Communautés

Paroles d'évêque et de prêtre

Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 09:14

Voici le texte de la note du Conseil pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France, rendue publique hier, 8 octobre 2008, face à la tourmente financière. A méditer et à mettre en oeuvre...


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"Au cœur de la crise : faire crédit, faire confiance



La crise que nous traversons témoigne de l’importance de la finance pour l’économie et la paix sociale.

La financiarisation de l’économie a accéléré la mondialisation dont il serait injuste de dire qu’elle n’a que des effets négatifs. Elle a facilité le transfert des richesses et des technologies. Elle a été un levier puissant pour des projets d’investissements dans des pays en voie de développement.

Le marché libre, à condition de respecter certaines exigences, demeure sans doute l’instrument le plus efficace pour utiliser les ressources et répondre aux besoins des hommes et des sociétés de façon efficace.

Mais la crise nous révèle nombre de conséquences négatives lorsque les logiques financières poussées à l’extrême sont déconnectées de l’économie et ont pour seule fin la recherche d’un profit immédiat.

Nos sociétés sont ébranlées. Et comme toujours, en pareil cas, les plus pauvres sont les premières et bien innocentes victimes.

Cette crise nous invite tous à nous interroger sur nos modes de vie, sur notre rapport à l’argent, sur  nos manières de faire fructifier notre épargne et de recourir au crédit.

Nous ne pouvons que saluer les efforts des gouvernements et des responsables politiques pour faire face à la situation.

Il est essentiel que les mesures préconisées se donnent une autre fin que le seul maintien d’un système financier qui a révélé  ses faiblesses et leurs conséquences humaines.

Ceci ne pourra se faire :
-    sans une coopération entre les Etats et naturellement pour nous en Europe,
-    sans la mise en place d’institutions nationales et internationales efficaces d’organisation des marchés financiers,
-    sans se donner les moyens de réorienter nos économies pour qu’elles soient au service des personnes et non du seul profit.

Ceci suppose une réflexion éthique et un engagement :
-    pour que l’on s’interroge sur des pratiques spéculatives visant la rentabilité maximum à court terme,
-    pour que l’on revoie les systèmes de rémunération et de gratification des dirigeants d’institutions financières surtout quand ils ont contribué à la crise ou pourraient en tirer profit de manière inconsidérée,
-    pour que soient mis en place les moyens d’une plus grande traçabilité de l’argent et d’une meilleure identification des risques,
-    pour que l’économie développe  un recours plus raisonné au crédit,
-    pour que le marché financier, par des investissements socialement responsables, soit réorienté au service d’une économie productive et modulée par les exigences environnementales.

La crise actuelle peut être l’occasion de resserrer notre lien social.

Quand la finance prétend être sa propre fin et n’est plus animée que par le désir exclusif du profit, elle perd la tête.

Quand le souci de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes redevient prioritaire, la confiance renait."


Les évêques du Conseil pour les questions familiales et sociales
+ Jean-Charles Descubes, archevêque de Rouen
+ Michel Dubost, évêque d’Evry
+ Michel Guyard, évêque du Havre
+ François Jacolin, évêque de Mende
+ Michel Pansard, évêque de Chartres

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PS : rappelons que l'attention de l'Eglise catholique et ses interrogations sur le fonctionnement du système financier ne date pas d'aujourd'hui : en 2005 les évêques de la Commission sociale ont attiré l'attention sur les déséquilibres du système, notamment sur la disjonction entre la finance et l'économie. Ils soulignaient, avec réalisme, que les marchés financiers, qui jouent un rôle essentiel dans le développement de l'économie, devaient impérativement faire l'objet d'une régulation appropriée. Cette réflexion a été actualisée en mai 2008 avec le document intitulé « La face cachée de la crise financière ». Trois séries de mesures étaient ainsi proposées : une meilleure réglementation des marchés financiers, des acteurs financiers recentrés sur l'économie réelle, des épargnants qui résistent aux sirènes du rendement maximum.
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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 18:01

A l'occasion du 75e anniversaire de la fondation de son diocèse, Mgr Berthelet, dont nous publions régulièrement les réflexions, a écrit (ICI) un très beau texte, que nous vous livrons. Il répond à un certain discours malheureusement courant, opposant le Christ et l'Eglise, adoptant l'un et refusant l'autre. A méditer et à diffuser.

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"Alors que nous entrons dans les célébrations du 75e anniversaire de fondation de notre diocèse, j'aimerais réfléchir sur une question qui revient fréquemment dans les appréciations que l'on fait de l'Église universelle ou particulière et qui oppose l'Église institution à l'Église communion. C'est ainsi que l'on parle parfois de l'Église dont on rêve, d'une Église qui devrait se modeler sur la modernité ou sur la culture d'aujourd'hui, d'une Église qui aurait trahi le message de son fondateur. Il s'agit là d'une dangereuse tentation. On peut comprendre qu'elle puisse se présenter à notre conscience, car l'Église n'est pas sans défaut. Mais céder à cette tentation serait se comporter comme des adolescents qui prennent leur corps en dégoût à cause de quelques défauts qu'ils y décèlent.


L'Église ne peut être comprise en vérité que si nous la reconnaissons d'abord comme un don de Dieu. Elle est inséparablement don et mission. Elle est don de Dieu pour ses membres, elle est don de Dieu pour le monde auquel elle est envoyée pour lui annoncer l'Évangile de Jésus Christ. Un don nous est fait pour être accueilli dans son intégralité. Or l'Église nous est donnée à la fois comme institution et comme mystère de communion. C'est bien ce qu'affirme la Constitution Lumen gentium (I, 8) : « Cette société organisée hiérarchiquement d'une part et le Corps mystique d'autre part, l'assemblée discernable aux yeux et la communauté spirituelle, l'Église terrestre et l'Église enrichie des biens célestes, ne doivent pas être considérés comme deux choses, elles constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d'un double élément humain et divin. C'est pourquoi, en vertu d'une analogie qui n'est pas sans valeur, on la compare au Mystère du Verbe incarné ». C'est dans cette Église concrète - universelle et locale - que notre foi est sollicitée. Un des plus grands ecclésiologues du vingtième siècle, le père Yves Congar, O.P., avait écrit, dès 1950, ce qui allait être affirmé au Concile : « C'est la même Église concrète, celle dont nous avons l'expérience et de laquelle nous sommes, qui est le sujet d'activités humaines, visibles comme telles, et d'activités relevant d'un principe divin. Notre foi en elle porte précisément sur ce point : nous croyons que le Saint-Esprit habite et opère en elle. Cette foi ne s'adresse pas à une Église purement transcendante (...); elle s'adresse à cette Église concrète et empirique, sur l'aspect où, arche de la Nouvelle Alliance, elle a en elle, comme sa loi, l'Esprit de la Pentecôte ».


Cette Église, universelle dès sa naissance à la Pentecôte et envoyée à tout l'univers, se réalise concrètement dans un lieu; c'est l'Église qui est à Rome, à Québec, à Saint-Jean-Longueuil. Elle a une histoire; elle subit les chocs et les influences des cultures et des civilisations. Elle est sainte et sans cesse appelée à se purifier. Car il y a bien sûr péché et défaillances dans l'Église. Mais comme l'écrit le père Congar : « Il ne peut y avoir défaillance foncière, même du côté de l'Église, dans une alliance scellée par le don du Saint-Esprit; dans ce don, qui est vraiment fait à l'Église, la fidélité de Dieu est en quelque sorte, par grâce, transportée dans l'Église elle-même. Ainsi les éléments sur lesquels porte l'alliance sont-ils indéfectibles en elle. Et ce sont, on se le rappelle, d'une part la réalité objective de la grâce et du salut, d'autre part la réalité des moyens de grâce constitutifs de l'institution ecclésiale : dépôt de la foi, dépôt des sacrements, ministères et pouvoirs apostoliques ».


Voilà pourquoi notre Église, en célébrant ses 75 ans d'histoire, se fait action de grâce au Dieu fidèle ; elle se reconnaît en route, chargée d'espérance pour accomplir sa mission évangélisatrice avec une ardeur renouvelée."


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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 07:00

Par La rédaction

Le 24 Mai 2008, a eu lieu la célébration du 4e centenaire du Miracle de Faverney (Haute-Saône). Plus de 7 000 pèlerins étaient présents entre samedi soir et dimanche pour les célébrations.


Ce miracle qui a eu lieu en 1608 dans cette sympathique petite localité comtoise a consisté dans le fait qu’un ostensoir et les hosties consacrées qu'il contenait ont été sauvés des flammes qui ravageaient l'église en restant suspendus en l’air durant 33 heures devant des milliers de témoins. Pour en savoir plus, v. notamment, ICI. Voici le texte de l'homélie prononcée à cette occasion par Mgr A. Vint-Trois.

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" Frères et Sœurs,

Croyez-vous vraiment que vous allez vivre éternellement ? Je sais bien que l'on a l'habitude d'écouter l'Évangile d'une oreille accommodatrice et de mettre quelques nuances dans ce que nous entendons, mais enfin, il l'a dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang vivra de ma vie, éternellement ». Les Juifs qui discutaient entre eux et qui se disaient : « Comment cet homme-là peut-il donner sa chair à manger ? », n'étaient pas de mauvais esprits ; ils n'étaient pas des hommes incrédules ; ils étaient peut-être tout simplement des gens qui réfléchissaient. Quand ils entendaient Jésus leur dire qu'il allait leur donner sa chair à manger, on comprend qu'ils se soient posé quelques questions. Les gens de Faverney qui voyaient l'ostensoir au-dessus des flammes, on comprend qu'ils se soient posé quelques questions. Les Juifs sortis d'Egypte qui voyaient s'ouvrir devant eux une longue traversée du désert sans manger et sans boire, on comprend qu'ils se soient posé quelques questions aussi. Alors, nous aussi nous pouvons nous poser des questions ! Ce que nous venons d'entendre, est-ce vraiment la Parole de Dieu ? Ou bien sont-ce seulement des morceaux choisis de textes édifiants que l'on pourrait trouver dans des livres d'images à destination des enfants ou des simples d'esprit ? Ce que nous constituons aujourd'hui, est-ce une assemblée d'Église ? Ou est-ce simplement le rassemblement fortuit de quelques milliers de personnes qui ne savaient pas trop quoi faire ce dimanche et qui ont été attirés curieusement par l'annonce qui avait été faite d'un miracle à Faverney ? Le pain que nous allons recevoir, est-ce vraiment le corps du Christ ou bien seulement une évocation mystérieuse et symbolique d'une forme de présence qui n'est pas vraiment une présence mais qui n'est pas non plus tout à fait une absence ?


Vous voyez que, pour les esprits curieux et ingénieux, il y a beaucoup de questions à se poser. Les habitants de Faverney et, à travers eux, nous tous qui sommes ici réunis aujourd'hui, nous avons quand même beaucoup de chance : le « coup » de l'ostensoir qui monte au-dessus des flammes, s'il s'était déroulé seulement devant quelques moines un peu endormis, on aurait pu dire ensuite que c'était une belle supercherie, mais comme il y a eu des milliers de témoins, qui n'étaient pas tous endormis, et dont certains même étaient à jeun, à moins d'être mal renseigné, on ne peut pas dire qu'il s'agit d'une supercherie. Trop de gens ont vu. Ce n'est pas une supercherie, c'est un prodige. Qu'on essaye de l'expliquer, c'est normal : nous sommes faits pour cela, nous avons une intelligence pour essayer de comprendre. On n'y arrive pas toujours et on n'y arrivera peut-être pas non plus ce coup-là, mais le signe ne nous est pas donné pour que l'on découvre de nouvelles lois de la physique ou de la philosophie. Il nous est donné pour que nous prenions position. Les Juifs dans le désert, Dieu ne leur a pas donné la recette de la manne, il leur a donné la manne. Il ne leur a pas demandé d'expliquer comment la manne était arrivée, il leur a demandé de la manger. Pour expliquer, il y a des générations depuis quelques millénaires, et sans doute pour les millénaires à venir, il y a des générations de savants, d'exégètes, d'intelligences brillantes qui cherchent et pourront trouver peut-être une explication. Quand on marche dans le désert du Sinaï, on rencontre parfois des gens qui vous expliquent que tel arbuste produit de temps en temps des fleurs qui, se reposant dans la rosée, donnent une espèce de pâte... Qu'est-ce que cela change ? Que ce soit un arbuste ou que ce soit autre chose ? Ce n'est pas pour cela que l'Ecriture nous l'a raconté.


Elle nous a raconté cet épisode pour nous faire comprendre d'où vient la vie de ce peuple qui ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L'Ecriture nous rapporte à plusieurs reprises cet événement pour nous aider à comprendre que le Peuple sorti d'Egypte, en marche vers la Terre promise, ne devait pas compter sur les relais de poste ou les auberges mais devait compter sur la grâce de Dieu pour arriver au bout. C'est Dieu qui l'a nourri, c'est Dieu qui l'a abreuvé, c'est Dieu qui l'a conduit et c'est Dieu qui l'a mené à bon port, enfin pas ceux-là, les suivants. Parce que, ceux-là, ils sont morts avant d'arriver, justement parce qu'ils n'avaient pas cru que Dieu les conduisait. Il leur a dit : « Puisque vous n'avez pas cru en moi, eh bien, vous ne verrez pas la terre promise », ce sera la génération suivante. C'est pour cela que leur pérégrination a duré 40 ans.


Un signe nous est donné pour solliciter, non pas seulement notre esprit curieux, non pas seulement notre intelligence, mais surtout notre foi. Tout à l'heure, celles et ceux d'entre-vous qui s'avanceront pour recevoir l'Eucharistie comme de pauvres gens qui reçoivent leur vie de quelqu'un d'autre, quand le prêtre ou le diacre leur présentera l'hostie en disant : « Le corps du Christ », ils seront devant un prodige bien plus important que de savoir si l'ostensoir penchait un peu sur la grille du chœur ou s'il tenait vraiment tout seul en l'air, un prodige bien plus important que de savoir si la manne venait directement du ciel ou si elle avait transité par un arbuste, ils seront devant un prodige bien plus extraordinaire. Ce pain leur est présenté : « Le corps du Christ », et ils disent : « Amen. J'y crois, je le crois ». Pas parce que le bonhomme qui leur présente le corps du Christ avec son bel habit serait plus fiable qu'un autre ! Ce n'est pas moi que vous allez croire, ce n'est pas moi qui vous ai dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle », c'est le Christ. Amen à Jésus-Christ. Je crois en ce qu'il m'a dit, je crois ce qu'il a dit. Je crois à ce qu'il nous dit : Aujourd'hui, « celui qui mange ma chair et boit mon sang, aura la vie éternelle », aujourd'hui.


Les théologiens, à juste titre, cherchent des manières d'exprimer comment ce morceau de pain, apparemment si insignifiant, si pauvre dans sa visibilité et dans sa substance, peut devenir une nourriture de vie éternelle, comment ce morceau de pain peut vraiment être le corps du Christ. Comme l'intelligence humaine est sans limite ou presque, ils trouvent des moyens d'exprimer cela, mais ma foi ne va pas aux théologiens. Je ne crois pas aux explications, je crois à la Parole du Christ. Peut-être ne suis-je pas capable de comprendre ce que cela veut dire, mais je suis capable de dire : « Amen, je crois ». Aujourd'hui, nous qui sommes rassemblés, petit peuple de quelques milliers de personnes dans une grande région qui en compte quelques centaines de milliers, sommes-nous un signe ? Notre prière commune, notre fête célébrée ensemble, veulent-elles dire quelque chose de plus qu'une simple réunion festive, par chance et par grâce sous le soleil. Veulent-elles dire quelque chose de plus sur la présence du Christ aujourd'hui dans le monde ?


Car sa présence, nous la croyons dans sa Parole, nous la croyons dans son Eucharistie, nous la croyons dans l'Église, Corps du Christ assemblé. Quand nous nous saluons, quand nous prions ensemble, nous ne faisons pas que dire des formules, nous faisons exister le corps du Christ ressuscité pour ce temps et pour ce monde. Si nous croyons que la Parole que nous avons entendue, c'est sa Parole ; si nous croyons que le pain que nous recevons, c'est son corps si nous croyons que l'assemblée que nous formons, c'est sa présence aujourd'hui dans le monde, alors nous constituons par notre existence un ferment de transformation du monde. De même que la manne a conduit le peuple à travers le désert jusqu'au pays de Canaan, de même que la Parole du Christ rassemble à travers les siècles et les espaces ceux qui la reçoivent comme Parole de Dieu, de même que le pain eucharistique est vénéré comme la présence du Christ au milieu de son peuple, de même l'Église constituée des baptisés, des confirmés dans l'Esprit du Christ est un signe de la réalité de la présence du Christ en ce temps. Non seulement quand nous sommes rassemblés comme aujourd'hui dans une grande fête d'Église, non seulement quand nous sommes rassemblés chaque dimanche dans des Eucharisties qui, pour être moins festives que celle que nous célébrons aujourd'hui, n'en sont pas moins le signe de la présence du Christ vivant, mais encore quand l'Esprit du Christ nous disperse, non pas pour nous perdre et nous noyer à travers les soucis et les activités du jour, non pas pour nous désespérer à travers les épreuves que chacune et chacun d'entre-nous peut rencontrer dans sa vie, mais au contraire pour que nous donnions le témoignage de la foi et de l'espérance, pour manifester que nous croyons que le Christ ressuscité donne à tout homme et à toute femme qui croit en lui la promesse de surmonter non seulement les petites difficultés quotidiennes, non seulement les épreuves plus graves de la maladie, de la trahison, de la séparation, mais encore celle de la mort. Le Christ vivant nous donne l'espérance que, malgré nos faiblesses, nous sommes signe de la promesse de Dieu pour les hommes et pour les femmes de ce temps, pour tous les hommes et toutes les femmes de ce temps, dans toutes les situations où les circonstances de la vie nous placent par notre choix ou contre notre gré, - mais qui d'entre nous choisit vraiment tout ce qu'il vit ?


Nous sommes conduits par les circonstances, par les obligations, par les devoirs qui nous échoient, nous sommes conduits à vivre un certain nombre de situations : des situations heureuses, des situations malheureuses, des situations pleines de dynamisme, des situations pleines de fatigue. L'espérance de voir vos enfants et vos jeunes cheminer vers une vie heureuse, la patience d'accompagner vos parents, vos grands-parents, jusqu'au terme d'une vie paisible,... nous savons que tout le monde porte cela en son cœur, mais combien peuvent le réaliser ? La foi au Christ fait de nous des sentinelles vigilantes pour que nous ne nous laissions pas écraser par la vie, submerger par l'existence. Nous pouvons vivre debout parce que Dieu nous promet, mieux encore : il nous donne le pain qui est la chair du Christ.


Quand l'Église nous invite à célébrer la fête du Saint-Sacrement, elle ne vise pas à remplacer la célébration dominicale et l'Eucharistie que nous célébrons chaque dimanche, pas plus qu'elle ne veut remplacer la mémoire de la Cène que nous fêtons le Jeudi Saint. Elle veut simplement nous aider à affermir notre foi dans cette présence du Christ : il est vraiment présent et parce qu'il est vraiment présent, chacune et chacun d'entre nous peut, lui aussi, devenir vraiment présent au monde, à l'humanité, à celles et à ceux que la vie met sur votre chemin, pas simplement comme un réconfort moral ou par de vagues sentiments de solidarité, mais comme quelqu'un qui est prêt à donner quelque chose de lui-même parce qu'il reçoit du Christ non seulement quelque chose de lui-même mais sa vie toute entière.


Alors, frères et sœurs, dans la mémoire du 400ème anniversaire, et surtout dans la mémoire plus lointaine du 2000ème anniversaire du don que Jésus a fait de sa vie, dans la mémoire plus lointaine encore de ce temps où le peuple sorti d'Egypte a été nourri par Dieu à travers le désert, laissez grandir en vous la certitude paisible que Dieu nous nous a pas sortis de l'esclavage et de la mort pour nous faire crever de faim au milieu du désert ; il ne nous a pas appelé à être baptisés dans son Église pour nous laisser manquer de nourriture et de boissons. Il n'a pas fait de nous des chrétiens pour nous conduire au désespoir. Il veut nous faire partager sa vie et partager sa vie, c'est la joie de notre vie. Amen."

+ André cardinal Vingt-Trois

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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 16:00

Par La rédaction


    Article du Cardinal George Pell
    Archevêque de Sydney
    Paru dans le Sunday Telegraph du 25 Mai 2008


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Plus de 100.000 personnes ont été tuées et 1,5 million déplacées depuis que le delta de l'Irrawadi a été frappé par le cyclone Nargis. 220.000 autres sont portées disparues.


Cette tragédie dévastatrice a été suivie peu de temps après par un tremblement de terre massif en Chine, dont on estime qu'il aurait couté plus de 74.000 vies. Plus d'un quart de million de personnes ont été blessées et 5 millions laissées sans toît.

 

Le coût économique pour les deux pays pourrait s'élever à 10 milliards de dollars chacun.

 

Le gouvernement chinois a réagi rapidement pour acheminer sauveteurs et secours, mais, en Birmanie, la dictature militaire est restée inerte et a bloqué les offres d'aides internationales. Bien des excuses ont été faites, mais les besoins du peuple birman devrait être la priorité face à un tel désastre.

 

La junte birmane a fait de lourdes dépenses militaires au détriment de services essentiels comme la santé, l'éducation et les infrastructures.

 

Avec de trop faibles dépenses pour les routes, les gens ne peuvent pas apporter leurs produits au marché, les briques et le ciment ne peuvent pas être transportés pour construire des maisons plus solides et les commautés ne peuvent se développer.

 

Au milieu de cette stagnation, l'Eglise catholique a tranquillement réussi à aider le peuple birmans durant les vingt dernières années.


Le matin après que le cyclone a frappé, l'Eglise birmane, soutenue par l'agence catholique internationale d'aide Caritas, a mis en oeuvre toutes ses ressources limitées a aider les efforts de sauvetage et a sauver des vies et l'espoir. Les réseaux de l'Eglise ont atteint des villages parmi les plus reculés pour apporter de la nourriture, de l'eau, des tentes et des médicaments venus de l'intérieur du pays.

 

Plus tard, alors que le gouvernement allait agir, un groupe catholique a entrainé 400 volontaires en réponse d'urgence, logistique, assainissement et comptabilité. Avec l'aide de la Caritas, la conférence des évêques catholiques de Birmanie est déjà venu au secours de plus de 60.000 personnes.

 

La Caritas et ses partenaires locaux se trouvent face à un énorme défi en Birmanie. Le montant de l'aide qui passe n'est qu'un faible pourcentage de ce qui est nécessaire. La Caritas a une vaste expérience des situations d'urgence et prépare la logistique pour une distribution massive de nourriture aussitôt que cela sera autorisé en Birmanie.

 

Je veux me faire l'écho des mots d'un membre de Caritas sur le terrain, qui disait : je suis très fier que nous, en tant qu'Eglise, ayons été capables d'être là à un moment où le peuple birmans avait tant besoin d'aide.

(...)

 

Nous avons besoin de faire ce que nous pouvons pour supporter ces efforts. Un don à Caritas Australie en réponse à son appel pour la Birmanie est un moyen de le faire (www.caritas.org.au).


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PS d'Hermas : vous pouvez également faire un don à Caritas France (www.secours-catholique.asso.fr)

 

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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 11:44

Par La rédaction
Le Cardinal Martins, préfet de la Congrégation pour la cause des Saints a accordé un entretien au journal italien Il Giornale avant de partir pour San Giovanni Rotondo, où il a célébré ce matin la messe inaugurant l'exposition des reliques de Padre Pio, dont on sait qu'il est le saint le plus vénéré en Italie. En voici un extrait.


IG - Pourquoi est-il important de vénérer les reliques d'un saint ?

Mgr Martins - Les saints sont des hommes comme nous, qui ont suivi Jésus sur le chemin de la perfection quotidienne. Ils ont été, comme chacun de nous est appelé à l'être, temples de l'Esprit Saint, dociles à l'action de la grâce de Dieu. Le christianisme, fondé sur l'évènement de l'incarnation, de la mort et de la résurection du fils de Dieu sur notre terre à un moment précis de l'histoire de l'humanité, a toujours porté beaucoup d'attention et de respect pour les corps. Même les membres mortels de saints ont été porteurs de la grace. C'est pourquoi nous vénérons les reliques des saints.

IG - Certains trouvent cette vénération plutôt macabre. Que leur répondre ?

Mgr Martins - Je réponds que personne n'est obligé de vénérer les reliques d'un saint. Mais je réponds également que cette vénération n'est pas le fruit de déviances : elle était bien présente dès l'origine de la communauté chrétienne qui vénérait déjà les reliques des apôtres et des martyrs.

IG - Ne croyez vous pas à un excès d'attention médiatique concernant l'exposition du corps de Padre Pio ? N'y voyez-vous pas un risque de fanatisme ?

Mgr Martins - Nous sommes des hommes, les risques sont toujours présents. Mais il me semble que personne ne tombe dans le fanatisme. Il est important de rappeler que Padre Pio a été un grand saint parce qu'il a donné sa vie à Dieu, a su souffrire pour Jésus et a vécu en priant et en aidant tant d'âmes à retrouver la foi et à expérimenter la miséricorde divine. Qui le vénère, qui se met dans la file pour s'approcher de l'urne qui conserve sa dépouille, le sait bien. Il sait que ce qui compte est la foi en Dieu, en son fils Jésus Christ. Il sait que ce qui compte est d'approcher les sacrements, de prier, de confier notre vie à notre Créateur. Vénérer Saint Padre Pio de Pietracalcina ne sert à rien sinon à cela.

IG - Les fidèles en sont conscients ?

Mgr Martins - Je crois que les fidèles sont plus mûrs que nous le pensons ou qu'ils sont dépeins certaines fois. Le parfum de sainteté qui émanait de Padre Pio était un fruit de sa foi et non un pouvoir magique : vénérer les saints, les connaître, les imiter, doit porter à Jésus et non à la superstision. Faire voir leurs corps mortels, leurs restes, et les vénérer, signifie comprendre que Dieu se sert de nos êtres, de notre physique, de nos faiblesses, pour faire passer l'annonce de son Evangile.

IG - Il y a eu des polémiques sans fin sur cette exumation et exposition. Pourquoi la fait-on ?

Mgr Martins - C'est une anomalie que cela n'ait pas encore été fait. Avant la béatification d'un serviteur de Dieu, on procède habituellement à la reconnaissance canonique de sa dépouille. On prélève les reliques qui seront offertes au Pape. Avec Padre Pio celà n'a pas été fait, ni pour sa béatification en 1999, ni pour sa canonisation en 2002, où l'on a utilisé comme reliques des escarts qui s'étaient détachés de ses stygmates lorsqu'il était toujours en vie et que ses frères avaient conservés. Aujourd'hui, au quarantième anniversaire de sa mort et après l'authentification de ses stygmates, son corps a été exumé. Cela a été fait à temps pour conserver son corps, qui risquait d'être détérioré par l'humidité.

IG - Le corps de Padre Pio restera-t-il toujours visible ? Sera-t-il transférer au nouveau Sanctuaire de San Giovanni Rotondo ?

Mgr Martins - La décision appartient à l'archevêque d'Ambrosio, qui a annoncé que l'exposition durerait au moins un an, en raison des innombrables demandes des fidèles ayant  l'intention de  s'incliner devant la dépouille  de Padre Pio. (...).



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Jeudi 13 mars 2008 4 13 /03 /Mars /2008 18:50

Par La rédaction

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    U
ne initiative originale doit être signalée, celle de l'Archevêque de Milan, Mgr
Dionigi Tettamanzi, qui chaque semaine pendant le carême a répondu, par voie de vidéos, aux questions diverses du public.

Ses quatre interventions sont diffusées sur le site YouTube et rencontrent un franc succès en Italie et même en Europe (pour ceux qui parlent italien, bien sûr !). A consulter ici : 1ère semaine (I), 1ère semaine (II), 2e semaine, 3e semaine, 4e semaine.

Cette opération doit prendre fin demain (14/03). Mais face à son succès, peut-être sera-t-elle poursuivie. Ou peut-être donnera-t-elle des idées à d'autres évêques dans d'autres pays, qui devraient s'intéresser aux voies modernes de communication, qui peuvent devenir voies d'évangélisation.
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 12:00

Par La rédaction
garcia-gasco.jpg Le rôle du politicien est de servir le bien commun et de garder, protéger et favoriser ses valeurs fondamentales.

Si les politiciens n'ont pas pour perspective première le bien commun, leurs propositions politiques seront inappropriées. Les jolies phrases, les slogans et les promesses ne suffisent pas. Les électeurs savent parfaitement faire la différence entre ceux qui se fondent sur des éléments qui profitent à tous et ceux qui ne représentent qu’eux-mêmes, ou une fraction idéologique de la société. Sans référence au bien commun, l'action politique perd son sens principal.

L'Eglise a toujours enseigné la primauté du bien commun et, ce faisant, elle a instruit de bons citoyens pour chaque État. Celui qui veut grandir dans l'amour selon le modèle de Jésus-Christ, ne peut pas mettre entre parenthèses ses obligations à l’égard de la communauté dans laquelle il vit. Au contraire, il doit mettre tous ses efforts à contribuer au bien commun, lequel de réalise pleinement lorsque tous les citoyens sont assurés dans leurs droits.

Ce n’est pas en l’identifiant plus ou moins subtilement à l’idéologie qui accompagne un gouvernement que l’on peut procurer la meilleure éducation aux vertus civiques, mais par un engagement persévérant et efficace pour obtenir que les droits humains soient véritablement offerts à tous, spécialement aux plus faibles et aux plus nécessiteux.

Plus y aura de personnes à s’engager en faveur des droits et de la dignité de la personne humaine, et meilleure sera la démocratie. Plus il y aura de citoyens à se prévaloir des libertés publiques pour agresser ceux qui ne pensent pas comme eux, et plus nous nous éloignerons de la démocratie. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens.

La démocratie est confirmée ou niée chaque fois que l’un de ses acteurs s’engage en faveur ou contre les droits et la dignité de l'homme. Les hommes et les femmes qui aspirent à acquérir ou à conserver une responsabilité publique doivent bien se rappeler que leur conduite est un langage d'éducation pour les citoyens, parfois plus éloquent que les gestes médiatiques ou les phrases d'impact bien calculées. Les actions, les mots et les gestes des politiciens et des personnages publics peuvent contribuer à enrichir ou à appauvrir la coexistence des citoyens. Ils sont le miroir dans lequel les citoyens se regardent, dans l'attente de voir confirmées les valeurs humaines et politiques désirées.

Malgré les coups d’effets qui peuvent être obtenus grâce aux stratagèmes propres à cette société médiatique, rien ne peut effacer la responsabilité éthique et sociale de l’engagement politique. Les droits humains, spécialement ceux des plus vulnérables et des plus menacés, sont les clés éthiques objectives du bien commun, qui exigent des acteurs publics qu’ils s’y accordent par un idéal de respect profond pour les personnes qui aille très au-delà des calculs d’opportunité ou de rentabilité électorale.

La campagne électorale est l’occasion de présenter un scénario d'éducation aux valeurs. Les programmes et les projets qui sont guidés par des querelles, des opportunismes ou des gestes de stratégies mensongères auront du mal à aller au-delà de l’instant éphémère d'une gloire médiatique. Quand le politicien s’adresse aux citoyens, il doit exprimer un respect profond envers l’électorat, lequel demande à ses représentants cohérence et dignité pour dynamiser la vie communautaire.

L'Église catholique veut contribuer à la rénovation des valeurs véritablement démocratiques et apporter sa conviction de la primauté des valeurs spirituelles sur les valeurs matérielles. Il ne sera jamais juste de construire artificiellement une culture athée, une société sans référence religieuse. La démocratie est pleinement justifiée lorsqu’elle permet à l’être humain de vivre plus dignement, lorsqu’elle favorise son initiative, sa créativité, sa hauteur de vues et le porte à se préoccuper davantage du bien et des droits des autres, spécialement de ceux qui souffrent le plus ou qui sont plus délaissés.

Le jeu démocratique ne coïncide pas avec la recherche d’une victoire électorale à tout prix. Il exprime que l’on a appris à vivre dans le respect total de la dignité de chacun, selon ce idéal que « tous les droits sont pour tous ».

Avec ma bénédiction et mon affection,

+ Agustín García-Gasco
Cardinal archevêque de Valencia (Espagne)
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Vendredi 29 février 2008 5 29 /02 /Fév /2008 08:12

Par La rédaction

L’Espagne vit des jours très difficiles, notamment du point de vue religieux, car l’Eglise y est la cible habituelle d’attaques, y compris gouvernementales ou parlementaires, visant à ruiner son influence dans la société. Pleinement conscient de cette situation, et assumant sa mission, l’épiscopat espagnol réagit avec fermeté, sans chercher à composer sur ce qui n’est pas négociable.

S.E. Mgr Antonio Cañizares Llovera, cardinal archevêque de Tolède, primat d’Espagne, donne le ton. Le 3 février dernier, il a prononcé à la cathédrale de Tolède une homélie magnifique, dont on trouvera le texte intégral, traduit en Français, et publié en deux parties, sur le blog Le petit Placide.


Après avoir rappelé que « les béatitudes proclamées par Jésus appartiennent au noyau de la foi et de l'existence chrétiennes », qu’elles « sont sa propre lumière, elles sont Jésus lui-même, lumière qui illumine toutes les nations » et constituent « la richesse de l'Église, parce que sa seule richesse et sa seule force est le Christ », le cardinal a ajouté :

undefined « L'Église n'a pas d’autre Parole à dire que le Christ, ni d’autre richesse que le Christ, ni d’autre pouvoir que celui du Christ qui est venu pour servir et non pour être servi. Cette Parole elle ne la taira jamais, elle ne la passera jamais sous silence malgré les pouvoirs de ce monde qui voudraient l’étouffer ou la voir réduite aux lieux sacrés, elle ne la laissera jamais mourir. Cette richesse, elle ne la dilapidera pas, elle ne cessera pas de la partager avec les hommes, de l'offrir à tous, sans l'imposer à quiconque. Jamais, elle ne renoncera en outre à cette force ou à ce pouvoir de Jésus-Christ qui est de servir les hommes, d’aider les hommes, d’aimer les hommes, de défendre les hommes. Parce qu’elle n'a pas d’autre Parole, ni d’autre richesse, ni d’autre force que le Christ, il ne lui importera rien que de servir l'homme, de miser sur l'homme. Et c'est pourquoi elle défendra la vie humaine dans toutes les phases de son existence, depuis sa conception jusqu'à son décès naturel, et elle montrera comme chemin et comme orientation pour la société comment on viole cette exigence suprême et fondamentale de l'homme par l'avortement, l'euthanasie, la manipulation des embryons humains ou le terrorisme. Et pour cela, elle proclamera sans cesse et revendiquera en toute circonstance la dignité et l'inviolabilité de tout être humain et les droits fondamentaux qui correspondent à l'homme, y compris ceux de la liberté de conscience et de la liberté religieuse dans toute leur extension, ainsi que tous ceux qui concernent la liberté de l'éducation. Et par la même occasion, elle proclamera à temps et à contretemps l'Evangile et la vérité de la famille, et elle demandera à tous de travailler pour la famille, parce que travailler pour elle c’est travailler pour l'homme et ne pas le faire c’est aller contre l'homme, chemin de l'Église, comme l'est le Christ. L’homme importe à l’Eglise de manière fondamentale, comme au Christ, parce Dieu lui importe par-dessus tout, et que Dieu, dans son Fils, a aimé l'homme jusqu'à l'extrémité et veut son bonheur. Là est la racine de son activité, même si ceci lui apporte des ennuis, des insultes, des mépris, et même si elle est ainsi soumise à des jugements faux et injustes qui disqualifient – j’ai le regret de le dire – ceux-là qui les font. Tel est le chemin des béatitudes, de la belle et véritable aventure qu'a parcourue le Christ, véritable autoportrait du sien ».

« (…) Les béatitudes sont le chemin de réalisation de l'homme qui marche dans la vérité de l’être et qui vit comme étant de Dieu, en appartenant à Dieu, en s'appuyant sur Dieu, en se confiant en Lui ; elles nous montrent le chemin de la liberté, laquelle n'est pas dans l’avoir et dans l’accumulation mais dans l'être homme, créature de Dieu ; elles nous montrent le chemin de l’espérance : il y a un avenir pour l'homme, la vie a un sens. Dieu et l’homme, la vérité de Dieu et la vérité de l'homme, inséparables, l'union de Dieu et de l'homme chemin et objectif de bonheur, de liberté, d'amour, de miséricorde, de justice, de réconfort, de véritable richesse humaine, de paix, de pureté de vues et de vérité et de bonheur qui devient éternel ».

« (…) Les béatitudes, pour cette raison, ne sont pas réservées à quelques privilégiés. C’est l'enseignement moral adressé à tous ceux qui suivent Jésus-Christ, un enseignement, d’ailleurs, qui assume ce qu’affirme la raison humaine, en l’élevant et en l’élargissant. Les béatitudes ne sont pas un chemin conduisant au repli sur soi ; elles sont là pour être vues dans le monde et y être traduites dans les comportements humains. Elles sont comme l’autre face des dix commandements, exprimant avec eux la volonté de Dieu, le vouloir de Dieu et l’accomplissement de sa volonté. Rien n’est étranger à ce chemin (…) ».

A lire, et à faire lire – de toute urgence, sur le blog du Petit Placide [Ici]. Le texte espagnol peut être lu Ici.

Et à pratiquer. Nous voyons ainsi comment le message de l’Evangile – qui peut paraître ici si abstrait – peut profondément et réellement pénétrer l’ordre temporel, et comment il est appelé à s’y réaliser.


Un grand merci, Monsieur le Cardinal !
 
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Publié dans : Paroles d'évêque et de prêtre - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /Fév /2008 08:49

Par La rédaction
Voici un extrait de la note que la commission permanente de la Conférence épiscopale espagnole a adressée aux catholiques à l'occasion  des prochaines échéances électorales qui  auront lieu dans leur pays [Ici].

Malgré des contextes différents, et des problématiques concrètes différentes, il nous a paru que cet appel contenait des éléments que nous pouvions faire nôtres pour nos propres élections prochaines. Nous en extrayons les éléments transposables.

_______________

1. (…) Comme en d'autres occasions semblables, nous, évêques, offrons aux catholiques et tous ceux que souhaitent nous écouter quelques considérations qui stimulent l'exercice responsable du vote. Nous parlons comme pasteurs de l'Église ayant l'obligation et le droit d'orienter le discernement moral qu’il est nécessaire d’avoir quand on prend des décisions qui doivent contribuer à la pleine reconnaissance des droits fondamentaux de tous et à la promotion du bien commun.

2. A cette fin, nous pensons que le moment est opportun de lire et méditer de nouveau l'Instruction Pastorale approuvée le 23 novembre 2006 par l'Assemblée Plénière de notre Conférence Épiscopale sous le titre "d'Orientations morales devant la situation actuelle de l'Espagne". Nous rappelons quelques idées fondamentales de cette Instruction, qui doivent être comprises, par conséquent, dans l'ensemble de ce texte significatif.

3. Nous respectons ceux qui voient les choses d'une autre manière. Nous demandons seulement la liberté et le respect pour proposer librement notre manière de voir, sans que personne sans que personne ne se sente menacé ni que notre intervention soit interprétée comme une offense ou un danger pour la liberté des autres. Nous souhaitons collaborer sincèrement à l'enrichissement spirituel de notre société, dans la consolidation de la tolérance authentique et de la coexistence dans le respect mutuel, la liberté et la justice, comme fondement indispensable de la paix véritable (n. 81).

4. S’il est vrai que les catholiques peuvent soutenir des partis différents et y militer, il est également certain que tous les programmes ne sont pas également compatibles avec la foi et les exigences de la vie chrétienne, ni ne sont pas non plus également proches et proportionnés aux objectifs et aux valeurs que les chrétiens doivent promouvoir dans la vie publique (n. 50).

5. Les catholiques et les citoyens qui veulent agir de manière responsable doivent, avant de soutenir par leur vote tel ou tel projet, évaluer les différentes offres politiques, en prenant en considération l’importance que chaque parti, chaque programme et chaque dirigeant accorde à la dimension morale de la vie. La qualité et l'exigence morale des citoyens dans l'exercice de leur vote est le meilleur moyen de maintenir la force et l'authenticité des institutions démocratiques (n. 56). On ne doit pas confondre la condition d’a-confessionnalité ou de laïcité de l'État avec la rupture morale et l'exonération des obligations morales objectives. En disant ceci nous n’attendons pas que les dirigeants se soumettent aux critères de la morale catholique. En revanche, oui, nous attendons qu’ils se conforment au dénominateur commun de la morale fondée sur la raison droite et sur l'expérience historique de chaque peuple (n. 55).

6. « Il est nécessaire – indique le Pape – de confronter avec détermination et clarté de buts, le danger d'options politiques et législatives qui contredisent des valeurs fondamentales et des principes anthropologiques et moraux enracinés dans la nature de l'être humain, en particulier en ce qui concerne la défense de la vie humaine en toutes ses étapes, depuis la conception jusqu’à la mort naturelle, et la promotion de la famille fondée sur le mariage, en évitant d'introduire dans l'ordre public d'autres formes d'union qui contribueraient à la déstabiliser, en ternissant son caractère particulier et sa fonction sociale irremplaçable » (n. 56). La législation doit protéger le mariage, en commençant par le reconnaître dans son être propre et spécifique (n. 41).

7. Il n'est juste d'essayer de construire artificiellement une société sans référence religieuse, exclusivement terrestre, sans culte à Dieu ni aspiration aucune à la vie éternelle (n. 13).(…).

8. Le terrorisme est une pratique intrinsèquement perverse, totalement incompatible avec une vision morale de la vie juste et raisonnable. Non seulement il blesse gravement le droit à la vie et à la liberté, mais il est la manifestation de l'intolérance et du totalitarisme les plus durs (n. 65). Une société qui veut être libre et juste ne peut reconnaître ni explicitement ni implicitement une organisation terroriste comme représentant politique d'aucun secteur de la population, ni ne peut l'avoir comme interlocuteur politique (n. 68) (…) ».

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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 08:19

Par La rédaction
Voici le message que Mgr Adolfo González Montes a adressé à ses diocésains à l'occasion du saint carême, sur toile de fond de crise sociale. Nous le reproduisons ici pour sa sagesse, pour l'encouragement qu'il donne mais aussi pour la joie qu'il communique. Une joie indirecte, pourrait-on dire, qui naît des accents si apostoliques d'un Pasteur pour son troupeau. A nous ramener si essentiellement au coeur de nos devoirs, en un monde tourmenté et si menaçant pour la vie des âmes, ce sont ici les paroles d'un confesseur de la foi que nous recueillons avec reconnaissance.

_______________

« (...) Bien que la mentalité ambiante soit réfractaire à la conversion à l'Évangile, le commandement du Christ de proclamer la parole du pardon et de la vie est la mission de l'Église. Il n'est pas possible de séparer l'Église du Christ, parce que l'Église a été envoyée par le Ressuscité pour annoncer que par la croix du Christ, par sa mort et sa résurrection, Dieu a adressé à l'humanité le signe suprême de l'amour et de la paix. C'est la mission de l'Église d'appeler tous les hommes à faire partie d'une humanité rachetée et sauvée dans l'espérance de la pleine consommation de la vie humaine, par la participation de la vie de Dieu.

Cette annonce est la tâche qui incombe à l'Église, laquelle ne peut pas cesser d'appeler tous les hommes à changer de vie, afin qu'une fois libérés du péché ils deviennent des serviteurs de la justice. Cependant, la parole de l'Église incommode, elle gêne et elle est repoussée, parce qu'elle ne se soumet pas aux désirs d'une société qui oriente progressivement sa propre organisation et sa vie commune en imposant silence à Dieu, comme s'il n'existait pas.

L'Eglise, qui proclame l'Evangile de la vie affronte ainsi une culture matérialiste, installée dans le règne de l'utile et du délectable, un règne mesuré par l'intérêt de l'argent et du plaisir, un règne dans lequel le chrétien d'aujourd'hui qui ne veille pas sur son propre salut individuel renâcle lâchement à tout effort contre l’univers ambiant et s’endort sur lui-même, victime de son assentiment silencieux au courant qui emporte les événements.

Comment sortir de cette situation et échapper à cette puissante emprise sur les mentalités, contraire à l’esprit de l’Evangile, et qui se diffuse partout ? Le carême est un temps propice pour que les chrétiens prennent fermement la résolution de réaliser l’effort de sortir de cette situation de repli sur eux-mêmes, de rejeter la lâcheté qui les porte à consentir à ce qu’une ambiance néo-païenne achève d’affaiblir leur foi et de tuer leur espérance en la vie éternelle. Les cinq semaines du carême qui nous conduisent à Pâques sont un temps raisonnable pour réfléchir à l’urgence d’un changement, afin d’affronter résolument notre mission de laisser Dieu transformer nos existences.

On ne peut espérer une société meilleure, moins sensible à la culture de la mort qui s’étend comme une tache d’huile imprégnant tout, en menaçant la vie des enfants à naître et en portant atteinte à la vie de ceux dont la maladie, l’âge ou la lassitude permettent de supposer qu’elle n’a plus de sens, par manque de qualité, parce qu’elle est inutile ou dérangeante et qu’il n’y a plus de raison de lui faire supporter aucune souffrance, que si Dieu change le cœur et l’esprit de l’être humain. S’il ne veut pas écouter la parole de Dieu, quelle espérance restera-t-il à l’homme ? Quels que soient ses efforts, l’homme ne pourra pas, par pur volontarisme, se forger un monde alternatif à celui que Dieu, par amour pour nous, a créé et a offert à tous comme chemin de vie et de bonheur.

Le carême est le temps propice pour se laisser changer par Dieu, en accueillant sa parole, en revenant à la lecture de la sainte Ecriture pour découvrir en elle Jésus-Christ, qui est celui qui nous a fait connaître le projet d’amour de Dieu sur l’homme. C’est un temps propice au jeûne corporel pour Dieu, afin de nous libérer des égoïsmes qui nous emprisonnent, parce que l’homme ne vit pas que de pain. C’est le temps de renoncer à la passion concupiscente des biens de ce monde, et de partager avec les nécessiteux. C’est le temps, enfin, de la prière, à la recherche de Dieu et de sa volonté à accomplir.

Avec mon affection et ma bénédiction ».

Almería, le 10 février 2008
+ Adolfo González Montes
Evêque de Almería (Espagne)
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