Communautés

L'Eglise qui souffre

Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 12:13

Par La rédaction
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    Dans la foulée de notre précédent article, nous devons faire état d'un article publié par l'Aide à l'Eglise en Détresse (AED) consultable sur le site de l'association (ICI):

"Irak : Restera-t-il encore des chrétiens ?
«Les chrétiens sont pris pour cible car ils refusent le recours à la violence : ils n’ont pas de milice pour se défendre ou se venger et représentent donc des proies faciles » a déclaré Marc Fromager, directeur de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), réagissant à l’enlèvement de deux prêtres Irakiens le 13 octobre à Mossoul.
«Dans le même temps, nous recevons une lettre de 138 dignitaires musulmans qui assurent que “les musulmans et l'Islam ne sont en aucune manière contre les chrétiens”. Nous nous en réjouissons et espérons que ces autorités condamneront également et sans réserve ce genre d’actes anti-chrétiens» poursuit-il.

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Le 13 octobre dernier, le Père Mazer Ishoa Mattoka et le Père Pios Affas ont été enlevés dans le district de Faisaliya, dans le Nord de Mossoul, alors qu’ils étaient en route pour l’église Notre-Dame de Fatima, où ils allaient assister à des funérailles.
Mgr Andreas Abouna, évêque auxiliaire chaldéen de Bagdad, a immédiatement appelé tous les chrétiens à prier pour la libération de ces deux prêtres, en insistant sur le caractère anti-chrétien de leur enlèvement. Dans un entretien à l’AED il a ajouté que les chrétiens d’Irak, et particulièrement ceux de Mossoul, «sont prisonniers d’une lutte pour le pouvoir sans merci entre différentes factions d’extrémistes. Nous ne sommes ni des marionnettes qu’on manipule à l’envie, ni du bois de chauffage dont on se débarrasse en le jetant au feu» a-t-il poursuivit.
Mgr Basilios Georges Casmoussa, évêque syrien catholique de Mossoul –lui-même enlevé le 17 janvier 2005- a pour sa part dénoncé la politique de la communauté internationale «qui sacrifie [les chrétiens d’Irak] sur l’autel de ses intérêts politiques et économiques».

La ville de Mossoul est le dramatique théâtre de violences anti-chrétiennes. De nombreuses églises y ont été attaquées et profanées. En octobre 2006, un prêtre de l’Eglise orthodoxe syriaque a été décapité. Le 3 juin 2007, le Père Ragheed Ganni, et trois diacres, y ont été assassinés. Les chrétiens n’ont aujourd’hui pas d’autre solution pour échapper à la mort que de fuir en Jordanie ou en Syrie."
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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 11:42

Par La rédaction

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    Nous avons déjà eu ici l'occasion d'attirer votre attention sur la situation des chrétiens d'Irak, victimes constantes d'une violence qui vise clairement à les supprimer, par l'exil ou l'assassinat. L'Eglise a déjà manifesté son immense préoccupation et son soutien concret aux chrétiens d'Irak.

A cet égard, on mentionnera que Mgr
Emmanuel III Delly, patriarche en Irak. Patriarche de Babylone des chaldéens depuis 2003, résidant à Bagdad, fait partie des nouveaux cardinaux nommé par le Pape.

Surtout, on doit faire état (Source agence Fides) des PP. Pius Afas et Mazen Ishoa. Ces deux prêtres catholiques iraquiens de rite syriaque ont été enlevés à Mossoul au Nord de l’Iraq. Le Saint Père a demandé publiquement leur libération leur de l'Angelus de dimance dernier, dans les termes suivants :
« Chaque jour depuis l’Irak de graves nouvelles d’attentats et de violences continuent à arriver, qui secouent la conscience de tous ceux qui ont à cœur le bien de ce pays et la paix dans la région. Parmi ces nouvelles, nous apprenons aujourd’hui la nouvelle du séquestre de deux bons prêtres de l’archidiocèse syro-catholique de Mossoul, menacés de mort. Je fais appel aux kidnappeurs pour qu’ils relâchent promptement les deux religieux, et, en réaffirmant encore une fois que la violence ne résout pas les tensions, j’adresse au Seigneur une prière suppliante pour leur libération, pour tous ceux qui souffrent de la violence et pour la paix »

Depuis, on a appris que les deux prêtes sont encore entre les mains de leurs ravisseurs, mais seraient vivants et se porteraient bien. C’est ce qu’affirme Mgr Basile Georges Casmoussa, l’archevêque syro-catholique de Mossoul, dans une déclaration à l’Agence MISNA. « La chose la plus importante en ce moment est de maintenir ouverte la porte du dialogue, l’espérance est de pouvoir très vite revoir les deux prêtres dont le relâchement est lié au paiement d’une rançon » a dit Mgr Casmoussa.

Les deux prêtres sont été enlevés dans l’après-midi de samedi 13 octobre, dans les environs de Mossoul, tandis qu’ils se rendaient en visite de condoléances auprès d’une famille qui avait subi un deuil depuis peu. Le P. Pius Afas, âgé de 60 ans, enseigne la Bible au séminaire local ; il a été pendant longtemps le directeur de la revue « La pensée chrétienne », en langue arabe. Le P. Mazen Ishoa, âgé de 35 ans, a été ordonné il y a à peine quelques mois : son choix du sacerdoce a mûri après la licence et le service militaire.

Prions pour eux et n'oublions pas l'Eglise d'Irak.
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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /Oct /2007 11:10

Par La rédaction
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    Les accords de paix ayant mis fin à l'interminable conflit du Sud Soudan (et incidemment permis au gouvernement central de se consacrer pleinement au Darfour !) avaient légitimement suscité de grands espoirs.

L'Eglise, pour être toujours présente au contact des populations tire ici encore la sonnette d'alarme par la voix d'un missionnaire dont l'anonymat est nécessaire (source Fides et Zenit.org).

« Tandis que les yeux de la communauté internationale sont fixés sur le Darfour, on a oublié le Sud Soudan, croyant qu’avec les accords de paix de 2005 c’était désormais le paradis sur terre! On ne se rend pas compte que la paix doit être construite jour après jour », a déclaré à Fides, ce missionnaire du Sud Soudan - qui reste anonyme pour des raisons de sécurité -, au lendemain de la décision des ex-rebelles du Mouvement de libération du peuple soudanais (SPLM) de se retirer du gouvernement d’union nationale, né après les accords de 2005.

Le 11 octobre, les représentants du Sud Soudan ont en effet annoncé avoir retiré leurs ministres du gouvernement pour protester contre les « violations du traité de paix ».

Les représentants du SPLA accusent le gouvernement central d’avoir violé l’accord de 2005 pour ne pas avoir partagé les profits des ventes de pétrole, pour ne pas avoir retiré les troupes du Sud, et pour avoir remilitarisé les zones de frontière entre le Nord et le Sud, qui sont encore l’objet de disputes entre Khartoum et les dirigeants du Sud. « Ce sont justement ces zones, où sont concentrée la plus grande partie des richesses de pétrole soudanais, qui sont le vrai nœud du litige », affirme le missionnaire.

« J’ai été à Turalei, une des zones disputées entre le Sud et le Nord, et j’ai vu une patrouille du SPLA en croiser une autre de l’armée régulière. J’ai remarqué les regards pleins de hargne qu’ils se sont échangés. Il ne s’est rien passé, mais qui peut dire ce qui se passera à l’avenir ? »

« Une autre chose qui m’a frappée », continue le missionnaire : « c’est le fait que les soldats du Sud étaient parfaitement équipés avec de nouvelles armes et de nouveaux uniformes. Cela ne doit pourtant pas étonner car la plus grande partie des entrées de l’administration provisoire du Sud est destinée au renforcement de l’armée, qui seulement en théorie s’est intégrée dans les forces armées régulières, comme prévu par les accords de 2005. En réalité c’est encore une formation autonome ».

« Paradoxalement le réarmement du Sud a été rendu possible par les activités humanitaires accomplies par l’Eglise, par les organisations non gouvernementales et par les Nations Unies. L’administration sudiste n’a pas construit d’écoles et d’hôpitaux pour la population civile, comme par exemple le fait l’Eglise. Bien que 48% des bénéfices de la vente du pétrole doivent être administrés par le Sud, comme fixé par les accords de 2005, le gouvernement du Sud n’a pas investi pour le bien-être de la population, mais pour renforcer l’armée. La communauté internationale se contente de regarder et ne fait rien pour arrêter ce processus qui risque de provoquer une autre tragédie » affirme le missionnaire.

« Il existe en outre des situations comme celle des monts Nuba, une autre des zones disputées, où l’Eglise de fait supplée en tout au manque de l’Etat. En effet, en attendant de décider si les monts Nuba appartiennent au Nord ou au Sud, ni l’administration de Khartoum, ni celle du Sud ne sont présentes. La population est livrée à elle-même. L’Eglise exerce une œuvre de suppléance qui au fond ne relève pas de sa compétence, construisant des écoles et des hôpitaux », conclut le missionnaire.


N'oublions pas les chrétiens du Sud Soudan, ni les missionnaires et les organisations qui manifestent concrètement la préoccupation de l'Eglise pour ses populations martyres. 
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Jeudi 18 octobre 2007 4 18 /10 /Oct /2007 17:08

Par La rédaction
    I.- La lettre apostolique Summorum pontificum est actuellement au cœur des préoccupations de beaucoup. Ce souci atteint certains mouvements, tels que les scouts – spécialement les Scouts d’Europe.

Le journal La Croix informait ses lecteurs [Ici], le 11 octobre 2007, que le conseil d’administration de l’association des guides et scouts d’Europe (AGSE) avait adopté, le 6 octobre, une mise à jour de son règlement en ces termes : « Les unités du mouvement doivent être accompagnées par des conseillers religieux qui célèbrent habituellement selon la forme ordinaire du missel ».

Cette information a suscité un certain émoi, et chez ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire [celle du missel de 1970] et chez… les dirigeants du mouvement eux-mêmes, mécontents de ce que le texte de cette décision, « initialement destiné aux seuls commissaires de province » ait été ainsi publié. Le motif avancé est que cette diffusion a été faite sans explication.

Ce motif n’est pas tout à fait exact : La Croix a apporté, en citant le texte incriminé, l’essentiel des justifications avancées par l’AGSE elle-même, à savoir qu’il s’agissait d’une confirmation de « son choix d’utiliser dans les activité scoutes le missel de Paul VI » et qu’il n’entrait pas « dans la mission du mouvement de faire découvrir aux enfants et aux jeunes la forme particulière (cad extraordinaire) du missel ». Le quotidien a ajouté, toujours en citant l’AGSE, que cette dernière ancrait sa décision dans sa fidélité « sans aucune réserve » aux enseignements de Vatican II et dans la volonté de ne pas « porter atteinte à l’unité des groupes » du mouvement, afin que « celui-ci reste un lieu de paix et d’unité ».

L’AGSE a donc adressé, le 15 octobre 2007, une lettre d’information, signée des commissaires généraux des guides et des scouts et du « conseiller religieux » des équipes nationales, aux chefs et cheftaines de groupe. Cette lettre circule elle aussi – décidément – sur internet [Ici].


    II.- Ce document est divisé en trois parties. La première indique (c’est son titre) que « Depuis le Concile, l’AGSE célèbre (sic) avec le missel de Paul VI ». La deuxième indique que la « mise à jour » litigieuse a été approuvée par le président de la commission épiscopale pour la pastorale des enfants et des jeunes. La troisième enfin présente trois objections opposées à cette « mise à jour » et tente d’y répondre. Ces objections sont les suivantes : celle-ci contrarierait la liberté des parents de choisir le missel pour leurs enfants ; elle restreindrait les facultés données par le pape ; elle serait finalement contraire aux demandes de l’Union internationale des guides et scouts d’Europe, laquelle indique que les mouvements n'ont pas à s'immiscer dans l'interprétation du motu proprio ou ses conditions d'application.

Pour l’essentiel, cette lettre confirme ce que disait déjà l’article de La Croix, à savoir que l’AGSE entend se tenir à la forme liturgique qu’elle a toujours suivie depuis le concile Vatican II sans avoir jamais exclu des personnes ayant une « sensibilité religieuse » différente, pour autant qu’elle fût catholique. Cet argument d’habitude n’a évidemment pas grande portée en lui-même. S’il suffisait, la décision du pape du 7 juillet 2007 serait tout simplement inapplicable : tout curé pourrait le reprendre à son compte pour refuser de rien modifier à l’habitude prise.

L’AGSE va cependant plus loin, en fondant son choix présent sur deux raisons qui méritent l’attention.


    III. LA PREMIERE EST CANONIQUE. Elle consiste à dire que le motu proprio du 7 juillet dernier permet à un groupe stable de fidèles de présenter une demande au curé de leur paroisse. Or, observe l’AGSE, « le texte ne prévoit pas cette possibilité pour les associations de fidèles et les mouvements ». Ceci est parfaitement exact, le texte pontifical ne visant, en dehors des paroisses, que les « communautés d’instituts de vie consacrée et de sociétés de vie apostolique ». Elle en conclut : « Notre mouvement n’est donc pas directement concerné par le motu proprio ».

Cette analyse juridique nous paraît, sur le principe, correspondre parfaitement à l’intention du pape. Car la réforme introduite [il s’agit bien pour nous de cela] par ce dernier vise à la pacification et à la restauration liturgiques dans des cadres qui sont eux-mêmes des « communautés » liturgiques, ecclésiales, sous la responsabilité de l’évêque, modérateur de la liturgie en son diocèse. C’est au sein de ces communautés que doit se réaliser la communion qui, pour l’heure, fait défaut, chaque forme liturgique étant appelée à y influencer l’autre, comme l’a explicitement exprimé le pape. C’est la communauté ecclésiale qui est théologiquement le lieu de la vie liturgique comme celui de l’unité. Une association, quelle qu’elle soit, n’a pas pour finalité d’opérer cette œuvre-là ni de s’y substituer. L’argument de l’AGSE nous paraît donc sur ce point imparable. Nul  ne peut, se fondant sur le motu proprio évoqué, prétendre à un droit exigible de cette association.

LA SECONDE EST TELEOLOGIQUE. La finalité de l’AGSE, souligne-t-elle, est d’ordre pédagogique. Elle est « d’abord un mouvement de scoutisme », ayant pour objet « d’aider les enfants, les adolescents et les jeunes à devenir des adultes responsables, généreux, s’appuyant sur une foi solide et joyeuse, des hommes et des femmes de lumière, des témoins authentiques de la civilisation de l’amour et des Béatitudes, capables de s’engager en tant que chrétiens dans le monde et l’Eglise d’aujourd’hui » (réponse à la 1ère objection). Ici, au regard du contexte, nous sommes à la limite du pathos, il faut en convenir, qui laisse entendre que cette finalité ne pourrait être obtenue dans l’usage de la forme extraordinaire du rite... Si c’est le cas, c’est une sottise évidente qui ne trouve aucune justification dans le texte pontifical. Il eut suffi de se borner à indiquer, sans y rajouter, que l’objet de l’AGSE n’était pas de réaliser une tâche essentiellement confiée par l’Eglise aux communautés paroissiales mais d’aider seulement, « grâce à la méthode scoute, les jeunes à découvrir le Christ, et à vivre de son enseignement ».

   
    IV.- L’AGSE indique - et il faut sans doute l’en croire – qu’elle se « réjouit » de ce que « les différences liturgiques vont désormais trouver une solution de paix dans les paroisses ». Ce n’est cependant pas sans paradoxe qu’elle poursuit : « Nous souhaitons proposer aux familles qui, de façon habituelle, assistent aux messes célébrées selon la forme extraordinaire du missel, la possibilité de découvrir la beauté et la sainteté du missel de Paul VI dans le cadre du mouvement des guides et scouts d’Europe qui souhaite ainsi contribuer à l’unité de l’Eglise en France ». Paradoxe, au minimum, car tout en déclarant n’avoir pas à en entrer dans cette question, pour n’être qu’un mouvement scout, l’AGSE s’attribue de devoir être, en quelque sorte, une vitrine convaincante de la forme liturgique ordinaire. Comme nous l'avons relevé plus haut, elle considère qu'il n'entre pas
« dans la mission du mouvement de faire découvrir aux enfants et aux jeunes la forme particulière (cad: extraordinaire) du missel ». Mais elle considère qu'il lui appartient tout à fait normalement de faire découvrir « aux familles qui, de façon habituelle, assistent aux messes célébrées selon la forme extraordinaire du missel, la possibilité de découvrir la beauté et la sainteté du missel de Paul VI ». Est-ce cohérent ?

La formulation est en outre fort maladroite, pour qui connaît un peu le contexte. Cela fait en effet quarante ans que l’argument de « l’unité de l’Eglise de France » est utilisé, qui a toujours globalement tourné sur un “identitarisme” exclusif de ceux qui ne s’y reconnaissaient pas. C’est cela, précisément, que le pape entend corriger. En outre, entre-t-il dans l’objet de l’AGSE la mission apologétique de « contribuer à l’unité de l’Eglise en France » ? A dire vrai, rien n’est moins certain. Et de quelle unité s’agit-il ici ? S’agit-il de cette « concorde discordante » et de cette « discorde concordante » que nous évoquions avec saint Bernard (cf.), bref d’une unité d’ordre, respectueuse de ce qui doit être respecté, ou s’agit-il d’une unité d’exclusion qui ne se résout pas à intégrer ce qui lui paraît inassimilable ? L'argumentation développée, qui réduit finalement l'unité autour de la seule forme ordinaire du rite, autorise cette dernière interprétation.

Autant l'AGSE est convaincante quand elle se limite à l’aspect canonique de la question ou à l’objet de son activité, autant ses arguments paraissent suspects quand elle en déborde. D’où vient, par exemple, qu'elle puisse s'octroyer de décider qu’une unité scoute « a la possibilité (…) d’assister dans des paroisses ou monastères, à titre exceptionnel, à une messe célébrée selon le missel de Jean XXIII » - c'est-à-dire qu'elle n'en a pas le droit en règle générale ? Qu’elle puisse considérer qu’elle n’a pas à ménager en son sein une cohabitation de formes liturgiques parce que cela n’entre pas dans ses attributions de mouvement scout, soit, nous y acquiesçons volontiers. Mais qu’elle décide, de sa propre autorité, de restreindre l’accès à la forme extraordinaire du rite, voilà qui est assurément très singulier. Est-on toujours là dans l’esprit de « l’unité de l’Eglise en France » telle qu’elle est encouragée par le pape, en vertu d'une loi universelle, au profit de tous les fidèles ? Tout en affirmant vouloir s'adapter au nouveau motu proprio, l'AGSE donne l'impression de vouloir maintenir, par un abus de pouvoir, les verrouillages que permettait l'ancien, celui de 1988.

   
    V.- Cette affaire des Scouts d’Europe, de soi, n’est pas un événement majeur pour l’équilibre de la planète. Elle est cependant intéressante à considérer parce qu’elle manifeste les difficultés de mise en œuvre d’une réforme pourtant si nécessaire et si potentiellement féconde. Nous entendons bien qu'il ne faille pas réduire la pensée des rédacteurs de la lettre examinée, ni douter de leur intention de paix, puisqu'ils craignent que la pluralité ne vienne troubler l'unité de leur mouvement sur une question qui, au regard des fins poursuivies, est secondaire. Il n'empêche que les arguments relevés - qu'il n'était vraiment pas nécessaire d'utiliser ! - montrent assez que les difficultés ressenties ne sont pas d’ordre canonique. Elles sont spirituelles, elles sont dans les cœurs. Des coeurs qui s'effraient de trop devoir se dilater. C'est pourquoi, invoquant l'autorité de saint Paul avec une grande liberté dans la lettre aux évêques qui accompagnait le motu proprio, le Saint-Père a eu ce mot audacieux et magnifique : « "C'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit" (...). Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher (...). Ouvrons généreusement notre coeur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place ».
 
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Mercredi 3 octobre 2007 3 03 /10 /Oct /2007 14:42

Par La rédaction
logob.jpg Le 28 octobre prochain, 498 martyrs de la guerre d'Espagne seront béatifiés. A cette occasion, la Conférence Épiscopale espagnole organise à Rome, ce vendredi 5 octobre, un colloque sur le thème :  "Le siècle des martyrs et la persécution religieuse en Espagne (1934-1939)".

Ce colloque aura lieu dans l'Aula magna de l'Institut pontifical Agustinianum.

Y interviendront le professeur Andrea Riccardi, président de la Communauté San Egidio et auteur du livre Le siècle des martyrs, Mgr Vicente Prison Ortí, spécialiste de l'histoire de l'Eglise en Espagne et le P Juan Antonio Martínez Camino, Secrétaire général de la Conférence épiscopale espagnole.

    libro.gif A cette occasion, sera présenté l'ouvrage intitulé Qui sont-ils et d'où viennent-ils, 498 martyrs du XXème siècle en Espagne (550 p.). Ce livre est publié par les éditions EDICE, qui sont celles de ladite Conférence épiscopale. Il compte deux parties. La première présente la biographie des martyrs, avec la photo de chacun d'eux, fruit d'un travail effectué par les différents postulateurs, sous la direction du P. Ildefonso Moriones Zubillaga, O.C.D., Postulateur général du Carmel thérésien. La seconde présente les relations de ces martyrs avec les différents diocèses espagnols et avec d'autres pays.

Cet ouvrage peut être commandé à l'adresse suivante :

Editorial EDICE
c/ Añastro, 1
E - 28033 MADRID
E-mail: edice.cee@planalfa.es
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Vendredi 28 septembre 2007 5 28 /09 /Sep /2007 11:51

Par La rédaction
 
cls-12-geoffroy1146bernard16eboispeintcathtroyes.jpg A l’annonce et à la publication de la Lettre apostolique Summorum pontificum, certains fidèles ou ecclésiastiques se sont émus. Cette même émotion peut être suscitée aujourd’hui par des demandes exprimées en vue de l’application de ce texte, ici ou là. Ces dernières ne vont-elles pas introduire divisions et divergences là où elles n’existent pas ? Est-il utile et sain d’introduire des clivages dans l’unité ?
 


C’est précisément parce que cette unité n’était qu’apparente, ou en tout cas incomplète, que le Saint-Père, pasteur commun, a cru devoir prendre cette mesure afin que chacun puisse trouver sa place en sa paroisse, jusque dans l’expression de sa vie liturgique.


Unité ne veut pas dire uniformité. Et particularité ne veut pas dire divergence.

C’est à l’épreuve de la charité que la communion, dont on a si longtemps et tant de fois invoqué l’exigence, peut trouver aujourd’hui tout son sens et sa vérité.


Nous vous proposons ici un texte de saint Bernard, qu’il écrivit au sujet de la variété des ordres religieux dans l’unité de l’Eglise. Ce qui vaut des ordres vaut, mutatis mutandis, des groupes liturgiques, unifiés autour d’ordo différents. Il nous a semblé qu’il méritait, en les présentes circonstances, d’être médité dans cette perspective.

_______________

 

 

« Quoi d’étonnant si, dans ce temps d’exil où l’Eglise est en marche vers la patrie, subsiste ainsi une unité pluraliste, pour ainsi dire, et une unique pluralité, puisque dans la patrie elle-même, quand l’Eglise régnera, il y aura une égalité inégale ? Il est écrit : dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures. De même que là, une seule maison aura de nombreuses demeures, ici une seule Eglise à des ordres divers ; et de même qu’ici un même Esprit de Dieu distribue des grâces différentes, là une seule maison unira des gloires différentes. Ici et là, une seule et même unité consiste en une même charité ; ici la diversité vient de la multitude des ordres et des manières de vivre, là elle sera constituée par des mérites entre lesquels les différences n’introduiront ni opposition, ni désordre.

Elle sait bien, l’Eglise, que sa concorde est de cette façon discordante et sa discorde concordante ; et c’est pourquoi elle dit : « En son nom, le Seigneur m’a conduite par les chemins de la justice » (Ps. 22,3). Elle dit « les chemins » au pluriel et « la justice » au singulier, traduisant à la fois la diversité des actions et l’unité de ceux qui agissent. Et prévoyant que, dans le ciel aussi, l’unité admettra bien des distinctions, elle chante, joyeuse : « Tes places publiques, ô Jérusalem, seront pavées d’or pur, et dans toutes tes rues on chantera : Louange à Dieu ! Alleluia ! » (Tb 13,22). Les places et les rues signifient les gloires et les couronnes diverses. L’or, ce métal unique dont toute la ville est embellie, et cet unique Alleluia qui retentit partout, symbolisent la beauté semblable que tous partageront, et l’unique attachement à Dieu d’innombrables esprits. Tous ne s’avancent donc point sur un même sentier, parce que n’est pas unique la demeure où l’on tend. Mais personne, quelle que soit sa voie, ne doit se séparer de l’unique pratique du bien : chacun, par sa voie propre, arrivera dans sa demeure, à l’intérieur de l’unique maison du Père » (saint Bernard, Apologie, n° 8).
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Mercredi 26 septembre 2007 3 26 /09 /Sep /2007 11:08

Par La rédaction

Ncube-copie-1.jpeg Depuis plusieurs années, la vie des populations du Zimbabwe, ancien grenier de l’Afrique australe, devient insupportable. La famine y sévit, la pauvreté touche la quasi-totalité de la population, le chômage dépasse 80% et l’inflation près de 5.000%, le tout sous la férule éclairée du Président Mugabe, qui tient le pays d’une main de fer, loin de toute démocratie et liberté, depuis qu’il l’a « libéré » pour y imposer sa dictature.

Face à l’apathie de la communauté internationale et à la connivence – cela est d’ailleurs peut-être en train de changer – de l’Afrique du Sud qui est avec la Chine le principal soutien du régime, Mgr Pius Ncube s’oppose courageusement et ouvertement depuis plusieurs années au Président, multipliant actions et déclarations pour devenir l’un des principaux opposants à ce régime criminel. Et avec lui c’est l’Eglise zimbabwéenne qui tente de secourir ce peuple en souffrance.


1°- Situation de l’Eglise au Zimbabwe


A peu près 27 % des 13.000.000 d’habitants du pays se déclarent catholiques romains.

Lorsque les évêques catholiques romains ont publié une lettre pastorale critiquant le g
ouvernement du président Robert Mugabe, que les prêtres ont lu à voix haute le contenu de la lettre dans toutes les paroisses catholiques du Zimbabwe le jour de Pâques avant d’être traduites en langues vernaculaires, la répression s’est accentuée à leur encontre. Les groupes de défense des droits de l’homme ont notamment constaté que le ZANU-PF (le parti du président) a lâché ses milices de jeunes
– ceux qui avaient chassé les fermiers blancs et transformé ce grenier en désert – armés de bâtons et de couteaux, afin de mettre fin à la distribution du document dans les zones rurales. S’ajoute à cela le harcèlement de fidèles habitant en milieu rural à l'approche de l'échéance électorale nationale de 2008.

L'archevêque catholique Pius Ncube, de Bulawayo, deuxième ville du pays, a déclaré que des membres de son Eglise étaient harcelés à travers tout le pays. L'archevêque Ncube a affirmé que la police avait récemment arrêté un prêtre dans la province du Mashonaland oriental pour avoir distribué la lettre pastorale. Les évêques catholiques romains ont exhorté les fidèles à ignorer les attaques. "Nous encourageons tous les Zimbabwéens à lire la lettre pastorale comme un guide permettant de comprendre la source de notre souffrance et une inspiration pour nos prières et nos actes", ont déclaré les évêques dans un communiqué.

La police de la République du Zimbabwe a fait savoir aux journalistes qu'elle n'était pas au courant des attaques décrites par l'Eglise catholique.


2°- Mgr Ncube, principal opposant au régime

En quelques années, l'archevêque de Bulawayo, Mgr Pius Ncube, est devenu le principal opposant au président Mugabe, Mgr Ncube, ne s’économisant pas pour défendre, au péril de sa vie, la démocratie et les droits humains dans son pays, tout en aiguillonnant l’opposition politique, que minent les divisions et la crainte. Archevêque depuis 1998, il avait d’ailleurs reproché au président, qui se dit catholique, d’ignorer sa foi catholique dans le gouvernement du pays.

Se disant prêt à « affronter le feu des fusils », il organise des mouvements de protestations et critique haut et fort et avec une constante et farouche virulence ce régime policier. Il a même, à plusieurs, reprises appelé les Zimbabwéens à se rebeller contre le plus vieux président d'Afrique, au pouvoir depuis l'indépendance de l'ancienne Rhodésie britannique en 1980, qui avait mis en garde les religieux critiques à son égard, qui empruntent selon lui une « voie dangereuse ». Il n’hésitait pas à interpeller la communauté internationale et son comportement ne semble pas être indifférent au changement de cap noté depuis quelques mois de la politique sud-africaine.

Or, voilà qu’en juillet, la presse d’Etat zimbabwéenne a "opportunément" publié des photos qui montreraient Mgr Ncube en compagnie d’une femme… Ayant démissionné pour se défendre, Mgr Ncube, qui est poursuivi en justice, dénonce une manipulation politico-policière, argument que les pratiques du régime Mugabe rendent plus que crédible : ce genre de manipulation est, en effet, une pratique bien connue pour discréditer un opposant et le conduire devant les tribunaux. Toujours est-il que M. Ncube envisage à présent de se présenter aux élections présidentielles contre Robert Mugabe.

L’Eglise souffre comme son peuple, mais est un admirable artisan d’espoir pour tous, dans les temps et les lieux les plus sombres. N’oublions pas la courageuse Eglise du Zimbabwé dans nos prières et, si possible, dans nos actions, elle qui est l’un des principaux défenseurs des plus faibles et des droits humains, face aux crimes de la dictature zimbabwéenne.


Quelques liens sur ce sujet : [1], [2], [3]

 

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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 17:04

Par La rédaction

cerroangeles.jpg I.- Nous avons eu l’occasion, à plusieurs reprises, de signaler les agressions dont sont régulièrement l’objet les catholiques et leur foi. Il n'y a pas lieu de s'étonner que la liste n'en puisse être close. Ce n’est pas sans raison, au demeurant, que notre époque est donnée pour être la plus persécutrice de tous les temps.

Il est cependant toujours intéressant de relever que les auteurs de ces agressions sont ordinairement des gens qui se piquent d’ouverture d’esprit et de “tolérance” – cette fameuse tolérance qui n’a pas plus de rapport à la moralité, pour eux, que les maisons du même nom. Nous sommes “branchés” sur la modernité, n’est-ce pas ? Sans a priori, tout acquis, bien sûr, au respect des autres et des “différences” multiformes de l’inventivité libérée de toute norme.

De toutes, sauf de la “différence” catholique. Celle-là n’est pas admissible, au nom d’une morale implicite prétendument affranchie de toute morale. Elle ne l’est pas parce qu’elle n’est pas libertaire. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ! ». Ce slogan révolutionnaire lui reste applicable. Le catholicisme est le mal et la mort, l’obscurantisme, l’ennemi de la vie et de la spontanéité, du prurit animal élevé au rang sublimé de l’épanouissement humain. Puisqu’il lui est irréfragablement compté de prétendre à l’impérialisme des consciences, le catholicisme doit être combattu, quand on ne peut mieux mal faire, par le mépris et la dérision. Plus celle-ci est avilissante, et plus elle est délectable, à ce qu’il paraît. Il est difficile de s’expliquer ce souci obstiné et inventif, et pourtant si dérisoire, de souiller le sacré si l’on ne croit pas à l’existence du Démon, « menteur et homicide dès le commencement ».
 

II.- Les catholiques d’Ibiza, qui en voient ordinairement d’autres, en font encore l’expérience, ainsi que nous le communique un ami de Barcelone. Une exposition “artistique” (forcément) a été ouverte dans l’église de Santa Maria de Gracia, plus connue sous le nom de l'Hospitalet, l’une des plus anciennes de l’île. L’évêque d’Ibiza a conventionnellement accepté que celle-ci soit utilisée par le Musée d’art contemporain, sous réserve d’un accord explicite sur le contenu des expositions. Un accord dont, en l’espèce, la mairie s’est estimée dispensée. Y sont présentées, en effet, des “œuvres” d’un certain Ivo Hendriks, et d’autres “artistes” néerlandais, qui représentent notamment le Christ et le pape Jean-Paul II on ne peut plus explicitement associés à des scènes homosexuelles. L’évêque du lieu a protesté énergiquement pour souligner la violation de la convention, menacer de saisir la justice et exiger le retrait immédiat de ces représentations blasphématoires.

La conseillère municipale à la culture (sic), Mme Sandra Mayans – d’obédience socialiste – s’est empressée de déclarer qu’il n’était pas question, « évidemment », de retirer quoi que ce soit. Et d’asséner la tarte à la crème habituelle, selon laquelle l’équipe du gouvernement « n’a jamais censuré – et oui, le voilà, le visage grimaçant de la censure ! - ni ne censurera aucun type d’exposition » et que « sa fonction était de veiller sur la liberté d’expression des artistes », qu’elle a qualifiée de « fondamentale dans une société démocratique ». Fermez le ban. L’évêque a répliqué qu’on « ne peut comprendre comment l’abus de la liberté de l’art et de la liberté d’expression peut être utilisé pour blesser les convictions des catholiques et, de surcroît, dans un édifice qui est la propriété de l’Eglise et dans lequel, pendant de nombreuses années, le culte catholique a été célébré ».

 Vain obscurantisme ratiocineur que tout cela ! On atteint ici des sommets, où l’hypocrisie le dispute résolument à la sottise. Mme Mayans, qui reconnaît n’avoir pas vu l’exposition, et qui précise que celle-ci est accessible à tout âge (si vous passez par là avec vos bambins, n’hésitez pas), indique que comme mère, « elle préfère que sa fille voie une scène qui est la plus naturelle du monde (sic) que d’autres (?) qui sont plus préjudiciables à son développement ». Et, au cas où, décidément, nous n’aurions rien compris, elle précise : « Nous parlons d’art, pas de l’acte sexuel en soi ». Bien entendu. Mme Mayans, qui paraît s’adresser à des sauvages incultes sur une radio patagonne, et n’avoir pas vu plus d’église que sa propre exposition, ajoute, péremptoire, qu’il y a d’ailleurs des scènes « tout aussi pornographiques dans certaines églises ».  C’est fou comme on est distrait, quand même…

 La conseillère de “politique culturelle” (sic) d’Ibiza, Mme Marià Torres, qui déclare être catholique pratiquante (voilà une caution autorisée, définitive) et n’être pas choquée par l’exposition, est venue au secours de Mme Mayans pour ajouter ce mot – que l’on qualifierait de merveilleux en d’autres circonstances : « Il faut être tolérant » (référence ultime oblige) et aller voir cette exposition… « avec un regard pur devant l’art ». Voilà, évidemment, qui ne pouvait que manquer au prélat catholique.

 Ce qui est consolant, en tout cela, est que quoi qu’ils en aient, ceux qui se livrent à ces exercices ou les justifient ne peuvent pas plus se soustraire aux lois d’apesanteur du ridicule que ceux qui crachent en l’air ne peuvent se dispenser de subir celle de leur propre production. Plus sérieusement, et plus consolant encore – et ceci n’est peut-être pas tout à fait sans lien avec cela – l’Eglise d’Espagne, et l’Eglise universelle avec elle, s’apprête à célébrer la béatification, le 28 octobre prochain, de 498 martyrs de la persécution religieuse en Espagne (1936-1939). Nous reviendrons évidemment sur cet événement majeur. En attendant, puissions-nous nous inspirer de ces héros qui ont su, au milieu des injures qui leur ont été infligées dans leurs corps et leurs âmes, témoigner de leur foi jusqu’au bout de leur vie, dans le pardon et la prière pour leurs ennemis. « Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Vendredi 14 septembre 2007 5 14 /09 /Sep /2007 12:58

Par La rédaction

    C’est aujourd’hui qu’entre officiellement en application la Lettre apostolique Summorum pontificum du 7 juillet 2007. Par ce document, rappelons-le, le pape Benoît XVI a décidé de favoriser l’accès des fidèles qui le désirent à ce qu’on a longtemps appelé la messe de saint Pie V, du nom du pape qui a promulgué cet ancien rite il y a plus de 400 ans (Bulle Quo primum tempore, 14 juillet 1570). Il convient désormais de désigner ce dernier plutôt sous le nom de forme extraordinaire du rite latin, et non pas de messe en latin, comme s’obstinent à l’appeler les journalistes depuis plus de sept lustres, avec une imperméabilité intellectuelle à toute épreuve.

    Cette formule de forme extraordinaire a un triple sens. En premier lieu, elle concède aux traditionnalistes que la forme à laquelle ils sont attachés n’a pas cessé de constituer un rite de l’Eglise latine. En deuxième lieu, elle invite leurs détracteurs à la considérer et à la respecter comme telle. Enfin, en troisième lieu, elle tend à atténuer les oppositions radicales que les opposants du conflit liturgique de ces quarante dernières années ont cru devoir profondément souligner. Le pape a explicitement apporté à ce troisième point le corollaire suivant, dans la lettre qu’il a adressée à l’épiscopat le 7 juillet 2007 : « Evidemment, pour vivre la pleine communion »
, à laquelle tend le nouveau motu proprio, « les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas (...), par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté ».

    Ainsi donc, le message est clair : pacification et effort d’intelligence réciproque autour d’une unique lex credendi et d’une unique lex orandi, quelles que soient les modalités empruntées.

    Il ne s’agit pas en cela de céder à une manie de pluralisme, dans l’air du temps, mais de faire œuvre de vérité, de justice et de paix. Il est vrai que dans les dialectiques entretenues de part et d’autre, le souci de l’unité de l’Eglise, qui constitue pourtant une note structurelle essentielle de cette dernière, et la recherche effective du bien de la charité ne sont pas toujours premiers. Le pape trace à chacun sa voie. L’Eglise n’est pas un conglomérat de partis en luttes, et si d’aventure elle le devient, il est anormal de s’y résigner. L’idéal de l’Eglise est celui d’une communion fraternelle, qui peut et doit réaliser analogiquement ce que le Christ a dit de la maison du Père, laquelle offre à tous un accueil en plusieurs demeures. S’il est vrai que le chrétien est fondamentalement un pèlerin, et qu’il avance à pas de conversions, alors l’accueil des intentions du pape entre dans la démarche de chacun.

    Souhaitons bonne chance à l'application de ce document et beaucoup d'intelligence aimante et de discernement à ceux qui seront engagés, de part et d'autre, dans son application.

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Publié dans : L'Eglise qui souffre
Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 17:14

Par La rédaction

Cet article a été revu pour tenir compte des indications très importantes contenues dans la lettre d'accompagnement du motu proprio adressé aux évêques le 7 juillet 2007. Ce document sera cité, ci-après, sous le nom de “Lettre aux Evêques”.


L
a Lettre apostolique Summorum pontificum, qui remplace toutes dispositions antérieures (1), n’entrera en application, selon la volonté du pape, que le 14 septembre prochain. D’ici là, il suscitera de très nombreux commentaires, plus ou moins polémiques. Il en suscite déjà. Plusieurs observations s’imposent à l’esprit.


1.- On ne peut que se réjouir, tout d’abord, de ce qu’une solution détaillée soit enfin apportée à une situation qui pèse anormalement sur la vie de l’Eglise depuis près de 40 ans. En fait, il est objectivement scandaleux que la communion des fidèles soit contrariée, profondément, par un débat théologique et liturgique qui porte sur le sacrement… de l’unité. En droit, la Lettre apostolique vient mettre un terme légal à des situations, soit d’intolérance, soit d’incertitude juridique que le motu proprio Ecclesia Dei de 1988 n’avait pas réussi à surmonter. La Lettre aux évêques souligne explicitement ces deux aspects. Elle indique que le motif de cette actualisation du motu proprio Ecclesia Dei est « de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise ». Le pape fait ici courageusement  un acte de discernement en  notant  « qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider ». Il observe également - en leur rendant cette justice - que l'attachement des traditionalistes aux formes liturgiques antérieures à la réforme a tenu, en grande part, à « des déformations de la liturgie à la limite du supportable » qui ont « profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise ». Et de conclure : « Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation : faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver ».

2.- Personne, parmi les catholiques de bonne volonté, ne peut raisonnablement s’affliger de la survenance de ce document de pacification et d’unité. A cet égard, force est de constater qu’il fera figure de test. Il serait tout de même assez paradoxal que des catholiques, laïques ou non, se déclarent favorablement engagés dans l’oecuménisme, en particulier, et restent sourds à l’appel à l’unité lancé ici, ad intra, par le pasteur suprême. Il serait choquant que l’on puisse désormais continuer de vivre dans l’Eglise comme si les fidèles pour lesquels ce document a été pensé et voulu n’existaient pas. A cet égard, la Lettre apostolique ne fait pas simplement appel à une réception obéissante ; elle invite à une inclination du cœur. C’est la charité qui doit ici ouvrir la voie au droit, comme elle l’a ouvert dans l’intention du pape.

3.- Cette remarque vaut pour ceux qui, de prime abord, sont réservés ou hostiles à ce texte. Mais elle vaut aussi pour ses bénéficiaires. La vérité oblige à dire que la situation présente n’est pas due qu’à leurs seuls adversaires. Bien sûr, parmi ces derniers, il y les inconditionnels de la “table rase”, devenus aujourd’hui des sortes d’intégristes des réformes. Mais il y a aussi ceux qui ont été agacés, blessés ou rendus méfiants par le comportement, l’agressivité ou l’ambiguïté d’assez nombreux traditionalistes, prompts à toujours exiger, en s’identifiant à l’Eglise, et à discréditer la hiérarchie et le magistère dès que ces derniers n’entrent pas dans leurs vues. Le pape, dans la Lettre aux évêques, évoque pudiquement leurs nombreuses « exagérations ». Il serait catastrophique que les traditionalistes brandissent ce texte avec arrogance en se comportant désormais partout en terrain conquis, tendance que nombre de clercs ont cultivé déjà de fort longue date. Ce serait catastrophique pour eux-mêmes. La situation présente ne pourra être dénouée que dans le respect mutuel, respect qui passe, dans l’Eglise,  par celui des autres fidèles et des hiérarchies locales.

4.- La Lettre apostolique s’ouvre sur un préambule dont on aurait tort de négliger la lecture. Son intérêt, nous semble-t-il est double.

- Le premier est de rappeler cet adage catholique essentiel que la loi de la prière est la loi de la foi, ce qui place d’emblée l’initiative du pape, sur la question liturgique, au cœur même de la vie de l’Eglise. C’est une indication pédagogique majeure, qui conduit chacun à mesurer l’enjeu du document et à ne pas le prendre pour une simple mesure d’arbitrage d’un conflit.

- Le second est de montrer que le souci de cette lex orandi est une constante historique du magistère, des « temps immémoriaux » jusqu’au concile Vatican II inclusivement, dans laquelle le pape saint Pie V s’est distingué, « avec un grand zèle pastoral ». De la sorte, le pape Benoît XVI reconnaît à ce dernier sa place et son apport irremplaçables, mais pour les intégrer dans le temps théologique de l’Eglise. La Lettre aux Evêques insiste sur cette unité de « l'histoire de la liturgie (...) faite de croissance et de progrès, jamais de rupture », où « ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste ». Cette approche, aussi, est capitale. Elle rend inopérante et irrecevable la dialectique nourrie depuis près de 40 ans, au prix parfois de tant de haines, entre la “messe de saint Pie V” et la “messe de Paul VI”. Le document n’utilise d’ailleurs jamais l’une ou l’autre de ces expressions. Il ne parle pas davantage d’ancien et de nouveau rite, comme de deux rites distincts. Le pape souligne, au contraire, dans la Lettre aux Evêques, qu'il « n'est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s'il s'agissait de "deux Rites"».

5.- Les dispositions pratiques de la Lettre apostolique traduisent immédiatement cette approche dès l’article 1er  : il n’existe qu’un seul et unique rite romain, sans division de la loi de la foi. Cette indication est de grande portée théologique et gagnera à être méditée, en particulier, par les traditionalistes heureux de recevoir ce document. Elle signifie que le missel de 1970 exprime pleinement la loi de la foi. Il serait désastreux et déloyal que ces derniers se croient en droit d’user de ce document en conservant une croyance contraire. Les clercs auront donc une grande responsabilité dans la façon dont ils en parleront désormais auprès de leurs fidèles, pour éviter toute duplicité.

6.- Le pape distingue dès lors non pas deux rites mais deux expressions de la loi de la prière, toutes deux légitimes : celle du “Missel romain promulgué en 1970 par le Souverain Pontife Paul VI”, qui est l’expression ordinaire ; celle du “Missel romain publié en 1962 par le bienheureux Pape Jean XXIII”, qui est l’expression extraordinaire, et dont les modalités d’accès sont réglées, autant qu’il est possible, par les dispositions pratiques des articles 2 à 12 du document.

Trois précisions méritent ici d’être logiquement apportées :


- La première est que le document vient mettre fin à une controverse très chère aux milieux traditionalistes : « Le Missel romain promulgué par le B. Jean XXIII en 1962 [n’a] jamais [été] abrogé, en tant que forme extraordinaire de la Liturgie de l’Église ». Notons cependant que le pape ne parle pas d’abrogation ou de non abrogation du rite « de saint Pie V », mais de celui de Jean XXIII. Il ne parle pas davantage de la fameuse bulle Quo primum, sur laquelle les traditionalistes ont généralement assis leurs argumentations. Il se trouve ainsi implicitement confirmé, a contrario, que la discipline établie par Jean XXIII s’est substituée à la précédente. D'autre part, c'est en tant que forme extraordinaire que la discipline de 1962 subsiste. Cette affirmation ruine évidemment les thèses soutenues par certains selon lesquelles la “messe de saint Pie V” serait la norme ordinaire dans l'Eglise, et conforte l'idée selon laquelle il y a bien eu, en 1970, substitution d'une discipline liturgique générale à une autre.

- La deuxième est le corollaire de la première : il n’existe pas d’expression légitime, dans l’Eglise, de la forme extraordinaire du rite romain hors de ce texte promulgué par le B. Jean XXIII. Il n’est donc pas possible de se prévaloir de ce texte et de s’attacher à des formes antérieures, tirées de la discipline de Pie XII ou de saint Pie X, comme la fantaisie ou l’anarchie inventive de certains clercs le leur fait croire.

- La troisième est que ce document met également fin, si nécessaire, à une autre controverse : le missel romain de 1970 constitue bien le droit commun dans l’Eglise. S’il est désormais clairement et juridiquement acquis que tout prêtre catholique latin peut librement célébrer les saints mystères selon l’une ou l’autre expression du rite romain, il va de soi que nul ne peut s’autoriser, dans les milieux traditionalistes, à interdire à un prêtre d’opter pour le Missel romain promulgué en 1970. Le pape, dans la Lettre aux Evêques, considère ce point comme une évidence : « Evidemment, pour vivre la pleine communion », à laquelle tend le nouveau motu proprio, « les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas (...), par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté ». La question avait d’ailleurs été déjà tranchée par la Congrégation pour le Culte divin et de la Discipline des Sacrements, le 18 octobre 1999, qui avait indiqué qu’un prêtre d’un Institut bénéficiant de l’usage du missel de 1962 pouvait célébrer ou concélébrer selon celui de 1970 pour le bien d’une communauté où ce dernier est habituellement utilisé. Elle avait ajouté qu’aucun supérieur n’avait le droit de le lui interdire (2).

7.- On ne peut cependant se garder d’exprimer quelques réserves.

- La première porte sur le réalisme des dispositions de la Lettre apostolique. Certes, celle-ci organise les modalités pratiques de l’accès à l’expression de la liturgie selon le Missel romain promulgué en 1962, selon la prudence du curé de paroisse, et avec des voies de recours s’exerçant, d’une part auprès de l’évêque local, d’autre part, si nécessaire, auprès de la commission Ecclesia Dei. Mais tout cela est théorique. En pratique, si des fidèles se présentent à lui à cette fin, que fera le curé, même bienveillant – selon l’intention pontificale – pour accéder à leur demande ? Apprendre à célébrer selon le missel de 1962 ? Est-ce bien réaliste ? En pratique, cette difficulté ne sera exclue que là où de jeunes prêtres sont eux-mêmes disposés à célébrer selon l'ancien usage. Eu égard à la situation du clergé diocésain, aux limites de sa disponibilité et à son nombre, l’application du texte est sous ce rapport assez problématique. A moins que les Instituts de liturgie 1962 ne soient disposés à jouer ici et là le jeu d’une collaboration avec les paroisses, ce qui suppose un “apprivoisement” réciproque qui est loin d’être acquis, ou que les évêques, pour éviter ces difficultés, ne se montrent généreux dans l’érection de paroisses personnelles, comme il est prévu à l’article 10 du motu proprio, ce qui n'est pas davantage acquis. Nul doute qu’en tout cela, la bienveillance, l’humilité et la charité de tous les acteurs seront indispensables.

- La deuxième réserve est relative aux limites objectives de la Lettre apostolique. En dépit de ses richesses théologiques et contemplatives évidentes, le missel du B. Jean XXIII est remarquablement pauvre dans son lectionnaire. La comparaison entre les deux expressions du rite latin est, de ce point de vue, à son écrasant désavantage. Il est regrettable que la Lettre apostolique ne laisse pas seulement entrevoir la possibilité, à terme, d’y remédier. Il est vrai que ce serait une œuvre de grande ampleur, peut-être liée à une relecture théologique du missel de 1970, qui souffre d’autres carences. Plus réaliste est dès lors cet autre regret : que le sanctoral de l’Eglise universelle, si riche, ne soit pas appliqué au missel de 1962, au risque d’introduire des confusions et des écarts regrettables dans les paroisses où ce dernier missel est appelé à être utilisé de conserve avec celui de 1970. Il faut cependant observer que, dans la Lettre aux Evêques, le pape a évoqué explicitement ces situations. Après avoir indiqué que les deux formes d'usage étaient appelées à s'enrichir réciproquement, il indique que « dans l'ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces », sous le contrôle de la commission Ecclesia Dei, tandis que les ministres de la nouvelle forme sont invités à cultiver davantage la sacralité du rite et le respect de ses rubriques.

- Troisième réserve : que la Lettre apostolique s’étende non seulement au rite de la messe mais aussi à l’usage du rituel des autres sacrements, très particulièrement à celui du baptême et du mariage. En quoi était-ce nécessaire ? Compte tenu déjà des difficultés que posera, nécessairement, l’intégration du missel de 1962 dans les paroisses, le cumul de ces singularités n’est-il pas de nature à rendre l’intégration plus délicate encore, alors que ces rituels ne donnaient pas lieu à des objections comparables à celles de la messe ? Fallait-il encore encourager les traditionalistes à y rester liés, au risque de les voir s'en tenir sociologiquement et théologiquement à un statu quo ? D'autant qu'il est permis de considérer que le nouveau rituel du baptême, plus axé sur le rôle des parents, est plus adapté à la situation présente des foyers chrétiens et que le nouveau rituel du mariage est lui-même plus riche que l’ancien, lequel est enfermé dans les mêmes lectures qui prêtent immanquablement à sourire. Il est vrai que le curé aura ici son mot à dire, en considération du bien des âmes, et que ne sont pas prévues sur ce point les facultés de recours organisées explicitement pour la messe.

- Quatrième réserve enfin, qui est celle de l'épiscopat : ce document, par son ampleur, ne conduira-t-il pas à conforter les traditionalistes les plus endurcis dans leurs positions, en leur donnant toute satisfaction liturgique sans qu'eux-mêmes consentent le moindre effort à entrer dans une intelligence plus loyale et plus bienveillante des enseignements du magistère, tels qu'ils ont notamment été exprimés par le deuxième Concile du Vatican ? Cette objection n'est pas illusoire, car l'expérience montre que bien des clercs traditionalistes, pour ne citer qu'eux, même bénéficiaires du motu proprio Ecclesia Dei, n'ont pas fait le moindre pas, depuis 1988, dans le sens de cette compréhension. Le pape évoque cette objection dans la Lettre aux Evêques, et la déclare infondée, mais force est de constater qu'il n'y répond que partiellement, sur le seul volet liturgique du concile. Reste qu'un document doit intervenir vers le 10 juillet sur cette question. A cette réserve exprimée par les évêques s'ajoute une crainte : celle de voir des
« désordres » et des « fractures » dans les paroisses. Il pourrait y être aisément répondu, respectueusement, que si les catholiques concernés n'avaient pas été chassés de leurs paroisses par les désordres et les fractures introduites au long de ces longues années, ce souci n'existerait pas. La question du jour, la seule question, est de savoir comment remédier à ce gâchis pour que chacun retrouve sa place, la place qui lui est due dans la maison du Père.
 

En conclusion, il nous semble que le motu proprio, quelles que soient les objections qu’on puisse lui opposer, constitue sur le principe un progrès considérable et nécessaire. Il n’est pas admissible que l’Eglise se résigne aux divisions qui la minent. Il devra être reçu non pas comme un document de plus dans le dossier du lefebvrisme, par les uns, ou comme un outil pour se tailler triomphalement une place au soleil, par les autres, mais comme un pas fait loyalement dans la communion ecclésiale. Cette réception suppose de la part de tous une foi éveillée dans le mystère du Christ actuellement présent en cette communion, ce Christ de paix, qui se cherche des « amis de la paix » (Lc 10, 6) et nous a laissé cette injonction et cette voie à suivre : « Soyez un, comme le Père et moi nous sommes un » (Jn 1, 17, 21-23). Il ne s’agit pour personne de l’emporter sur son semblable, de prendre des revanches, mais de tendre à une communion voulue par le Christ, pour travailler ensemble, cor unum et anima una, à ce grand œuvre si urgent et si nécessaire : l’évangélisation d'un monde en détresse.

Puisse donc ce texte porter les uns et les autres à travailler à mettre un terme à leurs différends comme des membres d'une même famille et à se comporter mutuellement, selon la magnifique formule de Platon, comme des
« moniteurs de sagesse », mettant de la douceur à rendre sages leurs adversaires (3).

_______________

(1) Sauf pour l’existence et la mission de la commission Ecclesia Dei, que le nouveau document complète.

(2) Cf. cet important document sur l’excellent site Sacrosanctum concilium [Ici].
(3) République, L. V, 470e-471a.
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