnaît et accepte la liberté, ainsi que la justice, mais en les concevant sous la forme de grandes idées abstraites, entièrement indéterminées, qu'en principe tous les hommes son disposés à admettre. Les divergences commencent lorsqu'il s'agit de déterminer concrètement la forme à donner à la justice et à la liberté [comme aussi à la tolérance, également entendue, au début, comme une simple entité abstraite].

A ce stade, des opinions différentes surgissent et la seule manière d'établir quelque chose de définitif est de recourir au système du vote et de respecter ce qui sort des urnes. En ce sens, le socialisme libéral est évidemment libéral. Personne ne peut le nier. Cependant, le socialisme libéral va beaucoup plus loin que le vieux libéralisme, bien qu'il soit vrai que celui-ci ait déjà contenu en germe l'extrême relativisme que nous connaissons aujourd'hui. Le vieux libéralisme reconnaissait, à sa manière, certains droits naturels qui, en tant que tels, n'étaient pas discutables. Le socialisme libéral, lui, ne les reconnaît pas. Pour lui, tout est sujet à opinion, parce qu'il n'admet pas que l'homme soit constitué d'une nature ou d'une essence qu'il peut lui-même connaître et dont dérivent des indications objectives également essentielles. Les seules exigences dont le socialisme libéral se déclare ouvertement partisan sont de caractère technique, de telle sorte que le coefficient socialiste qui existe dans cette idéologie est ainsi présenté comme un élément nécessaire d'une meilleure organisation de la société.

A proprement parler, c'est la technique socialiste de l'organisation de la société qui constitue le motif du rejet de tout enseignement qui ne serait pas celui de l'Etat. De ce point de vue, force est de constater que ce qu'on appelle le "socialisme libéral" est bien moins libéral que socialiste. En matière d'éducation, il s'agit d'un mouvement qui représente un pur et simple socialisme, sans mélange aucun de libéralisme. Même s'il fait usage de l'adjectif libéral, il s'écarte de la signification et de la valeur de ce terme au moment d'établir concrètement la manière dont l'enseignement doit être dispensé, en l'interprétant comme une mission de l'Etat et en excluant le droit de l'initiative privée à la création de centres éducatifs correspondants.

L'aveuglement sur ce sujet est incroyable dès qu'il est examiné du point de vue du simple intérêt politique. En effet, il arrive que même ceux qui se montrent partisans dudit socialisme libéral, le considèrent, néanmoins, comme effectivement libéral, au motif que ce mouvement entre dans le jeu du système des partis et se montre disposé à accepter ce qui résulte du vote. Quelle pauvre idée de la liberté ! De toute évidence, ils pensent que la respectent ceux qui n'admettent pas le droit des parents de choisir les centres éducatifs de leurs enfants.

Pensez-vous vraiment que l'on puisse être libéral et nier ce droit ? Ou bien doit-on considérer que ce droit se réfère à un sujet sans importance ou de peu d'importance ?

Nous craignons beaucoup que la discussion portant sur la pertinence des différents mouvements politiques ne soit menée sans entrer à fond dans ces questions essentielles. Nous sommes certains que la majeure partie de ceux qui parlent du socialisme libéral, sans pour autant en être partisans, ne se posent même pas la question de savoir quelle position il maintient sur ce sujet aussi grave qu'est l'éducation. L'ignorance et la confusion sont telles sur ce point que nous avons pu constater qu'un grand nombre de personnes s'imaginent que l'attitude du socialisme libéral en matière d'éducation se réduit au principe de l'égalité des chances, c'est-à-dire à quelque chose que pour l'essentiel personne ne nie à l'heure actuelle.

Cependant, une chose est l'égalité des chances, autre chose est la thèse selon laquelle l'Etat a le monopole du droit à l'éducation. Un tel monopole ne trouve pas de justification dans cette égalité. L'obligation de rendre possible à tous les citoyens l'accès à l'éducation - une obligation d'Etat, sans aucun doute - ne permet pas d'affirmer que tous les centres éducatifs doivent être étatiques. Pour résoudre les problèmes économiques implicites contenus dans le droit de tous les citoyens à être éduqués, il n'est aucunement nécessaire que les centres d'éducation soient des institutions d'Etat.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Famille,mariage,enfants - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Jeudi 8 juillet 2010 4 08 /07 /2010 10:00
- Par AGEA - Traduction Pierre GABARRA

LU POUR VOUS [AGEA].- Voici un épisode qui s'est récemment produit aux Etats-Unis et qui donne matière à réflexion. 

 

David et Tonya Parker ont demandé à l'école où ils ont mis leur fils de les avertir lorsque serait enseigné comme moralement bonnes les relations homosexuelles. La professeur a refusé, en invoquant le fait que dans l'Etat de Massachussets le mariage "gay" est légal. David Parker fut expulsé et conduit au commissariat pour avoir refusé de s'en aller sans qu'aient été reconnus ses droits de père. En dernier lieu, il a perdu son procès contre cet Etat.

 

Tony Perkins, Président de la Family Research Council [NdT : qui se propose de défendre "la foi, la famille et la liberté"], affirme que "les faits démontrent que tout change quand le mariage homosexuel devient légal", car "lorsqu'il est légalisé, il doit être enseigné comme normal, acceptable et moral dans chaque école publique". "Dans les écoles publiques, y compris celles pour enfants, il y a obligation d'enseigner aux enfants à accepter le mariage homosexuel comme une option morale supplémentaire. Et cela perturbe les enfants" conclut-il.

 

A ce qu'il semble, le petit Tony, âgé de cinq ans, est un jour rentré de son école avec un sac de livres "sur la diversité" qui, selon l'explication donnée par les parents, "introduisent les enfants aux unions de même sexe". Tonia Parker explique qu'elle a été choquée que "sans (l')informer, on prenne l'initiative de parler à (son) fils de cinq ans de relations homosexuelles".


Le père de l'enfant, David Parker, s'est rendu à l'école pour demander "que nous soyons informés s'ils s'avisaient de traiter de ces questions afin que nous puissions avoir le choix que nos enfants n'assistent pas à cet endoctrinement". Cependant, "la professeur nous a dit que, selon le Ministère, ils n'avaient pas l'obligation d'avertir les parents et que n'importe quel adulte de l'école pouvait parler d'homosexualité à nos enfants". Elle a ajouté que "comme le mariage homosexuel est légal au Massachussets, on peut aborder ce thème à tout moment avec mon fils de cinq ans".


David Parker affirme "qu'ils inculquent à l'esprit de nos enfants (...) que les les relations homosexuelles sont moralement acceptables". C'est pourquoi, "comme la professeur n'a pas voulu reconnaître nos droits de parents dans l'éducation de nos enfants", ils ont posé la question "du point de vue de notre liberté religieuse, en exigeant le respect de notre droit à former notre enfant selon notre foi". Mais ce fut en vain : "La professeur a insisté sur le fait que rien ne nous serait accordé".

     

La mère dénonce : "Ils s'immiscent dans notre droit à former nos enfants" et elle ajoute : "On ne pouvait pas croire qu'ils allaient arrêter mon mari parce que nous demandions le droit de soustraire notre enfant à cet endoctrinement moral".


L'homosexualisme politique endoctrine les enfants.


Ce qui s'est produit ainsi aux Etats-Unis n'est pas un fait isolé. En Espagne, le faible chiffre d'unions homosexuelles démontre que ce groupe n'est pas intéressé par ce type d'union, malgré la grande propagande faite en ce sens. C'est un moyen d'introduire la banalisation de l'homosexualité dans l'éducation obligatoire. Cette stratégie utilise le mariage non comme une fin mais comme un moyen pour promouvoir l'homosexualité parmi les adolescents.

 

Il est évident que tout cela provoque un conflit légal avec le droit des parents à diriger l'éducation moral et religieuse de leurs enfants. Les parents ont-ils le droit de se déclarer objecteur de conscience en la matière ?

  

Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : Homosexualité - Communauté : Praedicatho.com - Partager    
Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /2010 12:40
- Par L'Equipe d'Hermas

cee.jpg

 

Déclaration du 23 juin 2010.- En union avec d’autres conférences épiscopales et diverses instances aussi bien étatiques que sociales de tout le continent, la Commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole, réunie dans l’attente d’une décision prochaine de la Cour européenne sur l’exposition de symboles religieux dans les écoles publiques, entend souligner l’importance de la question pour les convictions religieuses des peuples et les traditions culturelles de l’Europe.


Grâce précisément au christianisme, l’Europe a su affirmer l’autonomie des domaines spirituel et temporel et s’ouvrir au principe de la liberté religieuse, en respectant aussi bien les droits des croyants que ceux des non-croyants. Ceci est rendu plus évident encore de nos jours, au moment où d’autres religions se répandent parmi nous à l’ombre de cette réalité.


La présence de symboles religieux chrétiens dans des lieux publics, en particulier la présence de la croix, reflète le sentiment religieux des chrétiens de toutes confessions et ne prétend exclure personne. Au contraire, elle est l’expression d’une tradition à laquelle tout le monde reconnaît une grande valeur et un grand rôle catalyseur dans le dialogue entre les personnes de bonne volonté, et dans laquelle chacun reconnaît le soutien apporté, sans distinction de foi, de race ou d’origine, aux pauvres et à ceux qui souffrent.


Dans la culture et la tradition religieuse chrétiennes, la croix représente le salut et la liberté de l’humanité. De la croix jaillissent l’altruisme et la générosité les plus purs, comme aussi une sincère solidarité offerte à tous, sans prétention à rien imposer à personne.


En conséquence, les sociétés de tradition chrétienne ne devraient pas s’opposer à l’exposition publique de leurs symboles religieux, en particulier dans les lieux où sont éduqués les enfants. Dans le cas contraire, ces sociétés pourront difficilement parvenir à transmettre aux générations futures leur propre identité et leurs valeurs. Elles deviendront des sociétés contradictoires rejetant l’héritage spirituel et culturel dans lequel plongent leurs racines et elles se fermeront le chemin de l’avenir. S’opposer aux symboles des valeurs qui ont modelé l’histoire et la culture d’un peuple, c’est le laisser sans défense devant d’autres offres culturelles, qui ne sont pas toujours bénéfiques, et boucher les sources fondamentales de l’éthique et du droit qui ont démontré leur fécondité dans la reconnaissance, la promotion et la protection de la dignité de la personne.


Le droit à la liberté religieuse existe, et il est affirmé toujours davantage dans les pays d’Europe. En certains d’entre eux, d’autres symboles religieux sont explicitement autorisés, soit par la loi, soit par leur acceptation spontanée. Les Eglises et les communautés chrétiennes favorisent le dialogue entre elles et avec d’autres religions ; elles agissent comme une partie intégrante de leurs réalités nationales respectives. Quant aux symboles, il existe en Europe des lois différentes et des évolutions sociales ou du droit positif diverses qui doivent être respectées dans le cadre d’une juste relation entre les Etats et les Institutions européennes. Ce n’est que dans une Europe respectueuse à la fois de la liberté religieuse de chacun et des traditions de chaque peuple et de chaque nation que pourront se développer des relations adéquates entre les religions et les peuples, dans la justice et la liberté.

 

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : Le Crucifix - Communauté : Chrétiens et heureux de croire - Partager    

A noter

AIDEZ LES PRÊTRES D'HAÏTI
AVEC L'AED
banner3-copie-1.jpg

 

MOIS DE JUILLET

MOIS DU PRECIEUX-SANG

[Prières]

 

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés