Mardi 1 juillet 2008 2 01 /07 /Juil /2008 11:00
La commission Guinchard - l'une des multiples commissions créées par le gouvernement l'année dernière et au début de l'année - a remis son rapport "sur la répartition des contentieux". La mission donnée à la commission était de "réfléchir à une nouvelle répartition des contentieux, selon trois axes, l’articulation de la justice de première instance, les éventuels regroupements de contentieux et les hypothèses de déjudiciarisation, dans le champ civil comme dans le champ pénal" (1).

Mais on s'aperçoit à la lecture de ce rapport fourre-tout, façonné par divers entretiens et/ou diverses influences, que la commission s'est auto-saisie - on n'est jamais mieux servi que par soi-même il est vrai, car nul n'est mieux placé pour cerner les limites de sa compétence - de questions qui n'ont à voir que de très loin avec la mission qui lui a été attribuée.

Ainsi, au point n° 39 (Rapport, p.8), on apprend que la commission recommande, discrètement, "le transfert de l'enregistrement du pacte civil de solidarité du greffier du tribunal d'instance vers l'officier d'état civil"...

Cela n'a rien à voir avec l'objet de la mission de la commission. Cela relève du droit de la famille et non du contentieux et traduit simplement une volonté idéologique et politique qu'il n'appartenait pas à la commission d'apprécier.

Il va donc falloir être vigilant au texte de la loi qui sera établi pour appliquer tout ou partie des propositions de la commission, pour s'opposer à une telle mesure qui, sous un couvert technique, ne tend qu'à assimiler progressivement et discrètement PACS et mariage pour petit à petit les confondre et rendre évident à tous le fait que ceux qui peuvent signer un PACS devrait , "évidemment",pouvoir se marier.

Soyons prêts à harceler nos bons députés et sénateurs... A suivre.

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(1) Discours de remise à Mme le Garde des Sceaux, du rapport sur la répartition des contentieux, "l'ambition raisonnée d'une justice apaisée" (sic), par M. Serge Guinchard (p. 1).
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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /Juin /2008 10:00
- Par Mgr Jacques MASSON

Louis XIV et le Sacré-Coeur


Le Père Eudes a fait entrer la dévotion au Sacré-Coeur dans le palais et la famille de Louis XIV par des prédications à la cour, de 1671 à 1674. En 1674 Eudes reçoit 14.000 livres du Roi pour la construction à Caen de la première église érigée au Sacré-Coeur, et la fête solennelle du Sacré-Coeur est célébrée à Montmartre le 20 octobre. Sept autres églises sont autorisées par le Pape à s’ouvrir et se consacrer au culte du Sacré-Cœur.

 

La demande de Notre-Seigneur se rapportant à la France est-elle arrivée jusqu'au roi [cf. article précédent sur sainte Marguerite-Marie Alacoque] ? Aucun élément ne permettait de le certifier avant la révélation faite à Sœur Lucie de Fatima, en août 1931, à Rianjo (1). Nous pouvons penser à présent que Louis XIV savait exactement ce que Dieu voulait de lui, mais conseillé par un Jésuite qui était défavorable à la réalisation de cette demande, il mourut sans répondre aux demandes du Ciel.

 

Louis XIV ne répondit en effet à aucun des désirs de Notre-Seigneur. Il demeure évident que Notre Seigneur s'est servi de Marguerite-Marie pour donner Son Cœur à la France, et, par la France, à l'Église et au monde. Si Louis XIV avait consacré la France au Sacré-Cœur, celle-ci aurait été certainement sauvée de ceux qui, dans l'ombre, préparaient déjà la Révolution de 1789 et toutes celles qui suivirent.

 

En effet, n'est-il pas frappant de rapprocher ces deux dates :

  • - 17 juin 1689 : Message resté sans réponse de Notre Seigneur Jésus-Christ à Louis XIV ;
  • - 17 juin 1789 : Le Tiers-Etat insurgé se proclame Assemblée constituante et emporte dans le sang et la terreur la Monarchie française.

Quant à l'ordre des Jésuites qui avait été spécialement choisi pour répandre la dévotion envers le Sacré-Cœur et transmettre à Louis XIV ses grands desseins, via le R.P de la Chaise s.j., il fut supprimé au Portugal en 1759, en France en 1764 et en Espagne en 1767. De plus, il fut dissous par le Pape Clément XIV lui-même en 1773.

 

 

Il faut aussi se rappeler que Louis XIV, dont le règne avait été jusque-là si heureux et si glorieux, vit, dès lors, la victoire abandonner ses armées et les deuils les plus cruels décimer sa famille : de 1708 à 1712 moururent son fils (le Grand Dauphin), ses petits-fils (le duc de Bourgogne et le duc de Berry), la duchesse de Bourgogne qu'il aimait particulièrement, et son arrière petit-fils le duc de Bretagne. Ainsi, en moins de quatre ans, le roi Louis XIV perdit ses trois successeurs ; la France ses trois dauphins.

 

Son descendant Louis XVI mourut sur la guillotine. Mais d’autres rois sont eux aussi responsables de ce qui s’est passé, par leur propre refus.


 

Louis XV


La reine Marie Leckzinska suggère, en 1751, l’adoration perpétuelle du Sacré-Coeur dans le Saint Sacrement. Elle obtient du pape Clément XIII, la fête du Sacré-Coeur dans tous les diocèses de France le 17 juillet 1765. Une lettre de la Mère Marie-Hélène Coing, supérieure de la visitation de Paray-le-Monial, adressée le 17 mars 1744 relance le message de 1689. Louis XV reste sourd au message, mais son fils le dauphin Louis fait dédier, dans l’église du Château de Versailles, en 1773, une chapelle au Coeur de Jésus dans la tradition eudiste à laquelle la famille royale participe.

 

Le voeu de Louis XVI

 
L’influence spirituelle des Eudistes sur la famille continue sous Louis XVI avec le Père Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur de Louis XVI. Au moment ou la Révolution met en péril les institutions royales, le prêtre montre au prince le Coeur de Jésus comme un dernier refuge où puisse s’abriter la France et son roi.

 

1792 : Le 21 juillet, le texte du vœu attribué à Louis XVI est remis au P. Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du roi, qui en a peut-être été lui-même l'inspirateur. Ce texte aurait été composé dans les premiers mois de l'année 1792. Le Père Hébert fait transcrire le vœu et la consécration par le vicaire de l'église Saint-Louis, auquel il remet les documents originaux avant d'être tué lui-même aux Carmes le 2 septembre 1792. Le vicaire les remettra à son tour à la duchesse d'Angoulême sous la Restauration.


 

« Vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa Personne, sa Famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l'abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m'environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé la licence du peuple et l'irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j'ai fourni moi-même des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l'audace de tout oser.

 

Je n'aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l'idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l'assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

 

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.

 

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

 

1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l'intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;

 

2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiers institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat ;

 

3° De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du pape qu'auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;

 

4° D'aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l'église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l'offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;

 

5° D'ériger et de décorer à mes frais, dans l'église que je choisirai pour cela, dans le cours d'une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré ;

 

6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu'on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l'acte de consécration exprimé dans l'article quatrième, et d'assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

 

Je ne puis aujourd'hui prononcer qu'en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

 

0 Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. »

 

 


Ce voeu, balayé dans la tourmente antichrétienne, ne peut être réalisé. La Révolution traque les croyants. Au cours des massacres de Septembre (1792) de nombreuses victimes portent des images représentant deux coeurs percés de flèches dans une couronne d’épines, surmontés d’une croix, avec pour inscription : « Coeurs-Sacrés, protégez-nous ».


 

Louis XVIII

 
Marie de Jésus (1797-1854) appartient à la congrégation des chanoinesses de Saint-Augustin. Sans avoir connaissance des révélations de Marguerite-Marie, les communications célestes qu’elle reçoit corroborent les révélations de Paray-le-Monial. Dans son extase du 3 mai 1822 Jésus lui dit : "que le vœu de Consécration de la France au Sacré-Cœur, attribué à Louis XVI, était bien de Lui, qu’il désirait ardemment que le vœu fût exécuté, c’est-à-dire que le Roi consacrât sa famille et tout son royaume à son divin Cœur, comme autrefois Louis XIII à la Sainte Vierge ; qu’il en fit célébrer la fête solennellement et universellement tous les ans, le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement et qu’enfin il fit bâtir une chapelle et ériger un autel en son honneur. A cette condition le roi, la famille royale et la France entière recevront les plus abondantes bénédictions". L’apparition du 21 juin 1823 en la fête du Sacré-Cœur, le vendredi après l’octave du Saint-Sacrement, ordre est donné de les communiquer au roi Louis XVIII. "La France est toujours bien chère à mon divin Cœur et elle lui sera consacrée. Mais il faut que ce soit le Roi lui-même qui consacre sa personne, sa famille et tout son royaume à mon Divin Cœur, et qu’il lui fasse, comme je te l’ai dit, élever un autel comme on en a élevé un déjà en l’honneur de la Sainte Vierge. Je prépare à la France un déluge de grâces, lorsqu’elle sera consacrée à mon divin Cœur. Les outrages faits à la majesté royale ont été réparés publiquement et les outrages sans nombre que j’ai reçus dans le sacrement de mon amour n’ont pas encore été réparés ! Je prépare toutes choses, la France sera consacrée à mon divin Cœur, et toute la terre se ressentira des bénédictions que je répandrai sur elle. La foi et la religion refleuriront en France par la dévotion à mon Divin Cœur".

Mais Louis XVIII ne réalise pas le vœu de consécration au Sacré-Cœur.

 

La guerre 1870-1871

Les désastres français d’août 1870 font reprendre du service aux Zouaves pontificaux rebaptisés « Volontaires de l’Ouest » sous le commandement du colonel de Charette. Le 10 octobre, ils arrivent au Mans et le 14 octobre, se consacrent publiquement au Sacré-Coeur en prononçant la formule : "Jésus, Roi immortel des siècles, des peuples et des rois, désirant réparer les outrages que l’impiété vous prodigue dans le Sacrement de votre amour et dans la personne, de votre vicaire, Notre Saint-Père le Pape, je consacre à votre divin Coeur ma personne, ma famille et, autant qu’il dépend de moi, la France, fille aînée de ce Coeur Sacré, et l’Eglise universelle notre mère".

 

Le 24 novembre, le général de Sonis est nommé à la tête du 17e corps d’armée dont font partie les 600 « Volontaires ». Ce spahi très pratiquant a pour emblème sur son fanion une croix héraldique blanche sur fond bleu mais souhaite un emblème religieux plus marqué. Le ler décembre au cours d’une rencontre avec Charette, ce dernier évoque une bannière portant l’image du Sacré-Coeur et relate son histoire.

 

Fin septembre, en pleine déroute militaire, deux Bourguignons, l’abbé Victor de Musy et son cousin Louis de Montagu se souviennent du message de Marguerite-Marie assurant que le Coeur de Jésus sauvera la France. Aussitôt l’abbé fait exécuter à ses frais un drapeau du Sacré-Coeur avec l’invocation : «Coeur de Jésus, sauvez la France !» et demande son envoi au général Trochu, catholique, breton, ayant pour devise : « Avec l’aide de Dieu pour la Patrie », Trochu, chef du gouvernement de la Défense nationale, assiégé dans Paris, ne peut rien recevoir. La bannière est alors adressée à. M. Dupont, à Tours, où réside la délégation gouvernementale, avec charge de la confier à Charette. CeIui-ci accepte et, alors que l’étendard a déjà touché les reliques de Marguerite-Marie, le fait toucher aux reliques de saint Martin et demande qu’on brode à l’envers cette requête : « Saint-Martin, patron de la France, priez pour nous ». Le 2 décembre 1870 de Sonis change d’avis, la bannière ne sera pas son fanion mais le drapeau du régiment Charette. Appelé au secours le 17e corps de Sonis arrive de Paray à marches forcées.

 

Le général de Sonis ne pouvant renvoyer les fuyards au combat s’écrie : « Puisque vous ne savez pas mourir pour la France, je vais déployer devant vous le drapeau de l’honneur ! ». II demande à Charette de lui apporter la bannière. Trois cents Zouaves suivent le général aux cris de : « Vive Pie IX ! Vive la France ». Cinq cents hommes se joignent à la troupe. L’Elan est irrésistible, les Allemands reculent, les Zouaves atteignent Loigny, le drapeau du Sacré-Coeur flotte au milieu de la rue, en tête des assaillants, en pleine mitraille. Mais l’ennemi s’aperçoit de leur nombre, contre-attaque. Cent quatre-vingt-dix-huit Zouaves sont hors de combat, de Sonis et Charette blessés ; l’étendard du Sacré-Coeur change cinq fois de mains, rouge de sang. Héroïsme inutile ? Le 4 Orléans est perdu, l’armée de la Loire désagrégée.

 

Pour la première fois dans l’histoire de France - en dehors des guerres de Vendée - le drapeau du Sacré-Coeur paraît sur un champ de bataille.

 

Le 17 janvier 1871, les Allemands sont aux portes de Laval. A Pontmain, à 50 kilomètres au nord, la Vierge apparaît à 18 h 45 à des enfants et leur dit : « Priez mes enfants, Dieu vous exaucera dans peu de temps, mon Fils se laisse toucher ». Le 17 janvier, Mgr David, Evêque de Saint-Brieuc, adresse un voeu à Notre-Dame d’Espérance ; Mgr Fournier évêque de Nantes promet d’élever une église au Sacré-Coeur si la ville et le diocèse échappent à l’invasion. Le général von Schmidt reçoit l’ordre de se rendre sur la Seine au lieu de pénétrer dans Laval. Ce changement de tactique injustifié, arrêt de la poursuite d’anéantissement, fait dire à Von Schmidt : « C’est fini, nous n’irons pas plus loin, là-bas du côté de la Bretagne une Dame invisible nous a barré la route »...

 

La basilique du Sacré-Coeur de Montmarte

 

Pendant la guerre de 1870 les vœux de constructions d’églises dédiées au Sacré-Cœur connaissent un développement parallèle aux consécrations de diocèses. Ces vœux sont souscrits par les villes au cas où elles seraient préservées de l’invasion allemande. Le 6 octobre 1870, Mgr Pie, évêque de Poitiers, explique en chaire : Le crime qui nous attire de si cruels châtiments c’est le crime public, le crime social, le crime national. Élevons nos cœurs vers le Cœur de Jésus pour lui faire une consécration personnelle, domestique, nationale.

 

Le 8 décembre 1870, deux Parisiens exilés à Poitiers, Alexandre Legentil et son beau-frère Hubert Rohault de Fleury, font le vœu de faire ériger une église dédiée au Sacré-Cœur à Paris. Mis en contact avec le P. Ramière directeur du « Messager du Sacré-Cœur de Jésus », M. Legentil lance dans cette revue, en janvier 1871, l’idée qui deviendra le Vœu national. Le 18 janvier 1872, Mgr Guibert, Archevêque de Paris, approuve le projet. Le 5 mars 1873, il adresse une lettre au ministre des Cultes demandant « qu’un temple, élevé pour rappeler la protection divine sur la France et particulièrement sur la Capitale, soit placé dans un lieu qui domine Paris et puisse être vu de tous les points de la cité ».

 

Le choix de Montmartre « Montagne des Martyrs » s’explique parce que « c’est là que saint Denis et ses compagnons de martyre ont répandu, avec leur sang, les premières semences de la foi chrétienne, qui ont fructifié si rapidement dans la Gaule septentrionale ».

 

Le 25 juillet 1873 le projet de loi tendant à déclarer d’utilité publique la construction d’une église sur la colline de Montmartre est adopté par 382 voix contre 138 à l’Assemblée. Le 31 juillet, le pape Pie IX reconnaît que par ces faits la France implore la miséricorde de Dieu et lui confirme son ancien honneur de Fille Aînée de l’Eglise.

 

La construction de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre réalisée par souscription correspond à une des demandes de Marguerite-Marie.

 

Conclusion

 
Il faut attendre le XVIIe siècle pour que le culte du Sacré-Cœur trouve son autonomie. Auparavant le culte rendu au Cœur de Marie ne se distinguait pas du culte rendu au Cœur de Jésus. Jean Eudes associe les deux cultes de la Mère et du Fils. Puis Sainte Marguerite-Marie Alacoque promeut le culte du Sacré-Cœur qui devient culte public.

 

Au moment où l’Église catholique se heurte au jansénisme, au gallicanisme, l’apparition de ce nouveau culte insuffle un nouvel esprit, un retour aux sources.

 

La royauté de droit divin ne réagit pas, Louis XIV qu’il ait ou non reçu le message, fait rédiger la déclaration des Quatre Articles, étend la Régale pour renforcer son pouvoir absolu.

 

La royauté pratique une certaine dévotion au Sacré-Cœur, " traditionnelle " puisque Jésus est le Fils de Dieu et le Fils de Marie mais non particulière, spécifique. Église et royauté ne profitent pas de cette nouvelle dévotion pour relancer la christianisation du peuple français.  

 

Il faut attendre le milieu du XIXe siècle et le Second Empire pour que le culte du Sacré-Cœur connaisse un essor important. La fête du Sacré-Cœur et les consécrations, églises, diocèses, communes, consécration universelle, tentent de conquérir ou reconquérir une population en pleine mutation sociale, industrielle. La consécration des familles symbolise un retour à une pratique plus personnelle que publique.

 

La guerre de 1870-1871 opère une cassure et une relance du message de 1689. Dès 1873 la construction de la basilique de Montmartre, reconnue d’utilité publique, payée par souscription, représente bien le temple élevé au Sacré-Cœur. A partir de 1890, nombre d’associations catholiques ont un drapeau écussonné au Sacré-Cœur. Paradoxalement le culte du Sacré-Cœur se développe sous la IIIe République.

 

La dévotion au Sacré-Cœur connaît son apothéose en 1917. Insignes, fanions, drapeaux circulent au front par millions; l’Eglise développe l’Intronisation du Sacré-Cœur dans les familles, autre forme de consécration.

 

En 1919, la France reconstruit ses régions dévastées, pleure ses morts. Une nouvelle France apparaît, vainqueur au prix d’un holocauste, en état de choc, souhaitant la " der des der ". Les préoccupations ne sont pas spirituelles, encore moins religieuses, il faut gagner la paix, construire une société civile plus juste. La paix religieuse s’instaure, les catholiques ont bien mérité de la patrie, même les prêtres sont morts au champ d’honneur.

 

Aussi la basilique de Montmartre fête-t-elle sa consécration du 16 au 19 octobre 1919, consécration interrompue par la guerre. Le cantique chanté le jour de la dédicace s’intitule " Merci mon Dieu ! Le Sacré-Cœur et la France ". La France élue de Dieu est sauvée par le Christ qui lui a donné la victoire comme jadis à Clovis et Jeanne d’Arc. Cette cérémonie nationale, qui rassemble l’épiscopat français et le légat du Pape, on note l’absence des autorités civiles.

 

Marguerite-Marie Alacoque et Jeanne d’Arc sont canonisées le 13 mai 1920 par le pape Benoît XV. Le patriotisme religieux français reconnu par le Pape, confirme le rôle de la dévotion au Sacré-Cœur, y compris le drapeau par les références à ces saintes, et donne une impulsion nouvelle au culte en développant le pèlerinage de Paray-le-Monial.

 

Le successeur du pape Benoît XV, Pie XI, reprend dans son encyclique "Miserentissimus Redemptor" la vraie dévotion au Sacré-Cœur.  

 

Entre les deux guerres, dans la foulée de la Victoire, les consécrations au Sacré-Cœur continuent, liées à la fête du Christ-Roi. Cette vie dynamique se développe à Montmartre face aux périls idéologiques.

 

La question du drapeau reparaît en 1940, pendant la « drôle de guerre ».

 

Mgr Flans, recteur de la Basilique, écrit dans la revue « Montmartre » de mars 1940 : « C’est comme pendant la guerre de 1914-1918, de toutes parts nous parviennent des invitations à lancer un mouvement en faveur de l’apposition du Sacré-Cœur sur le drapeau national ».

 

Le 19 mai, à Notre-Dame de Paris, le gouvernement assiste à une cérémonie, une procession des reliques de sainte Geneviève se déroule à Paris. Cette piété publique, officielle, impensable vingt ans plus tôt, trouve son apogée le samedi 1er juin 1940 à Montmartre. Le cardinal Suhard, nouvel archevêque de Paris, consacre Paris et la France aux Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie sur demande du gouvernement. Le chroniqueur de « Paris Soir » du 2 juin l940, écrit : « Au premier rang des 50.000 fidèles, on reconnaissait Mme Lebrun, les ministres Sarraut, Marin, Ybarnegaray, Rollin, Héraud et Robert Schumann, les généraux Gouraud et de Castelnau ».. Le Maréchal Pétain, vice-président du Conseil, (cosignataire avec Malvy de la « Note aux armées » d’août 1917) n’assiste pas à la cérémonie.

 

Le Sacré-Cœur est entré dans l’Histoire de France comme un cheval de Troie. A chaque période dramatique certaines dévotions reviennent d’actualité. En ce qui concerne la Grande Guerre le temple existait, les consécrations ont toutes été faites, familles, patrie, mais par les autorités religieuses seules, la fête du Sacré-Cœur s’est bien déroulée le vendredi après l’octave, le drapeau du Sacré-Cœur a bien été déployé sur le champ de bataille, béni par les aumôniers. Par rapport au message de Marguerite-Marie il ne manque que la participation des autorités civiles. La République Française, neutre en affaires religieuses depuis 1905, gardera cette ligne de conduite.

 

Depuis la Seconde Guerre mondiale la dévotion au Sacré-Cœur rencontre la même foi même si elle paraît plus discrète. La pratique du Sacré-Cœur perdure dans la foi catholique et le Sacré-Cœur de Montmartre compte environ 10.000 adorateurs.

 

Mgr Jacques MASSON

 

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(1) Cf. article précédent : « Le Sacré-Cœur, le roi de France et la France [1] ».

 

    
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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 16:35
En écho aux propos tout emprunts de modernité de Mme Morano sur les mères porteuses, un fait-divers malheureusement dramatique survenu il y a quelques semaines nous est revenu en mémoire. Il illustre suffisamment les risques de dérive que nos modernistes tentent de passer pudiquement sous silence. Voici le commentaire qu'en faisait Bernard Debré dans le journal France-Soir du 29 mai dernier (ICI).
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"Les Pays-Bas sont pour certains à la pointe de la modernité éthique : euthanasie, suicide assisté, couples mariés homosexuels pouvant adopter des enfants, vente libre de certaines drogues… Mais est-on sûr que ce soit la modernité ? La dernière histoire néerlandaise est édifiante.

Voici un homme dont la femme est stérile, le couple (belge) découvre sur Internet une femme néerlandaise qui veut bien faire un enfant pour ensuite le vendre. L’accord est passé, le mari donne ses spermatozoïdes, la mère porteuse sera inséminée. Elle aura donc un enfant dont elle est la mère biologique, le tout pour 8.000 euros.

Au septième mois, la mère porteuse, mère de l’enfant, réclame une augmentation, le père refuse, elle déclare l’enfant mort ; en réalité, elle va le vendre sur Internet. Se présente un couple d’homosexuels, il n’offre pas assez d’argent, voici un autre couple – un homme, une femme –, il offre 15.000 euros. L’accord est conclu, la petite Donna est vendue… Le père biologique intente un procès, il perd… La justice néerlandaise légalise ainsi la vente d’enfant sur le Net. D’ailleurs, la mère porteuse récidive, son nom apparaît de nouveau sur le Net, elle propose encore une fois de faire un enfant pour autrui.

Dans quel monde vivons-nous ? Voici l’esclavagisme et la vente d’enfants réunis à l’ordre du jour, pire qu’au Moyen Age…

(...)

En aucune façon la marchandisation de l’être humain n’est acceptée, sauf aux Pays-Bas. J’en ai la nausée ! Et dire que certains appellent cela la modernité ! Quelle régression éthique, bientôt il y aura des « ventes » d’enfants comme il y a des ventes de chevaux à Deauville. Quelle honte !"


Le recours à une mère porteuse permet ainsi de constater qu'aujourd'hui en Europe, la vente d'enfant sur internet peut être légal. Espérons que Mme Morano saura rapidement se prononcer en faveur d'une telle marque de modernité active...

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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 16:15
- Par Hermas.info

Mme Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille (sic), s’est déclarée favorable à la légalisation du recours aux “mères porteuses”, appelée “gestation pour autrui” – toutes ces manipulations reçoivent une dénomination aux significations plus flatteuses.


L’instruction Donum Vitae de la Congrégation pour la Doctrine de la foi [consulter ICI], du 22 février 1987, en a donné cette définition, du moins dans la version espagnole du texte proposée sur le site du Vatican :


« Sous le nom de “mère de substitution”, cette instruction désigne :

 

« a] La femme qui porte la gestation d’un embryon, implanté dans son uterus, et qui lui est génétiquement étranger, obtenu par l’union de gamètes de “donateurs”, avec l’engagement de remettre l’enfant, immédiatement après sa naissance, à celui pour le compte de qui cette gestation a été réalisée ou conclue ;

 

« b] la femme qui porte la gestation d’un embryon à la procréation duquel elle a collaboré par le don d’un ovule qui est sien, fécondé par insémination avec le sperme d’un homme autre que son mari, avec l’engagement de remettre l’enfant, après sa naissance, à celui pour le compte de qui la gestion a été réalisée ou conclue. »

 

Mme Morano, ès qualités, y est favorable « dès lors que la femme a un vrai problème de stérilité, dès lors aussi qu'il n'y a pas de marchandage du corps ». Selon l’agence Reuters, elle aurait même indiqué, sur Radio Notre-Dame, que « si demain, (sa) nièce ou (sa) fille avaient un problème de stérilité avéré et qu'elles (lui) demandaient de porter leur enfant, franchement (elle) le ferait ».

 

On appréciera, en passant, ces propos d’un ministre du gouvernement qui se déclare disposé a réaliser ce qui est pour l’heure, jusqu’à preuve du contraire, interdit par la loi n° 94-653 du 29 juillet 1994. L'article 16-7 du code civil dispose : « Toute convention portant sur la procréation ou la gestation pour le compte d'autrui est nulle », et la pratique à laquelle Mme Morano s’offre si généreusement est sanctionnée pénalement, par l’article 227-12 du code pénal, d’une peine de six mois d’emprisonnement et de 7.500 € d’amende.

 

On a l’impression, décidément, que plus rien n’a de sens, pas plus la loi qu’autre chose, et que l’on peut publiquement inciter à sa violation, même quand on est représentant de l’Etat, pour peu qu’on se donne un air progressiste, éclairé et humaniste. La loi interdit-elle telle pratique ? Peu importe ! cela ne dissuade pas les pouvoirs publics de prôner l’interdit. Il est vrai que cela est proposé « franchement ». L’essentiel n’est-il pas d’être sincère ? La loi existe mais c’est déjà comme si elle n’existait plus. Ce qui déjà mesure convictions et comportements possibles, c’est une loi à venir, inéluctable, qui n’existe pas encore, mais dont la substance à venir rend déjà obsolète le droit positif applicable.

 

Une commission sénatoriale vient d’ouvrir cette perspective en publiant un rapport de législation comparée [téléchargeable ici] sur cette “gestation pour autrui”. Notre chère Mme Morano n’aurait pas manqué, toujours selon l’Agence Reuters, de rappeler au micro de Radio Notre-Dame qu’elle était également, « catholique déclarée », favorable à la réforme de la législation sur l’euthanasie et au droit à l’adoption par les couples homosexuels. Nul risque que nous puissions l’oublier.

 

Rappelons, pour terminer, que l’Instruction Donum vitae, évoquée plus haut, signée en son temps par le Cardinal Jospeh Ratzinger, a évoqué directement cette question en ces termes :

 

« La maternité "de substitution" est-elle moralement licite ?

 

« Non, pour les mêmes raisons qui conduisent à refuser la fécondation artificielle hétérologue : elle est en effet contraire à l'unité du mariage et à la dignité de la procréation de la personne humaine.

 

« La maternité de substitution représente un manquement objectif aux obligations de l'amour maternel, de la fidélité conjugale et de la maternité responsable ; elle offense la dignité de l'enfant et son droit à être conçu, porté, mis au monde et éduqué par ses propres parents ; elle instaure, au détriment des familles, une division entre les éléments physiques, psychiques et moraux qui les constituent. »

 

De « franchise » à « franchise », cela nous paraît assez clair pour qui se réclame du catholicisme.

 

L’occasion nous est apportée, une fois de plus, de souligner que Mme Morano est Secrétaire d’Etat à la Famille, dans un gouvernement supposé être de droite et supposé – de ce chef – être plutôt le protecteur que le fossoyeur de cette institution. A chacun d’en juger. Il ne nous paraîtrait pas étrange que des associations catholiques engagées dans la défense de la famille militent pour obtenir la démission ou le changement du titulaire de cette charge ministérielle.

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Vendredi 27 juin 2008 5 27 /06 /Juin /2008 10:00
- Par Mgr Jacques MASSON
Lucie de Fatima


Le message de Fatima permet de trancher l'épineuse question historique de la transmission du message du Sacré-Cœur donné à Marguerite-Marie Alacoque pour le roi Louis XIV (cf.prochain article). Certains historiens, arguant de l'absence de tout document contemporain attestant que le Roi aurait bien été averti, pensaient tout simplement qu'il n'en avait jamais eu connaissance. Les paroles de Notre-Seigneur à sœur Lucie tranchent définitivement le débat. Le Roi a finalement connu les demandes, mais « il n'a pas voulu les écouter » et « il en a retardé ainsi l'exécution ».

 
Sœur Lucie eut en effet cette révélation troublante et éclairante de Notre-Seigneur au mois d’août 1931 à Rianjo (
lors d'un séjour de convalescence en ce lieu, petite ville proche de Pontevedra), qui lui disait :

 
« On n’a pas voulu écouter ma demande ! Comme le roi de France, on s’en repentira et on le fera, mais ce sera trop tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres, des persécutions contre l’Eglise : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir » (Mémoires de Sœur Lucie, deuxième édition, mai 1991, page 243)




Marguerite-Marie Alacoque, le Roi de France et le Sacré-Coeur


Plusieurs messages sont adressés à Marguerite-Marie Alacoque par notre Seigneur Jésus-Christ. La révélation la plus significative se produit le 16 juin 1675, jour de la Fête-Dieu : « Voilà ce Coeur qui a tant aimé les hommes, n’a rien épargné Jusqu’à se consumer pour leur témoigner son amour et ne reçoit que froideurs et mépris ».

 

Le premier message s’adresse aux rois : « Il désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et des Rois, pour y être honoré, autant qu’il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion ». Mais plus spécifiquement à Louis XIV : « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Coeur que, comme sa naissance a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance (cf. ci-dessous, EXCURSUS) de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu’il fera de lui-même à mon Coeur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre ». 



Le deuxième message : « Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l’adorable Coeur de son Divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre veut établir son empire dans le coeur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l’exécution de ses desseins ».


Le Roi est fils aîné du Sacré-Coeur en qualité de chef d’État, de même que la France est Fille aînée de l’Église.

 
Le troisième message demande au Roi : « d’être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Eglise ».

 
Le quatrième message est de « faire construire un édifice où sera le tableau de ce Divin Coeur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l’empire du divin Coeur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ ».

 
Sainte Marguerite-Marie résume les conséquences du culte public au Sacré-Cœur : « Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu’elle sera consacrée à mon Divin Cœur ».



 - EXCURSUS -

Cotignac (France)
1519
Notre-Dame de Grâces

 

 

Le 10 août 1519, un bûcheron, Jean de la Baume, gravit le mont Verdaille. Il est seul. Comme d'accoutumée, il commence sa journée par prier. A peine s'est-il relevé qu'une nuée lui apparaît, découvrant la Vierge Marie, et l'Enfant Jésus dans ses bras, qu'entourent deux saints ( Sainte Catherine et Saint Bernard de Clairvaux) et l'Archange Saint Michel. Notre-Dame est debout, les pieds sur un croissant de lune. Elle s'adresse alors à Jean à peu près en ces termes :

 

« Je suis la Vierge Marie. Allez dire au clergé et aux Consuls de Cotignac de me bâtir ici même une église, sous le vocable de NOTRE-DAME DE GRACES et qu'on y vienne en procession pour recevoir les dons que je veux y répandre.»


 

*****

Le 27 octobre 1637, tandis qu'il était en prière avec ses confrères dans le choeur, le frère Fiacre eut une soudaine révélation intérieure : la Reine devait demander publiquement qu'on fît en son nom trois neuvaines de prières à la sainte Vierge, et un fils lui serait donné : la première neuvaine à Notre-Dame de Grâces en Provence, la seconde à Notre-Dame de Paris, la cathédrale, et la troisième à Notre-Dame des Victoires, (église de son couvent).

           

Six jours plus tard, le 3 novembre vers les 2 heures du matin, le pieux Augustin dans sa cellule est tiré de sa prière par des cris d'enfant. Étonnement et frayeur : il se trouve en face de la Vierge Marie, qui lui montre sur ses bras un enfant vagissant : « N'ayez pas peur, dit-Elle, je suis 1a Mère de Dieu, et l'enfant que vous voyez est le Dauphin que Dieu veut donner à la France ». (Dauphin que la France attend depuis 22 ans)

           

Et la vision disparaît, puis se manifeste à nouveau un court moment, mais sans plus dire un mot. Enfin, deux heures plus tard, Marie se fit voir encore, mais seule, et dit : « Ne doutez plus, mon enfant ; de ce que vous avez déclaré à notre confesseur. Pour marquer que je veux qu'on avertisse la Reine de faire trois neuvaines en mon honneur, voilà LA MEME IMAGE qui est à Notre-Dame de Grâces, en Provence et la façon de l'église »

           

Tôt informée, la Reine se mit à croire, dans la Foi, en la réalisation de ces promesses du Ciel transmises par Frère Fiacre.

           

Celui-ci avait déjà commencé les trois neuvaines au nom de la Reine. Celles-ci se terminèrent le 5 décembre suivant, soit précisément neuf mois avant la naissance du futur Roi Louis XIV.

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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 15:02

I.- A la suite de l’article que nous avons publié hier sur l’affaire d’Avesnes-sur-Helpe, un lecteur nous adresse le message suivant :

 

« En fait il semble que, dans l'ordre, l'enfant a refusé puis l'enseignant a alors jeté ses affaires par terre et l'a bousculé. C'est alors que l'enfant l'a insulté, puis a reçu une gifle. Il y a donc eu agression de l'enseignant d'abord. L'enfant n'a fait que répliquer. »

 

Il n’est pas douteux que ces précisions aient leur importance dans la compréhension des faits. Cependant, le « n’a fait que répliquer », loin de contredire l’analyse que nous avons présentée, nous paraît plutôt la justifier.

 

La question, pour nous, n’est pas de savoir si l’enseignant a eu tort ou non d’agir comme il l’a fait. Admettons qu’il ait eu tort, qu’il ait, comme disait saint Thomas, « excédé dans le mode », par une réaction disproportionnée, en jetant à terre les affaires de l’enfant qui refusait d’obéir et en le bousculant.

 

Reste la réaction même de l’enfant, c'est-à-dire de l’injure adressée à l’enseignant. Car c’est cela qui, au fond, est en cause : sans elle, la gifle ne serait pas intervenue. Cette dernière ne serait-elle pas intervenue, d’ailleurs, que le problème serait absolument identique. En soulignant que l’enfant « n’a fait que répliquer », on se situe exactement dans le cadre d’une relation d’égalité. On suppose ici que l’enfant a d’abord été “agressé” ; il n’a fait que se défendre. C’est cette vision des choses qui nous paraît erronée, voire dangereuse. Arrêtons-nous y un instant.

 

 

II. La vie sociale est essentiellement constituée de relations. C’est par elles que les hommes tendent à réaliser leurs projets, par elles qu’ils s’efforcent d’aménager leurs espaces de liberté et d’épanouissement.

 

Ces relations sont mesurées par le droit, qui y introduit de la rationalité et de la mesure, autrement dit de la justice. Mais pas seulement par la loi – n’en déplaise aux intoxiqués du positivisme. Ces relations sont également mesurées par des règles le plus souvent non écrites ou, en tout cas, qui anticipent les règles écrites ou peuvent se passer d’elles et que, faute de mieux, nous appellerons ici des “sacralités” en raison de leur nécessité.

 

Ainsi du respect : respect d’autrui, respect de sa vie, de ses biens ; respect de la parole que l’on donne, et de celle que l’on reçoit, respects sans lesquels il n’y a pas de vie sociale humaine possible.

 

Respect aussi de certaines relations d’ordre. Ce sont celles qui nous relient aux personnes âgées, aux anciens, aux sages, à ceux qui savent ce que nous ignorons, aux parents, à ceux qui sont investis d’une autorité légitime, à notre patrie, aux enseignants, aux pauvres mêmes. Il n’y a pas si longtemps qu’il était admis que la femme entrait aussi dans ces relations d’ordre, lesquelles généraient une forme de courtoisie qui lui était réservée, et que l’on appelait la galanterie. Celle-ci commandait notamment de s’effacer devant elle à un passage, de ne pas lui serrer la main comme à toute autre personne, de lui céder sa place assise dans un transport en commun, ou le haut du trottoir lorsqu’on la croisait dans la rue – d’où cette expression : « tenir le haut du pavé », synonyme de privilège et de primauté.

 

Si le respect d’autrui est en général fondé sur l’égalité, parce que nous honorons en lui ce que nous savons nous être dû à nous-mêmes, le respect des relations d’ordre est fondé, par hypothèse, sur une inégalité implicitement reconnue. Cette inégalité n’est pas quantitative ou matérielle, comme de celui qui possède plus à celui qui possède moins, puisqu’elle intègre les miséreux. Saint Vincent de Paul ne disait-il pas des pauvres qu’ils sont « nos maîtres » ? Cette inégalité est qualitative. Elle résulte d’une richesse humaine particulière que nous honorons en qui la possède, quand nous-mêmes ne la possédons pas et dont nous mesurons la valeur. Il est très étrange, de ce point de vue, qu’il y ait à honorer le pauvre, très étrange et très incompréhensible si nous ne saisissons pas qu’il s’agit là d’un apport original de l’Evangile, qui y puise sa fécondité et son sens. Le respect du pauvre tient à la fois de l’inégalité matérielle qui lui nuit et de « l’option préférentielle » qui le privilégie dans le cœur de Dieu.

 

Le respect de ces relations d’ordre, intégré dans la moralité, est une condition essentielle de la qualité, de la permanence, de la vérité, voire de la beauté des relations humaines. C’est pourquoi nous les qualifions de “sacralités”, au sens où ce qui est sacré est réputé mis à part, intouchable. L’expérience montre que lorsque l’on y porte la main, cette “désacralisation” entraîne inéluctablement une déshumanisation. La voie la plus ordinaire de les détruire consiste à leur imposer idéologiquement une égalité qui leur répugne essentiellement. Ainsi, il n’y a plus de paternité lorsque les pères sont réduits à n’être plus que des copains de leurs enfants, et c’est toute la société qui en est infantilisée dans ses perspectives et ses comportements. L’égalitarisme féministe a conduit à une perte de respect de la femme et, corrélativement, à celui de la mère, laissant en particulier libre court aux multiples instrumentalisations de la femme-objet.

 

 

III.- La désacralisation de la relation d’élève à maître, de celui qui est en état d’apprendre à celui qui est en état de donner, de notre point de vue, est de cet ordre. Cette relation est essentielle dans une société qui évolue par modes d’apprentissages successifs, par traditions de savoirs et d’expériences. Qui ne sait pas ce qu’est d’avoir eu un maître, en quelque domaine ou à quelque degré que ce soit, ne peut évidemment en comprendre l’importance.

 

Il n’en reste pas moins que cette relation est une condition primordiale de la valorisation du rapport humain au savoir, et du savoir lui-même. Elle facilite son acquisition, en reposant sur le respect et la confiance. Elle doit donc être protégée, et c'est implicitement qu'il est normalement acquis qu'elle doit l'être. Son existence même suppose, voire exige, une certaine crainte révérentielle qui constitue à la fois la condition de son exercice et la garantie de son maintien. L’égalitarisme opéré par le copinage, le tutoiement, l’effacement des hiérarchies et l’illusion platonicienne de ce que les enfants ne sont pas tant en état d’apprendre que de libérer leurs créativités, tout cela ruine la sacralité de cette relation et prive les enfants de son expérience.

 

Dans le cas qui nous occupe, présenter l’enfant et l’enseignant sur un pied d’égalité pour retenir que le premier n’a fait que répondre au second dans une altercation qui les opposait illustre le fait que l’on raisonne hors du cadre de cette relation, ou qu'on la tient pour inexistante. Dans cette hypothèse, alors oui, pourquoi pas ? L’enfant était en droit de se défendre puisque la réaction première de l’enseignant est jugée être une “agression” en fraude de ses droits. Allons plus loin : une fois la gifle reçue, l’enfant aurait dû ou pu légitimement en retourner une à l’enseignant pour que l’égalité soit respectée. Match nul, balle au centre : l’enseignant n’aurait eu qu’à s’en prendre à lui-même. Les partisans de ces analyses, qui focalisent exclusivement leur jugement sur “l’agression” supposée, seraient assez avisés de réfléchir au fait qu’elles sont transposables en toutes autres relations sociales. Elles le sont, en particulier, dans la relation des parents et des enfants. Ira-t-on, un jour, en désacralisant un peu plus qu'elle ne l'est la relation parents-enfants, jusqu’à légitimer une action en justice de ceux-ci contre ceux-là, au motif qu’ils en auront subi ce qui sera jugé être une “agression” ? Que la vie sociale ait tout à y perdre, rien n'est moins certain.

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Mercredi 25 juin 2008 3 25 /06 /Juin /2008 12:05
- Par Hermas.info


Aujourd’hui s’ouvre devant le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe (59) un procès singulier.

 

Rappelons d’abord les faits, qui se sont produits le 28 janvier 2008. Un enseignant en technologie de Berlaimont, M. José Laboureur, avait demandé en cours à l’un de ses élèves de sixième, âgé de onze ans, de ranger une table au fond de la classe. Celui-ci avait refusé. Regardant son professeur droit dans les yeux, selon ce qu’il est rapporté, l’enfant a traité son professeur de “connard”. M. Laboureur l’a alors poussé contre une porte et giflé. L’enfant a été exclu trois jours de l’école.

 

Ce qui, de prime abord, pourrait paraître un événement mineur, illustrant le cas de la sanction [susceptible d'être qualifiée d'excessive] d’une injure par un enseignant dans l’exercice de sa fonction, prend ici l’allure d’une affaire pénale. Le père de l’enfant, en effet, est gendarme. Et celui-ci croit devoir porter plainte.  M. Laboureur est placé en garde à vue pendant vingt-quatre heures. Une pétition de soutien a réuni plusieurs milliers de signatures d’enseignants et M. Fillon lui-même, ès qualités de premier ministre, a exprimé son propre soutien.

 

L’avocat de M. Laboureur plaide la relaxe, celui de l’enfant la condamnation à un euro de dommages et intérêts.

 

Cette dernière demande manifeste que le procès se situe dans le champ du symbole. La famille de l’enfant reproche d’ailleurs à l’enseignant d’avoir “médiatisé” sa défense et la condamnation est réclamée « pour toute la tempête dans laquelle (l’enseignant) a emporté cet enfant ».

 

Ces circonstances donnent à réfléchir.

 

Au premier chef, il y a la gifle. Il est entré dans une sorte de consensus social qu’un enseignant ne doit pas lever la main sur un élève. Concédons qu’il est justifié. Se posent cependant deux difficultés.

 

La première est celle du comportement de l’élève. On s’accorde sans doute aussi pour dire qu’en principe il ne doit pas injurier un enseignant. Mais il est déjà problématique qu’il puisse le faire, et que, de fait, un enfant de onze ans le fasse, et en ces termes. Comme il est problématique, plus généralement, qu’un enfant de cet âge puisse s’adresser ainsi à un adulte, quel qu’il soit.

 

La seconde est celle de la réaction des parents. Personne ne conteste à quiconque le droit de penser que le châtiment corporel n’a pas sa place dans l’éducation, et de le bannir de chez soi. Reste qu’il peut advenir, et que, de fait, il est advenu. Il est alors problématique de savoir s’il y a lieu de privilégier le blâme public de l’enseignant, qui y a cédé, sur le blâme de l’enfant qui l’a provoqué.

 

Au fond, on peut légitimement se demander si, là encore, on ne se trouve pas devant un problème de valeurs, voire de symboles, puisque le débat aboutit sur ce terrain.

 

De la faute de l’élève, on glisse à celle de l’enseignant, et de celle-ci à la médiatisation. Au terme de ce processus, il ne reste qu’une seule victime, face à son bourreau supposé : l’enfant, « emporté dans une tempête » par l’enseignant qui a entendu se défendre publiquement d’être traité comme un délinquant et un agresseur. Il n’y a plus de considération ni pour l’injure, ni pour le fait qu’elle ait été proférée par un enfant de onze ans, ni qu’elle ait atteint un adulte et, en l’occurrence, un enseignant.

 

L’enfant est ici banalement considéré comme un sujet de droit, face à un autre sujet de droit. Leurs droits respectifs sont pesés à égalité, et le droit pénal est invité à rétablir le déséquilibre dommageable provoqué par le seul enseignant.

 

Cette problématique, symptomatique de l’évolution de la société, évacue totalement la relation primordiale de l’élève à l’enseignant qui est, qu’on le veuille ou non, une relation d’inégalité. Une injure est une injure, soit. Mais il y a injure et injure. Il n’est pas égal de brûler une politesse à qui elle est due et de le disqualifier dans son autorité par une insulte publique. Il n’est pas égal non plus d’injurier un égal ou un inégal, comme il est couramment admis, encore, en droit du travail. Il est très surprenant que ceci ne paraisse pas avoir été saisi par le père de l’enfant, qui est un représentant de l’ordre.

 

L’idéologie soixante-huitarde est passée par là, qui a désacralisé la relation fondamentale de l’élève à l’enseignant, lequel n’est plus un maître, en même temps qu’elle présidait à l’évacuation de tous les éléments symboliques de cette sacralisation : la politesse, le vouvoiement, le respect, et jusqu’aux estrades marquant la distance de celui qui sait à celui qui a tout à apprendre.

 

C’est à être confronté à des événements de ce genre que l’on se surprend à n’être plus de son temps. Comment aurions-nous réagi nous-mêmes en de telles circonstances ? A supposer que nous ayons réprouvé le geste de l’enseignant, et que nous n’ayons pas plutôt pensé qu'il avait été bien mérité, la confusion de ce que l'enfant ait pu insulter ainsi son professeur ne l’aurait-elle tout de même pas probablement emporté ?
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Mardi 24 juin 2008 2 24 /06 /Juin /2008 09:04
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Lundi 23 juin 2008 1 23 /06 /Juin /2008 10:15
- Par Mgr Jacques Masson
BIOGRAPHIE


Les premières années


Marguerite Alacoque naît le 22 juillet 1647, à Vérosvres, gros village bourguignon de six cents habitants. Elle est la cinquième d'une famille de sept enfants, dont un n'a malheureusement pas vécu, née d'un père notaire royal. Charge importante à l'époque, qui confère à son père une certaine position sociale, alors que tous sont fermiers dans la famille. L'enfant est rapidement baptisée, le 25 juillet.

 
Sa petite enfance semble heureuse, même si la petite Marguerite perd une sœur cadette. Ses parents l'envoient donc quelques temps chez sa marraine, au château de Corcheval. Nul doute que ce soit là un divin dessein car la petite y entend précocement parler de vie religieuse, la fille de sa marraine étant visitandine, et y découvre tout aussi précocement l'Amour du Bon Dieu et la Présence Réelle. Elle y apprend aussi ses premières bribes de catéchisme.

 
En 1655, l'enfant subit ses premières souffrances familiales, son père décédant. Et elle perd presque aussitôt sa marraine qui, veuve, part se remarier bien loin… Mais ce n'est que le début de profondes souffrances. En effet, Madame Alacoque est dépassée par les événements, parfois humiliants comme des procès ou des saisies, et la petite Marguerite voit s'installer chez elle la belle-famille, qui peu à peu s'érige en tyran. Marguerite est alors envoyée au pensionnat dans un couvent, ce qui n'est pas sans la réjouir car depuis son passage à Corcheval, elle garde au fond d'elle le désir secret, et certes précoce, de se consacrer toute entière à Dieu. Ainsi la petite étonne par sa ferveur et sa piété. Elle n'a pas dix ans qu'elle fait sa première communion, déjà toute prise par l'Amour de Dieu.



Mais quelques mois plus tard, l'enfant, gravement malade, est obligée de retourner dans sa famille, gravement malade. Elle reste alitée près de quatre ans, couverte de plaies, souffrant avec patience, et s'abandonnant à Dieu. "Les os me perçaient la peau de tous côtés ", écrit-elle plus tard. Alors, à treize ans, elle promet à la Sainte Vierge de lui consacrer sa vie si elle retrouve la santé. Et la voilà rapidement guérie ! Toute sa vie Marguerite gardera une piété mariale très forte, et la Sainte Vierge lui apparaîtra même.

 

L'adolescence

 
La santé étant revenue, Marguerite reprend goût à la vie, et c'est une jeune fille pleine d'entrain. Elle prend aussi goût au monde, d'autant plus que sa mère et ses quatre frères sont aux petits soins à l'égard de celle dont ils ont craint si longtemps pour la vie. Ainsi Marguerite est partagée entre le désir d'une vie divertissante et celui d'une vie pieuse, toute à Dieu. Ses parents paternels sont là pour l'aider, bien malgré eux, à s'orienter : face à la tyrannie familiale à l'encontre de sa mère et de ses frères, Marguerite grandit en foi et charité, s'unissant avec patience et courage au Christ souffrant : elle les appelle même " les meilleurs amis de mon âme ".



Une année, en décembre, sa mère tombe malade : sa tête enfle, un abcès se forme. Un médecin de village la dit perdue, et se contente d'une saignée. Au jour de l'an, comme à son habitude, Marguerite se réfugie entre les bras du Bon Dieu et de la Sainte Vierge, leur demandant ce qu'il faut faire. A son retour, elle voit l'abcès de sa mère crevé, laissant une plaie purulente, tant et si bien que nul ne veut l'approcher. Marguerite y voit un signe de Dieu : domptant sa nature délicate, elle soigne avec dévouement sa mère qui, miraculeusement pourrait-on dire, guérit en peu de jours.

 
Mais la jeune fille n'est pas au bout de ses peines : elle a environ seize ans lorsque meurt son frère aîné. Deux ans plus tard décède le second.

 
Marguerite a alors dix-huit ans. C'est une jeune fille qui aime s'amuser, joyeuse, presque insouciante. Et elle n'est pas sans charme : elle est considérée comme un "bon parti", ce qui n'est pas pour déplaire à sa mère qui voit dans un mariage le moyen d'aller habiter chez sa fille et ainsi fuir sa belle-famille. Pourtant, Marguerite n'a pas oublié son désir de vie religieuse, et pendant six ans elle sera hésitante, partagée entre son amour du monde et l'Amour de Dieu, tantôt croyant ne pas pouvoir supporter la vie religieuse, notamment l'obéissance, tantôt se rappelant sa promesse à la Sainte Vierge, le Seigneur lui-même le lui rappelant parfois d'ailleurs… Se voyant incapable de discerner par elle-même, Marguerite prend le parti de se donner plus encore aux autres : elle se dévoue aux malades, fait le catéchisme aux enfants, mais aussi accepte courageusement et volontairement de souffrir la tyrannie familiale.

 

Vers la Visitation Sainte-Marie

 
Elle a vingt ans lorsqu'elle se décide à parler de son désir de vie religieuse. Elle déclenche alors un ouragan de protestations ; même le curé du village tente de l'en dissuader, ce qui n'est pas sans perturber Marguerite !



Cependant, le Bon Dieu est là pour l'éclairer : à vingt-deux ans, Marguerite fait sa confirmation, et choisit dès lors de joindre le nom de Marie à son nom de baptême. Et un prêtre venu prêcher lors d'un jubilé sermonne vertement la famille qui s'oppose à cette vocation.

 
Aussi Marguerite, maintenant Marguerite-Marie, persiste dans son choix. Voyant que Marguerite est résolue, sa famille veut alors choisir elle-même un couvent, selon les connaissances ou la parenté qui s'y trouve. C'est peine perdue : Marguerite est attirée par la Visitation Sainte-Marie, trouvant en ce nom l'expression de sa promesse passée.

 
Marguerite-Marie choisit la Visitation de Paray-le-Monial. Et elle sait de suite qu'elle a fait le bon choix car à peine a-t-elle franchi l'enceinte du monastère qu'elle entend au fond d'elle le Seigneur lui disant : "c'est ici où je te veux". Elle demande donc à y entrer, et ce n'est pas sans joie qu'elle s'y prépare. Nous sommes alors en 1671.

 
Marguerite entre au noviciat, et s'ouvre tout bonnement à sa maîtresse de sa vie spirituelle. La maîtresse des novices, ainsi que la supérieure, voient bien que le Seigneur agit tout spécialement en elle, mais craignent que l'élan ne soit un peu poussé. On fait alors comprendre à Marguerite-Marie que de tels élans ne sont pas dans l'esprit de l'Ordre, et qu'il vaut mieux rejoindre les sentiers battus. La croyant trop profonde et recueillie pour être vraie, presque trop bonne visitandine avant l'heure pourrait-on dire, on s'applique à l'humilier, à l'éprouver, afin de tester son caractère. Mais Marguerite-Marie ne se trouble point pour autant, et fait sans rechigner tout ce qu'on lui demande. Sa persévérance étonne, choque même ; on pense qu'elle "joue à la sainte" pour se faire admirer. Raison de plus pour plus encore l'humilier et la faire travailler. On doute même qu'elle puisse faire profession, lui signifiant que la "singularité" n'est pas de bon ton. Et de fait, sa profession est retardée de deux mois pour l'éprouver un peu plus !

 
Pourtant, Marguerite-Marie fait profession le 6 novembre 1672. Elle épouse dès ce moment-là le Christ souffrant, le Christ en agonie.



Les trois "grandes apparitions"


Jusque là, Marguerite-Marie a bien souvent entendu la voix du Seigneur au fond d'elle. Mais le 27 décembre 1673, le Christ lui apparaît physiquement, lui révélant son divin Cœur rayonnant comme un soleil, portant la trace du coup de lance, la couronne d'épines. Une croix le domine. Il lui adresse alors ce premier message : "Mon divin Cœur est si passionné d'amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu'il les répande par ton moyen." Le Christ alors unit le cœur de Marguerite-Marie au Sien, et de cet instant Marguerite-Marie gardera toujours une douleur au côté. La mission laissée à la sainte n'est pas petite : faire connaître aux hommes l'Amour débordant de Dieu… C'est la première des trois " grandes apparitions ", même si Marguerite-Marie en aura beaucoup d'autres.

 
La deuxième grande apparition a lieu l'année suivante, un premier vendredi du mois. Le Christ lui apparaît de nouveau manifestant son divin Cœur, "tout rayonnant de gloire avec ses cinq plaies brillantes comme cinq soleils". Le Christ alors se plaint que les hommes soient si loin de son Amour, et le lui rendent si peu. Il lui dit alors : "Tu communieras […] tous les premiers vendredis de chaque mois. Et, toutes les nuits du jeudi au vendredi je te ferai participer à cette mortelle tristesse que j'ai bien voulu sentir au jardin des Olives […] Et, pour m'accompagner […] tu te lèveras entre onze heures et minuit pour te prosterner pendant une heure avec moi". De plus, le Christ lui rappelle alors l'importance de l'obéissance, car Satan "n'a point de pouvoir sur les obéissants".

 
Durant l'octave du Saint Sacrement, en 1675, c'est la troisième grande apparition, et sans nul doute la plus connue. De nouveau, le Christ lui révèle son divin Cœur, et lui laisse ces paroles : "Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris […] Mais ce qui m'est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi." Il lui demande alors que soit instaurée la fête du Sacré Cœur, un culte public ! Marguerite-Marie, petite visitandine dans une petite ville, voit alors évidemment mal par quel moyen elle pourrait y répondre !

 

Des années difficiles


D'autant plus qu'elle est peu aidée : Sœur Marguerite-Marie voit plusieurs conseillers spirituels qui tous la prennent pour une illuminée et voit l'œuvre du Malin. Et elle est discrète, si bien que ses sœurs ignorent tout de ces Révélations, et sont agacées, voire la méprisent tout simplement. C'est une terrible souffrance pour elle que cette incompréhension, mais c'est aussi un moyen de sanctification. Toutefois, en mars 1675, un nouveau directeur spirituel vient à elle, le Père Claude la Colombière [portrait ci-joint], un jeune jésuite. Pendant un an et demi, il sera là pour la soutenir sur les chemins du Seigneur.

 
Heureusement qu'un tel homme est là pour la porter, car la vie de Sœur Marguerite-Marie n'est pas sans combats, et des moments de doute suivent ses élans de ferveur. On comprend aisément que le Christ veut faire partager à la sainte toutes ses souffrances d'ici-bas, afin qu'elle puisse aussi partager tout son Amour. Et Marguerite-Marie le saisit très bien : "Il n'y a point de souffrance à ceux qui aiment ardemment, parce que tout ce qu'il y a de plus amer est changé en amour". Et là encore, c'est un chemin de sanctification.

 
En novembre 1677, le Seigneur lui fait faire un pas de plus, qui lui demande courage. Devant la communauté réunie, Sœur Marguerite-Marie déclare de la part du Seigneur qu'Il est très mécontent du manque de charité qui règne dans le monastère, et qu'Il en demande réparation ! Evidemment, on imagine les réactions : certes quelques sœurs se retirent silencieusement, sincèrement touchées, mais d'autres entourent la sainte, la brutalisant vertement par des paroles blessantes, la disant possédée… C'est une rude épreuve, mais elle accepte la divine Volonté.

 
On imagine que les mois qui suivent ne sont pas de tout repos, et les tensions violentes. Mais Sœur Marguerite-Marie fait comme à son habitude tout ce qu'on lui demande, accomplissant à merveille son devoir d'état. Tout ce qu'elle fait, elle le fait néanmoins accompagnée par le Seigneur, et rien ne semble pouvoir la sortir d'une perpétuelle prière. Elle passe par tous les emplois, hormis ceux de portière et de supérieure.

 
En 1684, lors de sa retraite annuelle en solitude, Marguerite-Marie épouse une nouvelle fois le Christ, de façon sensible. "Il épousa mon âme en l'excès de sa charité", commentera-t-elle brièvement plus tard.

 

Vers le culte du Sacré-Coeur

 
En 1685 et 1686, elle devient maîtresse des novices. Elle peut commencer à y faire connaître le Sacré Cœur, et quelle joie pour elle lorsque, lors de la sainte Marguerite 1685, elle trouve un petit oratoire improvisé par les novices sur lequel trône une image du Sacré-Cœur dessiné à la plume ! Marguerite convie alors la communauté à se joindre à elles, mais sans succès. Bien au contraire, une nouvelle fois, une partie des sœurs se ligue contre elle, jugeant inopportun cette prétention à introduire un nouveau culte.

 
Et Marguerite-Marie n'est pas au bout de ses peines. Ayant rendu au monde une jeune fille dont elle pense la vocation forcée, elle s'attire les foudres du père qui, homme influent, lui tresse une réputation de folle et d'incompétente. Mais la maîtresse des novices ne fléchit pas, et dans l'humiliation grandit encore spirituellement.

 
Une autre épreuve s'abat alors sur elle. Le Père la Colombière est décédé trois ans auparavant. Or voici que quelques jésuites décident de publier un ouvrage reprenant ses écrits, La Retraite Spirituelle. Or, à la lecture du livre au réfectoire, les sœurs entendent avec surprise le récit de la grande apparition, quoique Marguerite-Marie ne soit pas nommément citée.

 
La réputation de Sœur Marguerite-Marie commence à aller bien au-delà des murs du monastère. Et on l'a pousse à écrire sa vie, et ses rencontres intimes avec le Seigneur. Mais elle ne veut pas s'exposer, et n'aime jamais ce qu'elle a écrit. Il faut que le Seigneur lui-même lui demande de ne plus refuser d'écrire, et que son confesseur le Père Rollin lui donne l'ordre de commencer son autobiographie. S'apercevant qu'elle déchire à chaque relecture ce qu'elle écrit, il faut même lui interdire de se relire ! Toujours est-il que c'est un témoignage vivant, et une profonde marque de sa spiritualité.

 
Le 21 juin 1686, le monastère décide unanimement de fêter le Sacré-Cœur, à l'initiative d'une des sœurs pourtant les plus opposées à l'origine. Marguerite-Marie alors sait qu'elle atteint son but : "Je mourrai maintenant contente, puisque le Sacré-Cœur de mon Sauveur commence à être connu". De fait, le culte se développe ; des démarches sont même entreprises à Rome pour sa reconnaissance.

 
En 1689, Marguerite-Marie reçoit un dernier message du Seigneur : elle doit faire savoir au roi, Louis XIV, qu'il doit se consacrer au Sacré-Cœur, ainsi que tous les grands du Royaume, et Lui construire un lieu de culte. Le message arriva-t-il au destinataire ? Nul ne sait, mais toujours est-il qu'il n'y eut point de suites (1).

 
En octobre 1690, elle annonce à ses sœurs, incrédules, que le Seigneur veut la rappeler à Lui, et en effet, sœur Marguerite-Marie rend saintement son âme à Dieu le 17 octobre de la même année.

 (à suivre)

_______________

(1) Le lecteur trouvera des précisions sur cette demande de Consécration au Sacré-Cœur par le Roi Louis XIV dans le prochain article : « Le Sacré-Cœur, le Roi de France et la France ».

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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 07:48
- Par l'Equipe de Hermas.info

Lors de sa catéchèse d’hier (Ici), le Saint-Père a évoqué la grande et belle figure de saint Isidore de Séville. Rappelons que saint Isidore (+ 636) - que le P. Congar appelait « le maître du Haut Moyen-Age », fut l’une des plus grandes figures du catholicisme wisigothique et l’une des plus rayonnantes de la chrétienté médiévale tout entière.


« Saint Isidore, dit le Saint-Père, était le frère de Léandre, évêque de Séville, et un grand ami du Pape Grégoire le Grand. Ses œuvres montrent qu’il avait une connaissance encyclopédique de la culture classique païenne et une connaissance approfondie de la culture chrétienne. En 599, Isidore succéda à son frère sur le Siège épiscopal de Séville, qu’il occupa jusqu’à sa mort en 636. Le Concile de Tolède le définira comme “illustre maître de notre époque, et gloire de l’Église catholique” ».


Isidore est l’auteur, notamment, des fameuses Etymologies, dont saint Thomas s’est maintes fois inspiré en ses œuvres, ainsi que de la prière Adsumus, d’origine mozarabe, composée à l’occasion du quatrième concile de Tolède (633). Cette très belle prière, à laquelle sont attachées des indulgences, est utilisée depuis lors dans l’Eglise pour l’ouverture des conciles. Elle a ainsi été utilisée au deuxième Concile du Vatican. Elle l’est aussi pour des assemblées capitulaires, monastiques ou canoniales, et rien n’interdit d’en faire usage également dans des réunions de laïques ou – pourquoi pas ? – dans les couples qui se retrouvent pour réfléchir aux orientations données à leurs familles. En voici le texte français (1) :

 

Nous sommes ici devant toi, ô Esprit Saint ;

nous sentons le poids de nos faiblesses,

mais nous sommes tous réunis en ton nom.

 

Viens à nous, assiste-nous, descends dans nos coeurs ;

enseigne-nous toi-même ce que nous devons faire,

montre-nous toi-même le chemin à suivre,

accomplis toi-même ce que tu requiers de nous.

 

Sois toi-même à suggérer

et guider nos décisions,

parce que toi seul, avec Dieu le Père et avec son Fils,

as un nom saint et glorieux ;

ne permets pas que soit lésée par nous la justice,

toi qui aimes l’ordre et la paix ;

que l’ignorance ne nous fasse pas dévier,

que l’humaine sympathie ne nous rende pas partial,

que les charges ou les personnes ne nous influencent pas ;

tiens-nous attachés à toi par le don de ta grâce,

afin que nous soyons une seule chose avec toi

et qu’en rien nous nous détournions de la vérité.

 

Fais que réunis en ton saint nom,

nous sachions être bons et fermes ensemble,

de manière à tout faire dans l’harmonie avec toi,

dans l’attente que grâce à l’accomplissement fidèle du devoir

nous soient données dans le futur les récompenses éternelles.

Amen.

 

 

Le Pape Benoît XVI donne saint Isidore comme exemple de la nécessité de vivre indissociablement l’expérience de la contemplation et de l’action. Cela vaut évidemment pour les clercs, mais tout autant pour les laïques chrétiens, dans leurs propres engagements au sein du monde, familiaux, professionnels ou politiques.


« Isidore fit dans sa vie l’expérience d’un conflit intérieur permanent entre le désir de la solitude, pour se consacrer à la méditation de la Parole de Dieu, et les exigences de la charité envers ses frères, se sentant, en tant qu’Évêque, chargé de leur salut. Dans la situation politique complexe de son temps, il contribua à la formation du peuple. Grâce à la richesse de ses connaissances, il put confronter la nouveauté chrétienne avec l’héritage classique, ne négligeant rien de ce que l’expérience humaine avait produit dans l’histoire de sa patrie et du monde. Toutefois, il lui est arrivé de ne pas réussir à faire passer comme il l’aurait voulu les connaissances qu’il possédait à travers les eaux purificatrices de la foi chrétienne. La leçon que nous laisse le grand Évêque de Séville est qu’il n’est pas possible de vivre ni d’aimer sans faire en même temps l’expérience de la contemplation et de l’action ». 

_______________

(1) Cette traduction est tirée de la revue Info Cliop, la revue de la Commission liturgique internationale de l'Ordre des Frères Prêcheurs, dans son numéro intitulé "Vie liturgique, dimension pénitentielle et indulgences" (mars 2007, n°7), p. 29.

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