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Vies de saints

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 08:47

Par L'Equipe d'Hermas
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Publié dans : Vies de saints - Communauté : Chrétiens et heureux de croire
Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /Nov /2009 12:00


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Publié dans : Vies de saints - Communauté : Benoit XVI
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 12:20

Par P. Gabarra

Il nous faut aujourd'hui réparer, autant qu'il est possible, un récent oubli – grave.

Hier, 3 novembre 2009, l'Eglise fêtait un très grand saint : saint Martin de Porrès (1579-1639), qualifié d'Apôtre de la charité, et canonisé par le Pape Jean XXIII, le 5 mai 1963.

On ne manquera pas de lire la courte hagiographie qui en a été dressée par le P. Wilfrid-Marie Houeto, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, sur le site Domuni.

Comme tous les saints, naturellement, saint Martin a brillé de mille vertus, mais il offre un petit attrait particulier qui, quoique secondaire, n'en est pas moins charmant. Ce cher Frère dominicain parlait aux animaux, lesquels, visiblement, saisissaient ce qu'il voulait dire.

On raconte ainsi qu'un jour, en son couvent de Lima, au Pérou, le prieur, lassé de voir les souris dévaster les lieux, avait pris la grave décision de les exterminer. Après tout, ces petites bêtes, qui n'avaient pas fait profession et n'étaient même pas donates, comme le jeune Martin, n'étaient pas chez elles. Enfin, du moins, c’est ce que l’on disait. Le couvent ne devait pas être bien riche - les Prêcheurs sont des mendiants - et c'était bien assez des estomacs des Frères pour épuiser les provisions sans que de petites quenottes s'y mêlassent.

Or voici que la cruelle nouvelle parvint, naturellement, aux oreilles de notre Apôtre, lequel, refusant de devenir souricide, s'empressa d'aller trouver ses amies les souris pour les avertir du danger. Je dis “ses amies” parce que tel un saint François, Martin de Porrès incluait dans son amour des œuvres de Dieu tous les animaux qui se présentaient à lui. Tout désolé sans doute de devoir leur faire part de telles extrêmités, il invita les petites bêtes à prendre les devants et à s'en aller ailleurs quérir une nouvelle vie, avant que les foudres prieurales ne les en privât.

Il n'est pas si difficile que cela d'imaginer ce petit chapitre des souris, tenu dans le fond de la cuisine obscure du couvent, éclairée par quelque pauvre bougie vacillante. Nos amies en arc de cercle, dressées sur leurs pattes arrières, les pattes avant sous le scapulaire (naturellement), l'air grave, même la souris Nounouche, ordinairement si dissipée, écoutant le bon Frère penché vers elles pour leur exposer la préoccupante affaire.

Elles ont beau être petites, les souris ne sont pas sottes. L'exposé ne dut pas être si long que leur conviction ne fût totale : il fallait partir, et d'urgence. Elles négocièrent, cependant. Je vous l’ai dit : elles sont futées. Sans peine, d’ailleurs, tant le cœur de Martin était grand, y compris à l’égard des animaux, elles obtinrent de ne devoir émigrer que vers le fond de jardin. L’affaire fut ainsi conclue, et le bon Frère s’engagea même à les y venir nourrir chaque jour, ce à quoi il ne manqua pas.

Mais les palabres sont une chose, la survie en est une autre. Les souris s’empressèrent donc bien vite, avec la promptitude que bien l'on pense. Un prieur a beau n'être pas un chat, s'il se met en tête de vous occire, il y a tout autant à redouter de lui que s'il l'était. Au milieu des couinements, la petites communauté s'afféra, rangeant, emballant, tournant ici puis là pour ramasser de derniers en-cas que le bon Frère Martin faisait mine de ne pas voir disparaître. Bah, il trouverait bien à mendier pour compenser ces petits larcins innocents !

Aussi vite qu’elles étaient apparues, aussi vite elles disparurent. Tout le monde en fut heureux. Le bon Frère, évidemment, qui sauva ainsi ses petites compagnes et en loua Dieu. Ces dernières aussi, naturellement, puisqu’elles conservaient la vie pour s’en réjouir, goûtant de surcroit les agréments d’une vie nouvelle à la campagne, en quelque sorte. Et jusqu’au Père Prieur probablement, encore que les documents, je l’avoue, me manquent sur ce point, qui dut se féliciter de la promptitude et de l’efficacité des mesures qu’il avait prises, signe manifeste de la fermeté de son gouvernement.

Les enfants goûtent bien cet épisode qui, il est vrai, n’est pas banal. Les souris leur sont familières, puisqu’elles les visitent après chaque petite dent tombée. Après tout, il n’est pas interdit (non, non, je vous assure) de penser que désormais, de génération en génération, les petites souris, sauvées par la bonté de saint Martin, se passent le mot pour, à leur tour, servir les cœurs purs.

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Publié dans : Vies de saints - Communauté : Benoit XVI
Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 15:33

Par La rédaction
LA NAVARRE : UN ROYAUME INSTABLE ET MENACE
Un terrain miné

 

1.- La Navarre est un pays depuis longtemps éprouvé quand saint François-Xavier y voit le jour. Les XIVème et XVème siècles avaient déjà été des périodes de crise profonde : dépenses ordinaires et extraordinaires du royaume toujours croissantes, non couvertes par les recettes, et dues aux en particulier aux campagnes militaires menées en France et en Espagne ; perte de la valeur de l’argent, due à des dévaluations fréquentes et à un recours immodéré à l’émission de monnaie ; chutes démographiques profondes. La Navarre a perdu 40% de ses « feux » (foyers) entre 1347 et 1350. Ces chutes ont principalement pour cause, comme dans le reste de l’Europe, la grande peste (1348). En 1350, la merindad de Estella, qui avait alors la densité de population la plus élevée du royaume, avait perdu 62 % de sa population.

Ces chutes ont provoqué une désaffection correspondante des terres cultivables. On estime que pour cette période, dans les seules merindades de Pampelune et Sangüesa, plus de 80 % des terres abandonnées n’ont pas été de nouveau cultivées, ce qui eut de graves répercussions à la fois sur la noblesse, dont les rentes seigneuriales ont sensiblement diminué, et sur la paysannerie, très affectée, dont les charges ont alors augmenté. La situation de cette dernière, de plus en plus difficile, a provoqué de nombreuses révoltes.

Endettements des familles, morcellement des patrimoines, développement aussi de la violence. Beaucoup, même nobles, voient dans la guerre le seul moyen de s’enrichir, voire simplement de subsister. Ils se mettent alors au service de seigneurs plus fortunés, fût-ce comme simples hommes de pied ou comme archers, en s’endettant davantage encore pour s’équiper. C’est le cas, en particulier, de petits seigneurs de Basse-Navarre [de notre côté des Pyrénées]. La guerre devient de la sorte une alternative économique appréciable à la crise des rentrées seigneuriales, avec ses perspectives de soldes, de récompenses... et de butins. Les prisonniers étaient objets de rançons, leurs armes de possession.


2.-
Certains servent simplement leur roi. D’autres se vendent comme mercenaires à d’autres puissances en guerre, l’Angleterre, la France, l’Aragon ou la Castille. Ce fut le cas, en particulier, du seigneur de Azpilcueta, qui intervient (comme beaucoup d’autres) dans les querelles de succession au trône d’Aragon, en 1410, contre les ordres pourtant formels de sa souveraine, la reine Leonor. D’autres seigneurs ne dédaignent pas, plus trivialement, le brigandage sur les frontières ou la participation à des bandes de pillards, y compris sur des terres navarraises.

Un épisode aussi significatif qu’étonnant mérite à cet égard d’être évoqué, même s’il nous écarte quelque peu de notre sujet. Le roi Charles II de Navarre [dit “le Mauvais”] avait un frère, Louis d’Evreux, infant de Navarre, qui épousa en 1366 Jeanne de Sicile, duchesse de Durazzo [aujourd’hui Durrës, en Albanie]. Or il advint, en 1368, qu’un seigneur local, Charles Topia, s’empara de cette ville. Pour la reconquérir, Louis d’Evreux confia à un capitaine de mercenaires, Ingeram de Coincy, le soin de lever mille hommes en Gascogne, lanciers et archers. Les préparatifs de guerre durèrent près de trois ans, avec l’aide financière du roi de France. De nombreux chevaliers navarrais se joignirent à cette entreprise, et la “Compagnie navarraise” s’embarqua à Tortosa entre février 1375 et juin 1376. Durazzo fut reprise l’année même mais Louis d’Evreux y perdit la vie. Par un étonnant concours de circonstances, ce seront notamment des mercenaires albanais qui tenteront d'aider la Navarre, 140 ans plus tard, à recouvrer sa liberté contre les castillans.

Jeanne se remaria bientôt avec Robert d’Artois. Privée de son chef et estimant être déliée de tout engagement à l’égard de Jeanne de Sicile, incapable au demeurant de revenir en Navarre, la Compagnie dut demeurer trois ans à Durazzo. Elle s’y organisa en une sorte de « république militaire autonome » et s’y donna quatre chefs : Pierre de la Saga [ou Laxague], Mahiot de Coquerel, Jean d’Urtubie et un Garro. Après de vaines négociations pour entrer au service du roi d’Aragon, ces guerriers expérimentés servirent en trois ans (1378-1380) trois maîtres différents : Nerio Acciajuoli, seigneur florentin de Corinthe, Jean Fernández de Heredia, grand-maître de l’ordre de l’Hôpital, et enfin Jacques de Baux, prince titulaire d’Achaïe, qui fut le dernier prétendant latin à la couronne impériale de Byzance. Il est impossible, malheureusement, d’entrer ici dans le détail de ces campagnes singulières qui firent un temps d’Athènes et de Thèbes, sous le commandement de Jean d’Urtubie, des contrées… navarraises. Il suffit à notre propos de les évoquer pour donner un exemple notable de ce que put être l’aventure mercenaire de ces temps-là.

3.-
Les historiens modernes soulignent le fait que ces crises, démographiques, financières, politiques, ont provoqué, au sein même de la noblesse, un affrontement pour le contrôle des rentes, des terres et des seigneuries, afin de compenser la perte des rentes ordinaires par l’incorporation de nouveaux espaces de revenus. On cite, à cet égard, comme exemple le plus représentatif, l’affrontement qui eut lieu en Basse-Navarre entre les maisons ou “bandes” [mot qui signifie ici “partisans”, voire, étymologiquement, “bannières”] de Gramont et de Luxe. Ce conflit, qui commença dès la première moitié du XIVème siècle, se prolongea pendant plus d’un siècle, jusqu’à s’identifier quasiment à la guerre civile qui allait définitivement épuiser la Navarre à compter de 1450 avant qu’elle ne tombe, comme un fruit mûr, entre les mains de la Castille du très rusé Ferdinand le Catholique.

 

Sources bibliographiques :

Jon Andoni Fernández de Larrea Rojas, Guerra y sociedad en Navarra durante la edad media, Universidad del Pais basco, Bilbao 1992.

José María Lacarra, Historia del reino de Navarra en la edad media, Ed. Caja de ahorros de Navarra, 1975.

José A. Lema, Jon A. Fernández de Larrea, Ernesto Garcia, José A. Munita, José R. Diaz de Durana, Los señores de la guerra y de la tierra : nuevos textos par el estudio de los Parientes Mayores guipuzcoanos (1265-1548), Archivo general de Guipuzcoa, San Sebastián 2000.

Antonio Rubio Lluch, Conquista de Tebas por Juan de Urtubia (episodio de historia de los Navarros en Grecia), Ed. Imprenta de la Diputación de Guipúzcoa, San Sebastián, 1923.

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