Vendredi 16 juillet 2010 5 16 /07 /2010 06:00
- Par mgr Jacques MASSON

Notre-Dame du Mont Carmel et le scapulaire

 

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En union de prière

avec les enfants du monde

pour les prêtres et la paix

 

Enfin, se réalise ce qui est annoncé par le prophète Isaïe (Isaïe, 45,8), « Rorate caeli desuper, et nubes pluant Justum » : « Cieux, répandez comme une rosée la victoire (= justice, Juste dans la Vulgate), et que les nuées le fassent pleuvoir ! Que la terre s’entrouvre pour que mûrisse le salut ! Qu’elle fasse aussi germer la délivrance que moi, Yahvé, e vais créer ». Et, sa Mission accomplie « consummatum est », il remonte vers le Père. « Mais il laissailinkt au monde, déclare Dom Guéranger (op. cit.) la Divine Mère, et il envoyait l'Esprit-Saint à l'Eglise : et le moindre triomphe de cet Esprit d'amour, qui parlait par les Prophètes autrefois n'était point de révéler Marie aux nouveau-nés de la glorieuse Pentecôte. « Quel ne fut pas, disions-nous alors, le bonheur de ceux des néophytes auxquels il fut donné, en cette heureuse journée, d'approcher d'une si auguste Reine, de la Vierge-Mère, à qui il avait été donné de porter dans ses chastes flancs celui qui était l'espérance d'Israël ! Ils contemplèrent les traits de la nouvelle Eve, ils entendirent sa voix, ils éprouvèrent le sentiment filial qu'elle inspire à tous les disciples de Jésus. Dans une  autre saison, la sainte Liturgie nous parlera de ces hommes fortunés. Or c'est en cette fête que cette annonce est réalisée. Dans les Leçons de la fête, l'Eglise nous dit que tous les disciples d'Elie et d'Elisée, devenus chrétiens à la première prédication des Apôtres, sentirent croître leur vénération pour la Vierge bénie dont il leur fut  loisible de recueillir les paroles si suaves, de goûter l'ineffable intimité. Plus que jamais affectionnés  à la montagne où, moins  fortunés qu'eux pourtant, leurs pères avaient vécu d'espérance, ils y construisirent, au lieu même d'où Elie avait vu la nuée monter de la mer, un oratoire qui fut dédié dès lors à la très pure Vierge, et leur valut le nom de Frères de la bienheureuse Marie du Mont-Carmel » (lecture des Nocturnes de la Fête)

 

Au douzième siècle, à la suite de l'établissement du royaume latin de Jérusalem, beaucoup de pèlerins d'Europe venant augmenter le nombre des solitaires de la sainte montagne, il parut bon de donner à leur vie, jusque-là plus érémitique que conventuelle, une forme mieux en rapport avec les habitudes des Occidentaux ; ce fut alors que le légat Aimeric Malafaida, patriarche d'Antioche, les réunit en communauté sous l'autorité de saint Berthold qui, le premier, reçut à cette occasion le titre de Prieur général.

 

Le Bienheureux Albert, patriarche de Jérusalem et également légat apostolique, acheva dans les premières années du siècle suivant l'œuvre d'Aimeric, en donnant une Règle fixe à l'Ordre qui commença de se répandre en Chypre, en Sicile et dans les pays d'au delà de la mer, favorisé par les princes et les chevaliers revenus de Terre Sainte.

 

Mais l’oppression des Sarrasins fut telle qu'une assemblée plénière, tenue au Carmel sous Alain le Breton, décréta l'émigration totale, ne laissant à la garde du berceau de l'Ordre que quelques religieux qui ne redoutaient pas le martyre. L'année même où elle se consommait (1245), Simon Stock fut élu général dans le premier Chapitre d'Occident, réuni à Aylesford en Angleterre. Et, dans la nuit du 15 au 16 juillet de l'année 1251. Notre-Dame du Carmel conférait à ses fils, de ses propres mains le scapulaire, vêtement distinctif jusque-là de la plus grande et de la plus ancienne des familles religieuses de l'Occident. Saint Simon Stock qui recevait de la Mère de Dieu cet insigne, ennobli encore par le contact de ses doigts sacrés, l'entendait en même temps lui dire : « Quiconque mourra dans cet habit, ne souffrira point les flammes éternelles ». Et Jean XXII cite dans la Bulle où il rend témoignage des manigfestations de Notre-Dame du Mont Carmel, les paroles même de Marie : « Moi leur Mère, je descendrai par grâce vers eux le samedi qui suivra leur mort, et tous ceux que je trouverai dans le purgatoire je les délivrerai et les emmènerai à la montagne de l'éternelle vie ».

 


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Notre Dame du Mont Carmel remettant le Scapulaire à saint Simon Stock

 

Lorsque Benoît XIII, au XVIII° siècle, étendit la fête du 16 juillet à l'Eglise entière, il ne fit pour ainsi dire que consacrer officiellement l'universalité de fait que le culte de la Reine du Carmel avait conquise presque partout dès lors.

 

 

Voici l'exposé de la Liturgie sur l'historique et l'objet de cette fête dans les lectures des Nocturnes.

 

« Lorsque au saint jour de la Pentecôte les Apôtres, inspirés d'en haut, parlaient diverses langues et faisaient de nombreux miracles en invoquant le très auguste Nom de Jésus, on rapporte que de nombreux disciples des saints prophètes Elie et Elisée, préparés par la prédication de Jean-Baptiste à l'arrivée du Christ, ayant vu et reconnu la vérité, embrassèrent aussitôt la foi de l'Evangile. Or la bienheureuse Vierge, dont il leur fut loisible de goûter les entretiens et la familiarité, devint pour eux en ces heures fortunées l'objet d'un amour si spécial et d'une vénération si profonde, que les premiers de tous, à l'endroit de la montagne du Carmel où Elie autrefois avait vu monter la nuée figure de la Vierge, ils construisirent une chapelle à cette même Vierge très pure.

 

« Tous les jours ils se réunissaient souvent dans le nouvel oratoire, honorant par de pieuses cérémonies, des prières et des louanges la bienheureuse Vierge comme singulière protectrice de leur Ordre. Aussi, de divers côtés, commencèrent-ils à être appelés par tout le monde Frères de la bienheureuse Marie du mont Carmel. Les Souverains Pontifes confirmèrent cette appellation, et même accordèrent des indulgences particulières à ceux qui la donneraient soit à l’Ordre, soit à chacun des Frères. Mais ce ne fut pas seulement le nom et la protection que leur donna la très magnifique Vierge : l'insigne du saint Scapulaire fut remis par elle au bienheureux Simon d'Angleterre, pour que ce vêtement du ciel fît reconnaître le saint Ordre et le gardât contre les maux suspendus sur sa tête. Cet Ordre étant autrefois inconnu en Europe, beaucoup faisaient instance auprès d'Honorius III pour sa suppression ; mais la très pieuse Vierge Marie s'apparut de nuit à Honorius, et lui fit savoir qu'il eût à couvrir de sa bienveillance l'institut et ses membres.

 

« Ce n'est pas seulement dans le siècle présent que la bienheureuse Vierge voulut signaler par des privilèges nombreux un Ordre qui lui est si cher partout, et trouvent crédit sa miséricorde et sa puissance ; et c'est une pieuse croyance que, dans le siècle futur, la faveur de son maternel amour console au milieu des flammes du purgatoire, et conduit au plus vite à la céleste patrie ses fils de la confrérie du Scapulaire, qui ont observé la légère abstinence et les quelques prières à eux marquées, en gardant la chasteté selon leur état. En reconnaissance donc de tant et de si grands bienfaits, l'Ordre a établi pour être célébrée à perpétuité tous les ans en son honneur cette solennelle commémoration de la bienheureuse Vierge ».

 

« Reine du Carmel, agréez les vœux de l'Eglise de la terre qui aujourd'hui vous dédie ses chants… Depuis qu'en toute vérité Dieu est descendu par vous, ce n'est plus seulement le pays de Judée, mais toute la terre, que vous couvrez comme une nuée répandant l'abondance et les bénédictions… Et nous les fils de la vieille Europe, c'est à bon droit que nous faisons écho à l'expression de leur pieuse allégresse; car depuis que leurs tentes se sont posées autour des collines où sur Pierre est bâtie la nouvelle Sion, la nuée s'est épanchée de toutes parts en pluies plus que jamais précieuses, refoulant à l'abîme les flammes éternelles, éteignant les feux du séjour de l'expiation… Puissent les austères parfums de la sainte montagne continuer d'assainir autour d'elle l'air que tant de miasmes corrompent ; puisse le Carmel offrir toujours à l'Epoux le type des beautés qu'il aime à trouver en sa bien-aimée ! » (Invocation de Dom Guéranger, l’année liturgique).

 

Notre-Dame du Mont Carmel priez pour nous

 

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Litanies de Notre Dame du Mont Carmel

 

Seigneur, ayez pitié de nous.

Christ, ayez pitié de nous.

Seigneur, ayez pitié de nous.

 

Jésus-Christ, écoutez-nous.

Jésus-Christ, exaucez-nous.

 

Père céleste qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Fils Rédempteur du monde qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Esprit-Saint qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.

Trinité Sainte qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.

 

Sainte Marie, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Reine du Ciel, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Victorieuse de Satan, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Fille très obéissante, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Vierge très pure, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Epouse très dévouée, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Mère très tendre, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Modèle parfait de vertu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Ancre sûre d'espérance, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Refuge dans l'affliction, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Dispensatrice des dons de Dieu, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Bastion contre nos ennemis, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Aide dans le danger, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Chemin menant à Jésus, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Lumière dans les ténèbres, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, notre Consolation à l'heure de la mort, priez pour nous pécheurs

Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour nous pécheurs

 

Pour ceux qui sont endurcis dans le vice, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui offensent votre Divin Fils, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui négligent de prier, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui sont à l'agonie, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui diffèrent leur conversion, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui souffrent en purgatoire, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

Pour ceux qui ne Vous connaissent pas, nous venons à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel

 

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Seigneur.

Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Seigneur.

 

Notre-Dame du Mont Carmel, Espérance des désespérés,

intercédez pour nous auprès de Votre Divin Fils.

 

Prions

Notre-Dame du Mont Carmel, glorieuse Reine des Anges, Canal de la plus tendre miséricorde de Dieu envers les hommes, Refuge et Avocate des pécheurs, je me prosterne devant Vous avec confiance, vous suppliant de m'obtenir.(grâce demandée). En retour, je vous promets solennellement d'avoir recours à Vous dans toutes mes épreuves, mes souffrances, mes tentations, et je ferai tout en mon pouvoir pour engager les autres à Vous aimer, à Vous vénérer, et à Vous invoquer dans tous leurs besoins. Je vous remercie pour les grâces sans nombre que j'ai reçues de Votre miséricorde et de Votre puissante intercession. Continuez d'être ma défense dans le danger, mon guide pendant la vie et ma consolation à l'heure de la mort. Ainsi soit-il ! Notre-Dame du Mont Carmel, Avocate des pécheurs les plus abandonnés, priez pour l'âme du pécheur le plus abandonné de l'univers (ou pour l'âme de...). Alors les Anges du Ciel se réjouiront et l'enfer sera privé de sa proie. Je viens à Vous avec confiance, O Notre-Dame du Mont Carmel.

 

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Le Scapulaire.

 

 

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Jeudi 15 juillet 2010 4 15 /07 /2010 08:52
- Par Mgr Jacques MASSON

Le Prophète Elie

 

Les triomphes de David, les gloires de Salomon sont terminés : le royaume de Juda, brisé par le schisme des dix tribus, menaçait prématurément d'échapper à ses mains ; Baal régnait en Israël. Nous sommes en 854, Achab règne en Israël.

 

I Rois, chapitre 16° :

29. 

Achab fils d'Omri devint roi sur Israël en la trente-huitième année d'Asa, roi de Juda, et il régna vingt-deux ans sur Israël à Samarie.

30. 

Achab fils d'Omri fit ce qui déplaît à Yahvé et fut pire que tous ses devanciers.

31. 

La moindre chose fut qu'il imita les péchés de Jéroboam fils de Nebat : il prit pour femme Jézabel, fille d'Ittobaal, roi des Sidoniens, et se mit à servir Baal et à se prosterner devant lui ;

32. 

il lui dressa un autel dans le temple de Baal qu'il construisit à Samarie.

33. 

Achab installa aussi le pieu sacré et fit encore d'autres offenses, irritant Yahvé, Dieu d'Israël, plus que tous les rois d'Israël ses prédécesseurs.

34. 

De son temps, Hiel de Béthel rebâtit Jéricho ; au prix de son premier-né Abiram il en établit le fondement et au prix de son dernier-né Segub il en posa les portes, selon la parole que Yahvé avait dite par le ministère de Josué, fils de Nûn.

 

C’est alors qu’apparaît Elie qui, va trouver Achab et lui dit (I Rois, 17) :

1. 

Élie le Tishbite, de Tishbé en Galaad, dit à Achab : « Par Yahvé vivant, le Dieu d'Israël que je sers, il n'y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sauf à mon commandement. »

2. 

La parole de Yahvé lui fut adressée en ces termes :

3. 

« Va-t-en d'ici, dirige-toi vers l'orient et cache-toi au torrent de Kerit, qui est à l'est du Jourdain.

4. 

Tu boiras au torrent et j'ordonne aux corbeaux de te donner à manger là-bas. »

 

La sécheresse dura trois ans, image de l'aridité des âmes, une sécheresse qui épuisa toutes les sources de la vie. Hommes et animaux près de leurs citernes vides attendaient la mort, . C’est alors qu’Elie le Thisbite convoqua tout le peuple sur le Mont Carmel, pour l’arracher aux idoles et aux prêtres de Baal. Cet épisode est connu sous le nom de « Sacrifice du Carmel ». En voici le texte dans son entier :

 

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1 Rois, chapitre 18°

1. 

Il se passa longtemps et la parole de Yahvé fut adressée à Élie, la troisième année, en ces termes : « Va te montrer à Achab, je vais envoyer la pluie sur la face de la terre. »

2. 

Et Élie partit pour se montrer à Achab. Comme la famine s'était aggravée à Samarie,

3. 

Achab fit appeler Obadyahu, le maître du palais - cet Obadyahu craignait beaucoup Yahvé :

4. 

lorsque Jézabel massacra les prophètes de Yahvé, il prit cent prophètes et les cacha cinquante à la fois dans une grotte, où il les ravitaillait de pain et d'eau -

5. 

et Achab dit à Obadyahu : « Viens ! Nous allons parcourir le pays, vers toutes les sources et tous les torrents ; peut-être trouverons-nous de l'herbe pour maintenir en vie chevaux et mulets et ne pas abattre de bétail. »

6. 

Ils se partagèrent le pays pour le parcourir : Achab partit seul par un chemin et Obadyahu partit seul par un autre chemin.

7. 

Comme celui-ci était en route, voici qu'il rencontra Élie ; il le reconnut et se prosterna face contre terre en disant : « Te voilà donc, Monseigneur Élie ! »

8. 

Il lui répondit : « Me voilà ! Va dire à ton maître : voici Élie. »

9. 

Mais l'autre dit : « Quel péché ai-je commis, que tu livres ton serviteur aux mains d'Achab, pour me faire mourir ?

10. 

Par Yahvé vivant, ton Dieu ! il n'y a pas de nation ni de royaume où mon maître n'ait envoyé te chercher, et quand on eut répondu : «Il n'est pas là», il a fait jurer le royaume et la nation qu'on ne t'avait pas trouvé.

11. 

Et maintenant tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie»,

12. 

mais quand je t'aurai quitté, l'Esprit de Yahvé t'emportera je ne sais où, je viendrai informer Achab, il ne te trouvera pas et il me tuera ! Pourtant ton serviteur craint Yahvé depuis sa jeunesse.

13. 

N'a-t-on pas appris à Monseigneur ce que j'ai fait quand Jézabel a massacré les prophètes de Yahvé ? J'ai caché cent des prophètes de Yahvé, cinquante à la fois, dans une grotte, et je les ai ravitaillés de pain et d'eau.

14. 

Et maintenant, tu ordonnes : «Va dire à ton maître : voici Élie. » Mais il me tuera ! »

15. 

Élie lui répondit : « Aussi vrai que vit Yahvé Sabaot que je sers, aujourd'hui même je me montrerai à lui. »

16. 

Obadyahu partit à la rencontre d'Achab et lui annonça la chose ; et Achab alla au-devant d'Élie.

17. 

Dès qu'il vit Élie, Achab lui dit : « Te voilà, toi, le fléau d'Israël ! »

18. 

Élie répondit : « Ce n'est pas moi qui suis le fléau d'Israël, mais c'est toi et ta famille, parce que vous avez abandonné Yahvé et que tu as suivi les Baals.

19. 

Maintenant, envoie rassembler tout Israël près de moi sur le mont Carmel, avec les quatre cent cinquante prophètes de Baal, qui mangent à la table de Jézabel. »

20. 

Achab convoqua tout Israël et rassembla les prophètes sur le mont Carmel.

 

Le Sacrifice du Mont Carmel

 

21. 

Élie s'approcha de tout le peuple et dit : « Jusqu'à quand clocherez-vous des deux jarrets ? Si Yahvé est Dieu, suivez-le ; si c'est Baal, suivez-le. » Et le peuple ne put rien lui répondre.

22. 

Élie poursuivit : « Moi, je reste seul comme prophète de Yahvé, et les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante.

23. 

Donnez-nous deux jeunes taureaux ; qu'ils en choisissent un pour eux, qu'ils le dépècent et le placent sur le bois, mais qu'ils n'y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l'autre taureau et je n'y mettrai pas le feu.

24. 

Vous invoquerez le nom de votre dieu et moi, j'invoquerai le nom de Yahvé : le dieu qui répondra par le feu, c'est lui qui est Dieu. » Tout le peuple répondit : « C'est bien. »

25. 

Élie dit alors aux prophètes de Baal : « Choisissez-vous un taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux. Invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu. »

26. 

Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal, depuis le matin jusqu'à midi, en disant : « O Baal, réponds-nous ! » Mais il n'y eut ni voix ni réponse ; et ils dansaient en pliant le genou devant l'autel qu'ils avaient fait.

27. 

A midi, Élie se moqua d'eux et dit : « Criez plus fort, car c'est un dieu : il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage : peut-être il dort et il se réveillera ! »

28. 

Ils crièrent plus fort et ils se tailladèrent, selon leur coutume, avec des épées et des lances jusqu'à l'effusion du sang.

29. 

Quand midi fut passé, ils se mirent à vaticiner jusqu'à l'heure de la présentation de l'offrande, mais il n'y eut aucune voix, ni réponse, ni signe d'attention.

30. 

Alors Élie dit à tout le peuple : « Approchez-vous de moi » ; et tout le peuple s'approcha de lui. Il répara l'autel de Yahvé qui avait été démoli.

31. 

Élie prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob, à qui Yahvé s'était adressé en disant : « Ton nom sera Israël »,

32. 

et il construisit un autel au nom de Yahvé. Il fit un canal d'une contenance de deux boisseaux de semence autour de l'autel.

33. 

Il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bois.

34. 

Puis il dit : « Emplissez quatre jarres d'eau et versez-les sur l'holocauste et sur le bois », et ils firent ainsi ; il dit : « Doublez », et ils doublèrent ; il dit : « Triplez », et ils triplèrent.

35. 

L'eau se répandit autour de l'autel et même le canal fut rempli d'eau.

36. 

A l'heure où l'on présente l'offrande, Élie le prophète s'approcha et dit : « Yahvé, Dieu d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, qu'on sache aujourd'hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que c'est par ton ordre que j'ai accompli toutes ces choses.

37. 

Réponds-moi, Yahvé, réponds-moi, pour que ce peuple sache que c'est toi, Yahvé, qui es Dieu et qui convertis leur cœur ! »

38. 

Et le feu de Yahvé tomba et dévora l'holocauste et le bois, et il absorba l'eau qui était dans le canal.

39. 

Tout le peuple le vit ; les gens tombèrent la face contre terre et dirent : « C'est Yahvé qui est Dieu ! C'est Yahvé qui est Dieu ! »

40. 

Élie leur dit : « Saisissez les prophètes de Baal, que pas un d'eux n'échappe ! », et ils les saisirent. Élie les fit descendre près du torrent du Qishôn, et là il les égorgea.

 

La fin de l’apostasie d’Israël permit l’intervention de Dieu, et la fin de la sécheresse :

 

I Rois chapitre 18°

41. 

Élie dit à Achab : « Monte, mange et bois, car j'entends le grondement de la pluie. »

42. 

Pendant qu'Achab montait pour manger et boire, Élie monta vers le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux.

43. 

Il dit à son serviteur : « Monte donc, et regarde du côté de la mer. » Il monta, regarda et dit : « Il n'y a rien du tout. » Élie reprit : « Retourne sept fois. »

44. 

A la septième fois, le serviteur dit : « Voici un nuage, petit comme une main d'homme, qui monte de la mer. » Alors Élie dit : « Monte dire à Achab : Attelle et descends, pour que la pluie ne t'arrête pas. »

45. 

Sur le coup, le ciel s'obscurcit de nuages et de tempête et il y eut une grosse pluie. Achab monta en char et partit pour Yizréel.

46. 

La main de Yahvé fut sur Élie, il ceignit ses reins et courut devant Achab jusqu'à l'arrivée à Yizréel. En route vers l'Horeb.

 

Le prophète traverse la grande plaine d'Esdrelon, et le terme de sa course est Yizréel ,près du Mont Carmel, seconde capitale pour les rois d’Israël. Elie est ensuite emporté sur un char de feu (2 Rois, chapitre 2°) et sera présent à la Transfiguration de Jésus. Et Elisée, son disciple, est investi par le manteau d’Elie, et de l'esprit du père sur les bords du Jourdain, et, de Béthel, « il alla delà au Mont Carmel » (2 Rois, 2, 25a), ce Mont « sacré » « depuis que la Reine des Prophètes s’y était manifestée. Désormais le Carmel fut sacré pour tous ceux dont les espérances de l'humanité tenaient le regard au-dessus de la terre  » (Dom Guéranger, op. cit.). Et depuis lors, les ancêtres à la foi exemplaire et qui attendaient le venue de Celui qui devait venir choisirent leur lieu de prière et de repos dans les mille grottes que leur ouvraient ses flancs.

 (à suivre)

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 16:32
- Par Mgr Jacques MASSON

Le 16 juillet, l’Eglise fête Notre-Dame du Mont Carmel. Le Mont Carmel : pourquoi ? Cette fête est peu connue des fidèles, et fait penser au Carmel, aux Carmélites. C’est pour quoi il m’a semblé utile de « m’arrêter » quelques instant sur ce Mont, bien connu dans la Bible, et riche de signification, pour en arriver ensuite à la Fête de Notre-Dame du Mont Carmel.


Le Mont Carmel dans la Bible

 

1-copie-7.jpg Le Mont Carmel est une montagne côtière du nord de la Palestine, qui surplombe la Méditerranée. Au temps de la Palestine de l’Ancien Testament, il était situé en Syro-Phénicie et avait une frontière commune avec la Galilée à l’est. Les montagnes de Galilée descendant du Nord, celles de Judée venant du Midi, se joignent en Samarie sur la chaîne assez courte qui tire de lui son nom et fait converger vers lui tous leurs grands souvenirs. Dom Guéranger (Année Liturgique)écrit à son sujet : « L'on dirait que par la situation dominante de son promontoire au centre même du littoral sacré, il a pour mission d'annoncer au loin sur la mer d'Occident l'Orient divin qui s'est levé du sein des ténèbres (cf. Luc. I, 78-79 : « Œuvre de la miséricorde divine qui nous amènera d’en-haut la visite du Soleil Levant »), « c’est-à-dire les temps messianiques ou le Messie lui-même » (cf. Bible de Jérusalem, note h).

 

Chez le prophète Jérémie, ce seul nom résumait à ses yeux tous les biens de la terre des promesses ; et quand les crimes du peuple élu menacent d'amener la ruine sur la Judée : « J'ai vu le Carmel désert, s'écrie le Prophète, et toutes ses villes détruites au souffle de la fureur de Dieu (Jérémie IV, 26) ». Mais voici qu'au sein des peuples païens, la future Sion succède à la première ; et huit siècles à l'avance, Isaïe la reconnaît à la gloire du Liban devenue sienne, à la beauté du Carmel et de Saron qui luit est donnée (Isaïe 35, 2 : « La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et de Saron ; on verra la gloire de Yahvé, la splendeur de notre Dieu »).

 

Le Mont Carmel est tellement connu et renommé que, dans le Cantique des Cantiques (Cantiques, 7, 5), les suivantes de l'Epouse, célébrant pour l'Epoux celle qui sans retour a ravi son cœur, chantent que « sa tête est comme le Carmel, et sa chevelure comme les fils précieux de la pourpre du roi tressés avec soin dans les eaux colorantes (2) », car la pêche des coquillages fournissant la couleur royale était, en effet, abondante au cap Carmel.

 

Le Carmel et sa région sont aussi le lieu de nombreux épisodes bibliques, qui nous sont peu connus. Tout près de ce Mont, coulait le fleuve Qishôn célèbre par la victoire de Débora sur les Cananéens dont il avait roulé les cadavres, comme le raconte le Livre des Juges (5, 21). Débora avait été choisie comme prophétesse pour chasser les Cananéens dirigés par Sisera, qui avaient envahi le pays car le peuple élu avait recommencé à faire ce qui est mal aux yeux de Dieu. Dieu écouta leurs supplications et leur demande de pardon. Aussi Sisera fut-il tué, ainsi que toute son armée. Et Débora, appelée « mère en Israël » (ibid, verset 5) entonna ce cantique : « Du haut des cieux les étoiles ont combattu, de leurs chemins, elles ont combattu Sisera. Le torrent du Qishôn les a balayés, le torrent sacré, le torrent du Qishôn ».

 

Mais le peuple d’Israël, sorti d’Egypte et entré en possession de la Terre Promise est incorrigible. Il retombe sans cesse dans le péché d’idolâtrie. Ils recommencent à faire ce qui déplaît à Yahvé (Juges, chapitre 6°), et Dieu les livra pendant sept ans aux mains de Madiân « dont la main se fit lourde sur Israël (ibid, verset 2). Aussi « Madiân réduisit Israël à une grand misère, et les Israélites crièrent. vers Yahvé « (ibid. 6).

 

Gedeon.jpgLe peuple invoqua le Seigneur qui lui envoya un prophète, et suscita Gédéon.Madian succomba à son tour dans la même plaine où Sisara avait senti la puissance de celle qu'on appelait la Mère en Israël : contre Madian, Gédéon lui aussi n'avait marché qu'au nom de la femme terrible comme une armée rangée en bataille(Cant. VI, 9 : « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore, belle comme le lune, resplendissante comme le soleil, redoutable comme des bataillons », texte repris dans la liturgie, antienne de l’Antienne Communion de la Vigile de l’Immaculée Conception, et attribué à la Sainte Vierge « terrible comme une armée rangée en bataille » : « Quae est ista quae progreditur quasi aurora consurgens, pulchra ut luna, electa ut sol, terribilis ut castrrorum acies ordinata »). Pour Gédéon, le signe avait été pour lui la toison rafraîchie par la céleste rosée dans la sécheresse de la terre entière (Juges, VI, 36-40.), texte que je tiens à citer, car il est appliqué à la Sainte Vierge : c’est l’épisode et l’épreuve de la toison (sans oublier la vision de la Femme de l’Apocalypse, revêtue du soleil, et la lune sous les pieds);


Juges, chapitre 6° :

7. 

Lorsque les Israélites eurent crié vers Yahvé à cause de Madiân,

8. 

Yahvé envoya aux Israélites un prophète qui leur dit : « Ainsi parle Yahvé, Dieu d'Israël. C'est moi qui vous ai fait monter d'Égypte, et qui vous ai fait sortir d'une maison de servitude.

9. 

Je vous ai délivrés de la main des Égyptiens et de la main de tous ceux qui vous opprimaient. Je les ai chassés devant vous, je vous ai donné leur pays,

10. 

et je vous ai dit : «Je suis Yahvé votre Dieu. Vous ne craindrez pas les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. » Mais vous n'avez pas écouté ma voix. »

11. 

L'Ange de Yahvé vint et s'assit sous le térébinthe d'Ophra, qui appartenait à Yoash d'Abiézer. Gédéon, son fils, battait le blé dans le pressoir pour le soustraire à Madiân,

12. 

et l'Ange de Yahvé lui apparut : « Yahvé avec toi, lui dit-il, vaillant guerrier! »

13. 

Gédéon lui répondit : « Je t'en prie mon Seigneur! Si Yahvé est avec nous, d'où vient tout ce qui nous arrive ? Où sont tous ces prodiges que nous racontent nos pères quand ils disent : «Yahvé ne nous a-t-il pas fait monter d'Égypte ?» Et maintenant Yahvé nous a abandonnés, il nous a livrés au pouvoir de Madiân... »

14. 

Alors Yahvé se tourna vers lui et lui dit : « Va avec la force qui t'anime et tu sauveras Israël de la main de Madiân. N'est-ce pas moi qui t'envoie ? » -

15. 

« Pardon, mon Seigneur! lui répondit Gédéon, comment sauverais-je Israël ? Mon clan est le plus pauvre en Manassé et moi, je suis le dernier dans la maison de mon père. »

16. 

Yahvé lui répondit : « Je serai avec toi et tu battras Madiân comme si c'était un seul homme. »

17. 

Gédéon lui dit : « Si j'ai trouvé grâce à tes yeux, donne-moi un signe que c'est toi qui me parles.

33. 

Tout Madiân, Amaleq et les fils de l'Orient se réunirent et, ayant passé le Jourdain, ils vinrent camper dans la plaine de Yizréel.

36. 

Gédéon dit à Dieu : « Si vraiment tu veux délivrer Israël par ma main, comme tu l'as dit,

37. 

voici que j'étends sur l'aire une toison de laine; s'il y a de la rosée seulement sur la toison et que tout le sol reste sec, alors je saurai que tu délivreras Israël par ma main, comme tu l'as dit. »

38. 

Et il en fut ainsi. Gédéon se leva le lendemain de bon matin, il pressa la toison et, de la toison, il exprima la rosée, une pleine coupe d'eau.

39. 

Gédéon dit encore à Dieu : « Ne t'irrite pas contre moi si je parle encore une fois. Permets que je fasse une dernière fois l'épreuve de la toison : qu'il n'y ait de sec que la seule toison et qu'il y ait de la rosée sur tout le sol! »

40. 

Et Dieu fit ainsi en cette nuit-là. La toison seule resta sèche et il y eut de la rosée sur tout le sol.

 

Saint Bonaventure, sans ses "Oeuvres spirituelles", chante et énonce les louanges de la Bienheureuse Vierge Marie en ces termes : "Marie, figurée par la toison de Gédéon".

« Vous êtes la toison que le ciel, dans sa bonté, offrit à Gédéon, toute humide et remplie d'une rosée divine; la toison qu'il pressa sous ses doigts. Les eaux dont vous fûtes arrosée sont demeurées toujours inaltérables, et vous êtes devenue la consolation de ceux que le malheur éprouve, alors que la terre entière se trouvait desséchée.

« La rosée véritable , descendue du fleuve céleste, a pénétré le manteau de votre pureté, alors que, par la faveur du Dieu suprême, vous fûtes remplie du soleil de justice; que vous êtes devenue la Mère de Dieu et de l'homme, et que la fleur de votre virginité réunit sans les altérer ses parfums à ceux de la maternité ».

 

« Sur la toison de Gédéon, sans aucun bruit, du ciel, la rosée tomba par l’action de Dieu (Juges 6, 36). De même, dans le sein de la Vierge, sans relation avec un homme, du ciel, le Fils de Dieu descendit selon l’antique promesse ».

 

Dans l’anaphore de Marie Vierge, Fille de Dieu, composée par Abba Ciriaque, Evêque de Bahnas, l’Eglise éthiopienne présente les images de Marie dans l’Ancien Testament :

 

« Par toi le premier né de toute la création a été renouvelé. Tu fus l'espoir d'Adam quand il fut chassé du Paradis, la piété d'Abel tuée injustement, la bonté de Seth, les bonnes oeuvres d'Enoch, l'arche de Noé qui le sauva du désastre du déluge, la bénédiction de Sem et sa part, la pérégrination d'Abraham, le parfum d’Isaac et l'échelle de Jacob, la consolation de Joseph, les tables de Moïse, la ronceraie du Sinaï, les sonnettes du vêtement du prêtre Aaron, ainsi que le bâton qui produit fleurs et fruits, la stèle du témoignage de Josué, la Toison de Gédéon, le vase d'onguent et la corne d'huile de Samuel, la verge dont Jesse se glorifiait, le chariot d'Aminadab, la cithare de David, la couronne de Salomon, le jardin fermé, la source scellée, le panier d'or d'Élie, le calice d'Elisée, la conception virginale d'Isaïe, la primogéniture sans noces d'Ezéchiel, l'émanation de la Loi à Bethléem, la terre d'Ephrata de Michée, l’arbre de vie de Silonidis, le pansement de la blessure de Nahum, la félicité de Zacharie, le temple pur de Malachie ».

 

« O Marie, tu es la nuée de Job, la Toison de Gédeon et la corne d'huile de Samuel, et pour toi tous les fruits de la terre répandirent un parfum suave… O Marie, calice d'intelligence de Samuel, salut de Daniel au milieu des lions, vie d'Élie ».


Mais, revenons à Gédéon. Convaincu par ces deux signes, Gédéon leva une armée. Mais le peuple était trop nombreux pour Dieu qui lui ordonna de faire un choix parmi ces 30.000 hommes. Les emmenant au bord de l'eau pour boire, il ne conserva dans ses troupes, comme Dieu le lui avait recommandé, que les hommes qui lapaient l'eau à la manière des chiens. Avec quelques hommes (300 environ) Gédéon partit à la rencontre des armées madianites.

 

Les armées ennemies étaient beaucoup plus nombreuses. Pour attaquer leurs camps, Gédéon divisa ses hommes en 3 équipes. Chaque homme reçut une trompette, une cruche-et une torche. Gédéon mit au point une tactique: « Quand vous arriverez près du camp, soufflez dans les trompettes, et hurlez : Pour Dieu et pour Gédéon . Ensuite, cassez vos cruches ». Les Madianites, trompés par tout ce bruit, prirent peur et s'enfuirent. La paix régna alors sur Israël tant que Gédéon vécut.

 

Dom Guéranger souligne le plan de Dieu sur ce Mont Carmel, en y voyant l’annonce, en ces termes, de la venue de la Mère par excellence,  : C’est « comme si cette plaine glorieuse d'Esdrelon, qui vient mourir au pied du Carmel, ne devait offrir aux horizons de ses divers sommets, aux échos de ses multiples vallées, que les prophétiques figures et les titres variés de la triomphatrice annoncée dès le premier jour du monde : non loin d'Esdrelon quelques défilés conduisent à Béthulie, terreur des Assyriens, qu'illustra Judith, la joie d'Israël et l'honneur de son peuple (Judith, XV, 10) ; tandis que dans  les  hauteurs  du septentrion se cache Nazareth, blanche cité, fleur de la Galilée (Hieron. Epist. XLVI, Paulae et Eustochii ad Marcellam) ».

 

Dom Guéranger déroule ainsi devant nos yeux, le plan éternel de Dieu : « Quand son amour se jouait dans l'affermissement des collines et des monts (Prov. VIII, 22-31), l'éternelle Sagesse avait en effet choisi le Carmel pour être, aux siècles des figures, l'apanage anticipé de la fille d'Eve qui briserait la tête de l'ancien ennemi. Aussi lorsque le dernier des longs millénaires de l'attente eut commencé de dérouler ses interminables anneaux, quand l'aspiration des nations (Genèse. XLIX, 10.)devenue plus instante obtint du Seigneur l'épanouissement de l'esprit prophétique dont cette époque parut marquée, ce fut au sommet de la montagne prédestinée qu'on vit le père des Prophètes venir dresser sa tente et observer l'horizon, avec le Prophète Elie.

 

Citons ce textes en entier, car la liturgie l’a repris pour les attribuer à Marie :


Proverbes, chapitre 8°

22. 

« Yahvé m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes.

23. 

Dès l'éternité je fus établie, dès le principe, avant l'origine de la terre.

24. 

Quand les abîmes n'étaient pas, je fus enfantée, quand n'étaient pas les sources aux eaux abondantes.

25. 

Avant que fussent implantées les montagnes, avant les collines, je fus enfantée;

26. 

avant qu'il eût fait la terre et la campagne et les premiers éléments du monde.

27. 

Quand il affermit les cieux, j'étais là, quand il traça un cercle à la surface de l'abîme,

28. 

quand il condensa les nuées d'en haut, quand se gonflèrent les sources de l'abîme,

29. 

quand il assigna son terme à la mer - et les eaux n'en franchiront pas le bord -, quand il traça les fondements de la terre,

30. 

j'étais à ses côtés comme le maître d'œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m'ébattant tout le temps en sa présence,

31. 

m'ébattant sur la surface de sa terre et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes.

 

(à suivre)

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 13:00
- Par Roberto i. TIVISSA [Barcelona - Espagne]

La-Pedrera.jpg

Gaudi 
 Façade de la Pedrera
 Gaudí



Tout le monde a entendu au moins parler du grand architecte Gaudí, lequel, outre un grand artiste, était aussi profondément chrétien [sa cause de béatification a été introduite à Rome].


Beaucoup ont également entendu parler - ou ont vu - l'immeuble dit “La Pedrera” , qui se trouve sur le Paseo de Gracia, et que d’innombrables touristes photographient chaque jour depuis le trottoir. C’est une des attractions de Barcelone dues à l'étonnant génie de cet artiste.


Or voici qu’une nouvelle polémique vient de surgir, analogue à celle de la tangence à la Sagrada Familia, de la future ligne du TGV (AVE) Barcelone-France - que j'ai évoquée dans un précent article .  A ce propos, il est trop tard pour modifier le trajet de l’AVE, il ne reste plus qu’à renforcer les mesures de sécurité.


La nouvelle polémique consiste en ce que l’Association “Amics de Gaudí ” vient de faire remarquer qu’à La Pedrera il manque une “pierre”, à savoir la statue de la Vierge du Rosaire que Gaudí avait prévue dans la partie haute de l’immeuble. Gaudí fut très fâché qu’on ne plaçât pas cette statue car celle-ci était précisément la raison d’être de l’immeuble.


Pedrera3.jpg

 Le sculpteur Etsuro Sotoo

présentant la maquette de la statue


“Amics de Gaudí” offre une statue de Etsuro Sotoo (1), le sculpteur japonais de la Sagrada Familia. Mais les actuels propriétaires de l’immeuble la refusent, disant qu’il n’y a rien à ajouter au monument. C’est bien entendu une opinion, mais on pourrait se demander s’ils diraient de même si l’architecte avait imaginé, par exemple, une Vénus ou une statue de la Liberté.


Au fond, ce qui gêne certains, c’est que le motif central de l’oeuvre de Gaudí soit religieux.


_______________

(1)  ”Connaître Gaudi à tra­vers la pierre n’est pas chose facile, mais cela m’a paru le seul che­min pos­sible. Au début, tout mon tra­vail consis­tait à sculp­ter des feuilles ou des fruits. C’était mon pre­mier tra­vail et j’étais tota­le­ment inex­pé­ri­menté, la posi­tion des feuilles m’obsédait. Quand j’ai trouvé la solu­tion, ce fut ma pre­mière ren­contre avec Gaudí. (…).


"Mais même après avoir étudié tous les textes, docu­ments et idées de Gaudí, je n’étais tou­jours pas capable de le connaître, je ne savais pas encore qui il était. C’est en regar­dant où Gaudí regar­dait, c’est en cher­chant à arri­ver là où il dési­rait aller que je l’ai connu en vérité.


"Quand je me suis rendu compte de cela, je me suis senti extra­or­di­nai­re­ment libre : Gaudí est entré en moi et je suis entré en lui” [Etsuro Sotoo].

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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /2010 07:00
- Par Jacques MASSON

  Le 14 juillet : commémoration de la prise de la Bastille ?

 

Il existe en France, et a fortiori à l’étranger, une tenace croyance, ou une tenace ignorance, selon laquelle le 14 juillet, fête nationale, constituerait une commémoration de la prise de la Bastille, intervenue le 14 juillet 1789.

 

Ainsi, si l’on consulte le site gouvernemental “France diplomatie”, on y apprend que :

 

« journée révolutionnaire parisienne devenue fête nationale, le 14 juillet associe aujourd’hui la solennité des défilés militaires et la convivialité des bals et des feux d’artifice. La prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, est commémorée en France depuis plus d’un siècle. »

 

Echo identique sur le site même de la Présidence de la République, fût-ce au prix d’une contradiction ultérieure, qui permet de constater que les sphères officielles préfèrent – faut-il s’en étonner ? - le maintien d’une erreur idéologique à la vérité des faits. Après avoir dit que le 14 juillet avait pour objet de célébrer la « journée révolutionnaire » de la prise de la Bastille, il poursuit en ces termes :

 

« Par la suite, la commémoration du 14 juillet 1789 est abandonnée, jusqu'à ce que la IIIème République, notamment Gambetta, cherche à célébrer les fondements du régime. Sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 fait du 14 juillet la fête nationale de la République ».

 

Le Larousse n’est pas en reste :

 

« La chute de la prison d'État fut, après coup, saluée comme la victoire de l'insurrection populaire sur l'arbitraire royal. C'est pourquoi le 14 juillet fut choisi comme fête nationale de la France par la IIIème République, en 1880. »


*

*      *

 

La fête nationale française célébrerait ainsi l’assaut de cette prison, dont n’ont pourtant été délivrés que des « faux-monnayeurs et des satyres », selon le mot de Gaxotte. Pour beaucoup, cette image prétendument épique, assimilée par l’historiographie d’Etat à une glorieuse victoire militaire, porte en elle la Révolution toute entière et l’Idée sublimée que l’Ordre nouveau se fait de lui-même : le prophète de la liberté, de l’égalité, de la fraternité universelles, dans un monde démocratique qui ne connaît plus désormais ni obscurité, ni fanatisme, ni injustice, ni privilège. Il plaît visiblement à notre bourgeoisie couronnée de rappeler ses origines canailles, selon un modèle mi-mondain, mi-vulgaire fort prisé de politiciens aujourd'hui très en vue.

 

Les peuples, paraît-il, étaient fatigués de l’opium de la religion. Ils lui ont préféré le suc plus corsé du phantasme révolutionnaire, qui sert, génération après génération, à consoler le citoyen de ses désillusions amères. Le règne des rois a laissé place à celui des banquiers, des bouffons, des marchands de soupe, des faiseurs d’affaires, des promoteurs immobiliers, des officines de la pensée unique, des penseurs  de quai de gare et des manipulateurs d’opinion portant tous le pouvoir relatif de politiciens médiocres, cyniques, inféodés et veules.  Les castes de privilégiés se sont multipliées, et avec elles, à la fois, l’arrogance ici, et la jalousie là. Les inégalités les plus criantes se sont épanouies paisiblement à l’ombre du pouvoir, y compris en matière fiscale. Un servage nouveau s’est développé, le citoyen lambda travaillant six mois l’an pour le seul compte de l’Etat protecteur, lequel vit à grand train sur sa ruine consommée et son avenir obéré. Le culte public de Dieu a laissé place à celui de l’Argent et l’idéal de l’honnête homme à celui du Consommateur, gavé de matérialisme, de téloche et de sport.

 

Mais qu’importe ! Chaque année vient offrir au citoyen désidéalisé, avec les beaux jours d’été, sa prophylaxie mémorielle contre l’esprit de réflexion et de rébellion. Nous sommes libres, vient-on nous marteler, nous sommes un modèle pour le monde, frères et égaux dans cette communauté sociale de bienveillance universelle car nos pères ont pris la Bastille ! Les politiciens eux-mêmes paraissent parfois être convaincus de la grandeur de l'événement de 89, inconscients qu'ils sont de celui qu'ils préparent à leurs dépens. Et ce trésor collectif qui est censé être nôtre a été conquis par les piques et les canons qui ont fait tomber, le 14 juillet 1789, la célèbre prison scélérate. 

 

*

*      *

 

Cette foi naïve, cette crédulité englobe aussi, souvent – malgré les élucidations apportées en ce domaine par l’historiographie moderne, notamment étrangère – cette idée que la Révolution française, qui a mis fin à un monde vieilli, serait une œuvre de vertu. On ne saurait donc trop rappeler, en passant, la violence et le fanatisme qui lui ont été consubstantiels, et qui l’ont conduite, dans le temps, à arracher les racines traditionnelles de ce pays, jusqu’à lui faire perdre, au plérôme de notre âge de mondialisation, toute identité. 

 

Qu’il nous soit donc permis de rappeler également, comme en passant, que cette Révolution a opéré son point de non retour par la Terreur, laquelle n’était pas un accident, mais un instrument logique et cohérent de ses objectifs. Si la prise de la Bastille a quelque chose à voir avec cette période, ce n’est certainement pas avec les progrès du droit qui l’ont accompagnée, mais avec cette Terreur, c’est-dire cette confiscation violente du pouvoir par des voyous et des assassins érigés en chantres de la Vertu obligée. En quoi, dès lors, la célébration d’un fête nationale, supposée constituer un lien national de tous les Français, peut-elle être symbolisée ou prendre naissance dans cette bacchanale de vulgarité et de sang ? D’autant que, contrairement à ce que la Légende Dorée de la République s’est appliquée longuement à faire croire, par son histoire officielle, le « nettoyage » auquel la Révolution – cette révolution de violence et de meurtre – s’est livrée a été tourné, premièrement et directement contre le peuple français lui-même.

 

« Contrairement à ce que l’on a pu croire, les guillotinés se sont recrutés beaucoup moins chez les “aristos” que parmi les gens du peuple. Se sentant menacés, un grand nombre de nobles avait émigré dès les premiers mois de la Révolution. Les victimes sont donc principalement des artisans et des laboureurs, des marchands et des religieux, désignés comme ‘ennemis de la Nation’ parce qu’ils avaient essayé de se soustraire aux réquisitions, ou simplement parce qu’ils avaient exprimé un peu trop haut leur mécontentement fut le blocage des prix et des salaires en général, de la politique du gouvernement » [cf. Michel Mourre Les Guillotinés der la Terreur, Publications Henry Coston, mars 1988, 139 pages : l’ouvrage donne la liste, avec noms, prénoms, profession, motif de la condamnation de toutes les victimes].

 

Mais surtout les principales victimes furent les prêtres [réfractaires, qui restaient fidèles au Pape], les religieux, les religieuses, des couvents entiers ; mais aussi et surtout, de nombreux fidèles, des gens simples du bon peuple de France, des gens attachés à leur foi, des catholiques qui continuaient, malgré les dangers, à s’adresser aux prêtres réfractaires et qui n’hésitaient pas à les cacher pour leur permettre de poursuivre leur ministère. Quand ils étaient découverts, le procès était bref : « Es-tu catholique ? – « Oui, je suis catholique » - Fidèle à la Constitution ou au Pape ? «  - Au Pape » - « A la guillotine »…

 

Dans mon village de Lorraine une famille, qui habitait alors Lyon, y a eu 31 personnes guillotinées, pour la seule raison d'être catholiques, et de s'adresser aux prêtres réfractaires! Les interrogatoires, que j’ai lus, font penser aux pires persécutions du temps de l’Empire Romain.

 

Dans mon propre village, la Mère Abbesse de l’une des quatre Abbayes de femmes de Lorraine, a écrit une Lettre personnelle au Pape au début du mois de janvier 1790 en analysant la situation. Elle déclarait que le mouvement nouveau avait pour but surtout de détruire l’Eglise Catholique en France (Je possède copie de ce document dans mes archives, qui se trouve aux Archives de Meurthe et Moselle). Elle assurait le Saint-Père de sa fidélité et à l’Eglise « perinde ac cadaver », ainsi que de la fidélité de ses Chanoinesses, dont plusieurs sont mortes, de fait, à la guillotine.

 

Est-ce cela que l’on fêterait le 14 juillet ? Et pourtant, pour beaucoup, pour de très nombreux Français, la Fête nationale c’est la prise de la Bastille… Quelle ignorance et quelle honte !

 

Chaque année, les journaux, la télévision, nous rebattent les oreilles avec cette « prise de la Bastille ». En Italie, comme dans de nombreux autres pays, il en est de même.

 

C’est pourquoi j’avais écrit en son temps, sans succès, à l’Ambassadeur de France près le Saint-Siège pour que soient informées les différentes Ambassades, et surtout les différents journaux et radios et télévisions sur la signification du 14 juillet. Car on ne peut tolérer qu'une telle ignorance continue : c’est une erreur grave, c’est même un non sens, qui dénote la grande ignorance qu’ont les Français de leur propre histoire. Qu’enseignez-vous  Messieurs les professeurs d’histoire ? Ma lettre est bien sûr restée « lettre morte » et je gage que, cette année encore, tous les moyens italiens d’information renchériront sur « la prise de la Bastille »… C’est beau la « francophonie ».

 

C'est pourtant un fait historique et culturel, qu'il faut faire connaître pour lui donner tout son sens : Une fête nationale ne saurait être une chose banale, qui exalte des massacres aveugles…. Sinon, moi-même, je ne fêterais pas le 14 juillet, car mes ancêtres s'adressaient alors aux prêtres réfractaires, comme le montrent les registres de ces prêtres que j'ai découverts aux Archives de Nancy.

 

*

*      *

 

Le 14 juillet, fête nationale de la France,

n’est pas la commémoration de la prise de la Bastille [14 juillet 1789]

 

La date du 14 juillet retenue comme fête nationale, est le 14 juillet 1790, Fête de la Fédération, où toute la France, avec les trois Corps constitués, Clergé, Noblesse, Tiers-Etats, se sont retrouvés pour une messe solennelle de réconciliation, en présence du Roi Louis XVI, afin de marquer la réunion de la France autour de son Roi, et autour de l'autel gigantesque dressé sur la Place de la Concorde à Paris, après les incidents sanglants révolutionnaires de la prise la Bastille le 14 juillet 1789. Le site internet du Sénat, mieux inspiré que d'autres sites gouvernementaux, ne manque pas de le rappeler.

 

Cette Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100.000, y compris ceux de Paris. Les parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe fut célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun (personnage pour le moins ambigu). La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum, puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.

La date du 14 juillet, comme fête nationale, fut retenue bien plus tard.

 

En effet, ce n'est que le 21 mai 1880 que le député Benjamin Raspail déposa la loi faisant de cette date la fête nationale annuelle en commémoration de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790. Cette référence à cette fête et non pas à la prise de la Bastille fut volontaire et explicite – afin d'écarter un événement sanglant.  Voici en quels termes s’est exprimé à ce sujet le Rapporteur du Sénat, Henri Martin :

 

« (…) à ceux de nos collègues que des souvenirs tragiques feraient hésiter, rappelons que le 14 juillet 1789, ce 14 juillet qui vit prendre la Bastille, fut suivi d’un autre 14 juillet, celui de 1790, qui consacra le premier par l’adhésion de la France entière, d’après l’initiative de Bordeaux et de la Bretagne. Cette seconde journée du 14 juillet, qui n’a coûté ni une goutte de sang ni une larme, cette journée de la Grande Fédération, nous espérons qu’aucun de vous ne refusera de se joindre à nous pour la renouveler et la perpétuer, comme le symbole de l’union fraternelle de toutes les parties de la France et de tous les citoyens français dans la liberté et l’égalité. Le 14 juillet 1790 est le plus beau jour de l’histoire de France, et peut-être de toute l’histoire. C’est en ce jour qu’a été enfin accomplie l’unité nationale, préparée par les efforts de tant de générations et de tant de grands hommes, auxquels la postérité garde un souvenir reconnaissant. Fédération, ce jour-là, a signifié unité volontaire » (Henri Martin, rapporteur du Sénat).

 

Le même Rapporteur, au cours des débats, devait d’ailleurs déclarer à propos de l’Ancien Régime : « Cette ancienne société, cette monarchie, messieurs, nous vous l'avons dit bien des fois, nous en acceptons tout ce qui a été grand, tout ce qui a été national, tout ce qui a contribué à faire la France. »

 

La loi fut adoptée par l'Assemblée le 8 juin et par le Sénat le 29 juin. Elle fut promulguée le 6 juillet 1880. C’est depuis lors que le 14 juillet est officiellement le jour de la fête nationale française.

 

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Mardi 13 juillet 2010 2 13 /07 /2010 11:33
- Par Giulio SARACONI [Vérone, Italie]

TROISIEME PARTIE

L’EVENEMENT ET SON EVOLUTION

[voir les articles précédents dans la catégorie "Medjugorje"]

 

Medjugorje--carte--copie-2.jpg

 

Medjugorje se trouve en Herzégovine, à 20 km environ au sud-ouest de Mostar, et à la même distance à vol d’oiseau de la Mer Adriatique. Avant les faits que nous allons raconter, qui ont commencé le 24 juin 1981, Medjugorje était un petit village de la Commune de Citluc. Son nom veut dire « entre les monts ». Il est en effet situé entre le Krizevac et le mont Cernica. Sur les pentes du mont Krizevac, il y avait une localité rocheuse, couverte de buissons de ronces (elle est restée ainsi de nos jours), où pâturaient les chèvres et les brebis ; cette localité s’appelle Podbrdo. C’est là qu’ont commencé les apparitions de la Sainte Vierge. En arrivant à Medjugorje, la Sainte Vierge s’est trouvée en plein dans le communisme athée qui, à cette époque en particulier, étant donné la crise économique, ne parvenait plus à gouverner, et était particulièrement violent. La paroisse était dirigée par les Frères Mineurs Franciscains depuis sa création, et ils avaient suivi, au cours des siècles, les populations, et il y avait eu de très nombreux martyrs. Le Curé, le Père Jozo Zovko ne se trouvait pas à Medjugorje le 24 juin 1981, car il se trouvait à Zaghreb depuis près d’un mois pour une retraite spirituelle. Il ne rentra que le 27 juin, et fut stupéfait lorsqu’il apprit la nouvelle. Ses premières paroles furent : « Et si c’était un coup des communistes pour jeter le discrédit sur l’Eglise ? ».

 

Que s’était-il passé ces quatre premiers jours?

 

Medjugorje--voyants-.jpg Tout avait commencé dans l’après-midi du 24 juin 1981, fête de Saint jean Baptiste, qui était une Fête pour toute la région. Deux filles, de 15 et 16 ans, respectivement Ivanka et Mirjana, passaient cette journée de vacances à l’école, chez elles, dans le hameau de Bijakovici, petite localité dépendant de Medjugorje. Elles attendaient une troisième fille de 17 ans, Vicka, qui tardait à venir : en effet, en raison de la chaleur et du voyage qu’elle avait fait dans la matinée depuis Mostar, elle s’était endormie. Les deux amies s’en retournaient déjà chez elles quand elles virent en l’air, au pied de la colline, la figure lumineuse d’une jeune femme ayant un enfant dans les bras. Ivanka la vit la première, et s’exclama aussitôt : « C’est la Gospa » (La Sainte Vierge). Mirijana, sans même se retourner, lui répondit : « Ce ne peut pas être la Gospa, ici ! ». Lors de cette première rencontre, la Vision ne parle pas, mais fait seulement signe de la main aux filles de s’approcher, mais aucune n’ira vers la Dame ; au contraire, elles iront chez elles. En cours de route, elles rencontrent tout d’abord une petite bergère de 12 ans, Milka, puis Viska, et elles leur en parlent. Viska pense aussitôt à une plaisanterie de mauvais goût de ses deux amies ; il faut se rappeler que l’endroit est infesté de serpents qui se cachent entre les pierres. Elle s’éloigne des trois filles, mais, peu après, elle ressent un fort désir de revenir en arrière. C’est alors qu’elle rencontre deux amis, Ivan Ivankovic de 20 ans, et Ivan Dragicevic de 16 ans. Viska leur demande de l’accompagner à cet endroit, et ils acceptent. Mais, arrivés sur place, ils trouvent les trois autres filles qui semblent fascinées devant quelque chose. Viska elle aussi tombe en extase aussitôt, mais les deux garçons pris de panique à leur tour, s’enfuient. La jeune Dame a une couronne sur la tête, un enfant dans les bras qu’elle couvre et découvre sans cesse, comme pour le montrer, et fait de nouveau un signe de s’approcher ; mais les quatre filles ne bougent pas. La vision disparaît alors sans dire un mot.

 

Deuxième jour: 25 JUIN 1981

 

Ivanka, Mirijana et Viska vont chercher la petite bergère Milka, qui était avec elles le premier jour, pour se rendre ensemble à Podbrdo. Mais la Mère de Milka dit qu’elle a besoin d’elle à la maison, et envoie sa sœur Marijia avec les trois filles. Mais elle ne va pas tout de suite avec ses trois amies, et dit à Viska que si cette Figure réapparaissait, d’aller la chercher ainsi que Jakov, un garçon de 10 ans, leur voisin. Ivanka, Mirijana et Viska se mirent en route vers la colline, suivies par une groupes de jeunes et d’adultes. Elles ont à peine commencé la montée, qu’elles voient un éclair, puis aussitôt la Dame, mais beaucoup plus haut que le jour précédent, et cette fois, sans l’Enfant. Viska n’oublie pas la promesse faite à son amie, et court aussitôt pour la chercher ; puis elle recommence la montée rocheuse suivie cette fois de Marija, et du petit Jacov.

 

Comme le premier jour, la Figure lumineuse leur fait signe de s’approcher. Cette fois, sans aucune hésitation, sans se soucier des pierres et des buissons épineux, elles courent vers le sommet de la colline. Marija et Jacov, d’un pas plus lent, suivent les trois filles. Ivan Dragicevic qui, le soir précédent, avait accompagné Viska avec un ami au lieu des apparitions, et s’était enfui ensuite, n’est pas monté sur la colline avec les filles. Mais il avait pris un autre chemin et s’y trouvait déjà avec 13 amis. Mais, seulement lui toutefois, aura, à partir de ce moment l’apparition, et deviendra alors le sixième voyant.

(Je crois qu’il est opportun de rapporter ici exactement tout ce qu’ont témoigné les voyants, à propos de cette première rencontre et de ce premier dialogue avec la Sainte Vierge).

 

Toute affectueuse et simple, d’une beauté indescriptible, la Dame est là, devant eux. Elle porte une longue robe de couleur gris argenté. Sous un voile blanc, on entrevoit les cheveux noirs. Danses yeux bleus , on voit un profond regard d’amour.

 

“C’est la Gospa”, s’écrie Ivanka.

 

“Maintenant, je n’aurais pas peur de mourir, du moment que j’ai vu la Sainte Vierge” dira Jacov à plusieurs reprises. Les enfants récitent une prière très en usage dans le village : sept « Pater noster », un « Ave Maria », un « Gloria Patri ». L’apparition prie avec eux, pour la première fois, en se limitant toutefois au Pater Noster et au Gloria (sans réciter l’Ave Maria !)

 

Elle est aimable et simple, indescriptible: merveilleuse, souriante, joyeuse; autour de sa tête, elle a 12 étoiles que rien ne soutient, et rien ne les relie entre elles. Et ces yeux bleus regardent les enfants avec affection. Oui, à présent, ils la voient bien. Ivanka, orpheline depuis peu, ose demander des nouvelles de sa Mère Jagoda, décédée le mois précédent : « Comment est Maman ? ». « Elle est heureuse et est avec moi », est la réponse.

 

Sa voix est douce comme la musique, ou comme des cloches qui sonnent. Tous entendent cette question, et la réponse, sauf Marija et Jacov. Mirijana demande à la Sainte Vierge : « Laissez-vous un signe, autrement ils croiront que nous sommes folles ».

 

Aucune réponse: la Dame se contente de sourire mais Mirjana croit qu’elle a reçu un signe: les aiguilles de sa montre sont retournées en arrière toutes seules : un quart du cadran. Mirjana s’aperçoit en effet que la montre indique 3.15 au lieu de 6.15

 

“Tu as mis les aiguilles à l’envers” lui diront-ils. Mais, pour elle, il n’en est pas ainsi, c’est un signe. « Vous retournerez ? », demandent-ils à la Gospa. Elle fait signe « oui » de la tête. Puis elle leur dit : « Au revoir mes anges »

 

“Mes anges” est un surnom familier et tendre que l’on donne aux enfants en Croatie. C’est la première fois que la Gospa leur adresse ces paroles affectueuses, qui deviendront ensuite familières dans les jours suivants.

 

Ensuite, la Gospa s’élève au-dessus du nuage, elle disparaît à mesure qu’elle monte et sa lumière s’éteint avec elle.

 

Le monde qui avait comme disparu, réapparaît dans crudité banale, entre le sol pierreux et les buissons, et la confusion des gens qui sont allés pour voir par curiosité ; les enfants se retrouvent là, tout émus, les larmes aux yeux.

 

Le petit Jacob ne pense certainement pas à sa chute dans un buissons d’épines. Viska est stupéfaite de voir qu’il en est ressorti sans un égratignure. Il ne cesse de répéter : « A présent que j’ai vu la Sainte Vierge, cela ne le déplairait pas de mourir ! ». Avec les six voyants, ce jour-là, il y avait une quinzaine d’habitants de Biakovici sur la colline. Plusieurs d’entre eux ont cru voir une lueur, au début de l’apparition. Et ainsi, ce 25 juin 1981, les voyants ont vu pour la première fois l’apparition, de près, et très clairement, dans toute sa splendeur. Sa lumière a marqué et formé le groupe des six, qui s’est créé ainsi de manière définitive une fois pour toutes. Ce sont eux qui bénéficieront désormais de l’apparition quotidienne.

 

Depuis ce jour, la police yougoslave commença à intervenir. Elle se mit à interroger plusieurs personnes dans le village, et même à maltraiter certaines d’entre elles en les interrogeant de nuit, et en les arrêtant. Les voyants furent réunis et conduits à Citluck par une commission médicale à laquelle il avait été demandé de déclarer que c’étaient des malades mentaux. Ils furent ensuite conduits à Mostar. Avant tout, la police les conduisit dans une chambre mortuaire, pour leur faire peur, et les remit entre les mains d’une autre commission, que les communistes avaient créée eux-mêmes en y faisant entrer des médecins, des professeurs et des psychologues ; cette commission était appuyée par la UDBA, c’est-à-dire les Services Secrets de l’Etat. Cette commission devait déclarer, à un niveau plus élevé, que les voyants étaient malades, menteurs, et contre-révolutionnaires. Toutefois, tous les membres de la commission ne réagirent pas de la même manière. Un médecin musulman cria aux enfants : « Pourquoi voulez-vous détruire notre Etat, pour lequel nous avons versé autant de sang ?! ». Un autre membre de la Commission posa la question suivante au petit Jacov : « Tu as vu la Sainte Vierge ? ». « Oui » répondit aussitôt Jacov. « Et que ferais-tu pour elle ? » lui demanda encore le psychologue.« Pour Elle, je mourrais » fut la réponse de Jacov. Le psychologue déclara alors aux autres membres de la commission : «  Je n’ai pas d’autre questions à poser ». Il avait compris que toute autre enquête serait inutile. En effet, être prêts même à mourir pour ses propres convictions, n’est pas une chose typique pour un enfant de 10 ans, l’âge de Jacov.

 

N’étant pas parvenu à obtenir ce qu’il voulait des enfants, le régime communiste a continué ses méthodes d’intimidation sur les gens de Medjugroje, et sur ceux qui y venaient. La police commença a prendre note de toutes les voitures qui venaient à Medjugorje et sur leurs propriétaires, s’ils venaient d’autres régions de Yougoslavie, en les menaçant de leur faire perdre leur travail voire de les arrêter. En plus de cela, les communistes commencèrent à prendre des mesures judiciaires. Par exemple, ils arrêtèrent et condamnèrent à une réclusion de plusieurs années, le curé de Medjugorje, Fra Jozo Zovko et plusieurs Franciscains qui étaient venus à Medjugorje avec des pèlerins.

 

Pesko Vasilj, un paroissien, a bien décrit les machinations communistes, en disant qu’elles étaient tellement terribles que, même le Diable, déclare-t-il, pouvait apprendre quelque chose d’eux. Mais plus l’idéologie communiste était violente, plus se développait dans le peuple une résistance héroïque. A partir du moment où tout ce que firent les hommes politiques communistes ne fut plus suffisant pour arrêter les pèlerins, les communistes décidèrent de les menacer avec l’armée. Un jour, une unité militaire arriva à l’improviste à l’entrée de Medjugorje, sur le pied de guerre, avec des canons et des chars, et des chiens policiers, pour impressionner les habitants du lieu et les pèlerins qui arrivaient d’autres endroits. Chez les militaires, la voix s’était répandue que, à Medjugorje était occupée par des rebelles, et que le régime les considérait comme ses pires ennemis. Mais même cela ne parvint à empêcher les gens de venir visiter le lieu de l’apparition, et même si tous étaient préoccupés en venant en cet endroit, le nombre des pèlerins étaient en constante augmentation. Très rapidement, des foules commencèrent à se rassembler, venant de toute l’Europe et de l’Amérique. Le pouvoir communiste ne savait plus que faire. Tout à coup, il chercha de transformer rationnellement son échec en succès, et les effets négatifs de la défaite en avantage. Il commença à voir dans les nombreux groupes, surtout ceux qui provenaient des Pays capitalistes de l’Occident, des touristes qui apportaient des devises étrangères précieuses. Et enfin, comme nous le savons, se produisit la désagrégation totale de la Yougoslavie, la naissance de différentes Etats indépendants : Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, etc.

 

Le système de la République Fédérale Yougoslave s’était dissout, le communisme avait disparu comme institution d’Etat.

 

Mais un autre problème plus difficile et plus sournois avait surgi entretemps, précisément dans l’Eglise Catholique, et en particulier avec l’Evêque de Mostar.

 

 Avant d’aborder cette question délicate, nous devons présenter tout d’abord plusieurs principes généraux de l’Eglise Catholique concernant les apparitions 

 

(à suivre)

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Lundi 12 juillet 2010 1 12 /07 /2010 16:00
- Par L'Equipe d'Hermas

On s'en souvient : le monde entier avait été ému par la détention d'abord, puis par les conditions de la libération d'Ingrid Betancourt. D'autant plus ému, dans le monde catholique, qu'elle avait alors exprimé une foi vive qui tranchait comme une lame avec les discours entendus habituellement sur les chaînes de télévision.

 

Puis sont venus les soupçons de coquetterie, de manipulation médiatique et d'exploitation financière, au scandale d'anciens co-otages qui ont écrit plusieurs livres pour donner une image fort différente de celle donnée sur soi par Ingrid Betancourt.

 

Et voilà que vient la goutte qui fait déborder le vase. Alors qu'il avait toujours été signalé, y compris par ses proches amis, qu'elle avait, en connaissance de cause, pris des risques démesurés le jour où elle a été enlevée par les FARC, la voici qui a annoncé avoir présenté au gouvernement colombien une demande d'indemnisation de près de 7 millions de dollars en réparation des dommages moraux et financiers causés par son enlèvement.

 

La démarche était tellement choquante et a soulevé une telle vague d'indignation en Colombie même [le vice-président Francisco Santos a parlé de  "prix mondial de l'ingratitude", par allusion à la libération de l'otage par l'armée], que Mme Betancourt a dû se rétracter devant la télévision colombienne pour exprimer ses "regrets" d'avoir eu une telle idée et assurer qu'elle avait décidé, avec ses avocats (sic), de ne pas attaquer l'Etat - même si les démarches amiables qu'elle mène [donc toujours pour être indemnisée] avec lui n'aboutissent pas. Elle continue en effet de se plaindre de ce qu'on ne l'ait pas empêchée (sic) de se rendre là où elle fut enlevée. 

 

Il nous est difficile de ne pas partager le sentiment de profond agacement qui anime ses détracteurs.

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 12:13
- Par Joseph H. H. WEILER - Traduction par HERMAS.INFO

Le présent document se rapporte à l'affaire Lautsi [cf. LES FAITS], relative à la présence du crucifix dans des salles de classe d'une école publique en Italie. Sur la demande de Mme Lautsi, la Cour européenne des droits de l'homme [CEDH] a jugé que cette présence était contraire à la Convention européenne des droits de l'homme en ce qu'elle garantie la liberté de religion - y compris la liberté de n'adhérer à aucune [cf. JUGEMENT].

 

L'Etat italien a exercé un recours contre cette décision, et l'affaire a été renvoyée devant la Grande Chambre de la CEDH, été jugée recevable en juin dernier et est en attente de jugement. L'article 36 de la Convention prévoit une procédure dite de "tierce intervention", qui permet à des Etats signataires de la Convention, mais qui ne sont pas parties à l'affaire, de présenter des observations pour éclairer le jugement à intervenir de la Cour. C'est ce qui s'est passé ici sur le sujet qui nous occupe.


weilerM. Joseph Halevi Horowitz WEILER, qui est ainsi intervenu au nom de huit Etats, est un juriste réputé, originaire d'Afrique du Sud, spécialisé dans le droit européen. Ayant enseigné en maints endroits en Europe et aux Etats-Unis, il est notamment titulaire de la chaire de droit européen "Jean Monnet", à Harvard et cofondateur de l'Académie de droit européen.


Nous donnons ici le texte de son intervention devant la CEDH - traduite par nos soins. Cette intervention nous paraît apporter une contribution très importante, sur un cas d'espèce particulier, relative à la problématique de la liberté religieuse.


 

STRASBOURG, 30 JUIN 2010

 

1.- Je m’appelle Joseph H.H. Weiler, Professeur de Droit à l'Université de New-York et Professeur honoraire à l'Université de Londres. J’ai l’honneur de représenter les gouvernement d’Arménie, de Bulgarie, de Chypre, de Grèce, de Lituanie, de Malte, de la Fédération Russe, et de San Marin. Toutes ces tierces parties sont d'avis que la seconde Chambre (1) s’est trompée dans son raisonnement, dans son interprétation de la Convention (2), et dans les conclusions qui en sont résultées.

 

2.- Le Président de la Grande Chambre m’a expliqué que les tierces parties ne peuvent entrer dans les détails d’un cas, mais doivent se limiter à traiter des principes généraux qui le gouvernent, et à suggérer une solution possible.  Le temps accordé est de 15 minutes, et, en conséquence, ne devra aborder que des arguments essentiels.

 

3.- La Chambre, dans sa décision, formule trois principes clefs : les Etats intervenants sont pleinement d’accord avec deux d’entre eux, mais ils sont en désaccord avec le troisième.

 

4.- Ils sont pleinement d’accord avec le principe selon lequel la Convention garantit aux individus la liberté de religion, ainsi que la liberté à l'égard de la religion [la liberté religieuse positive et négative] (3). Ils sont pleinement d’accord sur la nécessité qu’une salle de cours forme et éduque à la tolérance et au pluralisme (4). 

 

5.- La Chambre formule également un principe de “neutralité” : « Le devoir de neutralité et d'impartialité de l'Etat est incompatible avec un quelconque pouvoir d'appréciation de la part de celui-ci quant à la légitimité des convictions religieuses ou des modalités d'expression de celles-ci. Dans le domaine de l'enseignement, la neutralité devrait garantir le pluralisme (Folgero, précité, § 84) » (arrêt critiqué, n°47, c).

  

6.- A partir d’une telle prémisse, la conclusion était inévitable : l’exposition du crucifix sur le mur d’une classe devait être considérée, bien sûr, comme l'expression d’un jugement porté sur la légitimité d’une conviction religieuse – le christianisme – et donc comme une violation de la Convention.

  

7.– Cette formulation de la “neutralité” se fonde sur deux erreurs conceptuelles qui sont fatales aux conclusions retenues.

 

8.– Tout d’abord, dans le système prévu par la Convention, tous les Etats membres doivent, en effet, garantir aux individus la liberté de religion, mais aussi la liberté à l'égard de la religion. Cette obligation constitue une disposition constitutionnelle commune de l’Europe. Elle est cependant contrebalancée par une grande liberté quand il s’agit de religion ou de l’héritage religieux dans l’identité collective de la nation et dans la “symbologie” de l’Etat.

 

9.– Ainsi, il y a des Etats membres où la laïcité fait partie de la définition de l'Etat, comme la France, et dans lesquels, en conséquence, il ne peut y avoir un symbole religieux approuvé et parrainé par l’Etat dans un espace public. La religion est une affaire privée.

 

10.– Mais aucun Etat n’est obligé dans le système de la Convention d'épouser la laïcité. Ainsi, de l’autre côté de la Manche, il y a l’Angleterre [et j’utilise ce terme à dessein] où il existe une Eglise d’Etat, dont le Chef est aussi Chef de l’Etat, où les dirigeants religieux sont aussi membres d’office du Législatif, sur le drapeau de laquelle il y a la Croix, et  où l’Hymne national est une prière à Dieu demandant de sauver le Monarque et de lui accorder [à lui, ou à elle] la victoire et la gloire.

 

11.- Dans sa définition d'Etat avec une Eglise officielle, l’Angleterre semblerait, dans son ontologie, violer les critères posés par la Chambre. En effet, comment pourrait-on dire que tous ces symboles religieux n'impliquent pas une certaine forme de jugement porté sur la légitimité d'un crédo religieux ?


12.- En Europe, il existe une variété extraordinaire de relations entre l’Etat et l’Eglise. Plus de la moitié de la population de l’Europe vit dans des Etats qui ne pourraient être définis comme des Etats laïcs. Inévitablement, dans l’Education nationale, l’Etat et ses symboles ont leur place. Nombre d’entre eux, toutefois, ont une origine religieuse ou expriment une identité religieuse actuelle. En Europe, la Croix est l’exemple le plus visible, apparaissant sur de très nombreux drapeaux, au sommet des montagnes, des édifices, etc. Cependant il est erroné de prétendre, comme certains l’ont fait, qu’elle a seulement une signification religieuse. Elle est les deux choses à la fois, au regard de l’histoire, et une partie intégrante de l’identité nationale de nombreux Etats européens [Il y a des spécialistes qui soutiennent que les 12 Etoiles du Conseil de l’Europe, ont aussi cette même dualité].

 

13.- Regardons une photographie de la Reine d’Angleterre dans les classes. Comme la Croix, cette image a une double signification. C’est l’image du chef de l’Etat. Et c’est aussi l’image du Chef titulaire de l’Eglise d’Angleterre. C’est presque comme le Pape, qui est Chef d’Etat et Chef d’une Eglise. Serait-il acceptable que quelqu’un demandât que la photo de la Reine ne doive pas être placée dans les écoles, au motif que cela n’est pas compatible avec ses convictions religieuses et son droit à l'éducation, parce qu’il est catholique, juif ou musulman ? Ou au nom de ses convictions philosophiques, parce qu’il n’est pas croyant ? La Constitution irlandaise, ou la Constitution allemande pourraient-elles ne pas être affichées dans les classes, ou n’être pas lues dans les classes, au motif que, dans leurs préambules, nous trouvons, dans la première, une référence à la Sainte Trinité et à Jésus-Christ Divin Seigneur, et dans la seconde, à Dieu ? Il est certain que le droit de liberté à l'égard de la religion doit garantir à chaque élève qui s'y oppose la possibilité de n'être pas impliqué dans un acte religieux, de ne pas participer à une cérémonie religieuse ou de ne pas être soumis à une quelconque affiliation religieuse, de sorte que ces actes ne soient pas des conditions de la jouissance des droits garantis par l'Etat. L'intéressé devrait certainement avoir le droit de ne pas chanter God save the Queen (5) si cela est en opposition avec sa vision du monde. Mais cet étudiant peut-il demander que personne ne le chante ?

  

14.- Cette situation européenne représente une énorme leçon de pluralisme et de tolérance. Tous les enfants en Europe, athées ou croyants, chrétiens, musulmans et juifs, apprennent comme un élément de leur héritage européen, que l’Europe garantit d’une part leur droit de pratiquer une religion librement – dans le respect des limites des droits des autres et de l’ordre public – et d’autre part, leur droit de ne pas croire du tout. En même temps, comme élément de ce pluralisme et de cette tolérance, l’Europe accepte et respecte une France, une Angleterre, une Suède et un Danemark, une Grèce et une Italie, dont chacun a des manières très différentes de concevoir la reconnaissance officielle par l'Etat de symboles religieux dans l'espace public.

 

15.- Dans de nombreux Etats non-laïcs, de vastes secteurs de la population, peut-être même la majorité, ne sont plus croyants. Mais l’enchevêtrement continu des symboles religieux dans le domaine public, et de la part de l’Etat, est toujours accepté par la population sécularisée comme faisant partie de l’identité nationale, et comme un acte de tolérance entre les concitoyens de ces Etats. Il se pourrait qu'un jour la population britannique, exerçant sa souveraineté constitutionnelle, veuille se libérer de l’Eglise d’Angleterre, comme le firent les Suédois. Mais ce choix lui incombe, non à cette Cour vénérable, et la Convention n’a jamais été interprétée, cela est certain, dans un sens qui la contraindrait à le faire. L’Italie est libre de choisir d’être laïque. Le peuple italien peut, démocratiquement et constitutionnellement, choisir d’avoir un Etat laïc, et la question de savoir si le crucifix placé sur les murs est conforme ou non à la Constitution italienne ne relève pas de la compétence de cette Cour, mais uniquement de celle de la Cour italienne. Or la requérante, Madame Lautsi, n'attend pas de cette Cour qu'elle reconnaisse le droit de l'Italie d'être laïque, mais qu'elle le lui impose comme un devoir. Ceci n'a pas de fondement dans le droit.


16.- Dans l’Europe actuelle, les Pays ont ouvert leurs portes à de nombreux nouveaux résidents et citoyens. Nous devons leur offrir tout ce qui est garanti par la Convention. Nous devons les traiter justement, les accueillir, sans discrimination. Mais le message de tolérance envers l’Autre ne doit pas être traduit en un message d’intolérance envers sa propre identité. L’impératif juridique de la Convention ne doit pas étendre la juste obligation de l'Etat à garantir une liberté religieuse positive et négative, jusqu'à affirmer, sans justification ni précédent, que l'Etat devrait se dépouiller d’une partie de son identité culturelle, au seul motif que les expressions de cette identité pourraient être religieuses ou d’origine religieuse.

 

17.- La position adoptée par la Chambre n’est pas une expression du pluralisme propre au système de la Convention, mais est une expression des valeurs du seul Etat laïc. L’étendre au système tout entier de la Convention voudrait dire, révérence gardée, l’américanisation de l’Europe. Une américanisation à un double point de vue : tout d’abord, une seule et unique règle pour tous ; puis, une séparation rigide, dans le style américain, entre Eglise et Etat, comme si l’on ne pouvait avoir confiance que les peuples des Etats membres, dont l’identité est non-laïque, puissent vivre les principes de la tolérance et du pluralisme. Cela, une fois encore, ce n’est pas l’Europe. 

 

18.- L’Europe de la Convention représente un équilibre unique entre, d'une part, la liberté individuelle de religion et à l'égard de la religion et, d'autre part, la liberté collective de définir l’Etat et la Nation en utilisant des symboles religieux, voire en ayant une Eglise officielle. Nous faisons confiance à nos institutions démocratiques constitutionnelles pour définir nos espaces publics et nos systèmes collectifs d’éducation. Nous faisons confiance à nos tribunaux, y compris à cette vénérable Cour, pour défendre les libertés individuelles. C’est un équilibre qui a bien servi l’Europe dans les soixante dernières années.

 

19.- Cet équilibre peut agir comme un guide pour le reste du monde, étant donné qu’il démontre aux Pays qui croient que la démocratie implique la perte de leur propre identité religieuse, qu’il n’en est pas ainsi. La décision de la Chambre a renversé cet équilibre unique, et risque d’appauvrir notre panorama constitutionnel, en nous soustrayant cette qualité supérieure de diversité constitutionnelle. Cette vénérable Cour devrait rétablir cet équilibre.

 

20.- J’en viens à présent à la seconde erreur conceptuelle de la Chambre – confusion pratique et conceptuelle – entre laïcisme, laïcité et neutralité.

 

21.- Aujourd’hui, dans nos Etats, la principale division sociale relative à la religion n’est pas celle qui oppose, mettons, catholiques et protestants, mais celle qui oppose croyant et “laïciste”. La laïcité n’est pas une catégorie vide signifiant simplement absence de foi. Beaucoup la considèrent comme un large point de vue qui soutient, inter alia, la conviction politique selon laquelle la religion trouve sa place légitime seulement dans la sphère privée, et qu’il ne peut y avoir aucun lien entre autorité publique et religion. Par exemple, seules les écoles publiques seront financées par l’Etat. Les écoles religieuses doivent être privées, et ne pas bénéficier d’aide publique. C’est une position politique, respectable, mais qui n’est certainement pas “neutre”. Les non-laïcs, même s’ils respectent en tout la liberté de religion, et la liberté par rapport à la religion, adoptent cependant des formes de religion publique, dont j’ai déjà parlé. La laïcité veut un domaine public “dépouillé”, un mur dans les classes qui soit privé de tout symbole religieux. Il est juridiquement malhonnête d’adopter une position politique qui divise notre société, et de prétendre que, d’une certaine manière, elle est neutre.


22.- Certains Pays, comme les Pays-Bas ou le Royaume-Uni ont perçu ce dilemme. Dans le domaine de l’éducation, ils comprennent que le fait qu’ils soient neutres, ne consiste pas dans le fait de soutenir le laïcisme en opposition au religieux. Ainsi, l’Etat finance les écoles publiques laïques, et, dans la même mesure, les écoles publiques religieuses.

 

24.- Quelles sont les conséquences de tout cela sur l’éducation?

 

25.- Penchons-nous sur cette parabole de Marc et Léonard, deux amis qui commencent l’école. Léonard va trouver Marc chez lui. Il entre et trouve un crucifix. - « Qu’est-ce que c’est ? » lui demande-t-il. - « Un crucifix – pourquoi, vous n’en avez pas un ? Chaque maison devrait en avoir un ». Léonard retourne chez lui tout agité. Sa Maman lui explique avec patience : « Ils sont catholiques pratiquants. Nous, non. Nous suivons nos convictions ». A présent, imaginons une visite de Marc chez Leonardo. - « Fichtre ! », s’exclame-t-il, « aucun crucifix ? Un mur vide ? » - « Nous, nous ne croyons pas à ces absurdités », lui répond son ami. Marc retourne chez lui tout agité. « Oui, nous avons nos convictions ». Le jour suivant, les deux enfants vont à l’école. Imaginons l’école avec un crucifix. Léonard rentre chez lui tout agité : « L’école est comme la maison de Marc. Tu es sûre, Maman, que c’est bien, de ne pas avoir de crucifix ? » C’est là le cœur de la question de Lautsi. Mais imaginons également que, ce premier jour d’école, les murs soient vides. Marc rentrerait chez lui tout agité. « L’école est comme la maison de Léonard » s’écrirait-il. « Tu vois, je te l’avais dit que nous n’en avons pas besoin ».

 

26.- La situation serait plus alarmante encore si les crucifix qui étaient là sur le mur depuis toujours, étaient enlevés d’un coup.

 

27.- Ne commettez pas cette erreur. Un mur dénudé sur l'ordre de l’Etat, comme en France, peut faire penser aux élèves que l’Etat prend une position anti-religieuse. Nous avons confiance que les programmes scolaires de la République française enseignent aux enfants la tolérance et le pluralisme, et qu'ils écartent une telle idée. Il y a toujours une interaction entre ce qu’il y a sur le mur, et la manière dont on discute et enseigne en classe. De la même manière, un crucifix sur le mur peut être perçu comme un élément coercitif. Encore une fois, il appartient au programme suivi en classe d'expliquer le contexte et d'enseigner aux enfants dans les classes italiennes la tolérance et le pluralisme. Il pourrait aussi y avoir d’autre solutions, comme par exemple de montrer des symboles de plusieurs religions, ou de trouver d’autres formes éducatives appropriées pour faire passer le message du pluralisme.

 

28.- Il est clair que, étant donné les diversités de l’Europe sur ce point, il ne peut y avoir une solution générale qui soit adaptée à chaque Pays membre, à chaque classe et à chaque situation. Il faut tenir compte de la réalité politique et sociale des différents lieux, de leur démographie, de leur histoire et de leurs sensibilités, ainsi que des susceptibilités des parents. Mais, la France, avec le crucifix au mur n’est plus la France. L’Italie, sans le crucifix au mur, n’est plus l’Italie. Il est de même de l’Angleterre sans le God Save the Queen.

 

29.- Il est possible, dans des circonstances particulières, que la solution adoptée par l’Etat soit considérée comme coercitive et hostile. Cependant, la preuve doit en toutes hypothèses en peser sur l’individu, et le niveau requis pour admettre cette preuve doit être extrêmement élevé, avant que cette Cour ne décide d’intervenir, au nom de la Convention, dans les choix éducatifs faits par un Etat. Une seule règle pour tous, comme l’a décidé la seconde Chambre, privée de contexte historique, politique, démographique et culturel, n’est pas seulement à déconseiller. Elle mine le pluralisme, la diversité et la différence les plus authentiques que la Convention se propose de sauvegarder, et qui sont la marque de l’Europe.


_______________

NOTES

(1) La Chambre de sept juges de la deuxième section de la Cour européenne des droits de l’homme qui a son siège à Strasbourg. L'article 43 de la CEDH prévoit que, dans un délai de trois mois à compter de la date de l’arrêt d’une chambre, toute partie à l’affaire peut, dans des cas exceptionnels, demander le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre (17 membres) de la Cour. En pareille hypothèse, un collège de cinq juges examine si l’affaire soulève une question grave relative à l’interprétation ou à l’application de la Convention ou de ses protocoles ou encore une question grave de caractère général. Si tel est le cas, la Grande Chambre statue par un arrêt définitif. Si tel n’est pas le cas, le collège rejette la demande et l’arrêt devient définitif. Autrement, les arrêts de chambre deviennent définitifs à l’expiration dudit délai de trois mois ou si les parties déclarent qu’elles ne demanderont pas le renvoi de l’affaire devant la Grande Chambre.

(2) La Convention européenne des droits de l’homme, signée à Rome le 4 novembre 1950, et modifiée ensuite par différents protocoles.

(3) NdT - ce principe est ainsi énoncé dans la décision critiquée : « Le respect des convictions religieuses des parents et des croyances des enfants implique le droit de croire en une religion ou de ne croire en aucune religion. La liberté de croire et la liberté de ne pas croire [la liberté négative] sont toutes les deux protégées par l'article 9 de la Convention [voir, sous l'angle de l'article 11, Young, James et Webster c. Royaume-Uni, 13 août 1981, §§ 52-57, série A n° 44] ». (arrêt critiqué, n°47, c).

(4) NdT -  ce principe est ainsi formulé dans la décision critiquée : « Le respect des convictions des parents doit être possible dans le cadre d'une éducation capable d'assurer un environnement scolaire ouvert et favorisant l'inclusion plutôt que l'exclusion, indépendamment de l'origine sociale des élèves, des croyances religieuses ou de l'origine ethnique. L'école ne devrait pas être le théâtre d'activités missionnaires ou de prêche ; elle devrait être un lieu de rencontre de différentes religions et convictions philosophiques, où les élèves peuvent acquérir des connaissances sur leurs pensées et traditions respectives ».

(5) Dieu sauve la Reine, hymne anglais.

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Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /2010 07:39
- Par Marc FROMAGER [Aide à l'Eglise en Détresse]

 

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Merci pour votre soutien ! Nous avons aujourd'hui plus de 9050 signatures !

 

Bonjour,

Vous avez été nombreux à répondre à notre appel pour l'abrogation de la loi anti-blasphème au Pakistan en signant la pétition et en la diffusant à votre entourage.

Un grand MERCI !

Votre aide est précieuse pour le combat que nous menons aux côtés de Mgr Coutts pour l'abrogation de la loi anti-blasphème au Pakistan.

En effet, cette loi continue de faire des victimes !

Le 20 juin dernier, Rehmat Masih, 73 ans, a été incarcéré par la police de Faisalabad pour « blasphème ». Il avait été accusé par Sajid Hameed, son voisin musulman, d'avoir insulté le prophète Mahomet. Pour le père Khalid Rashi Asi, vicaire général du diocèse de Faisalabad, « l'accusation portée contre Rehmat Masih est mensongère, le cas a été monté pour camoufler un différent foncier ».

Vos signatures viennent appuyer la résolution européenne du 20 mai 2010 qui invite « le gouvernement pakistanais à revoir en profondeur les lois sur le blasphème et leur application actuelle (...) ».

Pour donner plus de force à la campagne, l'AED espère pouvoir l'internationaliser. Nous souhaitons que le site et la vidéo soient traduits en anglais afin de remettre le maximum de signatures aux responsables politiques nationaux et internationaux.

Aujourd'hui, nous avons encore besoin de votre soutien pour construire une chapelle pour les prisonniers de la prison de Faisalabad. L'AED a promis 5000 €, alors n'hésitez plus faites un don maintenant pour venir en aide aux chrétiens pakistanais injustement emprisonnés.

MERCI d'avance !

 

Marc Fromager

PS : En soutenant le projet de Mgr Coutts, votre don est déductible à hauteur de 66% de vos impôts sur le revenu 2010 (dans la limite de 20% du revenu imposable).

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Vendredi 9 juillet 2010 5 09 /07 /2010 14:25
- Par Pierre GABARRA

1815059632_small_2.jpg Un curieux sondage a eu lieu en Espagne récemment, sur fond à la fois de Coupe du monde de football exemplaire, pour son équipe, et de désordres politiques profonds, chez elle.

 

Selon ce sondage, environ 63 % des espagnols penseraient que l’équipe espagnole, “la Roja”, symbolise l'union de l'Espagne, et environ 56% qu'elle offre aux politiciens un bel exemple d’unité, alors que l'Espagne est tiraillée notamment par ses vieux démons d’indépendantisme, au Pays Basque et en Catalogne.

 

Le journal La Razón note :

 

« L’Espagne a offert mercredi [contre l’équipe allemande] un exemple d’unité. Les idéologies sont restées en retrait, ainsi que les intérêts partisans, la politique… Le sentiment espagnol était celui d’un orgueil légitime, et il était placé au-dessus de tout. La “Rojigualda” [NdT : le drapeau espagnol], bien souvent reléguée par d’étranges complexes ou des rhétoriques identitaires, retrouvait ici sa place dans les rues. Tous voulaient être l’Espagne, tous étaient l’Espagne et voulaient le montrer, sans complexe ».

 

Puis il poursuit, non sans lyrisme :

 

L’une des clés de la Sélection nationale est la bonne ambiance qui règne entre tous les joueurs. Ils sont une équipe avec des majuscules. Leur sélectionneur, Vincente del Bosque, répète que dans cette équipe, personne ne pense à soi-même, mais au collectif. Même David Villa, le “Pichichi” [NdT : trophée qui récompense le meilleur buteur de la Ligue espagnole] de la Sélection et du mondial, affirme que ce qui importe n’est pas celui qui marque dans le but adverse mais l’intérêt du groupe. Les valeurs de l’engagement, de l’union, de l’optimisme, le besoin de prendre du plaisir à jouer et de le faire bien transforment leur jeu en quelque chose d’épique, en art. Cette union, exprimée sur le terrain de jeu, est celle qui fait tant défaut sur celui de la politique. C’est pourquoi 56,3% des citoyens pensent que le travail de la Sélection nationale, dans lequel a été démontré que l’union fait la force, devrait servir de leçon aux politiciens espagnols. »

 

Intéressant, non ? Que dire alors de la Sélection française, de ses grenouillages d’“ego” et d’ambitions personnelles, dans une formation qui n’a jamais été une équipe, sous la direction sans autorité d’un entraîneur autoritaire qui n’a jamais été un chef, donnant le sentiment qu’il lui suffisait de croire à ses propres discours pour embellir la réalité ? Un miroir peut-être bien exact de la situation de notre propre classe politique. Le sport, décidément, réserve parfois d’étonnantes leçons de chose.

 

 ALLEZ L'ESPAGNE !

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