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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 00:01

Par Mgr J. Masson

LETTRE DE JAN PAUL II

AU CARDINAL VICAIRE UGO POLETTI

 

Talare sacerdoti

 

A mon Vénéré frère

Le Cardinal Ugo POLETTI

Vicaire Général pour le Diocèse de Rome.

 

              Le soin de mon bien-aimé Diocèse de Rome, pose à mon esprit de nombreux problèmes, parmi lesquels il apparaît mériter une grande considération, en raison des conséquences pastorales qui en découlent, ce problème concernant la discipline de l’habit ecclésiastique.

 

              A plusieurs reprises, lors de mes rencontres avec les prêtres, j’ai exprimé ma pensée à ce sujet, en soulignant la valeur et la signification de ce signe distinctif, non seulement parce qu’il contribue à la dignité du prêtre dans son comportement extérieur, ou dans l’exercice de son ministère, mais surtout parce qu’il manifeste, au sein de la Communauté Ecclésiastique le témoignage public que chaque prêtre est tenu de donner de sa propre identité et de son appartenance spéciale. Et parce que ce signe exprime concrètement notre volonté « de ne pas être du monde » (cf. Jean 17, 14), dans la prière composée pour le Jeudi Saint de cette année, à propos de l’habit ecclésiastique, je m’adressais au Seigneur par cette invocation : « Fais que nous n’attristions pas ton Esprit… avec ce qui se manifeste comme une volonté de cacher son propre sacerdoce devant les hommes et d’en éviter tout signe extérieur » (Jean Paul II, Precatio feria V in cena Domini anno MCMLXXXII recurrente, universis Ecclesiae sacerdotibus destinata, 4, die 25 mar. 1982: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, V, 1 [1982] 1064).

 

              Envoyés par le Christ pour l’annonce de l’Evangile, nous avons un Message à transmettre, qui s’exprime soit par les paroles, soit aussi par les signes extérieurs, surtout dans le monde d’aujourd’hui qui se montre si sensible au langage des images. L’habit ecclésiastique, comme l’habit religieux, a une signification particulière : pour le prêtre diocésain, il a principalement le caractère de signe qui le distingue du milieu séculier dans lequel il vit ; pour le religieux et pour la religieuse, il exprime aussi le caractère de consécration, et met en évidence la fin eschatologique de la vie religieuse. En conséquence, l’habit est utile et convient aux fins de l’évangélisation, et il amène à réfléchir sur la réalité que nous représentons dans le monde, et sur la primauté des valeurs spirituelles que nous affirmons dans l’existence de l’homme. Par le moyen de ce signe, il devient plus facile aux autres personnes d’arriver au Mystère dont nous sommes porteurs, à Celui auquel nous appartenons, et que nous voulons annoncer avec tout notre être.

 

              Je n’ignore pas les raisons d’ordre historique, dépendant du milieu, d’ordre psychologique et social, qui peuvent être mises en avant pour s’y opposer. Je pourrais toutefois dire que des raisons tout aussi valables, de même nature, existent en sa faveur.

 

              C’est pourquoi je dois noter que les raisons ou prétextes contraires, confrontés de manière objective et avec sérénité, avec le sens religieux, et avec les attentes de la plus grande partie du Peuple de Dieu, et avec le fruit positif du témoignage courageux de l’habit lui aussi, apparaissent comme étant beaucoup plus de caractère purement humain qu’ecclésiologique.

 

              Dans la cité moderne séculière où le sens du sacré s’est affaibli de manière effroyable et terrible, les gens ont besoin aussi de ces rappels à Dieu, qui ne peuvent être négligés sans un certain appauvrissement de notre service sacerdotal.

 

              En vertu de ces considérations, le ressens le devoir, comme Evêque de Rome, de m’adresser à vous, Monsieur le Cardinal, qui partagez de plus près mes soins et mes sollicitudes dans le gouvernement de mon diocèse, pour que, d’accord avec les Sacrées Congrégations pour le Clergé, pour les Religieux et les Instituts Séculiers, et pour l’Education Catholique, vous veilliez à étudier les initiatives opportunes destinées à remettre en valeur le port de l’habit ecclésiastique ou religieux, en prenant à ce sujet les dispositions nécessaires et en veillant à leur application.

 

              En invoquant sur vous, Monsieur le Cardinal, sur le Diocèse de Rome tout entier, l’aide toute-puissante du Seigneur, par l’intercession de la Très Sainte Vierge « Salus Populi Romani », j’accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique .

 

Donné au Vatican, le 8 septembre 1982

JEAN-PAUL II

 

Le texte de la lettre du Saint-Père se trouve en italien sur le site suivant:

 

© Traduction de l'italien par Mgr Jacques Masson pour Hermas.info

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Publié dans : Documents - Communauté : Benoit XVI
Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /Nov /2009 14:17

Par Benoît XVI
Quand l'Europe se couvrait "d’un blanc manteau de nouvelles églises"

par Benoît XVI

Rome, audience générale du mercredi 18 novembre 2009


Chers frères et sœurs, dans les catéchèses des dernières semaines, j’ai présenté divers aspects de la théologie du Moyen Age. Mais la foi chrétienne profondément enracinée des hommes et des femmes de ce temps-là n’est pas seulement à l’origine de chefs d’œuvre de la littérature théologique, de la pensée et de la foi. Elle a aussi inspiré l’une des plus hautes créations artistiques de la civilisation universelle : les cathédrales, véritable gloire du Moyen Age chrétien.

En effet, pendant environ trois siècles à partir du début du XIe siècle, on voit une extraordinaire ferveur artistique se manifester en Europe. Voici comment un ancien chroniqueur décrit l’enthousiasme et l’ardeur au travail de cette époque : "Il est arrivé que dans le monde entier, mais surtout en Italie et dans les Gaules, on a commencé à reconstruire les églises, même si beaucoup d’entre elles, étant encore en bon état, n’avaient pas besoin d’une telle restauration. C’était comme un concours entre les peuples ; on aurait cru que le monde, se dépouillant de ses guenilles, voulait se vêtir partout d’un blanc manteau de nouvelles églises. En somme, presque toutes les cathédrales, beaucoup d’églises de monastères et même des oratoires de villages, furent alors restaurés par les fidèles" (Rodolphe le Glabre, Historiarum 3, 4).

Divers facteurs ont contribué à cette renaissance de l’architecture religieuse. Tout d’abord, des conditions historiques plus favorables, comme une sécurité politique accrue, accompagnée d’une augmentation constante de la population et du développement progressif des villes, des échanges et de la richesse. De plus, les architectes trouvaient des solutions techniques de plus en plus élaborées pour accroître les dimensions des édifices, tout en garantissant leur solidité et leur majesté.

Toutefois c’est surtout grâce à l’ardeur et au zèle spirituel du monachisme en pleine expansion qu’ont été élevées des églises abbatiales où la liturgie pouvait être célébrée avec dignité et solennité et où les fidèles attirés par la vénération des reliques des saints, buts d’incessants pèlerinages, pouvaient s’arrêter pour prier.

C’est ainsi que sont nées les églises et cathédrales romanes, caractérisées par un développement longitudinal, en longueur, des nefs afin d’accueillir de nombreux fidèles ; des églises très solides, aux murs épais, aux voûtes de pierre et aux lignes simples et essentielles.

Une nouveauté est l’introduction de sculptures. Les églises romanes étant le lieu de la prière monastique et du culte rendu par les fidèles, les sculpteurs, plutôt que de se préoccuper de la perfection technique, veillaient surtout à la finalité éducative. Puisqu’il fallait susciter dans les âmes des impressions fortes, des sentiments qui puissent inciter à fuir le vice, le mal, et à pratiquer la vertu, le bien, le thème récurrent était la représentation du Christ comme juge universel, entouré des personnages de l’Apocalypse.

En général ce sont les portails des églises romanes qui offrent cette représentation, pour souligner que le Christ est la Porte qui mène au Ciel. Les fidèles, en franchissant le seuil de l’édifice sacré, entrent dans un temps et un espace différents de ceux de la vie ordinaire. Au-delà du portail de l’église, ceux qui croyaient au Christ, souverain, juste et miséricordieux, pouvaient, selon l’intention des artistes, avoir un avant-goût de la béatitude éternelle dans la célébration de la liturgie et dans les actes de piété accomplis à l’intérieur de l’édifice sacré.

Aux XIIe et XIIIe siècles, un autre type d’architecture s’est répandu, à partir du nord de la France, pour la construction des édifices sacrés. C’était le gothique, qui avait deux caractéristiques nouvelles par rapport au roman : l’élan vertical et la luminosité.

Les cathédrales gothiques offraient une synthèse de foi et d’art harmonieusement exprimée dans le langage universel et fascinant de la beauté, qui suscite aujourd’hui encore l’émerveillement. L’introduction des voûtes ogivales reposant sur de robustes piliers permit d’augmenter notablement leur hauteur. L’élan vers le haut voulait inviter à la prière et était lui-même une prière. La cathédrale gothique entendait traduire ainsi, dans ses lignes architecturales, la soif que les âmes ont de Dieu.

De plus, grâce aux nouvelles solutions techniques adoptées, les murs extérieurs pouvaient être percés et embellis de vitraux polychromes. Autrement dit, les fenêtres devenaient de grandes images lumineuses, très aptes à instruire le peuple dans la foi. Elles racontaient – scène par scène –la vie d’un saint, une parabole, ou d’autres épisodes bibliques. Depuis les vitraux colorés, un flot de lumière se déversait sur les fidèles pour leur raconter l’histoire du salut et les impliquer dans cette histoire.

Un autre mérite des cathédrales gothiques est que toute la communauté chrétienne et civile participait à leur construction et à leur décoration, chacun à sa façon mais de manière harmonieuse ; les humbles et les puissants y participaient, les analphabètes et les savants, parce que, dans cette maison commune, tous les croyants étaient instruits dans la foi. La sculpture gothique a fait des cathédrales une "Bible de pierre", représentant les épisodes de l’Evangile et expliquant les contenus de l’année liturgique, de la Nativité à la Glorification du Seigneur.

De plus, à cette époque, la perception de l’humanité du Seigneur se répandait de plus en plus et les souffrances de sa Passion étaient représentées de façon réaliste : le Christ souffrant, "Christus patiens", devint une image aimée de tous, capable d’inspirer la piété et le repentir des péchés. Les personnages de l’Ancien Testament étaient également présents et leur histoire devint ainsi familière, comme partie de l’unique et commune histoire du salut, aux fidèles qui fréquentaient les cathédrales,.

Avec ses visages pleins de beauté, de douceur, d’intelligence, la sculpture gothique du XIIIe siècle révèle une piété heureuse et sereine, qui se plaît à répandre une dévotion sincère et filiale envers la Mère de Dieu, parfois vue comme une jeune femme souriante et maternelle, mais surtout représentée comme la souveraine du ciel et de la terre, puissante et miséricordieuse. Les fidèles qui remplissaient les cathédrales gothiques aimaient y trouver aussi des expressions artistiques rappelant les saints, modèles de vie chrétienne et intercesseurs auprès de Dieu.

Les manifestations "laïques" de la vie ne manquaient pas ; voici qu’apparaissent, çà et là, des représentations des travaux des champs, des sciences et des arts. Tout était orienté vers Dieu et lui était offert dans le lieu où se célébrait la liturgie.

On peut mieux comprendre le sens qui était attribué à une cathédrale gothique en lisant le texte de l’inscription gravée sur le portail central de Saint-Denis, à Paris : "Passant, toi qui veux louer la beauté de ces portes, ne te laisse éblouir ni par l’or, ni par la magnificence, mais plutôt par le rude labeur. Ici brille une œuvre célèbre, mais veuille le ciel que cette œuvre célèbre qui brille fasse resplendir les esprits, afin que, avec les vérités lumineuses, ils s’acheminent vers la vraie lumière, où le Christ est la véritable porte".

Chers frères et sœurs, je voudrais maintenant souligner deux aspects de l’art roman et gothique qui sont également utiles pour nous.

Le premier aspect est que les chefs d’œuvre artistiques nés en Europe dans les siècles passés sont incompréhensibles si l’on ne tient pas compte de l’âme religieuse qui les a inspirés. Un artiste qui a toujours témoigné de la rencontre entre esthétique et foi, Marc Chagall, a écrit que "pendant des siècles, les peintres ont trempé leur pinceau dans cet alphabet coloré qu’était la Bible". Quand la foi - en particulier quand elle est célébrée dans la liturgie - rencontre l’art, une harmonie profonde se crée, parce que l’une et l’autre peuvent et veulent parler de Dieu, en rendant visible l’Invisible. Je voudrais partager cela lors de la rencontre du 21 novembre avec les artistes, en leur proposant à nouveau cette amitié entre la spiritualité chrétienne et l’art, souhaitée par mes vénérés prédécesseurs, en particulier par les Serviteurs de Dieu Paul VI et Jean-Paul II.

Le second aspect est que la force du style roman et la splendeur des cathédrales gothiques nous rappellent que la "via pulchritudinis", la voie de la beauté, est un chemin privilégié et fascinant pour s’approcher du Mystère de Dieu. Qu’est-ce que la beauté - que les écrivains, les poètes, les musiciens, les artistes contemplent et traduisent dans leur langage - sinon le reflet de la splendeur du Verbe éternel fait chair ? Saint Augustin affirme : "Interroge la beauté de la terre, interroge la beauté de la mer, interroge la beauté de l’air qui se dilate et se diffuse. Interroge la beauté du ciel, interroge l’ordre des étoiles, interroge le soleil, qui avec sa splendeur éclaire le jour ; interroge la lune, qui avec sa clarté atténue les ténèbres de la nuit. Interroge les bêtes sauvages qui se déplacent dans l’eau, celles qui marchent sur terre, celles qui volent dans les airs : âmes qui se cachent, corps qui se montrent ; visible qui se fait conduire, invisible qui conduit. Interroge-les ! Tous te répondront : Regarde-nous : nous sommes beaux ! Leur beauté les fait connaître. Cette beauté changeante, qui l’a créée, sinon la Beauté Immuable ?" (Sermo CCXLI, 2 : PL 38, 1134).

Chers frères et sœurs, que le Seigneur nous aide à redécouvrir la voie de la beauté comme l’un des itinéraires, peut-être le plus attirant et le plus fascinant, pour parvenir à rencontrer et aimer Dieu.
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Mardi 13 janvier 2009 2 13 /01 /Jan /2009 20:44

Nous, patriarches, évêques et dirigeants d’Églises chrétiennes à Jérusalem, déplorons avec grande inquiétude, beaucoup de regrets et une grande indignation la guerre qui fait actuellement rage dans la bande de Gaza, les destructions, les tueries et le sang versé qui en sont la conséquence, et ce particulièrement dans cette période de l’année où nous célébrons Noël, la naissance du Roi de la paix et de l’amour. Nous exprimons aussi notre profond chagrin devant ce nouveau cycle de violence entre Israéliens et Palestiniens et l’absence continue de paix en Terre Sainte. Nous dénonçons les hostilités en cours dans la bande de Gaza et toutes les formes de violence et de tueries, venant de toutes les parties en présence. Nous sommes convaincus que la poursuite de cette effusion de sang et de cette violence ne conduira pas à la paix et à la justice, mais générera encore plus de haine et de d’hostilité - et donc la poursuite de la confrontation entre les deux peuples.

Par conséquent, nous faisons appel aux officiels des deux parties du conflit pour qu’ils reprennent leurs esprits et renoncent à tout acte violent, qui ne produit que destructions et tragédies. Nous leur recommandons avec insistance de travailler à la résolution de leurs conflits par des chemins pacifiques et non-violents. Nous demandons également à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et d’intervenir immédiatement pour arrêter l’effusion de sang. Nous lui demandons de mettre fin à toute forme de confrontation et de résoudre les causes du conflit entre les deux peuples, en vue d’une solution juste et globale sur la base des résolutions internationales.


Nous disons aux différentes factions palestiniennes : il est temps de cesser vos divisions et de régler vos différends. En ce temps de crise, nous appelons toutes les factions à mettre les intérêts du peuple palestinien au-dessus des intérêts personnels et partisans et d’œuvrer immédiatement en faveur d’une réconciliation nationale globale, en ayant recours à tous les moyens non-violents pour arriver à une paix juste et globale pour toute la région.

En dernier lieu, nous élevons nos prières à l’enfant dans la crèche, afin qu’il inspire les autorités et décideurs des deux côtés, Israéliens et Palestiniens, en vue d’une action immédiate pour mettre fin à la situation tragique dans la bande de Gaza. Nous prions pour les victimes, les blessés, et ceux qui ont le cœur brisé. Que le Dieu Tout-Puissant accorde consolation et patience à tous ceux qui ont perdu des êtres chers. Nous prions pour ceux qui vivent dans l’incertitude et la peur. Que Dieu leur accorde calme, tranquillité et une paix véritable. Nous demandons que dimanche prochain 4 janvier soit vécu comme une journée de justice et de paix dans le Pays de la paix.


+ Mgr Theophilos III, Patriarcat grec orthodoxe
+ Mgr Fuad Twal, Patriarcat latin
+ Mgr Torkom II, Patriarcat orthodoxe armenien apostolique
Fr. Pier Battista Pizzaballa, ofm, Custode de Terre Sainte
+
Mgr Anba Abraham, Patriarcat copte orthodoxe
Mgr Swerios Malki Mourad, Patriarcat syrien orthodoxe
+
MgrAbune Matthias, Patriarcat éthiopien orthodoxe
Mgr Paul Nabil Sayyah, Exarcat patriarcal maronite
Mgr Suheil Dawani, Eglise épiscopalienne de Jérusalem et du Moyen-Orient
+
Mgr Munib Younan, Eglise évangélique  lutherienne en Jordanie et en Terre Sainte
+
Mgr Pierre Malki, Exarcat patriarcal syrien catholique
+
Mgr Youssef Zre’i, Exarcat patriarcal grec catholique
Fr. Raphael Minassian, Exarcat patriarcal arménien catholique
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 11:58



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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 22:12

Par Hermas.info


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Lundi 15 septembre 2008 1 15 /09 /Sep /2008 21:39

Par Hermas.info














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Mardi 25 septembre 2007 2 25 /09 /Sep /2007 20:37

Par La rédaction

 


page14-1.jpg
Il semble que les dispositions de la Lettre apostolique du pape Benoît XVI sur l’élargissement de la messe selon l'ordo de 1962 soient entrées en application dans la paix, ce qui constitue un premier objectif atteint par le texte.

A dire vrai, il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement, ainsi que nous l’avons déjà souligné, si les interlocuteurs sont de bonne volonté, mieux : de volonté bonne. Parmi le jeune clergé, qui n’a pas été acteur des querelles passées, la « forme extraordinaire du rite latin » apparaît simplement pour ce qu’elle est : un élément vénérable du patrimoine liturgique de l’Eglise, de leur patrimoine sacerdotal. C’est pourquoi d’aucuns ne soulèvent aucune objection à la découvrir, à y puiser, voire à l’utiliser.


C
’est pour faciliter cette découverte et cet usage que l’un d’eux, M. l’abbé Pierre-Emmanuel DESAINT, praticien des deux formes liturgiques, a élaboré un ouvrage intitulé Apprendre à célébrer la messe basse selon le Missel de 1962 (format A4, env. 70 pages). Cet ouvrage, très pédagogique, a été préparé en collaboration avec les moines de l’abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Il peut être commandé sur le site internet de l’auteur (Ici) ou à l’adresse suivante :


M. l’Abbé Pierre-Emmanuel Desaint
84, rue du Connétable
60500 Chantilly

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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 09:52

Par La rédaction

drapeau-liban-deuil.jpg I.-    Le Liban est à nouveau endeuillé, par l’assassinat à Sin-el-Fil [Beyrouth], d’Antoine Ghanem (1943-2007), tué en même temps que quatre autres personnes. Ce député chrétien maronite de Baabda, du parti Kataëb, était avocat et professeur de droit à l’Université libanaise. Il avait lui-même fait une partie de ses études à Lyon. Il était de ces politiciens courageux qui se sont opposés à l’hégémonie de la Syrie et de ses alliés au Liban. Nous présentons ici toutes nos condoléances à sa famille.

Après tant d’années de guerre, tant de souffrances, tant de déchirures dans le tissu social et les familles, certains courants politiques et certaines puissances régionales semblent vouloir tout faire pour que ce pays ne retrouve pas de stabilité institutionnelle. Le vide, le chaos est l’humus où ils entendent prospérer et imposer leur loi, directement ou indirectement, par la violence. A l’évidence, des Libanais eux-mêmes sont complices de cette subversion, à des degrés divers. M. Amine Gemayel, ancien président de la République libanaise et chef du parti Kataëb, tout en appelant ses concitoyens à la modération et à la prière, a fustigé le comportement de ceux qui ne cessent de critiquer l’Etat et qui, cependant, « continuent à paralyser le gouvernement, le Parlement, les institutions de l’État et l’économie ».

L’enjeu de ce que L’Orient-le-Jour appelle « le sanglant décompte », qui porte aujourd’hui à dix le nombre des personnalités anti-syriennes assassinées depuis l’assassinat de Marwan Hamadé, le 1er octobre 2004, est pour l’heure celui de la prochaine échéance électorale, par laquelle doit bientôt être désigné le président de la République. Il s’agit de frapper de peur les opposants anti-syriens et de diminuer physiquement leur nombre, comme l’a souligné le chef du PSP, M. Walid Joumblatt : « C’est un rituel macabre, et le décompte l’est tout autant ; le calcul machiavélique du régime syrien consiste à réduire un par un la majorité parlementaire à la veille de l’élection présidentielle. Il faut tenir, nous n’avons pas le choix ».

 
II.-     Là comme ailleurs, l’Eglise et les chrétiens, avec d’autres, restent debout pour s’opposer à cette barbarie de toute leur voix. Voici la déclaration qui a été rendue publique hier par les évêques maronites du Liban, réunis autour du patriarche Nasrallah Sfeir, et dont nous empruntons la citation à l’Orient-le-Jour [Ici]. Elle constitue un exemple de la sollicitude pressante de l’Eglise pour le bien commun de la cité.

« Notre appel cette année émane d’un cœur blessé, en raison de la situation à laquelle est parvenu notre pays. Celui-ci se trouve désormais au bord du gouffre du fait des crises et des catastrophes qui l’ont secoué (…).

« Nous gardons toutefois l’espoir que ses fils sauront faire preuve d’éveil et se rendront compte à quel point ils sont arrivés, et cela afin de se retrouver à nouveau et de joindre leurs efforts pour sauver un pays qui ne peut l’être que par eux. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Il est vain de regarder à droite et à gauche, à l’Est ou à l’Ouest. Nous ne trouverons ce que nous recherchons que sur la terre qui nous a vus naître.


« 1 - Une échéance cruciale

« Le Liban fait face aujourd’hui à une échéance cruciale, l’élection d’un président de la République. Le sort de la nation libanaise dépend du bon choix qui sera fait. Le Liban ne pourrait renaître que dans un climat de coopération entre son président, son gouvernement et son Parlement.

« Mais il souffre aujourd’hui de la difficulté de parvenir à un accord sur le choix d’un bon citoyen prêt à agir pour sauver le pays des périls qui le menacent. Les candidats sont nombreux à la première magistrature et les détracteurs de chacun d’eux le sont aussi, au seul énoncé du nom (…).

« Il est souhaitable que soit élu un président qui rassemble les Libanais de toutes les catégories, un homme d’expérience, un politique chevronné, capable de prendre ses décisions par lui-même, imposant le prestige de l’État et œuvrant à étendre son pouvoir sur l’ensemble des citoyens.

« Il sera de son devoir de savoir qu’il a été élu pour réaliser les aspirations du peuple libanais, non pour satisfaire les ambitions et les souhaits de telle ou telle personne, État, fraction ou catégorie de gens.

« Le président de la Chambre a lancé une initiative visant à un accord sur le choix d’un président de la République faisant l’unanimité des Libanais autour de son nom. Nous espérons que cette initiative sera couronnée de succès.

« Il est du devoir des honorables députés de prendre part à la séance électorale, de par la responsabilité qu’ils ont envers la patrie et leurs compatriotes. Le renoncement dans ce domaine est synonyme de boycottage de la nation. Or nul, quel qu’il soit et quelle que soit la position qu’il occupe, n’est en mesure de boycotter sa nation et contribuer à entraver ses affaires.


« 2 - L’émigration massive et ses causes

« Si l’échéance présidentielle n’a pas lieu, le destin du pays sera obscur. Cela inquiète les Libanais et suscite leur colère. Ce sont les dirigeants et les hommes politiques qui devront assumer cette responsabilité devant Dieu, devant la conscience et devant l’histoire. Cette vision pessimiste a porté et porte encore de nombreux citoyens à émigrer à la recherche de la tranquillité sur une terre où ils peuvent retrouver la sécurité et le repos de l’esprit.

« On dit que près d’un million de Libanais de toutes confessions ont quitté le Liban, soit pour trouver un gagne-pain, soit par dégoût de la situation, soit par désespoir face à une situation qui ne fait qu’empirer depuis deux ans. La plupart des Libanais craignent que leur situation n’empire à l’instar de celle des autres qui ont pris la fuite.

« Auparavant, l’émigration était individuelle et se limitait à certains membres d’une même famille. À présent, c’est toute la famille qui s’en va (…). L’émigration vers les pays arabes peut n’être que provisoire, mais ceux qui partent loin, vers l’Australie, le Canada et les États-Unis ne reviennent pas.

« a. Les causes de l’émigration sont nombreuses, la principale étant la raréfaction des opportunités d’emploi qui touche notamment les jeunes, porteurs dans leur majorité de diplômes universitaires. Dans tous les pays, la fuite des cerveaux n’est pas seulement une grande perte, c’est une perte mortelle. »

« b. La situation générale, qui n’incite pas à la tranquillité, poussant de nombreux Libanais, y compris des députés et des responsables, à quitter le pays pour l’Europe ou pour certains pays arabes à la recherche de la sécurité et de crainte d’assassinats. Il suffit de constater que depuis 2004, il y a eu au Liban quatorze assassinats ou tentatives d’assassinats, et quatre personnes visées en ont réchappé. Le Liban n’avait pas connu un tel phénomène au cours des trente dernières années, en dépit des catastrophes survenues sur son territoire (…).

« c. La récession économique que le Liban traverse, notamment la capitale, et la fermeture des magasins et des établissements de tourisme, y compris des hôtels, des restaurants et des cafés du fait du sit-in du centre-ville, qui a incité leurs propriétaires à transférer leurs activités dans certains pays arabes en attendant d’aller encore plus loin.

« Les touristes se sont abstenus de venir au Liban, surtout en été, et comment en serait-il autrement après les attentats qui touchent à la vie des habitants.

« d. Les guerres qui se sont déroulées en juillet-août 2006 et cette année-ci à Nahr el-Bared. On estimait que cette dernière ne durerait pas plus d’une semaine, elle s’est prolongée pendant plus de trois mois et a causé des pertes énormes dans les rangs de l’armée libanaise, sans toutefois et heureusement porter atteinte à sa disponibilité, sa discipline et sa détermination

 « e. Les divergences entre les hommes politiques et leurs interminables polémiques. Les divergences touchent à des questions cruciales portant sur des choix fondamentaux pour la patrie. Ou bien la patrie sera souveraine, libre et indépendante, ou bien elle sera dépendante de l’étranger. Nous avons vu où la dépendance que nous avions connue durant plus d’un quart de siècle nous avait menés. Or au lieu de nous jeter sur nos problèmes avec objectivité et sincérité, nous continuons à prêter l’oreille à tel ou tel pays et à nous précipiter pour agir selon sa volonté. Nous ignorons ainsi que personne au monde ne préfère l’intérêt d’autrui au sien propre et nous sommes heureux des armes et de l’argent qu’ils nous fournissent pour nous entretuer.

« C’est pourquoi il nous faut ouvrir bien nos yeux et voir en face les dangers qui nous menacent à présent que le pays est arrivé au bord de la faillite et que sa dette a dépassé les 40 milliards de dollars, pendant que de nombreux Libanais intéressés continuent à se livrer à des procès vaseux.

« À cet égard, il faut noter que la tonalité des discours a atteint ces derniers temps des niveaux que les Libanais ne connaissaient pas auparavant, une tonalité brutale pleine de mépris pour l’autre. Qui ne se respecte pas lui-même ne peut s’attendre à ce que les gens le respectent.


« 3. Où est le remède ?

« Si chaque grande communauté tente d’asseoir son hégémonie sur les autres avec les armes qu’elle possède et l’argent qu’elle reçoit, quelle que soit son origine, et étendre son pouvoir par la force et la terreur sur ses compatriotes, nous ne voyons alors aucun remède à ce mal. »

« Il existe au Liban dix-huit communautés censées coexister sur un pied d’égalité devant la loi dans un climat de solidarité, de concorde et de fraternité (…).

« Mais comment parvenir à ce climat de tranquillité et de confiance pour tous les Libanais tant que telle ou telle fraction continue à amasser les armes et à mobiliser les combattants et les entraîner au combat ; tant qu’elle se taille quasiment un émirat dans lequel elle exerce le monopole et interdit à quiconque veut y pénétrer de faire ce qu’il entend ; tant qu’elle ne tient pas compte des autres, ni de l’État en place; et tant qu’elle importe ce qu’elle désire de marchandises sans contrôle, qu’elles soient interdites ou pas, comme s’il n’existait pas de douanes surveillant ce qui entre dans le pays. Il ne fait pas de doute que tout cela fait peser (sur le pays) la menace d’une dangereuse dislocation et de la création de mini-États en guerre entre eux sur les ruines de la patrie unique.

« Le remède est que chacun d’entre nous revienne à sa conscience et à son patriotisme (…) pour édifier notre patrie commune, unique en son genre au monde. Ainsi que l’avait dit de lui Jean-Paul II et qui continue à résonner dans tous les esprits, le Liban est le message de l’Orient et de l’Occident. Il est un message de liberté et de coexistence entre chrétiens et musulmans (…).


« 4 - Édifions une patrie

« Les nations se nourrissent et prospèrent des sacrifices de leurs fils. Nous remercions le Ciel que l’armée libanaise se soit montrée plus solide que jamais et que ses officiers et ses soldats aient affronté la mort avec courage et détermination. Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l’armée avait dû affronter plusieurs incidents qui avaient conduit à sa division. Cette fois-ci, elle a tenu face à l’épreuve. Nous en félicitons son commandant, ses officiers et ses soldats.

« La nation a besoin de tous ses fils. Les forts doivent y aider les faibles, les riches tendre la main aux pauvres, les sains assister les malades et les handicapés, surtout en ces jours difficiles qui voient la masse des gens vivre dans des conditions dures.

« Il faut que l’on ait à l’esprit que la nation a besoin de tous ses citoyens. Si chaque groupe pense fonder une patrie indépendante des autres, il ne restera plus de nation digne de ce nom.


« 5 - Les exigences de cette phase de l’histoire du Liban

« Nous vivons aujourd’hui une période difficile qui nécessite beaucoup de sagesse et de capacité de vision. Nous espérons que tous les responsables s’élèveront au niveau des exigences du moment et que nul d’entre eux ne recherchera son intérêt particulier. Nous devons tous rechercher à travers un dialogue franc l’intérêt commun du pays. Nous devons tous savoir que le Liban est trop petit pour être divisé et que la Providence nous impose de vivre ensemble sur un pied d’égalité devant la loi (…).

« Nous ne devons pas regarder notre patrie avec pessimisme, malgré tous les problèmes dont elle souffre, alors que le monde entier le regarde avec optimisme et appréciation (…).


« Conclusion

« Le Liban est notre patrie. Nos fils et nos aïeux y reposent (…). Il n’est pas permis que nos mains le défigurent, déchirent l’unité de ses fils et portent atteinte à son passé glorieux et son avenir prometteur.

« En conclusion, nous appelons tous les Libanais à s’en remettre à Dieu auquel nous croyons tous, chacun à sa manière, et à lui demander de retirer de leur cœur toute haine et amertume et à y placer en échange la concorde (…) ».

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Mardi 11 septembre 2007 2 11 /09 /Sep /2007 13:07

Par La rédaction

    Invité  cet été au Congrès  célébrant le 125ème anniversaire des Knights of Colombus (cf.) – dont le regretté cardinal Edouard GAGNON (1918-2007) était membre, le cardinal T. BERTONE, Secrétaire d’Etat, a donné une  conférence sur le thème de "la foi en action", c'est-à-dire sur l'engagement du chrétien consécutif, dans la vie sociale, à son acquiescement donné à la personne du Christ. Nous donnons ici quelques extraits de ce discours, propre à stimuler nos engagements.

Quelle est l'essence de cet acquiescement, et comment le vivre comme laïc ? s'est-il interrogé. Cet acquiescement, ce "Oui" donné au Christ « est tout simplement le "Oui" de la foi. C'est notre pleine acceptation, sans réserve, de Jésus comme Seigneur et notre engagement à le suivre comme maître et enseignant. En effet, le mot "oui" n’a de sens que dans le contexte d’un dialogue entre deux personnes : celle qui le prononce et celle qui l’accepte. Dans le cas de la foi, la personne à qui nous adressons ce "Oui" n'est autre que le Fils de Dieu, l'Oint, le Verbe éternel fait chair. Le Pape Benoît XVI a souligné le besoin urgent pour chacun d'entre nous de rencontrer Jésus ; bien plus, il a montré et continue de montrer – tant par ses paroles que par sa vie – que l’accomplissement véritable, la joie et la paix durable ne peuvent être trouvés qu’en disant "Oui" au plan divin du salut tel qu’il a été révélé dans la personne de Jésus-Christ. Ce n’est que dans la communication intime avec le Fils incarné de Dieu que nous découvrons la grâce de  “mettre notre foi en action” ».

    L’apostolat, souligne le cardinal Bertone, ne peut trouver sa profondeur et sa persévérance que dans cet enracinement.

« (…) C'est précisément le message adressé par le pape Benoît XVI dans sa lettre encyclique Deus Caritas est. Comme on lui demandait pourquoi il avait consacré sa première encyclique au thème de l'amour, il répondit qu'il avait souhaité manifester l'humanité de la foi. Ce n’est qu’en vivant la vie de la foi – c'est-à-dire en s’immergeant profondément dans l'amour et la miséricorde de Dieu tels qu’ils sont révélés en Jésus-Christ – que nous sommes rendus capables d’aimer notre prochain comme nous-mêmes et de lui pardonner. Nul ne connaît mieux que les laïcs de l’Eglise les obstacles, les défis et les tentations de découragement auxquels se heurte la vie de la foi dans un monde de plus en plus complexe et contradictoire. Dans leur vie de famille, leur lieu de travail ou dans la vie publique, les laïcs sont continuellement exposés à la tentation de compromettre leur “oui” à Dieu en diluant les valeurs de l’Evangile ou en apposant des limites ou des conditions à l’amour du prochain ».

 

« (…) Le Saint-Père a souligné, lors de sa visite pastorale au Brésil, les défis uniques lancés par le monde contemporain à la vocation des laïcs. En relevant que l'Amérique est un « continent de chrétiens baptisés », il a affirmé qu’il « était temps de combler l'absence notable - dans la sphère politique, dans le monde des médias et dans les universités - de voix et d’initiatives de chefs catholiques aux personnalités fortes et à l’engagement généreux, qui soient cohérents dans leurs convictions éthiques et religieuses ». Le pape a insisté fortement sur la nécessité  pour les chrétiens actifs dans ces milieux sociaux et culturels de sauvegarder les valeurs éthiques. Par-dessus tout, a-t-il dit, « là où Dieu est absent - Dieu avec le visage humain de Jésus-Christ – ces valeurs ne se manifestent pas dans toute leur force, et ne suscitent pas de consensus autour d’elles. Je ne veux pas dire que les non-croyants ne peuvent pas vivre une moralité élevée et exemplaire ; je dis seulement qu'une société dans laquelle Dieu est absent ne trouvera pas le consensus nécessaire sur des valeurs morales ni la force de vivre selon le modèle de ces valeurs, même lorsqu'elles sont en conflit avec des intérêts privés ». En bref, être catholique dans le monde actuel réclame du courage ; pas davantage, cependant, que lorsque Jésus a appelé ses premiers disciples en Galilée ».

 
    Le cardinal Bertone a également mis l’accent sur un aspect essentiel de l’apostolat des laïcs, à savoir la nécessité de tirer “dans le même sens” dans l’Eglise et avec l’Eglise, de travailler dans l’unité et la charité. Cet appel prend un tour particulièrement digne d’intérêt au moment où le pape Benoît XVI appelle, dans l’Eglise universelle – et en particulier dans notre pays – les fidèles à mettre un terme à leurs querelles liturgiques. Mais ce qui vaut à grande échelle vaut aussi à petite, pour chaque diocèse, chaque communauté paroissiale :

 

« (…) Notre témoignage intégral et persuasif à la vérité de l'Évangile dépend profondément de la capacité des évêques, des prêtres, des diacres, des religieux et des laïcs à travailler ensemble pour la diffusion de Royaume de Dieu en reconnaissant le rôle distinctif de chaque vocation dans le Corps du Christ (…) ».

 

Il faut chercher à « faciliter la coopération efficace entre vous, vos Évêques, vos pasteurs, les membres du personnel paroissial et les communautés sociales dans lesquelles vous vivez et travaillez. Si votre communauté locale souffre des blessures de la division, qu’elles soient profondes ou non, prenez le temps d'approfondir votre cohésion, car lorsque celle-ci fait défaut dans une famille paroissiale ou une église locale, la capacité de témoigner du Christ dans une société élargie en est affaiblie ».

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Samedi 7 juillet 2007 6 07 /07 /Juil /2007 15:52

Par La rédaction

"Chers frères dans l'Episcopat,

 
C'est avec beaucoup de confiance et d'espérance que je remets entre vos mains de pasteurs le texte d'une nouvelle Lettre Apostolique "Motu Proprio Data", sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. Ce document est le fruit de longues réflexions, de multiples consultations, et de la prière.


Des nouvelles et des jugements formulés sans information suffisante, ont suscité beaucoup de confusion. On trouve des réactions très diverses les unes des autres, qui vont de l'acceptation joyeuse à une dure opposition, à propos d'un projet dont le contenu n'était, en réalité, pas connu.

 
Deux craintes s'opposaient plus directement à ce document, et je voudrais les examiner d'un peu plus près dans cette lettre.

 
En premier lieu il y a la crainte d'amenuiser ainsi l'autorité du Concile Vatican II, et de voir mettre en doute une de ses décisions essentielles, la réforme liturgique.

 
Cette crainte n'est pas fondée. A ce propos, il faut dire avant tout que le Missel, publié par Paul VI et réédité ensuite à deux reprises par Jean-Paul II, est et demeure évidemment la Forme normale - la Forma Ordinaria - de la liturgie Eucharistique. La dernière version du Missale Romanum, antérieure au Concile, qui a été publiée sous l'autorité de Jean XXIII en 1962 et qui a été utilisée durant le Concile, pourra en revanche être utilisée comme Forma Extraordinaria de la Célébration liturgique. Il n'est pas convenable de parler de ces deux versions du Missel Romain comme s'il s'agissait de deux rites. Il s'agit plutôt d'un double usage de l'unique et même rite.

 
Quant à l'usage du Missel de 1962, comme Forma Extraordinaria de la Liturgie de la Messe, je voudrais attirer l'attention sur le fait que ce Missel n'a jamais été juridiquement abrogé, et que par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé. Lors de l'introduction du nouveau Missel, il n'a pas semblé nécessaire de publier des normes propres concernant la possibilité d'utiliser le Missel antérieur. On a probablement supposé que cela ne concernerait que quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la quelques cas particuliers, que l'on résoudrait localement, au cas par cas. Mais, par la suite, il s'est vite avéré que beaucoup de personnes restaient fortement attachées à cet usage du Rite romain, qui leur était devenu familier depuis l'enfance. Ceci s'est produit avant tout dans les pays où le mouvement liturgique avait donné à de nombreuses de personnes une remarquable formation liturgique, ainsi qu'une familiarité profonde et intime avec la Forme antérieure de la Célébration liturgique. Nous savons tous qu'au sein du mouvement conduit par Mgr. Lefebvre, la fidélité au Missel ancien est devenue un signe distinctif extérieur ; mais les raisons de la fracture qui naissait sur ce point étaient à rechercher plus en profondeur. Beaucoup de personnes qui acceptaient clairement le caractère contraignant du Concile Vatican II, et qui étaient fidèles au Pape et aux Evêques, désiraient cependant retrouver également la forme de la sainte liturgie qui leur était chère ; cela s'est produit avant tout parce qu'en de nombreux endroits on ne célébrait pas fidèlement selon les prescriptions du nouveau Missel ; au contraire, celui-ci finissait par être interprété comme une autorisation, voire même une obligation de créativité ; cette créativité a souvent porté à des déformations de la liturgie à la limite du supportable. Je parle d'expérience, parce que j'ai vécu moi aussi cette période, avec toutes ses attentes et ses confusions. Et j'ai constaté combien les déformations arbitraires de la liturgie ont profondément blessé des personnes qui étaient totalement enracinées dans la foi de l'Eglise.

 
C'est pour ce motif que Jean-Paul II s'est vu dans l'obligation de donner, avec le Motu proprio Ecclesia Dei du 2 juillet 1988, un cadre normatif pour l'usage du Missel de 1962; ce cadre ne contenait cependant pas de prescriptions détaillées, mais faisait appel de manière plus générale à la générosité des Evêques envers les justes aspirations des fidèles qui réclamaient cet usage du Rite romain. A cette époque, le Pape voulait ainsi aider surtout la Fraternité Saint Pie X à retrouver la pleine unité avec le Successeur de Pierre, en cherchant à guérir une blessure perçue de façon toujours plus douloureuse. Cette réconciliation n'a malheureusement pas encore réussi; cependant, une série de communautés a profité avec gratitude des possibilités offertes par ce Motu Proprio. Par contre, en dehors de ces groupes, pour lesquels manquaient des normes juridiques précises, la question de l'usage du Missel de 1962 est restée difficile, avant tout parce que les Evêques craignaient, dans ces situations, que l'on mette en doute l'autorité du Concile. Aussitôt après le Concile Vatican II, on pouvait supposer que la demande de l'usage du Missel de 1962 aurait été limitée à la génération plus âgée, celle qui avait grandi avec lui, mais entre temps il est apparu clairement que des personnes jeunes découvraient également cette forme liturgique, se sentaient attirées par elle et y trouvaient une forme de rencontre avec le mystère de la Très Sainte Eucharistie qui leur convenait particulièrement. C'est ainsi qu'est né le besoin d'un règlement juridique plus clair, que l'on ne pouvait pas prévoir à l'époque du Motu Proprio de 1988 ; ces normes entendent également délivrer les Evêques de la nécessité de réévaluer sans cesse la façon de répondre aux diverses situations.

 
En second lieu, au cours des discussions sur ce Motu Proprio attendu, a été exprimée la crainte qu'une plus large possibilité d'utiliser le Missel de 1962 puisse porter à des désordres, voire à des fractures dans les communautés paroissiales. Cette crainte ne me paraît pas non plus réellement fondée. L'usage de l'ancien Missel présuppose un minimum de formation liturgique et un accès à la langue latine ; ni l'un ni l'autre ne sont tellement fréquents. De ces éléments préalables concrets découle clairement le fait que le nouveau Missel restera certainement la forme ordinaire du Rite romain, non seulement en raison des normes juridiques, mais aussi à cause de la situation réelle dans lesquelles se trouvent les communautés de fidèles.

 
Il est vrai que les exagérations ne manquent pas, ni parfois des aspects sociaux indûment liés à l'attitude de certains fidèles liés à l'ancienne tradition liturgique latine. Votre charité et votre prudence pastorale serviront de stimulant et de guide pour perfectionner les choses. D'ailleurs, les deux formes d'usage du Rite romain peuvent s'enrichir réciproquement : dans l'ancien Missel pourront être et devront être insérés les nouveaux saints, et quelques-unes des nouvelles préfaces. La Commission Ecclesia Dei, en lien avec les diverses entités dédiées à l'Usus Antiquior, étudiera quelles sont les possibilités pratiques. Dans la célébration de la Messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l'a été souvent fait jusqu'à présent, cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. La meilleure garantie pour que le Missel de Paul VI puisse unir les communautés paroissiales et être aimé de leur part est de célébrer avec beaucoup de révérence et en conformité avec les prescriptions ; c'est ce qui rend visible la richesse spirituelle et la profondeur théologique de ce Missel.

 
J'en arrive ainsi à la raison positive qui est le motif qui me fait actualiser par ce Motu Proprio celui de 1988. Il s'agit de parvenir à une réconciliation interne au sein de l'Eglise. En regardant le passé, les divisions qui ont lacéré le corps du Christ au cours des siècles, on a continuellement l'impression qu'aux moments critiques où la division commençait à naître, les responsables de l'Eglise n'ont pas fait suffisamment pour conserver ou conquérir la réconciliation et l'unité ; on a l'impression que les omissions dans l'Eglise ont eu leur part de culpabilité dans le fait que ces divisions aient réussi à se consolider. Ce regard vers le passé nous impose aujourd'hui une obligation: faire tous les efforts afin que tous ceux qui désirent réellement l'unité aient la possibilité de rester dans cette unité ou de la retrouver à nouveau. Il me vient à l'esprit une phrase de la seconde Epître aux Corinthiens, où Saint Paul écrit : "Nous vous avons parlé en toute liberté, Corinthiens; notre coeur s'est grand ouvert. Vous n'êtes pas à l'étroit chez nous ; c'est dans vos coeurs que vous êtes à l'étroit. Payez-nous donc de retour; (...) ouvrez tout grand votre coeur, vous aussi!" Paul le dit évidemment dans un autre contexte, mais son invitation peut et doit aussi nous toucher, précisément sur ce thème. Ouvrons généreusement notre cœur et laissons entrer tout ce à quoi la foi elle-même fait place.

 
Il n'y a aucune contradiction entre l'une et l'autre édition du Missale Romanum. L'histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l'improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. Il est bon pour nous tous, de conserver les richesses qui ont grandi dans la foi et dans la prière de l'Eglise, et de leur donner leur juste place. Evidemment, pour vivre la pleine communion, les prêtres des communautés qui adhèrent à l'usage ancien ne peuvent pas non plus, par principe, exclure la célébration selon les nouveaux livres. L'exclusion totale du nouveau rite ne serait pas cohérente avec la reconnaissance de sa valeur et de sa sainteté.

 
Pour conclure, chers frères, il me tient à cœur de souligner que ces nouvelles normes ne diminuent aucunement votre autorité et votre responsabilité, ni sur la liturgie, ni sur la pastorale de vos fidèles. Chaque évêque est en effet le modérateur de la liturgie dans son propre diocèse (cfr. Sacrosanctum Concilium, n. 22 :  "Sacrae liturgiae moderatio ab Ecclesiae auctoritate unice pendet : quae quidem est apud Apostolicam Sedem et, ad normam iuris, apud Episcopum").

 
Rien n'est donc retiré à l'autorité de l'évêque dont le rôle demeurera de toute façon celui de veiller à ce que tout se passe dans la paix et la sérénité. Si quelque problème devait surgir et que le curé ne puisse pas le résoudre, l'ordinaire local pourra toujours intervenir, en pleine harmonie cependant avec ce qu'établissent les nouvelles normes du Motu Proprio.

 
Je vous invite en outre, chers frères, à bien vouloir écrire au Saint-Siège un compte-rendu de vos expériences, trois ans après l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés étaient vraiment apparues, on pourrait alors chercher des voies pour y porter remède.

 
Chers Frères, c'est en esprit de reconnaissance et de confiance que je confie à votre cœur de Pasteurs ces pages et les normes du Motu Proprio. Souvenons-nous toujours des paroles de l'Apôtre Paul, adressées aux prêtres d'Ephèse: "Soyez attentifs à vous-mêmes, et à tout le troupeau dont l'Esprit-Saint vous a établis gardiens, pour paître l'Eglise de Dieu, qu'il s'est acquise par le sang de son propre Fils" (Ac 20,28).

 
Je confie à la puissante intercession de Marie, Mère de l'Eglise, ces nouvelles normes, et j'accorde de tout mon cœur ma bénédiction apostolique à vous, chers frères, aux curés de vos diocèses, et à tous les prêtres vos collaborateurs ainsi qu'à tous vos fidèles".

 

Fait auprès de Saint-Pierre, le 7 juillet 2007

Benoît XVI

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