Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 13:25
- Par Pierre GABARRA

Il n'est pratiquement pas un politicien français "sérieux" aujourd'hui, ou réputé tel, ou qui se donne à l'être, qui ne se réclame de l'Europe et de l'application des normes européennes.

 

Cependant, cette dévotion est parfois sélective.

 

Aussi est-il important de faire connaître la Résolution 1859 prise par  l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe au terme de sa séance du 25 janvier 2012, visant à "Protéger les droits humains et la dignité de la personne en tenant compte des souhaits précédemment exprimés par les patients".

 

Son objet, comme le rappelle l'Assemblée, n'est pas de traiter de l'euthanasie ni de suicide assisté. Cependant, elle insiste sur ce point :

 

"L’euthanasie, dans le sens de l'usage de procédés par action ou par omission permettant de provoquer intentionnellement la mort d’une personne dépendante dans l’intérêt allégué de celle-ci, doit toujours être interdite. La présente résolution se limite donc à la question des directives anticipées, des testaments de vie et des procurations permanentes." 

 

Dont acte. Conservons mémoire de cette Résolution qui, à tous égards, en est une bonne.

 

Le même texte ajoute, in fine, à propos de "la protection des droits de l’homme et de la dignité des malades incurables et des mourants" :

 

"Il ne peut être toléré que des décisions soient prises par une personne subrogée qui se fonde sur des jugements de valeur généraux; en cas de doute, la décision doit toujours viser à préserver la vie de l’intéressé et à en prolonger la vie" (7.8).

 

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Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 15:10
- Par L'Equipe d'Hermas

PRIX 2011 DE LA CARPETTE ANGLAISE

 

 

Saluons ici une très belle initiative. Elle permet d'épingler la cuistrerie d'une pseudo-élite qui, à mesure que le temps passe, de décennie en décennie, se nourrit d'inculture croissante. Nous adressons à l'heureux bénéficiaire du Prix toutes nos félicitations pour cette distinction fort méritée.

Hermas.info 

 

COMMUNIQUÉ

 L’académie de la Carpette anglaise (1) s’est réunie le 15 décembre 2011. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif (2) et littéraire.

Au deuxième tour de scrutin, par huit voix sur douze, la Carpette anglaise 2011 a été décernée à M. Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, pour promouvoir avec vigueur l’usage de la langue anglaise de la maternelle aux grandes écoles et pour faire de la télévision publique en anglais aux heures de grande écoute (sous-titré en français) un des enjeux de son parti et de la prochaine élection présidentielle (article disponible en ligne, intitulé « Les Français must speak english », 3 février 2011).

Le prix spécial du jury à titre étranger3 a été décerné au premier tour de scrutin, par onze voix sur douze, à la compagnie Ryanair, présidée par M. Michael O’Leary, pour avoir imposé, en Espagne, aux femmes enceintes de plus de vingt-huit semaines un certificat médical exclusivement rédigé en anglais, y compris pour les vols intérieurs (menaçant de ne plus desservir les aéroports ne se pliant pas à cette exigence). (AFP, Madrid, 13 septembre 2011.).

Anne Cublier, Hervé Bourges, Benoît Duteurtre, Alain Gourdon, Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie.

 

Consulter, sur le Prix de la Carpette anglaise, le présent site. 


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(1) La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des « élites françaises » qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.



(2) Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC). 

(3) Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com

Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris

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Jeudi 19 janvier 2012 4 19 /01 /Jan /2012 16:10
- Par Les CAHIERS DE SAINT FRANCOIS

 

CSF10Nous avons le plaisir de vous faire part de la parution du numéro 10 des Cahiers de Saint François, qu’il vous est possible de télécharger, gratuitement, dans la colonne de droite [“nouveau”], en cliquant sur la photo de ce numéro.

 

Nous vous rappelons que vous avez aussi la possibilité de vous y abonner, gratuitement, en vous rendant, dans la colonne de droite, à la “Page” “Les Cahiers de saint François”. N’hésitez pas à diffuser cette revue autour de vous, à la faire connaître.

 

Au sommaire, ce mois-ci, notamment :

 

- L’épopée des Frères armés du Sahara (Patrick Nouaille-Degorce)

 

- Les “Bikers” du Seigneur

 

- Il paraît qu’on blasphème à Toulouse ces derniers temps… (Abbé Simon d’Artigue Curé de la paroisse étudiante de Toulouse)

 

- Sainte Jeanne d’Arc, un modèle pour aujourd’hui (Extraits du message de Mgr Mathieu, évêque de Saint-Dié)

 

- “Dieu t’appelle, pourquoi pas ?” (Foyer vocationnel “Marcel Van”)

 

- Lorette aux XVIème et XVIIème siècle : le plus grand pèlerinage du monde

 

- Appel aux familles de Zouaves pontificaux

 

- Messe en l’honneur des Zouaves pontificaux à Yvré-L’Evêque (Abbé Gaëtan de Bodard)

 

- Ils nous parlent de saint François de Sales (Abbé Joël Lambert, de la Société Nouvelle Gorini - Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur)

 

- De Rome à l’Afrique : Léopold Joubert (1842-1927), Zouave pontifical et missionnaire laïc

 

- Etat des recherches sur le monastère de Sainte Elisabeth à ce jour (Dominique Sabourdin-Perrin)

 

- Le mystère de l’Incarnation, à l’Oratoire avec le Père Charles de Condren (Claude Pouillard)

 

- 350ème anniversaire de la béatification de saint François de Sales (Frère Maximilien-Marie du Sacré-Cœur)

 

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 15:12
- Par Mgr Demetrio FERNANDEZ, Traduction de l'Espagnol par Pierre GABARRA

« Frères, notre corps n’est pas fait pour la fornication, il est pour le Seigneur Jésus, et le Seigneur est pour le corps ; et Dieu, par sa puissance, a ressuscité le Seigneur et nous ressuscitera nous aussi. (…) Vos corps sont les membres du Christ. (…) Fuyez la fornication. (….) Rendez-donc gloire à Dieu dans votre corps » (1 Corinthiens, 6, 13-15 ; 17-20).

 

 

Mgr Fernandez L’enseignement de saint Paul paraît spécialement être adressé à notre temps, où l’incitation à la débauche ou à la fornication est continuelle dans les moyens de communication, au cinéma, à la télévision, et même dans certaines écoles du secondaire, à l’intérieur des programmes scolaires.

 

Saint Paul s’adresse aux Corinthiens, d’une cité portuaire où il y avait de tout, y compris du mauvais. Dans l’Empire romain, l’honnêteté et la chasteté s’étaient dégradées et les mœurs chez les jeunes et les adolescents étaient, dans certains milieux, surtout sportifs, une dépravation. Saint Paul s’adresse directement aux jeunes et les exhorte : « Fuyez la fornication », et leur en donne une raison de poids : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit (…) qui habite en vous ? Vous n’êtes pas propriétaires de vous-mêmes, parce qu’il vous a rachetés en payant le prix pour vous » (1 Cor. 6,60). Précisément, l’une des idées les plus répandues aujourd’hui, au nom d’un désir de liberté, lui est tout à fait contraire : « Je suis à moi, et je fais de mon corps ce que je veux ».

 

L’Evangile de Jésus-Christ a des répercussions dans tous les domaines de la personne, y compris dans celui de la sexualité. La sexualité humaine, vue avec des yeux purs, est le langage et l’expression de l’amour véritable, d’un amour qui ne se recherche pas soi-même, son intérêt, sa satisfaction, mais qui est un don. Un amour qui cherche le bonheur de l’autre, disposé quant à lui au sacrifice et au renoncement. Un amour qui trouve sa mesure et s’épanouit dans le mariage stable bénit par Dieu.

 

La chasteté est la vertu qui éduque la sexualité, en la rendant humaine et en la tirant de son animalité la plus brutale. Lorsque la sexualité est bien canalisée, la personne vit en harmonie avec soi-même et avec les autres, en évitant toute provocation et toute violence. La chasteté est protégée par la pudeur. Lorsque la sexualité est désorganisée, elle est comme une grenade, qui peut exploser à tout moment et blesser celui qui la porte. Ceci vaut pour tous les états de vie : pour le célibataire, pour lequel il n’y a pas de place pour l’exercice de la sexualité, comme pour la personne mariée, qui doit maîtriser ses impulsions dans le champ d’un amour authentique, pour la personne consacrée également, qui vit sa sexualité sublimée dans un amour plus pur, oblatif.

 

« Fuyez la fornication », nous dit saint Paul. Un livre récemment publié a attiré mon attention, dans lequel une candidate au titre de “Miss Venezuela” explique son expérience récente, avec un titre qui en dit long : « Vierge à trente ans ». Précisément, elle n’a pas obtenu le titre auquel elle prétendait parce qu’elle n’a pas accepté une proposition de fornication qui, semble-t-il, était la condition (non écrite) du concours. En elle s’est accomplie la parole de saint Paul. Le livre est devenu un best-seller parmi les jeunes de son entourage, de notre temps.

 

Il est possible de parvenir vierge au mariage, même si l’ambiance n’y est pas favorable.

 

Il est possible de vivre une consécration totale au Seigneur, de l’âme et du corps, comme une offrande qui profite aux autres.

 

Il est possible d’être fidèle à son mari, à sa femme. Bien plus, La Parole de Dieu nous y exhorte, en fuyant la fornication. Et la Parole de Dieu a la force de s’accomplir dans nos vies.

 

« Votre corps est le temple de l’Esprit-Saint (…). Glorifiez Dieu par votre corps ! » Rendons grâces à Dieu non seulement par nos bonnes pensées et nos bons désirs, mais aussi par notre volonté à rechercher en cela sa soumission à celle de Dieu, en purifiant continuellement nos intentions. Rendons grâce à Dieu aussi avec nos corps. Dieu nous a aimés également corporellement, par l’Incarnation du Fils de Dieu. Le christianisme est la religion de la rédemption de notre chair. Notre amour pour Dieu, pour Jésus-Christ, passe par notre corps. La grâce de Dieu est capable d’organiser notre sexualité humaine et de la rendre progressivement apte à exprimer l’amour le plus authentique, le seul qui rende heureux toute personne humaine.

 

Recevez mon affection et ma bénédiction.

 

+ Demetrio Fernández, Evêque de Córdoba (Espagne)

 

Source : Infocatólica

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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 13:09
- Par L'Equipe d'Hermas

Communiqué de presse de Strasbourg, 12/01/2012 – « La Hongrie a apporté des modifications majeures à sa législation après une consultation publique minimale et sans prendre suffisamment en compte les principes essentiels des droits de l'homme. Des décisions récentes portant atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire, à la liberté d’expression et à la liberté de religion suscitent de vives inquiétudes », a déclaré le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, en publiant aujourd'hui une lettre adressée au ministre hongrois des Affaires étrangères, János Martonyi, au sujet de la nouvelle loi sur le droit à la liberté de conscience et de religion, qui prive de nombreuses confessions religieuses de leur statut d’Eglise.

Le Secrétaire Général Jagland a également réagi à la récente évolution législative et constitutionnelle en Hongrie et écrit dans sa lettre au ministre Martonyi que l’appartenance de la Hongrie au Conseil de l’Europe n’implique pas seulement le respect des droits de l’homme, de l’état de droit et de la démocratie dans le processus législatif et dans les résultats de ce dernier, mais aussi le respect des principes sous-jacents de la démocratie, comme la séparation des pouvoirs, garanti par le bon fonctionnement d'institutions indépendantes. Il suggère que les différents textes législatifs adoptés récemment en application de la nouvelle constitution soient analysés en détail par des experts compétents du Conseil de l’Europe, c’est-à-dire par la Commission de Venise.

 

 

Martonyi.jpg Réponse du gouvernement hongrois.- M. Martonyi a répondu que la loi nouvelle [n°CCVI de 2011 sur le “Droit à la liberté de conscience et de religion, ainsi que le statut juridique des Églises, des confessions religieuses et des communautés religieuses”] reconnaît 14 églises et que 37 des 82 organisations religieuses présentes en Hongrie qui ont sollicité leur reconnaissance comme églises répondaient aux conditions requises par le Parlement. Il a ajouté que l’obligation légale, pour une telle reconnaissance, que la confession en question existe ailleurs depuis au moins cent ans était devenue optionnelle.

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Rappelons que le préambule de cette loi, qui reconnaît la liberté de conscience et de religion, indique que les « Eglises, confessions et communautés religieuses de Hongrie sont des facteurs sociaux d'une importance éminente, porteurs de valeurs et créateurs de cohésion ».

 

Aux termes de l'article 7, constitue une Eglise toute « entité autonome composée de personnes physiques professant les mêmes dogmes, organisé en collectivité, qui fonctionne prioritairement dans le but de pratiquer une activité religieuse ». Seules les quatorze Églises figurant en annexe du texte de loi peuvent utiliser le titre d'Église.

 

Aux termes des articles 14 et 15 de la loi, « la demande visant à l'enregistrement comme église » est déposée par « le représentant d'une association ayant une activité en partie religieuse » auprès du ministre chargé des cultes. Ce dépôt n'est possible que si cette association « s'acquitte d'une activité prioritairement religieuse », « dispose d'une profession de foi comprenant l'essentiel de son enseignement et de rites », « fonctionne en Hongrie en tant qu'association, sous une forme organisée, depuis au moins vingt ans », « a adopté des statuts, un acte de fondation, des lois internes, des règles d'organisation et de fonctionnement ou d'autres règles », « a élu ou désigné des organes de gestion et de représentation ». Ses membres doivent aussi déclarer « que l'activité de l'entité qu'ils ont fondée n'est pas contraire à la Loi fondamentale, ne contrevient pas aux règles de droit, ne viole pas non plus d'autres droits et libertés ». En plus de pièces très diverses prouvant ou certifiant tous ces points (y-compris des détails, comme « la copie de l'acte certifiant le droit d'occuper le siège »), la demande doit être accompagnée du « nom d'au moins mille personnes physiques, leur résidence en Hongrie, le formulaire de signature comprenant leurs signatures » et de données personnelles sur les membres dirigeants.

Source : Wikipedia

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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 13:08
- Par le P. J. A. FORTEA CUCURULL, trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

padrefortea.jpgJe me suis imposé, page après page, la lecture de l’ennuyeux et interminable livre des Mémoires du cardinal Tarancón, en me demandant ici et là s’il allait enfin nous dire, sur quelque sujet que ce soit, quelque chose qui importait vraiment. Mais non. Par un zig-zag permanent, il a évité tout thème conflictuel. Personnellement, je n’en ai pas été déçu ; ce sont les siens qui l’ont été. En effet, ce qu’il revient finalement à dire sur chaque sujet, obliquement, c’est ceci : « Je n’étais pas comme vous l’imaginiez, j’étais beaucoup plus conservateur que vous ne le pensiez ». 

 

Cependant, un livre ne se substitue pas à une vie. Madrid, dans les années 80, était un archidiocèse immergé dans un processus jacobin qui annonçait les pires brumaires. S’il n’a pas explosé, c’est que de bons prêtres ont tenu à leur poste : obéissants, loyaux envers le Magistère, faisant leur devoir. En revanche, si ce gouvernement de l’archidiocèse s’était poursuivi dix ans de plus, il est incontestable, et nul ne peut en douter, l’archidiocèse aurait volé en éclats. Fort heureusement, le clergé manifeste une forte tendance à la longévité. De sorte que, bien malgré la révolution taranconienne, une infinité de bons prêtres ont tenu bon. Les progressistes les considéraient comme des cas désespérés. Que ne vivent pas les prêtres traditionnels !  Il semble qu’ils en aient eu alors à vivre plus que jamais.

 

Pour parachever ces mauvaises perspectives des progressistes, il faut tenir compte des baisses terrifiantes survenues par sécularisation chez les libéraux. Entre les défections des uns et la longévité des autres, ils ne s’y retrouvaient pas. C’était comme une malédiction de Toutânkhamon. Parmi les exaltés, les pertes au combat furent plus grandes que sur le Front oriental pendant la seconde guerre mondiale.

 

Telle était la situation lorsque Tarancón dut présenter sa démission, en pleine possession de ses facultés physiques, mentales et cardinalices. Il s’est alors retiré dans ses terres, à Burriana (1). Encore heureux, parce que s'il était demeuré à Madrid, il aurait été comme le Huitième passage de la navette du Nostromo (2).

 

Je suis convaincu que pour Tagliaferri (3), le nouveau nonce, Burriana était encore trop près de Madrid. Il aurait préféré que le cardinal aille exercer son ministère à Trinidad-y-Tobago. Qu’il apprenne l’anglais, qu’il apprenne l’anglais, c’est la langue de l’avenir.

 

Source : “Le cardinal Tarancón : l’heure de l’analyse est venue”, inEl Blog del Padre Fortea” (Intereconomia).

 

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(1) Dans la province de Castellón, au Nord de la communauté valencienne (NdT).

 

(2) Allusion au film de Ridley Scott, Alien le huitième passager. Alien est cet extra-terrestre qui surgit à bord d'une navette du vaisseau de remorquage Nostromo, lors d'une expédition, et qui tente de tuer les autres sept passagers (NdT).

 

(3) Mgr Mario Tagliaferri (1927-1999), fut nommé nonce apostolique en Espagne le 20 juillet 1985. Il resta pendant dix ans à ce poste avant d'être nommé nonce apostolique à Paris, où il resta pendant trois ans, jusqu'à son décès (NdT). 

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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 15:29
- Par le P. J. A. FORTEA CUCURULL, trad. de l'espagnol par Pierre GABARRA

Au cours des années passées, nous avons publié des témoignages de Mgr Masson (+) sur les années noires de la crise de l’Eglise de France, qui n’ont pas encore leur historien, car le présent est encore trop dépendant de ce récent passé. Nous insistions alors sur le fait que ce travail entrait dans un nécessaire effort de lucidité sur l’histoire catholique récente de ce pays.

 

Voici un témoignage analogue qui nous vient, cette fois, d’Espagne. Il émane également d’un prêtre, M. l’abbé José Antonio Fortea Cucurull. Après avoir fait ses études de théologie à l’Université de Navarre, puis d’histoire de l’Eglise à la Faculté de théologie de Comillas, M. l’abbé  Fortea a été incardiné dans le diocèse de  de Alcalá de Henares (Madrid). Auteur d’une thèse de licence sur l’exorcisme, dirigée par le secrétaire de la Commission pour la Doctrine de la Foi de la Conférence épiscopale espagnole, il prépare actuellement sa thèse de doctorat de théologie à Rome.

 

Ce témoignage est relatif aux ravages opérés également en Espagne par l’illuminisme clérical qui s’est emparé des esprits au lendemain et au nom d’un Concile qui était d’autant plus invoqué qu’il était mieux trahi. Il se rapporte à l’une des grandes figures de cette époque, le cardinal Vicente Enrique y Tarancón (1907-1994), protégé du Pape Paul VI. Ce fut lui qui, notamment, prononça, à la fin de la période franquiste, l’homélie du couronnement du roi Juan Carlos (1975).

 

Source : “Le cardinal Tarancón : l’heure de l’analyse est venue”, inEl Blog del Padre Fortea” (Intereconomia).

 

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Tarancon.jpgLe cardinal Tarancón était un grand homme. Je ne vais cependant pas m’attacher à ses vertus, car il y aurait beaucoup à dire. Aujourd’hui, je préfère parler de ses défauts.

 

J’ai pour principe de ne pas critiquer les ecclésiastiques. Je n’y fais exception que lorsque les condamnations de Rome s’accumulent. Dans ce cas, je me sens autorisé à attiser un peu le feu.

 

Avec le cardinal, d’ailleurs, c’est différent. Mort depuis longtemps, et il est déjà l’objet d’une froide analyse. Avoir de la charité à son égard, ce serait comme avoir de la charité à l’égard de Napoléon.

 

Le cardinal a toujours agi de bonne foi, toujours cru être dans la ligne du Concile Vatican II. Etre dans cette ligne l’a persuadé que ce qu’il faisait était bien. Ce fut un homme tolérant, un homme de dialogue et un amant de la liberté. Du moins, était-il ainsi avec les progressistes. En revanche, il appliquait à tout ce qui lui paraissait conservateur, comme on dit en espagnol, du “sirop de bâton”, c’est-à-dire qu’il persuadait à coups de claques.

 

Il fermait toujours à moitié les yeux sur ses bons enfants libéraux. Tant qu’ils ne mettaient pas le feu à l’église, ils pouvaient y faire ce qu’ils voulaient. En revanche, il fut implacable avec les fils obéissants et aimants de la tradition.

 

Le cardinal Tarancón fut considéré comme une sorte de héros par de nombreux évêques espagnols des années 70 et 80. Il jouissait de tous les éloges possibles de la part des politiciens. Très respecté à la Curie romaine, aimé par les partis de gauche, et ainsi de suite. Mais l’Histoire devait se venger de la manière la plus inattendue : Jean-Paul II.

 

Le Pape polonais a fort bien connu le cardinal en question. Les détails de la pensée très défavorable de Jean-Paul II sur Tarancón ont très peu filtré.  Il y a quelques mois, a été publié dans la presse un papier de Enric Juliana sur le sujet. Il ne révélait cependant rien de nouveau. Il suffit de lire les mémoires de Tarancón lui-même pour se rendre compte, par leurs silences, de ce qu’il pensait de Jean-Paul II. Personnellement, je dispose d’une information personnelle (non publiable) d’un évêque qui m’a expliqué certains détails de ce dont je parle ici.

 

Ce qui est certain, c’est que Jean-Paul II eut pleine conscience de ce que les jugements de Dieu n’étaient pas ceux des hommes. Il a très clairement vu que la dynamique promue par Tarancón conduisait l’Eglise à sa destruction. Tarancón, à titre personnel, pouvait être très sociable, très agréable, très ouvert au dialogue, mais comme gouvernant de l’Eglise, il suivit un chemin erroné.

 

Deux hommes, deux diocèses. Il suffit de voir comment le Cardinal de Tolède (1) a laissé son diocèse, et comment le Cardinal Tarancón a laissé le sien. Or nous parlons pratiquement des mêmes années et d’un clergé similaire. Les deux diocèses étaient géographiquement limitrophes mais, ecclésiastiquement, à des années-lumière.

 

Je n’écris pas ces lignes dans un désir de revanche. Je n’ai rien de personnel contre Tarancón. J’aime toujours à bien parler du clergé. Mais nous ne devons pas nous laisser séduire par des chants de sirènes. Parce que ces mythes trompeurs peuvent exercer leur influence sur le présent. Les choses doivent être bien claires : l’arrivée de Tarancón a marqué le triomphe absolu des thèses ecclésiales les plus extrémistes.

 

Guerra-campos.jpg Le cardinal de la liberté et de la tolérance a en effet provoqué un tremblement de terre spirituel qui a ruiné l’édifice invisible de l’Eglise pendant une génération entière. L’histoire aurait été toute autre si don Marcelo (1) avait été l’archevêque de Madrid. Et je ne dis rien de ce qu’il aurait été si Mgr Guerra Campos avait occupé ce siège. Tarancón, lui, a promu aux principaux postes de l’archidiocèse un grand nombre de prêtres qui se sont consciencieusement employés dans l’art de la démolition (photo : Mgr Guerra Campos).

 

Je me réserve les douloureux détails de l’histoire de tant de loups qui se sont faits gardiens du troupeau. Je n’entre pas non plus dans les détails de la terrifiante ampleur de la destruction. Mais une génération plus tard, il est devenu temps d’appeler les choses par leur nom.

 

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(1) Il s'agit de Mgr Marcelo González Martín (1918-2004),  archevêque de Tolède de 1971 à 1995 et créé cardinal par le Pape Paul VI en 1973 (NdT).

(2) Mgr José Guerra Campos (1920-1997), évêque de Cuenca de 1973 à 1996. Très attaché au régime du Général Franco et à la catholicité de l'Etat, hostile à certaines réformes engagées par le Concile Vatican II, il s'opposa publiquement à la Loi de Réforme politique (1976) qui a ouvert la voie à l'instauration de la démocratie en Espagne. Il se fit le protecteur de prêtres français, qu’il accueillit en son diocèse, alors que ceux-ci ne trouvaient pas ou plus de place dans le leur. Le séminaire de son diocèse ne connut pas la crise qui en affecta tant d'autres. Il mourut saintement en 1997 dans un couvent de Barcelone. La cause de béatification de celui qui, après bien des injustices, a été présenté par l'un de ses successeurs comme un "homme humble, et, en même temps, sage et de pensée profonde", a été introduite (NdT).

 

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 08:00
- Par L'Equipe d'Hermas

 

    "  Le mystère que nous fêtons aujourd’hui vous invite à ressembler aux enfants"
 

adoration-mages-2006.jpg "Mes bien-aimés, le rappel des actions du Sauveur des hommes est pour nous d’une grande utilité si, après leur avoir donné l’hommage de notre foi, nous les prenons comme idéal à imiter. Dans l’économie des mystères du Christ, les miracles sont autant de grâces qui viennent à l’appui de l’enseignement, afin que nous puissions suivre l’exemple de Celui que notre esprit confesse par la foi ; même les humbles commencements que le Fils de Dieu accepta en naissant de la Vierge sa mère nous préparent à progresser dans la piété. Les cœurs droits, en effet, reconnaissent en une seule et même personne la petitesse de l’homme et la grandeur de Dieu. Celui qu’un berceau montre enfant, le ciel et les esprits célestes le proclament leur Créateur. Ce petit au corps menu, c’est le Seigneur et le Maître du monde ; il est contenu dans le sein de sa mère, lui qu’aucune limite ne renferme, et cet abaissement même est le remède à nos blessures, le relèvement de notre déchéance : car si deux réalités si distantes ne s’étaient unies en une seule, la nature humaine n’aurait pu être réconciliée avec Dieu.

"Les remèdes qui nous ont été donnés nous fixent notre manière de vivre, et la règle des mœurs a été tirée d’une médecine que l’on appliquait à des morts. Ce n’est pas sans raison que les trois mages, conduits par la clarté d’une nouvelle étoile pour adorer Jésus, ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter les morts, de rendre la vue aux aveugles, la marche aux boiteux, la parole aux muets, ni d’exercer aucunement sa puissance divine : ils trouvèrent un enfant silencieux, tranquille, confié aux mains de sa mère ; en lui n’apparaissait aucun indice de son pouvoir : il ne montrait qu’un prodige, et un grand : son humilité même. Le seul spectacle de cette enfance sacrée à laquelle se prêtait Dieu, le Fils de Dieu, offrait aux yeux l’enseignement qui devait être proclamé à toutes les oreilles ; ce que ces lèvres ne pouvaient proférer, il suffisait de le voir pour en sentir l’effet. Toute la victoire du Sauveur, cette victoire qui a subjugué le monde et le démon, a commencé par l’humilité et s’est achevée dans l’humilité. Il a inauguré ses jours prédestinés dans la persécution et les a terminés dans la persécution. A celui qui n’était qu’un enfant n’a pas manqué l’occasion de souffrir, à celui qui devait un jour subir la Passion n’a pas manqué la douceur de l’enfance : le Fils unique de Dieu a voulu mettre sous le signe d’un même abaissement de sa majesté et sa naissance d’homme et sa mort par la main des hommes.

Epiphanie.jpegC’est en faisant valoir le privilège de son humilité que le Tout-Puissant a sauvé notre cause, qui était fort mauvaise ; il a détruit la mort et l’auteur de la mort en ne refusant rien de ce que ses persécuteurs ont voulu lui faire subir : obéissant au Père, il a souffert avec une suprême douceur la cruauté de ses bourreaux. A combien plus forte raison ne devons-nous pas être humbles et patients, nous qui n’avons jamais à endurer que des épreuves méritées ! Qui, en effet, peut se glorifier d’avoir le cœur sans tache, d’être exempt de péché (Prov., XX, 9) ? Saint Jean l’affirme : Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous abusons, la vérité n’est pas en nous (I Jean, 1,8). Existe-t-il un homme tellement préservé du péché que la justice n’ait rien à lui reprocher, la miséricorde rien à lui pardonner ? Bien-aimés, la sagesse chrétienne ne consiste ni à discourir abondamment, ni à discuter subtilement, ni à convoiter des honneurs, elle consiste dans l’humilité sincère et volontaire, celle même que le Seigneur Jésus, depuis le sein de sa mère jusqu’au supplice de la croix, a choisie et enseignée comme étant toute sa force. Un jour que ses disciples, au dire de l’Evangéliste, se demandaient entre eux qui serait le plus grand dans le Royaume des cieux, Jésus appela un petit enfant, le mit au milieu d’eux et dit :En vérité je vous le déclare, si vous ne retournez pas à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux. Qui donc se fera petit comme ce petit enfant, celui-là sera le plus grand dans le Royaume des cieux (Matth., XVIII, 1-4). Le Christ aime l’enfance par laquelle il a débuté dans son âme comme dans son corps, modèle de douceur. Le Christ aime l’enfance, vers elle il oriente les hommes plus âgés, il y ramène les vieillards, il la donne en exemple à tous ceux qu’il élève au royaume éternel.

"Mais pour bien comprendre comment peut s’opérer en nous une conversion si admirable, et par quel détour nous devons revenir à l’état d’enfant, écoutons saint Paul qui nous dit : Ne vous montrez pas enfants sous le rapport du jugement, mais faites-vous petits enfants quant à la malice (I Cor. XIV, 20). Ce n’est donc pas aux amusements de l’enfance, ni à ses tâtonnements maladroits qu’il nous faut retourner ; il faut lui demander quelque chose qui convienne encore à la gravité des années, à savoir le rapide apaisement des colères, le prompt retour au calme, l’oubli des offenses, l’indifférence aux honneurs, l’amour de l’union mutuelle, l’égalité d’humeur. C’est un grand bien de ne pas savoir nuire et ne pas aimer la méchanceté : car être injuste et se venger, c’est la prudence de ce monde ; mais ne rendre à personne le mal pour le mal (Rom. XII, 17), c’est la sérénité de l’enfance chrétienne. Bien-aimés, le mystère que nous fêtons aujourd’hui vous invite à ressembler ainsi aux enfants. Le Sauveur, cet enfant qu’adorent les mages, vous convie à l’imitation de cette humilité ; c’est pour montrer quelle gloire il réserve à de tels imitateurs qu’il a consacré par le martyre des enfants nés en même temps que lui ; issus comme lui de Bethléem, et ses égaux en âge, ils sont dès lors associés à sa Passion. Que l’humilité soit donc aimée, que les fidèles évitent en tout l’orgueil ! Que chacun préfère les autres à soi et que personne ne recherche son propre intérêt, mais celui d’autrui (I Cor. X, 24) ; quand tous seront remplis de tels sentiments de bienveillance, le poison de l’envie disparaîtra, car celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé (Luc XIV, 11). C’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l’atteste lui-même, lui qui, avec le Père et l’Esprit-Saint, vit et règne comme Dieu dans les siècles des siècles. Amen."

Saint Léon le Grand (7ème sermon sur l'épiphanie)


_______________


Petit-Roi.JPGFête de l'Enfance, l'Epiphanie est aussi la fête de tous les enfants. C'est à l'Epiphanie qu'en Espagne, par exemple, leur sont offerts les cadeaux, non à Noël. Nous en profitons donc pour souhaiter une bonne et sainte fête à tous les enfants de France et de Navarre, e incluso a los de España, ¡ claro ! especialmente  a los de la familia, que abrazamos cariñosamente.

    Que cette belle fête de lumière soit pour tous, petits et grands, une source de joies familiales, autour de la célèbre galette des rois ! Et que ceux qui n'auront pas le bonheur de la vivre en famille soient assurés que nous nous associerons à eux dans la chaleur de notre prière.


QUE LA FETE COMMENCE !
   

 

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 14:54
- Par PRIMEROS CRISTIANOS - Traduit de l'espagnol par Pierre GABARRA

pc-copie-1Depuis les temps les plus reculés, tant en Orient qu’en Occident, l’Eglise a célébré le 6 janvier la manifestation de Dieu au monde.

 

L’Epiphanie [du grec epi-faneia : manifestation] est la première manifestation au monde païen du Fils de Dieu fait homme, qui eut lieu par l’adoration des mages – racontée par saint Matthieu (2, 1-12). Ce passage, avec sa référence au prophète Michée, est l’un des cinq épisodes qui constituent l’Evangile de l’Enfance chez cet évangéliste (chap. 1-2). L’Evangile de l’Enfance de saint Luc (1-2), en revanche, ne le mentionne pas.

 

Pour bien comprendre ce récit, et percevoir son contenu théologique, il est nécessaire de préciser tout d’abord la portée de la citation de Michée, d’indiquer qui étaient les Mages et ce qu’était l’étoile dont on dit qu’elle les a guidés jusqu’au berceau de l’Enfant. 

 

Le texte de Michée

 

Le centre de l’épisode des Mages est la citation du prophète Michée, à laquelle se réfèrent, dans le récit, les prêtres et les scribes consultés par Hérode au sujet de l’endroit où devait naître le Messie. « A Bethléem de Judée, lui dirent-ils ; ainsi, en effet, est-il écrit par le prophète : “Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n'es nullement le moindre des clans de Juda ; car de toi sortira un chef qui sera pasteur de mon peuple Israël” » (Mat. 2, 5-6).

 

Ce passage prophétique est certainement messianique. Michée console son peuple, face à la menace assyrienne, par la promesse d’un Libérateur futur, descendant de David. Il ne découle pas de ce texte que le Messie devait nécessairement naître, matériellement, à Bethléem ; il suffisait qu’il en fût originaire par son ascendance davidique. 

 

Le texte de Michée, dans la bouche des scribes, et sous la plume de l’évangéliste, signifie que pour les premiers le Messie devait naître à Bethléem, de la descendance de David, et que, pour le second, Jésus réalisait ces paroles.

 

 Qui étaient les Mages ?

 

EpiphanieL’évangéliste présente les protagonistes du récit comme « des Mages qui venaient d’Orient ». Il n’indique pas leur nombre, ni leur nom, ni le lieu exact de leur provenance. La tradition antique offre différentes interprétations, mais sans certitude. En ce qui concerne le nombre, les monuments archéologiques différent considérablement. Une fresque du cimetière de saint Pierre et saint Marcellin, à Rome, en représente deux. Un sarcophage conservé au Musée du Latran en montre trois. On en voit quatre sur un monument du cimetière de sainte Domitille, et jusqu’à huit sur un vase du Musée Kircherian. Dans les traditions orales syriennes et arméniennes, on parle même de douze Mages. Néanmoins, le nombre qui s’est imposé est celui de trois, peut-être en référence aux trois offrandes qu’ils ont déposées – d’or, d’argent et de myrrhe – ou bien parce que l’on a cru qu’ils représentaient les trois races : Sem, Cam et Jafet.

 

Les noms qui leur sont donnés (Melchior, Gaspard et Balthasar) sont relativement récents. Ils apparaissent dans un manuscrit italien anonyme du IXème siècle,  et, peu avant, dans un manuscrit parisien de la fin du VIIème siècle, sous la forme “Bithisarea, Melichior y Guthaspa”. Chez d’autres auteurs, et dans d’autres régions, ils sont connus sous des noms totalement différents. Leur condition royale, qui n’a aucun fondement historique, semble avoir été introduite par une interprétation trop littérale du Psaume 72,10 : « Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront offrande ». Ils n’apparaissent à aucun moment, dans les antiques représentations de l’art chrétien, avec des attributs royaux mais uniquement avec un bonnet phrygien et des vêtements de nobles persans.

 

Les témoignages anciens différent également quant à leur lieu d’origine. Les uns les font provenir de Perse, d’autres de Babylone ou d’Arabie, et même de lieux aussi peu situés en Orient que la Palestine, l’Egypte ou l’Ethiopie.  Toutefois, un précieux élément archéologique datant de la période de Constantin montre l’antiquité de la tradition, apparemment plus proche de l’intention de l’évangéliste, selon laquelle les Mages seraient venus de Perse. Une lettre synodale du Concile de Jérusalem de 836 indique qu’en l’an 614, lorsque les soldats perses de Chosroes II détruisirent tous les sanctuaires de Palestine, ils respectèrent la basilique constantinienne de la Nativité, à Bethléem, parce que, en voyant la mosaïque du frontispice qui représentait l’Adoration des Mages, ils identifièrent ces derniers comme des compatriotes en raison de leur vêtement.

  

L’étoile des Mages  

 

Dans le récit de saint Matthieu, l’étoile joue un rôle important. C’est une étoile que les Mages ont vue en Orient, puis qu’ils ne revirent plus jusqu’à leur sortie de Jérusalem, sur le chemin de Bethléem. Alors, elle s’est mue devant eux en direction du Nord-Sud pour, finalement, s’arrêter au-dessus de la maison où se trouvait l’Enfant.

 

Les Mages disent l’avoir reconnue comme l’étoile de Jésus [« Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage » (Mt 2,2)]. A supposer le caractère préternaturel de l’étoile, qui semble n’avoir été vue que par les Mages, il resterait à expliquer comment ils ont pu comprendre qu’il s’agissait de celle de Jésus, jusqu’à se sentir poussés à se déplacer pour aller l’adorer.

 

Il n’y aurait rien d’étrange, à cet égard, que des perses pieux se soient intéressés aux Ecritures des juifs et qu’ils aient participé de quelque manière à leur espérance en un Messie Roi, de sorte qu’en percevant le phénomène stellaire, ils l’aient mis en relation avec ce dernier. Quoi qu’il en soit, ce que l’on peut dire c’est que, d’une manière ou d’une autre, Dieu les a poussés à se mettre en route et à se diriger vers Israël à la recherche d’un grand roi.

 

La célébration de la fête de l’Epiphanie du Seigneur

 

 Depuis des temps très reculés, tant en Orient qu’en Occident – à l’exception de la ville de Rome, et, probablement, des provinces d’Afrique – l’Eglise célèbre le 6 janvier la manifestation de Dieu au monde, fête qui deviendra ultérieurement l’Epiphanie. En effet, déjà au IIème siècle, on rencontre des références à une commémoration du baptême de Jésus dans certaines sectes gnostiques. Cependant, il faut attendre la seconde moitié du IVème siècle pour trouver des premiers témoignages dans des milieux orthodoxes.

 

L’origine de la solennité de l’Epiphanie est assez obscure. Les hypothèses les plus différentes ont été avancées, ici ou là, de sorte qu’en définitive il semble que cette fête soit née d’un processus d’inculturation de la foi, comme une christianisation d’une célébration païenne du Soleil levant, profondément enracinée dans la région orientale de l’Empire.

 

Bientôt, en Occident, la fête de l’Epiphanie a reçu un triple contenu théologique, comme célébration de la manifestation aux gentils du Dieu incarné – adoration des Rois Mages ; comme manifestation de la filiation divine de Jésus – baptême dans le Jourdain ; et comme manifestation du pouvoir divin du Seigneur – miracle des noces de Cana. En Orient, avec l’introduction de la fête de la Nativité, le 25 décembre, la solennité de l’Epiphanie a perdu son caractère de célébration de la naissance du Christ, pour se centrer sur la commémoration du Baptême dans le Jourdain.

 

Dans l’Eglise romaine, la célébration liturgique de l’Epiphanie est aujourd’hui centrée sur l’universalité du dessein salvifique de Dieu. Ainsi, les lectures font référence à la vocation des gentils au salut, déjà annoncée par les prophètes (Isaïe 60, 1-6) et pleinement réalisée dans le Christ (Ephésiens, 3, 2-3 et 5-6 ; Mt 2, 1-12). Cette même perspective se retrouve dans les textes euchologiques.

 

_______________ 

  

BIBL.: J. ENCISO VIANA, La estrella de Jesús, en Por los senderos de la Biblia, t. II, Madrid-Buenos Aires 1957, 155-160; J, RACETTE, L'Évangile de 1'Enfance selon S. Matthieu, «Sciences Ecclésiastiques» 9 (1957) 77-82; S. MUÑOZ IGLESIAS, El género literario del Evang. de la Infancia en S. Mateo, «Estudios Bíblicos» 17 (1958) 245-273, especialmente 264-268; ÍD, Venez, adorons-le, en Assemblés du Seigneur, 13,31-44; A. M. DENIS, L'adoration des Mages vue par Saint Matthieu, «Nouvelle Revue Théologique» 82 (1960) 32-39; G. D. GORDINI, A. M. RAGGI, Magi, en Bibl. Sanct. 8,494-528.

Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Communauté : Chrétiens et heureux de croire - Publié dans : Les Catéchèses d'Hermas
Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 17:28
- Par L'Equipe d'Hermas

Drapeau-hongrois.pngQu’est-ce, en droit, qu’une constitution ? A cette question générale, M. Bertrand Mathieu répond, sur le site même du Conseil constitutionnel français, qu’il s’agit « d’un acte de souveraineté ». Il ajoute que « c'est au sein d'un Etat démocratique la règle qu'un Peuple se donne à lui-même ». Les normes constitutionnelles, indique-t-il encore, « prévalent sur les normes internationales et européennes », réserve faite des conditions d’application de certaines normes européennes.

 

Une sous-catégorie vient cependant de faire son apparition : celle des « constitutions  controversées ». Il faut entendre par là ces constitutions dont on n’accepte pas - de fait - qu’elles constituent des « actes de souveraineté » ni une règle qu’un « Peuple » puisse se donner à soi-même. Bref, il s’agit d’une constitution qui, réserve faite de sa suprématie interne sur des normes internationales, se voit contester sa légitimité même, et ce dans le sérail des officines journalistes et du réseau complexe des faiseurs d’opinion, dont le désaveu se répand surabondamment ensuite sur la terre entière. L’adjectif « controversé », en effet, ne répond pas à une qualification juridique. Il s’agit d’un opprobre moral, qui connaît lui-même des accentuations plus ou moins marquées, comme des manières plus ou moins appuyées de se pincer le nez au voisinage d’une mauvaise odeur. L’AFP, par exemple, reprise ou précédée en cela par nombre d’organes de presse, parle de « constitution très controversée ».

 

Son sujet ? La constitution socialiste du 27 décembre 1972 de la Corée du Nord, à l’ordre du jour ? Non. Celle de la République islamique d’Iran ? Pas davantage, non plus que celle du Yémen, pour s’arrêter à ce pays qui, malgré la pratique de la charia et les sévères restrictions apportées tant à la liberté de la presse qu’à celle de religion, se voit généreusement qualifié sur le site de notre noble Sénat de « démocratie en chemin ». Ces constitutions-là, pour ne citer qu’elles, n’entrent pas dans la catégorie des constitutions (très) controversées. Celles-là ne troublent le sommeil de personne. Il s’agit de la constitution hongroise, adoptée par le Parlement hongrois par 262 voix pour, 44 contre et une abstention, et qui, malgré cette majorité parlementaire ne serait pas démocratique ni conforme aux “valeurs” européennes.

 

Les organes de presse qui dénoncent cette « constitution controversée » insistent généralement sur le fait que cette constitution serait l’œuvre d’un « autocrate », qui aurait verrouillé constitutionnellement certains dispositifs étatiques, qu’elle a fait disparaître l’expression « République de Hongrie » pour ne parler que de la Hongrie (affreux), qu’elle a rendu rétroactivement "responsables des crimes communistes" commis jusqu'en 1989 les dirigeants de l'actuel Parti socialiste, c’est-à-dire  ex-communiste (quelle idée). A ces griefs, qui servent à introduire d’autres griefs de politique générale, s’ajoute le grief qui tue : la constitution controversée s’attaquerait à la vie privée.

 

C’est là que l’attention du lecteur catholique devrait être pour le moins titillée. On lit ainsi dans les colonnes du journal Le Monde, d’une information reprise de l’AFP : « La nouvelle Constitution touche également la vie privée en décrétant que l'embryon est un être humain dès le début de la grossesse, ce qui fait peser des craintes sur l'accès des Hongroises à l'avortement. De même, le texte stipule que le mariage ne peut avoir lieu qu'entre un homme et une femme, excluant ainsi les mariages homosexuels ». Le tour de passe-passe est ainsi opéré : Un Etat n’aurait pas le droit de “décréter” – le mot fleure bon l’arbitraire – qu’un embryon est un être humain, ni qu’un mariage ne puisse avoir lieu qu’entre personnes de sexes différents. Tout cela ne serait que vie privée et, au dernier ressort, qu’affaire d’opinion personnelle. Le plus surprenant, d’ailleurs, n’est sans doute pas que ce genre de discours trouve place dans la presse établie, c’est qu’il soit relayé par des journaux catholiques comme La Croix, qui le reprend tel quel dans son édition internet du 2 janvier 2012, sans y apporter la moindre réserve ni la moindre nuance.

 

Pour mémoire, il sera rappelé que cette « constitution très controversée » comporte cette déclaration : « Nous sommes fiers que notre Roi, Saint-Etienne, ait bâti il y a 1 000 ans l'Etat hongrois sur des fondations solides et ait fait de notre patrie une partie intégrante de l’Europe chrétienne ». Elle ajoute que « la constitution protège le mariage, considéré comme l’union de base la plus naturelle entre un homme et une femme et fondement de la famille » et que « depuis la conception, la vie mérite d’être protégée comme un droit humain fondamental. La vie et la dignité humaine sont inviolables ». Rien que d’affreusement détestable, comme on peut le voir, secundum mundum.

 

Au-delà des polémiques suscitées par cette affaire, il est permis de se demander si, loin de mettre seulement en relief les éventuels travers des gouvernants hongrois, avérés ou non, elle ne met pas plutôt en lumière, une fois de plus, l'interminable collapsus moral du monde occidental, qui ne peut se retenir d'une haine instinctive à l'égard de tout ce qui le rappelle à son être historique et à la nature des choses.

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