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« Notre époque requiert une intense activité éducative et un engagement de la part de tous, afin que la recherche de la vérité, qui ne se réduit pas à l'ensemble ou à une seule des diverses opinions, soit promue dans chaque milieu et prévale sur toute tentative d'en relativiser les exigences ou de lui porter atteinte. »

[Compendium de doctrine sociale, n° 198]. 

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L’Institut de Politique Familiale (IPF) a présenté son rapport annuel au Parlement Européen sur l’Evolution de la famille en Europe.

Le vieillissement de la population, la baisse de la natalité – 775 000 naissances annuelles en moins – la montée de l’avortement – 1,2 millions d’avortements – l’effondrement de la nuptialité – 725 000 mariages de moins- l’explosion des ruptures familiales – 1 million de divorces – et les effets de la solitude résultant de la réduction des foyers sont les plus graves problèmes posés à l’Europe.

Depuis 1990 à aujourd’hui les 28 millions d’avortements observés dans l’Union Européenne (UE) font de l’avortement la première cause de mortalité. De plus, depuis 1997, 10,3 millions de divorces sont venus affecter la vie de 18 millions d’enfants.

L’EUROPE EST ENTREE DANS UN HIVER DEMOGRAPHIQUE SANS PRECEDENT. LA SITUATION ACTUELLE EST PREOCCUPANTE ET DEBOUCHE SUR LES PERSPECTIVES D’UN FUTUR CATASTROPHIQUE.

On observe cependant une sensibilité croissante aux questions touchant à la Famille sur le plan théorique, mais les politiques familiales concrètes sont encore clairement insuffisantes et même, paradoxalement, en diminution du point de vue budgétaire – L’aide à la famille a baissé de 2,1% du PIB au cours des 10 dernières années –, avec de grandes disparités suivant les pays. En outre la problématique familiale n’est généralement pas abordée dans son ensemble. (Bruxelles, 11 Novembre 2009) L’Europe se trouve à un Carrefour historique : soit s’engager de façon vraie et totale en faveur de la famille, de la maternité et de l’enfance, soit continuer avec le système des aides insuffisantes qui est à la base de la situation préoccupante actuelle et des perspectives de futur catastrophiques, a affirmé Eduardo Hertfelder, président de la fédération internationale de l’Institut de Politique Familiale (IPF).

En effet les indicateurs de population, de natalité, de nuptialité et de ruptures familiales se sont largement dégradés au cours de ces 28 dernières années. Les données du rapport sur “l’Evolution de la Famille en Europe 2009” sont éloquentes et décisives. L’Europe est entrée dans un hiver démographique et l’Europe est en fait déjà un continent vieillissant – les personnes de plus de 65 ans sont plus nombreuses de 6,5 millions que celles de moins de 14 ans –. Le problème de la dénatalité est devenu critique puisque chaque année naissent moins d’enfants (775 000 naissances de moins qu’en 1980) et, en plus, les un million deux cent mille avortements actuellement pratiqués en Europe font de l’avortement la principale cause de mortalité – avec le cancer – sur notre continent. On assiste enfin à un effondrement de la nuptialité, avec toujours moins de mariages et toujours plus de ruptures – un million de divorces par an – et des foyers qui se dégarnissent (deux foyers européens sur trois ne comportent aucun enfant.

Les effets en sont constatables, poursuit Eduardo Hertfelder, dans les domaines économique et social. Sur le plan économique, le vieillissement de la population provoque une augmentation des dépenses publiques liées au paiement des retraites et des frais de santé. Cette augmentation, intrinsèquement liée à la baisse des recettes dues au déficit de la natalité en arrive à conduire à une suppression de prestations sociales et au final à la faillite des systèmes de retraite et de santé. Quant aux effets sociaux, il devient chaque jour plus évident que la société se délite du fait de la généralisation de la rupture familiale, de l’individualisme croissant qui en résulte et de la perte des valeurs et références nécessaires à toute vie en société.

II est donc nécessaire, conclut le président de l’IPF, de réorienter les politiques familiales que mettent en oeuvre les différentes administrations des Etats de l’Union pour qu‘elles prennent en considération la famille en tant que groupe social afin de l’aider à jouer son rôle. Une politique familiale qui prenne en compte tout ce qui concerne le groupe familial en tant que milieu affectif, éducatif, économique et social suppose qu’on ne légifère pas seulement en termes d’individus, mais aussi en termes et en fonction des personnes qui vivent en famille. Une politique familiale limitée exclusivement aux politiques sectorielles ou à une perspective visant les membres de la famille comme s’ils étaient des individus indépendants sera toujours une politique familiale incomplète.

Ces considérations font partie des conclusions du rapport annuel sur l’ “Evolution de la Famille en Europe 2009” que l’Institut de Politique Familiale (IPF) a présenté aujourd’hui au Parlement Européen [l’étude complète avec tous les graphiques et la base documentaire se trouvent sur le site web de l'IPF].


Lundi 16 novembre 2009
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Communication de M. Michel Mourlet, 18 octobre 2009
Un texte à méditer au moment des débats sur "l'identité française"


Mesdames, Messieurs,

La langue française est menacée et attaquée de toutes parts. Nous en faisons l’expérience à longueur de journée. Pour quiconque reste un peu sensible à la justesse, à la précision du vocabulaire et à la correction de la syntaxe, ouvrir un journal, allumer un récepteur de radio ou de télévision, lire dans la rue certaines affiches, parler avec un commerçant, un banquier, un balayeur ou un ministre est devenu une épreuve qui exaspère les uns, accable les autres et ne peut laisser personne indifférent.

 


Il y a à peine un demi-siècle, dans les microphones de ce qu’on appelait alors la Radiodiffusion-Télévision française, un présentateur tel que Léon Zitrone maniait encore avec aisance l’imparfait du subjonctif. Les instituteurs et les professeurs apprenaient à leurs élèves l’orthographe et la grammaire. Le monde de la finance, celui des sciences, de la médecine,  utilisaient des mots français, compris de tous. Aucun publicitaire n’aurait osé, ni même songé, à imposer sur le sol français l’usage exclusif d’une langue étrangère, comme cela fut décidé à Cannes en 1996 dans l’enceinte du festival international de publicité. Je n’ai pourtant pas le souvenir que la fidélité à notre idiome, en ce temps-là, ait terni le moins du monde notre rayonnement économique, scientifique et culturel, empêché aucune alliance d’intérêts avec d'autres pays, ni entravé la circulation des biens à l’intérieur de nos frontières.

 


Que s'est-il donc passé depuis, pour qu'une majorité de nos compatriotes, entraînés par le mauvais exemple des nouvelles classes dirigeantes, renoncent à un apprentissage convenable de leur langue et abandonnent celle-ci peu à peu au bénéfice de l'anglais ?

 

Plusieurs causes internes et externes, que nous avons maintes fois analysées avec le sentiment assez décourageant de bavarder dans le désert, se sont conjuguées  et continuent d'agir ensemble pour produire cet effet désastreux. Il ne s'agit pas seulement de ces utopies soixante-huitardes qui ont transformé le champ autrefois fertile de nos humanités en un laboratoire permanent d'expériences chaotiques, se supplantant les unes les autres sans jamais admettre leur faillite ; ni du snobisme assez débile des élites parisiennes, jargonnant entre elles un anglais de cuisine pour se distinguer du vulgaire comme Diafoirus le latin ; ni même de ces flux migratoires incontrôlés qui sont autant de torrents propres à emporter les digues de notre grammaire, fût-elle élémentaire. Notre réflexion aujourd'hui est invitée à se porter vers un point plus excentré, vers une tendance encore plus générale et qui relève de ce qu'on nous autorisera à nommer, en détournant légèrement le mot de son sens premier, la "géolinguistique", non comme étude géographique des langues, mais comme une branche encore insuffisamment prise en compte de la géopolitique. 

 

 

La géolinguistique ainsi désignée pourrait se définir sous les espèces d'un appareil de moyens d'ordre linguistique, destinés à atteindre un résultat d'ordre politique ; et aussi sous l'aspect des effets que peut subir une langue par l'action – volontaire ou non – d'une politique. Ces moyens, ces effets sont loin d'être négligeables ; ils sont même, à certains égards, primordiaux, et l'on doit s'étonner qu'il se trouve si peu d'observateurs de la chose publique pour y prêter attention. 

 

 

Hormis les divers événements, circonstances ou états d'esprit auxquels nous avons fait allusion, que s'est-il donc passé d'assez important, durant ces cinquante années,  pour que l'abaissement de notre langue amène des membres du gouvernement de la France, pourtant garants de l’usage du français « langue de la République », à recommander de « ne plus considérer l'anglais comme une langue étrangère » sur notre propre territoire ? Qu'est-il arrivé pour que des savants français se croient obligés de décrire en anglais leurs découvertes, quitte à en être dépossédés plus vite, pour que l'État ait accepté de marginaliser ipso facto le français dans la procédure de dépôt des brevets en signant le protocole de Londres, pour que l’un de nos plus grands aéroports, celui de Lyon, ait tenté de se baptiser Lyon Airport ?

 

 

Il s’est produit deux événements majeurs : la dislocation de l’empire soviétique, qui formait contrepoids à l’impérialisme hégémonique des États-Unis, et la construction européenne, cristallisée autour du funeste traité de Maëstricht, qui a révélé clairement les visées fédéralistes du super-État artificiel, ou plutôt de l’hypermarché global, destiné par ses concepteurs, dès l’origine, à s’établir sur les ruines de nos nations.

 

 

À l’évidence, la transformation de la planète en un immense réseau de trains de marchandises, au trafic réglé par un chef de gare américain et l’établissement – ou plutôt l’establishment –  à Bruxelles et Francfort d’un de ses principaux dépôts, n’ont que faire des nations et des patries. Et il va de soi que les communautés historiques peuplant  ces entités inutiles ne sont pas moins embarrassantes : les membres des communautés enracinées et diversifiées seront donc amenés par tous moyens démocratiquement convenables à se couper de leurs racines pour mieux se fondre dans le grand  troupeau mondial des moutons consommateurs. D’où, pour compenser en apparence cet appauvrissement de substance humaine, l’accent mis par le Nouvel Ordre moral sur des abstractions dépourvues de vibrations sensibles, telles que la « citoyenneté » (au sens de « civisme »), la « solidarité », la philanthropie télécommandée. Pris isolément, chaque mouton est un individu tout nu, nombriliste, drogué de tranquillisants matériels, grelottant dans le noir ; mais agrégés ensemble, ils sont tenus d’écouter la même musique abrutissante, d’avaler les mêmes slogans de la Parole Unique, de brouter le même hamburger dans les mêmes Mac Do, rire aux même sitcoms et surtout parler la même langue qu’on désignera tantôt par l’appellation pidgin, tant par globish, en bonne voie chez nous sous forme de franglais américanoïde.

 

 

On aperçoit ici sur quoi portent le débat et  l’enjeu de la langue. Ils portent sur le point de jonction de la nation, de l’individu et du langage. Et comme le principal support de toute pensée est le principe d’identité qui exige qu’A ne puisse être non A, nous ne pourrons faire l’économie de nous remettre en mémoire quelques définitions rapides : qu’est-ce qu’une nation, qu’est-ce qu’une culture nationale, une identité nationale, une langue nationale ? Et, brûlante question, quels intérêts, quels liens rattachent l’individu muni seulement de son identité individuelle à ces ensembles qui le dépassent : sa langue, sa culture, sa patrie ? Autrement dit, que lui apporte ou lui retire l’opération de déracinement culturel national auquel il est soumis ?

 

 

À plusieurs reprises, déjà, j’ai employé indifféremment à dessein les deux mots « nation » et « patrie » qui sont loin d’être synonymes. C’est que les choses à dire sur la langue nationale qui est aussi notre langue maternelle ne se satisfont guère d’une définition purement juridique de la nation. Même Renan, dans sa célèbre conférence de 1882, Renan à qui on a parfois reproché de trop privilégier dans son analyse du concept de nation le lien volontariste au détriment du lien charnel, Renan rejoint le Barrès des grands romans de l’Énergie nationale. Permettez-moi de le citer longuement :

 

 

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissement d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime : les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. […] On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : « Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes » est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie. »

 

 

Vous constatez, Mesdames et Messieurs, que Renan lui aussi tient pour quelque peu interchangeables les termes « patrie » et « nation ». Le motif en réside dans cette notion qu’il invoque de « principe spirituel ». Un tel principe ne saurait se contenter d’un contrat, d’une formalité d’entrée ni même d’un serment, comme on le prétend de nos jours, et même peut-être on le croit. L’homme ne s’improvise pas, nous dit Renan ; le citoyen non plus. Il est le produit d’une lente maturation et d’un nombre suffisant de générations pour se sentir responsable et fier du passé collectif, pour s’en sentir blessé aux temps sombres, dépositaire toujours. Et dans ce dépôt enrichi par les siècles, il y a la langue.

 

Renan passe un peu vite sur la langue, qu’il range parmi les facteurs relativement annexes de la nation. Il convient de remarquer aussi qu’il n’emploie à aucun moment dans son discours, bien que l’idée y soit partout présente,  l’expression « identité nationale ». Cela ne doit pas nous surprendre. Renan réfléchit et écrit à une époque où ni la langue française ni la nation française ne se sentent menacées dans leur existence. Une défaite, au contraire, et la perte de deux provinces ont ravivé comme jamais le sentiment national. Rien de ce que Renan observe autour de lui ne saurait l’inciter à méditer spécialement sur la langue et l’identité françaises. Il s’intéresse davantage aux limites géographiques, à la naissance des nations, à la volonté commune d’assumer des souffrances et de les surmonter.

 

 

Nous nous trouvons cent vingt-sept ans plus tard dans une tout autre situation. Ce n’est plus une défaite qui conditionne et oriente notre perception du destin de la France, mais un encerclement, par un concours de volontés pour partie malignes, pour partie irresponsables et aveugles, qui, à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières, s’attaque tantôt sournoisement, tantôt délibérément à la France, afin de  la mélanger, pardonnez-moi cette métaphore de cuisine, au potage apatride euro-mondialiste, dont la moulinette est le langage véhiculaire anglo-américain.

 

 

Car la langue, Mesdames et Messieurs, avant de devenir par le lent travail d’une civilisation chargée d’œuvres l’âme même  du corps social, est d’abord par excellence le vecteur de communication, et conséquemment d’action, de toute collectivité humaine. Lorsque cette collectivité forme un peuple et que ce peuple bâtit, consolide, protège sa maison qui est la patrie, et aussi lorsqu’il en sort pour l’agrandir, la langue nationale est d’abord son meilleur outil et son arme. On l’a bien vu  tout au long de l’histoire des conquêtes et de la colonisation. Sous une forme moins brutale, plus insidieuse et d’autant plus dangereuse, on le voit encore aujourd’hui ; et c’est nous qui en sommes victimes. L’une des premières mesures que prend le conquérant sur le territoire du plus faible est de s’assurer la maîtrise des vecteurs de communication, c’est-à-dire de priver l’adversaire de son principal moyen d’organiser sa défense.

 

 

Cela, c’est l’aspect si l’on peut dire matériel et pratique du rôle de la langue, instrument de la maîtrise du monde parce qu’elle en désigne et nomme les éléments, qui sans elle resteraient un chaos innommé. Cette maîtrise, il va de soi, est plus grande, elle est plus complète, au sein de la langue maternelle, c’est-à-dire pour nous la langue française, que si d’aventure on se hasarde, surtout sur son propre sol, à singer sans obligation une langue étrangère. Une langue seconde demeure nécessairement une sorte de code chiffré syntagmatique dont on peut posséder quelques clés usuelles, mais sans jamais en pénétrer  profondément la substance, les recoins, les subtilités, ni en apercevoir la parure moirée et chatoyante de connotations, d’associations, de paradigmes, comme disent les linguistes, déposés sur les vocables telles des couches d’alluvions par le fleuve des millénaires.

 

 

Je souhaiterais ouvrir ici une parenthèse pour me référer à un texte de Chateaubriand que je cite souvent, car il apporte à mon discours la plus judicieuse des cautions. On sait que l’auteur des Mémoires d’outre-tombe, dans son impécunieuse jeunesse, a enseigné le français en Angleterre. Il parlait couramment l’anglais et même de façon si excellente qu’il traduisit Milton et écrivit des pages parmi les plus pénétrantes sur la littérature anglaise. Dans l’Essai qu’il lui consacre, on peut lire notamment ceci :

 

 

« Les vocabulaires variés qui encombrent la mémoire rendent les perceptions confuses : quand l’idée vous apparaît, vous ne savez de quel voile l’envelopper, de quel idiome vous servir pour la mieux rendre. Si vous n’aviez connu que votre langue et les glossaires grecs et latins de sa source, cette idée se serait présentée revêtue de sa forme naturelle : votre cerveau ne l’ayant pas pensée à la fois dans différentes langues, elle n’eût point été l’avorton multiple, le produit indigeste de conceptions synchrones ; elle aurait eu ce caractère d’unité, de simplicité, ce type de paternité et de race, sans lesquels les œuvres de l’intelligence restent des masses nébuleuses ressemblant à tout et à rien.»

 

 

Nous arrivons ici au second aspect de la langue nationale, encore plus vital – en tout cas à mes yeux : non seulement nous agissons pleinement sur le monde par le moyen de notre langue, mais nous le ressentons, ce monde, le respirons, et nous nous percevons nous-mêmes, à travers cette imprégnation millénaire des mots, en puisant dans ce réservoir de sensations et de sentiments qu’ils enferment en leur cœur comme autant de tabernacles. Nous avons formé les mots de notre langue mais ces mots nous forment à leur tour. Nous voyons, entendons, mangeons même et buvons à travers le filtre soyeux, la tapisserie multicolore de nos mots. Et si nous essayons de nous comprendre nous-mêmes, comme le voulait Socrate, si nous nous regardons dans un miroir, le tain de ce miroir est composé de nos mots, de nos phrases, de notre langue tout entière. Autant dire que la langue française, qui est le sang vif de la France, circule dans nos veines et nous fait elle aussi ce que nous sommes, tout autant que notre code génétique, notre hérédité familiale, notre passé personnel ou celui de notre pays. Tout autant et avec quelque chose de plus qui est la conscience individuelle, reflet du monde et de soi, conscience qui ne peut, on le sait bien, se structurer, s’épanouir, bref, qui ne peut exister vraiment qu’à l’aide du langage articulé. Et quand ce langage s’articule en français, n’est-il pas logique d’en inférer que la langue française, signe péremptoire et principale composante de notre identité française comme toute langue l’est de toute identité nationale, que la langue française entre pour une proportion non moins notable dans la composition de notre identité personnelle ?

 

 

Je me suis borné à effleurer la question des identités, en particulier l’identité culturelle, dont j’ai traité en d’autres occasions et qui nous entraînerait trop loin. Je signalerai simplement que, si l’identité culturelle ne se superpose pas exactement à l’identité nationale, il va sans dire que la langue nationale en fait considérablement partie. Altérer celle-ci, l’appauvrir d’une part, l’encombrer de vocables de substitution inutiles d’autre part, c’est déformer, mutiler notre culture tout entière.

 

 

Je n’en fournirai qu’un exemple, parmi cent autres : l’adoption récente par la télévision, dans les dialogues des séries policières américaines, de l’expression « scène de crime » substituée à notre « lieu du crime » par des perroquets ignares qui se contentent de traduire mot à mot scene of the crime, soit « lieu du crime » en anglais, sans prendre garde qu’en français beaucoup plus qu’outre-Atlantique, le terme « scène » est de vocation  essentiellement active, théâtrale, dramatique, et non point passivement topographique. Or ce substitut sémantiquement déformant, venu des traductions de dialogues américains ou anglais,  s’est transporté tel quel dans nos propres séries, dialoguées directement en français, dont le découpage, le rythme, la mise en scène s’échinent laborieusement depuis quelque temps à copier sans succès le modèle standard américain. On voit bien par cet exemple  comment on passe petit à petit d’une trahison langagière très restreinte à une trahison culturelle plus générale ; puis à un désaveu, dans la honte,  des styles et des modèles qui firent le renom de la culture française.  

 

 

Rappelons-nous : en perdant leur langue – dont nous n’avons conservé qu’une centaine de mots – nos ancêtres ont cessé d’être Gaulois, ont perdu leur âme de Gaulois pour se mouler en d’autres moules. Les Romains, en métissant et abâtardissant leur latin robuste, dense, dominateur, au contact de populations allogènes, ont abandonné leur âme de bronze pour devenir Italiens. Si nous perdons notre langue, si nous la laissons s’adultérer – comme on l’y pousse actuellement – sous nos yeux, sans réagir, non seulement nous perdrons notre outil le plus perfectionné, notre arme la plus puissante, sans compter le contact immédiat avec notre patrimoine littéraire et l’espérance d’être compris par nos descendants, mais nous perdrons en tant qu’individus notre identité personnelle, qui se confond pour une grande part avec celle de la France. Alors nous serons mûrs pour entrer, la tête basse, dans le long cortège des vaincus stipendiés, enchaînés au char triomphal du haut duquel l’imperator de la « super-classe mondiale », l’Oncle Sam,  avec son bon sourire de Mickey jusqu’aux oreilles, un gobelet de Coca-Cola à la main,  nous saluera d’un sonore « Welcome ! », ainsi qu’il a déjà commencé à le faire avec nos "enfants prodigues" et galonnés de retour au bercail de l’OTAN. 

 


Michel MOURLET


Samedi 14 novembre 2009
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BONNES FETES A TOUS LES FILS ET FILLES DE SAINT BENOIT

ET SPECIALEMENT A SOEUR AGNES ET AU PETIT PLACIDE

en union de prières
pour tous les défunts de l'Ordre de saint benoît



Samedi 14 novembre 2009
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Traduction du P. Franck LEMAITRE, o.p., responsable du Service pour l'unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France.

SUR L'ETABLISSEMENT D'ORDINARIATS PERSONNELS POUR LES ANGLICANS QUI ENTRENT DANS LA PLEINE COMMUNION DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE

Récemment, sous l'action du Saint Esprit, des groupes d'anglicans ont demandé de manière répétée et insistante à être reçus dans la pleine communion catholique, à titre individuel mais aussi collectivement [corporately]. Le Siège apostolique a répondu favorablement à ces demandes. En effet, le successeur de Pierre, qui a reçu pour mission de la part du Seigneur Jésus de garantir l'unité de l'épiscopat et de présider et de sauvegarder la communion universelle de toutes les Églises (1), ne pouvait pas manquer de mettre à disposition les moyens nécessaires pour que se réalise ce saint désir.

L'Église, qui est un peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et du Saint Esprit (2) , a été instituée par notre Seigneur Jésus Christ en tant que « sacrement, c'est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain » (3) . Toute division parmi ceux qui ont été baptisés en Jésus Christ blesse ce que l'Église est et ce pour quoi l'Église existe ; en fait, « une telle division s'oppose ouvertement à la volonté du Christ. Elle est pour le monde un objet de scandale et elle fait obstacle à la plus sainte des causes : la prédication de l'Évangile à toute créature » (4) . C'est précisément pour cette raison qu'avant de verser son sang pour le salut du monde, le Seigneur Jésus a prié le Père pour l'unité de ses disciples (5) .

C'est le Saint Esprit, principe de l'unité, qui fait de l'Église une communion (6) . Il est le principe de l'unité des fidèles dans l'enseignement des Apôtres, dans la fraction du pain et dans la prière

(7). L'Église, cependant, par analogie avec le mystère du Verbe incarné, n'est pas seulement une communion spirituelle invisible, mais elle est aussi visible (8) ; en fait, « cette société organisée hiérarchiquement d'une part et le Corps mystique d'autre part, l'assemblée discernable aux yeux et la communauté spirituelle, l'Église terrestre et l'Église enrichie des biens célestes ne doivent pas être considérées comme deux choses, elles constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d'un double élément humain et divin » (9) . La communion des baptisés dans l'enseignement des Apôtres et dans la fraction du pain eucharistique est rendue visible par les liens de la profession de foi dans son intégralité, de la célébration de tous les sacrements institués par le Christ, et dans le gouvernement du collège des évêques unis à son chef, le pontife romain (10).

Cette unique Église du Christ, dont nous professons dans le Symbole qu'elle est une, sainte, catholique et apostolique, « subsiste dans l'Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les évêques qui sont en communion avec lui, bien que des éléments nombreux de sanctification et de vérité se trouvent hors de ses structures, éléments qui, appartenant proprement par don de Dieu à l'Église du Christ, appellent par eux-mêmes l'unité catholique » (11).

Dans la primitive Eglise, membre de la communauté chargé de l'annonce de l'Evangile.

Celles et ceux qui ont suivi et qui suivent Jésus Christ.

Vérité de foi inaccessible à la seule raison humaine.

Signe visible de la présence et de l'action de Dieu.

À la lumière de ces principes ecclésiologiques, cette Constitution apostolique fournit le cadre normatif général qui régule la création et la vie des ordinariats personnels pour les fidèles anglicans qui désirent entrer collectivement [in a corporate manner] dans la pleine communion de l'Église catholique. À cette Constitution s'ajoutent des Normes Complémentaires publiées par le Siège apostolique.

I.

§ 1 Les ordinariats Personnels pour les anglicans qui entrent dans la pleine communion de l'Église catholique sont érigés par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans les limites territoriales d'une Conférence épiscopale particulière***, en consultation avec celle-ci.

§ 2 Sur le territoire d'une conférence épiscopale particulière, un ou plusieurs ordinariats peuvent être érigés selon les besoins.

§ 3 Chaque ordinariat possède une personnalité juridique publique de plein droit (ipso jure) ; il est assimilé au plan juridique à un diocèse*** (12).

§ 4 L'ordinariat est composé des fidèles laïcs**, des clercs et des membres d'instituts de vie consacrée et de sociétés de vie apostolique, qui appartenaient à l'origine à la Communion anglicane et qui sont désormais en pleine communion avec l'Église catholique, ainsi que de tous ceux qui reçoivent les sacrements* de l'initiation dans la juridiction de l'ordinariat.

§ 5 Le Catéchisme de l'Église catholique est l'expression officielle de la foi catholique professée par les membres de l'ordinariat.

****Peuple chrétien confié à un évêque.

***Ensemble des chrétiens - excepté les prêtres et religieux

**Terme appliqué à la vie religieuse soulignant le caractère public d'un engagement à la suite du Christ.

*Signe visible de la présence et de l'action de Dieu.

II.

L'ordinariat personnel est gouverné selon les normes du droit universel et par cette Constitution Apostolique, et il est soumis à la Congrégation pour la doctrine de la foi et aux autres dicastères* de la Curie romaine** pour ce qui relève de leurs compétences. Il est également régi par les Normes complémentaires ainsi que par toutes les normes spécifiques données à chaque ordinariat.

**Organismes chargés d'assister le pape dans le gouvernement de l'Église.

*Chacun des principaux organismes de la curie romaine.

III.

Sans exclure les célébrations de la liturgie*** selon le rite romain, l'ordinariat a la faculté de célébrer l'eucharistie** et les autres sacrements, la liturgie des Heures et les autres célébrations liturgiques selon les livres liturgiques* propres à la tradition anglicane qui auront été approuvés par le Saint-Siège, de manière à ce que soient maintenues au sein de l'Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, comme un don précieux qui nourrit la foi des membres de l'ordinariat et comme un trésor à partager.

***Culte public qui englobe l'ensemble de la prière de l'Eglise et les célébrations sacramentelles.

**Louange, action de grâce rendue à Dieu.

*Ensemble des règles fixant le déroulement d'un cérémonial.

IV.

La charge pastorale d'un ordinariat personnel est confiée à un ordinaire nommé par le pontife romain.

V.

Le pouvoir (potestas) de l'ordinaire est :

a. ordinaire : il est lié de plein droit à la charge que lui confie le pontife romain, pour le for interne et le for externe ;

b. vicaire : il est exercé au nom du pontife romain ;

c. personnel : il est exercé sur tous ceux qui sont membres de l'ordinariat.

Ce pouvoir doit être exercé conjointement avec celui de l'évêque diocésain du lieu, pour les situations prévues par les Normes Complémentaires.

VI.

§ 1 Ceux qui, comme anglicans, exerçaient un ministère***** de diacre****, de prêtre*** ou d'évêque, et qui remplissent les conditions requises par le droit canonique (13) et ne sont pas empêchés par des irrégularités ou par d'autres empêchements (14) , peuvent être acceptés par l'ordinaire comme candidats aux ordres dans l'Église catholique. Dans le cas de ministres mariés, les normes établies par la lettre encyclique** du pape Paul VI « Sacerdotalis coelibatus », n° 42 (15) et dans la déclaration « In June » (16) doivent être observées. Les ministres célibataires se soumettront à la règle du célibat clérical (CIC, can. 277, § 1).

§ 2 L'ordinaire, dans le respect de la discipline du célibat du clergé* de l'Église latine, n'admettra en règle générale (pro regula) que les hommes célibataires à l'ordre des prêtres. Il pourra également demander au pontife romain, par dérogation au canon 277 § 1, que soient admis à l'ordre des prêtres des hommes mariés, au cas par cas et en fonction de critères objectifs approuvés par le Saint-Siège.

§ 3 L'incardination des clercs se fera selon les normes du droit canonique.

§ 4 Les prêtres incardinés dans un ordinariat, qui constituent le presbyterium de l'ordinariat, devront aussi cultiver des liens d'unité avec le presbyterium du diocèse* dans lequel ils exercent leur ministère. Ils devront développer des initiatives et des activités pastorales et caritatives communes, qui pourront faire l'objet d'accords entre l'ordinaire et l'évêque diocésain du lieu.

§ 5 Les candidats aux ordres dans un ordinariat devront être préparés avec les autres séminaristes, particulièrement dans les domaines de la formation doctrinale et pastorale. Afin de répondre aux besoins particuliers des séminaristes de l'ordinariat et les former au patrimoine anglican, l'ordinaire pourra également établir des programmes d'études ou des maisons de formation qui seront en lien avec les facultés de théologie catholique existantes.

*****Service confié à un membre de l'Eglise.

****Clerc qui a reçu le diaconat.

***Chrétien qui a reçu le sacrement de l'Ordre.

**Lettre solennelle du Pape adressée à l'Eglise catholique.

*Corps constitué par les ministres ordonnés et institués.

VII.

L'ordinaire, avec l'approbation du Saint-Siège, peut ériger de nouveaux instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, qui auront le droit d'appeler leurs membres aux ordres, selon les normes du droit canonique. Les instituts de vie consacrée* issus de la Communion anglicane qui veulent entrer dans la pleine communion de l'Église catholique pourront également être placés sous la juridiction de l'ordinaire par consentement mutuel.

VIII.

§ 1 L'ordinaire, selon les normes du droit, après avoir entendu l'avis de l'évêque diocésain du lieu, pourra ériger, avec l'accord du Saint-Siège, des paroisses*** personnelles pour les fidèles qui appartiennent à l'ordinariat.

§ 2 Les pasteurs** de l'ordinariat jouiront de tous les droits et seront tenus par toutes les obligations établis par le Code de droit canonique et, dans les situations prévues par les Normes complémentaires, ces droits et obligations devront être exercés avec l'aide pastorale mutuelle des pasteurs du diocèse du lieu où la paroisse personnelle de l'ordinariat aura été établie.

**Communauté locale de chrétiens, placée sous la responsabilité d'un curé mandaté par l'évêque.

*Appellation donnée aux évêques, aux prêtres en raison de la mission pastorale qui leur est confiée.

IX.

Les fidèles laïcs aussi bien que les membres des instituts de vie consacrée et des sociétés de vie apostolique, issus de la Communion anglicane, qui veulent entrer dans un ordinariat personnel, devront exprimer ce désir par écrit.

X.

§ 1 Dans l'exercice de son gouvernement, l'ordinaire sera assisté par un Conseil de direction qui aura ses propres statuts approuvés par l'ordinaire et confirmés par le Saint-Siège 17 .

§ 2 Le Conseil de direction, présidé par l'ordinaire, est composé d'au moins six prêtres. Il exerce les fonctions attribuées par le Code de droit canonique au Conseil presbytéral et au Collège des consulteurs, ainsi que celles précisées par les Normes complémentaires.

§ 3 L'ordinaire doit établir un Conseil pour les affaires économiques, selon les normes établies par le Code de droit canonique ; celui-ci exercera les responsabilités qui y sont définies 18.

§ 4 Afin de permettre la consultation des fidèles, un Conseil pastoral sera créé dans l'ordinariat 19.

XI.

Tous les cinq ans, l'ordinaire devra se rendre à Rome pour une visite ad limina Apostolorum et présenter au pontife romain, en lien avec la Congrégation pour la doctrine de la foi et en consultation avec la Congrégation pour les évêques et la Congrégation pour l'évangélisation des peuples, un rapport sur l'état de l'ordinariat.

XII.

Pour les questions judiciaires, le tribunal compétent est celui du diocèse dans lequel une des parties est domiciliée, à moins que l'ordinaire n'ait établi son propre tribunal, auquel cas le tribunal de deuxième instance sera celui désigné par l'Ordinairiat et approuvé par le Saint-Siège.

XIII.

Le décret établissant un ordinariat précisera l'emplacement de son siège et, si approprié, de l'église principale.

Nous désirons que nos dispositions et normes soient valides et effectives dès maintenant nonobstant, si nécessaire, les Constitutions apostoliques et les ordonnances de nos prédécesseurs, ou toutes autres prescriptions, même celles qui nécessitent une mention spéciale ou une dérogation.

Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 4 novembre 2009, en la mémoire de Saint Charles Borromée.

Benoît XVI

______________________________________

Notes :

1.Cf. CONCILE VATICAN II, Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 23 ; CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, lettre Communionis notio, n° 12 ; 13.

2 Cf. Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 4 ; décret Unitatis redintegratio, n° 2.

3 Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 1.

4 Décret Unitatis redintegratio, n° 1.

5 Cf. Jn 17, 17-21 ; décret Unitatis redintegratio, n° 2.

6 Cf. Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 13.

7 Cf. ibid ; Ac 2, 42.

8 Cf. Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 8 ; lettre Communionis notio, n° 4.

9 Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 8.

10 Cf. CIC, can. 205 ; constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 13 ; 14 ; 21 ; 22 ; décret Unitatis redintegratio, n° 2 ; 3 ; 4 ; 15 ; 20 ; décret Christus Dominus, n° 4 ; décret Ad gentes, n° 22.

11 Constitution dogmatique Lumen Gentium, n° 8.

12 Cf. JEAN PAUL II, Constitution apostolique Spirituali militium curae, 21 avril 1986, I § 1.

13 Cf. CIC, can. 1026-1032.

14 Cf. CIC, can. 1040-1049.

15 Cf. AAS 59 (1967), 674.

16 Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Déclaration du 1er avril 1981, in Enchiridion Vaticanum 7, 1213.

17 Cf. CIC, can. 495-502.

18 Cf. CIC, can. 492-494.

19 Cf. CIC, can. 511.


Vendredi 13 novembre 2009
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Mais, me dira-t-on, en quoi peut bien consister cette rénovation, si bénéfique qu’il nous faille tant chercher à la réaliser ? En ce qu’elle a toujours consisté : à nous dépouiller de plus en plus – comme le dit l’Apôtre – du vieil homme, de ses actes mauvais, de ses habitudes invétérées, lesquels corrompent selon les désirs de l’erreur, pour nous revêtir de l’homme nouveau, créé dans la justice et la sainteté de la vérité, et qui se renouvelle jour après jour dans la connaissance de la Vérité (Cf. Ephésiens, 4, 22-24 ; Colossiens, 3, 9-10). En d’autres termes, cette rénovation consiste à fuir les ténèbres du monde pour suivre fidèlement Jésus-Christ, qui est chemin, vérité et vie. A suivre ses pas, à imiter ses merveilleux exemples et à pratiquer ses conseils, selon notre état et notre condition, nous servirons Dieu et le prochain à la mesure de notre charisme propre – comme disait saint Clément. Alors nous contribuerons à édifier le Corps mystique, en lequel nous trouverons une lumière de vie.

 

Approchons-nous de Lui – Soleil de justice – de cette manière. Nous en serons véritablement illuminés, sans être confondus (Ps. 33,6). Parce que la confusion n’atteint pas celui qui écoute la Sagesse, et ceux qui travaillent en sa présence ne s’égarent pas (Ecl. 24,30). Si nous nous mettons ainsi à l’école de la souveraine Vérité, en cultivant les talents que nous avons reçus, nous grandirons en grâce et en connaissance du Sauveur (2 Pierre, 3,18). A nous tenir amoureusement près de lui, la lumière de vie qu’il nous communique grandira en sainteté et en vérité. Elle dissipera les ténèbres des erreurs et des vices qui nous environnent pour que nous demeurions pleinement possédés par l’Esprit de Vérité lui-même, au point que ce ne sera plus nous qui vivrons et agirons – selon nos attaches à la terre – mais que ce sera Jésus-Christ lui-même qui agira par nous et vivra en nous (Galates, 2,20). Voilà en quoi consiste pour nous tous, membres de la sainte Eglise, notre rénovation dans l’Esprit, pour vivre purs, forts et saints, afin de contribuer à restaurer toutes choses dans le Christ (1).


En effet, à mesure que les membres de l’Eglise se renouvellent, la face du Corps mystique tout entier se renouvelle aussi (2), qui doit poursuivre son édification dans la charité, en grandissant et en progressant, comme celui qui est sa Tête, « en âge, en sagesse et en grâce » (Luc 2,52), jusqu’à atteindre la plénitude du Christ (Ephésiens, 4, 12-16). Nous avons ainsi les trois formes principales de progrès ecclésial que je tâcherai d’examiner dans cet ouvrage. En connaissant le mode selon lequel l’Eglise de Dieu s’est déjà développée et renouvelée, nous pourrons, sur le fondement de son histoire, de son expérience et de sa doctrine, mieux inférer ce que seront ses évolutions postérieures et les rénovations de cette Epouse mystique, jusqu’à parvenir à la plénitude de son expansion et de sa beauté, pour paraître devant son Epoux, toute pure, belle et sans tache (Ephésiens, 5,27).

J.-G. Arintero, o.p.

_______________

(1) « (…) pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement » (Ephésiens 4,23) ; « Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme et vous fasse discerner quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait. » (Romains, 12,2).

« Il s’ensuit qu’unis au Christ dans l’Eglise, nous grandissons aves lui par tous moyens, et l’Eglise notre Mère confirme chaque jour davantage le mystère de la volonté divine, c'est-à-dire celui de réunir toutes choses dans le Christ lors de la plénitude des temps (Eph. 1, 9-10) » (s. Pie X,  Editae saepe, 36 mai 1910, préc. n° 16).


(2) J.-G. Arintero, Evolución mística, 3ème partie, chap. 1.



Vendredi 13 novembre 2009
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Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1302)

 

Jésus et la dévotion à Marie

 

Elle avait la coutume (qui existe du reste entre ceux qui s'aiment) de reporter tout ce qui lui paraissait beau et agréable vers son Bien-Aimé. Aussi, lorsqu'elle entendait lire ou chanter en l'honneur de la bienheureuse Vierge et des autres saints des paroles qui excitaient son affection, c'était vers le Roi des rois, son Seigneur choisi entre tous et uniquement aimé, plutôt que vers les saints dont on faisait mémoire, qu'elle dirigeait les élans de son cœur. Il arriva, en la solennité de l'Annonciation, que le prédicateur se plut à exalter la Reine du ciel et ne fit pas mention de l'incarnation du Verbe, œuvre de notre salut. Celle-ci en éprouva de la peine et, passant après le sermon devant l'autel de la Mère de Dieu, elle ne ressentit pas, en la saluant, la même tendresse douce et profonde, mais son amour se porta par contre avec plus de force vers Jésus, le fruit béni du sein de la Vierge. Comme elle craignait d'avoir encouru la disgrâce d'une si puissante Reine, le consolateur plein de bonté dissipa doucement son inquiétude :

 

" Ne crains rien, ô ma bien-aimée, dit-il, car il est très agréable à la Mère, qu'en chantant ses louanges et sa gloire, tu diriges vers moi ton attention. Cependant, puisque ta conscience te la reproche, aie soin, lorsque tu passeras devant l'autel, de saluer dévotement l'image de ma Mère immaculée et de ne pas saluer mon image. - O mon Seigneur et unique Bien, s'écria-t-elle, jamais mon âme ne pourra consentir à délaisser celui qui est mon salut et sa vie pour diriger ailleurs ses affections et son respect. " Le Seigneur lui dit avec tendresse :

 

" O ma bien-aimée, suis mon conseil ; et chaque fois que tu auras paru me délaisser pour saluer ma Mère, je te récompenserai comme si tu avais accompli un acte de cette haute perfection par laquelle un cœur fidèle n'hésite pas à m'abandonner, moi qui suis le centuple des centuples, afin de me glorifier davantage. "

Le Héraut de l'Amour divin, t. I, Tours, Mame, 1921.

 

Voici le modèle que le Seigneur donne à Gertrude: la Vierge Marie :

“Loue-moi, par mon Cœur harmonieux, de la pureté de cette virginité parfaite en laquelle, Vierge elle m’a conçu, Vierge elle m’a enfanté et après l’enfantement, Vierge sans tache est demeurée... Loue-moi, par mon Coeur harmonieux, de cette humilité toute paisible par laquelle la Vierge sans tache a été, chaque jour, rendue plus digne de me recevoir; elle a imité mon humilité même... Loue-moi pour l’immense ardeur de cet amour mutuel entre mon divin Coeur et la Vierge sans tache, amour qui a délicatement uni et inséparablement joint, dans le sein virginal, la nature humaine à la transcendance de la divinité...”


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 Le Lis blanc de la Trinité

 

Le lendemain, à l'heure de la prière, la Vierge Marie lui apparut sous la forme d'un lis magnifique éclatant de blancheur. Ce lis était composé de trois feuilles, dont l'une, droite, s'élevait au milieu et les deux autres étaient recourbées de chaque côté. Elle comprit par cette vision que la bienheureuse Mère de Dieu est appelée à bon droit " Lis blanc de la Trinité ", car elle a participé plus que toute créature aux vertus divines et ne les a jamais souillées par la moindre poussière du péché. La feuille droite représentait la toute-puissance du Père, et les deux feuilles inclinées figuraient la sagesse du Fils et la bonté du Saint-Esprit, vertus que la bienheureuse Vierge possédait à un degré éminent.

 

La Mère de miséricorde dit encore que celui qui la proclamerait " Lis blanc de la Trinité, Rose éclatante qui embellit le ciel ", expérimenterait le pouvoir que la toute-puissance du Père lui a communiqué comme Mère de Dieu : il admirerait les ingénieuses miséricordes que la sagesse du Fils lui a inspirées pour le salut des hommes ; il contemplerait enfin l'ardente charité allumée dans son cœur par l'Esprit-Saint. " A l'heure de sa mort, ajouta la bienheureuse Vierge, je me montrerai à lui dans l'éclat d'une si grande beauté que ma vue le consolera et lui communiquera les joies célestes. "

 

Depuis ce jour, celle-ci résolut de saluer la Vierge Marie ou les images qui la représentent par ces mots : " Salut, ô blanc Lis de la Trinité resplendissante et toujours tranquille. Salut, ô Rose de beauté céleste ! C'est de vous que le Roi des cieux a voulu naître ; c'est de votre lait qu'il a voulu être nourri ; daignez aussi nourrir nos âmes des divines influences. "

Le Héraut de l'Amour divin, t. I, Tours, Mame, 1921.


Jeudi 12 novembre 2009
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VISITER "LE PETIT PLACIDE"

Jeudi 12 novembre 2009
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A garder à l'esprit


PRIERE
POUR CHAQUE JOUR

Seigneur, donnez-nous des prêtres.

Donnez-nous d'accueillir les vocations que vous ne cessez jamais de susciter.
Donnez-nous des prêtres saints.
Des prêtres humbles devant la grandeur de leur sacerdoce.
Des prêtres oublieux d'eux-mêmes et dociles au Magistère de votre Eglise.
Des prêtres qui soient dans le monde sans en être.
Des prêtres qui oeuvrent pour servir et non pour être servis.
Des prêtres missionnaires, sans agitation.
Des prêtres qui prient et qui adorent.
Des prêtres, enfin, qui donnent le goût de les suivre parce qu'ils vous ressemblent.
- AMEN -
_______________________________________
A signer et diffuser !


Pétition internationale en faveur de la vie
et des droits de la famille
478.296 personnes ont déjà signé... [17.09. 2009]
... ET VOUS ?
__________

Pétition contre la propagande
homosexuelle dans les écoles
__________

Pétition contre le travail le dimanche
plus de 95.957 signatures [15-09-09]
_________________________________
Citations

"On ne subit pas l'avenir, on le fait."
G. Bernanos

"A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique.
A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement.
Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme.
Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus."
Maréchal J. de Lattre de Tassigny

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